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dimanche 15 avril 2018

Impactés par la grève SNCF, 46% des Français la déclareraient pourtant "justifiée"

L'Etat macronien mène sa guerre psychologique

L'AFP titre d'ailleurs : "une majorité de Français souhaite que le gouvernement aille au bout de la réforme."

S'il reste pourtant globalement stable, le sentiment des Français envers la grève de la SNCF pour protester contre la réforme du ferroviaire aurait légèrement évolué en un mois
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selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche (JDD), propriété de Lagardère Active, filiale du groupe Lagardère qui détient Elle, Paris Match, Télé 7 jours ou Europe 1, des organes de presse qui ne passent pas pour hostiles au président de la République. 

Ainsi, 46% des sondés la considèrent "justifiée", soit une progression de 4% par rapport à un sondage similaire réalisé à la mi-mars, c'est-à-dire avant le début de cette grève "perlée" étalée sur 3 mois...

A l'inverse, plus d'un Français sur deux (54%) jugerait que cette grève qui  pénalise leurs transports SNCF deux jours sur sept n'est "pas justifiée." Ce pourcentage est en baisse de 4 points, répète l'AFP, bien que le lecteur ait compris que s'il augmente d'un côté, il ne peut aussi augmenter de l'autre... 

Il n'aura échappé à personne que
ce sondage est diffusé entre deux entretiens du président au cours de la même semaine, jeudi 12 et dimanche 15 avril, un accaparement - deux jours par semaine, lui aussi - des organes de presse.  

A l'issue du 1er épisode de grève, 
61% des Français souhaiteraient que le gouvernement aille " au bout de la réforme de la SNCF"

Il semblerait donc que les Français - dont on dit qu'ils ont besoin qu'on leur explique tout - seraient deux sur trois à la vouloir telle qu'elle a été annoncée,  comme si ils en connaissaient le contenu, sans céder aux mobilisations et aux grèves", alors qu'ils n'étaient que 51% à émettre un tel souhait il y a un mois. Faut-il le répéter, cette grève reconductible a débuté le 2 avril au soir, donnant son plein régime les 3 et 4 et ce sondage s'est déroulé les 12 et 13, auprès d'un échantillon représentatif de 956 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.

La date de ce sondage n'est pas anodine
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Les 12 et 13 avril choisi par l'IFOP sont à la veille  des départs de la zone C, soit les familles des académies de Créteil - Montpellier - Toulouse - Versailles et ...Paris !

Prochain sondage IFOP à la veille des retours par la SNCF pour le lundi 30 avril 2018 ?... 
L'actionnaire majoritaire de cette entreprise commerciale de sondages depuis 1990, était la famille Dentressangle, entreprise internationale de transport et de logistique - rachetée par le groupe américain XPO Logistics - et 56e fortune de France.

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De 1990 à novembre 2016, l'actionnaire majoritaire de l'IFOP a été Laurence Parisot, devenue en 2005 présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), principale organisation patronale française. Rien ne dit que l'IFOP est désormais coupé du patronat. Ce sondage indique plutôt que l'ex-banquier  et actuel président socio-libéral n'est pas desservi par l'IFOP...

samedi 22 décembre 2012

Alain Afflelou met en garde contre un retour à 1789

Car après 1789, c'est 1793 !...

Alain Afflelou : "On est en train de revenir en 1789"


Afflelou à Hollande:
"Tu m'as bien regardé ?"

L'opticien français, qui a annoncé son installation prochaine à Londres où David Cameron déroule le tapis rouge aux entrepreneurs français, "pour deux ou trois ans", a dénoncé une "guerre de tranchées" contre "ceux qui réussissent".

Les diatribes contre la finance avaient inquiété durant la présidentielle. 
Agressées, mais organisées en Mouvement des Pigeons, onze organisations patronales ont exigé du gouvernement qu'il retire la taxe sur les plus-values de cession. La gauche socialo-écolo réussissait à dresser contre elle des patrons stigmatisés qui ne peuvent pas être suspectés de collusion avec l'UMP, et  tentaient d'infléchir la politique économique confiscatoire du gouvernement.

Sur le front de la démagogie brutale, Montebourg a dénoncé le comportement de l'entreprise Peugeot : " Nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot, l'alliance avec General Motors, le comportement de l'actionnaire", lança-t-il sur France Inter. 
En conséquence, le patron de Mitsubishi France a traité Montebourg de "débile" : " cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologiques, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales... Tous le subissent ! ". 
Et le maire PS de Toulouse a pour sa part qualifié les dirigeants de Sanofi de "patrons voyous".

