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samedi 29 septembre 2018

Les végans, ces sectaires casseurs de boucheries et abattoirs

Attention, manger vegan peut rendre fou !

"Boucher assassin !", "La viande est un meurtre !"
Cette 'Femen' est-elle la sosie de l'activiste Solveig Halloin
(anti-spéciste animaliste de 'Boucherie abolition')
Ayatollahs dans les paroles et dans les actes, des activistes "humanistes" de la cause animale s'en prennent à des boucheries, impunément depuis quelques mois, malgré l'indignation de consommateurs et la colère de la filière viande qui lancent un appel à l'Etat pour contrer cette "terreur".

Les nuits sont désormais agitées dans certaines villes et villages dominés par les sectaires du veganisme, un mode de vie - vertueux et exemplaire - consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur élevage. Ainsi, à Saint-Arnoult-en-Yvelines, au sud-ouest de Paris, Elisabeth Curé, qui habite au-dessus de son magasin, a entendu l'impact de pavés projetés contre la vitrine de sa boucherie à 03h00 la semaine dernière, elle a été ..."surprise". Elle n'est pourtant domiciliée ni à Grande-Synthe ni en Seine-Saint-Denis et ce n'est ni la grande précarité, ni la faim qui anime les agresseurs.

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A Angers, ce boucher a dû effacer les 'tags' des anti-viande' sur sa devanture
Des anonymes ont aussi tagué "stop répression", "c'est comme ça que j'ai su que c'était des vegan radicaux", explique l'honnête commerçante.

Un abattoir a été partiellement détruit par un incendie apparemment criminel dans l'Ain, au cours de la nuit de jeudi à vendredi. Dans la foulée, le s présidents des inter-professions des viandes bovines, Interbev, et celui  des viandes porcines, Inaporc, ont adressé une demande à Emmanuel Macron d'"enrayer immédiatement" les "violences sectaires qui ne peuvent qu'aboutir à une guerre civile".

Ces agressions sont un dommage collatéral de l'idéologie 'spéciste'

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Ils se veulent meilleurs que leurs concitoyens
Cette vague de dégradations et destructions de vitrines qui visent boucheries, charcuteries, fromageries et abattoirs est l'un des derniers avatars de l'idéologie végan, le véganisme venu du Canada et des Etats-Unis, qui entend imposer par la force une redéfinition normative de ce que devraient être les relations des humains aux animaux. Leurs actions commandos peuvent aller du faux sang versé sur la façade de magasins à la pose d'autocollants  condamnant  la ..."répression" mais vantant le "spécisme", concept selon lequel l'espèce à laquelle un animal appartient, par exemple ...l'espèce humaine, est un critère pertinent pour établir les droits qu'on doit lui accorder. Concept égalitaire qui n'interdit pas au tigre de dévorer sa proie au passage, femme ou enfant, à la différence de l'homme, ce prédateur qui tue des animaux par plaisir, puisqu'il pourrait se nourrir de baies et de graines. Le ministre de la Transition écologique, l'illustre de Rugy François, a signé le décret de ré-introduction de l'ours, en dépit de leur dangerosité pour les troupeaux de moutons et brebis, au détriment des éleveurs et des mangeurs de viande.

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Happening : une activiste végan fait de la provocation 
devant une boucherie de à Paris, le 22 septembre 2018
(à noter à l'arrière-plan, une complice occupée à filmer la scène dans l'espoir d'un "pétage de plomb" de la victime)
Pour les anti-spécistes, le spécisme (du latin "species", l'espèce) est une idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces, notamment entre l'être humain et les animaux. Cette préférence, qui s'accompagne d'une alimentation végétalienne (qui proscrit tout produit issu des animaux), connaît un succès fulgurant parmi les bobos parisiens et les malades en quête d'une alternative salutaire. Mais c'est un choix personnel possible qui ne doit en aucun cas être imposé au plus grand nombre par la force et la violence, ni même par une culpabilisation indécente d'individus arrogants qui se croiraient meilleurs, supérieurs ou plus responsables. 
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Non, ce n'est pas une militante contre l'avortement (IVG)...
Les extrémistes en sont au stade de la violence matérielle : bientôt physique ?

"Depuis le début de l'année, on en est à 17 vitrines de boucheries détruites et des dizaines de dégradations", déplore Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) qui représente 18.000 points de vente.
"L'Etat doit prendre les mesures nécessaires", juge-t-il en demandant à rencontrer les ministres de l'Intérieur et de la Justice pour endiguer cette "forme de terreur". 

