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vendredi 9 février 2018

Méthode Macron : les agriculteurs de "ZAD" obtiennent satisfaction à Toulouse et Montauban, comme à Notre-Dame-des-Landes

Les agriculteurs en colère débloquent ici, mais bloquent là...

Levée des blocages des agriculteurs de Toulouse et Montauban qui ont obtenu gain de cause
Mercredi 7 février, lors du blocage des agriculteurs, sur l'A620, le périphérique toulousain.
Mercredi 7 février, lors du blocage des agriculteurs, sur l'A620, le périphérique toulousain.
 (B. Colin / 20 Minutes)
Les agriculteurs ont obtenu le maintien d’une grande partie des communes en zones agricoles défavorisées (ZAD). Une levée progressive des blocages était en cours, jeudi.

Après dix jours de mobilisation à Montauban et Toulousependant lesquels les agriculteurs se sont sentis abandonnés et les citadins bloqués, le retour à la normale s'est amorcé ce jeudi 8 au matin sur les routes de Haute-Garonne. Ils ont obtenu gain de cause mercredi soir. Près de 800 des 1.100 communes qui devaient sortir de la carte des zones agricoles défavorisées (ZAD) y sont finalement maintenues.

Les exploitants agricoles concernés seront encore éligibles aux indemnités compensatoires de handicaps naturels. Une mobilisation payante mais qui aura duré plus de dix jours, à travers des blocages permanents dans le Tarn-et-Garonne, où ponctuels comme à Toulouse, mercredi sur l’A620, ou à Villefranche-de-Lauragais, sur l’A61.

Fin des blocages dans la soirée à Toulouse et en Occitanie. Les agriculteurs Fnsea et Ja obtiennent satisfaction sur le maintien des aides européennes (zones agricoles défavorisées) @CNEWS

"C’est une grosse satisfaction, mais c’est tout de même navrant de devoir en arriver là, aussi bien pour nous que pour les automobilistes", commente Nicolas Ates du syndicat des Jeunes Agriculteurs.

Levée du blocage en milieu de nuit
S’ils ont obtenu gain de cause, la levée du blocage sur l’A620, au niveau de la Cépière, ne devait intervenir qu’en fin de soirée. Après, les personnels de la direction des routes du sud-ouest seront à pied d’œuvre pour nettoyer le bitume et ramasser les déchets et autre lisier, pour une réouverture dans la matinée.

La préfecture du Tarn-et-Garonne informait qu’elle maintenait toutefois certaines mesures d’interdiction en raison des dégâts occasionnés sur la voirie. La circulation des poids lourds de plus de 7,5 tonnes sur l’ensemble des routes départementales est ainsi interdite jusqu’à midi et "pour des raisons de sécurité, l’interdiction des transports scolaires est maintenue le jeudi 8 février 2018".


En revanche, les agriculteurs en colère bloquent l'A61 au niveau de Castelnaudary, Aude
Après la réunion de mercredi entre le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, et les représentants des syndicats agricoles d'Occitanie, le ministère devait présenter ce vendredi aux représentants la nouvelle carte des zones défavorisées au plan national. Si la plupart des agriculteurs se sont dits satisfaits des propositions, certains départements, comme le Gers, le Lot, l'Aveyron et l'Aude le sont beaucoup moins. 

Dans l'ouest de l'Aude, les agriculteurs de la Piège, un canton qui devrait sortir de la carte des zones défavorisées, ont décidé de manifester à nouveau leur colère ce vendredi.
Ce vendredi 9 février, ils avaient mis en place, sur l’A61 et sur la RD6113, des sorties obligatoires, à Castelnaudary dans le sens de circulation, Toulouse-Carcassonne et à Bram dans le sens Carcassonne-Toulouse. Les usagers, ainsi déviés, étaient ensuite orientés par les agriculteurs vers une boucle sur le réseau secondaire, dans un quadrilatère Castelnaudary/Gaja-la-Selve/Fanjeaux/Bram, avant de reprendre la direction de leur destination.

Leur objectif étant d'obliger les automobilistes à transiter par leur canton de La Piège pour qu'ils se rendent compte de la réalité géographique de leur territoire.

