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dimanche 17 novembre 2019

Acte 53 : les Gilets jaunes ciblent le groupe Carrefour à Paris

Les galeries Lafayette occupées, puis fermées au public

Les Galeries Lafayette ont été brièvement occupées à Paris, dimanche 17 novembre

L’image contient peut-être : texte
Les manifestants liés au mouvement social des Gilets Jaunes ont évacué le centre commercial (dont le Groupe Carrefour est le premier actionnaire), lequel restera fermé jusque lundi 18 novembre.

Rassemblés dans le calme à Paris, environ 200 manifestants se sont rassemblés autour  de personnalités Gilets jaunes, Jérôme Rodrigues ou Priscilla Ludosky.

Les mécontents de la politique de Macron résistent depuis un an, jour pour jour.  Autorisé par les autorités, ce rassemblement s'est déroulé sur la place Joachim du Bellay dans le 1er arrondissement de la capitale. "Macron détruit la France et vos droits; ne nous critiquez pas ! On est là pour vous", pouvait-on lire sur une pancarte, ou entendre les chants habituels des Gilets Jaunes: "On est là, on est là, même si Macron le veut pas, nous on est là".

S'il s'est globalement déroulé dans le calme, ce mouvement dominical - prolongement des 53 samedis de contestation - a connu quelques débordements. Ouverts le dimanche, les Galeries Lafayette ont ainsi fait l'expérience d'une intrusion des GJ, mais ont pu être évacuées sans heurts par les forces de l'ordre et les vigiles du centre commercial. Selon LCI, les Galeries Lafayette du boulevard Haussmann ne rouvriront que demain, lundi 17 novembre. 

D'autres appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux pour ce week-end anniversaire des Gilets jaunes. 

Pour encadrer ces manifestations, les forces de l'ordre ont maintenu un
dispositif semblable à celui mis en place la veille, le samedi 16 novembre. Ce rassemblement s'est en effet déroulé au lendemain d'un 53e acte qui, à Paris, s'est envenimé sur la place d'Italie, puis dans le quartier commerçant des Halles, en soirée, du fait de groupuscules déterminés à en découdre avec les forces de l'ordre. Des affrontements violents ont d'ailleurs eu lieu entre  forces de l'ordre et manifestants, ainsi que des dégradations sur du matériel public et privé, notamment de chantiers non sécurisés. 
En tout, selon le ministère de l'Intérieur, 28.000 personnes se sont mobilisées partout en France, dont 4.700 à Paris, de source préfectorale. Les chiffres du Nombre Jaune (ci-dessus) diffèrent sensiblement, du simple au double...

vendredi 24 juin 2016

Travail du dimanche: Fabius donne raison à Hidalgo

Le maire de Paris, et non le préfet de Paris, pourra délivrer les autorisations de travailler le dimanche, décide le Conseil constitutionnel 

Le Conseil constitutionnel vient de valider la compétence du maire de la capitale pour délivrer les autorisations de travailler le dimanche.

Acheter sa droguerie le dimanche à Paris...
C'est une satisfaction pour la maire actuelle, Anne Hidalgo.  Cette responsabilité était jusque-là attribuée au préfet de Paris, alors que dans le reste de la France, le pouvoir de décision revient aux édiles: ce sont les fameux "dimanches du maire" qui permettent depuis la loi Macron, votée en 2015, l'ouverture des commerces douze fois par an ce jour-làUne annonce accueillie avec soulagement à l'Hôtel de Ville: "Anne Hidalgo le demandait depuis longtemps" précise son entourage. 

Une exception parisienne qui n'a pas lieu d'être

Saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité par la ville de Paris, les "Sages" ont estimé que rien ne justifiait que la capitale ait un régime différent des autres villes de France sur ce point, au nom du respect du principe d'égalité. 
Le Conseil constitutionnel a jugé "contraire à la Constitution" l'alinéa du code du Travail qui stipule "qu'à Paris, la décision [d'ouvrir exceptionnellement le dimanche] est prise par le préfet de Paris". De même, les mots "ou, à Paris, le préfet" figurant à l'article 157 de la loi Macron sont sanctionnés. 
Les "Sages" ont estimé que "le fait que la ville de Paris soit soumise à un régime particulier en raison de sa qualité de siège des pouvoirs publics ne la place pas dans une situation différente des autres communes au regard de l'objet des dispositions contestées, qui désignent l'autorité compétente pour déterminer les règles de repos hebdomadaire dominical des salariés des établissements de commerce de détail". 