Après qu'il a reçu les bouchers-charcutiers cet été, Gérard Collomb les a assuré au début du mois sur RMC-BFMTV qu'ils pouvaient "compter sur (lui)". Il est l'élu de Lyon, dont l’une des traditions les plus réputées est sans doute sa gastronomie. Depuis 1935 et grâce à Curnonsky, célèbre critique culinaire, la ville porte le titre de "capitale mondiale de la gastronomie". Dès le XIXe siècle, quand on vient à Lyon, on veut "manger": d’abord chez les Mères, ces cuisinières d’excellence qui ont contribué à faire de la cuisine lyonnaise une véritable institution ; aujourd’hui dans les "bouchons", ces restaurants typiques où l’on vous sert, dans la convivialité, ces plats si typiquement lyonnais.
Les végans s'attaquent à la gastronomie "made in France"Outre la quenelle et les cardons, citons les grattons (petits morceaux de couenne de porc grillés) et la charcuterie, au premier rang de laquelle, le saucisson composé d’un mélange de morceaux de gras coupés en petits cubes et de maigre haché très fin enfermés dans des boyaux naturels, sans oublier la rosette ou le cervelas (saucisson à cuire). Mention spéciale pour le tablier de sapeur, plat typiquement lyonnais. Son nom vient du Maréchal de Castellane qui a comparé le gras double (fraise de bœuf) au tablier de cuir des sapeurs-pompiers. Il est préparé avec de fraise de bœuf coupée en dés et marinée dans une préparation à base de vin blanc mâconnais, moutarde, citron, huile et sel/poivre. La fraise est ensuite roulée dans de la mie de pain, puis grillée dans de l’huile et du beurre et accompagnée d’une sauce Gribiche.
Mi-septembre six personnes ont été interpellées dans l'enquête sur la vandalisation de neuf commerces, dont des boucheries et poissonneries, dans la métropole lilloise. 
Mais, si aucun groupe n'a revendiqué ces actions, bouchers et autorités pointent du doigt une frange minoritaire et violente de l'antispécisme militant.
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Parmi les mouvements et associations radicaux qui ont fait parler d'eux, L214, 269 Life France ou Boucherie Abolition ont entrepris de spectaculaires actions coups de poing.

L’abattoir qui a été incendié dans l’Ain dans la nuit <br />de jeudi à vendredi
Incendie d'un abattoir dans l'Ain
L214 s'est fait connaître en diffusant des images choc tournées en cachette dans des élevages ou des abattoirs.

Créée il y a deux ans, Boucherie Abolition se bat "pour l'abolition du génocide appelé boucherie", explique sa porte-parole Solveig Halloin, un brin hystérique, mais épargnée par la vache folle. "Eleveur ne devrait pas être un métier. La routine de l'élevage, c'est la violence et la persécution. La vache ne rit pas, elle crie", dit celle que l'acteur et metteur en scène de théâtre Philippe Caubère poursuit par ailleurs en justice pour diffamation : elle n'aime sans doute pas les plaisirs de la chair, car elle l'accuse de viol.
Si elle ne revendique aucune dégradation, Solveig Halloin ne les condamne pas pour autant, car "les extrémistes de la brutalité, ce sont les bouchers," selon cette modérée aux mains manucurées.
VOIR et ENTENDRE la haineuse Solveig Halloin, une caricature de l'animalisme politique, veut-on espérer :

C'est l'heure de la tisane aux plantes pour dormir. Elle évitera sans doute l'infusion des 'Deux des Marmottes'...
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La révolutionnaire Solveig Halloin est une ex-Femen qui s'est recyclée de l'attentat à la pudeur dans la défense des droits des animaux
Samedi dernier, Boucherie Abolition a organisé des happenings devant des boucheries, avec 269 Life France appelant à un mode de vie végane antispéciste. A Paris, Vincent Aubry et une autre militante de Boucherie Abolition portaient un petit cochon mort qu'ils ont exhibé devant des boucheries pour dénoncer ces commerces qui "vendent du meurtre". 
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Non, ce n'est pas une militante contre l'avortement (IVG)...
Vincent Aubry ne condamne pas non plus les destructions, mais il se dit "prêt à aller en prison s'il le faut". L'hystérie n'est pas sexuée, mais la pédagogie et le refus du dialogue non plus. "Notre seule limite, c'est la violence contre les êtres humains", assure-t-il, poing levé, comme ses camarades radicaux de Boucherie abolition. Leurs méthodes sont multiples soit via des actions locales ou coordonnées à l'échelle nationale et rappellent les mises en scène des 'Femen' dans différents lieux de France : happening, marche anti-spéciste, ligne silencieuse, manifestation et désobéissance civile devant le Salon Internationale de l'Agriculture à Paris, etc.
Des opérations qui ne sont possibles que du fait du laxisme des pouvoirs démocratiques. 

