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lundi 13 août 2018

Migrants: le port de Sète, possible porte d'entrée des migrants de l'Aquarius, selon le communiste Gayssot

L'extrême gauche migrationniste propose le port de Sète à Macron

Le directeur du Port de Sète, l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, a proposé lundi d'y accueillir rien que ...141 migrants
 
Les passeurs de l'Aquarius, le 29 juin 2018 à Marseille
Les passeurs de SOS Méditerranée ont assuré la traversée depuis la Libye vendredi par le navire Aquarius, et l'ancien ministre communiste des Transports de Mitterrand fait pression sur Macron : "si les autorités françaises le lui permettent", a-t-il fait diffuser par l'AFP.
"Le port de Sète [qui n'est plus communiste depuis 2001] est prêt à accueillir l'Aquarius dès lors que les autorités françaises le lui permettront", a-t-il déclaré, en précisant que "c'est la dimension humanitaire qui doit prévaloir, il s'agit de sauver des vies, des familles".

Vendredi, le navire affrété par l'ONG association SOS Méditerranée et l'ONG  organisation caritative Médecins sans frontières (MSF) a pris le relais au large de la Libye pour 141 Africains abandonnés en mer à bord de deux barques en bois, dont une moitié de mineurs et plus d'un tiers de femmes en âge d'avoir des enfants, essentiellement originaires de Somalie, , aux mains des islamistes, et d'Erythrée, soumise à une dictature marxiste-léniniste, toutes deux anciennement italiennes, sans aucun lien historique avec la France.

Malte et l'Italie ont refusé d'accueillir le navire dans leurs ports

Association migrationniste fondée en Allemagne, SOS Méditerranée n'a pas hésité  lundi à appeler les Etats européens à ..."prendre leurs responsabilités"! "On demande à l'ensemble des Etats européens de trouver une solution. On les appelle à prendre leurs responsabilités pour trouver un port sûr en Méditerranée", a déclaré la présidente de l'ONG SOS Méditerranée, Sophie Beau, une ex- de la Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale. En juin 2018, sur la BBC, des anciennes employées de MSF dénoncent à vision couvert  plusieurs militants de l'organisation qui, notamment en Afrique, ont eu des comportements inappropriés, certains y ayant par exemple recours à des prostituées beaucoup plus jeunes qu’eux.

"Nous avons une gare maritime, trois quais disponibles et nous pouvons accueillir ces migrants quel que soit le moment mais ils ne pourront pas venir sans l'accord des autorités françaises", a lancé Gayssot, 
né à Béziers (Hérault) et nommé - à 74 ans - président du directoire du port de Sète-Sud de France, dans l'Hérault, par la socialiste Carole Delga, ancienne députée de Haute-Garonne et présidente de la région Occitanie, le 19 janvier 2017.

Jean-Claude Gayssot, directeur du "Port de Sète Sud de France", un établissement public régional, a été ministre des Transports (1997-2002) dans le gouvernement de Lionel Jospin. 
Il est aussi à l'origine de la loi Gayssot contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, de 1990, adoptée alors qu'il était député.

jeudi 24 janvier 2013

Sondages: les Français se sentent envahis d'étrangers

70% des Français jugent qu'il y a trop d'étrangers

Une enquête Ipsos confirme ce que la gauche nie

La "France 2013 : les nouvelles fractures" livre un portrait qui atterre Le Monde du jeudi 24 janvier. Réalisé avec le Centre d'études politiques de Sciences Po (Cevipof), elle montre que les Français redoutent la mondialisation, la place que prend l'Europe, ne font pas confiance à leurs hommes politiques et montrent un franc repli identitaire.

Le changement socialiste déçoit aussi ceux qui l'ont voulu
Non seulement Michel Winock accuse mais il discrimine: "Les Français – du moins la grande majorité d'entre eux – semblent avoir peur de tout" et, quand ils se prononcent sur les "moyens de redressement, ils répondent : redressement de l'autorité et repli sur le pré carré", a commenté l'historien pour Le Monde. 

On peut dégager trois enseignements principaux de cette étude.

Les Français trouvent qu'il y a trop d'étrangers

D'après l'étude, quelque 70% des sondés (et jusqu'à 83% chez les sympathisants de l'UMP) trouvent qu'il y a "trop d'étrangers en France". Ils sont 62% à estimer que l'on "ne se sent plus chez soi comme avant"

Par ailleurs, 29% seulement jugent que "l'immense majorité des immigrés qui se sont installés en France ces trente dernières années est bien intégrée". Pour 46%, "pour réduire le nombre de chômeurs, il faut réduire le nombre d'immigrés"
Enfin, 57% jugent que "le racisme anti-Blanc est assez répandu en France".

La religion musulmane est particulièrement dérangeante. Considérée comme étrangère, elle est vécue par 74% des sondés comme intolérante et 
incompatible avec la société française. 

La formulation des questions est visiblement nouvelle et dissimule une mauvaise intention.
Selon Michel Winock, "les ingrédients du populisme sont là et dépassent les rangs des électeurs de Marine Le Pen". Mais si la droite républicaine ne peut suffire à justifier ces chiffres, c'est que le malaise atteint les couches populaires de l'extrême gauche. Un avertissement au gouvernement...

Ils pensent que les politiques privilégient leurs intérêts 

Idem dans le Pas-de-Calais
ou l'Hérault
Par ailleurs, les Français manifestent une défiance claire vis-à-vis de leurs représentants politiques. Pour eux, "le système démocratique fonctionne plutôt mal en France" (72%) et les attaques frontales de la gauche sur la droite ont marqué l'opinion, car "les hommes et les femmes politiques agissent principalement pour leurs intérêts personnels" (82%) et "la plupart" d'entre eux "sont corrompus" (62%). Un sentiment partagé par 51% de l'électorat de gauche.

Les media sont aussi jugés pour ce qu'ils sont : 58% pensent qu'ils "font mal leur travail", 72% que les journalistes "sont coupés des réalités", 73% qu'ils "ne sont pas indépendants"
Les jugements sont plus ambivalents à l'égard de l'argent et de la justice sociale. 71% des sondés trouvent que "c'est bien de vouloir gagner beaucoup d'argent", même s'il "a corrompu les valeurs traditionnelles".

Ils voient la France sur le déclin

Par ailleurs, une personne sondée sur deux (51% contre 49%) se dit certaine que "le déclin de la France est inéluctable". Cette conviction est même ancrée chez 77% des sympathisants du Front national. Ce sentiment est fondé sur la pénurie de travail, le chômage, cité par 56% des sondés, surpassant tous les autres sujets de préoccupation. Plus on entre dans le concret, plus ce sentiment est fort : 90% trouvent que "la puissance économique française" a décliné, 63% que tel est aussi le cas pour le rayonnement culturel.

Par ailleurs, 78% des sondés partagent l'avis qu'"on n'est jamais assez prudent quand on a affaire aux autres", 61% perçoivent la mondialisation comme "une menace pour la France". Si 58% sont pour "prendre aux riches pour donner aux pauvres", ils sont presque aussi nombreux (56%) à penser que "les chômeurs pourraient trouver du travail s'ils le voulaient vraiment".

