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lundi 1 décembre 2014

Manifestation de petits patrons contre les charges "qui nous asphyxient"

6.000 à 8.000 chefs d'entreprise ont dit leur colère contre une réglementation "oppressante"

"Je t'aime." "Moi non plus !"

Des patrons ont manifesté à Paris et à Toulouse à l’appel de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), lundi 1er décembre. Une réponse au "Moi, j’aime l’entreprise" de Manuel Valls au mois d’août, lors de l’université d’été du Medef. 

L'exécutif a renouvelé de soudaines déclarations d'amour des entreprises, mais les zigzags de sa politique désorientent les patrons de petites entreprises. "J'ai dû licencier deux personnes depuis 2012", se désole Christophe, patron d'agences immobilières. Le magazine Le Point, n'a vu que 5.000 des 8.000 chefs d'entreprise qui, comme lui, sont venus manifester leur désarroi dans le froid ce lundi à Paris, pour réclamer l'abrogation des "mesures absurdes" qui pénalisent les embauches et poussent aux licenciements. 

Voir des patrons dans la rue avec des pancartes est exceptionnel.
Equipés de cadenas - métaphore de leur impuissance face au poids des charges -, les patrons se sont dirigés vers Bercy avec l'intention de "cadenasser" le ministère de l'Économie." C’est le cadenas de l’amour déçu mais aussi celui qui enchaîne, qui entrave l’activité", souligne Jean-Eudes Du Mesnil du Buisson, délégué général de la CGPME. Selon les sources, ente 4.000 et 8.000 chefs d'entreprise sont dans les rues, 6.000 à Paris selon les organisateurs (2.200 selon la police) et 2.000 à Toulouse. Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester se sont multipliés ces derniers jours.
A l’issue de la manifestation parisienne, les organisateurs devaient accrocher leurs cadenas sur les grilles de Bercy, le ministère de l’économie et en remettre les clés à Emmanuel Macron.


Le slogan est clair : "Libérez nos entreprises !"

Le malaise se cristallise sur trois mesures que les patrons de PME et TPE jugent tout simplement "inapplicables". Il s’agit, d’une part, du compte pénibilité. A partir du 1er janvier 2015, les employeurs devront évaluer la pénibilité des salariés exposés à quatre facteurs (travail de nuit seul ou en équipe, travail répétitif, milieu hyperbare). Pour le NPA, Olivier Besancenot estime que les facteurs sont à cet égard très exposés... Six autres critères, dont le travail par températures extrêmes ou les postures pénibles, seront appliqués à compter de 2016.
Un deuxième point de discorde porte sur l’interdiction – sauf accord de branche – d’embaucher quelqu’un à temps partiel moins de vingt-quatre heures par semaine. 
Autre contrainte, une mesure entrée en vigueur en novembre. Cette disposition soumet les chefs d’entreprise désireux de céder une société comptant moins de 250 salariés à l'obligation d’informer ces derniers de ses intentions au moins deux mois à l’avance. Dans le cas contraire, la cession pourrait être annulée.

Les organisations patronales souhaitent obtenir la suspension de l’application de ces trois dispositifs. "Nous devons rediscuter de la mise en œuvre de ces mesures, car nous ne savons pas faire", répète le délégué général de la CGPME.

"Les chefs d'entreprise n'osent plus embaucher."
 
Le président du CGPME, présent parmi les manifestants, exprime l'irritation de ses collègues, dénonçant des "contraintes" telles que le temps partiel 24 heures, la pénibilité et un code du travail encore peu flexible. "Nous ne savons clairement pas où nous serons demain, s'interroge un manifestant. Licencier, nous ne le faisons pas de bon coeur. On le fait pour garder les emplois que l'on a déjà." Il ajoute : "La seule solution ? C'est de baisser les charges de manière drastique." Un autre patron conclut : "Il faut arrêter cette ineptie."

Valls divise: c'est difficile pour "certains" chefs d'entreprise

Le premier ministre souffle le froid et le chaud. Manuel Valls, qui était interrogé sur sa vision des manifestations organisées ce lundi par la CGPME, a reconnu que "c'était difficile pour certains chefs d'entreprise", pour ensuite s'en prendre aux dirigeants des organisations patronales.
Alors que des milliers de patrons ont manifesté dans plusieurs villes de France, Manuel Valls a critiqué lundi les "provocations" et les "caricatures" des "dirigeants du patronat", qu'il a opposé aux "dirigeants d'entreprise". "Je voudrais que les dirigeants du patronat, que je ne confonds pas avec les dirigeants d'entreprise, se montrent un peu plus solidaires et un peu plus responsables", a lancé le Premier ministre au cours d'un déplacement à Nantes.
2.500 artisans à Toulouse
Ces dirigeants du patronat sont "même parfois dans la provocation, selon le chef du gouvernement, par exemple en remettant en cause le SMIC ou le fait de justifier les licenciements", a-t-il dénoncé dans une allusion directe à des propositions récentes du dirigeant du Medef, Pierre Gattaz.

"Nous n'avons pas besoin de dirigeants du patronat qui soient dans le corporatisme, qui soient dans la caricature, a-t-il insisté, les accusant de "demander toujours plus, alors qu'ils reçoivent beaucoup de la nation, et qu'on attend des contreparties qui se négocient et qui se négocient trop lentement", a-t-il grondé.

Valls reste sourd aux difficultés des PME-PMI

"C'est difficile pour certains chefs d'entreprise, dans les PME en particulier, les artisans, j'en suis aussi conscient", a reconnu Manuel Valls. Mais "c'est difficile aussi pour les salariés, pour ceux qui sont licenciés, qui vivent avec les minimas sociaux, pour les jeunes qui ne trouvent pas d'entreprises pour les embaucher, pour les fonctionnaires dont les salaires sont gelés. C'est dur pour beaucoup de monde en France", a-t-il constaté, appelant les petites entreprises à courber l'échine en silence.

