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dimanche 19 juillet 2015

Crise grecque: DSK dénonce le "diktat" dont se félicite Hollande

Dominique Strauss-Kahn dénonce "le diktat" imposé par l'Allemagne à la Grèce 

L'ancien patron du FMI critique la méthode employée par ses "amis Allemands"

"Ce qui s'est passé pendant le weekend dernier est pour moi fondamentalement néfaste, presque mortifère," assène DSK, dans un billet mis en ligne samedi 18 juillet. Tout en faisant l'éloge de l'Europe, citant Cioran, Erasme, Homère et Habermas, dont il reprend le concept de "solidarité citoyenne,"  Dominique Strauss-Kahn démonte l'accord conclu entre le gouvernement grec et l'Eurogroupe. 

"Le contexte dans lequel ce diktat a eu lieu crée un climat dévastateur", selon Dominique Strauss-Kahn, le 18 juillet 2015, dans une note publiée sur internet.
"Un fonctionnement de la zone euro dans laquelle vous, mes amis allemands, suivis par quelques pays baltiques et nordiques, imposeriez votre loi sera inacceptable pour tous les autres", commente Strauss-Kahn, qui avait publié une précédente note sur la Grèce, fin juin, faisant son grand retour sur le devant de la scène internationale après la fin de ses derniers ennuis judiciaires en date à Lille. 

"Ne me dites pas que c'est seulement en imposant des règles de saine gestion que vous entendez sauver l'Europe", écrit encore Strauss-Kahn, dont il a fait traduire le texte  en anglais, allemand et français. 

Plaidoyer pour l'Europe du Sud: jusqu'à Marrakech ?

Tout en regrettant "l'amateurisme du gouvernement grec" de Tsipras (Syriza), pourtant proche de Cuba que DSK va conseiller, le socialiste apporte son soutien au peuple grec et, plus généralement, à l'Europe du Sud. "Nous ne regardons que vers le Nord et négligeons le Sud, estime-t-il. C'est là pourtant qu'est le berceau de notre culture [ce qui n'a actuellement que peu de sens en termes d'économie]. Il faut inventer d'urgence une vision commune de l'espace monétaire européen," déclare-t-il, sans préciser comment il s'y prend.

Il met également en garde contre un affaiblissement géopolitique de l'Europe. "Une alliance de quelques pays européens, même emmenée par le plus puissant d’entre eux [son assesseur français n'aurait-il pas eu l'impact qu'il s'attribue dans la presse aux ordres ?], sera peu capable d’affronter seule la pression russe et sera vassalisée par notre allié et ami américain à une échéance qui n’est peut être pas si lointaine," redoute-il, pessimiste et peu confiant en l'autre. "Pour être un modèle, juge-t-il, l'Europe doit voir loin, refuser les mesquineries,  juge-t-il. "Jouer son rôle dans la mondialisation, en un mot, continuer à façonner l'Histoire." 
Méfiant, mais lui aussi "audacieux", en paroles, avant de servir Cuba...

dimanche 15 décembre 2013

Accord sur la formation professionnelle: vers un désenchantement

La "formation professionnelle pour tous", "une double peine pour les petites entreprises" 

Le PS positive et la presse alignée relaie l'enthousiasme du vote


Certains partenaires sociaux ont réussi à s’entendre sur une réforme de la formation professionnelle et la presse vante des négociations ardues et une nuit agitée. C’est sans conteste un "accord majeur", lit-on ici et là, une première en France, capable -à terme- de mettre fin à la complexité du système. Samedi matin, une majorité des participants tombait d’accord sur un projet que doivent maintenant entériner les instances dirigeantes, tant patronales que syndicales. Pour l’heure, cinq organisations se sont prononcées pour les propositions présentées par le MEDEF, avec également l’aval de l’UPA (patrons de l’artisanat). Côté syndicats, les signatures de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC semblent acquises. Force ouvrière, qui est sur le point de saluer une avancée, prend le temps de la réflexion. 

Mais la CGT s’y est opposée, tout comme, dans le camp patronal, la CGPME
qui fera connaître sa position mercredi. La confédération craint en effet que l’application de l’accord fragilise l’avenir d’Agefos, instance paritaire chargée de développer la formation continue des salariés des PME. 