Défiance envers l'Union européenne
Pour s'en sortir, les sondés comptent sur l'Etat-nation : près des deux tiers (65%) estiment qu'"il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays même si cela doit conduire à limiter ceux de l'Europe". Mais très majoritairement (72%), ils sont pour le maintien de la France dans la zone euro.

Cette étude a été réalisée ce mois-ci par internet auprès d'un échantillon représentatif d'un millier de personnes.

Michel Winock, 76 ans, est un historien passé par la revue Esprit en 1962 qui initia l'association française opposée aux lois mémorielles et sa pétition Liberté pour l'histoire (présentée dans le quotidien Libération) qui s'oppose notamment à la loi Gayssot (PCF), " tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe", qualifiant de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité et introduisant un article dans la loi sur la liberté de la presse. 
L'association s'opposa aussi à la loi reconnaissant le génocide arménien ou celle du 21 mai 2001, dite loi Taubira, du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, au motif, selon les signataires,  qu'elles " ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites." Le collectif demanda " l'abrogation de ces articles indignes d'un régime démocratique ". 
Toutefois, parmi les pétitionnaires, Pierre Emmanuel Vidal-Naquet, un opposant au négationnisme,  participa à l'appel "Une autre voix juive ", qui regroupe des personnalités juives solidaires du peuple palestinien.

jeudi 22 décembre 2011

Révisionnisme vs négationnisme: les lois mémorielles, y faut voir...

Le devoir de mémoire, oui, mais ça dépend !



Le devoir de mémoire,
il est sélectif,
avant oubli total...
ou exacerbation concomitante


Et ça dépend de quoi, s'il vous plaît ?

Ah, ben y faut voir; ça dépend de l'époque et des personnes concernées...
Pour faire simple, c'est à la tête du client, au faciès.
Ici encore, la pensée unique en vigueur pèse sur la notion et les critères recevables. C'est ainsi que les soulèvements anti-coloniaux peuvent retenir l'attention, mais que le génocide arménien fait débat. Attention ! La terminologie marque votre positionnement: un "massacre", éventuellement, mais un "génocide", sûrement pas ! Il est seulement toléré de parler de "drame". C'est à peine si les victimes et leurs descendants peuvent être d'un avis différent. Qu'elles fassent entendre leur voix et elles déclenchent des manifestations, parmi les plus démocratiques qui soit, bien évidemment...

En France, il est "politiquement correct" de contester l'armée française confrontée au soulèvement algérien, et il est convenable de parler, non pas de "guerre civile", mais de "guerre anti-coloniale". Les livres d'histoire stigmatisent les tortionnaires sud-américains des régimes Pinochet et Videla, qui ont tenté d’éliminer les activistes de gauche, mais il est en revanche intolérable de seulement évoquer les répressions soviétiques en Tchécoslovaquie (Coup de Prague, prise de contrôle du pays par le Parti communiste tchécoslovaque soumis à l'Union soviétique (URSS), en février 1948, ou les charniers par les Khmers rouges (cambodgiens communistes d'inspiration maoïste qui ont asservi le Cambodge de 1975 à 1979, au régime totalitaire du dictateur Pol Pot).
En Afrique, le Rwanda a bien été victime d'un génocide en 1994, mais l'Education nationale n'a pas retenu qu'en URSS Joseph Staline a ordonné le génocide la déportation du peuple tchétchène en 1944, sous prétexte de collusion avec l’agresseur nazi, ceux du Pacte germano-soviétique de 1939 qui consacra l'alliance de Staline avec les nazis !...

Détails de l'Histoire
La télévision de service public a-t-elle consacré une soirée au génocide de 2 millions de morts civils en 45 ans par les totalitaires communistes de Roumanie dans la période 1946-1989 ? C’est pourtant un cas encore unique de reconnaissance officielle d’un génocide sur critères politiques, religieux et sociaux, voire éthniques (francs-maçons, juifs non-communistes, syndicalistes, intellectuels, artistes trop indépendants et Rom..)
Ainsi, il n'est toujours pas admis que le Goulag soviétique et le Laogaï (plus de 1000 camps de rééducation par le travail - c'est-à-dire camps de concentration qui ont fait 20 millions de morts - en République populaire de Chine de Mao) sont des génocides.
Il a fallu attendre 2005 pour que l'Irak soit reconnu coupable du gazage des Kurdes par Saddam Hussein (par armes chimiques) qualifié par le Tribunal de La Haye de crime de génocide (février à septembre 1988).

Les "lois mémorielles" peuvent-elle établir une vérité historique ?

Le traitement militant de la colonisation française et la ré-écriture partisane de l'Histoire sur ce sujet ont suscité le vote de l'article 4 de la loi du 23 février 2005, qui invite à une lecture historique " positive " de la période. Le débat s'est crispé avec le dépôt d'une plainte contre l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, fondée sur la loi Taubira, pour contestation de crime contre l'humanité. Le chercheur contestait que les traites négrières aient été un génocide, car elles n'avaient pas pour but l'extermination d'un peuple, mais ne remettait pas en cause leur caractère de crime contre l'humanité (juin 2005). La plainte a été retirée et cette affaire a débouché sur la création du collectif Liberté pour l'histoire qui réclame l'abrogation de toutes les " lois mémorielles ", dont la loi Taubira. Depuis cette affaire qui ravive la question de l'indépendance idéologique des historiens-chercheurs, l'article de loi engage leur responsabilité. Tout révisionnisme historique devient plus délicat (celui-ci vise à revoir la lecture et l'interprétation historique d'un sujet en se fondant sur l'apport de nouvelles sources ou leur réexamen, plutôt que des interprétations libres. Il se distingue du " négationnisme ", discours ayant pour but de nier la réalité d'un fait historique confirmé par les sources).

Plusieurs conceptions des rapports entre la loi et l'histoire s'opposent
Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique ". C'est le point de vue défendu par les signataires de " Liberté pour l'histoire ", partisans d'une stricte séparation, gage de démocratie, selon eux, mais risque d'égarements idéologiques, pour leurs détracteurs. " Gérard Noiriel, un des inspirateurs de la pétition du 25 mars 2005, concède qu'on ne peut empêcher le législateur d'intervenir sur ce qui touche à la mémoire, mais se dresse sur ses ergots si le politique voulait se mêler de la recherche et de l'enseignement en histoire, car ce serait un frein à l'endoctrinement par l'enseignement et à la manipulation des esprits par la presse, l'un et l'autre engagés. Ce communiste, directeur d’études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), pointe l'ancien article 4 de la loi du 23 février 2005, mais aussi la loi Taubira. Elle établit en effet que les programmes scolaires et de recherche devront accorder à la traite négrière et à l'esclavage la place qu'ils méritent, mais il regrette qu'elle n'impose pas un jugement positif ou négatif sur la question. D'autres historiens, en revanche, soulignent qu'il ne s'agit pas de dicter l'histoire mais de lutter contre l'idéologie de la négation. Dans cette situation, le juge appliquant la législation en vigueur n'est pas compétent pour juger de la véracité des affirmations de l'historien , mais du caractère intentionnellement nuisible ou non de son travail et de ses allégations. Cet historien engagé a été membre du conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, avant d'en démissionner en mai 2007 avec 7 autres universitaires, pour protester contre la création par Nicolas Sarkozy d'un ministère associant la question de l'immigration et de l'identité nationale.

