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lundi 7 septembre 2015

Pour quoi faire ce sixième rendez-vous du chef de l'Etat avec la presse ?

S'il y avait des propositions de Hollande à retenir

Le ton du président -impatient et acculé- était cassant, façon Valls!

François Hollande, lors de sa 6e conférence de presse, le 7 septembre 2015 (ALAIN JOCARD / AFP)
François Hollande, lors de sa 6e conférence de presse, le 7 septembre 2015
Le chef de l'Etat en était à son sixième rendez-vous avec la presse ce lundi 7 septembre à l'Elysée. A l'entrée de la dernière ligne droite avant 2017, personne n'attendait pourtant plus rien de ce rendez-vous de rentrée d'un président au plus bas chronique des sondages de popularité. Il n'a rien dit qui n'avait déjà filtré de cet exécutif poreux et soucieux de paraître ce qu'il n'est pas: les migrants, la menace de l'Etat islamique, la croissance et le chômage... 

Voici 7 points à garder à l'esprit jusqu'à leur déni.

24.000 réfugiés -sur deux ans- accueillis dans les deux prochaines années 

Sur la question du déferlement  des migrants, vécu comme un tsunami sur l'Europe soudainement mobiliséeHollande s'est résolu aux quotas imposés par l'Europe  après les avoir à l'origine refusés la semaine précédente.

Le chef de l'Etat a finassé, refusant d'employer le terme "quota", préférant parler d'un "mécanisme de répartition obligatoire et permanent" dans l'Union européenne...
Le chef de l'Etat a aussi annoncé, au nom "du principe de solidarité", qu'il est "prêt à accueillir", dans les prochaines semaines, "plusieurs centaines voire un millier" de réfugiés fraîchement arrivés en Allemagne, qui a encore enregistré 20.000 migrants supplémentaires dans le seul week-end à Munich qui, il faut le dire, les attire et leur fait des haies d'honneur, sachant qu'ils ne font que passer pour se rendre en Suède ou au Royaume-Uni pour la plupart. Or, la démagogie a pourtant des conséquences imprévues dans les calculs de la mairie socialo-écolo et populiste: le Danemark a fait barrage au passage en Suède et les migrants syriens et afghans refluent... 

Hollande a également appelé à la création de "centres de contrôle" pour contrôler, identifier et ficher les personnes qui bénéficieront du droit d'asile de celles qui seront "raccompagnés".
Des vols de reconnaissance en Syrie
Le président de la République avait laissé fuiter quelques informations dans la presse depuis la fin de semaine dernière. Après avoir ainsi tâté le pouls de l'opinion, la France va envoyer ses quelques avions effectuer des reconnaissances complémentaires et pourrait joindre ses faibles forces aux frappes aériennes de la coalition internationale contre l'Etat islamique (EI) en Syrie et ne plus se limiter -bizarrement, malgré ses prétentions à la cohérence- à l'Irak.
Alors qu'il commence à se dire que l'intérêt bien compris de l'Europe est dans la normalisation des relations avec le président de la Syrie, François Hollande s'est obstiné à réitérer sa demande du départ de Bachar el-Assad, malgré la nécessité d'une convergence des forces de combat contre l'Etat islamique qui occupe une partie du pays.
Que faire alors de Hollande qui a tiré contre l'économie de son pays?
Le chef de l'Etat a néanmoins exclu toute frappe au sol comme le propose en revanche Bruno Le Maire (Les Républicains). 
Ukraine: vers une levée des sanctions visant la Russie
Hollande veut profiter de l'amélioration relative de la situation en Syrie. Le chef de l'Etat a proposé l'organisation d'une nouvelle réunion à Paris réunissant la France, l'Allemagne, l'Ukraine et la Russie.
Si la Russie tient ses engagements (alors que Hollande a rompu les siens dans la vente des Mistral !), le président a annoncé une possible levée des sanctions qui pénalisent les exportations de produits français, notamment agricoles...

2 milliards de baisse d'impôt pour 8 millions de foyers, toujours les mêmes

La baisse d'impôt promise en 2016 par le chef de l'Etat se précise. Hollande a annoncé qu'elle concernerait l'impôt sur le revenu à hauteur de 2 milliards d'euros et concernerait 8 millions de foyers. Cette baisse devrait être financée par des économies budgétaires et non une hausse des prélèvements obligatoires. 
C'est la promesse de services publics à la portion congrue et une onde de choc sur les collectivités territoriales appauvries, alors que la santé des hôpitaux ou des transports régionaux, notamment, n'est pas bonne.

Pas de remise en cause des 35 heures

François Hollande a annoncé une loi "dans les prochains mois" pour
rendre le code du travail "lisible" et "mieux adapté". Toutefois le chef de l'Etat s'est bien gardé de toucher "aux garanties essentielles" comme la durée légale du travail de 35 heures ou le Smic.

Le président de la République a indiqué qu'il va  débuter des concertations avec les partenaires sociaux suite à la remise du rapport Combrexelle à Manuel Valls mercredi 9 septembre. La possibilité est ouverte pour ouvrir des négociations dans les branches professionnelles afin "d'adapter, ouvrir de nouveaux droits et donner davantage de souplesse".