Disant avoir constaté un "écart" entre les dirigeants d'organisations patronales et "les chefs d'entreprise rencontrés sur le terrain", Manuel Valls a appelé le patronat "à ne pas céder à une approche partisane". "Moi, j'attends qu'il soit à la hauteur de l'engagement de la nation en faveur des entreprises", a objecté le Premier ministre, qui ne cesse d'annoncer une baisse des charges de 41 milliards d'euros que les entreprises ne voient pas venir puisqu'elle sera disponible dans le cadre du pacte de responsabilité avant 2017.

Dépassé par les événements, Manuel Valls charge les organisations patronales, relayant des propos tout aussi hostiles du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll qui a personnalisé les attaques de l'exécutif, jugeant dimanche qu'il y avait un "problème Gattaz". Un agacement également affiché en privé depuis plusieurs jours à Matignon, impatient de voir venir les effets de ses mesures dont les patrons du MEDEF, comme ceux de la CGPME se tuent à lui dire qu'elles sont inopérantes.

dimanche 29 juin 2014

Croissance: huit syndicats de patrons lancent un appel à Hollande et Valls

Les patrons veulent les moyens de relancer la croissance

A une semaine de la conférence sociale des 7 et 8 juillet, 
Pépin-le-rond attire les nuages
les organisations patronales appellent l'exécutif à conforter les mesures en faveur des entreprises permettre à la France de renouer avec la croissance économique.

Les dirigeants du MEDEF, de la CGPME, de l'UPA, de la FNSEA, de l'UNAPL, de l'AFEP, de Croissance Plus et de l'Asmep-ETI poussent "un cri d'alarme de citoyens français inquiets pour l'avenir de leur pays", dans cet appel au chef de l'Etat et au Premier ministre publié dans Le Journal du Dimanche.

Ils leur demandent d'inscrire dans la loi la trajectoire de baisse du coût du travail et de la fiscalité sur trois ans, de modifier les décrets sur la pénibilité et les règles limitant le travail à temps partiel, ainsi qu'un moratoire sur toute nouvelle mesure législative contraignante et une baisse "rapide et durable" des dépenses publiques.
"Il nous faut désormais assumer, dans l'action, une politique en faveur de la croissance et de l'emploi, donc des entreprises et de leurs salariés", écrivent-ils. "Il faut accepter de regarder enfin les blocages structurels, de toucher à des tabous ou des dogmes, de moderniser, de capitaliser sur les fonctionnaires et leur envie de faire."

Certaines de ces organisations ont menacé de ne pas participer à la conférence sociale


pour protester notamment contre les contraintes liées à la prise en compte de la pénibilité du travail, suscitant une mise en garde de la CFDT.
"S'il ne participent pas au sommet social, il faudra mettre fin au pacte de responsabilité", qui baisse le coût du travail pour les entreprises, a lancé vendredi le numéro un du syndicat socialiste, Laurent Berger.


dimanche 15 décembre 2013

Accord sur la formation professionnelle: vers un désenchantement

La "formation professionnelle pour tous", "une double peine pour les petites entreprises" 

Le PS positive et la presse alignée relaie l'enthousiasme du vote


Certains partenaires sociaux ont réussi à s’entendre sur une réforme de la formation professionnelle et la presse vante des négociations ardues et une nuit agitée. C’est sans conteste un "accord majeur", lit-on ici et là, une première en France, capable -à terme- de mettre fin à la complexité du système. Samedi matin, une majorité des participants tombait d’accord sur un projet que doivent maintenant entériner les instances dirigeantes, tant patronales que syndicales. Pour l’heure, cinq organisations se sont prononcées pour les propositions présentées par le MEDEF, avec également l’aval de l’UPA (patrons de l’artisanat). Côté syndicats, les signatures de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC semblent acquises. Force ouvrière, qui est sur le point de saluer une avancée, prend le temps de la réflexion. 

Mais la CGT s’y est opposée, tout comme, dans le camp patronal, la CGPME
qui fera connaître sa position mercredi. La confédération craint en effet que l’application de l’accord fragilise l’avenir d’Agefos, instance paritaire chargée de développer la formation continue des salariés des PME. 

Un leurre provoque l'euphorie
La pierre angulaire de cette réforme est la création d’un compte personnel de formation pour tous les actifs, salariés et chômeurs, dont le principe en avait été acté par la loi de sécurisation de l’emploi de juin 2013. Le futur dispositif remplacera donc le droit individuel à la formation appliqué avec plus ou moins de bonheur et accompagnera la personne toute sa vie professionnelle, même si elle change d’employeur ou va pointer au chômage.
Comme le ministre du Travail, Michel Sapin, Jean-Marc Ayrault s’est félicité du soutien apporté à un texte qui "répond aux objectifs fixés par le gouvernement". De son côté, François Hollande, en visite en Guyane, a salué un accord qui devrait donner la "possibilité de se requalifier à tout moment dans sa vie professionnelle" et qui pourrait représenter "une arme supplémentaire pour lutter contre le chômage".
Le système ainsi ovationné par la majorité sera transposé dans un projet de loi présenté le 22 janvier en Conseil des ministres pour un débat au Parlement en février, peu avant les municipales. Son universalité commence pourtant à éveiller quelques soupçons et inquiétudes.

La question du financement
Ce nouvel outil devrait se traduire par un redéploiement de 32 milliards d’euros en direction notamment des actifs et des jeunes qui ont moins de qualifications, mais pas seulement. 

La négociation s’est révélée ardue sur le volet du financement. Car ces 32 milliards sont financés chaque année au titre de la formation non seulement par l’entreprise à hauteur de 40 %, mais aussi par les contribuables, soit seulement 50% des Français -qui ne sont pas tous adhérents au club du CAC 40- pour le reste, ...60%.