La question n'est pas négociable, selon les totalitaires

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Si en France l'émergence de ces mouvements date d'il y a quelques années, les actions directes anti-spécistes "ne sont pas récentes" ailleurs en Occident, rappelle Marianne Celka, enseignante-chercheuse à l'université Paul-Valéry de Montpellier. Les Français ne sont pas seulement à la remorque des Etats-Unis, comme les Etats membres de l'Union européenne, de Bruxelles.

L'Australien Peter Singer a sorti en 1975 "La libération animale", livre fondateur des mouvements modernes de défense des droits des animaux. Dans l'Angleterre des années 1960, le Front de libération des animaux sabote des chasses à courre, puis avec le temps certains s'attaquent aux boucheries.

Depuis, le véganisme a gagné du terrain en France, à tel point que - sous l'effet de la peur et dans le souci du maintien de l'emploi - certaines grandes surfaces proposent des produits "100% vegan"... parfois à côté de leur rayon boucherie, poursuit Marianne Celka. 

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Boucherie halal incendiée de nuit à Empalot, près de Toulouse
Les actions violentes seraient soit le fait "d'anciens activistes échaudés par la manière que le système a eu d'absorber la critique (...), soit dues à d'autres activistes qui sont arrivés là par le biais du véganisme et qui, en creusant, en sont venus à la critique antispéciste". 

L'universitaire ne voit "aucune conciliation possible" entre anti-spécistes et bouchers. Et pour cause: les casseurs anti-viande, telle Solveig Halloin, qualifie nt les bouchers de "vandales". 
A l'inverse, Jean-François Guihard, qui les représente et les défend, dit "craindre le pire". "Ca n'est pas notre souhait, mais certains bouchers pourraient répondre à la violence par la violence", met-il en garde.

samedi 5 mars 2016

Un entrepreneur en difficulté s'est immolé sur son lieu de travail, dans le Haut-Rhin

Hollande et Valls, responsables, mais pas coupables

Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, aux obsèques de ce patron ?

Hubert Dietlin, 57 ans,  s'est suicidé en s'immolant par le feu sur son lieu de travail, ce vendredi 4 mars, à Vieux-Ferrette (Haut-Rhin). "Les premières constatations laissent à penser qu'il s'agit d'un acte de désespoir", selon le procureur de Mulhouse, Dominique Alzeari. 

On dit que sa société de BTP connaissait de gros problèmes de trésorerie.
La société de travaux publics qu'il dirigeait était en proie à des difficultés financières et il n'a probablement "pas dû assumer tout ça", a tenté d'expliquer le magistrat. La veille, la victime avait eu un rendez-vous avec son banquier pour solliciter des prêts.
Pourtant, la veille au soir encore, "on avait parlé des futurs chantiers, d'un appel d'offres, souligne Denis Rouyer. "Je ne crois pas qu'il pensait à ça à ce moment-là".

Les faits se sont déroulés au petit matin, vers 6h30. 

Des caméras de surveillance ont permis de confirmer qu'il n'est intervenu "aucun facteur extérieur" dans la mort du quinquagénaire, précise le procureur. "L'homme est arrivé sur les lieux plus tôt que d'ordinaire. Après avoir ouvert la porte du hangar, il s'est emparé d'un bidon d'essence d'environ 20 litres avant de s'asperger l'ensemble du corps du combustible et d'y mettre le feu. Le chef d'entreprise a parcouru quelques mètres dans la cour avant de s'effondrer", selon les précisions des Dernières Nouvelles d'Alsace (DNA).

Le neveu du chef d'entreprise a essayé de lui porter secours. Les pompiers, arrivés peu après sur place, ont également tenté de le réanimer en vain. Selon L'Alsace, la victime dirigeait l'entreprise familiale avec son frère. "Le drame est intervenu dans un contexte familial", précisent les DNA.

