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mardi 1 décembre 2015

Le programme économique du FN et celui de l'extrême gauche, c'est pareil, observe Pierre Gattaz

"Le programme du FN, c'est exactement l'inverse de ce qu'il faut pour relancer la croissance," selon Gattaz

"Extrême droite, extrême gauche, c'est la même chose"
Les media tirent à boulets rouges sur le FN,
occultant l'amalgame de Gattaz avec le Front de gauche
Les media ont fait le tri dans les déclarations du patron des patrons
Le programme économique du parti de Marine Le Pen ressemble "étrangement au programme commun de la gauche de 1981,"estimé, le patron du Medef dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France.

Après la Voix du Nord, le patron du Medef. A cinq jours du premier tour des élections régionales, qui pourrait voir le Front National emporter trois régions, l'offensive anti-FN s'amplifie donc. Pierre Gattaz met en garde contre le programme économique du parti d'extrême-droite dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France. "Je ne m'exprime pas sur la politique mais sur le programme économique du Front national (FN), précise d'entrée le patron du Medef. Et là, je dis attention, car il me rappelle étrangement le programme commun de la gauche de 1981, et je ne suis pas d'accord, poursuit-il. Extrême droite, extrême gauche, c'est la même chose: Mélenchon-Le Pen, même combat. En 1981, ça nous a mis dans le mur pendant deux ans. Ne recommençons pas". 

Les media ne retienne que la charge ciblée contre le FN pourtant assimilé au Front de gauche

Leur programme économique "n'est tourné ni vers l'avenir, ni vers la compétitivité", insiste Pierre Gattaz, président du Medef. Il n'en fallait pas plus pour que la presse de gauche applaudisse soudain au patron des patrons qui ne s'exprimait qu'en son nom propre, souligne Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef.

Alors que le FN pourrait emporter au moins deux régions lors des scrutins du 6 et 13 décembre prochain, le numéro un du Medef dénonce les propositions du parti d'extrême-droite, faisant d'une pierre deux coups. 

"On ne peut pas fermer les frontières, estime-t-il. Le monde attend la France et ce n'est pas en nous recroquevillant sur nous-mêmes que nous allons y arriver. Il s'agit de ne pas confondre les problèmes sécuritaires avec les problèmes économiques".

Pierre Gattaz s'est également exprimé sur le niveau du chômage en France, qui a connu en octobre sa plus forte hausse depuis 2013 avec 42.000 demandeurs d'emploi supplémentaires sans aucune activité

"
Pierre Gattaz tape sur le FN pour mieux dégommer la gauche", titre L'Express

Le patron du Medef Pierre Gattaz renvoie dos à dos les programmes économiques du FN et de Jean-Luc Mélenchon, tandis que Le Monde,
pourtant réputé sérieux, ne fait pas de détail en titrant: "Le patron du Medef fustige le programme économique du FN".
i-télé est à peine plus honnête, écrivant: "dans les colonnes du Parisien ce mardi, le patron du Medef sonne la charge contre le Front national, qui progresse de sondage en sondage à l'approche du premier tour des régionales." Mais rectifie quelque peu le tir:

L'Express détaille les erreurs communes au FN et au Front de gauche
Et de détailler : "retour de la retraite à 60 ans, augmentation de tous les salaires avec notamment une hausse du SMIC de 200 euros, retour au franc, augmentation des taxes d'importation..." Avant de prévenir : "L'économie a besoin de pragmatisme, de lucidité." 

"Ce n'est pas un programme économique responsable", poursuit le numéro un du Medef. " Le patron du Medef demande une "multimédication". "Il faut arrêter de prendre de l'aspirine et passer aux antibiotiques et à la cortisone. Il existe des mesures simples à prendre tout de suite: plafonnement des indemnités prud'homales, CDI sécurisé, simplification du travail le dimanche et en soirée", assure Pierre Gattaz.
Le programme du Front national, comme celui du Front de gauche, "n'est tourné ni vers l'avenir, ni vers la compétitivité."

Ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, a soutenu son successeur, Pierre Gattaz dans ses critiques sur le programme économique du Front national. Elle est même allée plus loin: "le programme économique du Front national est catastrophique, mais c'est la conception qu'il a de notre pays et de l'homme qui est un danger pour chacun d'entre nous".

vendredi 28 août 2015

35 heures: un pavé de Macron dans la mare socialiste

Travailler moins, une "fausse bonne idée"

A l'université d'été du MEDEF, le ministre de l'Economie plombe l'université d'été du PS de La Rochelle 

Emmanuel et Pierre filent le parfait amour
Macron, indésirable à La Rochelle, espéré au ministère du Travail par le Medef
S'il n'a pas son bristol, c'est officiellement parce qu'il n'adhère plus au PS depuis 2009, assure la rue de Solférino. Une affaire de fichiers, donc. Pourtant, Michel Sapin assurait, gêné ce mercredi matin, "chacun vient à La Rochelle s'il en a envie. J'y serai d'ailleurs".
Si donc la présence de Macron fait monter la chaleur de l'université d'été du PS, c'est d'abord parce qu'il est un ancien banquier chez Rothschild, riche, social-libéral aux airs de curé de paroisse du siècle passé. C'est ensuite parce qu'il n'a jamais recherché l'onction électorale d'un quelconque scrutin. C'est aussi et surtout parce qu'il a fait passer en force sa loi pour la croissance et l'activité, dont certaines mesures ont été combattues aussi bien à gauche qu'à droite. Si, en revanche, il ravit Gattaz, patron du Medef qui lui promet tout son soutien, Macron est donc le poil à gratter de son camp, notamment des bouillonnants jeunes adultes du MJS, ceux qui lèvent le poing en entonnant L'Internationale à tout propos. A La Rochelle, il pourrait essuyer des sifflets et Manuel Valls, dont il est l'âme damnée, ne veut pas de ça.

Issu du MJS, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis,  lui-même passé  de la mouvance trotskiste à l'entourage de Dominique Strauss-Kahn, ex-patron maudit du FMI, ne cache pas son peu de sympathie à l'égard de l'un des ministres les moins impopulaires du gouvernement. Interrogé sur la rumeur qui attribuerait l'Emploi au locataire de Bercy, en remplacement de François Rebsamen parti pour Dijon, le premier secrétaire du PS a fait preuve d'ironie. "Il fait déjà beaucoup de choses, ne le surchargeons pas", a-t-il lâché du bout des dents sur i-télé. "Il a du talent mais pas au point de porter la totalité de la politique gouvernementale", a-t-il ajouté.  

Boudé au PS, mais chéri du MEDEF

Le ministre de l'Économie a été accueilli à bras ouverts à l'université du Medef
ce jeudi 27 août, à la veille de celle du PS qui le boude. A Jouy-en-Josas, ses détracteurs se font rares car les chefs d'entreprise apprécient son style et ses premières mesures. "Jeune, dynamique, entreprenant et à l'image des ministres dont la France a besoin", a confié l'un d'entre eux au micro de France 3.

VOIR et ENTENDRE 
les amours d'Emmanuel et du Medef:
 

Le chouchou des patrons a bien l'intention de surfer sur cette vague. "Vous avez l'amour, mais vous avez les preuves d'amour", a lancé le ministre de l'Économie du président socialiste devant un auditoire conquis. Mais quand on aime on se dit tout alors la coqueluche des entrepreneurs n'a pas hésité a les houspiller : "Votre responsabilité, c'est de prendre votre part de ce mouvement de transformation de notre économie parce que nous savons que si nous n'anticipons pas le changement dont je parle, nous le subirons demain".