Les "lois mémorielles" lance la "guerre des mémoires" et met les victimes en concurrence
La gauche préférerait le statu quo, car la loi du 23 février 2005 confronte deux mémoires et deux idéologies" à la vérité historique. Ainsi, celle des rapatriés et celle des anciens colonisés, ou de leurs descendants présents sur le territoire français, alors que le politiquement correct oeuvre dans le "sens de l'histoire", en faveur de la diversité et du communautarisme. Françoise Chandernagor, écrivain socialiste, ancien maître des requêtes au Conseil d'Etat mais aussi descendante d'esclave et fille d'André Chandernagor, ancien député de la Creuse et ministre du gouvernement Pierre Mauroy, situe le début de ce phénomène avec la loi Gayssot (député PCF). Les opposants à la loi modifiée stigmatisent les élus du peuple qui ont ouvert " la boîte de Pandore : ils agitent leurs chiffons rouges, estimant qu'à partir de ce moment-là, " chaque fraction de la population a voulu la loi "mémorielle" qui sacralisait son propre malheur ". Anticolonialiste et signataire du manifeste des 121, qui dénonce la répression en Algérie en 1960, Claude Lanzmann abonde dans ce sens. Selon lui, il n'y a pas concurrence, mais " universalité des victimes ". Pour lui, " comprendre que la loi Gayssot, qui porte sur le désastre le plus paradigmatiquement antihumain du XXe siècle, est aussi une garantie et une protection pour toutes les victimes ", éviterait la guerre des mémoires et cette concurrence des victimes. Seulement, ce caractère universel échappe aujourd'hui à beaucoup, dont Henri Rousso: " la mémoire de la Shoah est ainsi devenue un modèle jalousé, donc, à la fois, récusé et imitable : d'où l'urgence de recourir à la notion anachronique de crime contre l'humanité pour des faits vieux de trois ou quatre cents ans ".
Derrière ces positionnements, c'est la question de l'opportunisme des historiens et du parti-pris électoraliste de la presse qui est également posée. Lors des événements ayant conduit à la mort d'un jeune palestinien, Mohammed Al Durah, Claude Lanzmann écrivit un article dans Le Monde, dans lequel il déclarait que, selon lui, on ne peut prendre en compte la version d'un "journaliste arabe" dans cette affaire. Que dire d'un historien arabe ou de toute partie prenante?


Ces lois visent à rétablir les frontières entre Histoire et mémoire

L'article 4 de la loi du 23 février 2005 soulignant le caractère positif de la présence française Outre-mer rétablissait un équilibre entre fait historique et commentaire. Il lève une confusion entre Histoire universelle et mémoire personnelle, partisane et politicienne. Il n'appartient pas à l'historien de régenter la mémoire collective, mais pas non plus de faire des choix ni de commenter les faits, car il ne lui appartient pas de juger. Les méthodes de manipulation mentale sont en effet insidieuses, allant du lavage de cerveau par répétition ou matraquage d'images sélectionnées, en passant par le travail sur l'émotivité.
Mais, si l'histoire et la mémoire sont de natures différentes, elles sont néanmoins liées. Le travail de mémoire a permis de renouveler les approches historiques (par exemple : Henry Rousso, Le syndrome de Vichy, 1987) et d'amener les historiens à travailler sur des champs jusque-là négligés. En 2000, le philosophe Paul Ricoeur soulignait l'importance d'un " travail de mémoire " et non pas d'un devoir de mémoire. De son point de vue, l'histoire pourrait être déviée et contribuer à transformer une mémoire malheureuse: une mémoire heureuse et pacifiée serait "juste" ! Mais, que ce soit par négligence partisane, par choix idéologique embarrassée ou volonté délibérée d'occultation, il se trouve justement que le totalitarisme soviétique ne stimule guère les chercheurs vertueux: une mémoire heureuse et pacifiée est parfois hors de portée...

Les lois mémorielles marquent-elles un progrès ?
Certains historiens réclamaient l'abrogation uniquement de la loi du 23 février 2005, mais la plupart ne visaient seulement son article 4 qui tend à rétablir un soupçon d'équité. Mais d'autres souhaitent l'abrogation ou la modification de l'ensemble des quatre lois qui " ont restreint la liberté de l'historien ", ou plus exactement sa liberté de relecture et d'endoctrinement.
D'un point de vue juridique, ces lois sont de nature différente.
La loi Gayssot de 1990 est la seule à créer un délit, la négation du génocide des Juifs, et à prévoir des sanctions applicables par le juge grâce à l'ajout d'un article 24 bis à la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881.
Les trois autres lois, si elles ont en commun de ne créer aucun délit, ni de prévoir aucune sanction, ne se situent pas non plus sur le même plan. La loi Taubira et celle du 23 février 2005 ont une fonction normative, c'est-à-dire qu'elles énoncent des règles de droit qui posent des prescriptions. Ainsi, la loi Taubira permet par exemple aux associations de défense de la mémoire des esclaves de se constituer parties civiles dans des procès pour provocation à la discrimination, à la haine, à la violence, pour diffamation ou injure. Le risque brandit par F. Chandernagor que la loi "mémorielle" ouvre à " chaque fraction de la population" la possibilité de "sacraliser son propre malheur " est donc levé, lorsqu'il s'agit des associations sous contrôle!...

Ceux qu'on peut contrarier et ceux qu'il ne faudrait pas "provoquer"
La loi du 23 février 2005 fixe les droits des Harkis qui, quant à eux, devraient se contenter pour leur défense des cadre des lois déjà en vigueur contre les injures ou diffamations commises à leur encontre.

Mais la loi du 29 janvier 2001, composée d'un article unique reconnaissant le génocide arménien de 1915, a une fonction uniquement déclarative. Elle matérialise un engagement symbolique. Certains juristes estiment que les lois mémorielles, dans ce qu'elles ont de déclaratif, dénaturent la loi, dont le rôle est d'édicter des normes.