Le  patron "déprimait un peu: il était dans le doute," témoigne le responsable administratif et financier de l'entreprise. 
"Il ne respirait pas la joie, mais je ne pensais pas que c'était à ce point-là", renchérit sous couvert d'anonymat une habitante de Vieux-Ferrette.
En 2014, l'entreprise avait affiché un résultat de près de 300.000 euros dans le rouge, mais elle avait remonté la pente et était parvenue à l'équilibre en 2015, indique le responsable financier. Ce fut cependant au prix  de quelques coupes dans les effectifs: l'entreprise comptait près d'une quarantaine de personnes il y a quelques années encore contre 28 salariés aujourd'hui.
Hubert Dietlin n'a laissé aucune lettre, aucun message.

17 personnes sont mortes sous les balles d'islamistes fous furieux à Charlie Hebdo et dans une épicerie kasher. Sur la  même période d'une semaine, 180 artisans et petits chefs d’entreprise se donnent la mort chaque année, soit plus de 10 'Charlie Hebdo' par an. Qu'un seul postier mette fin à ses jours et les media étalent compassion et accusations… Mais qu'un petit artisan se suicide au fond d'une région et la presse parisienne y consacre trois lignes en page 10. saignés, ruinés, bafoués, écrasés par une telle montagne de charges que les petits patrons pas pu la supporter.
L’Urssaf - et toutes les caisses d’assurance professionnelles - chargent la mule à chaque fin de mois,  rappelant que vous êtes vulnérable vous arrachant 54% de ce que vous avez gagné, contre une "protection sociale" qui vous protège de tout sauf du désespoir et de la mort… C'est le 'modèle social français' que le monde entier nous envie.
Alors qu’aux Etats-Unis, l’échec est vu comme un préalable incontournable à la réussite, en France, il semble la plupart du temps insurmontable et peut plonger les entrepreneurs dans un profond désarroi.

mercredi 31 décembre 2014

Compte pénibilité: accouchement d'un monstre

Les fonctionnaires sont exclus

La majorité décide mais c'est au patronat de faire

A la veille de la date fatidique – fixée au 1er janvier 2015 – la question peut légitimement se poser de savoir s'il verra le jour, à en croire les accusations du patronat par les syndicats. "Il ne se passe rien dans la métallurgie; ils vont créer les dispositions pour faire capoter le dispositif", assure Frédéric Sanchez, de la CGT-Métallurgie, une des principales branches concernées par le compte. "Il y a du retard sur la partie pratique", constate Hervé Garnier, chargé de la pénibilité à la CFDT, syndicat proche du pouvoir.

Depuis plusieurs semaines, le patronat est en effet entré en guerre contre cette mesure, symboliquement d’autant plus forte qu’il s’agit d’une des seules avancées sociales présumées du quinquennat de François Hollande. "Nous sommes tous opposés à la mise en place du compte pénibilité. Pour le moment, on ne l’appliquera pas", a prévenu, début décembre, Jean-Pierre Crouzet, le président de l’Union professionnelle artisanale. "Ce n’est pas qu’on ne veut pas l’appliquer, c’est qu’elle est inapplicable", confirme le MEDEF. Certains responsables de l’organisation patronale demandent même d’organiser de nouvelles actions contre le dispositif en janvier 2015.

En attendant, la "loi" fait obligation aux patrons de passer à l'action: deux décrets apportent des précisions sur les conditions dans lesquelles les entreprises d’au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe de cette taille doivent négocier un accord ou établir un plan d’action sur la prévention de la pénibilité au travail à compter du 1er janvier 2012, en application de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites. Le premier précise le seuil de salariés exposés au-delà duquel de tels accords ou plans d’action sont obligatoires, ainsi que leur contenu. Le second fixe les conditions d’application de la pénalité encourue par les employeurs ne respectant pas cette nouvelle obligation, égale à 1 % maximum des rémunérations versées aux salariés exposés.

La réforme des retraites de 2013 est claire,
 sur le papier, mais coercitive dans les faits

"Usine à gaz", c’est l’expression dont les maîtres d'oeuvre désignés qualifient le compte pénibilité pour critiquer cette nouvelle mesure. Le pouvoir a reconnu l'étendue de la tâche à la charge des entreprises et la version simplifiée qui a été retenue et qui entre en vigueur le premier janvier, a été rendue moins contraignante, mais constitue un doigt dans l'engrenage.

Elle impose à toutes les entreprises de commencer à recenser en janvier 2015 l’exposition de leurs salariés à quatre premiers "facteurs" de pénibilité : travail de nuit, 
en équipe alternante, 
en milieu hyperbare 
et tâches répétitives.

