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mardi 10 septembre 2013

Logement: le projet de loi Duflot navre l'ensemble des analystes

Quand l'idéologie met les politiques hors sol

Duflot en un combat douteux pour défendre sa loi

Pour ouvrir, verrouiller
La ministre du Logement présente sa copie à l'Assemblée nationale aujourd'hui. 
Le projet vise à mieux encadrer les locations en en plafonnant le montant. Parmi les mesures annoncées figure la création d'une Garantie universelle des loyers (Gul). Publique et obligatoire sur l'ensemble du parc privé, elle se substituera à la caution, d'ici au 1er janvier 2016 et, selon elle, devrait protéger les propriétaires des impayés.
La ministre du Logement espère également, avec cette mesure, inciter les propriétaires à louer les biens aujourd'hui vacants, évalués à 3,5 millions de logements dans l'Hexagone.

Les députés, qui ont déposé quelque 1.300 amendements pour un débat qui va durer toute la semaine, vont se faire l'écho des polémiques et débats entre professionnels de l'immobilier, représentants des propriétaires et des locataires, et associations de défense des mal-logés et sans-abri -qu'ils soient en situation régulière ou non- autour de ce projet de loi pour l'Accès au logement et un urbanisme rénové (ALUR).

Détail des mesures 
phares :

L'encadrement des loyers.
Dans les zones dites "tendues", marquées par un fort déséquilibre entre offre et demande de logements, les loyers ne pourront excéder de plus de 20% un "loyer médian", calculé grâce aux données collectées par des observatoires locaux des loyers.
"Mais localement, les préfets pourront prendre la décision d'abaisser ce pourcentage" de 20%, avait précisé la ministre dans un entretien avec Métro vendredi. "Très concrètement, dans les secteurs les plus tendus comme l'Ile-de-France, le plafond pourra être ramené à 10%, 15% ou 18% de plus que le loyer médian."

L'instauration d'une garantie universelle des loyers (GUL), publique et financée, d'ici au 1er janvier 2016, à parité par locataires et propriétaires - au moyen, pour commencer, d'une cotisation de 1 à 2% sur le loyer -, qui devra indemniser ces derniers en cas d'impayés de loyer.

Le projet de loi, qui comporte 84 articles, prévoit aussi
de nombreuses autres mesures, notamment contre l'habitat insalubre, ainsi que le transfert aux intercommunalités des plans locaux d'urbanisme, ce qui inquiète nombre de maires.

VOIR et ENTENDRE Cécile Duflot, pacifiste et idéologue archaïque:

Cécile Duflot assure que son projet va mettre un terme à "l'exagération de la spéculation immobilière". 
Il faut "remettre le logement dans un système régulé, parce que c'est un bien de première nécessité, et parce qu'aujourd'hui, il faut redonner du pouvoir d'achat aux ménages", a-t-elle expliqué.

Promoteurs et associations sceptiques

"Dret dans l'pentu, voilà l'expression parfaite pour la semaine qui vient!" s'est exclamée dans un tweet la ministre, exprimant ainsi, par cette métaphore montagnarde, sa volonté d'affronter les critiques que suscite sa réforme, à droite et à gauche.

Les représentants des bailleurs et agents immobiliers, relayés par la droite, jugent que les contraintes pousseront les propriétaires à déserter l'investissement dans le secteur locatif privé, aggravant la pénurie de logements.
Ainsi, pour le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, ce projet "est une attaque en règle contre les propriétaires". Et la GUL est une "mesure collectiviste qui va donner un sentiment d'impunité aux mauvais payeurs".

Plus nuancé, le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, ancien ministre du Logement, juge que ce dispositif "n'est pas abouti". Il faut "qu'il y ait l'obligation, quand le locataire est de mauvaise foi, de poursuivre (en justice, ndlr), sinon on va être dans une déresponsabilisation totale", a-t-il plaidé.

Nathalie Kosciusko-Morizet et plusieurs députés UMP, dont Benoist Apparu, autre ancien ministre du Logement, reprochent pour leur part au projet de loi d'oublier Paris.