Le ministre attend notamment des entreprises qu'elles ne tardent pas à investir. La transformation de l'économie, "ce n'est pas le gouvernement seul qui peut y répondre", a avoué Emmanuel Macron, "je compte sur vous pour faire avancer le pays dans ses réformes".

"La gauche a cru un temps que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C'était des fausses idées"
, a déclaré le ministre de l'Economie de Hollande au MEDEF à Jouy-en-Josas. Cet aveu n'a pas manqué de provoquer une nouvelle levée de boucliers au sein de l'aile gauche du Parti socialiste, à la veille de l'ouverture vendredi de l'université d'été de La Rochelle...

Gattaz fait l'éloge de Macron

Le président du MEDEF rêve de cette éventuelle nomination de Macron au Travail. Le profil qu'il dessine du successeur idéal de Frère Rebsamen est en effet le portrait-robot en creux et tout en louanges d'Emmanuel Macron. Le patron des patrons, devrait être "un homme qui connaît l'entreprise, qui connaît et assume l'économie de marché, et qui connaît la mondialisation", a-t-il résumé sur Europe 1. Ce n'est "pas un apparatchik, pas un parachuté", a-t-il encore précisé.

Alors que Pierre Gattaz ouvrait l'université d'été du Medef, il affirma que l'enjeu, outre la stabilité du cadre donné aux entreprises, est de réduire la dépenses publiques et de modifier la législation du travail. Celle-ci est, juge-t-il, "trop rigide, trop complexe, anxiogène". "J'espère que Manuel Valls et son gouvernement auront le courage de réforme le code du Travail". 
"Il faut profiter de ce moment d'accalmie pour colmater les brèches et écoper le bateau France. Il ne coule pas, mais il n'est pas en très bon état", a résumé Gattaz.

Macron, Voix de son Maître, Valls

Le chef du gouvernement revient sur les trois principaux objectifs de sa politique et énonce trois chantiers phares pour la rentrée politique :

Premier chantier : le projet de loi de finances pour 2016. Le Premier ministre revient sur le pacte de responsabilité et de solidarité, annonçant que "l'ampleur du soutien aux entreprises ne sera pas remise en cause. Les entreprises ont besoin de cette visibilité pour investir et embaucher en confiance". Mais Manuel Valls prévient : "Je l'ai dit au patronat : chacun doit tenir ses engagements. Nous tenons les nôtres, aux entreprises de tenir les leurs." Qu'a dit d'autre Macron ? 
Deuxième chantier : le projet de loi sur le numérique

Troisième chantier : continuer à bâtir le modèle de "flexisécurité à la française". Pour cela, le Premier ministre souhaite "faire confiance au dialogue social à tous les niveaux, et notamment dans l'entreprise", conclut Manuel Valls. 
Donner des preuves d'amour à Emmanuel, c'est donner de l'amour à Manu.

lundi 1 décembre 2014

Manifestation de petits patrons contre les charges "qui nous asphyxient"

6.000 à 8.000 chefs d'entreprise ont dit leur colère contre une réglementation "oppressante"

"Je t'aime." "Moi non plus !"

Des patrons ont manifesté à Paris et à Toulouse à l’appel de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), lundi 1er décembre. Une réponse au "Moi, j’aime l’entreprise" de Manuel Valls au mois d’août, lors de l’université d’été du Medef. 

L'exécutif a renouvelé de soudaines déclarations d'amour des entreprises, mais les zigzags de sa politique désorientent les patrons de petites entreprises. "J'ai dû licencier deux personnes depuis 2012", se désole Christophe, patron d'agences immobilières. Le magazine Le Point, n'a vu que 5.000 des 8.000 chefs d'entreprise qui, comme lui, sont venus manifester leur désarroi dans le froid ce lundi à Paris, pour réclamer l'abrogation des "mesures absurdes" qui pénalisent les embauches et poussent aux licenciements. 