Le compte personnel de formation entrera cependant en service au 1er janvier 2015. Il sera ouvert dès l’âge de 16 ans et suivra tout le parcours professionnel de l’intéressé qui disposera d’un crédit de formation de 150 heures sur toute une vie professionnelle de bientôt 43 ans, soit de l'ordre de 4 heures/an. Au-delà, des abondements pourront intervenir par l’entreprise ou des canaux institutionnels.

"Désormais, ce sont les petites entreprises qui vont payer pour les grandes !"
Hollande, président
en formation professionnelle
Jean-Michel Pottier, chef de file de la CGPME, s'étranglait à cette évocationlors de la négociation sur la formation professionnelle. Dans un entretien à L'Entreprise, il explique pourquoi son organisation (600.000 adhérents indirects pour un budget de 9 millions d’euros) est vent debout contre le texte de l'ANI du 14 décembre.
L'accord national interprofessionel (ANI) signé le 11 janvier 2013 entre le MEDEF et trois syndicats majoritaires a déboulé à l'Assemblée nationale pour sa transcription législative. Et l'énervement, puis la rage de ses opposants et critiques, quand dix jours plus tard, les godillots de l'Assemblée nationale l'ont adopté en première lecture par un vote attendu mais surprenant. L'accord est en effet mauvais, car au-delà du risque que représente l'abrogation du code du travail, le document nous hisse en haut d'un tobogan à la pente vertigineuse. 
Ce ne sont pas tant la création d'un compte personnel de formation transférable et d'un droit rechargeable à l'assurance chômage qui interpellent les acteurs responsables hors les murs du Palais Bourbon. Le pire est ailleurs: le contrat de travail individuel pourra, demain, être amendé par un accord collectif. Certes, il faudra respecter les minima légaux ou des conventions collectives de branche (sic!), mais quand on mesure la faible représentativité des syndicats au sein des entreprises, on voit poindre des motifs d'inquiétude. 

A cette inconséquence du législateur s'ajoute une honte.
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, l'exécution des plans sociaux sera accélérée. En période de crise et de licenciements massifs, la justification éco-politique ("rassurer les employeurs en atténuant l'incertitude née de la longueur des procédures") est une tartufferie. Enfin, le texte prévoit d'autoriser l'expérimentation du recours à l'intermittence dans des secteurs qui n'y ont pas recours aujourd'hui. Une boîte de Pandore que les socialistes ne craignent pas d'ouvrir...
L'un des députés socialistes les plus critiques de l'ANI, Jérôme Guedj, député de l'Essonne, a fait mine de se rebeller, mais a subi des pressions du gouvernement quand celui-ci a transformé le texte initial pour proposer sa version de proposition de loi. Ce représentant de l'aile gauche pure et dure du PS s'est finalement couché, estimant tout à trac que "par rapport à l’ANI, le texte qui nous est soumis (...) comporte déjà des enrichissements, des améliorations, des précisions nécessaires." Coupez: c'est dans la boîte !

A l'Assemblée,
plus de 5.000 amendements sont pourtant déposés. Près de 4.000 proviennent des quelques élus du Front de Gauche, bien décidés à un 
baroud d'honneur de dynamitage du texte. 
A droite, Dominique Dord, député UMP de Savoie, exprime son étonnement devant l'engouement socialiste pour cet accord: "il dit, et vous l’avez rappelé vous-même, monsieur le ministre [Michel Sapin], que le code du travail qui, dans votre culture, est un rempart, une protection, joue en fait contre l’emploi dans des situations comme celle dans laquelle nous nous trouvons." 

Les débats ont été longs, mais les rangs clairsemés, comme le regrette d'ailleurs le très soumis Jérôme Guedj : "J’étais fier d’être là nuit et jour pour le texte 'Mariage pour tous' dans un hémicycle bien rempli. Je crois que le code du travail méritait le même engouement (si ce n’est plus)." 
On doit tenir le gouvernement pour responsable de cette adoption par un Parlement abstentionniste. Il faut aussi retenir que la presse a tenu le pays tout entier à l'écart de la progression gouvernementale rampante, évitant que les intéressés se mobilisent quand il était temps. 

La CGPME en résistance depuis le projet d'ANI

Hollande, vieux stagiaire
sans qualification,
en formation
Qu'est-ce qui explique le refus de la CGPME de signer le projet d'ANI (accord national interprofessionnel) sur la formation professionnelle du 14 décembre 2013 ?
Jean-Michel Pottier. On ne pouvait pas faire mieux pour que s'effondre à court terme la formation dans les entreprises ! Sur le financement, la CGPME avait trois objectifs : simplifier le système pour les patrons de TPE/PME, rendre plus efficace l'accès à la formation des salariés, et faciliter l'accès aux fonds pour les plus petites entreprises grâce à une solidarité interentreprises et une vraie mutualisation des ressources, ce qui n'avait pas été réussi lors des deux précédentes réformes. Aucun de ces objectifs ne figure dans le projet d'accord MEDEF/UPA. En bref, les grandes entreprises ne vont pas payer pour les petites et ce sont les petites qui vont payer pour les grandes !

Des avancées ont cependant été observées au cours de la négociation sur les contributions obligatoires des entreprises, en particulier celles de 10 à 49 salariés et celles de plus de 50 salariés ?
J.-M.P. Mais le système de contributions qui est proposé est d'une complexité inouïe ! Aucun chef d'entreprise ne peut s'y retrouver, en particulier ceux employant plus de 50 salariés ! Avec cet émiettement des contributions, comment faire croire à l'effet levier annoncé pour développer la formation des salariés?