Qui va en bénéficier et pour quoi faire ?
L'idée du dispositif est de permettre au salarié-e qui travaille dans des "conditions difficiles" de faire évoluer sa situation. Quiconque n'est pas journaliste béat au journal Le Monde constate déjà que le critère de difficulté est flou. Dans la pratique, il va falloir que chaque entreprise -qui n'a que ça à faire en période d'activité économique compliquée- consente à prendre le risque de créer des tensions internes en déterminant des degrés de difficulté dans les tâches de ses salariéspermettant à chaque collaborateur sélectionné d'accumuler des points sur un compte. 

On pourra se servir de son compte de trois manières. 
Soit se former pour faire un travail moins pénible. Les points viendront s’ajouter à ceux accumulés dans le futur compte personnel formation, qui -pour simplifier les opérations- démarre lui aussi en début d’année: il pourrait concerner 20% des salariés. Chaque trimestre d’exposition à un facteur de pénibilité ajoute un point au compte, ou deux points en cas d’exposition à plusieurs facteurs. Les 20 premiers points sont obligatoirement utilisés pour la formation. Les salariés qui sont aujourd’hui trop proches de la retraite pour avoir le temps d’accumuler suffisamment de points bénéficieront d’un doublement de leurs points, et ils ne seront pas obligés de les utiliser pour des formations. Vous avez dit "complexe"? Pas selon les parlementaires de la majorité présidentielle.
Soit passer à temps partiel, sans pour autant voir son salaire baisser (et ce coût n'est pas à la charge de Bercy), grâce justement à ces points accumulés. 
Soit partir plus tôt à la retraite. Le/la privilégié(e) pourra gagner jusqu'à huit trimestres, soit deux ans.

Qui est concerné par le compte pénibilité ? 
Est exclu le travail de la ménagère qui  chaque jour passe l'aspirateur... En 2015,  les salariés qui sont exposés aux seuls quatre risques généraux ci-dessus, pour le moment. Parmi les salariés qui travaillent de nuit, ne sont concernés que ceux qui sont en "nuit extrême", c'est à dire entre minuit et cinq heures du matin.

Parmi ceux dont le travail est dit "répétitif", il ne s'agit que de certains manutentionnaires et des travailleurs à la chaîne. Les caissières doivent cesser de rêver. 

Ceux qui travaillent en équipes successives alternantes - les trois-huit ou les deux-huit, le plus souvent.  En comparaison d’une journée de travail classique (9h - 17h), les horaires décalés font partie des horaires dits " atypiques". Ils se trouvent déplacés tôt le matin (se lever avant 5 heures du matin, par exemple), l’après-midi ou le soir. Cela comprend aussi le travail de fin de semaine et le travail de nuit. Les horaires postés ou alternants en font partie, mais on a compris que le compte pénibilité ne sera pas ouvert à tous les travailleurs à horaires atypiques. Toutefois, les horaires décalés accompagnent très souvent le travail à temps partiel.

Et enfin les travailleurs en milieu hyperbare, c’est-à-dire ceux qui travaillent dans un milieu où la pression est plus élevée que la pression atmosphérique normale. Ca concerne par exemple les tunneliers, ou certains travailleurs du pétrole.

Course au trésor des points
Concrètement, on aura des points si on dépasse un certain seuil -qui reste aussi à déterminer sans mettre le feu à l'entreprise- pendant une certaine durée -qui, pour simplifier encore les choses, n'est pas non plus encore précisé. C’est l’employeur qui établira la fiche individuelle de chaque salarié. Et la Caisse nationale d’assurance vieillesse qui gérera les comptes. 
Un exemple : il faut avoir travaillé en CDI exposé et déclaré à risque pendant un an pour totaliser quatre points. Avec ces quatre points, on peut financer cent heures de formation -si elle existe- pour un travail moins pénible, si il en est de disponible. Une limitation d'impact, parmi d'autres: pour gagner un trimestre sur les annuités de retraite, il faudra avoir été exposé deux ans et demi à un risque reconnu. A noter que les fonctionnaires ne sont pas concernés par le compte pénibilité.

Chaque titulaire aura accès à son compte sur internet, mais il n’aura pas de démarche particulière à faire pour enregistrer ou gérer ses points. Tout se fera sans lui. Si 
 le salarié n'est qu'observateur de son destin, en revanche, les syndicats voient ainsi leur emprise sur les salariés et leurs pouvoirs renforcés dans l'entreprise.