De leur côté, les associations contre le mal-logement redoutent que l'encadrement des loyers n'aboutisse, au mieux, qu'à stabiliser ces derniers à un niveau élevé. Un Collectif de 34 associations "unies pour une nouvelle politique publique du logement" a adressé lundi une lettre ouverte aux députés pour leur demander de "recadrer le projet de loi vers une orientation plus sociale".

Un discours repris par le Front de Gauche: "Certaines mesures vont dans le bon sens, comme la GUL, mais demandent à être précisées. Mais le texte est très insuffisant, et peut engendrer des effets pervers sur l'encadrement des loyers", a résumé le chef de file des députés FG, André Chassaigne.

Le PS soutient le texte, de même que, sans surprise, les écologistes, parti de Cécile Duflot. Mais cela ne va pas sans tiraillement: le député PS de Paris, Christophe Caresche, propose ainsi de remettre à plat le système de gestion de la GUL, "disposition intéressante sur le principe", mais qui peut déboucher sur "une hausse incontrôlée du prélèvement sur les propriétaires et locataires".

La presse n'en croit pas ses oreilles
VOIR et ENTENDRE l'effarement d'Axel de Tarlé sur Europe 1 pour qui la garantie universelle sur les loyers impayés, sorte de sécurité sociale du logement, déresponsabilise totalement les locataires:
Reste à voir si les nouvelles "régulations" qu'elle propose vont vraiment apaiser les prix et simplifier la vie des locataires ou, comme le craignent de nombreux professionnels, produire l'effet inverse, en accroissant un peu plus la pression sur les propriétaires et en déresponsabilisant les locataires avec ce CMU du logement.
VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze dénoncer l'économie administrée et organisation de la pénurie par le gouvernement sur BFMTV:

Une véritable usine à gaz qui pourrait coûter 2 milliards d'euros.

La date d'entrée en vigueur de la mesure n'a pas été choisie au hasard. "Pourquoi, en effet, attendre le 1er janvier 2016 si la mesure est si performante ?" ironise Georges Isaac. Et ce dernier de constater que la GUL, si elle est votée en l'état, ne produira pleinement ses effets "dévastateurs" qu'en 2018, soit après la prochaine élection présidentielle.

mercredi 24 juillet 2013

Limitations de vitesse: les automobilistes se dressent contre les contraintes routières

Assez de brimades, monsieur Valls  !

Faut-il encore abaisser de 10km/h les limitations de vitesse?

Un rapport remis  au gouvernement le jeudi 18 juillet prône la baisse des vitesses maximales de 10 à 20 km/h sur les routes de l’Hexagone. Cette synthèse pour la France émane du Conseil national du débat sur la transition énergétique. Elle liste 15 enjeux essentiels, parmi lesquels la réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% dans le mix électrique à l’horizon de 2025, une réduction de 50% de la consommation énergétique finale d’ici à 2050, la collectivisation des transports (éco-mobilité, programme de covoiturage) et réduction des émissions de Co2 (sauf durant le Tour de France et ses transferts par avions), la rénovation de 500.000 bâtiments par an, afin d'en réduire la consommation énergique des bâtiments ou l'évaluation socio-économique, environnementale et climatique de l’exploitation du gaz de schiste. Des pressions des écologistes radicaux  qui ne sont pas du goût de tout le monde.

Devoir de mémoire

Lien PaSiDupes - "Président Hollande repéré à 170 km/h en Normandie" : Le président exemplaire juge normal de rouler en excès de vitesse...

LIGUE DE DEFENSE 
DES CONDUCTEURS

Stop à la répression absurde
Oui à une conduite responsable
23, avenue Jean Moulin 
75014  PARIS
Chère Madame, Cher Monsieur,

Notre action
contre le projet de Manuel Valls de baisser les limitations de vitesse vient de dépasser 230.000 signataires.
Si chacun arrive mobiliser cinq personnes, nous pouvons dépasser le million de protestataires.
Et Il y en aura besoin. Car le gouvernement est en train de sortir l'artillerie lourde pour nous imposer ce nouvel épisode de punition-taxation des automobilistes.