Des élus en soutien, une action en justice prévue. 
A 17 heures, des élus se sont  rassemblés à la sortie de Fanjeaux. Ils réclament d'ores et déjà au ministre de l'Agriculture de venir sur place donner des explications. Vers 18h, comme promis, les agriculteurs audois ont commencé à lever les barrages.
Néanmoins, les agriculteurs ont déjà décidé de porter l’affaire devant le tribunal administratif et la Cour européenne de justice. "Nous sommes prêts. Nous avons des données. Chaque agriculteur, sur son exploitation, fait des analyses de terre. Nous allons nous en servir pour bien prouver que ce territoire est bien un territoire de handicap. Nous monterons un dossier technique qui ira devant la juridiction. 
Aujourd’hui, l'INRA refuse de nous donner ses calculs. C’est un juge qui le leur réclamera", assène Serge Vialette, président de la FDSEA.

En conséquence, le trafic est très perturbé sur ce secteur, et plus globalement dans le triangle Villefranche-de-Lauragais (31), Carcassonne (11) et Mirepoix (09).

120 km de détour pour les automobilistes.
Dans la journée, Vinci Autoroutes avait mis en place une déviation, en invitant les automobilistes à sortir dès Villefranche-de-Lauragais, dans le sens Toulouse-Narbonne, et dès Carcassonne, dans le sens Narbonne-Toulouse. Pour éviter les 16 km d'autoroute coupés entre Bram et Castelnaudary, il fallait alors en parcourir 120...
Des itinéraires conseillés étaient aussi mis en place et les usagers invités à limiter ou reporter leurs déplacements sur les secteurs perturbés.
Le Centre Opérationnel Départemental (COD) a été activé en préfecture. Le PC route a été activé par le Conseil départemental.

samedi 9 septembre 2017

Contrats aidés: le déplacement de Philippe à Pau perturbé par des manifestants

Le premier ministre de Macron, hué et sifflé par des Français mécontents  

Une centaine de personnes a manifesté son mécontentement des mesures prises par le gouvernement

Des membres des Calendreta (écoles immersives en langue occitane) ont dénoncé la fin "brutale" des contrats aidés décidée par l'exécutif pour 2018, lors de l'inauguration samedi de la foire de Pau par le premier ministre Edouard Philippe"Nous déplorons l'arrêt brutal des contrats aidés à la veille de la rentrée," a déclaré Nathalie Cazenave, membre de la fédération, défendant "un des maillons indispensables pour assurer notre mission".

Le Premier ministre,
proche d'Alain Juppé, accompagné de 
François Bayrou, maire de la ville, ex-ministre démissionnaire de son gouvernement, le patron du MoDem ont été fraîchement accueillis par des opposants rassemblés à l'entrée de la foire annuelle de Pau
 
Dans le groupe hétéroclite de manifestants figuraient des élus du Bassin d'Oloron protestant contre la fermeture de la maternité d'Oloron-Sainte-Marie programmée en 2018, des représentants de la FDSEA réclamant la mise en place d'un plan d'accompagnement des éleveurs de palmipèdes, ainsi que des militants de la CGT. "On est tous des fainéants !", a lancé l'un des extrémistes de gauche, faisant ainsi allusion aux propos polémiques du président Macron en Grèce. 
"Le Premier ministre nous a dit qu'il faut convaincre Bruxelles d'autoriser la France à verser ces aides", a-t-il poursuivi. "Il semble conscient de ces enjeux. N'oublions pas que les agriculteurs sont depuis plusieurs mois sans revenu", a-t-il ajouté.

Philippe et son escorte ont été accueillis par des huées et des sifflets

A l'intérieur de la foire, d'autres manifestants ont scandé des slogans hostiles à son encontre. "Loi Travail, non non non ! Rendez-vous le 12 !", a lancé l'un d'entre eux, en référence à l'appel à une manifestation le 12 septembre contre le projet de réforme de droit du travail. 