Cette exception parisienne avait été très mal accueillie par Anne Hidalgo en 2015. Elle avait d'ailleurs rapidement prévenu le ministre de l'Economie Emmanuel Macron qu'elle contesterait cette disposition devant le Conseil constitutionnel en déposant une QPC.
Fabius, proche d'Hidalgo, a tranché en faveur de la camarade-maire.
 

vendredi 22 janvier 2016

Jean-Marie Le Guen dénonce un trop de syndicats en France

Vers le syndicat unique ?... Disons, la... CFDT ?

Les salariés "ne veulent pas des défilés, des banderoles, des slogans", estime -depuis 2012- le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement.

Il y a "trop d'organisations syndicales en France", a dénoncé le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement du gouvernement de Manuel Valls, lors de l'émission "Questions d'Info" LCP-France Info-Le Monde-AFP, le mercredi 20 janvier, alors que Manuel Valls venait de recevoir les partenaires sociaux, le lundi 11 janvier, pour évoquer les futures mesures du plan d'urgence pour l'emploi promis par François Hollande, que celui-ci a exposé le 18 janvier devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese) et qui suscite déjà le scepticisme de certains.

Dernière du gouvernement socio-libéral de Hollande: trop de syndicats nuit à la défense des travailleurs. "Le mouvement social et syndical français est aussi affaibli par cela, ce qui fait qu'il a une représentation largement moins grande que dans d'autres pays". "La multiplication des organisations syndicales aboutit bien souvent à un affaiblissement du dialogue social", a développé Jean-Marie Le Guen.

Et Jean-Marie Le Guen dénonce aussi "des postures de blocage"

Interrogé sur le veto opposé par les syndicats CGT, SUD et FO de la Fnac à l'accord sur le travail dominical, le stalinien Jean-Marie Le Guen a répondu, : "il y aura des élections à la Fnac"

Mieux que les syndicats, le sous-ministre représente tous les salariés. "Je pense que les salariés, à la fois pour eux-mêmes, mais aussi pour la création d'emplois, comprennent et connaissent l'importance de la dynamique de l'ouverture d'un certain nombre de magasins le dimanche, notamment dans les zones touristiques. Donc, je pense que ceux qui sont des bloquants seront marginalisés, a-t-il menacé: du goulag ?

D'ailleurs ils perdent les élections", a-t-il raillé, parce que le docteur Le Guen, frappé de la maladie d'Alzheimer, pense probablement que, depuis trois ans, le PS a gagné une élection. "Ceux qui sont sur des postures de blocage vont à la défaite sociale". Et "quand ils ont une posture nationale de blocage, par exemple la CGT, on voit bien qu'au plan local, très souvent, ils signent des accords. Car la réalité, c'est que les salariés, ils ne veulent pas des défilés, des banderoles, des slogans, ils veulent que ça avance", a également déclaré le secrétaire d'Etat s'exprimant depuis Paris. 

Le Guen a enfin stigmatisé une gauche de la gauche "anti-hollandaise primaire"

Il accuse ses alliés de donner "sans arrêt des leçons à tout le monde" et à l'exécutif en particulier, mais qui est "incapable de se faire entendre par les Français". Cette gauche, "entre 2007 et 2012, s'est vraiment crispée sur un retour à un discours super simpliste, reconnaît-il: les salariés contre les patrons, etc. Ce discours-là, ça ne correspond plus à la réalité économique et sociale du pays, fait-il valoir désormais depuis les ors du pouvoirs. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de conflit d'intérêts, je dis que l'exaltation des conflits d'intérêts entre patronat et salariat ne correspond plus à rien". 
Que reste-t-il de la social-démocratie? 
Encore une commémoration en perspective...

mardi 1 décembre 2015

Le programme économique du FN et celui de l'extrême gauche, c'est pareil, observe Pierre Gattaz

"Le programme du FN, c'est exactement l'inverse de ce qu'il faut pour relancer la croissance," selon Gattaz

"Extrême droite, extrême gauche, c'est la même chose"
Les media tirent à boulets rouges sur le FN,
occultant l'amalgame de Gattaz avec le Front de gauche
Les media ont fait le tri dans les déclarations du patron des patrons
Le programme économique du parti de Marine Le Pen ressemble "étrangement au programme commun de la gauche de 1981,"estimé, le patron du Medef dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France.