Une croissance trop faible pour faire baisser le chômage en 2015 

La croissance atteindra "sûrement plus de 1%" en 2015, mais c'est selon le chef de l'Etat. Il ne pense d'ailleurs pas qu'elle sera "suffisante pour faire baisser le chômage". Le président de la République a pourtant fait de la baisse du chômage une condition sine qua non pour se représenter en 2017.
La présidentielle de 2017, loin d'être une obsession 

Interrogé sur sa possible candidature pour un deuxième mandat, Hollande a déclaré que "ce n'est pas une obsession, ce n'est pas ma préoccupation, ce n'est pas ma priorité de savoir comment, de savoir quand, de savoir avec qui. Ma seule préoccupation, ma seule priorité, mon seul devoir, c'est d'agir". Une résolution à évaluer à l'heure prochaine des bilans...
Il a toutefois mis la gauche en garde contre "la dispersion" qui pourrait signifier sa "disparition". Après quatre revers successifs depuis les municipales de 2014, la majorité subira un nouveau et dernier test avant l'élection présidentielle de 2017 à l'occasion des élections régionales, qui auront lieu les 6 et 13 décembre.
Pas d'élargissement de la redevance aux smartphones et aux tablettes 

Hollande n'est "pas favorable" à l'élargissement de la redevance audiovisuelle aux "objets connectés" (smartphones ou tablettes) ni à un recours "exagéré" à cette taxe pour financer l'audiovisuel public, annonçant toutefois des "arbitrages à la fin du mois". Mais le cynique s'en prendra-t-il en revanche aux box(es) ?... 

"Il faut des financements" pour le service public audiovisuel, "mais la redevance télévisée ne peut pas être la variable d'ajustement. Il faut maîtriser l'appel à la contribution", a expliqué François Hollande. Hollande risque donc de permettre le retour de la pub réclamée par D. Ernotte après le 20heures. 
A quoi servent donc les privilèges de certaines retransmissions événementielles accordées au service public en tant que tel: l'équité est-elle préservée ? Ne vaudrait-il pas mieux lui imposer des obligations de gestion saine ? 

Une visite en Chine placée sous le signe du climat 

François Hollande a annoncé qu'il fera un beau voyage début novembre en Chine, pour lancer avec son homologue chinois un appel à la réussite de la conférence mondiale sur le climat prévue à partir du 30 novembre près de Paris, si la question de son financement est surmontée...
"La Chine va être un acteur majeur pour emmener, non seulement un des pays les plus peuplés et les plus pollués, mais aussi pour faire en sorte que d'autres pays puissent suivre l'exemple chinois", a-t-il expliqué. "La conférence sur le climat, ce n'est pas simplement les pays développés, c'est les pays émergents et les pays en développement, c'est pourquoi l'apport de la Chine est majeur", a-t-il fait valoir, dans un français grammaticalement relâché à ne pas exporter dans les université chinoises... 

Pas forcément d'introduction d'une nouvelle dose de proportionnelle 

Après les lieux-communs et les demi-mesures ou les contresens, Hollande a botté en touche sur l'introduction de la proportionnelle aux législatives, évoquant en revanche une modification de la procédure législative pour la simplifier et l'accélérer. "Je pense que la crise démocratique ne répond pas simplement à une obligation de changer un scrutin", a déclaré le président de la République, qui avait pourtant fait de cette réforme une promesse de campagne en 2012.

Au total, un nombre étonnant de reculades qui annoncent une fin de mandat peu réformiste, voire indigente, et au final un recul assumé et programmé de la France. 

vendredi 28 août 2015

La "petite musique libérale" du gouvernement est insupportable aux frondeurs du PS

"Venez voir les clowns, les acrobates et les jongleurs !"

"C’est un assez bon résumé de l’état actuel du Parti socialiste,"
 
murmure un socialiste 'frondeur' qui participe à la visite gratuite de la ménagerie annoncée par le haut-parleur de la voiture du... cirque Zavatta  voisin

L’aile gauche du PS s’est réunie, jeudi 27 août à Marennes - ville des huîtres ! - à quelques kilomètres de La Rochelle et à quelques heures de l’ouverture de l’université d’été des socialistes. 
M. Touraine et Montebourg
Près de 300 militants sont venus assister à une table ronde sur les crises européennes, avant les discours de clôture vendredi matin des trois chefs de file du courant: Benoît Hamonle ministre de l’Education chassé du gouvernement et 'drivé' par Henri Emmanuelli, le député de la Nièvre, Christian Paul, vice-président du courant Rénover maintenant animé par Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, et l’eurodéputé Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion 'Maintenant la gauche' au congrès PS de Toulouse d' octobre 2012, soit 13 %, et 28 % des voix, lors de l'élection du Premier secrétaire face à Harlem Désir. Les "frondeurs" représentent un militant sur 3 au PS.

Cette table ronde sur les crises européennes accueillait des responsables du parti de la gauche radicale grecque, Syriza
, et du parti espagnol Podemos.
"A gauche pour gagner", proclame le slogan des frondeurs, alors que l'une des leurs, la maire de Lille Martine Aubry, s'est soumise à Hollande et Valls en espérant sauver sa présidence du Conseil général du Nord que lui a finalement ravi Jean-René Lecerf (UMP).
 