Sur le financement du compte personnel de formation (CPF), il y a également un progrès avec la création d'une contribution spécifique de 0,2% pour les " plus de 10 salariés " au sein du 0,8%...
J.-M.P. Mais cet accord est formidable : d'un côté, il donne le mode d'emploi aux entreprises pour verser cette contribution (affectée au compte personnel de formation) et quelques articles plus loin, il leur explique comment s'en exonérer par accord ! Avec les abondements prévus, l'accord permet également de financer le CPF par le plan de formation. Les petites entreprises vont payer le 0,2% et les abondements du plan, c'est une double peine.

Quelles suites la CGPME entend-elle donner à cette négociation ?
J.-M.P. Toute la semaine prochaine, nous allons poursuivre la mobilisation de nos troupes (commission formation/éducation le 17 décembre, comité directeur le 18 notamment) et poursuivre notre travail d'explication auprès du gouvernement et des parlementaires, d'autant plus que nous déplorons des rédactions plus qu'approximatives dans le texte. Nos adhérents sont " remontés " contre cet accord. C'est du jamais vu!

Avec "Les Sacrifiés", les artisans et commerçants affichent leur colère
Un mois après le lancement du mouvement « les sacrifiés » (le 13 novembre 2013), plus de 500.000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne sur sauvonslaproximite.com, et les témoignages de soutien affluent de tout le pays à l'UPA, organisation patronale des artisans et commerçants de France. Qu’ils soient artisans, commerçants, travailleurs indépendants, ou aussi simples citoyens, élus de la nation… tous soutiennent les entreprises de proximité face à l’avalanche de nouveaux prélèvements fiscaux et sociaux qui menacent leur existence même. L’UPA tient à féliciter cette population qui a su prendre son destin en main afin de préserver l’avenir des entreprises de proximité.

Le président de l’UPA, Jean-Pierre Crouzet, a ajouté : "Un véritable harcèlement fiscal et social est en train de tuer l’économie de proximité. J’appelle tout le monde à poursuivre la mobilisation afin que le gouvernement prenne enfin les mesures qui permettront à nouveau à nos entreprises de créer de l’emploi, de la cohésion sociale et de relancer la croissance."

mercredi 11 juillet 2012

Dialogue social: Hollande fait-il du Sarkozy sans le savoir ?

Hollande, coucou du paysage politique

Qui a écrit et prononcé cette prose ? 


Indice: c'est celui qui demande
à la reine d'Angleterre
des nouvelles de son... "mari" !


"L'ampleur des réformes que nous sommes en train d'engager trouve sa justification dans la conviction absolue qui est la mienne que
notre organisation sociale produit aujourd'hui plus d'injustice que de justice, qu'il faut donc en changer et que c'est un nouveau contrat social, profondément renouvelé, profondément différent, que nous devons élaborer ensemble. Mais l'urgence de la situation ne saurait en aucun cas justifier que l'on méprise le dialogue social". 
François Hollande, lundi, dans son discours introductif à la "grande conférence sociale" qui s'est tenue pendant deux petits jours au CESE et qui doit accoucher de l'agenda des réformes sociales du quinquennat ?

Non, même si le chef de l'État n'a pas dit grand chose de différent. Cette longue tirade est l'œuvre de... Nicolas Sarkozy, son prédécesseur. 

Les media ne soutiennent pas notre mémoire

Nous l'avons oublié aujourd'hui, mais
l'ex-président de la République a initié un exercice quasi-similaire à la rentrée 2007, soit 4 mois après son élection. Et c'est un peu fort, car c'était devant l'Association des journalistes de l'information sociale, le 18 septembre 2007 précisément, à l'occasion de la célébration des 40 ans de l'AJIS qui se déroulait sur une demi-journée au Sénat, autre lieu symbolique déconnecté de l'Élysée, auquel Jean-Pierre Bel appartenait, mais qui a depuis la mémoire qui flanche. 
Dans un discours retransmis à la télévision et devant tout ce que la France comptait à l'époque de responsables sociaux (dirigeants des organisations syndicales et patronales représentatives ou pas, responsables d'administrations et d'agences publiques, experts en tout genre, journalistes sociaux, ministres, parlementaires...), Nicolas Sarkozy avait décliné pendant une heure l'agenda des réformes sociales qu'il envisageait de mettre en œuvre au cours de son quinquennat. Bref, sa politique sociale. 

Sur le fond, pour le coup différent de celui présenté hier par François Hollande, tout y était : les régimes spéciaux de retraite, la défiscalisation des heures sup, la représentativité syndicale, la formation professionnelle, la fusion ANPE-Assedic, l'assurance-maladie... 
Mais sur la forme aussi, avec une large place laissée aux partenaires sociaux. "Je suis confiant dans leur capacité à dégager des compromis innovants [ce qui a plus de sens que "positif"!], avait-il alors indiqué. Quand il y aura eu accord, la loi le consacrera. Là où il n'y aura pas eu accord, l'État prendra ses responsabilités. Si l'accord est un faux accord, l'État se réserve le droit de le dire." A la formulation et au style près [moins de "il y a"...], François Hollande a depuis tenu le même discours... Ont-ils les mêmes conseillers ?

Et la meilleure - on a aussi tendance à l'oublier dans les salles de rédaction et à commencer par les agences de presse -, c'est que l'ex-chef de l'État a tenu parole. 
Jamais à l'époque les partenaires sociaux n'avaient jamais été mis en responsabilité. Sur tous les sujets qui dépendaient directement de l'État (régimes spéciaux de retraite, offres raisonnables d'emploi, fusion ANPE-Assedic...), ils ont systématiquement été consultés tout en reconnaissant à chacun le droit d'avoir un avis différent, de l'exprimer et de s'opposer. On a portant pas manqué d'affirmer doctement le contraire dans la presse aux ordres, ainsi ce matin encore, sur BFMTV. "Je ne préjuge pas des positions des uns et des autres, ni de l'ampleur des convergences ou au contraire des points de désaccords, a reconnu... François Hollande, hier, à l'identique. Mais je suis convaincu que la démarche que nous engageons peut aboutir à des solutions nouvelles [innovantes, donc ?] Je ne demande à personne ici d'abandonner ses convictions, de renoncer à ses revendications, de ne céder à je ne sais quelle pression. Je fais confiance à des acteurs libres et indépendants pour prendre leur part de la tâche commune.
Du plagiat de Sarkozy, entre les lignes et dans le texte. Mais en pratique ?... 