Un leurre provoque l'euphorie
La pierre angulaire de cette réforme est la création d’un compte personnel de formation pour tous les actifs, salariés et chômeurs, dont le principe en avait été acté par la loi de sécurisation de l’emploi de juin 2013. Le futur dispositif remplacera donc le droit individuel à la formation appliqué avec plus ou moins de bonheur et accompagnera la personne toute sa vie professionnelle, même si elle change d’employeur ou va pointer au chômage.
Comme le ministre du Travail, Michel Sapin, Jean-Marc Ayrault s’est félicité du soutien apporté à un texte qui "répond aux objectifs fixés par le gouvernement". De son côté, François Hollande, en visite en Guyane, a salué un accord qui devrait donner la "possibilité de se requalifier à tout moment dans sa vie professionnelle" et qui pourrait représenter "une arme supplémentaire pour lutter contre le chômage".
Le système ainsi ovationné par la majorité sera transposé dans un projet de loi présenté le 22 janvier en Conseil des ministres pour un débat au Parlement en février, peu avant les municipales. Son universalité commence pourtant à éveiller quelques soupçons et inquiétudes.

La question du financement
Ce nouvel outil devrait se traduire par un redéploiement de 32 milliards d’euros en direction notamment des actifs et des jeunes qui ont moins de qualifications, mais pas seulement. 

La négociation s’est révélée ardue sur le volet du financement. Car ces 32 milliards sont financés chaque année au titre de la formation non seulement par l’entreprise à hauteur de 40 %, mais aussi par les contribuables, soit seulement 50% des Français -qui ne sont pas tous adhérents au club du CAC 40- pour le reste, ...60%.

Le compte personnel de formation entrera cependant en service au 1er janvier 2015. Il sera ouvert dès l’âge de 16 ans et suivra tout le parcours professionnel de l’intéressé qui disposera d’un crédit de formation de 150 heures sur toute une vie professionnelle de bientôt 43 ans, soit de l'ordre de 4 heures/an. Au-delà, des abondements pourront intervenir par l’entreprise ou des canaux institutionnels.

"Désormais, ce sont les petites entreprises qui vont payer pour les grandes !"
Hollande, président
en formation professionnelle
Jean-Michel Pottier, chef de file de la CGPME, s'étranglait à cette évocationlors de la négociation sur la formation professionnelle. Dans un entretien à L'Entreprise, il explique pourquoi son organisation (600.000 adhérents indirects pour un budget de 9 millions d’euros) est vent debout contre le texte de l'ANI du 14 décembre.
L'accord national interprofessionel (ANI) signé le 11 janvier 2013 entre le MEDEF et trois syndicats majoritaires a déboulé à l'Assemblée nationale pour sa transcription législative. Et l'énervement, puis la rage de ses opposants et critiques, quand dix jours plus tard, les godillots de l'Assemblée nationale l'ont adopté en première lecture par un vote attendu mais surprenant. L'accord est en effet mauvais, car au-delà du risque que représente l'abrogation du code du travail, le document nous hisse en haut d'un tobogan à la pente vertigineuse. 
Ce ne sont pas tant la création d'un compte personnel de formation transférable et d'un droit rechargeable à l'assurance chômage qui interpellent les acteurs responsables hors les murs du Palais Bourbon. Le pire est ailleurs: le contrat de travail individuel pourra, demain, être amendé par un accord collectif. Certes, il faudra respecter les minima légaux ou des conventions collectives de branche (sic!), mais quand on mesure la faible représentativité des syndicats au sein des entreprises, on voit poindre des motifs d'inquiétude. 

A cette inconséquence du législateur s'ajoute une honte.
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, l'exécution des plans sociaux sera accélérée. En période de crise et de licenciements massifs, la justification éco-politique ("rassurer les employeurs en atténuant l'incertitude née de la longueur des procédures") est une tartufferie. Enfin, le texte prévoit d'autoriser l'expérimentation du recours à l'intermittence dans des secteurs qui n'y ont pas recours aujourd'hui. Une boîte de Pandore que les socialistes ne craignent pas d'ouvrir...
L'un des députés socialistes les plus critiques de l'ANI, Jérôme Guedj, député de l'Essonne, a fait mine de se rebeller, mais a subi des pressions du gouvernement quand celui-ci a transformé le texte initial pour proposer sa version de proposition de loi. Ce représentant de l'aile gauche pure et dure du PS s'est finalement couché, estimant tout à trac que "par rapport à l’ANI, le texte qui nous est soumis (...) comporte déjà des enrichissements, des améliorations, des précisions nécessaires." Coupez: c'est dans la boîte !

A l'Assemblée,
plus de 5.000 amendements sont pourtant déposés. Près de 4.000 proviennent des quelques élus du Front de Gauche, bien décidés à un 
baroud d'honneur de dynamitage du texte. 
A droite, Dominique Dord, député UMP de Savoie, exprime son étonnement devant l'engouement socialiste pour cet accord: "il dit, et vous l’avez rappelé vous-même, monsieur le ministre [Michel Sapin], que le code du travail qui, dans votre culture, est un rempart, une protection, joue en fait contre l’emploi dans des situations comme celle dans laquelle nous nous trouvons." 