19 délégations avaient demandé un rendez-vous à Edouard Philippe. 
Seule celle de la FDSEA a été reçue par le Premier ministre, en rendez-vous "au débotté" à son arrivée à l'aéroport de Pau, samedi matin. 

Des élus ruraux de Pyrénées-Atlantiques avaient également décidé de boycotter la visite d'Edouard Philippe, mécontents de ne pas avoir obtenu de rendez-vous avec lui pour évoquer leurs inquiétudes sur l'avenir des petites communes. L'ancien candidat à la présidentielle et toujours député des Pyrénées-Atlantiques, Jean Lassalle, a suivi Edouard Philippe et son ancien compagnon François Bayrou dans les allées de la foire. "Je vais voir si le Premier ministre me reconnaît. J'ai été député avec lui", a-t-il raillé.

Le vendredi 01 septembre 2017, a
lors qu'il se montrait à la Foire agricole de Châlons-en-Champagne, parce que son maire est Benoist Apparu, un juppéiste, comme Edouard Philippe, le premier ministre avait déjà été copieusement sifflé à son arrivée par des représentants de la CGT.

VOIR et ENTENDRE
les huées - dont des "assassin" - et les sifflets pendant le face à face tendu avec une représentante de la CGT :  
"Qu'est-ce que vous nous cachez ? Il y en a ras-le-bol !" l'a interpellé la cégétiste ajoutant : "on a souffert avec Hollande. On a souffert avec Sarkozy. Ça suffit ! Les gens sont en colère. Ça suffit".
"Calmez-vous madame" a débord demandé le Premier ministre avant de lui expliquer : "Madame, vous dîtes : "Qu'est-ce que vous nous caché ? Rien. On ne va rien cacher. On va à l'objectif qu'on s'est fixé".

lundi 1 février 2016

Les agriculteurs en colère seront demain à Chartres: ils y attendent Hollande et Le Foll

Les agriculteurs poursuivent leurs actions dans l'ouest de la France

Les éleveurs tiraient, depuis des mois, la sonnette d'alarme en raison des cours trop bas

Ces prix sont inférieurs aux coûts de production, auxquels le porc, le lait et la viande bovine sont achetés par les industriels de la transformation. De nombreux agriculteurs en faillite sont contraints de mettre la clé sous la porte. 
Or, malgré leur mobilisation, la situation des agriculteurs n’a pas vraiment évolué en dehors des quelques rustines proposées le 3 septembre, à la suite de la manifestation des éleveurs et céréaliers normands à Paris].
Le gouvernement doit prendre en compte l’urgence de la situation, insiste Yves Bazy, producteur de lait dans les Côtes-d’Armor et secrétaire général de la FDSEA. Et il doit prendre, par exemple, ses responsabilités par rapport aux conséquences de l’embargo russe. "Cette décision politique nous a touchés par effet de domino. Les Allemands, qui vendaient beaucoup aux Russes, ont perdu de gros marchés, donc ils se sont rabattus sur notre marché national. Sauf qu’ils sont plus compétitifs que nous et vendent mieux. "Je ne produis pas encore à perte mais ça ne saurait tarder ! Il me manque six centimes d’euros par litre de lait pour couvrir mes dépenses et faire un minimum de bénéfice. Le prix payé au producteur pour son travail est bien en dessous de son coût de production. Certains d’entre nous ont vraiment du mal à s'en sortir", explique-t-il depuis des mois.

A l'appel des Jeunes agriculteurs (JA) et de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA), mercredi 20 janvier, une centaine d'agriculteurs des Côtes d'Armor et une quarantaine de tracteurs a donc commencé, à bloquer la N12, qui relie Rennes et Brest, à la sortie de Saint-Brieuc. Les éleveurs voulaient ainsi attirer l'attention du gouvernement sur les milliers d'emplois menacés par la crise du secteur.