L'ex-président de la République n'avait pas hésité non plus à confier aux partenaires sociaux certaines de ses promesses de campagne (la définition d'un contrat de travail unique qui s'est transformée en création de la rupture conventionnelle, la réforme de la formation professionnelle ou de la représentativité syndicale...). 
Puis transposé en loi les accords auxquels ils étaient parvenus. 
"Je crois à la réforme par le dialogue social, je l'ai prouvé et je vais continuer", avait-il promis en cette rentrée 2007. Nombre des acteurs de l'époque confirment d'ailleurs que le chef de l'État a tenu ses engagements, du moins dans la première partie de son mandat. Avant que la crise économique et financière internationale n'impose sa loi.

Hommages d'acteurs sociaux à la pratique du dialogue social par Sarkozy

"Attention à ne pas réécrire le quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous avons bénéficié au début d'une large autonomie et avons été beaucoup consultés notamment sur la fusion ANPE-Assedic", reconnaissait la semaine dernière un dirigeant de l'UPA [Union Professionnelle Artisanale].
"Il a respecté sa parole jusqu'en 2010", a confirmé hier soir Jean-Claude Mailly, le patron de FO. "Il est de bon ton pour un gouvernement qui arrive de dire qu'il n'y a jamais eu de dialogue social avant, mais les partenaires sociaux n'ont jamais autant signé d'accords que sous la présidence de Nicolas Sarkozy", abondait encore dimanche matin Laurence Parisot, la présidente du MEDEF. Près d'une cinquantaine à la louche, dont une demi douzaine en 2011... après le conflit sur les retraites et quelques unités même début 2012. 

Une parodie de dialogue social ?

C'est ce qu'affirment les professionnels du décryptage militant
Mais la vérité est tout autre. Les commentateurs éclairés ont aujourd'hui des trous de mémoire, car les partenaires sociaux avaient été invités par l'AJIS, le 18 septembre 2007, à réagir publiquement au discours et aux annonces du président de la République. 
Quatre tables-rondes de deux heures (sur l'emploi, le vieillissement, la santé et le journalisme social) avaient rythmé en parallèle l'après-midi des 1000 participants de ces "Premières rencontres du social". 
Puis une table-ronde inédite, retransmise à la télévision et réunissant les syndicats représentatifs: Laurence Parisot (MEDEF), Bernard Thibault (CGT), aujourd'hui frappé d'amnésie sectaire, François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Alain Olive (UNSA) et Xavier Bertrand (ministre du Travail), avait permis - moins de trois heures après l'allocution de Nicolas Sarkozy - à chacun de s'exprimer sur les annonces de son discours et sur les résultats d'un sondage réalisé par OpinionWay sur les attentes sociales des Français et leur jugement sur les premiers pas du président élu. 

Bref, une "conférence sociale" à petite échelle cinq ans avant l'heure...
Or, les media malveillants décrivent un Nicolas Sarkozy épris de sommets, alors que les socialos-mégalos réunissent 300 personnes en grandes pompes au Palais d'Iéna.  Avec l'onction des exégètes évidemment impartiaux et lucides !
(Remerciements à Marc Landré, blog Le Monde, 'Les dessous du Social")

jeudi 14 juillet 2011

Le Parlement vote la "prime dividendes" au profit des salariés

L'opposition socialo-communiste a voté contre

Malgré 152 votes d'opposition, le Parlement français a définitivement approuvé la création d'une prime obligatoire pour les salariés des entreprises.

Après les députés, les sénateurs ont entériné mercredi par 177 voix contre l'opposition, le projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale pour 2011 (PLFRSS) qui prévoit la création de cette disposition annoncée à la mi-avril par Nicolas Sarkozy.

Cette mesure est critiquée par l'opposition de gauche

Quatre millions de salariés qualifiés "d'anecdotiques" par le PS
.
La gauche affirme qu'elle n'est "nullement une réponse à la question du pouvoir d'achat". Le socialiste Alain Vidalies est même allé jusqu'à affirmer que " votre objectif est d'occuper l'espace médiatique avec une soi-disant réponse à la question du pouvoir d'achat "!

Plusieurs élus de la majorité ont exprimé leurs réserves non pas quant à cette prime, mais sur le seuil d'application, comme l'UMP Christian Vanneste membre du collectif de la Droite populaire ou bien encore Hervé Novelli, chef de file des députés UMP membres du collectif des "réformateurs" (libéraux). Les députés ont rejeté leur amendement qui proposait de remonter de 50 à 250 salariés le seuil obligeant ces entreprises à verser une prime.

Des syndicats de salariés sont eux aussi critiques, de même que les trois organisations patronales, lesquelles ont réclamé en vain que la prime concerne seulement les entreprises à partir de 500 salariés.

Environ quatre millions de salariés sont concernés

Cette prime sera obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés ayant versé des dividendes en hausse
par rapport à la moyenne des deux dernières années.
" Plus qu'une mesure de pouvoir d'achat, c'est une mesure d'équité et de justice ", a-t-il déclaré le ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui a qualifié sa mesure de "juste, concrète".

Restons dans l'anecdotique...
Tellement anecdotique, donc, que l'un des amendements retenus, celui du rapporteur, Yves Bur (UMP), autorise à titre expérimental les PME employant moins de 50 salariés à instituer un accord d'intéressement pour une année et que les trois organisations patronales- Medef, CGPME et UPA -, ont réclamé en vain que la prime concerne seulement les entreprises à partir de 500 salariés.