Le clairvoyant opticien a donc rejoint samedi la patronne des patrons qui parle de "guerre civile". "On est en train de faire une guerre de tranchées, de revenir en 1789 : il faut arrêter de dire que les chefs d'entreprise sont des voleurs, des voyous, des gens malhonnêtes", a estimé l'entrepreneur, interrogé sur RTL.

"Il n'y a pas que les artistes qui ont le droit d'être considérés : des gens qui travaillent et en font travailler d'autres, on en a besoin", a-t-il fait valoir à propos de l'exil récent de Gérard Depardieu et de la polémique que lui font les médiocres du milieu  cinématographique. Il assume son exil fiscal en Belgique, mais il est des rebelles qui déplaisent à la gauche. 

Afflelou n'envisage pas de rendre son passeport

Même s'il dénonce une "fiscalité injuste et confiscatoire",  "Je ne quitterai pas ma nationalité pour ne pas payer d'impôts", assure-t-il, contrairement à l'incarnation d'Obélix à l'écran
L'opticien part s'installer Londres à la demande de son actionnaire majoritaire, le fonds d'investissement britannique Lion Capital, afin d'y développer son entreprise vers le nord de l'Europe, explique-t-il.

"Fiscalité confiscatoire"
Il part "pour deux ou trois ans" pendant lesquels il continuera de payer ses impôts en France: "Je ne cherche pas à jongler : j'ai toujours payé mes impôts en France même quand j'étais en Suisse. Je paierai en Angleterre ce que je dois payer et en France ce que je dois payer. J'ai payé des impôts, j'en paye beaucoup et je n'ai pas à en rougir. Mais le système en France est extrêmement défavorable à tous les chefs d'entreprise et ceux qui cherchent à entreprendre", a-t-il affirmé.

"Ceux qui sont dans la tranche de 75 %" d'impôt sur le revenu "peuvent dépasser 90 % d'imposition : alors, oui, on peut parler de fiscalité confiscatoire puisqu'elle peut nous priver de l'intégralité de nos revenus du travail", a-t-il martelé. 

Alain Afflelou a ainsi rejoint Laurence Parisot

La patronne du MEDEF a dénoncé vendredi des propos "insupportables" aux relents de "guerre civile". "Je dis comme ce que dit Catherine Deneuve ce matin dans Libération, nous avons le sentiment aujourd'hui qu'on cherche à recréer quelque chose qui s'apparente à 1789", a estimé Laurence Parisot, citant la tribune de l'actrice dans Libération vendredi, en soutien à Gérard Depardieu mis en cause par le comédien Philippe Torreton. 

Depuis la rentrée de septembre en France, les soupçons d'exil fiscal ont été nourris  par l'accumulation des mesures discriminatoires visant les entreprises qui font de l'argent et les riches, dans leur ensemble. 
Plusieurs fortunes ont fait l'annonce de leur exil forcé à l'étranger. Celui, assumé pour des raisons fiscales, de Gérard Depardieu vers la Belgique a suscité de nombreuses réactions dans le monde du cinéma.


vendredi 31 août 2012

Le MEDEF reçoit Montebourg avec les sifflets dus à ses agressions

Les enfoirés: des patrons 'cohérents' huent le stalinien
Invité de l'université d'été du MEDEF, le ministre du "Redressement productif" a assuré être venu en ami passer au patronat "un message patriotique" pour le mobiliser "autour du redressement" de l'industrie française.

VOIR et ENTENDRE le compte-rendu de BFMTV:

Le ministre est rendu à Canossa

Humblement, Sa Grâce Montebourg était venue faire l'aimable en ce vendredi 31 août.

Reconnaissant d'emblée les "risques de désaccord", le faux-cul a plaidé pour le dialogue avec les chefs d'entreprise, soulignant avoir fait le déplacement dans cet esprit. "Il faut qu'on se cause. Quand il y a des risques de désaccord, il vaut mieux discuter (...) Il faut se donner la main quand on a des points de vue différents, je suis là pour ça", a-t-il lâché. 

Des problèmes comportementaux et de méthode
Le ministre s'est en outre refusé à renier ses propos contre la direction du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën, qu'il avait accusé de "dissimulations" en juillet, ce qui lui avait attiré des critiques. "Ce que j'ai dit, il n'y a rien à enlever", a-t-il estimé. 

"C'était très justifié et si je devais le redire, je le redirais. D'ailleurs, tout cela fait partie de la négociation franche, la méthode que j'utilise pour que les choses bougent dans ce pays", a-t-il conclu. 

Le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault, et une dizaine de ses ministres ont défilé cette année à l'université d'été du MEDEF, qui s'achève vendredi, afin de d'adresser un message de confiance aux patrons français inquiets de ses projets fiscaux.