Le blocage de la Nationale 12 le 22 janvier dans l'après-midi ou le rassemblement dans les rues de Rennes ce matin attestent de la volonté des producteurs de lait et de viande de continuer à faire pression sur le gouvernement. A Quimper, la situation avait été très tendue, avec des poubelles incendiées et des déchets déversés devant la préfecture.
Et les actions se sont multipliées. Au même moment, devant la préfecture de Laval, des agriculteurs sont venus avec des panneaux de leurs villages, comme pour montrer qu'ils craignent d'être rayés de la carte. "Les consommateurs continuent de payer, voire même plus cher, et pourtant nos produits sont de moins en moins chers", explique ainsi un éleveur aux autres manifestants. Des actions sporadiques se propagent dans tout l'ouest de la France.

En pleine manifestation devant la préfecture de Rennes (Ille-et-Vilaine), les autorités se résolvent à organiser une réunion de conciliation. Mais boycottée par la principale fédération agricole, son échec symbolise du difficile dialogue entre les éleveurs et les pouvoirs publics. 

Jeudi 28 janvier, les autoroutes ont été bloquées à une vingtaine d'endroits. Une semaine maintenant que les agriculteurs en colère sont mobilisés, comme dans la Manche. "C'est pas la première fois malheureusement, donc on espère que ce sera la dernière mais si on doit revenir, on reviendra", assure Aurélie Cauchard, agricultrice.


La table ronde a été reportée en Bretagne et Stéphane Le Foll a été hué et sifflé par les céréaliers à Reims. Le ministre intermittent de l'Agriculture a reçu une salve de remarques hostiles telles que "vous avancez en reculant !", "au travail !" ou "démission !" 
Bruno Le Maire interpelle même François Hollande sur l'agriculture qui se meurt. Les éleveurs ont poursuivi la mobilisation. 

Après un "mercredi noir", le 27 janvier, les manifestants ont poursuivi leur mobilisation
le jeudi 28 en Bretagne, en Normandie et dans les Pays de la Loire.

VOIR et ENTENDRE 
le patron de la FNSEA réclamer "un ministre à temps plein"...


Ils demandent au premier ministre de leur accorder un peu d'intérêt et de considération
et réclament la venue de Manuel Valls.

Les agriculteurs d'Eure-et-Loir ont appelé à la "mobilisation générale," le mardi 2 février

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs d’Eure-et-Loir attendent une "mobilisation générale", demain mardi, à Chartres "pour la survie des exploitations agricoles d'Eure-et-Loir". Les agriculteurs d'Eure-et-Loir ont déjà démontré ni de détermination, ni d’imagination pour mener des actions marquantes et spectaculaires lorsqu'ils doivent défendre leur avenir. 

A partir de 6h15, à l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs d'Eure-et-Loir, les manifestants se rassembleront, avec leurs engins agricoles, sur trois points de rendez-vous de la périphérie chartraine

- Le grand parking du restaurant "Mon idée" près du rond-point de la route d'Illiers-Combray.

- La ferme des Quatre Vents entre Bonville et Gellainville.

- Face au magasin Baobab, à Lèves. 

Les tracteurs convergeront, ensuite, vers la cité administrative, à Chartres, afin d’en bloquer les accès: les cortèges devraient s'y retrouver pour 7 heures. Jean-Michel Gouache, président départemental de la FDSEA, en explique le motif : "L’État nous empêche de travailler. Nous allons donc empêcher l’État de travailler."
Une délégation devrait être reçue par le préfet d'Eure-et-Loir. "Nous souhaitons, également, rencontrer les parlementaires, pour leur exposer nos difficultés," insiste aussi les agriculteurs en colère.

Depuis le début des manifestations des agriculteurs, dans l'ouest de la France, ceux d'Eure-et-Loir étaient restés plutôt discrets. Mais des représentants de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs d’Eure-et-Loir se sont déplacés au Mans, ce mercredi 27 janvier 2016, pour manifester avec leurs homologues de la Sarthe.
Ce vendredi 29 janvier, les secrétaires généraux de la FDSEA et Jeunes agriculteurs d’Eure-et-Loir cosignent l'appel à mobilisation "pour la survie des exploitations agricoles d'Eure-et-Loir". 