Voir des patrons dans la rue avec des pancartes est exceptionnel.
Equipés de cadenas - métaphore de leur impuissance face au poids des charges -, les patrons se sont dirigés vers Bercy avec l'intention de "cadenasser" le ministère de l'Économie." C’est le cadenas de l’amour déçu mais aussi celui qui enchaîne, qui entrave l’activité", souligne Jean-Eudes Du Mesnil du Buisson, délégué général de la CGPME. Selon les sources, ente 4.000 et 8.000 chefs d'entreprise sont dans les rues, 6.000 à Paris selon les organisateurs (2.200 selon la police) et 2.000 à Toulouse. Sur les réseaux sociaux, les appels à manifester se sont multipliés ces derniers jours.
A l’issue de la manifestation parisienne, les organisateurs devaient accrocher leurs cadenas sur les grilles de Bercy, le ministère de l’économie et en remettre les clés à Emmanuel Macron.


Le slogan est clair : "Libérez nos entreprises !"

Le malaise se cristallise sur trois mesures que les patrons de PME et TPE jugent tout simplement "inapplicables". Il s’agit, d’une part, du compte pénibilité. A partir du 1er janvier 2015, les employeurs devront évaluer la pénibilité des salariés exposés à quatre facteurs (travail de nuit seul ou en équipe, travail répétitif, milieu hyperbare). Pour le NPA, Olivier Besancenot estime que les facteurs sont à cet égard très exposés... Six autres critères, dont le travail par températures extrêmes ou les postures pénibles, seront appliqués à compter de 2016.
Un deuxième point de discorde porte sur l’interdiction – sauf accord de branche – d’embaucher quelqu’un à temps partiel moins de vingt-quatre heures par semaine. 
Autre contrainte, une mesure entrée en vigueur en novembre. Cette disposition soumet les chefs d’entreprise désireux de céder une société comptant moins de 250 salariés à l'obligation d’informer ces derniers de ses intentions au moins deux mois à l’avance. Dans le cas contraire, la cession pourrait être annulée.

Les organisations patronales souhaitent obtenir la suspension de l’application de ces trois dispositifs. "Nous devons rediscuter de la mise en œuvre de ces mesures, car nous ne savons pas faire", répète le délégué général de la CGPME.

"Les chefs d'entreprise n'osent plus embaucher."
 
Le président du CGPME, présent parmi les manifestants, exprime l'irritation de ses collègues, dénonçant des "contraintes" telles que le temps partiel 24 heures, la pénibilité et un code du travail encore peu flexible. "Nous ne savons clairement pas où nous serons demain, s'interroge un manifestant. Licencier, nous ne le faisons pas de bon coeur. On le fait pour garder les emplois que l'on a déjà." Il ajoute : "La seule solution ? C'est de baisser les charges de manière drastique." Un autre patron conclut : "Il faut arrêter cette ineptie."

Valls divise: c'est difficile pour "certains" chefs d'entreprise

Le premier ministre souffle le froid et le chaud. Manuel Valls, qui était interrogé sur sa vision des manifestations organisées ce lundi par la CGPME, a reconnu que "c'était difficile pour certains chefs d'entreprise", pour ensuite s'en prendre aux dirigeants des organisations patronales.
Alors que des milliers de patrons ont manifesté dans plusieurs villes de France, Manuel Valls a critiqué lundi les "provocations" et les "caricatures" des "dirigeants du patronat", qu'il a opposé aux "dirigeants d'entreprise". "Je voudrais que les dirigeants du patronat, que je ne confonds pas avec les dirigeants d'entreprise, se montrent un peu plus solidaires et un peu plus responsables", a lancé le Premier ministre au cours d'un déplacement à Nantes.
2.500 artisans à Toulouse
Ces dirigeants du patronat sont "même parfois dans la provocation, selon le chef du gouvernement, par exemple en remettant en cause le SMIC ou le fait de justifier les licenciements", a-t-il dénoncé dans une allusion directe à des propositions récentes du dirigeant du Medef, Pierre Gattaz.