Après la Voix du Nord, le patron du Medef. A cinq jours du premier tour des élections régionales, qui pourrait voir le Front National emporter trois régions, l'offensive anti-FN s'amplifie donc. Pierre Gattaz met en garde contre le programme économique du parti d'extrême-droite dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France. "Je ne m'exprime pas sur la politique mais sur le programme économique du Front national (FN), précise d'entrée le patron du Medef. Et là, je dis attention, car il me rappelle étrangement le programme commun de la gauche de 1981, et je ne suis pas d'accord, poursuit-il. Extrême droite, extrême gauche, c'est la même chose: Mélenchon-Le Pen, même combat. En 1981, ça nous a mis dans le mur pendant deux ans. Ne recommençons pas". 

Les media ne retienne que la charge ciblée contre le FN pourtant assimilé au Front de gauche

Leur programme économique "n'est tourné ni vers l'avenir, ni vers la compétitivité", insiste Pierre Gattaz, président du Medef. Il n'en fallait pas plus pour que la presse de gauche applaudisse soudain au patron des patrons qui ne s'exprimait qu'en son nom propre, souligne Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef.

Alors que le FN pourrait emporter au moins deux régions lors des scrutins du 6 et 13 décembre prochain, le numéro un du Medef dénonce les propositions du parti d'extrême-droite, faisant d'une pierre deux coups. 

"On ne peut pas fermer les frontières, estime-t-il. Le monde attend la France et ce n'est pas en nous recroquevillant sur nous-mêmes que nous allons y arriver. Il s'agit de ne pas confondre les problèmes sécuritaires avec les problèmes économiques".

Pierre Gattaz s'est également exprimé sur le niveau du chômage en France, qui a connu en octobre sa plus forte hausse depuis 2013 avec 42.000 demandeurs d'emploi supplémentaires sans aucune activité

"
Pierre Gattaz tape sur le FN pour mieux dégommer la gauche", titre L'Express

Le patron du Medef Pierre Gattaz renvoie dos à dos les programmes économiques du FN et de Jean-Luc Mélenchon, tandis que Le Monde,
pourtant réputé sérieux, ne fait pas de détail en titrant: "Le patron du Medef fustige le programme économique du FN".
i-télé est à peine plus honnête, écrivant: "dans les colonnes du Parisien ce mardi, le patron du Medef sonne la charge contre le Front national, qui progresse de sondage en sondage à l'approche du premier tour des régionales." Mais rectifie quelque peu le tir:

L'Express détaille les erreurs communes au FN et au Front de gauche
Et de détailler : "retour de la retraite à 60 ans, augmentation de tous les salaires avec notamment une hausse du SMIC de 200 euros, retour au franc, augmentation des taxes d'importation..." Avant de prévenir : "L'économie a besoin de pragmatisme, de lucidité." 

"Ce n'est pas un programme économique responsable", poursuit le numéro un du Medef. " Le patron du Medef demande une "multimédication". "Il faut arrêter de prendre de l'aspirine et passer aux antibiotiques et à la cortisone. Il existe des mesures simples à prendre tout de suite: plafonnement des indemnités prud'homales, CDI sécurisé, simplification du travail le dimanche et en soirée", assure Pierre Gattaz.
Le programme du Front national, comme celui du Front de gauche, "n'est tourné ni vers l'avenir, ni vers la compétitivité."

Ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot, a soutenu son successeur, Pierre Gattaz dans ses critiques sur le programme économique du Front national. Elle est même allée plus loin: "le programme économique du Front national est catastrophique, mais c'est la conception qu'il a de notre pays et de l'homme qui est un danger pour chacun d'entre nous".

mercredi 16 septembre 2015

Travail du dimanche: Hidalgo refuse de dialoguer avec Macron

Sentiment d'infériorité ou sectarisme idéologique, la maire de Paris refuse le dialogue

Le commerce parisien a-t-il à gagner à la baston socialiste ? 

La femme que "maltraite" E. Macron
C’est ainsi que l’entourage d’Anne Hidalgo reçoit la proposition d’Emmanuel Macron de discuter avec elle du dossier du travail du dimanche. La maire de Paris n’accepte pas "un strapontin", indique son cabinet après avoir été, selon elle, " maltraitée" par le ministre de l’économie que l'ont dit pourtant si bien élevé. Elle reproche à E. Macron d’avoir exclu les maires du travail d’élaboration des futures zones touristiques internationales (ZTI) dans lesquelles les commerces pourront être ouverts en soirée et le dimanche, en vertu de la loi pour la croissance, promulguée le 6 août. A Paris, Bercy prévoit d’autoriser la création de douze ZTI.

Mardi 15 septembre, le ministre de l’Economie a entrouvert sa porte. 
"La maire de Paris souhaite que nous parlions de manière concrète des zonages proposés par mes services. J’y suis tout à fait prêt," a-t-il indiqué. 
E. Macron a aussi mis une condition préalable à une discussion avec A. Hidalgo : "Si c’est un avis constructif, j’en tiendrai compte. Si c’est un avis de principe qui cherche à faire polémique, il ne m’apporte pas grand-chose et je crois qu’il n’apporte pas grand-chose aux Parisiens," a-t-il soupçonné. 
Et Macron de préciser enfin que "l’ensemble des décrets et arrêtés à la fois dans les zones touristiques et dans les gares" sera pris "d’ici à la fin du mois d’octobre".

L’entourage de la maire PS de Paris estime que cette offre de dialogue arrive trop tard. 
"On n’a aucune raison de rencontrer M. Macron pour donner un avis alors qu’il a peu de chances d’être retenu. La discussion de fond avec Bercy aurait dû avoir lieu avant", polémique le cabinet de la maire de Paris. Anne Hidalgo, intimement proche des frondeurs, à l'aile gauche du PS, ménage les membres de  sa majorité municipale, écologistes radicaux et du Front de gauche, à l'extrême gauche,  qui sont farouchement hostiles à l’extension du travail du dimanche. "Rencontrer Macron sans être sûrs d’être écoutés pourrait nous mettre en difficulté avec nos alliés de la majorité", reconnaît un proche de la maire de Paris. La patronne ne conçoit pas le dialogue sans imposer son point de vue.

Chicaya socialiste, socio-démocrates vs socio-libéraux

Ces derniers mois, le directeur de cabinet d'A. Hidalgo, Mathias Vicherat, avait pourtant entamé des séances de travail avec le cabinet d'E. Macron pour définir les périmètres des futures ZTI, au nombre de quatre en France: à Paris, Deauville, Nice et CannesDes mesures technocratiques qui laissent  d'ailleurs perplexes et désemparés les habitants de Cannes aussi : les futures ZTI concernent la rue d'Antibes, les rues Hoche, Foch et du 24-Août, ainsi que le boulevard de la Croisette. Mais les commerces ne sont pas tous logés à la même enseigne. Rue d'Antibes, seules les boutiques situées entre le 27 et le 93 côté impair, et celles situées entre le 36 et le 100 côté pair seraient concernées.
Mais les ponts ont été rompus "unilatéralement" par Bercy, selon la mairie, quand le gouvernement a choisi d’imposer le projet de loi au Parlement par son recours à l’article 49-3.