Dans les faits, on prend (à peu près) les mêmes et on recommence. 
En cette rentrée, l’aile gauche du PS réclame toujours une "réorientation" de la politique du gouvernement, moins de deux ans avant l’élection présidentielle. Tous ses responsables en sont convaincus: en l’état actuel, si la gauche au pouvoir ne change pas, elle sera battue en 2017. "Cette rentrée est celle de la dernière chance", souligne Emmanuel Maurel, avant l’examen du budget à l’automne. "Notre politique n’a pas de base électorale, donc comme nous ne pouvons pas changer le peuple, il faut changer de politique", ajoute Christian Paul, qui estime que "la gauche au pouvoir manque d’ambition et doit changer d’intensité"

Les cibles socio-libérales des socio-démocrates

Lienemann, Paul, Baumel et Guedj
Les frondeurs sont anxieux
Croissance basse, chômage haut, division des gauches, électeurs qui se détournent vers l’abstention ou les extrêmes, tout est cause d'inquiétudes à vingt mois de la présidentielle. "A-t-on réussi depuis 2012 à réduire le chômage et les inégalités ? Non. Les électeurs viennent-ils voter pour nous depuis quatre ans ? Non. Il faut nous interroger sur ces deux indicateurs", explique Benoît Hamon. 

Mise en garde adressée à François Hollande et à Manuel Valls. 
Le premier ministre reste la cible privilégiée de l'aile gauche du PS. Sa tribune, publiée cette semaine dans Les Echos, qui ferme la porte à une réorientation du pacte de responsabilité et appuie le maintien des réformes, a provoqué leur colère. "La tribune de Valls, c’est une lettre au Medef qui ne parle pas aux socialistes ni aux Français", gronde Christian Paul. Pour le député, le chef du gouvernement "n’est plus un bouclier pour le président, mais l’émetteur d’idées libérales qui peuvent être catastrophiques pour la gauche et le pays". 

L’aile gauche s’inquiète d’une éventuelle nouvelle série de réformes visant à assouplir le droit du travail. Les attaques récentes de Pierre Gattaz, le président du Medef, contre le code du travail, visant à développer la flexisécuritéainsi que les déclarations du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, sont à leurs yeux de mauvais présages. "Il y a en cette rentrée une petite musique très libérale autour du droit du travail qui m’inquiète", explique Benoît Hamon. Pour le ministre de l’Education nationale exclu du gouvernement Valls, "le jappement exalté pour la réforme permanente n’est pas une politique. Laisser les salariés “libres” de renoncer à leurs droits ne serait pas une réforme de gauche"

Les socialistes de gauche grondent

Mais, comme à leur habitude, ils ne rompent pas: ils plient... 
Leurs camarades de Podemos ou de Syriza peuvent bien vanter les mérites de la "recomposition" politique, pas question pour eux de quitter le PS pour tenter de construire une nouvelle force alternative avec les écologistes ou le Front de gauche. Les fuites de Mamère, puis de Rugy et maintenant J.-V. Placé à EELV ne les poussent pas encore à passer des paroles aux actes. Les évictions de Delphine Batho, Benoît Hamon, Aurélie Filippetti ou Arnaud Montebourg du gouvernement alimentent les aigreurs les brasseurs d'idées en périphérie, sans les libérer. A la différence des écolos (mais à l'instar de Barbara Pompili), ils n'ont pas fini leur travail sur eux-mêmes... "Le temps d’une recomposition politique à gauche n’est pas venu, même si je ne peux pas dire de quoi sera faite la gauche des trois prochaines années", balance Christian Paul. 

Pas de rupture, mais la poursuite d’un bras de fer avec le gouvernement. 
"Je n’attends pas la défaite et la grande claque qui réveille parce qu’il est possible que la claque vous tue", explique Benoît Hamon. Une injonction qui n’inquiète pas la direction du PS. "Moi, Marennes, j’y vais pour les huîtres et pour rien d’autre", raille un de ses dirigeants. 
Les frondeurs ressassent les mêmes critiques, selon la Rue de Solférino. "Ils ont perdu au congrès de Poitiers en juin, donc ils tentent d’exister, c’est comme ça depuis le début du quinquennat et ce le sera jusqu’à la fin", pronostique un proche du premier ministre. 
Le gouvernement veut même croire que finalement l’examen du budget ne dérapera pas: les baisses d’impôt d’un côté et un probable geste financier en direction de l’investissement public pourraient suffire, selon l’exécutif, à contenir la fronde. 
Ainsi la France est-elle l'otage des querelles intestines du parti du président, lequel se dit à la hauteur des enjeux...

35 heures: un pavé de Macron dans la mare socialiste

Travailler moins, une "fausse bonne idée"

A l'université d'été du MEDEF, le ministre de l'Economie plombe l'université d'été du PS de La Rochelle 

Emmanuel et Pierre filent le parfait amour
Macron, indésirable à La Rochelle, espéré au ministère du Travail par le Medef
S'il n'a pas son bristol, c'est officiellement parce qu'il n'adhère plus au PS depuis 2009, assure la rue de Solférino. Une affaire de fichiers, donc. Pourtant, Michel Sapin assurait, gêné ce mercredi matin, "chacun vient à La Rochelle s'il en a envie. J'y serai d'ailleurs".
Si donc la présence de Macron fait monter la chaleur de l'université d'été du PS, c'est d'abord parce qu'il est un ancien banquier chez Rothschild, riche, social-libéral aux airs de curé de paroisse du siècle passé. C'est ensuite parce qu'il n'a jamais recherché l'onction électorale d'un quelconque scrutin. C'est aussi et surtout parce qu'il a fait passer en force sa loi pour la croissance et l'activité, dont certaines mesures ont été combattues aussi bien à gauche qu'à droite. Si, en revanche, il ravit Gattaz, patron du Medef qui lui promet tout son soutien, Macron est donc le poil à gratter de son camp, notamment des bouillonnants jeunes adultes du MJS, ceux qui lèvent le poing en entonnant L'Internationale à tout propos. A La Rochelle, il pourrait essuyer des sifflets et Manuel Valls, dont il est l'âme damnée, ne veut pas de ça.