Pour l'anectode encore, cette prime devrait s'élever à 700 euros en moyenne.

mercredi 15 avril 2009

Une faible majorité de Français justifie les séquestrations de patrons

Il reste beaucoup à faire à la LDH en matière de prévention
Séquestration : l’obsession sociale du moment

C’est l’action à la mode, sur laquelle tout le monde possède un avis éclairé et moderne, mais l’épouvantail agité par chaque bord de la classe politique. Il s’agirait de l’obsession de tout syndicaliste encarté, la cauchemar du moindre patron. Et
une exception française regardée avec curiosité par le magazine «Time», qui crée, sur le modèle de ‘kidnapping’) le terme «bossnapping» pour la nommer.

Un sondage tendance

Une majorité de Français estime "justifiées" les séquestrations de cadres et de patrons. Mieux les preneurs d’otages ne doivent pas selon eux être sanctionnés par la justice, apprend-on dans le baromètre BVA-BPI-Les Echos-France Info.
D'après cette enquête publiée aujourd’hui mercredi, 55% des sondés considèrent comme justifiées : ces séquestrations seraient justes et efficaces.

La proportion montre à 63% chez les personnes en âge d'être actives, entre 25 et 64 ans.
Dans leur ensemble, les personnes interrogées estiment à 64% que ces actions ne doivent pas être sanctionnées par la justice car elles sont "souvent le seul moyen dont disposaient des salariés pour se faire entendre". Elles sont 30% à penser le contraire.

Les Français ne savent pas à quoi ils ont échappé

Selon cette même enquête, six Français sur dix (60%) jugent que la politique économique du gouvernement est mauvaise. Ils sont 32% à penser qu'elle est bonne et 8% ne se prononcent pas.

  • Le sondage a été réalisé les 10 et 11 avril auprès de 1.074 personnes. Les sondés sont parfois âgés seulement de 15. Ils peuvent donc être mineurs et sans moyens d’appréciations, sans les connaissances requises ni l’expérience du monde du travail ! C’est dire que les sentiments exprimés sont largement dictés par les media.

    => Les mesures gouvernementales contre la crise ont été prises sans délais.
    Nettement avant le contre-plan conservateur du PS... Les autorités ont prévenu les Français que les mesures prises ne produiraient les effets escomptés qu’en avril et mai. C’est pourquoi les syndicats essaient de prendre le gouvernement de vitesse. Ils lancent et couvrent des opérations de prises d’otages depuis la mi mars.
    Le 12 mars dernier, Serge Foucher, PDG de Sony France, et son DRH, Roland Bentz, étaient "retenus" une nuit, pour ne pas dire "séquestrés" ou "pris en otages" par des salariés en colère (lien), sur le site de l'usine de Pontonx-sur-l'Adour (Landes, terre socialiste), où ils négocient un plan social avec les salariés (des indemnités de licenciement plus élevées). Après Sony, Caterpillar (zone socialiste), Scapa

    => Les patrons
    Quant aux organisations patronales appellent au respect de la loi, mais les patrons hésitent à porter plainte.
    Mercredi 8 avril, les trois principales organisations patronales -Medef (patrons), CGPME (cadres) , UPA (artisans)- ont fait part de leur inquiétude dans un communiqué. «La crise économique à laquelle nous sommes confrontés génère beaucoup de souffrances individuelles et collectives, pour des salariés, bien sûr, et aussi pour des chefs d’entreprise. Il ne s’agit nullement de les contester ou de les minimiser. Mais quelle que soit la gravité des situations rencontrées, il ne peut pas être accepté que l’on déroge à la loi». Selon eux, «les réponses à apporter à des conflits sociaux doivent se trouver par la négociation libre et consentie entre les parties, par l’intervention des pouvoirs publics dans le cadre de leurs prérogatives, le cas échéant par recours à la justice».

  • Les mesures de relance contre la crise économique internationale sont progressives et collent au besoin. Elles doivent produire leurs effets maintenant. C’est pourquoi ce sondage a été commandé prématurément, avant que les Français n’aient pu les apprécier à leur juste valeur.

    La crise rend fou les Français


    Doit-on conclure que la fin justifie les moyens et que la violence est juste ? Le site Internet 20minutes.fr propose un décryptage de la légalité de ces actions,.

    Mais les responsables (bien qu’évidemment « non coupables » !) sont l’opposition, aussi bien anti-libérale et radicale que républicaine mais équivoque, ainsi que sa presse militante et toxique.
    Ils combattent la relance et nuisent à la France et aux Français.

    Derrière
    l’aspect spectaculaire se cache une réalité complexe.
    La vigilance constante des Renseignements généraux et des préfectures locales, qui explique qu’aucun incident n’a été relevé lors d’une séquestration. L’efficacité à court terme, aussi, d’un mode d’action qui permet souvent d’accélérer des négociations interminables et de gonfler les indemnités de licenciement des salariés. A long terme, en revanche, la séquestration n’a jamais évité une délocalisation ou la fermeture d’une entreprise.
    Ni les manifestations de rues, ni les séquestrations de patrons, si elles sauvent des emplois à court terme ne sauveront à moyen terme les entreprises.

  • mercredi 28 janvier 2009

    Tous ensemble : 30.000 emplois sauvés par le médiateur du crédit

    Combien la grève en détruit-elle ?
    L’INSEE nous chiffrera-t-elle les dégâts occasionnés par la grève de jeudi ?

    Pendant que l’opposition entrave et détruit

    Instauré en octobre 2008, le dispositif de médiation du crédit aux entreprises a permis de préserver près de 30.000 emplois en France, précise un rapport d'activité rendu public lundi.

    Dans 64% des cas, la médiation s'est soldée positivement.