Mais ce serait stigmatiser la Turquie et, par amalgame politicien, tout le monde arabe... A commencer par le 9.3 et le socialiste Bartolone !

dimanche 19 décembre 2010

R. Ménard: « Je n’ai aucune envie qu’il y ait autant de mosquées que d’églises dans notre pays. »

Robert Ménard, un esprit libre

Article de Bénédicte Fournier, dans Valeurs Actuelles daté du jeudi, du 09/12/2010:

Pour le grand public, l’histoire de Robert Ménard se confond avec celle de Reporters sans frontières (RSF). Il faut dire que ce trublion à l’accent méridional en est resté le “patron” pendant plus de vingt ans, jusqu’en septembre 2008. Lors de la fondation de RSF, en 1985, c’était déjà la liberté d’expression qui mobilisait toute son énergie. Redevenu simple journaliste, il n’a pas abandonné ce combat. Une chose a changé cependant : à l’époque, il était de gauche. Il ne l’est plus et ne s’en cache pas.

Mais des étiquettes, il se moque bien ! Rien ne compte plus pour lui que la liberté de penser : la sienne et celle des autres. Sur i>télé, on peut le voir trois fois par jour : une revue de presse, un débat (face à Claude Askolovitch) et, surtout, Ménard sans interdit, à 17h45. Il y reçoit des politiques, des responsables associatifs, des militants, des écrivains qu’il interroge dans le but de «déjouer les vérités officielles». On l’entend aussi sur RTL, dans On refait le monde, après le journal de 18 heures et, chaque samedi, il trousse le portrait d’une personnalité qui marque l’actualité.

Robert Ménard ne fait pas mystère de ses origines pieds-noires : il est né à Oran, en 1953. Sa famille, rapatriée en 1962, s’était installée là-bas en 1850. « À la maison, on ne parlait que de ça. Pour nous, le paradis n’était pas devant nous, mais derrière nous », se souvient-il. Dans les années 1970, le jeune homme poursuit des études de philosophie à Montpellier et fait ses premières armes dans le combat pour les radios libres et à l’extrême gauche. D’abord anarchiste, il rallie la Ligue communiste révolutionnaire, mais ne s’y sent pas à l’aise : « Trop sectaire. » Il adhère ensuite au PS « parce qu’il y avait tout à faire », mais il en démissionne six mois après la victoire de 1981, stupéfait par tous ceux « qui se précipitaient sur les places ». François Mitterrand soutiendra quand même la fondation de RSF.

« Quel chemin parcouru depuis les premiers jours de notre association, montée avec quelques copains dans un quartier de Montpellier…», se souvient-il avec nostalgie. Son plus grand fait d’armes ? « Sans aucun doute, la campagne menée au moment des Jeux Olympiques de Pékin, en 2008. Elle n’a pas porté tous ses fruits à l’époque, mais c’était l’aboutissement d’une méthode de travail. » Malgré les polémiques qu’il provoque alors, il assume tout. Même l’athlète handicapée renversée à Paris alors qu’elle portait la flamme olympique ? « C’est un Tibétain qui a fait ça, pas un militant de chez nous », corrige-t-il.
Ménard insulte le président Sarkozy qui l'a fait chevalier de la Légion d'Honneur: lien PaSiDupes

Depuis qu’il a quitté RSF, Robert Ménard a monté sa propre revue, Médias, et une maison d’édition, Mordicus, pour « faire entendre des points de vue qu’on n’entend pas ailleurs et que les gens se fassent une idée eux-mêmes ». « Je ne suis pas directeur de conscience », précise celui qui ne se soumet pas aux nouveaux clercs. Il est régulièrement accusé de « déraper ». « Je ne dérape pas, je dis ce que je pense », rétorque celui qui est l’auteur, avec Emmanuelle Duverger, de la Censure des bien-pensants (Albin Michel, 2003). Récemment encore, on lui a reproché d’être homophobe : il avait osé dire, sur Paris Première, qu’il préférerait que ses enfants soient hétérosexuels.

Il a reçu par le passé de nombreuses menaces

Rétif à tout esprit de système, Robert Ménard pense qu’il faut arrêter les flux migratoires mais répète à l’envi que la loi contre la burqa est une « ineptie ». Les “laïcards” de tout poil ne trouvent pas grâce à ses yeux même si, fidèle à ses principes, il leur donne la parole régulièrement. Lui assume l’identité chrétienne de la France : « Je n’ai aucune envie qu’il y ait autant de mosquées que d’églises dans notre pays. »
Lien PaSiDupes vers son entretien avec Massira Baradji

Sa liberté de parole dérange d’autant plus qu’il a longtemps occupé le terrain de la défense des droits de l’homme : un milieu qui entretient, selon lui, « des rapports incestueux avec la gauche ». Mais les attaques ne lui font pas peur. Des menaces, il en a reçu de nombreuses depuis qu’il milite. Les dernières en date ont été portées contre sa famille pendant la campagne sur les JO en Chine. Robert Ménard ne craint pas non plus la justice. De toute façon, il estime que toutes les lois qui bafouent la liberté d’expression, à commencer par la loi Gayssot, doivent êtres supprimées. « Les gens veulent la liberté d’expression pour leurs copains. Mais il faut être pour celle de vos pires ennemis,justice, assène-t-il. Sinon c’est trop facile. »
Bénédicte Fournier

mercredi 3 décembre 2008

PCF : Gayssot veut rassembler les brebis communistes égarées

« Une nouvelle force politique de gauche indépendante du PS » ?
L’affaiblissement du PS suscite des velléités au PCF
>
Robert Hue, d’abord
  • Le 28 novembre 2008 (Lire PaSiDupes), Hue (à gauche ci-dessus, à l'époque de la cohabitation) quitte le conseil National du PCF et déclare, dans une lettre adressée à Marie-George Buffet (ci-dessus à gauche) , qu'il « va prendre de nouvelles initiatives ».
  • L’ancien secrétaire national du PCF (1994-2003) est député europén (1999-2000), sénateur du Val-d'Oise (2004) et maire de Montigny-lès-Cormeilles (2008) .
    Candidat à l'élection présidentielle (avril 2002), il ne rassemble que 3,37 % des suffrages.

    > Jean-Claude Gayssot (1944), maintenant !
    Gyassot (ci-dessus au milieu) a affiché mardi 2 décembre soir sa volonté de voir naître "une nouvelle force politique de gauche, qui soit à la fois contestataire, unitaire, indépendante du PS et constructive".

    Gayssot veut voir le PCF s’engager sur la voie ouverte par Mélenchon
    Cette force politique voulue par Gayssot irait "du nouveau parti de Jean-Luc Mélenchon à la LCR, en passant par les syndicalistes, les altermondialistes et les Verts et les communistes", a expliqué le vice-président de la région Languedoc-Roussillon.
    Le nouveau parti de Jean-Luc Mélenchon deviendrait "l'interlocuteur privilégié de cette construction", souhaite Jean-Claude Gayssot qui "ne désespère pas que ce nouvel ensemble politique soit majoritaire à gauche".

    Le PCF n'a plus d'avenir
    A la veille du 34e congrès du PCF (11-14 décembre), Jean-Claude Gayssot prétend impulser la démarche. "C'est ce que je dirai lorsque le congrès se présentera. En tant que PCF, le parti n'a plus d'avenir", a-t-il estimé. "Si on n'engage pas une nouvelle démarche, on ne va plus exister, avec la bipolarisation qui est en marche...déjà qu'on est réduits à la petite portion! Le parti unique et la dictature du prolétariat nous ont fait du tort et du mal. Si on ne se transforme pas, on dépérira", a-t-il ajouté. "Pour moi, la seule visée communiste qui vaille, c'est l'émancipation humaine".