Etrangement, les agriculteurs de la Confédération paysanne
(gauche altermondialiste) et du MODEF (anarcho-communistes) ne semblent pas souffrir
En revanche, Bertrand Petit, secrétaire général FDSEA 28, et Pierre Manent, secrétaire général JA 28 l'affirment: "Nos productions souffrent. Ce n’est malheureusement pas nouveau pour l’élevage, mais la situation est loin de s’améliorer malgré les fortes mobilisations de l’an passé et la crise s’étend désormais aux productions végétales."
"[...] La pression ne doit pas tomber si l’on veut se faire entendre. [...] Les organisations professionnelles agricoles, les coopératives, les centres de gestion et les concessionnaires doivent se sentir concernés par cette mobilisation et devront se montrer solidaires en rejoignant le mouvement. Tenez-vous prêts, nous comptons sur votre présence pour la survie de notre agriculture !"


Le ministre de l'Agriculture devait rencontrer les éleveurs dans les prochains jours.
Sous la pression, Stéphane Le Foll a finalement consenti ce dimanche à rencontrer des agriculteurs (triés sur le volet) mardi prochain. En compagnie du président François Hollande, il rencontrera la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, a-t-il annoncé à l'occasion du Grand Rendez-Vous Europe 1/i-télé/Le Monde.
Le ministre de l'Agriculture a également fait savoir qu'il déposera un texte la semaine prochaine à l'Union européenne "pour faire bouger les lignes":
Sur la question de l'endettement des éleveurs, Stéphane Le Foll a rappelé qu'"un délai supplémentaire est accordé aux éleveurs. L'année blanche se poursuit jusqu'à la fin juin".

Après que la France ait été moteur pour des sanctions contre la Russie sur le sujet de l'Ukraine, le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement s'est à nouveau déclaré favorable à la levée des "sanctions sur la Russie qui touchent en priorité la filière porcine". Au vu des effets désastreux de leur politique étrangère, les matamores de l'exécutif a rétro-pédalé. "Bien sûr, je souhaite une levée des sanctions; le président de la République le souhaite également. Je suis allé en Russie pour négocier avec les Russes à ce sujet", a-t-il déclaré. Cette position est partagée par l'ensemble du gouvernement, selon le ministre. "Emmanuel Macron, qui est allé en Russie il n'y a pas longtemps, souhaite que les sanctions soient levées d'ici l'été; je suis d'accord", a-t-il ajouté, quoiqu'un peu tard. 

Ce revirement et ces propos pour que Stéphane Le Foll souligne au final que "ce n'est ni le ministre de l'Agriculture ni même la France qui négocie avec la Russie", mais l'Union européenne. Or, Le Foll ne précise pas qu'il y sera absent: il se fera représenter par l'ambassadeur...

jeudi 21 janvier 2016

Les exploitants agricoles bretons votent PS, puis bloquent les routes et veulent Valls qui file à Davos

Les éleveurs bretons, délogés de la N12 - sans voir Valls -veulent continuer leurs actions

Depuis mercredi 14h, les éleveurs 
de Saint-Brieuc d'abord, puis des Côtes-d'Armor et du Finistère, 
ne décolèrent pas. 

Les éleveurs souhaitent rencontrer le Premier ministre Manuel Valls samedi. La disparition et la menace sur des milliers d'emplois, ainsi que la précarisation du métier attisent leur colère. Dans cette attente, ils bloquent la RN12 dans les deux sens sur la commune d'Yffiniac, à environ 10 km de Saint-Brieux (orthographe de L'Express: comprendre Saint-Brieuc), selon Le Télégramme.
En septembre, le gouvernement avait pourtant annoncé trois milliards d'euros d'aides en trois ans. Une mesure jugée "insuffisante et inefficace" par les professionnels, rapporte Le Parisien. Le Préfet des Côtes-d'Armor a dit faire remonter leurs doléances, mais a demandé leur départ de la RN12, ce jeudi. 

Ils ont levé les blocages, contraints et forcés par les forces de police

Des éleveurs brûlent des pneus sur la RN 12,
le 20 janvier 2016, près de Saint Brieuc
"Dans le calme", selon L'Express, malgré les images, environ 300 éleveurs ont levé  le blocage de la N12, dans les deux sens ce jeudi à l'aube. Ils demandaient à rencontrer Manuel Valls samedi et dénonçaient la disparition de milliers emplois et un étranglement financier. 