"Nous n'avons pas besoin de dirigeants du patronat qui soient dans le corporatisme, qui soient dans la caricature, a-t-il insisté, les accusant de "demander toujours plus, alors qu'ils reçoivent beaucoup de la nation, et qu'on attend des contreparties qui se négocient et qui se négocient trop lentement", a-t-il grondé.

Valls reste sourd aux difficultés des PME-PMI

"C'est difficile pour certains chefs d'entreprise, dans les PME en particulier, les artisans, j'en suis aussi conscient", a reconnu Manuel Valls. Mais "c'est difficile aussi pour les salariés, pour ceux qui sont licenciés, qui vivent avec les minimas sociaux, pour les jeunes qui ne trouvent pas d'entreprises pour les embaucher, pour les fonctionnaires dont les salaires sont gelés. C'est dur pour beaucoup de monde en France", a-t-il constaté, appelant les petites entreprises à courber l'échine en silence.

Disant avoir constaté un "écart" entre les dirigeants d'organisations patronales et "les chefs d'entreprise rencontrés sur le terrain", Manuel Valls a appelé le patronat "à ne pas céder à une approche partisane". "Moi, j'attends qu'il soit à la hauteur de l'engagement de la nation en faveur des entreprises", a objecté le Premier ministre, qui ne cesse d'annoncer une baisse des charges de 41 milliards d'euros que les entreprises ne voient pas venir puisqu'elle sera disponible dans le cadre du pacte de responsabilité avant 2017.

Dépassé par les événements, Manuel Valls charge les organisations patronales, relayant des propos tout aussi hostiles du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll qui a personnalisé les attaques de l'exécutif, jugeant dimanche qu'il y avait un "problème Gattaz". Un agacement également affiché en privé depuis plusieurs jours à Matignon, impatient de voir venir les effets de ses mesures dont les patrons du MEDEF, comme ceux de la CGPME se tuent à lui dire qu'elles sont inopérantes.

mercredi 19 février 2014

Le très démocrate sous-ministre Hamon veut imposer le silence à Gattaz, président du syndicat des patrons

Le sous-ministre demande au patron des patrons d'"arrêter de parler"

Hollande tente d'attirer les investisseurs étrangers; Hamon braque les patrons français
Le président du MEDEF "stresse tout le monde, y compris les chefs d'entreprises", estime le ministre délégué à l'Economie sociale, Benoît Hamon, mardi 19 février, avec toute l'objectivité dont est capable le représentant de l'aile gauche du PS au gouvernement. Le ministre politique réagissait aux propos du responsable de la principale organisation patronale française mardi lors d'une conférence de presse. Alors qu'il accompagnait François Hollande à Washingtonle patron du MEDEF avait déclarait qu'il refuserait toute contrepartie, contrainte et sanction.

Hamon est-il inconscient ou stupide? 
Alors que le président socialiste se convertit au social-libéralisme, Hamon reproche à Gattaz des déclarations qui "varient", notamment sur le Pacte de responsabilité. 
Hamon est-il ministre ou porte-parole syndical?
"Il faut que Pierre Gattaz arrête de parler [...] qu'il négocie sérieusement comme le demandent les syndicats", a ajouté Benoît Hamon, autre "impuissant" "inutile" à l'instar de Montebourg. 
Le ministre se fait représentant syndical"Ce dont les syndicats de salariés ont besoin, c'est d'un interlocuteur qui ne change pas, ce qui stresse tout le monde y compris les chefs d'entreprise", a ajouté sans rire le collaborateur de Pierre Moscovici. Et de polémiquer en des termes blessants, appelant à "un petit peu de fiabilité et de rigueur dans les déclarations".