Les débats ont été longs, mais les rangs clairsemés, comme le regrette d'ailleurs le très soumis Jérôme Guedj : "J’étais fier d’être là nuit et jour pour le texte 'Mariage pour tous' dans un hémicycle bien rempli. Je crois que le code du travail méritait le même engouement (si ce n’est plus)." 
On doit tenir le gouvernement pour responsable de cette adoption par un Parlement abstentionniste. Il faut aussi retenir que la presse a tenu le pays tout entier à l'écart de la progression gouvernementale rampante, évitant que les intéressés se mobilisent quand il était temps. 

La CGPME en résistance depuis le projet d'ANI

Hollande, vieux stagiaire
sans qualification,
en formation
Qu'est-ce qui explique le refus de la CGPME de signer le projet d'ANI (accord national interprofessionnel) sur la formation professionnelle du 14 décembre 2013 ?
Jean-Michel Pottier. On ne pouvait pas faire mieux pour que s'effondre à court terme la formation dans les entreprises ! Sur le financement, la CGPME avait trois objectifs : simplifier le système pour les patrons de TPE/PME, rendre plus efficace l'accès à la formation des salariés, et faciliter l'accès aux fonds pour les plus petites entreprises grâce à une solidarité interentreprises et une vraie mutualisation des ressources, ce qui n'avait pas été réussi lors des deux précédentes réformes. Aucun de ces objectifs ne figure dans le projet d'accord MEDEF/UPA. En bref, les grandes entreprises ne vont pas payer pour les petites et ce sont les petites qui vont payer pour les grandes !

Des avancées ont cependant été observées au cours de la négociation sur les contributions obligatoires des entreprises, en particulier celles de 10 à 49 salariés et celles de plus de 50 salariés ?
J.-M.P. Mais le système de contributions qui est proposé est d'une complexité inouïe ! Aucun chef d'entreprise ne peut s'y retrouver, en particulier ceux employant plus de 50 salariés ! Avec cet émiettement des contributions, comment faire croire à l'effet levier annoncé pour développer la formation des salariés?

Sur le financement du compte personnel de formation (CPF), il y a également un progrès avec la création d'une contribution spécifique de 0,2% pour les " plus de 10 salariés " au sein du 0,8%...
J.-M.P. Mais cet accord est formidable : d'un côté, il donne le mode d'emploi aux entreprises pour verser cette contribution (affectée au compte personnel de formation) et quelques articles plus loin, il leur explique comment s'en exonérer par accord ! Avec les abondements prévus, l'accord permet également de financer le CPF par le plan de formation. Les petites entreprises vont payer le 0,2% et les abondements du plan, c'est une double peine.

Quelles suites la CGPME entend-elle donner à cette négociation ?
J.-M.P. Toute la semaine prochaine, nous allons poursuivre la mobilisation de nos troupes (commission formation/éducation le 17 décembre, comité directeur le 18 notamment) et poursuivre notre travail d'explication auprès du gouvernement et des parlementaires, d'autant plus que nous déplorons des rédactions plus qu'approximatives dans le texte. Nos adhérents sont " remontés " contre cet accord. C'est du jamais vu!

Avec "Les Sacrifiés", les artisans et commerçants affichent leur colère
Un mois après le lancement du mouvement « les sacrifiés » (le 13 novembre 2013), plus de 500.000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne sur sauvonslaproximite.com, et les témoignages de soutien affluent de tout le pays à l'UPA, organisation patronale des artisans et commerçants de France. Qu’ils soient artisans, commerçants, travailleurs indépendants, ou aussi simples citoyens, élus de la nation… tous soutiennent les entreprises de proximité face à l’avalanche de nouveaux prélèvements fiscaux et sociaux qui menacent leur existence même. L’UPA tient à féliciter cette population qui a su prendre son destin en main afin de préserver l’avenir des entreprises de proximité.

Le président de l’UPA, Jean-Pierre Crouzet, a ajouté : "Un véritable harcèlement fiscal et social est en train de tuer l’économie de proximité. J’appelle tout le monde à poursuivre la mobilisation afin que le gouvernement prenne enfin les mesures qui permettront à nouveau à nos entreprises de créer de l’emploi, de la cohésion sociale et de relancer la croissance."