Issu du MJS, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis,  lui-même passé  de la mouvance trotskiste à l'entourage de Dominique Strauss-Kahn, ex-patron maudit du FMI, ne cache pas son peu de sympathie à l'égard de l'un des ministres les moins impopulaires du gouvernement. Interrogé sur la rumeur qui attribuerait l'Emploi au locataire de Bercy, en remplacement de François Rebsamen parti pour Dijon, le premier secrétaire du PS a fait preuve d'ironie. "Il fait déjà beaucoup de choses, ne le surchargeons pas", a-t-il lâché du bout des dents sur i-télé. "Il a du talent mais pas au point de porter la totalité de la politique gouvernementale", a-t-il ajouté.  

Boudé au PS, mais chéri du MEDEF

Le ministre de l'Économie a été accueilli à bras ouverts à l'université du Medef
ce jeudi 27 août, à la veille de celle du PS qui le boude. A Jouy-en-Josas, ses détracteurs se font rares car les chefs d'entreprise apprécient son style et ses premières mesures. "Jeune, dynamique, entreprenant et à l'image des ministres dont la France a besoin", a confié l'un d'entre eux au micro de France 3.

VOIR et ENTENDRE 
les amours d'Emmanuel et du Medef:
 

Le chouchou des patrons a bien l'intention de surfer sur cette vague. "Vous avez l'amour, mais vous avez les preuves d'amour", a lancé le ministre de l'Économie du président socialiste devant un auditoire conquis. Mais quand on aime on se dit tout alors la coqueluche des entrepreneurs n'a pas hésité a les houspiller : "Votre responsabilité, c'est de prendre votre part de ce mouvement de transformation de notre économie parce que nous savons que si nous n'anticipons pas le changement dont je parle, nous le subirons demain".

Le ministre attend notamment des entreprises qu'elles ne tardent pas à investir. La transformation de l'économie, "ce n'est pas le gouvernement seul qui peut y répondre", a avoué Emmanuel Macron, "je compte sur vous pour faire avancer le pays dans ses réformes".

"La gauche a cru un temps que la France pourrait aller mieux en travaillant moins. C'était des fausses idées"
, a déclaré le ministre de l'Economie de Hollande au MEDEF à Jouy-en-Josas. Cet aveu n'a pas manqué de provoquer une nouvelle levée de boucliers au sein de l'aile gauche du Parti socialiste, à la veille de l'ouverture vendredi de l'université d'été de La Rochelle...

Gattaz fait l'éloge de Macron

Le président du MEDEF rêve de cette éventuelle nomination de Macron au Travail. Le profil qu'il dessine du successeur idéal de Frère Rebsamen est en effet le portrait-robot en creux et tout en louanges d'Emmanuel Macron. Le patron des patrons, devrait être "un homme qui connaît l'entreprise, qui connaît et assume l'économie de marché, et qui connaît la mondialisation", a-t-il résumé sur Europe 1. Ce n'est "pas un apparatchik, pas un parachuté", a-t-il encore précisé.

Alors que Pierre Gattaz ouvrait l'université d'été du Medef, il affirma que l'enjeu, outre la stabilité du cadre donné aux entreprises, est de réduire la dépenses publiques et de modifier la législation du travail. Celle-ci est, juge-t-il, "trop rigide, trop complexe, anxiogène". "J'espère que Manuel Valls et son gouvernement auront le courage de réforme le code du Travail". 
"Il faut profiter de ce moment d'accalmie pour colmater les brèches et écoper le bateau France. Il ne coule pas, mais il n'est pas en très bon état", a résumé Gattaz.

Macron, Voix de son Maître, Valls

Le chef du gouvernement revient sur les trois principaux objectifs de sa politique et énonce trois chantiers phares pour la rentrée politique :

Premier chantier : le projet de loi de finances pour 2016. Le Premier ministre revient sur le pacte de responsabilité et de solidarité, annonçant que "l'ampleur du soutien aux entreprises ne sera pas remise en cause. Les entreprises ont besoin de cette visibilité pour investir et embaucher en confiance". Mais Manuel Valls prévient : "Je l'ai dit au patronat : chacun doit tenir ses engagements. Nous tenons les nôtres, aux entreprises de tenir les leurs." Qu'a dit d'autre Macron ? 
Deuxième chantier : le projet de loi sur le numérique

Troisième chantier : continuer à bâtir le modèle de "flexisécurité à la française". Pour cela, le Premier ministre souhaite "faire confiance au dialogue social à tous les niveaux, et notamment dans l'entreprise", conclut Manuel Valls. 
Donner des preuves d'amour à Emmanuel, c'est donner de l'amour à Manu.

dimanche 28 avril 2013

La gouvernance de Hollande, c'est le divorce pour tous à gauche, en moins d'un an

La gauche éclate: Hollande déchire !