Beaucoup de bruit pour si peu
Si l'immense majorité des travailleurs exposés voient leurs rêves s'envoler, les entreprises redoutent le travail à risques d'estimation des salariés relevant d'un compte pénibilité.
Et c'est pas tout: aux quatre facteurs flous de pénibilité qui s'appliqueront théoriquement à compter du 1er janvier 2015, s'ajouteront les six autres qui entreront en vigueur à compter du 1er janvier 2016: manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux, températures extrêmes, bruit
Il faudra en reparler le moment venu... A chaque jour suffit sa peine !

lundi 1 décembre 2014

Manifestation de petits patrons contre les charges "qui nous asphyxient"

6.000 à 8.000 chefs d'entreprise ont dit leur colère contre une réglementation "oppressante"

"Je t'aime." "Moi non plus !"

Des patrons ont manifesté à Paris et à Toulouse à l’appel de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), lundi 1er décembre. Une réponse au "Moi, j’aime l’entreprise" de Manuel Valls au mois d’août, lors de l’université d’été du Medef. 

L'exécutif a renouvelé de soudaines déclarations d'amour des entreprises, mais les zigzags de sa politique désorientent les patrons de petites entreprises. "J'ai dû licencier deux personnes depuis 2012", se désole Christophe, patron d'agences immobilières. Le magazine Le Point, n'a vu que 5.000 des 8.000 chefs d'entreprise qui, comme lui, sont venus manifester leur désarroi dans le froid ce lundi à Paris, pour réclamer l'abrogation des "mesures absurdes" qui pénalisent les embauches et poussent aux licenciements. 

Voir des patrons dans la rue avec des pancartes est exceptionnel.
Equipés de cadenas - métaphore de leur impuissance face au poids des charges -, les patrons se sont dirigés vers Bercy avec l'intention de "cadenasser" le ministère de l'Économie." C’est le cadenas de l’amour déçu mais aussi celui qui enchaîne, qui entrave l’activité", souligne Jean-Eudes Du Mesnil du Buisson, délégué général de la CGPME. Selon les sources, ente 4.000 et 8.000 chefs d'entreprise sont dans les rues, 6.000 à Paris selon les organisateurs (2.200 selon la police) et 2.000 à Toulouse. Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester se sont multipliés ces derniers jours.
A l’issue de la manifestation parisienne, les organisateurs devaient accrocher leurs cadenas sur les grilles de Bercy, le ministère de l’économie et en remettre les clés à Emmanuel Macron.


Le slogan est clair : "Libérez nos entreprises !"

Le malaise se cristallise sur trois mesures que les patrons de PME et TPE jugent tout simplement "inapplicables". Il s’agit, d’une part, du compte pénibilité. A partir du 1er janvier 2015, les employeurs devront évaluer la pénibilité des salariés exposés à quatre facteurs (travail de nuit seul ou en équipe, travail répétitif, milieu hyperbare). Pour le NPA, Olivier Besancenot estime que les facteurs sont à cet égard très exposés... Six autres critères, dont le travail par températures extrêmes ou les postures pénibles, seront appliqués à compter de 2016.
Un deuxième point de discorde porte sur l’interdiction – sauf accord de branche – d’embaucher quelqu’un à temps partiel moins de vingt-quatre heures par semaine. 
Autre contrainte, une mesure entrée en vigueur en novembre. Cette disposition soumet les chefs d’entreprise désireux de céder une société comptant moins de 250 salariés à l'obligation d’informer ces derniers de ses intentions au moins deux mois à l’avance. Dans le cas contraire, la cession pourrait être annulée.

Les organisations patronales souhaitent obtenir la suspension de l’application de ces trois dispositifs. "Nous devons rediscuter de la mise en œuvre de ces mesures, car nous ne savons pas faire", répète le délégué général de la CGPME.

"Les chefs d'entreprise n'osent plus embaucher."
 
Le président du CGPME, présent parmi les manifestants, exprime l'irritation de ses collègues, dénonçant des "contraintes" telles que le temps partiel 24 heures, la pénibilité et un code du travail encore peu flexible. "Nous ne savons clairement pas où nous serons demain, s'interroge un manifestant. Licencier, nous ne le faisons pas de bon coeur. On le fait pour garder les emplois que l'on a déjà." Il ajoute : "La seule solution ? C'est de baisser les charges de manière drastique." Un autre patron conclut : "Il faut arrêter cette ineptie."