mardi 28 septembre 2010

J.-F. Lamour sur l'accord UMP-Delanoë (PS) sur les emplois fictifs

Le chef de groupe de l'opposition est clair et précis

VOIR et ENTENDRE l'entretien de Jean-François Lamour avec Lucie Nuttin (LCP INFO), le 27 septembre 2010:

vendredi 6 mars 2009

Guadeloupe : ce que les Français paieront

Discrimination raciste contre les entrepreneurs blancs non signataires

Dans son article précédent, PaSiDupes s’interrogeait de savoir jusqu’où LKP pouvait aller en Guadeloupe sans mettre en péril notre économie en situation de crise économique internationale. Sans nier la situation des familles que l’on dit dépendantes, puisqu’il est interdit de parler d’assistanat, il faudrait néanmoins admettre que le SMIC, que Margie Sudre stigmatise, a créé une nouvelle donne, laquelle s’appuie sur les aides multiples attribuées aux familles nombreuses et associées également à l’absence des pères successifs. Nous apportions quelques éléments factuels qui irritent à la fois les Guadeloupéens qui ne veulent pas qu’ils soient davantage connus et des métropolitains qui sont anxieux pour leur avenir et n’en peuvent plus de tant d’ingratitude ultra-marine.

Un accord qui ne préserve pas l’avenir

Après 44 jours de grève générale, le collectif révolutionnaire LKP et le préfet ont signé un accord appelant «à la reprise de l'activité normale». Sans attendre la signature, la vie reprenait partiellement son cours, mais les entreprises des guadeloupéens blancs non signataires sont toujours bloquées.
En Martinique en revanche, les négociations continuent.
L’accord signé mercredi 4 au soir appelle à «la reprise de l'activité normale».
Ce texte, extrêmement détaillé, compte 165 articles, et traite de sujets aussi divers que le prix de la baguette, l'embauche d'enseignants ou l'octroi de billets d'avions à prix réduits. Il récapitule les avancées obtenues par le LKP pour accroître le pouvoir d'achat, mais certains des points du protocole d'accord continueront d'être discutés en commission… Encore des claquements de portes en perspective, dans le meilleur des cas.
Satisfait par cet accord, Elie Domota a toutefois mis en garde
«Aujourd'hui, c'est la lutte qui paye, mais il faut rester mobilisés car il y a beaucoup d'autres combats à mener sur la formation, l'emploi... ». Sur RTL jeudi matin, il a bien prévenu: «Pour nous, c'est une victoire, mais c'est surtout une première étape». Le meneur LKP appelle précisément à «militer pour l'extension de l'accord Bino dans toutes les entreprises de Guadeloupe», désignant ainsi à la vindicte populaire celles qui sont la propriété des Guadeloupéens blancs . Cet accord a en effet été signé par les organisations patronales minoritaires, qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires, est annexé en marge de l'accord.
Le président du MEDEF, Willy Angele, un Noir, n’en déplaise à la propagande LKP, a expliqué qu'au final, «le bonus à la vie chère évoluera entre 200 et 250 euros pour les salaires jusqu'à 1,4 du SMIC». Pour une période de 36 mois, ce montage financier sera financé par les employeurs à hauteur entre 30 et 100 euros en fonction de l'effectif de l'entreprise et de ses capacités financière et par le Conseil Régional, le Conseil Général et l'Etat qui prendront en charge la différence. C’est bon pour la concurrence…Mieux, c’est bon pour le moral des Français, puisque l’Etat, le CR et le CG, c’est quand même bien leur impôt …

«200 à 250 millions d'euros»
  • Les mesures de soutien aux territoires d'Outre-Mer coûteront aux Français (à l'Etat, si on veut !) «200 à 250 millions d'euros», a annoncé le ministre du Budget, Eric Woerth, sur RTL jeudi matin. «La question est de savoir aussi combien ça rapporte», a-t-il ajouté. «Si c'est uniquement payer pour voir et pacifier le territoire, ça ne sert à rien. Ce qui compte c'est que la Guadeloupe revienne sur des bases nouvelles.....» Voit-on poindre une forme certaine de scepticisme ?
  • Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, s'est quant à lui réjouit de l'accord de sortie de crise après un «chemin long et douloureux », qu’il a parcouru sur les genoux. Pour sa part, le préfet, Nicolas Desforges, s'est dit «soulagé, ému et content». «Je crois que ce soir c'est un nouveau départ qu'il faut donner à la Guadeloupe», a-t-il positivé. «Il faut qu'elle se remette au travail dès demain, qu'elle rattrape le retard, qu'elle mette les bouchées doubles». Ne trahit-il pas une forme certaine d’inquiétude?
  • Le paiement des jours de grève, ni explicitement acquis, ni proscrit par l'accord, semble laissé à la négociation au sein des sociétés. Le texte recommande simplement que «des réunions soient organisées entre l'autorité d'emploi, les agents et les organisations syndicales représentées dans l'administration et les entreprises concernées, avant toute retenue». Les Français déjà lourdement solidaires préfèrent sans doute accorder cette grosse prime à la grève… Les entreprises ont-elles les moyens de deux crises ?
  • Le coût des plus de six semaines de grève générale est estimé, selon le MEDEF-Guadeloupe, «à 1.400 dépôts de bilan et 10.000 à 12.000 licenciements ou destructions d'emplois dans les six mois à venir».
    En Martinique, qui est en grève générale depuis un mois, les négociations se prolongeaient toujours mercredi soir. La plupart des magasins demeuraient fermés et les barrages paralysaient toujours l'activité économique.
    Par ailleurs, à plusieurs milliers de kilomètres de là, un nouveau front s'est dessiné : un collectif rassemblant une quarantaine d'organisations appelle les Réunionnais à descendre dans la rue jeudi pour une importante journée de grève pour une hausse des salaires.