Après son matraquage fiscal des entreprises, le gouvernement s'est résolu à un allègement de 30 milliards d'euros de cotisations patronales en échange de créations d'emplois dans le cadre du Pacte de responsabilité
Hostile à une baisse de charges pourtant créatrice d’emplois et désireux d’en revenir à la doctrine socialiste traditionnelle du "donnant-donnant" avec les entreprises, le ministre partisan de cette idéologie archaïque a regretté que "les pouvoirs publics et le gouvernement prennent des engagements forts" et assuré que "les syndicats sont prêts à engager la concertation". Mais Hamon omet simplement que Hollande ne fait rien d'autre que recycler le "pacte de confiance" proposé par le MEDEF. Pour le doctrinaire ringard, "les éléments insécurisants depuis le début, ce sont les déclarations du président du MEDEF qui non seulement varient, mais ne donnent pas l'impression de prendre au sérieux la négociation sociale".

Gattaz pose ses conditions

Pierre Gattaz a suggéré mardi que l'"observatoire des contreparties" soit rebaptisé "comité de suivi du Pacte", un terme "beaucoup moins agressif", selon lui. 

Le patron des patrons a également demandé un "moratoire" sur une quinzaine de projets de loi qui sont aujourd'hui, selon lui, "autant de stress sur le dos des patrons". Parmi eux, il a cité "l'obligation de consulter le comité d'entreprise en cas de vente" d'une société.

Pour Benoît Hamon, Pierre Gattaz fait preuve d'"une méconnaissance de ce qui est écrit dans le texte" de la loi sur l'économie solidaire et sociale. Celle-ci prévoit la possibilité que les salariés se portent candidats à la reprise de leur entreprise, en l'absence de repreneur, afin de maintenir l'emploi. Il s'agit, a précisé le ministre, d'une disposition européenne de 2001 que la France est un des derniers Etats-membres à ne pas avoir transposée.
"Je lui proposerais volontiers de faire un moratoire sur la distribution excessive de dividendes qui pénalise l'investissement en France et qui pourrait être une contribution utile à la croissance et à la relance de l'économie française", a ironisé Benoît Hamon, dont la légitimité est pourtant limitée à des scrutins de liste, européen, puis régional, mais jamais en nom propre.
A cela, il faut ajouter que Benoît Hamon est à la fois membre du conseil d'administration de l'université Paris-VIII, en tant que "personnalité extérieure" (!) depuis octobre 2008, et professeur associé depuis septembre 2009. Conflit d'intérêts ou non ?

Gattaz a les cartes en main
Les syndicats soutenu par le petit ministre inaudible se préparent à la rencontre fixée par Pierre Gattaz le 28 février au MEDEF. Alors que Carole Couvert de la CFE-CGC pronostiquait encore, mercredi 12 février, "ça devient la chronique d'une mort annoncée du pacte de responsabilité", le patron des patrons joue l'apaisement en évoquant la possibilité d'"engagements chiffrés".
En fait, Gattaz souffle le chaud et le froid
A la descente de l'avion de Washington à San Francisco, Gattaz a concédé: " Je n'exclus pas des engagements chiffrés qui seraient des objectifs à partager sur la base d'estimations." Le chef de l'Etat s'est alors félicité devant les Français de San Francisco de "l'avantage" d'avoir eu Pierre Gattaz à ses côtés tout au long de sa visite d'Etat aux Etats-Unis.

mardi 11 février 2014

Pacte de responsabilité: Ayrault, premier ministre méprisant du patron des patrons

Gattaz vivrait mal "le décalage horaire", d'après Ayrault 

Pierre
 Gattaz dénonce l'autoritarisme et les menaces du gouvernement 
Le président du MEDEF, Pierre Gattaz, qui fait partie de la délégation française accompagnant François Hollande aux Etats-Unis, a déclaré qu'il condamne les  "contreparties" et contraintes sur le "pacte" de responsabilité.

Gattaz, signataire du pacte de responsabilité, a-t-il des motifs de le critiquer? Le parton du Medef, en visite avec François Hollande aux Etats-Unis doit mal vivre "le decalage horaire", a ironisé, mardi matin, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. 