La "gauche molle" avait fait toute sa campagne sur le thème du rassemblement,  et puis, un an plus tard, il a éclaté la gauche, du Parti socialiste socialistes et des Verts rétifs à sa politique économique, à l'extrême gauche, politique aussi bien que syndicale, de Jean-Luc Mélenchon.



Jean-Luc  souffre du mépris de François, car il peut l'affirmer,  Hollande lui doit son élection, comme à certains électeurs de l'extrême droite. "Pas un député PS n'a été élu sans les voix du Front de gauche, et pas un des députés du Front de gauche ne l'a été sans le PS", souligne-t-il sans cesse: avec 11,1% des voix au premier tour de la présidentielle,  Mélenchon ne se revendique pas comme un opposant, mais comme un "ayant-droit".


Avec son "parler cru et dru", le responsable du Front de gauche (PCF-Parti de gauche) qui reproche à Hollande de "déplacer le curseur vers la droite" fait régulièrement entendre sa voix depuis un an, frôlant parfois la ligne jaune comme lorsqu'un de ses proches, François Delapierre, traite le ministre Pierre Moscovici de "salopard".

François Hollande, dont il fut un temps un rival au Parti socialiste, est pour le stalinien Mélenchon l'archétype du "solférinien", un président resté à ses yeux l'homme de la synthèse au PS et accusé aujourd'hui d'avoir "divisé la gauche".

Joly Eva (EELV) et affreux Jean-Luc

"Il y a une gauche dans ce pays et vous allez la voir le 5 mai", prévient l'ancien socialiste, qui avec ses partenaires du FG a appelé à une manifestation nationale d'abord pour un "coup de balai" avant d'être renommée "contre la finance, contre l'austérité et pour une VIe République".

Hollande s'est mis à dos la gauche syndicale radicale


Dernier exemple en date: l'opposition exprimée par l'exécutif à la proposition de loi communiste d'amnistie sociale, qui avait été votée fin février au Sénat avec l'ensemble de la majorité PS, FG et écologistes. Résultat, le texte a été rejeté mercredi en commission à l'Assemblée.
"La honte! Socialistes rompez les rangs !", a méchamment ironisé Jean-Luc Mélenchon. 

Le 
mouvement parfois violent mené par les syndicats CGT et Sud de PSA-Aulnay pour justifier le refus d'un tel texte. "Ils font de la politique ces gens-là, ça n'est pas du syndicalisme mais une lutte pour eux-mêmes! Pas question d'une amnistie pour qu'ils puissent se refaire la cerise sur notre dos".

Et Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs EELV, de renchérir en appelant les députés PS au "devoir de désobéissance" face à "l'oukase" du gouvernement et de François Hollande.

Des tensions régulières entre les socialistes et leurs partenaires
Au Parlement, après une cure d'opposition de dix ans,  la première année du retour de la gauche a été marquée par la vive opposition PCF , qu'il s'agisse du texte énergie du député PS Brottes, exprimée dès l'automne, ou du clash tout récent sur le projet de loi emploi de Michel Sapin, ministre du Travail. Furieux de la procédure du vote bloqué retenu par le gouvernement au Sénat, communistes et écologistes se sont unis à la droite pour retarder à la mi-mai son adoption définitive. Une attitude "irresponsable", s'emporte-t-on à l'Elysée: "que ce soit la gauche de la gauche ou la droite, c'est l'alliance des médiocres cette affaire", ont-il estimé, avec leur mépris coutumier.

Le parti du président se fracture

"Le début de mandat de François Hollande rappelle la fin du deuxième mandat de François Mitterrand, une époque où il n'était plus soutenu que par les socialistes", note le politologue, Frédéric Dabi (Ifop).

Au sein même du PS qu'il a dirigé onze ans (1997-2008), François Hollande doit affronter des critiques, notamment d'Emmanuel Maurel, qui avait fait un score plus qu'honorable à l'automne lors du Congrès du PS de Toulouse face à la motion majoritaire d'Harlem Désir soutenue par tout le gouvernement.

L'aile gauche du PS, animée aussi par la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le député Jérôme Guedj, ou d'autres parlementaires proches du ministre Benoît Hamon qui ont lâché le gouvernement sur certains textes parlementaires, réclame une inflexion de la politique économique et sociale. Certains vont jusqu'à demander la formation d'un nouveau "gouvernement rouge-rose-vert", comprenant le Front de gauche pour mener "une nouvelle politique".

Un proche du président de la République reconnaît une ambiance "très mauvaise, électrique" chez les députés PS, "remontés" contre le projet de loi post-scandale Cahuzac sur la transparence de la vie publique, certains menaçant de "mettre le président en minorité". Un mécontentement dont le président de l'Assemblée Claude Bartolone s'est fait le porte-parole.

Du côté de la rue de Solférino, le patron Harlem Désir est également contesté, accusé par certains d'être trop effacé, voire inaudible: traduire, soumis. 
La semaine dernière Jean-Christophe Cambadélis, certes candidat malheureux  de Martine Aubry à la course pour le poste de premier secrétaire, jugeait que "la côte d'alerte (était) atteinte" pour le PS et que l'actuel exécutif n'est "pas en capacité d'impulser malgré toutes les bonnes volontés".