    Les principaux points du protocole d'accord

    Le texte signé par le collectif LKP et les représentants de l'Etat compte 165 articles, et récapitule les avancées obtenues depuis le dépot des 146 revendications du LKP, le 20 janvier, jour de l'investiture de Barack Hussein Obama, premier président métis américain. L'accord «Jacques Bino», signé par les organisations patronales minoritaires, qui prévoit une augmentation de 200 euros des bas salaires, lui est annexé.

    - NIVEAU DE VIE ET POUVOIR D'ACHAT
    : baisse du prix des repas scolaires, augmentation de 200 euros des bourses étudiantes. «Prime de solidarité active» aux 51.000 foyers les plus pauvres (200 euros) et
    «prime exceptionnelle» de 100 euros au 80.000 foyers les plus pauvres.
    - Revenu supplémentaire temporaire d'activité
    (RSTA), pour une période de 36 mois, aux salariés du privé jusqu'à 1,4 SMIC inclus. Contributions respectives supplémentaires du Conseil général et de la Région, de 25 euros par mois sur 12 mois (24 M euros), pour les salariés touchant entre 1 et 1,4 SMIC inclus.
    - Fonds de soutien au bénéfice des allocataires du minimum vieillesse et de l'allocation adulte handicapé (3 M euros).
    - Diminution de la taxe d'habitation (9%) et de la taxe sur le foncier bâti de (7%), applicable en 2010.
    - BAISSE DES PRIX DE PRODUITS DE PREMIERE NECESSITE: établissement «avant la fin du mois de mars 2009», d'une liste de produits de première nécessité au sein de «100 familles de produits». A ce «chariot de la ménagère», il sera ajouté une liste de 50 produits usuels (fournitures scolaires, électroménager, pièces automobiles...).
    Gel en 2009 du prix de la baguette de pain.
    - BAISSE DES TARIFS BANCAIRES
    : jusqu'à 5 à 10% sur certains services.
    - BAISSE DU PRIX DES CARBURANTS: de 43 centimes pour l'essence sans plomb et de 40 centimes pour le gazole (déjà enregistrée).
    - BAISSE DU PRIX DE L'EAU: jusqu'à 10% par m3.
    - LOGEMENT : lancement de la construction de 3.000 logements en 2009.
    - TRANSPORTS: baisse de 20% des prix des transports terrestres interurbains et de 20% des tarifs des transports urbains à Pointe-à-Pitre, Abymes, Gosier, Baie-Mahault. 40.000 billets A/R Pointe-à-Pitre/Paris au prix de 340 euros (hors taxes d'aéroport) pour les familles les plus modestes.
    - EDUCATION, FORMATION ET EMPLOI DES JEUNES
    : recrutement de 19 personnes inscrites sur la liste complémentaire du concours des écoles.
    - PRODUCTION AGRICOLE ET PECHE: 13 M d'euros
    pour diminuer le coût des matières premières entrant dans la fabrication de produits locaux. Révision du prix du carburant des marins pêcheurs.
    - AMENAGEMENT DU TERRITOIRE ET INFRASTRUCTURES: soutien à la rénovation du parc hôtelier (7.500 euros par chambre).
    - CULTURE: double fléchage en français et en créole de certains bâtiments publics. «Valorisation de la culture guadeloupéenne et de la langue créole».
    - DIVERS
    : organisation de réunions préalables avant toute retenue sur salaire liée au conflit en cours.

    Les principales réactions
  • Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jego a reconnu que "le chemin a été long douloureux, il reste énormément de travail pour protéger les entreprises qui vont souffrir énormément de 44 jours de blocage". "Il faut reconstruire pour essayer de faire en sorte que ce type de conflit, cette méthode ne se reproduisent". "C'est un soulagement", et "à partir du moment où toutes les parties ont réussi à se mettre d'accord, je n'ai pas à qualifier d'un accord salarial", a précisé Yves Jego sur France-Info. "Chacun a fait beaucoup d'efforts, chacun a beaucoup travaillé". "L'Etat ( ! ) a mis des moyens pour qu'il y ait une vraie réponse sociale, il faut aussi une réponse sociétale", a-t-il lancé. "Il faut qu'on rebâtisse le modèle qu'on rentre dans les états généraux de façon très positive (...) pour que ce soit une nouvelle époque qui s'ouvre". Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer a également noté que "la promesse et parole de l'Etat a été tenue dans ce conflit".