Aucun des arguments avancés, ni la sécurité, ni l'écologie, ne tient. 
Mais si nous nous laissons faire, si nous les laissons convaincre l'opinion publique, alors :
Vous devrez bientôt rouler en toutes circonstances à 110 km/h maximum sur autoroute, à 80 sur route, et à 30 km/h partout en ville!
Et comme ce sera impossible de tenir des vitesses si basses, nous serons tous des proies faciles pour les radars fixes, mobiles et embarqués dont sont, de plus en plus, truffés nos t
 Les PV pour "excès" de vitesse vont nous tomber dessus en rafale.

S'il vous plaît, aidez-nous à stopper de toute urgence ce projet effroyable.
Signez dès maintenant votre pétition et transférez ce mail et les informations qu'il contient à tous amis qui seraient intéressés :

1) L'argument "sécurité" ne tient pas la route:
On dispose de données qui montrent qu'augmenter les limitations de vitesse ne nuit pas à la sécurité. Aux Sables d'Olonne, en Vendée, un conducteur qui roulait à 36 km/h en bordure de plage (limitation à 50 km/h), s'est vu attribué une amande de 22 euros pour "vitesse trop réduite"...
En France, entre 1998 et 2002, le nombre de décès sur les routes a diminué de 15 % alors que la vitesse moyenne de circulation augmentait sur tous les types de réseaux : autoroutes, routes nationales et réseaux urbains.
Au Texas, les autorités viennent d'augmenter la limitation de vitesse sur ses autoroutes récentes à 85 mph (137 km/h). Elles ont fait un constat simple : la précédente augmentation (à 80 mph en 2006) n'a pas empêché le taux de mortalité de continuer à baisser. La Virginie réfléchit également à une telle augmentation.
En réalité, compte tenu des progrès techniques gigantesques des véhicules ces dernières décennies (tenue de route, freinage…) et de la voirie (revêtement drainant, etc.), les limitations actuelles sont caduques. Les maintenir au niveau actuel est déjà discutable. Mais les baisser, c'est carrément indéfendable.
Baisser les limitations obligerait simplement, tous les jours, des millions de personnes qui roulent à une vitesse très raisonnable, sans provoquer le moindre accident, à rouler… encore moins vite. Qui peut croire un seul instant que ça fera diminuer le nombre d'accidents ?
Sans compter qu'avec une limitation à 110 km/h sur autoroute, les conducteurs seront très nombreux à se détourner de ce réseau payant. Ils iront donc sur les nationales dont certains tronçons sont dix fois plus dangereux que les autoroutes.oins vite. Qui peut croire un seul instant que ça fera diminuer le nombre d'accidents ?
Et on voudrait nous faire croire que ce projet va améliorer notre sécurité ?

2) L'argument "écologie" ne tient pas :
Une semaine après les déclarations de Manuel Valls, c'est le secrétaire général du "débat national sur la transition énergétique", Thierry Wahl, qui s'y est mis ! Selon lui, il faudrait baisser les limitations pour réduire la consommation de carburant et polluer moins.
Mais là encore, rien n'est moins sûr.
Au contraire, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la Maîtrise de l’Energie) elle-même affirme que "le passage de 50 km/h à 30 km/h affiche des résultats très variables voire contradictoires, soit de -10% à +30% selon les polluants et les études."
Quand aux autoroutes, pour avoir un réel impact sur la pollution, il faudrait les limiter à... 80 km/h !