Coup de pied de l'âne Ayrault piqué au vif
Pierre Gattaz est revenu, lundi, sur le pacte de responsabilité, pour lequel il ne veut plus entendre parler de contreparties.
Parce qu'il ne contrôle rien, le sombre Ayrault a encore été inutilement blessant. "Je souhaite que monsieur Gattaz, quand il sera revenu en France, rencontre au plus vite les organisations syndicales, comme c'était prévu, pour engager le dialogue social. C'est très attendu. Je crois que le décalage horaire parfois peut poser problème", a sèchement repliqué l'impuissant Premier ministre

VOIR et ENTENDRE le "serein" Ayrault :  

Les organisations syndicales sont engagées dans des  négociations avec le MEDEF
  
Par ce pacte de responsabilité, dont l'exécutif actuel s'est inspiré, comme l'a souligné le président du Medef, le 17 janvier, faisant référence au "pacte de confiance" de l'organisation patronale, François Hollande espérait inciter les patrons à créer des emplois en contrepartie d'allègements de charges aux entreprises. Mais l'initiateur du pacte a refusé de s'engager contractuellement à hauteur d'un million d'emplois en cinq ans, des créations qui ne se décrètent pas, souligne-t-il. 


D'autant que, dans les Echos du 10 février 2014,  le ministre du Redressement productif, c'est-à-dire de l'Industrie, Nono Montebourg avait fait de la surenchère, estimant que les entreprises devraient créer 1,65 million d'emplois... (lien BFM TV)
Le MEDEF avait jugé possible de créer un million d'emplois en échange d'une baisse de 100 milliards d'euros des prélèvements sur les entreprises, moitié sur le coût du travail et moitié sur la fiscalité. Mais, avec réalisme, l'organisation patronale refuse "des engagements juridiques écrits" d'embauches, et avance le chiffre de un million d'emplois créés, un chiffre jugé insuffisant par Montebourg. 
Le ministre du redressement productif était d'ailleurs intervenu dans le débat consécutif aux annonces de François Hollande, estimant cette fois que le pacte de responsabilité devait être compensé par la création par les entreprises de 1,8 million d'emplois sur les cinq prochaines années. (lien Le Monde)
"Pour le taux de chômage à 7 % d'ici à 2018 [le niveau de l' Allemagne et des Etats-Unis], il faudrait créer 1,8 million d'emplois au cours des cinq prochaines années. Est-ce que nous pouvons, avec les propositions de baisse de charges faites par le président de la République, y arriver ? Nous le croyons."
Le "pacte" de responsabilité a du plomb dans l'aile
Il est dénoncé par l'extrême gauche
Ainsi, le NPA, syndicat révolutionnaire, rejette ce pacte qui est une reprise du "pacte de confiance" proposée par Gattaz en novembre dernier et considère que lors de ses vœux du 31 décembre, "Hollande a déclaré la guerre aux travailleurs/ses."
Aujourd'hui, Jérôme Guedj, porte-parole du PS, déclare qu'il n'y a jamais cru...
Comment, par de tels propos, la majorité présidentielle prétend-elle inspirer la confiance et redynamiser l'activité économique?

lundi 26 août 2013

Réforme des retraites: Ayrault promet une baisse du coût du travail

Le socialiste Ayrault fait des grâces aux créateurs d'emplois

Le Premier ministre  évoque une baisse des charges sociales, dès l’an prochain... 
Détermination apparente, mais flou réel:
qui arbitre ? L'hyper-président ?
Selon lui, elle ferait plus que compenser la hausse des cotisations envisagée pour financer les retraites.

L'intox a assez duré. Jean-Marc Ayrault, qui recevait les partenaires sociaux pour préparer la réforme des retraites, a dit oui à tout le monde, le reste étant en attente d'arbitrages. 