Le mariage pour tous, ça ne marche même pas au PS ! 

samedi 25 juin 2011

SAAB en faillite, couac socialiste du modèle suédois


Le PS regarde dans le rétro pour ne pas voir devant


Saab Automobile ne va pas pouvoir payer ses employés

Au bord du dépôt de bilan

Le propriétaire de la marque automobile, Swedish Automobile (ex-Spyker), a indiqué jeudi 23 juin que le constructeur emblématique suédois est toujours à la recherche de financement à moyen terme pour pouvoir payer les salaires de ses employés.
Le propriétaire nééerlandais qui a tenté de sauver Saab ajoute n'avoir "aucune garantie" que les négociations en cours pour trouver un financement à court terme aboutissent.
Entre 1.400 et 1.500 salariés sont concernés par cette annonce, selon le porte-parole du syndicat IF Metall, Haakan Skötts. "La seule information que nous avons reçue, c'est que la solution de financement à court terme n'est pas en place", a déclaré le syndicaliste à l'agence suédoise TT.

Partenariat avec les Chinois
Saab a annoncé le 13 juin dernier un partenariat incluant 245 millions d'euros d'investissement, conclu avec deux entreprises chinoises, le distributeur automobile Pang Da et le constructeur Zhejiang Youngman Lotus Automobile.
Mais la production dans l'usine Saab de Trollhättan (ouest de la Suède) est paralysée depuis le 8 juin et la direction a annoncé le 20 juin à ses salariés sur les chaînes d'assemblage qu'il est inutile qu'ils reviennent travailler avant le lundi 4 juillet.
Le constructeur suédois emploie environ 3.800 personnes. Il avait été sauvé de justesse début 2010 lorsqu'il avait été racheté 400 millions de dollars par Spyker au géant américain General Motors, qui souhaitait s'en débarrasser.

Vers le dépôt de bilan ?
Après s'être déclaré plutôt optimiste, Spyker, qui s'est depuis rebaptisé Swedish Automobile, a été confronté à d'importants problèmes de trésorerie pour maintenir la production.
"Swedish Automobile et Saab sont en discussions avec plusieurs interlocuteurs pour obtenir un financement à court terme, y compris par la vente et la cession-bail des biens immobiliers de Saab annoncée plus tôt", rappelle le communiqué de jeudi.
"Ces discussions se poursuivent. Mais il ne peut y avoir aucune garantie qu'elles seront couronnées de succès ni que le financement nécessaire sera obtenu", ajoute Swedish Automobile.

Selon la presse suédoise, Saab pourrait rapidement déposer le bilan, faute d'avoir trouvé le cash nécessaire à la poursuite de son activité.
Au-delà des 100.000 véhicules par an pendant un temps, les ventes de Saab n'ont pas été au niveau des espérances l'an passé (un peu plus de 30.000 contre 50.000 visées) et l'objectif de 80.000 ne sera pas atteint cette année non plus, a concédé Spyker en avril.
Le titre Swedish Automobile dégringolait de plus de 12% à l'ouverture des Bourses européennes.

Avec le modèle économique suédois, le PS a d'inquiétantes références

Le "modèle suédois" reste une référence obligée pour tous les socialistes.

L'exemple de Saab est un choc culturel dans la nation emblématique de la social-démocratie, « modèle suédois » revendiqué naguère par Michel Rocard.

En juillet 2006, la présidente de la région Poitou-Charentes avait visité la Suède -neuf millions d'habitants- et vanté son approche des problèmes sociaux. ""Le modèle suédois est un modèle pour la France et pour de nombreux pays d'Europe. Nous aimerions réaliser ce qui est fait ici ", avait alors proclamé la perspicace candidate à l'investiture socialiste, devant ses courroies de transmission, les journalistes français 'indépendants' qui faisaient campagne avec elle. La Suède, qui combinait un faible taux de chômage (environ 6 %) et plus de 80 % d'adhésion syndicale, peine à empêcher les fermetures d'usines.
"Les Suédois ont refusé de sacrifier le social à l'efficacité économique. Au contraire, ils ont fait du social la pierre angulaire de l'efficacité économique", avait-elle ajouté. Or, une étude publiée en septembre 2009 dans la revue scientifique Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica indiquait que 6 % des jeunes filles suédoises âgées de 15 à 23 ans ont subi un viol, le taux le plus important en Europe, deux fois plus que le Royaume-Uni.

Pour apercevoir les Français, nos socialistes regardent aussi du côté du Danemark.
« La social-démocratie danoise, c'est cela dont la France a besoin, sa “flexsécurité”, son modèle social, son Etat-providence », comme si la transposition des décisions prises dans les années 1980 par ce pays de 5 millions d'habitants était la panacée, la solution miracle. Problème ? Par nature, la réussite de la social-démocratie danoise, comme la suèdoise, reste locale et difficilement transposable, car la flexsécurité doit d'abord répondre et s'adapter aux réalités nationales. Ce qui est transposable, d'urgence à la Suède, sans espoir pour la France, ce sont les dimensions sociales et culturelles essentielles à la compréhension de l'Etat-providence danois et les attitudes sur le marché du travail, notamment vis-à-vis du licenciement et de la mobilité interprofessionnelle. De fait, la grande majorité des départs (72%) sont à l'initiative des salariés eux-mêmes ; un Danois sur quatre change de travail tous les ans grâce au tissu de PME très flexible et demandeur de main d'œuvre qualifiée.
Les pays scandinaves, que le PS nous recommande, ne sont plus aussi recommandables qu'il le veut bien.
Tout bien considéré, la société danoise, en pleine évolution, est en effet généreuse et xénophobe à la fois. Elle éprouve des difficultés à intégrer ses étrangers et présente le plus faible taux de mixité en Europe. Mais c'est un autre sujet, dont il n'est pas convenable non plus de parler maintenant.