"Une nuit sur la N12" 
Cette tournure donne à croire que L'Express pourrait avoir partagé cette nuit-là, mais l'hebdo cite constamment Le Télégramme et fait donc illusion à partir des dépêches de l'AFP et de la presse régionale. Il n'a manifestement été qu'un observateur distant, voire indifférent, tant la qualification du journaliste anonyme est peu apparente... 
"Cela faisait bientôt 20h que 300 éleveurs occupaient la N12. Une quarantaine de tracteurs étaient stationnés [accord de proximité] sur le bas-côté, précise le Télégramme, repris par L'Express depuis Paris. La glissière de la sécurité qui séparait la chaussée aurait été arrachée [on n'est pas sûr, vu de Paris !] et des objets et détritus étaient jonchés au milieu des voies [sic]. 
Les éleveurs "regrettent" [simplement] de ne pas gagner assez leur vie et assurent [ils ne sont pas crédibles?] que des milliers d'emplois sont menacés. Leur objectif : obtenir la vue [sic] du premier ministre Manuel Valls en Bretagne [passons sur la qualité de la langue: comme s'ils ne le voyaient pas assez à la télévision...]. Ils ont finalement à la demande du Préfet accepté ce jeudi matin de lever dans le calme le barrage [absence de ponctuation], qu'ils avaient tenu toute la nuit, dans des conditions climatiques difficiles. La FDSEA espère que le gouvernement mettra en place des réformes structurelles, car "la compétitivité française est plombée par une sur-réglementation et des charges sociales qui ne cessent de croître", rapporte Le Télégramme ." [L'Express n'a pas dépêché de journalistes et n'a rien vu.]

"Ras les bottes" à Quimper 
La grogne ne fait que monter dans le reste de la région. Une centaine d'agriculteurs a aussi manifesté [accord correct, cette fois, avec le sujet [le hasard fait bien les choses] à Quimper mercredi à l'appel des Jeunes Agriculteurs, avec un mot d'ordre: "Nous en avons plein les bottes" [ce qui est non pas un mot d'ordre, mais un slogan]. Ils ont souhaité symboliser la disparition des emplois, à l'aide de bottes vides, comme on le voit sur cette vidéo, qu'ils ont ensuite lancées dans le jardin de la Préfecture. Les jeunes agriculteurs ont aussi brûlé des pneus et de la paille pour marquer leur mécontentement. 

Les éleveurs bretons de Saint-Brieuc, délogés de la RN12 par les forces de l'ordre jeudi matin restent déterminés à continuer leurs actions

Des éleveurs de la FDSEA des Côtes-d'Armor ont aussi fait barrage aux deux entrées d'une cité administrative, dans la soirée, rapporte encore Le Télégramme [sans lui, que deviendrait L'Express!].  La veille, une centaine d'agriculteurs du pays de Quimper dans le Finistère s'était aussi retrouvés à Guengant [il doit probablement s'agir de Guingamp (Côtes d'Armor): le rédacteur n'a donc aucune notion d'orthographe ni de géographie: il est donc bien journaliste, mais n'appartient ni au service Education, ni au service des sports], à environ 40 km au sud est de Vannes, dans le Morbihanà l'appel du collectif SOS Elevage en danger.  La veille aussi, ce sont des éleveurs laitiers dans le Morbihan toujours, qui avaient bloqué un rond point. Ils ont d'ailleurs l'intention de poursuivre leur "action routière", le week-end prochain à Vannes et à Lorient.

"On va continuer. Si on nous déloge, on va sur un autre endroit: il faut qu'on nous entende", a expliqué Didier Lucas, président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles, qui a appelé à cette mobilisation avec les Jeunes agriculteurs (JA). 

L'évacuation de plusieurs dizaines d'éleveurs présents sur la RN12 (Rennes-Brest) ce matin peu avant 08h00 s'est déroulée dans le calme, selon un correspondant de l'AFP, qui ne mentionne pas l'intervention de la police: selon la terminologie de France Info, "les forces de l'ordre lèvent le blocage"...
Mais l'axe reste coupé à la circulation et les déviations sont toujours en place, le temps de remettre en état les voies et si les éleveurs se laissent impressionner. La préfecture espère rouvrir la RN12 sur une voie dans chaque sens d'ici 17h00.