Valls divise: c'est difficile pour "certains" chefs d'entreprise

Le premier ministre souffle le froid et le chaud. Manuel Valls, qui était interrogé sur sa vision des manifestations organisées ce lundi par la CGPME, a reconnu que "c'était difficile pour certains chefs d'entreprise", pour ensuite s'en prendre aux dirigeants des organisations patronales.
Alors que des milliers de patrons ont manifesté dans plusieurs villes de France, Manuel Valls a critiqué lundi les "provocations" et les "caricatures" des "dirigeants du patronat", qu'il a opposé aux "dirigeants d'entreprise". "Je voudrais que les dirigeants du patronat, que je ne confonds pas avec les dirigeants d'entreprise, se montrent un peu plus solidaires et un peu plus responsables", a lancé le Premier ministre au cours d'un déplacement à Nantes.
2.500 artisans à Toulouse
Ces dirigeants du patronat sont "même parfois dans la provocation, selon le chef du gouvernement, par exemple en remettant en cause le SMIC ou le fait de justifier les licenciements", a-t-il dénoncé dans une allusion directe à des propositions récentes du dirigeant du Medef, Pierre Gattaz.

"Nous n'avons pas besoin de dirigeants du patronat qui soient dans le corporatisme, qui soient dans la caricature, a-t-il insisté, les accusant de "demander toujours plus, alors qu'ils reçoivent beaucoup de la nation, et qu'on attend des contreparties qui se négocient et qui se négocient trop lentement", a-t-il grondé.

Valls reste sourd aux difficultés des PME-PMI

"C'est difficile pour certains chefs d'entreprise, dans les PME en particulier, les artisans, j'en suis aussi conscient", a reconnu Manuel Valls. Mais "c'est difficile aussi pour les salariés, pour ceux qui sont licenciés, qui vivent avec les minimas sociaux, pour les jeunes qui ne trouvent pas d'entreprises pour les embaucher, pour les fonctionnaires dont les salaires sont gelés. C'est dur pour beaucoup de monde en France", a-t-il constaté, appelant les petites entreprises à courber l'échine en silence.

Disant avoir constaté un "écart" entre les dirigeants d'organisations patronales et "les chefs d'entreprise rencontrés sur le terrain", Manuel Valls a appelé le patronat "à ne pas céder à une approche partisane". "Moi, j'attends qu'il soit à la hauteur de l'engagement de la nation en faveur des entreprises", a objecté le Premier ministre, qui ne cesse d'annoncer une baisse des charges de 41 milliards d'euros que les entreprises ne voient pas venir puisqu'elle sera disponible dans le cadre du pacte de responsabilité avant 2017.

Dépassé par les événements, Manuel Valls charge les organisations patronales, relayant des propos tout aussi hostiles du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll qui a personnalisé les attaques de l'exécutif, jugeant dimanche qu'il y avait un "problème Gattaz". Un agacement également affiché en privé depuis plusieurs jours à Matignon, impatient de voir venir les effets de ses mesures dont les patrons du MEDEF, comme ceux de la CGPME se tuent à lui dire qu'elles sont inopérantes.

mardi 12 novembre 2013

La colère sociale monte, s'étend et s'amplifie

Accumulation explosive de mécontentements

Après une semaine 
marquée par l’extension de la protestation contre l’écotaxe et des commémorations du 11 novembre comme occasion de huer un président qui matraque d'impôts, divise les Français et les opprime,
 la semaine va se poursuivre avec la mobilisation des artisans contre la hausse de la TVA, et des personnels de l’éducation contre la réforme des rythmes scolaires
 
Cette accumulation de grognes, qui se conjuguent avec une défiance profonde envers l’exécutif, commence à inquiéter les météorologues du climat social.
 
La température sociale risque de connaître un pic cette semaine. 
Sur le front de l’écotaxe poids-lourds, d’abord, la grogne bretonne persiste, un nouvel appel au rassemblement est annoncé pour le 30 novembre. Malgré la suspension du dispositif, en dépit des discussions autour du "pacte d’avenir pour la Bretagne", destiné à endiguer l’avalanche de plans sociaux dans cette région, et à cause de l'aumône de quelques millions  à la région (contre 3 milliards à la seule ville de Marseille), le mouvement des "bonnets rouges", en référence à une jacquerie antifiscale du XVIIe siècle, persiste et s’étend. Ainsi, en Bretagne, des manifestations ont eu lieu au pied de portiques samedi 9 novembre à Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) ou à Jugon-les-Lacs (Côtes-d’Armor) avec violences.
Les 9, 10 et 11 novembre, des actions anti-écotaxe se sont aussi produites près de Marseille et de Lyon, dans le Gard, en Isère et en Charente. À Paris, ce sont des militants du Printemps français, mouvement qui cristallise le refus du mariage homosexuel par des populations très diverses, qui se sont attaqués, munis d’essence et de fumigènes, à l’un des cinq portiques du périphérique. Enfin, des manifestants, dont certains coiffés de bonnets rouges, sont venus perturber les cérémonies du 11-Novembre.