Le socialisme est un système daté
On a compris pourquoi les copieurs-colleurs du PS ont quelque difficulté à sortir un projet précis et personnel.

La maire de Lille, Martine Brochen-Aubry, en première ligne des « reconstructeurs du parti », revendique un parti qui assume pleinement sa connotation « sociale ». Mais, le PS manque désormais de repères et ses leaders ne réussissent pas à esquisser l’alternative socialiste à la française: un bonapartisme de gauche à la Fabius ? un parlementarisme accru avec prééminence de parti, style IVème République, peut-être préférée par Martine Aubry ? Une nouvelle participation plus décentralisée et plus participative à la Royal ? En tout cas, ce n'est plus une social-démocratie à l’allemande ou à la suédoise.
Alors quoi ?

PLUS:
"Martine au pays des idées -Retraités, tous aux abris, v’là le « care » d’Aubry !"
lien causeur

lundi 10 janvier 2011

Christian Jacob se prononce contre l'embauche de fonctionnaires à vie

Le statut des fonctionnaires en question


Quelle est la différence entre un fonctionnaire
et un membre de la majorité ?
Aucune:
le premier qui bouge a perdu


L"embauche à vie" des fonctionnaires était un sujet de réflexion pour le patron des députés UMP
en fin de semaine dernière.

Dans un entretien au mensuel Acteurs publics (Société d'édition publique, S.E.P, qui observe la vie publique en suivant les acteurs politiques, fonctionnaires, ONG, etc) daté de janvier, la thèse de Christian Jacob concerne "la pertinence" de "l'embauche à vie des fonctionnaires". Il remet ainsi en cause l’une des bases de leur statut. Cette "bombe politique" est lâchée dans un contexte particulier, quelques jours après la polémique sur la remise en cause des 35 heures.

Christian Jacob a décidé de faire entendre son point de vue, comme son prédécesseur Jean-François Copé avait l’habitude de le faire quand il était patron des députés UMP. En effet, gouvernement et syndicats doivent ouvrir de nouvelles négociations, mardi prochain, sur l’emploi des contractuels dans la fonction publique, dans l’optique d’une nouvelle loi sur cette question.

Dessin ou caricature politique ?
(par un soutien de longue date du PCF, et du Front de gauche aux élections européennes de 2009 et aux élections régionales françaises de 2010)




Le ministre de la Fonction publique a aussitôt fourni l'anti-thèse


Georges Tron a rappelé l’attachement du gouvernement au statut des fonctionnaires. "Jacob est dans son rôle quand il participe à un débat. Moi, je suis dans mon rôle de membre du gouvernement quand je formule la doctrine qui est la nôtre" a-t-il expliqué, sur Europe 1. Une manière de suspendre le débat avant une éventuelle proposition ne réalise la synthèse UMP.


La situation qui fait débat


Un grand nombre des 850. 000 contractuels de la Fonction publique sont en CDD.
Dans cet entretien à Acteurs publics, Christian Jacob vante les mérites de contrats d'objectifs pour des missions qui pourraient durer cinq ou dix ans. C'est seulement à l'issue de ces contrats qu'une titularisation serait possible ou non. Conscient de la vivacité des réactions à venir, le député a précisé vendredi matin que cette proposition n’est destinée qu'aux nouveaux arrivants dans la Fonction publique.

Seraient concernés les cadres et cadres sup.
"Il y a aujourd’hui des formules qui permettent de travailler comme agent public sans être un agent public titulaire. Nous avons déjà un panel de solutions qui s’offrent à nous", a insisté le patron des députés UMP.

Or, ces propositions sont d’ores et déjà débattues par le ministre de la Fonction publique.
Pourtant, des contrats d’objectifs pour des missions sont déjà fortement utilisés dans le domaine militaire ou dans certains ministères.
A Bercy, les effectifs des contractuels ont en outre augmenté de 8,5%, depuis 2005, tandis que ceux des fonctionnaires ont baissé de 10%.
En fait, les nouveaux arrivants dans la Fonction publique sont déjà habitués au CDD.