Il s’est aussi engagé à
réduire à nouveau le coût du travail pour les entreprises, et cela dès 2014. Pierre Gattaz, le patron du MEDEF, l’a annoncé à la sortie de son entrevue avec le Premier ministre. "Il y a une ouverture qui nous a été faite:c’est la baisse du coût du travail ", s’est-il félicité. Des décisions en ce sens seront prises "dans les semaines à venir ". L’exécutif envisage, en effet, d’inclure des mesures dans les lois de financement pour 2014, présentées en Conseil des ministres le mois prochain et votées avant la fin de l’année.

Le flou du scénario appelle des précisions
Le gouvernement prépare bien une nouvelle réduction du coût du travail, un an à peine après l’instauration du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) qui promet une baisse de 20 milliards d’euros de l’impôt sur les sociétés, qui demande à être constatée. 
Voici ce qu’envisage l’exécutif à ce stade. 
D’abord, les cotisations sociales seraient relevées pour combler le déficit des régimes de retraite. Il pourrait s’agir d’une hausse de 0,1 point de cotisation par an, pendant quatre ans, partagée entre la part salariale et la part patronale. Cela rapporterait 700 millions d’euros dès 2014 et 3 milliards d’euros par an à l’horizon de 2020. 
En contrepartie, les cotisations pour la branche famille de la Sécurité sociale seraient réduites, mais pour un montant supérieur. " In fine, les cotisations sociales baisseraient et le coût du travail serait réduit ", assure l’exécutif.

Reste à déterminer l’ampleur de cette baisse. 
Le MEDEF réclame la suppression totale des cotisations famille, soit 34 milliards d’euros. "Il n’est évidemment pas question d’aller aussi loin vu la situation des finances publiques. Nous verrons si nous pouvons faire un ou deux milliards en 2014, ce serait déjà une première étape importante, avant de poursuivre le mouvement les années suivantes ", explique Matignon. 
Il faudra alors compenser ce manque à gagner pour la Sécurité sociale, en augmentant un autre prélèvement qui ne pèse pas sur le coût du travail. La TVA ? "C’est exclu", affirme-t-on. Il est déjà prévu qu’elle passe de 19,6 % à 20 %, le 1er janvier prochain, pour financer en partie le CICE. 
L’option d’une hausse de la CSG reste donc difficile à annoncer, à tel point qu'on continue à la présenter comme incertaine. Les décisions seront pourtant prises dans les tout prochains jours: sans alourdissement ni de la TVA, ni de la CSG, Hollande va devoir surprendre ! Il reste 10 jours au gouvernement pour sortir du flou, le 5 septembre, lors de la transmission du projet de loi de réforme des retraites au Conseil d’Etat.

Jean-Marc Ayrault a été moins vague sur d’autres volets de la réforme

Les co-gestionnaires syndicaux apportent des détails que le Premier ministre ne précise pas
La durée de cotisation n’augmentera qu’à partir de 2020, probablement au même rythme que ce qui se passe aujourd’hui. " On atteindrait les 43 annuités de cotisation en 2035 ou 2037", a précisé Laurent Berger (CFDT). Matignon a confirmé l’instauration d’un compte pénibilité. Les pensions des retraités ne seront "ni gelées ni baissées", a ajouté Laurent Berger.

Le Premier ministre a aussi évoqué plusieurs autres mesures, d’une ampleur limitée, mais très attendues par les syndicats. 
D’abord, le calcul des trimestres pour la retraite sera amélioré pour les travailleurs à temps partiel. Il faut aujourd’hui cotiser au moins 200 heures de SMIC pour valider un trimestre. Ce seuil pourrait être abaissé à 150 heures.
Matignon a aussi évoqué des mesures pour améliorer la
prise en compte des périodes d’apprentissage. "Toutes les périodes d’apprentissage seront désormais validées", a indiqué Laurent Berger.
VOIR et ENTENDRE ce qu'est l’ultime débat: CSG ou cotisations patronales?