La réconciliation Hidalgo-Macron n’aura donc pas lieu. 
Le 4 septembre, la maire de Paris a adressé une lettre au vitriol au ministre de l’Economie dans laquelle elle affirme son "profond désaccord sur les principes comme sur la méthode imposant aux acteurs locaux la définition des règles régissant leur territoire et dérogeant aux principes fondamentaux du droit du travail en France".  
Hidalgo reproche à Macron sa "profonde méconnaissance du tissu commercial parisien". Certaines ZTI arrêtées par le ministère "réalisent moins de 1 % de leur chiffre d’affaires en détaxe. Ce qui laisse douter qu’elles puissent d’une quelconque manière contribuer au tourisme international", écrit-elle. En revanche, Marseille qui développe une forte activité commerciale à partir des croisiéristes ne compte aucune ZTI, malgré un centre commercial flambant neuf, Les Terrasses du Port (lien), à proximité du fameux Mucem


Sur BFM-TV, mardi, A. Hidalgo a dégainé une nouvelle fois
"Ce qu’a fait la loi Macron, c’est une généralisation déguisée du travail le dimanche à Paris qui va fragiliser tout ce tissu économique local." Et d’ajouter que le périmètre des nouvelles zones "ne correspond pas à des critères objectifs ".
En riposte, E. Macron accuse Hidalgo de "caricaturer les choses". "Partout où cela crée de l’activité et de l’emploi nous souhaitons en soirée et le dimanche procéder à cette ouverture", a déclaré mardi le ministre de l’économie.

Dépôt d’une QPC

Hidalgo déplace la guerre contre Macron du périmètre des futures ZTI au Parlement: Hidalgo compte déposer, d’ici à la fin du mois, une question prioritaire de constitutionnalité pour obtenir que la maire de Paris puisse décider des douze dimanches d’ouverture pour tous les commerces.

Du fait de son statut spécifique de collectivité territoriale, Paris est depuis longtemps la seule ville de France où cette décision relève du préfet de police. A. Hidalgo comptait sur la loi Macron pour que la capitale ne fasse plus exception au droit commun qui confie cette prérogative aux maires. "Il n’y avait aucune raison que Paris soit traité différemment des autres villes s’agissant du pouvoir du maire sur le choix des dimanches", insiste l’exécutif municipal. "Nous sommes sûrs de voir notre QPC retenue", affirme l’entourage d'Hidalgo.

Fin juillet, Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, a reçu une lettre de la maire de Paris. Dans ce courrier, Hidalgo rappelle une décision du Conseil constitutionnel du 6 août 2009 selon laquelle la fixation par le préfet de police de Paris des dimanches ne donnant pas lieu à repos dominical "est contraire au principe d’égalité entre collectivités territoriales".
Début septembre lors d’un tête à tête avec François Hollande, puis avec Manuel Valls, Anne Hidalgo n’a pas abordé le dossier du travail dominical, préférant concentrer ses attaques sur la citadelle de Bercy, occupée par un "socio-libéral" !

mercredi 19 août 2015

Travail dominical: les syndicats contre les zones concernées

Ouverture des magasins le dimanche à Paris: les syndicats contre les zones concernées 

Les syndicats du commerce parisien (CGT, SUD, Unsa, CFDT) ont protesté lundi
contre le projet de décret délimitant les futures zones touristiques internationales (ZTI) dans la capitale, y voyant la preuve que l'objectif de la loi Macron est la "généralisation du travail du dimanche". Ces syndicats, rassemblés au sein du Clic-P (Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris, fondé en 2010), indiquent qu'ils ont "pris connaissance des projets de décrets délimitant les futures ZTI parisiennes et désignant les gares dans lesquelles les commerces seront autorisés à employer des salariés le dimanche". 

Ces projets comportent à Paris "12 zones et la quasi-totalité des gares"
Ils s'étendent "bien au-delà des périmètres de fortes fréquentations touristiques internationales qui ont servi de prétexte à l'élaboration de la loi" Macron, souligne le Clic-P. 
Le comité relève que "l'ensemble des centres commerciaux parisiens sont également inclus dans le périmètre des ZTI", comme les centres "Beaugrenelle [ci-contre, dans le 5e arrondissement), Bercy 2, Italie 2, qui ne sont pas précisément connus pour leur affluence touristique internationale". 
Pour les syndicats  parisiens du commerce qui ont manifesté à plusieurs reprises contre le projet de loi Macron, cela montre que ce texte emblématique du gouvernement avait "pour objectif la généralisation du travail du dimanche dans le commerce, le tourisme international ne constituant qu'un artifice de communication". 