3) Un coût insupportable
La baisse des limitations aura un impact économique désastreux : perte de temps dans les trajets, ralentissement et renchérissement du trafic des marchandises, etc. Selon les premières estimations, cela représenterait une facture comprise entre 5 et 8 milliards d'euros par an ! Irresponsable en cette période de récession où chaque nouvelle charge pesant sur les entreprises françaises se traduit par des chômeurs supplémentaires.
Ne pas oublier, non plus, que baisser les limitations de vitesse, c'est changer des centaines de milliers de panneaux. Ce serait engager une dépense publique de plusieurs dizaines de millions d'euros. Inacceptable, à l'heure où l'Etat manque cruellement d'argent.rajets, ralentissement et renchérissement du trafic des marchandises, etc. Selon les premières estimations, cela représenterait une facture comprise entre 5 et 8 milliards d'euros par an ! Irresponsable en cette période de récession où chaque nouvelle charge pesant sur les entreprises françaises se traduit par des chômeurs supplémentaires.
Avec les limitations actuelles, plus de 27.000 PV pour excès de vitesse sont dressés chaque jour, et 10 millions de points de permis sont retirés chaque année.
Sur des routes truffées de radars-pièges (fixes, mobiles, embarqués), une baisse des limitations de vitesse entraînerait une explosion de PV à 68 €. Insupportable pour des millions de Français qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts.

Ne laissez pas Manuel Valls nous imposer ça.
Ce document de synthèse sera remis officiellement au gouvernement lors de la Conférence environnementale qui aura lieu les 20 et 21 septembre 2013 et un projet de loi sur la transition énergétique devrait voir le jour à l’autonome avant d’être ensuite soumis au Parlement.
Ne vous laissez pas prendre de vitesse comme pour le vote de la loi autorisant le mariage homosexuel ! 

S'il vous plaît, signez votre pétition "Non à la baisse des limitations de vitesse" et mobilisez vos ami(e)s et connaissances.

Merci de votre vigilance citoyenne et bonne route !

Christiane Bayard
Secrétaire générale


lundi 14 novembre 2011

La gauche travaille à la démobilisation des Français

La catastrophe serait un passage obligé !

Edgar Morin: " Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe "

Pour certains, agir, c'est s'opposer

"Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir ", écrit TerraEco qui, pour étayer sa thèse, se tourne vers un exclu du Parti communiste (1951). A 90 ans, le philosophe et sociologue Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, n'est pas trop vieux (1921) -exceptionnellement- en effet, en dépit des critères de Nono Montebourg. Quand on n'a plus rien à faire ni à perdre, à l'instar également de Stéphane Hessel, que de prendre chaque matin le 'vent de la révolte', le secret de la jeunesse, c'est d'initier les jeunes aux plaisirs de cette révolte, quels que soient les risques encourus par les citoyens vigilants, les 'désobéisseurs' et les Indignés manipulés, d'Espagne, du Proche Orient récemment, et d'ailleurs.
Ils sont même parfois membres actifs d'association pacifistes, tel le fonds associatif Non-Violence XXI (2001), comme c'est le cas pour Françoise Héritier, Bernard Clavel (mort en 2010) ou S. Hessel. Ainsi en est-il aussi de l'universaliste Morin qui fait appel à " une prise de conscience de la communauté du destin terrestre " et incite à résister au diktat de l’urgence. Vaste champs d'opération, au même titre que l'indignation attrape-tout, banale et dépréciée ! L’espoir est à portée de main, assure-t-il. Mais l'espoir de quoi ?

E. Morin répond aux questions de ce media

Fondé sur un réseau de quelque 40 correspondants, dont beaucoup d'anciens du quotidien Libération, son approche environnementaliste et sociale est préoccupée des grands enjeux économiques et du développement durable. Super !