    Selon ce rapport, établi au 19 janvier, 4.439 entreprises ont saisi la structure, 4.054 dossiers ont été acceptés en médiation et près de la moitié (1.869) ont été instruits.
    Au total, la médiation du crédit a permis de préserver 29.878 emplois, en confortant 1.198 entreprises dans la poursuite de leurs activités, indique le rapport d'activité.

    Les banques prêtent, n'en déplaise à la gauche

    > "Les banques jouent le jeu", a déclaré René Ricol, le médiateur du crédit nommé fin octobre par Nicolas Sarkozy, sans attendre le contre-plan de relance du PS..., même s'il a fait état d'"îlots" et de "poches" de résistance.
    "Il y a des collaborateurs qui ont du mal à rentrer complètement dans le système", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

    >
    Il a toutefois appelé (l’opposition et les media alignés) à ne pas "jeter l'opprobre" sur les banquiers, faisant état de "tensions" persistantes dans les relations entre les établissements bancaires et les entreprises.
    "Nous avons des tensions du côté des entreprises qui ont du mal à comprendre que, certes il y a eu des pertes liées à la crise financière, mais que ça n'ouvre pas un droit absolu à crédit", a ajouté René Ricol.

    Le rapport précise que 95% des entreprises en médiation ont moins de 50 salariés et 77% ont au plus dix salariés. Elles relèvent principalement des secteurs des services (28%), du commerce (31%), du BTP (22%), de l'industrie (16%) et de l'agriculture et de la pêche (3%).
    Les encours de crédit traités en médiation sont inférieurs à 50.000 euros dans 61% des cas. Dans 13% des cas, ils sont compris entre 50.000 et 100.000 euros et, dans 7% des cas, ils sont supérieurs à 500.000 euros.

    "Abus du ‘soutien abusif’…"

  • René Ricol s'est félicité par ailleurs de l'engagement des banques à ne pas invoquer, "sauf cas exceptionnel qui impliquerait un risque anormal pour l'établissement", la notion de "soutien abusif" pour justifier leur refus d'accorder un crédit.
    Une banque peut en effet être tenue responsable par la loi d'avoir soutenu une entreprise en perdition et être assignée pour "soutien abusif".
    "Nous avons tous décidé qu'en période de crise il fallait prendre plus de risques. Parce que quand on prend moins de risques, ça va moins bien", a déclaré René Ricol.
    "Si on pense qu'une entreprise a un vrai potentiel et que nous serons heureux en France de l'avoir à la sortie de crise parce qu'elle sera une source de développement et d'emplois, évidemment on va la sauver. La notion de soutien abusif ne fait pas sens", a-t-il ajouté.
  • De son côté, Georges Pauget, président de la Fédération bancaire française (FBF), a réaffirmé que les banques jouaient "clairement le jeu du financement de l'économie", faisant valoir un "accroissement d'encours de 9%" en novembre 2008 par rapport à novembre 2007.
    "Si on regarde ce qui se passe dans le reste de l'Europe, on s'aperçoit que les banques françaises ont une progression de leurs crédits à l'économie supérieure de 1% par rapport aux autres pays", a-t-il dit.

    Les assureurs se mobilisent aussi

    René Ricol a en outre annoncé la signature d'une convention de partenariat entre le médiateur du crédit et les principaux assureurs-crédit avec pour objectif de faciliter l'accès à l'assurance-crédit aux entreprises et permettre un traitement efficace des dossiers en médiation.

    Encore des accords socio-professionnels

    Enfin, un accord a été conclu entre l'ensemble des organisations socio-professionnelles d'une part - la CGPME, le Medef et l'Union professionnelle artisanale - et les chambres de métiers et de commerce d'autre part sur l'instauration d'un réseau de "tiers de confiance".
    Ces personnes seront chargées au niveau local d'aider les entreprises à préparer leurs dossiers de médiation et devront s'assurer que celles-ci tiennent leurs engagements en échange des aides des banques, a précisé René Ricol.

    L’opposition ne réussira à saboter les efforts entrepris que si les Français se laissent berner par la gauche, qu'elle soit politique, syndicale ou médiatique.
    A commencer en résistant aux appels à la grève jeudi 29.
  • jeudi 4 décembre 2008

    Elections prud’homales marquées par une abstention record

    Les syndicats représentent 1 salarié seulement sur 4
    Les trois quarts des salariés du privé ont boudé les élections prud'homales du mercredi 3 décembre 2008, marquée par une abstention record de 75,25%.
    > Le taux de participation aux élections prud'homales de mercredi s'est établi à 25,5% dans le collège "salariés". En revanche, la participation dans le collège "employeurs" s'établit à 31,16%, soit une abstention de 69,78%.
    Les salariés représentaient l'immense majorité des électeurs (18,6 millions sur 19,2 millions) appelés à désigner les conseillers prud'homaux chargés de juger les litiges individuels du travail dans le secteur privé.
    > Le ministre du Travail, Xavier Bertrand annonce des taux voisins : le taux d’ abstention s'est établi à 74,5%, dans le collège "salariés", soit une très faible participation de 25,5%, précise-t-il ce jeudi matin.
    La participation, qui avait déjà chuté de 63,2% en 1979, premières élections prud'homales, à 32,7% en 2002, atteint ainsi son plus bas niveau en 30 ans.

    La CGT renforce son avance sur la CFDT, en recul sensible, et FO
  • Les résultats marquent des évolutions notables pour des élections habituellement sans changements spectaculaires.
    La CGT (33,8%), , en première position, a progressé de 1,6 point, devant la CFDT (22,1%) en baisse de trois points, FO (15,9%) en recul de 2,3 points, et la CFTC (8,9%) qui perd relativement peu (0,7 point).
  • La CFE-CGC (8,2%) progresse de 1,2 point parmi l'ensemble des salariés, et ravit à la CFDT la première place chez les cadres avec 27,9% des voix dans la section "encadrement".