Le Clic-P note aussi que même si " 'l'amendement FNAC' [chaîne de magasins DE distribution de produits culturels créée par François Pinault en 1963] a été retoqué lors du deuxième passage de la loi à l'Assemblée nationale", le PDG de l'enseigne Alexandre Bompard "obtient finalement satisfaction puisque tous les magasins parisiens de l'enseigne [FNAC] se retrouvent dans les ZTI". Cet amendement, voté par le Sénat avant d'être repoussé, stipulait que "les commerces de détail de biens culturels peuvent déroger à la règle du repos dominical en attribuant le repos par roulement". "Il ne s'agit en aucun cas de la généralisation de l'ouverture des commerces le dimanche, puisque ces zones proposées correspondent seulement à 6% de la surface de la capitale", a réagi lundi le cabinet du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. "Toutes ces zones correspondent à des zones de transport important avec une forte présence hôtelière et des monuments qui participent à la fréquentation touristique de Paris," rétorque Macron

"Nous sommes dans une phase de concertation avec les élus locaux. Cette carte a été soumise pour avis aux acteurs. Les zones proposées correspondent aux trois critères définis par la loi, maintient la à savoir le rayonnement international des zones, l'affluence des touristes résidant hors de France et l'importance de leurs achats", a dit la porte-parole du ministère. "Le principe qui définira l'ouverture des commerces le dimanche sera bien l'accord au sein de chaque entreprise", a-t-elle assuré. 
La loi Macron sur la croissance et l'activité a été promulguée et publiée le 7 août au Journal officiel, un peu plus de 24 heures après la décision du Conseil constitutionnel de valider l'essentiel du texte. Elle donne notamment l'autorisation d'ouverture des magasins neuf dimanches par an (puis douze à partir de 2016) à la discrétion du maire et tous les dimanches, ainsi que le soir jusqu'à minuit, dans les nouvelles ZTI. La mise en place des ZTI doit faire l'objet d'un décret ministériel, avant qu'un arrêté ministériel n'en précise les contours.

Le 15 juillet 2015, le Canard Enchaîné est passé à l'offensive, révélant qu'Alexandre Bompard - un ex de Canal+ - toucherait en 2015 un complément de salaire de 11,6 millions d'euros, soit un quart du bénéfice net du groupe pour l'année 2014, en sus de sa rémunération annuelle (qui s'élève en 2014 à 1,8 millions d'euros). Début 2014, la FNAC a annoncé la fermeture en France de deux magasins "Format périphérie."

Clic-P, le collectif qui fait trembler les commerces

Son nom claque comme un slogan publicitaire, mais c'est la bête noire des supérettes parisiennes et de plusieurs grandes enseignes implantées dans les quartiers chics de la capitale. Elle a fait rendre gorge aux Apple Stores, à Uniqlo et à une kyrielle de magasins qui ne respectaient pas la réglementation sur les horaires d'ouverture. Dans le débat sur le travail de nuit et le repos dominical, ce collectif se distingue par la guérilla judiciaire qu'il poursuit sans relâche depuis trois ans. Mais son action est contestée par des salariés, désireux d'être employés après 21 heures ou le dimanche.

Le Clic-P a vu le jour en février 2010 pour contre-carrer l'adoption de la "loi Mallié", du nom d'un député UMP des Bouches-du-Rhône qui l'avait portée: ce texte accordait de nouvelles possibilités aux commerces de détail pour accueillir les clients le dimanche.
A l'époque, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, avait lancé une consultation sur le sujet, associant syndicats de salariés et organisations d'employeurs. "Il y avait un lobbying patronal très fort pour étendre les autorisations d'ouverture dominicale, raconte Karl Ghazi (CGT), l'un des "animateurs" de Clic-P. La seule façon d'inverser la tendance, c'était de rassembler nos forces et de nous battre ensemble. Les salariés demandaient que cesse le chauvinisme d'étiquette, dans un secteur où le syndicalisme est faible."