Christian Jacob persiste et signe
Rigidité conservatrice vs. flexibilité

Le Président du groupe UMP à l'Assemblée a plaidé lundi 10 janvier sur Europe 1 pour "davantage de fluidité" dans la Fonction publique.
Christian Jacob souhaite créer des passerelles entre secteurs publique et privé. "On gagne ainsi en croisement d’expérience, mais aussi en rémunération", a-t-il fait valoir.

mardi 15 janvier 2008

Réforme du marché du travail: déjà trois signatures

Malgré le splendide isolement de la CGT: l'accord est validable
Le dialogue social existe: chacun peut le voir.
Après quatre mois de négociations et un marathon final de trois jours clos vendredi soir, l'accord sur le marché du travail peut entrer en application, puisque pour être validé un accord interprofessionnel doit ne pas rencontrer l'opposition de trois des cinq centrales syndicales représentatives.
Le sort du projet d'accord instaurant une "flexisécurité" à la française, selon le patronat, avec pour principale innovation la rupture "à l'amiable" du CDI, était suspendu à la décision des syndicats, même si de toute façon la réforme aurait pu intervenir par voie législative, en cas de désaccord . Aucun des syndicats n'a eu envie de signer seul. Espérant entraîner les autres syndicats dans son sillage, la CGT, qui tranchera officiellement le 30 janvier, a déjà dit qu'elle ne voulait "pas signer" cet accord. Elle s'est placée dans la situation de devoir se rallier. Le patronat n'a pas caché qu'il "attendait" la signature de quatre syndicats.
Lundi 14, les syndicats FO et la CFTC ont décidé de signer le projet d'accord sur la "modernisation du marché du travail" auquel sont parvenus vendredi les syndicats et le patronat après quatre mois de négociations.
Le premier, le président de la CFTC, Jacques Voisin, a annoncé qu'il avait décidé de signer le projet d'accord. "C'est un accord acceptable", a estimé M. Voisin à l'issue d'une réunion des instances dirigeantes de son syndicat. Selon lui, il s'agit de "la première étape dans la sécurisation des parcours professionnels". Ce projet permet des "avancées pour les droits des salariés."
La CFDT a confié "de profonds regrets" mais a été la seule à exprimer de "vraies satisfactions", car plusieurs de ses propositions ont été reprises.
Pour Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, son secrétaire général, a annoncé sa décision, à peine une heure après celle de la CFTC, de signer le projet d'accord négocié depuis septembre entre les partenaires sociaux. Selon lui, "ce n'est pas un bon accord mais (que) ce n'est pas un mauvais accord puisqu'on le signe. Tout reste à faire".
C'était mardi 15 le tour des cadres de la CFE-CGC. Elle a décidé de signer le projet d'accord sur la "modernisation du marché du travail", ce qui valide le texte que le gouvernement s'est engagé à traduire sous forme de loi, puisque trois signataires sont requis. Pour justifier la signature de son syndicat, son président, Bernard Van Craeynest, a estimé devant la presse que le texte contenait "plus de points positifs que de points négatifs". "Grâce au travail fait dans une grande cohésion syndicale, nous sommes parvenus à un texte équilibré qui a considérablement évolué par rapport au texte proposé par le patronat", a-t-il dit.
Par ailleurs, l'Unsa (syndicats autonomes), organisation actuellement non reconnue comme représentative dans le secteur privé, a estimé mardi que l'accord ne méritait "ni les louanges que certains lui adressent ni les gémonies auxquels d'autres le vouent".
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a estimé, lundi sur France 2, qu'en cas d'accord des syndicats sur la réforme du marché du travail, le contrat nouvelle embauche (CNE) -qui constituait un premier pas- serait "totalement derrière nous, car dans le cadre proposé, il y a forcément la motivation du licenciement". Le CNE, créé en 2005 lorsque Dominique de Villepin était à Matignon, prévoyait alors une période d'essai de deux ans. "C'est pourquoi il est important qu'il soit validé par un maximum de syndicats, mais je suis optimiste", a-t-il poursuivi, jugeant que ce texte marquait "un vrai pas en avant", a fait valoir M. Bertrand.
Ces négociations, entamées en septembre, aboutissent d'un côté à un allongement de la période d'essai du contrat de travail et des ruptures facilitées du CDI, et de l'autre à la possibilité pour les salariés de conserver certains de leurs droits (formation, santé, prévoyance), quels que soient les aléas de leur vie professionnelle.
Quel que soit l'avenir de ce texte de 24 pages et 19 articles sur "la modernisation du marché du travail", il apparaît que le seul partenaire social à se montrer franchement satisfait est la délégation patronale (Medef, CGPME, UPA). En effet, le Medef parle d'"acquis majeur" à propos du nouveau mode de rupture du CDI, traduction du concept de "séparabilité" forgé par Laurence Parisot. Et l'UPA (artisans) estime le texte "globalement équilibré", même si elle aurait aimé "une plus grande souplesse". La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a annoncé mardi qu'elle se déciderait demain mercredi 16. La CGPME se félicite de "certaines dispositions, notamment sur l'allongement de la période d'essai et la rupture conventionnelle" du CDI. Elle semble toutefois plus réticente à l'augmentation de l'indemnité minimum légale de licenciement et à la portabilité des garanties complémentaires prévoyance-santé.
Le ministre du Travail Xavier Bertrand a annoncé mardi à l'Assemblée nationale qu'il recevrait "dès la semaine prochaine" patronat et syndicats, considérant que "personne n'aura envie de casser l'équilibre de cet accord" et "pour voir avec eux quand et comment ce texte vous sera soumis", a-t-il déclaré lors de la séance des questions d'actualité au gouvernement.
"Les droits des salariés sortent renforcés de cet accord, il y a aussi beaucoup plus de souplesse et de dialogue dans l'entreprise au moment de la rupture du contrat de travail, il y aura aussi moins de contentieux juridiques, il y aura aussi la possibilité de conserver sa mutuelle ou sa prévoyance et les indemnités de licenciement pourront également être doublées", a-t-il dit.