    De son côté, le porte-parole du LKP Elie Domota a estimé que "le contenu du protocole c'est déjà beaucoup d'avancées". "C'est une victoire, une étape". "C'est la reprise mais nous restons mobilisés dans les jours, les semaines qui viennent, parce qu'aujourd'hui c'est la lutte qui paie", a-t-il noté. "Il y a un certain nombre de conflits qui durent et perdurent, et nous travaillons dessus pour arriver à une résolution de ces conflits-là dans les jours qui viennent", a souligné Elie Domota.
    "Nous militons toujours pour l'extension de l'accord dans toutes les entreprises de Guadeloupe et nous allons continuer à nous battre sur la plate-forme du LKP pour continuer à faire avancer les choses".

    Demain est un autre jour.


  • mardi 15 janvier 2008

    Réforme du marché du travail: déjà trois signatures

    Malgré le splendide isolement de la CGT: l'accord est validable
    Le dialogue social existe: chacun peut le voir.
    Après quatre mois de négociations et un marathon final de trois jours clos vendredi soir, l'accord sur le marché du travail peut entrer en application, puisque pour être validé un accord interprofessionnel doit ne pas rencontrer l'opposition de trois des cinq centrales syndicales représentatives.
    Le sort du projet d'accord instaurant une "flexisécurité" à la française, selon le patronat, avec pour principale innovation la rupture "à l'amiable" du CDI, était suspendu à la décision des syndicats, même si de toute façon la réforme aurait pu intervenir par voie législative, en cas de désaccord . Aucun des syndicats n'a eu envie de signer seul. Espérant entraîner les autres syndicats dans son sillage, la CGT, qui tranchera officiellement le 30 janvier, a déjà dit qu'elle ne voulait "pas signer" cet accord. Elle s'est placée dans la situation de devoir se rallier. Le patronat n'a pas caché qu'il "attendait" la signature de quatre syndicats.
    Lundi 14, les syndicats FO et la CFTC ont décidé de signer le projet d'accord sur la "modernisation du marché du travail" auquel sont parvenus vendredi les syndicats et le patronat après quatre mois de négociations.
    Le premier, le président de la CFTC, Jacques Voisin, a annoncé qu'il avait décidé de signer le projet d'accord. "C'est un accord acceptable", a estimé M. Voisin à l'issue d'une réunion des instances dirigeantes de son syndicat. Selon lui, il s'agit de "la première étape dans la sécurisation des parcours professionnels". Ce projet permet des "avancées pour les droits des salariés."
    La CFDT a confié "de profonds regrets" mais a été la seule à exprimer de "vraies satisfactions", car plusieurs de ses propositions ont été reprises.
    Pour Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, a annoncé sa décision, à peine une heure après celle de la CFTC, de signer le projet d'accord négocié depuis septembre entre les partenaires sociaux. Selon lui, "ce n'est pas un bon accord mais (que) ce n'est pas un mauvais accord puisqu'on le signe. Tout reste à faire".
    C'était mardi 15 le tour des cadres de la CFE-CGC. Elle a décidé de signer le projet d'accord sur la "modernisation du marché du travail", ce qui valide le texte que le gouvernement s'est engagé à traduire sous forme de loi, puisque trois signataires sont requis. Pour justifier la signature de son syndicat, son président, Bernard Van Craeynest, a estimé devant la presse que le texte contenait "plus de points positifs que de points négatifs". "Grâce au travail fait dans une grande cohésion syndicale, nous sommes parvenus à un texte équilibré qui a considérablement évolué par rapport au texte proposé par le patronat", a-t-il dit.
    Par ailleurs, l'Unsa (syndicats autonomes), organisation actuellement non reconnue comme représentative dans le secteur privé, a estimé mardi que l'accord ne méritait "ni les louanges que certains lui adressent ni les gémonies auxquels d'autres le vouent".
    Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a estimé, lundi sur France 2, qu'en cas d'accord des syndicats sur la réforme du marché du travail, le contrat nouvelle embauche (CNE) -qui constituait un premier pas- serait "totalement derrière nous, car dans le cadre proposé, il y a forcément la motivation du licenciement". Le CNE, créé en 2005 lorsque Dominique de Villepin était à Matignon, prévoyait alors une période d'essai de deux ans. "C'est pourquoi il est important qu'il soit validé par un maximum de syndicats, mais je suis optimiste", a-t-il poursuivi, jugeant que ce texte marquait "un vrai pas en avant", a fait valoir M. Bertrand.
    Ces négociations, entamées en septembre, aboutissent d'un côté à un allongement de la période d'essai du contrat de travail et des ruptures facilitées du CDI, et de l'autre à la possibilité pour les salariés de conserver certains de leurs droits (formation, santé, prévoyance), quels que soient les aléas de leur vie professionnelle.
    Quel que soit l'avenir de ce texte de 24 pages et 19 articles sur "la modernisation du marché du travail", il apparaît que le seul partenaire social à se montrer franchement satisfait est la délégation patronale (Medef, CGPME, UPA). En effet, le Medef parle d'"acquis majeur" à propos du nouveau mode de rupture du CDI, traduction du concept de "séparabilité" forgé par Laurence Parisot. Et l'UPA (artisans) estime le texte "globalement équilibré", même si elle aurait aimé "une plus grande souplesse". La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a annoncé mardi qu'elle se déciderait demain mercredi 16. La CGPME se félicite de "certaines dispositions, notamment sur l'allongement de la période d'essai et la rupture conventionnelle" du CDI. Elle semble toutefois plus réticente à l'augmentation de l'indemnité minimum légale de licenciement et à la portabilité des garanties complémentaires prévoyance-santé.
    Le ministre du Travail Xavier Bertrand a annoncé mardi à l'Assemblée nationale qu'il recevrait "dès la semaine prochaine" patronat et syndicats, considérant que "personne n'aura envie de casser l'équilibre de cet accord" et "pour voir avec eux quand et comment ce texte vous sera soumis", a-t-il déclaré lors de la séance des questions d'actualité au gouvernement.
    "Les droits des salariés sortent renforcés de cet accord, il y a aussi beaucoup plus de souplesse et de dialogue dans l'entreprise au moment de la rupture du contrat de travail, il y aura aussi moins de contentieux juridiques, il y aura aussi la possibilité de conserver sa mutuelle ou sa prévoyance et les indemnités de licenciement pourront également être doublées", a-t-il dit.