    Menace sur le NPA
    > L'ex-ministre prend pour modèle le parti Die Linke "créé par les communistes et le socialiste dissident Oskar Lafontaine" qui inspite Jean-Luc Mélenchon (Lire PaSiDupes).
    > Et il réfute tout doublon avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, "qui n'est que dans la contestation du système capitaliste".

    Eléments d’information

  • Nationale
    A l’ancien dessinateur industriel de la SNCF devenu ministre communiste des Transports (1997 à 2002) de Lionel Jospin, nous devons, lors de la cohabitation, la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) fixant notamment l'objectif de 20 % de logements sociaux dans les villes qui en manquaient.
    La loi Gayssot, qu'il a présentée à l'Assemblée Nationale, et qui a été adoptée, réprime le négationnisme.

  • Locale et régionale
    Après avoir été conseiller municipal de Bobigny de 1977 à 1995, il fut conseiller municipal de Drancy de 1995 à 1997 et de 1997 à 2001, puis maire de Drancy de janvier à septembre 1997.
    Gayssot est maintenant conseiller municipal de Béziers (2001 – 2008) et vice-président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon depuis mars 2004.
    L’ancien ministre est « en froid » sibérien avec la majorité des adhérents de la section du PCF de Béziers acquise au courant "orthodoxe", qui lui reproche ses complaisances politiques avec les sociaux-démocrates au sein du conseil régional, particulièrement avec Georges Frêche. Lors des dernières législatives de 2007, il n'a pas participé à la campagne électorale du candidat communiste de la circonscription de Béziers, candidat « communiste, anticapitaliste et rassembleur ».
    Depuis, la mi 2007, il prône la fin du PCF et travaille dans ce but avec des socialistes et autres hommes de gauche anti-libéraux à la création d'un nouveau parti ou mouvement à la gauche du PS. L'ancien cheminot (des bureaux) n'envisage pas de quitter le Parti communiste.

  • vendredi 26 septembre 2008

    RSF : Robert Ménard met le souk et se retire

    Jean-François Julliard, nouveau secrétaire général de Reporters sans frontières

    Le geste qu’il adresse au public en dit long par sa grossièreté, mais il est peut-être évocateur de l’idée exacte qu’il se fait de l’opinion.

    Poussé vers la sortie, Robert Ménard, co-fondateur à Montpellier et secrétaire général de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), a annoncé aujourd’hui vendredi 26 qu’il quittera ses fonctions mardi 30 septembre, "par envie de faire autre chose", a-t-il prétendu.
    Lors de la réunion du Conseil international de l’organisation, il a déclaré : « Je quitte mes fonctions, mais je reste, bien entendu, militant de l’organisation. J’ai consacré 23 ans à Reporters sans frontières et je continuerai de prendre ma part dans ses combats. Mais différemment. Je ne peux envisager d’existence qui ne se conjugue avec un engagement au service de ces valeurs - la démocratie, les libertés, les droits de l’homme - qui, me semble-t-il, donnent un sens à notre vie. »
    « J’ai pris cette décision au moment où tout va bien pour Reporters sans frontières : jamais notre organisation n’a été aussi présente dans le monde. Ses équipes, sa notoriété, son assise financière assurent son indépendance et son efficacité. Elle le prouve jour après jour. Je veux aujourd’hui gagner le pari d’une succession réussie. »

    Robert Ménard avait pourtant été élu, pour un nouveau mandat de cinq ans, le 24 mars 2006, par les représentants des sections de Reporters sans frontières, lesquelles viennent de le nommer président d’honneur de l’organisation. Une promotion qui dissimule mal son éviction, alors que son mandat venait à expiration en mars …2011 !

    A personnage ambigü, parcours tortueux ...
    Après des études de philosophie, Robert Ménard, fils d'un imprimeur proche de l'OAS, il est devenu journaliste à la fin des années 70, alors qu’il était proche des milieux anarchistes, puis trotskistes : il milita à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de 1973 à 1979, pour virer et échouer au …Parti socialiste.
    Il a travaillé dans la presse écrite puis à la radio. Il a fondé - avec trois autres journalistes, Emilien Jubineau, Rémi Loury et Jacques Molénat - Reporters sans frontières, en 1985, à Montpellier. Robert Ménard en est le secrétaire général depuis 1990. Il a reçu en 2005 au nom de Reporters sans frontières le prix Sakharov décerné par le Parlement européen.


    On peut être au PS, mais garder intact un engagement trotskiste sous l’ apparence d’un humanitarisme occidental

    Ses prises de positions, dépassant la seule liberté de la presse, sont régulièrement critiquées. Sa défense de la liberté d'expression le porte à donner la parole à l'écrivain Alain Soral, à défendre l'humoriste Dieudonné, et à s'opposer à la loi Gayssot (PCF). Sa position en faveur de la non-interdiction sur le territoire français de la diffusion de la chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, « au nom de la liberté d'expression », a été également dérangé.
    Robert Ménard publiera un ouvrage dans lequel il revient sur la campagne pour le boycott de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin. Le 7 avril 2008, Jean-Luc Mélenchon "exprime les plus nettes réserves à propos de l’action politique de monsieur Robert Ménard" concernant notamment son action pour la liberté d'expression en Chine (conformément aux engagements pris, lors de l'attribution des J. O. à Pékin), intense lors du relais de la flamme olympique 2008.


    Robert Ménard est âgé de 55 ans, marié à Emmanuelle Duverger (rédactrice en chef du magazine Médias et juriste internationaliste à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme) et père de deux enfants (Michel 32 ans, Clara 6 ans).


    Le magazine Marianne s’est déjà payé Ménard
    Pour solde de tout compte ?