Dépôts de nombreux préavis de grèves

La réforme des rythmes scolaires, très contestée, notamment à Paris. 
Mardi 12 novembre, les agents de la ville de Paris feront grève pour demander plus de moyens, à l’appel de la CGT et de l’UNSA, qui ne sont pas suspects de sympathies d'extrême droite que Valls rend pourtant responsable de tous les maux du gouvernement... La colère de ce secteur socialo-communiste entraînera la fermeture des cantines et activités scolaires dans 520 écoles.
Mercredi 13,
deux syndicats d'extrême gauche, Snuip-FSU et SUD, appellent à la grève les enseignants censés travailler le mercredi.

Des collectifs de parents appellent au boycottage de l’école ce jour-là. 

Jeudi 14, enfin, plusieurs syndicats ont déposé un préavis de grève, localement ou nationalement.

Egalement mercredi 13 novembre, les artisans vont entrer à leur tour dans la contestation. À l’appel de leurs organisations patronales (UPA, Umih, Capeb…), ils sont invités à se mobiliser, via une pétition et des affichages sur leurs entreprises, contre le passage de 7 à 10 % en 2014 de la TVA intermédiaire dans le bâtiment, la restauration, l’hôtellerie ou les transports.
 
Dans les transports en commun, un mouvement d’usagers baptisés les "bonnets verts", tente aussi de mobiliser, essentiellement sur Internet, contre cette hausse de TVA.
Après la mobilisation des bonnets rouges  contre l’écotaxe poids-lourds en Bretagne, le mouvement des bonnets verts veut manifester contre la hausse de la TVA sur les transports publics  de 7% à à 10% en janvier prochain, entraînant une augmentation du prix des billets de TGV, TER, RER, métros, tramways et bus dans toute la France.

Défiance croissante envers l'exécutif

Cette addition de grognes diverses et variées est observée avec beaucoup d’attention par les experts. "Il se produit actuellement un alliage de mécontentements d’une ampleur tout à fait inhabituelle", observe ainsi Alain Mergier, directeur de l’institut Wei. "Nous sommes dans une séquence de pivotement possible dans les deux ou trois semaines à venir, avec un risque réel de généralisation de la grogne.

"Depuis un an, renchérit le politologue Guy Groux, directeur de recherches au Cevipof, on observe dans pratiquement tous les sondages d’opinion une défiance continue et croissante vis-à-vis de l’exécutif, d’autant plus marquante qu’elle touche toutes les catégories sociales." Avec 21 % d’opinions favorables, François Hollande vient de battre un record d’impopularité. Or, "on est maintenant dans une phase où cette défiance est en train de se traduire dans la rue, avec une conjonction inhabituelle des protestations autour de la fiscalité mais aussi de l’emploi." Il y seulement dix jours, certains experts prétendaient encore que le risque de soulèvement populaire contre l'impôt n'étit pas vraisemblable...
 
L'impôt au centre de tous les mécontentements
Pour Alain Mergier, "c’est la fiscalité qui, parce qu’elle concerne tout le monde, patrons, salariés comme travailleurs indépendants, est la colonne vertébrale de tous ces mécontentements", réforme des rythmes scolaires mise à part.

Alors que François Hollande avait fait de la justice fiscale et sociale un argument fort de sa campagne, les Français se sentent floués et les incohérences de l’exécutif sur la "pause fiscale" ont été mal vécues. "On est passé d’une relative acceptation de la fiscalité comme outil pour redresser le pays à un refus des règles du jeu, car non seulement le pays ne se redresse pas, mais en plus, le sentiment qu’en haut et en bas de l’échelle sociale il y a des tricheurs, des gens qui s’exonèrent de l’effort, est très fort.

"Ce mécontentement, parce qu’il est profond, diffus et polymorphe, sera très difficile à éteindre", conclut Guy Groux, qui estime qu’il devrait "se traduire de façon importante dans les urnes en 2014", à la fois aux municipales de mars et aux européennes en mai.