Pendant ces longues journées,
où est le président de Région Bretagne que les Bretons ont reconduit ? Le Drian n'arrive pas, dit-on, à être sur tous les fronts: la guerre au Proche Orient et en Afrique et la paix en Bretagne. 

lundi 14 septembre 2015

Raid du candidat Hollande sur la Haute-Saône, en reconquête de la ruralité à Vesoul

L'impopulaire Hollande a voulu voir Vesoul et Valls l'a escorté à Vesoul

Le tandem Hollande/Valls a discriminé ses interlocuteurs agricoles en Haute-Saône

Hollande et 12 ministres à Vesoul : la campagne est dans le pré

Le président "de tous les Français" a discriminé les agriculteurs radicaux...
Non seulement l'exécutif socialiste n'a pas affronté les exploitants agricoles lundi matin, seulement leurs représentants agricoles, mais François Hollande et Manuel Valls n'ont reçu qu'une sélection d'entre eux, les plus modérés et ouverts au dialogue, tandis que quelque 150 militants de la Confédération paysanne (gauche écologiste) et de la CGT (ci-dessous) ont manifesté en marge d'un "Comité interministériel aux ruralités" en Haute-Saône, présidée par un socialiste.

Lors d'une rencontre d'une demi-heure, à laquelle assistait le ministre apparent de l'Agriculture, le grand Nicodème Le Foll, des responsables des Jeunes Agriculteurs (JA, proches de la FNSEA), de la Fédération Départementale des Producteurs de Lait de Haute-Saône (FDPL), venus de Chaumont en voisins, et de la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FDSEA) de Haute-Saône ont pu leur exposer leurs doléances, a raconté l'un d'eux.

"Nous avons été droit au but et nous avons l'impression d'avoir été entendus par le président", a indiqué  Sylvain Crucerey, président de la FDSEA.
"Nous lui avons notamment expliqué que les normes européennes et françaises sont trop lourdes pour nos exploitations", a-t-il précisé.

Les représentants des trois syndicats ont par ailleurs demandé que la Haute-Saône reste classée "zone défavorisée simple" à l'issue des discussions européennes prévues en 2018, ce qui permet aux agriculteurs de toucher des "indemnités compensatoires de handicaps naturels" à hauteur de quelque 6 millions d'euros pour ce seul département, à la charge de l'Etat. Et l'Etat, c'est qui ? 

Des représentants de la Confédération paysanne ont été reçus - séparément -   en préfecture 

Ils ont réclamé la diminution de la production laitière. "Les quotas laitiers sont terminés, mais il faut remettre en place un système de régulation réactif de la production", a déclaré Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne, tandis que ses adhérents manifestaient devant les grilles de la préfecture.

"Si on veut garder des paysans, il faut réguler le marché", a-t-il lancé au président, prenant l'exemple du marché très encadré du lait destiné à la fabrication du comté.

Quelque 150 militants de la Confédération paysanne et de la CGT s'étaient rassemblés à Vesoul, tenus à distance respectable du convoi présidentiel.
Les agriculteurs ont gaspillé du lait en poudre en le déversant sur la route, "symbole du lait d'exportation qui tire les prix vers le bas", sur une distance d'environ 200 mètres.

"Il faut que les petites exploitations soient aidées pour continuer à vivre, car les prix de vente sont inférieurs aux coûts de revient", a expliqué Didier Barberot, producteur de lait et membre de la Confédération paysanne.

Formant un peu moins de la moitié des manifestants, les militants du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) de  la CGT - plus politisés (communistes et anarcho-communistes) - étaient davantage mobilisés contre "la politique d'austérité et la casse de nos acquis, nos droits et nos services publics".
Dans un tract, ils dénonçaient en particulier "la loi Macron, les attaques contre le Code du travail, le système de retraite et retraite complémentaire".