    Robert Ménard, marchand de bien , titra Philippe Cohen

    En théorie, Robert Ménard est un journaliste. D'ailleurs, il a la carte. En pratique, il est un activiste des droits de l'homme et du journalisme. Du coup, ça fait déjà vingt-trois ans qu'il n'en fait plus, du journalisme, depuis qu'il a fondé avec le journaliste-éditeur Jean-Claude Guillebaud et Emmanuelle Duverger, sa compagne, Reporters sans frontières. Sur le modèle, bien sûr, de Médecins sans frontières.
    Rony Brauman figurait d'ailleurs parmi les parrains de l'association. A l'origine, RSF marchait sur deux jambes: la défense des journalistes réprimés dans le monde et la réflexion critique sur le métier de journaliste. Un second volet auquel tenait beaucoup Guillebaud. «Quand on interpelle les leaders des pays du tiers-monde sur les atteintes aux libertés de la presse chez eux, a-t-il expliqué à marianne2.fr, la question qui se pose automatiquement à nous est de savoir quel usage nous faisons de notre liberté. Or, au bout de sept ans, Robert Ménard a arrêté la critique des médias au prétexte que l'on ne pouvait à la fois tendre la sébile aux médias d'une main et leur donner des coups de bâton de l'autre.
    RSF a donc remisé son bâton, et Jean-Claude Guillebaud a poursuivi ailleurs son travail de critique des médias. RSF est devenu une PME de l'humanitaire, et Ménard a repris, vingt ans plus tard, la revue Médias, un trimestriel de réflexion sur les médias, financé notamment par Stéphane Courbit. Avec le double coup d'éclat de Ménard à Athènes puis à Paris, la PME RSF prend des allures de multinationale du bien: 50000 T-shirts noirs vendus en une Journee, par ici la monnaie!
    En tout bien tout honneur, rétorquera Ménard en ex-trotskiste roué. Et il aura raison. Car ce n'est pas un garçon intéressé. Critiqué par les « alters » pour son « antichavisme primaire », Ménard développe une conception absolue de la liberté de penser. Sauf que la transparence s'arrête là où commence le sponsoring: à leur demande, il ne cite pas le nom des entreprises qui le subventionnent pour ne pas gêner leur business en Chine...


    Il est également permis de lire la réponse d’Emmanuelle Duverger (ci-contre, ne ressemble-t-elle pas au professeur de droit Maurice Duverger -à droite-, dont le parcours de droite à gauche rappelle celuide ... François Mitterrand) aux attaques du fielleux Marianne 2 contre RSF, sous la plume de Philippe Cohen : lien

    RSF n'a pas connu la crise
    Sa PME compte aujourd'hui 25 personnes au siège, une trentaine à l'étranger, plus de 100 correspondants et dispose d'un budget annuel de 4 millions d'euros par an.
    « RSF est financé par la CIA », dénonce Maxime Vivas, auteur de « la Face cachée de Reporters sans frontières », écrit au vitriol. Une accusation qui amuse Ménard: « Et pourquoi pas le KGB ? » rétorque-t-il.
    Une galipette…


    D'où vient l'argent, alors?
    Rosalie Lucas apporte des éléments dans Le Parisien, le 13 avril 2008, p. 8,
    Mais qui finance Reporters sans frontières?
    L'organisation fondée en 1985 dispose d'un budget de près de quatre millions d'euros, et c'est sur la question de ses fonds que les détracteurs de Robert Ménard attaquent
    La moitié du financement de RSF (58 %) provient de ses ressources propres.
    Neuf pour cent viennent des cotisations et dons, et la même proportion de financement public.
    Le mécénat compte pour 24 %. Le grand groupe pharmaceutique Sanofi Aventis soutient l'organisation depuis sa création en 1985.
    « C'est un lien historique, explique Jean-Marc Podvin, chargé de presse chez Sanofi. Notre premier centre de recherche se trouvait à Montpellier, où se trouvait également Robert Ménard » quand il co-fonda RSF sur le modèle de MSF. Le « French doctor » Kouchner lui a d’ailleurs remis la Légion d’Honneur. Le laboratoire continue chaque année ce mécénat, comme Benetton, «sans intervenir dans les campagnes de RSF », faut-il le préciser ?....
    Mais l'ONG, comme on peut le lire sur son site, reçoit aussi des fonds du National Endowment for Democracy (NED, fondation nationale pour la démocratie) et du Center for a Free Cuba.

    Connaître les ressources et les mécènes de RSF ? Lien

    La même chose, plus et mieux encore, par Denis Touret (
    lien )

    N.B.
    L'article suivant est dédié à son successeur, Jean-François Julliard

    lundi 4 août 2008

    Reporters sans Frontières est-il bien transparent ?

    La face cachée de Reporters sans Frontières
    Les Français dans leur immense majorité n’ont pas toujours bien compris ce qui motiva vraiment Reporters Sans Frontières (RSF) dans son agression des organisateurs des Jeux Olympiques 2008, lors du passage de la flamme olympique à Paris sur notre sol (Lire PaSiDupes). C’est un petit (tout petit) nombre d’extrémistes qui a encore accaparé l’attention et attiré sur la France une semblable incompréhension laquelle a viré à la réprobation puis à l’hostilité d'un peuple souverain, victime d'un prétendu droit à l'ingérence.
    On a fait valoir que la ‘patrie des droits de l’homme’ ne pouvait accepter que la Chine organisât les J.O. et qu’il était de notre devoir de donner une leçon au milliard de Chinois. Notre commerce extérieur était donc sacrifié sur l’autel des valeurs démocratiques, et des emplois menacés dans le temple hexagonal des droits universels, par la crise de l’hystérique meneur de RSF, Robert Ménard. L’opinion a retenu que le petit bonhomme s’est fait hisser au somment d’une tour de Notre-Dame à Paris pour y déployer son credo laïc sous forme de banderole et que Tintin n’est pas mort. Mais cette opération qui a pu paraître sympathique, a en fait permis la promotion et la vente de T-shirts noirs imprimés de menottes, si bien que l’action de RSF est au bout du compte apparue quelque peu mercantile.
    Certains se sont pris à noter quelques bizarreries, comme la tocade de laïcs pour le Dalaï-lama, chef spirituel du Tibet, et cette soudaine animosité contre la Chine, à laquelle Sa Cynique Majesté Royal est pourtant allée rendre visite, pour nous y vanter les mérites du régime communiste et singulièrement de sa justice, pourtant expéditive. Tout cela n’est cohérent que pour RSF. Or, ce qui n’est pas d’emblée compréhensible éveille le doute et la pureté des intentions de ce Réseau devient suspecte.

    La devise de Reporters Sans Frontières est simple, trop simple et extensible. « Nous défendons le droit d’expression des journalistes». Le public s’imagine que c’est son droit à l’information qui est en péril et que RSF veut son bien. Or, nous touchons du doigt le principal quiproquo.
    RSF ne prétend nullement lutter pour le droit du public à bénéficier d’une information objective. Nulle prétention de protection du lecteur : la seule qui vaille pour RSF, c’est celle exclusive de ses journalistes. Il faut qu’ils aient le droit de publier leurs articles, autrement dit leur propagande. Peu importe qu’elle ravive la douleur des victimes d’un génocide. En avril 2005 au Canada, RSF revendiqua le droit pour les journalistes d’écrire les articles qu’ils jugent nécessaires, fussent-ils « révisionnistes et négationnistes ».
    Au cours d’une intervention prononcée le 8 novembre 2002 lors d’un colloque à l'Université de la Paix et au Centre Mondial de la Paix de Verdun,
    André Lewin, ancien ambassadeur de France, ancien porte-parole du Secrétaire Général des Nations Unies, exprima publiquement son malaise que le contenu du livre de Robert Ménard (secrétaire général de Reporters sans frontières) « La censure des bien-pensants» (écrit avec son épouse, Emmanuelle Duverger), suscitait en lui : "Pour Robert Ménard, après réflexion, l'appel au génocide [en l’occurrence, au Rwanda] ne peut servir d'argument à quelque censure que ce soit, du moment qu'il émane d'un journaliste, car ce serait selon lui l'expression d'une opinion". D'ailleurs, en toute logique, Robert Ménard écrit ensuite que Faurisson, l'universitaire négationniste contesté, a le droit de prétendre que l'holocauste n'a pas pu exister et n'a donc pas eu lieu. Ménard prétend qu’il a le droit de l'écrire et même de l'enseigner à ses étudiants. Accepter cette « dénégation» d'un fait avéré lui permet de revendiquer la liberté d’expression de toutes les opinions, fussent-elles des contre vérités qui, une fois imprimées, ne sont plus tout à fait des mensonges, puisqu'elles ont acquis en quelque sorte droit de cité. Dans le combat de Robert Ménard, la vérité serait le cadet de ses soucis : ce qui importe, c’est que les journalistes trouvent à s’exprimer. La chasse aux armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein ne lui inspira aucune campagne de presse : la parole étant libre aux Etats-Unis et dans le monde occidental, c’est aux lecteurs que revient la tâche délicate de faire le tri des informations !