    Projections
    > L'UNSA (syndicats autonomes), avec 6,2%, gagne 1,2 point, en cours de rapprochement avec la CFE-CGC, tandis que l'Union syndicale Solidaires, qui comprend les syndicats radicaux SUD, fait plus que doubler son score marginal, de 1,5% à 3,8%. Les "divers" représentent 1%.
    > La CFDT (22,1%), qui peu de temps après les élections de 2002 avait connu une désaffection d'une partie de ses militants en raison de son soutien à la réforme des retraites de 2003, apparaît relativement affaiblie par ce scrutin, mais maintient en fait un écart confortable avec ses poursuivants.
    > FO (15,9%) est en revanche talonnée par l'alliance entre CFE-CGC et UNSA, qui totalisent 14,4% et qui voient dans le résultat un encouragement à leur rapprochement.
  • Du coté des patrons, la participation est en revanche en hausse, à 31,25%, contre 26,6% en 2002.
    Les listes d'union menées par le MEDEF restent largement en tête avec 72,1% des voix (80% en 2002). Les employeurs de l'économie sociale -qui visaient notamment les voix des particuliers employeurs- ont effectué une percée, avec 19% (contre 11,3% en 2002). Les listes diverses totalisent 8,5%.


    Déclarations de meneurs syndiaux
    > "Je suis déçu", a reconnu sur Europe 1 le secrétaire général de la CFDT François Chérèque. Il reconnaît que le soutien à la réforme des retraites a pu "jouer un rôle" mais estime cependant que son syndicat n'est pas désavoué pour autant.
    > "C'est un message clair des salariés en direction des pouvoirs publics et du patronat pour que leurs droits soient respectés et leur situation améliorée, dans un moment où tout est fait pour leur faire payer la crise", a dit dans un communiqué la CGT.
    L'échec de l'appel à la mobilisation des salariés aux urnes est dénoncé par la CGT. "On a toute une série d'anomalies qui feraient scandale s'il s'agissait d'élections politiques", a dit à la presse son patron, Bernard Thibault.
    > Le scrutin marque aussi un changement chez les employeurs, les syndicats du patronat traditionnel, MEDEF, CGPME et UPA regroupés dans l'UDE obtenant tout de même 72,1% des suffrages, mais en baisse sensible devant l'AESS, en faveur d'une "économie solidaire" qui obtient 19%, soit 7,7 points de plus qu'en 2002.

    Le système des Prud’hommes

    > 19,2 millions d'électeurs étaient invités à élire les conseillers prud'homaux qui tranchent chaque année quelque 200.000 litiges entre salariés et employeurs en France.
    Le scrutin était un test alors que s'amorcent plusieurs réformes importantes comme celle de La Poste et surtout celle de la représentativité syndicale voulue par Nicolas Sarkozy.
    Le système actuel n'accorde une "présomption irréfragable" de représentativité qu'aux cinq centrales CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC, qui sont les interlocuteurs représentatifs dans les négociations.
    Les autres syndicats doivent prouver leur représentativité par branche d'activité.

    > Plus de 14.500 conseillers siègent dans 210 conseils. Cinquante pour cent des affaires traitées concernent la rupture du contrat de travail et 40% des problèmes de rémunération.
    Environ 70% des décisions font l'objet d'un appel mais les décisions de première instance sont confirmées dans près de 70% des cas.

    Exégèses syndicales

  • Les leaders syndicaux attribuent l'abstention, en partie à un défaut de communication… gouvernementale, et au fait que l'élection ne se déroule pas systématiquement dans l'entreprise.
    Xavier Bertrand s'est montré à cet égard ouvert à une généralisation du vote sur le lieu de travail pour les prochains prud'homales, en précisant qu'il "semblerait que là où un bureau de vote a été installé dans l'entreprise, le taux de participation a régulièrement dépassé les 50%" .

  • Bémol à cette explication
    La généralisation du vote par correspondance et l'introduction du vote par Internet à Paris, aurait dû endiguer les pertes de participation enregistrées depuis l’origine des élections prud'homales en 1979. Cette baisse confirmée à chaque élection montre qu'il y a "un problème", a souligné Jean-Claude Mailly (FO).
  • Bien que la pression de l’entreprise puisse être une explication à cette désaffection, "les salariés ne sont pas prêts à se mobiliser pour une élection qui a lieu en dehors de l'entreprise", a affirmé François Chérèque (CFDT). Donc, dedans ou dehors, le problème ne se situe pas là, sauf en termes d’excuses. Il regrette aussi l'absence de "campagne forte", laquelle dépend pourtant largement des syndicats eux-mêmes !
    Pour Jacques Voisin (CFTC), "rien n'a été fait pour que cette élection ait la place qu'elle mérite". Ce qui n’est pas le reproche retenu par la CGT !

    > Bernard Thibault (CGT) s'est félicité de la progression de son organisation qui marque un "inversement de tendance" par rapport à la baisse qu'elle enregistrait depuis 1979. Mais, par chance, les élections prud'homales n'ont pas toujours lieu sur le lieu de travail, car Thibault a regretté de "nombreuses anomalies" dans le vote...Elles ont bien dû profiter à un syndicat plus qu’à un autre… Contestation sur 102 ou 4 voix ?
  • Sur fond de crise économique, les syndicats contestataires, CGT, voire violent et non représentatif, Sud, ont progressé en France au détriment des modérés, lors de ce scrutin national pour former les juridictions tranchant les conflits du travail.
    La portée de cette observation est cependant réduite par la très faible participation d'un quart seulement des inscrits, la plus faible depuis l'origine de ces élections en 1979.
    La CGT voit cependant ce vote comme un "message des salariés" au pouvoir politique, et Sud estime qu'il conforte la voie vers un "syndicalisme de lutte".

    >
    A noter enfin (cf. tract ci- contre) que le CNT fait de la contre- publicité aux élections prud’homales républicaines.