    mardi 6 février 2007

    PS- Encore un procès pour corruption et détournement de fonds

    PS, ou l'art de ne pas respecter les lois de la République.
    Etre social, ou le devenir, le temps de la campagne? Le traitement social du travailleur par les socialistes, ça consiste en quoi?

    De Marie-sEGOlène Royal (*) à Christian Pierret, en passant par J.-P. Huchon (prise illégale d'intérêt), les élus socialistes ont du mal à payer leurs collaborateurs et qu’il s’agisse de CPE, de CNE ou de CDD, rien ne trouve grâce à leurs yeux : il importe avant tout de ne jamais rien payer, ni personne !

    Cette fois, c’est Christian Pierret (lien Wikipedia), âgé de 60 ans,
    - propulsé en politique par Jacques Delors,
    - franc-maçon (Grande Loge nationale française),
    - maire socialiste de Saint-Dié (Vosges) depuis 1989 ,
    - député jusqu’en 1993, lorsqu’il est mis en cause dans l’affaire du Comptoir des inventions pour l’automobile (CIPA) [il devint alors vice-président du groupe hôtelier …Accor -'parachute doré, ou non?], puis de 1997 à 2002, et
    - ancien secrétaire d'Etat à l'Industrie du gouvernement Jospin.
    Le comble, c’est qu’il fut affecté au ministère de l’Économie de 1972 à 1976, puis à la … Cour des comptes de 1976 à 1978 ! Autrement dit, il s'est laissé abuser...