    RSF ne marche pas sur les plates-bandes des syndicats de journalistes et ne se mêle pas des restructurations et des licenciements dans les salles de rédaction. Ce n'est qu'un des nombreux reproches qui lui sont adressés. A vrai dire et dans le même temps, l'influence de RSF fait de l'ombre aux syndicats qui voient en lui un rival plus réel que les patrons de presse. Les salariés syndiqués qui noyautent les salles de rédaction ne se laissent plus depuis longtemps imposer une quelconque ligne éditoriale par leurs patrons. Les magnats de la presse servent à renflouer les caisses.
    Ce que veut RSF, c’est que les journalistes puissent diffuser chacun leur vérité, quelle qu’elle soit, partout dans le monde, quel que soit le régime. Les amateurs de pensée unique voient donc d’un mauvais œil un combat axé sur plus de pluralisme. Ainsi peut-on envisager un recul progressif de l’unanimisme médiatique, mais si la diversité représente un danger pour les syndicats et partis de gauche, elle constitue une difficulté pour le public que la pluralité peut tirer à hue et à dia, entre propagande et objectivité.
    Depuis que la presse n’est plus pauvre, la voix des citoyens les plus défavorisés trouve toujours à s’exprimer par la voix des journalistes nantis et intellos qui font dans le populisme et le vertueux. RSF ne trouve pas là à s’employer. La presse riche rend désormais compte des politiques indépendantistes, alter-mondialistes et écologiques de récupération des peurs ancestrales : la fin du monde est proche ! La pensée unique menace tout autant qu’avant la chute du Mur de Berlin, mais craint désormais d'être contrebalancée. Sous des formes nouvelles, réchauffement climatique, commerce équitable ou développement durable, mais le fil conducteur reste le thème la culpabilisation des braves gens ignorants de l’éthique dont certains seraient les détenteurs éclairés. Les menaces et slogans ont été retoqués, mais véhiculent toujours l’éternel credo de l’exploitation des inconscients laborieux par les riches malfaisants, malgré la vigilance des militants de l’altermondialisme dictatorial.
    Dans cette société d’abondance des produits et de grande consommation de l’information, RSF joue la perspicacité des lecteurs et donne la priorité aux droits des contenants au détriment du contenu. A l’opposé, les grands prêtres de la gauche moralisante et culpabilisante considèrent que ce qui compte, c’est l’ivresse de la pensée unique et peu importe le flacon la burette. Chacun son créneau.

    Or, la dissociation du droit de dire et du devoir de ne pas mentir est une escroquerie intellectuelle et une atteinte à la démocratie. La désinformation par les sectaires de la pensée unique est une autre atteinte à la démocratie, cette fois au nom de la démocratie ! Le comble de la perversité !
    L’absence d’analyse des répercussions de la mainmise des partis et syndicats sur la presse en est une autre perversion de la presse. Clamer que le journaliste doit pouvoir tout écrire en toute liberté, au risque que ce soit n’importe quoi, c’est manquer de tout sens de ses responsabilités. Pareillement, ramener sans cesse le lecteur à des schémas éculés qui ont certes fait leurs preuves dans un lointain passé, que ce soit sans les rénover ou en les recouvrant d’une couche de propreté, c’est nier aux lecteurs le droit de savoir la vérité et toute la vérité. C’est donc le mépriser. Rechigner à renoncer aux vieilles ficelles, aux slogans lapidaires, aux mystifications et autres falsifications, c’est décrédibiliser toute la corporation. C’est encore démontrer combien elle est perméable à l’endoctrinement et soumise aux pressions du milieu. Agir comme si le journalisme était une profession à part, plus qu’une autre intouchable, c’est créer une secte, c’est le désigner comme mafia. C’est bien l’image qu’une certaine presse donne déjà d’elle-même. Or, ceux qui, en visant RSF, dénoncent l’exaltation des réflexes de solidarité corporatiste dès qu’un journaliste ou un organe de presse est mis en cause, affichent leur peur d’un contrepouvoir. Pourtant, les dockers, les chauffeurs de taxis ou les conducteurs de TGV ne se comportent pas autrement, mais avec le soutien de la CGT, FO et SUD, ce qui fait peut-être toute la différence, sans qu’on sache en quoi, sauf à penser que RSF serait vécu par les extrémistes comme un contrepouvoir aux syndicats. Poser en principe que la possession d’une carte de presse et l’accès à un micro confèrent un droit au monologue est-il davantage révélateur d’un penchant autocratique que faire grève avant même l’ouverture de négociations ?

    Oui, la liberté d’écrire des contrevérités ou des vérités partielles, de façonner l’opinion par les choix de thèmes arbitrairement priorisés, d’en occulter d’autres, de ne pas rendre de comptes, cette liberté-là est liberticide. C’est précisément cette liberté que menace pareillement la pensée unique : les agences de presse l’outragent par idéologie et les salles de presse l’achèvent servilement, par soumission, paresse et incapacité.
    Qu’il suffise à ce propos d’entendre les extrémistes s’élever contre l’affirmation selon laquelle la démocratie fleurit là où paraît une presse nombreuse serait aussi une duperie. Ils ne peuvent admettre le partage ! C’est simple : la démocratie se trouverait là où la presse dirait vrai. L’URSS reste pour eux un modèle dans le genre… Mille journaux ne peuvent dire la vérité et ne valent rien face à la pauvre feuille de chou qui rapporte forcément les faits réels ! Limpide et simpliste. Quand le secrétaire général de RSF explique : « J’ai 52 ans (aujourd’hui 55), je suis de la génération d’après mai 68, et j’ai toujours pensé que le journalisme était une manière, pas seulement de commenter le monde, mais de le changer. », il nous dit tout de go que le travail d’un journaliste consiste à donner son avis et à intervenir politiquement. Il évacue son premier travail : apporter de l’information, vérifiée, sincère, objective, aussi complète que possible. Changer le monde, ce ne serait pas du commerce équitable loyal : c’est le fonds de commerce des partis et syndicats. Chacun son business !
    Oublier que les lecteurs ont connu les mêmes écoles que les journalistes (et souvent plus longtemps), et ont eu les mêmes doctrinaires de la FSU, c’est accorder indûment aux seconds une supériorité intellectuelle qui résiste rarement à la confrontation entre le producteur de copies et le consommateur. Affirmer que les journalistes se seraient construits à la lecture des mêmes penseurs est présomptueux. Certes, les journalistes ont subi les cours des mêmes profs mais ceux-ci n’ont jamais eux-mêmes lu les penseurs dans le texte : ils ne connaissent que les ouvrages scolaires ou quelques ouvrages pré-sélectionnés qui leur sont recommandés par quelques responsables reconnus de la bien-pensance et qui savent mieux ce qu’il convient d’avoir feuilleté…