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?
La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ? (la machine à vapeur ?)
Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve " après la pluie ". Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil [et le réchauffement climatique ?] Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ? En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : " La voiture nous ralentit beaucoup. " Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?
Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?
Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. [dans le meilleur des cas, que ne connaissent pas les veuves et les personnes seules] Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. [parole de sociologue nanti, mais ce dont rêvent les défavorisés] Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. [On peut donc interrompre ici la lecture de ces pensées profondes] C’est le sens du mouvement 'slow food' dont est née l’idée de " slow life ", de " slow time " et même de " slow science ".
Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un " grand " article dans une " grande " revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. [les 'artistes' de la 'star academy' connaissent-ils ce problème ?] Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme [yogisme ?], par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue 'Le droit à la paresse' (qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

Pourquoi ?
Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. [Que dire donc de la transmission des connaissances et de la formation ?] En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages [divinatoires !] qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ? [L'idée est réflexe dans certains esprits : puisqu'il faut désigner au peuple des coupables, Morin aurait pu nous faire gagner encore davantage de temps de réflexion et stigmatiser la banque directement !]
Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? [Et la pesanteur !...] Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. [Vade retro satanas!] Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. [Au fait, le stakhanovisme, c'est quoi ? 102 tonnes de charbon extrait en six heures...et deux Ordres de Lénine remis par Staline !] Par la soif incessante de " nouveau " qu’il promeut grâce à la publicité…

Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ?
Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière…
Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. [L'aide alimentaire européenne a néanmoins besoin de la PAC et, sans elle et sa bonne santé, les associations ne sont pas grand chose...] Elle [l'économie sociale soutenue par les états capitalistes et l'Europe, tant qu'ils le peuvent encore] incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique (bien qu'elles soient ignorées d'une "grande partie de l’opinion"] que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. [le 'discount' et le 'low cost' n'entrent pas dans le raisonement du nonagénaire] Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. [mais, en " répercutant un prix maximum sur le consommateur", ne court-circuitent pas grand chose] Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde [à la différence du marxisme], mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse…
Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

Par obsession, vous entendez croissance ?
Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

Décélération signifierait décroissance ?
Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?
Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

Le politique n’est-il pas tout de même censé " prendre le temps de la réflexion " ?
On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de " U " pour " urgent ". Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les " TTU ". Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.

Michel Rocard déplorait il y a peu pour " Terra eco " la disparition de la vision à long terme…

Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le " long terme ", je l’intitule " problème de fond ", " question vitale ". Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?

Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre. Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ? Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.

La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel…
Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?
Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse
Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?
Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

Nous sommes déjà dans un processus de réformes…
Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires. Vous appelez cette démarche " le bien-vivre ". L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez. L’idéal de la société occidentale – " bien-être " – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. [Mais c'est pourtant la proposition d'une "société du bien-être" que Martine Aubry nous proposait à la veille des primaires du PS...] Et bien que ce mot " bien-être " soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de " bien-vivre ", reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression " bien vivir " est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est " actif " dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre.
Si vous avez tenu le coup jusqu'au dernier mot, bravo !
Sachons que le socialiste Hollande, comme Aubry, prend ses modèles en Amérique latine et ses sources auprès de la très marxisante "théologie de la libération" et de ce penseur fulgurant...

jeudi 31 juillet 2008

Loi sur la démocratie sociale et le temps de travail devant le Conseil Constitutionnel

35h : l’opposition parlementaire tente un recours
Le Parlement a définitivement adopté mercredi le projet de loi sur la rénovation de la démocratie sociale, dont le volet réforme du temps de travail vise à faire des 35 heures la base de négociations entreprise par entreprise, dans un souci de souplesse et d’adaptabilité aux besoins et aux réalités locales, secteur par secteur.
Mais les députés et sénateurs socialistes, communistes et Verts ont annoncé vendredi avoir déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel contre la loi sur la démocratie sociale et le temps de travail, dont un volet a trait aux 35 heures.
Bien que la loi maintienne la référence aux 35 heures, un communiqué co-signé par les parlementaires de gauche prétend que "cette loi est dangereuse parce qu'elle fait disparaître des règles collectives de référence en matière de droit du travail". "Elle fait des droits sociaux un enjeu de concurrence entre les salariés au détriment de leur sécurité et de leur santé", selon le président du groupe, Jean-Marc Ayrault, dans un communiqué.
C’est pour eux une atteinte au collectivisme actuel et une limitation à l’hégémonie syndicale sur l’ensemble du territoire, qui veut continuer à ignorer les contraintes particulières aux entreprises et aux salariés.