    Il comparaît à partir du 5 février devant le tribunal correctionnel de Nancy pour corruption, détournement de fonds publics et complicité d'abus de biens sociaux. Il est reproché à l'élu d'avoir fait rémunérer des proches collaborateurs par une association para-municipale ou par la Sogest, une filiale de la Lyonnaise des eaux (groupe Suez) qui aurait obtenu en contrepartie la gestion de l'eau dans la commune. Les délits reprochés à Christian Pierret sont passibles d'une peine maximale de 10 ans de prison et 150.000 euros d'amende assortie ou non d'une période d'inéligibilité. Le procès doit durer entre trois et cinq jours.
    Olivier Stasse, l'ancien directeur de la Sogest, est également renvoyé devant le tribunal pour corruption et abus de biens sociaux ainsi que six cadres ou anciens cadres de la ville de Saint-Dié poursuivis pour recel de détournement de fonds ou d'abus de biens sociaux.
    Si les faits ont été révélés en 2001, ils datent pour les plus anciens de 1988, soit un an avant que Christian Pierret, alors député des Vosges, conquière la mairie de Saint-Dié. Mais ce qu’il ne dit pas, c’est que ça a duré comme ça jusqu’au cours des années 90. "Nous contestons les faits qui nous sont reprochés qui sont, de surcroît, largement prescrits", a déclaré à Reuters Me Gilles-Jean Portejoie, avocat de l'élu socialiste.
    La Sogest aurait escompté sur la victoire de Pierret en embauchant durant neuf mois son attaché parlementaire et directeur de campagne, Jacky Homel. Celui-ci devenu directeur de cabinet du nouveau maire, elle aurait salarié durant seize mois son successeur auprès du député.
    Plusieurs collaborateurs de Christian Pierret ont encore été rémunérés, jusqu'au milieu des années 1990, par l'Agence régionale de développement industriel, économique et social (Ardies), une association (ça peut servir à ça...) qui gérait le contrat de ville financé par des fonds nationaux, régionaux et européens.
    Quatre mois après la victoire de Christian Pierret aux municipales, la ville de Saint-Dié avait concédé à la Sogest la distribution et l'assainissement de l'eau… S'il n'y a pas collusion socialiste avec le grand capital, c'est quoi? La Lyonnaise des eaux deviendra dès lors un important mécène de la ville, versant, selon l'enquête, près de 1,4 million d'euros, de 1990 à 2002, à diverses associations, dont l'Ardies. "Tout ce qui a été fait l'a été dans l'intérêt des Déodatiens", ironise Me Portejoie, vraiment impartial … et quelque peu subjectif…

    L'avocat rappelle finement que … quatre procédures pénales ont déjà visé Christian Pierret depuis son élection comme maire [c’est-à-dire en quelque 18 ans, tous les 4 ans environ] et que "toutes se sont terminées par une relaxe, un non-lieu ou un classement sans suite". Ce qui prouve quoi ? Certainement pas que le présumé innocent n’est pas un habitué des tribunaux !
    Il déclare pourtant : "Je suis un peu meurtri [sic! et sob!] de me retrouver ici, alors que pour la ville, c'était extraordinaire", a déclaré l'élu, au premier jour d'un procès qui prendra fin mercredi.

    Pour plus de précisions, LIRE l’article de boursier.com, vous ne serez pas déçu d’apprendre entre autres choses que « L'ancien sous-préfet à Saint-Dié, Gérard Lemoine, est venu témoigner de la note qu'il avait adressée au préfet en 1992 pour s'étonner que l'Ardies rémunère l'assistant parlementaire et le directeur de la communication du maire.
    Une note classée sans suite après que le ministre de l'Intérieur socialiste de l'époque, Paul Quilès, a-t-il soutenu, eut demandé au préfet de faire preuve de "plus de souplesse" vis-à-vis du maire de Saint-Dié.
    »

    [* Marie-sEGOlène Royal, ministre socialiste déléguée aux enseignements scolaires dans le gouvernement de M. Lionel Jospin, a été condamnée le 15 février 1999 à régler à son ancienne assistante parlementaire et à deux secrétaires des compléments de salaires, pour les avoir employées sans les rémunérer pendant sa campagne législative du printemps 1997 dans sa circonscription du département des Deux-Sèvres. La ministre a déclaré être "soulagée" par cette décision de justice la concernant. Réaction ‘sociale’…
    En mars 2001 la même Marie-sEGOlène Royal, ministre socialiste déléguée à la famille, a été déboutée de la plainte en diffamation qu'elle avait déposée contre son ancienne assistante !
    En mai 2003 Dame Royal, députée socialiste des Deux-Sèvres, a bénéficié d'un non-lieu pour l'accusation de "recours au travail clandestin". Les faits remontent aux législatives de 1997, suite à la dissolution de l'Assemblée. Sa Gracieuse et Très Sociale Majesté avait alors liœncié ses collaboratrices. Mais celles-ci étaient restées à son service. La ministre ayant refusé de régler leurs salaires de mai, juin et juillet, trois des quatre anciennes collaboratriœs ont alors attaqué leur patronne aux prud'hommes de Niort en déœmbre 1998, qui ont condamné l’employeur Royal au paiement de salaires pour le temps de la campagne électorale. Elles ont ensuite porté plainte au pénal pour obtenir une mise en examen de l'ex-ministre, pour recours au travail clandestin. La juge d'instruction de Poitiers (Poitou-Charentes…) a rendu un non-lieu, estimant qu'«aucune charge sérieuse» ne pèse contre Ségolène Royal de s'être intentionnellement soustraite à ses obligations»."
    Libération, 3 mai 2003, p. 14
    ]
    La future candidate socialiste était alors présumée innocente!… Elle était déjà patronne de la Région, mais ça n'a rien à voir.