    Les politiques et syndicalistes extrémistes, nostalgiques du temps où ils occupaient tous les postes d’influence, s’opposent à toute concurrence idéologique. Ce sont eux qui soutiennent que l’Etat ne doit pas intervenir (légiférer) dans le domaine de la presse. C’est miser sur le non retour de la gauche totalitaire et sur la fin de la pensée unique du temps du rideau de fer. Ils brandissent la menace de soi-disant puissances d’argent qui seraient encore plus hégémoniques, et craignent qu’elles substituent leurs bonimenteurs aux leurs, leurs surenchères seraient encore plus racoleuses, leurs manipulations plus grossières et leurs complots rien moins que des putschs, en lieu et place de la révolution prolétarienne. Apocalyptique, en effet ! Ce serait donc arracher les barbelés de la propagande marxiste sous la pression de l’information libérée.

    Pour que la presse soit libre dans son travail, pour que les journalistes soient respectables, pour que le lecteur puisse lire, écouter, visionner en confiance, il faut des media dont le rôle, les droits et les devoirs sont protégés par la loi. Il faudrait des journalistes dont la hiérarchie appartiendrait au métier et non à la politique ni aux syndicats, comme c'est le cas. Il faudrait instaurer des conditions favorables à une minimum d’indépendance sans laquelle il n’est de déontologie professionnelle.
    Si le grand public connaît les noms des syndicats ouvriers, étudiants et patronaux, si chacun croit savoir ce que recouvrent les sigles CGT, UNEF, MEDEF, qui peut dire comment les journalistes sont organisés ou ce que sont, par exemple, leurs privilèges fiscaux ?... Qui a entendu une déclaration d’un de leurs syndicats quand un grand reporter est enlevé ou tué ou licencié, ou contraint par le syndicat dominant de jeter son papier à la corbeille ou simplement édité, contrôlé, redressé, comme on peut le voir à la fin des dépêche d’une certaine agence de presse? Un usurpateur s’impose à eux, un intrus s’y est développé, aurait envahi tout l’espace vital, selon les syndicats, un brin paranos.

    Ce coucou dans le nid des syndicats de journalistes s’appelle Robert Ménard de Reporters Sans Frontières.
    Le secrétaire général de Reporters Sans Frontières a en effet l’air d’un oiseau tombé du nid. Pour ses détracteurs sur sa gauche, RSF serait une aberration génétique : on retombe dans les obsessions des dictateurs écologistes et les OGM… Que ne disent-ils pas ! Le bec de Ménard s’ouvrirait sur un estomac insatiable qui engloutit l’argent des contribuables français et européens, les dons de richissimes sponsors privés, les contributions d’anonymes compatissants et, plus discrètement, les billets verts de l’Oncle Sam.
    Le forum du Nouvel Observateur (18 avril 2005
    ) reprend un article de Diana Barahona dans Northern California Media, daté du 11 mars 2005, qui discrédite RSF: elle prétend que Robert Ménard perçoit des fonds gouvernementaux américains via la NED. Or, le coucou aurait confirmé : «Absolument, nous recevons de l’argent de la NED. Et cela ne nous pose aucun problème.»

    Mais on peut proférer de pires accusations
    Dans son livre « Ces journalistes que l'on veut faire taire » (Albin Michel, mars 2001), le secrétaire général de Reporters Sans Frontières qualifie d’« anomalie contre laquelle nous luttons » la loi Gayssot, à laquelle il reproche de renforcer « les sanctions visant les propos racistes, antisémites, xénophobes. » les nouveaux chevaux de bataille des gauchistes privés de l’argent, des dons et des contributions des camarades soviétiques de la belle époque du rideau de fer. (voir toutefois le contexte, page 168). Qu’est-ce qui justifie donc cet excès d’honneur fait à RSF, sinon la faiblesse du PS et la mort annoncée du PCF ?
    Toujours selon les frères ennemis extrémistes à sa gauche, Reporters Sans Frontières ne répugnerait pas non plus à falsifier l’information.

    Les journalistes militants de la pensée unique à l’ancienne se sentiraient donc concurrencés, voire spoliés, par plus spectaculaire et médiatique, sur le terrain de ses moyens traditionnels de propagande. Ainsi, les staliniens demeurés et les maoïstes à la ramasse accusent par exemple RSF de travailler à minimiser les crimes de l’US Army contre les grands reporters. Cela ne manque pas de piquant, venant de ceux qui n’ont qu’indulgence et aveuglement pour le goulag et maintenant les exactions des régimes ou des peuples qui ont leurs faveurs, du Soudan au Vénézuela, en passant par la Corée du Nord et Cuba, sans oublier le Myanma (Birmanie) qui n’est pas le moins du monde opprimée par une dictature militaire, mais un modèle de la démocratie future! Les journalistes n’y craignent rien : ils ne peuvent pas plus y pénétrer qu’en Corée du Nord ! Les critiques révolutionnaires s’offensent des attaques adressées par RSF à la Chine communiste, organisatrice des J O. par la grâce du CIO et de Jacques Rogge, à sa tête. Ils dirigent avec rage leurs tirs idéologiques sur ceux de leurs concurrents politiques qui arrivent sur leur chasse gardée, affirmant qu’ils n’aident ni ne protègent les journalistes, et les accusant de participer à la déconsidération que, pour leur part, leur sujétion au marxisme a depuis longtemps consacrée.


    En somme, moins radical mais plus démonstratif, RSF n’est pas le grand satan que décrient les révolutionnaires sournois qu’il met en danger sur leur propre terrain de la désinformation idéologique. Selon la propagande des censeurs extrémistes de RSF, 115 syndicalistes ont été assassinés dans le monde en 2005 et la Colombie est le pays le plus dangereux pour eux : 70 y ont trouvé la mort. Mais il faut compléter cette information parcellaire issue de la gauche révolutionnaire : ce qu’ils taisent, et c’est un comble, c’est que le danger qu’ils décrivent vient de leurs rangs, les Farc, des camarades marxistes révolutionnaires, comme eux ! Or, le syndicalisme est nécessaire à la démocratie.