Six syndicats locaux ont décidé de s'allier: la CFDT -(proche du PS), la CFE-CGC, la CFTC, la CGT (proche du PCF), Force ouvrière (FO) et les trotskistes de SUD. Le Clic-P s'est d'abord attaqué à des supérettes parisiennes ouvertes tout le dimanche, dans l'illégalité la plus complète. Des magasins Franprix, Monop', Carrefour City, G20 ont été condamnés à fermer leurs portes à 13 heures, le septième jour.  Puis l'offensive s'est élargie au non-alimentaire et à de prestigieuses enseignes qui souhaitaient recevoir du public, tard le soir. Le BHV et les Galeries Lafayette du boulevard Haussman ont dû ainsi renoncer à leurs nocturnes, en 2012.
Au sein du comité, il y a de fortes têtes dont certaines sont en conflit ouvert avec leurs instances nationales. Entre l'union syndicale CGT du commerce de Paris et sa fédération, par exemple, les relations sont exécrables : en 2012, la seconde a coupé ses financements à la première. 
Le syndicat CFTC, qui faisait partie du Clic-P, a été exclu par sa confédération : "Il refusait de respecter nos règles internes de fonctionnement", justifie Patrick Ertz, président de la fédération CFTC du commerce. Depuis, le banni a rejoint l'UNSA.
Une première lézarde est apparue, lorsque FO a annoncé qu'elle se retirait de l'intersyndicale et qu'elle suspendait les actions judiciaires qui allaient être engagées : "Nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes avec le Clic-P en termes de stratégie? mais cela ne veut pas dire que nous sommes en opposition avec lui", nuancee Christophe Le Comte, secrétaire fédéral adjoint de FO-employés et cadres.

Le Clic-P a été la cible de vives critiques, en particulier d'une partie du personnel du magasin Sephora sur les Champs-Elysées:
ces salariés reprochent à l'intersyndicale d'être à l'origine d'une décision judiciaire qui les empêche aujourd'hui de travailler après 21 heures – et de percevoir du même coup des rémunérations majorées. Leur avocate, Me Joëlle Aknin, considère qu'"il y a un vrai clivage entre la vision passéiste du travail, défendue par le Clic-P, et la conception plus ouverte". Le problème n'est pas là, objecte Laurent Degousée (SUD), mais dans le faible niveau des rémunérations et l'ampleur de l'emploi à temps partiel au sein du commerce de détail, qui poussent les salariés à accepter des horaires atypiques en contrepartie d'un coup de pouce sur le bulletin de paye.
Les employés de Sephora, qui sont volontaires pour travailler la nuit, "ne sont pas sur une île déserte", argumente Ghazi: l'extension du travail nocturne conduit à la "dérégulation des temps sociaux" (crêches, transports en commun…). Dans cette affaire, conclut Eric Scherrer (UNSA), c'est aussi "l'ordre public social" qui est en jeu : le droit du travail est fondé sur des mécanismes de protection applicables à tous les actifs; ils n'ont pas à être remis en cause au motif que, ici ou là, des salariés sont prêts à y déroger.

 

vendredi 19 juin 2015

Gouvernement: Valls ne maîtrise plus ses femmes sur l'alcool et le travail dominical

Les femmes ministres défient le petit coq

Le Premier ministre a dû mettre les pendules à l'heure avec Taubira

"Il y a les 35 heures, mais le temps effectif est de 39 heures," a-t-il indiqué à la grosse aiguille.
Sa ministre de la Justice rêve en effet à voix haute. "J'estime que l'idéal, c'est que les gens puissent travailler 32 heures dans une semaine," a déclaré Christiane Taubira vendredi à RMC et BFMTV. 

La ministre de la Justice a clairement fait savoir qu'elle est opposé au travail dominical. 
"Je rêve d'un monde où on ne travaille pas le dimanche, où le samedi et le dimanche on ne travaille pas. Je rêve d'un monde où on peut travailler 32 heures", a lancé Christiane Taubira, avant d'expliquer ce que les Français pourraient faire de ce temps de travail en moins. "Aller au musée, à la plage, parler à ses voisins, avoir du temps pour se consacrer aux autres dans des associations, aller au musée, avoir le temps, quand c'est possible, d'aller sur la plage, de déambuler, de marcher, de parler à ses voisins, d'aller en librairie, au cinéma, au théâtre, etc. Voilà la société dont on peut rêver".

Manuel Valls l'a aussitôt reprise de volée depuis le salon du Bourget.
"Les Français, ce qu'ils veulent, c'est du boulot", a estimé le démagogue de Matignon, parlant au nom de la population, malgré ses quelque 36% de satisfaits et un chômage à 10,6% en mars 2015 et 5.590.600 chômeurs, en incluant l’outre-mer que Hollande est allé couvrir de cadeaux. 
Valls a renvoyé sa garde des Sceaux dans les cordes, déclarant en un français d'un médiocre niveau : "vous savez, aujourd'hui, il y a un temps de travail qui existe. Il y a les 35 heures mais le temps effectif est de 39 heures." Et de conclure : "soyons pragmatiques, sortons des dogmes, engageons-nous pour la croissance et le travail pour notre pays. C'est mon action".
VOIR et ENTENDRE Valls réagir et dénoncer... les colères, propos qui blessent et "les comportements qui consistent à crier" (sic):


Le conseiller politique de Nicolas Sarkozy et député les Républicains (LR) de la Haute-Marne,
Luc Chatel, a réagi ce vendredi matin sur le plateau de Parlement Hebdo. "C'est le retour des vieux démons de la gauche. C'est à dire penser que le travail se partage et qu'on va le répartir entre les Français. Ça fait 20 ans que cette théorie a échoué sur le plan économique et qu'elle a bloqué les consciences: on a perdu l'envie de travailler", a-t-il regretté. 

Un argument repris plus tard par le sénateur LR des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi: "Quand toutes les entreprises seront en faillite, les Français ‘flâneront'?", a-t-il raillé.

Marisol Touraine l'a également bravé

La ministre de la Santé n'a pas réussi à garder intacte la loi Evin et Marisol Touraine rend responsable le premier ministre qui soutient la loi Macron. Les députés de la commission spéciale de l'Assemblée nationale, chargée d'examiner le projet de loi Macron, ont voté mardi à une très large majorité un amendement gouvernemental négocié durant la nuit avec les parlementaires. Seuls deux députés socialistes ont voté contre (François Brottes et Dominique Lefebvre) et le rapporteur général du projet de loi, Richard Ferrand, s'est abstenu.

"C'est un coup dur porté à la santé publique, estime Marisol Touraine
Et glou et glou, ...
Un artiste photographe, une agence de tourisme ou un journaliste, voire un président de la République, pourra bientôt faire référence aux paysages de l'oenotourisme ("made in France"), aux savoir-faire des métiers de la viticulture, sans restrictions de publicité de l'alcool instaurées par la loi Evin il y a près d'un quart de siècle.

Intrônisation de la dinde à Vinexpo
Pour Marisol Touraine, la loi Macron sert à détricoter la loi Evin. La ministère de la santé avait appelé les députés à "ne pas changer la loi", soutenue par son collègue Stéphane Le Foll, ministre intermittent de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. 
Marisol Touraine se dit en colère contre Manuel Valls et "regrette que la loi Macron serve à détricoter la loi Evin. Je veux rappeler que la loi Evin permet depuis 30 ans d'encadrer, et non pas d'interdire, la publicité pour l'alcool. Il ne fallait pas y toucher."
Le vin ne réjouit le coeur de l'homme,
s'il n'est pas catalan
L'amendement contesté libérera de facto la possibilité de faire de la publicité pour l'alcool "et ce, quasiment sans limite", avait mis en garde Claude Evin, père de la loi de 1991. Les alcoologues avaient déjà lancé un cri d'alarme lors de la précédente tentative. Si l'amendement était voté, écrivaient-ils, au président de la République, "c'est l'ensemble de la population, et notamment les jeunes [priorité du président tant qu'il avait été en campagne], qui serait exposée à une promotion sans limite en faveur de la consommation d'alcool".


L'une comme l'autre a dû subir la loi des machos.