Présente pour le Premier ministre, Laurence Parisot était absente pour son ministre.



mercredi 11 juillet 2012

Dialogue social: Hollande fait-il du Sarkozy sans le savoir ?

Hollande, coucou du paysage politique

Qui a écrit et prononcé cette prose ? 


Indice: c'est celui qui demande
à la reine d'Angleterre
des nouvelles de son... "mari" !


"L'ampleur des réformes que nous sommes en train d'engager trouve sa justification dans la conviction absolue qui est la mienne que
notre organisation sociale produit aujourd'hui plus d'injustice que de justice, qu'il faut donc en changer et que c'est un nouveau contrat social, profondément renouvelé, profondément différent, que nous devons élaborer ensemble. Mais l'urgence de la situation ne saurait en aucun cas justifier que l'on méprise le dialogue social". 
François Hollande, lundi, dans son discours introductif à la "grande conférence sociale" qui s'est tenue pendant deux petits jours au CESE et qui doit accoucher de l'agenda des réformes sociales du quinquennat ?

Non, même si le chef de l'État n'a pas dit grand chose de différent. Cette longue tirade est l'œuvre de... Nicolas Sarkozy, son prédécesseur. 

Les media ne soutiennent pas notre mémoire

Nous l'avons oublié aujourd'hui, mais
l'ex-président de la République a initié un exercice quasi-similaire à la rentrée 2007, soit 4 mois après son élection. Et c'est un peu fort, car c'était devant l'Association des journalistes de l'information sociale, le 18 septembre 2007 précisément, à l'occasion de la célébration des 40 ans de l'AJIS qui se déroulait sur une demi-journée au Sénat, autre lieu symbolique déconnecté de l'Élysée, auquel Jean-Pierre Bel appartenait, mais qui a depuis la mémoire qui flanche. 
Dans un discours retransmis à la télévision et devant tout ce que la France comptait à l'époque de responsables sociaux (dirigeants des organisations syndicales et patronales représentatives ou pas, responsables d'administrations et d'agences publiques, experts en tout genre, journalistes sociaux, ministres, parlementaires...), Nicolas Sarkozy avait décliné pendant une heure l'agenda des réformes sociales qu'il envisageait de mettre en œuvre au cours de son quinquennat. Bref, sa politique sociale. 

Sur le fond, pour le coup différent de celui présenté hier par François Hollande, tout y était : les régimes spéciaux de retraite, la défiscalisation des heures sup, la représentativité syndicale, la formation professionnelle, la fusion ANPE-Assedic, l'assurance-maladie... 
Mais sur la forme aussi, avec une large place laissée aux partenaires sociaux. "Je suis confiant dans leur capacité à dégager des compromis innovants [ce qui a plus de sens que "positif"!], avait-il alors indiqué. Quand il y aura eu accord, la loi le consacrera. Là où il n'y aura pas eu accord, l'État prendra ses responsabilités. Si l'accord est un faux accord, l'État se réserve le droit de le dire." A la formulation et au style près [moins de "il y a"...], François Hollande a depuis tenu le même discours... Ont-ils les mêmes conseillers ?

Et la meilleure - on a aussi tendance à l'oublier dans les salles de rédaction et à commencer par les agences de presse -, c'est que l'ex-chef de l'État a tenu parole. 
Jamais à l'époque les partenaires sociaux n'avaient jamais été mis en responsabilité. Sur tous les sujets qui dépendaient directement de l'État (régimes spéciaux de retraite, offres raisonnables d'emploi, fusion ANPE-Assedic...), ils ont systématiquement été consultés tout en reconnaissant à chacun le droit d'avoir un avis différent, de l'exprimer et de s'opposer. On a portant pas manqué d'affirmer doctement le contraire dans la presse aux ordres, ainsi ce matin encore, sur BFMTV. "Je ne préjuge pas des positions des uns et des autres, ni de l'ampleur des convergences ou au contraire des points de désaccords, a reconnu... François Hollande, hier, à l'identique. Mais je suis convaincu que la démarche que nous engageons peut aboutir à des solutions nouvelles [innovantes, donc ?] Je ne demande à personne ici d'abandonner ses convictions, de renoncer à ses revendications, de ne céder à je ne sais quelle pression. Je fais confiance à des acteurs libres et indépendants pour prendre leur part de la tâche commune.
Du plagiat de Sarkozy, entre les lignes et dans le texte. Mais en pratique ?... 

L'ex-président de la République n'avait pas hésité non plus à confier aux partenaires sociaux certaines de ses promesses de campagne (la définition d'un contrat de travail unique qui s'est transformée en création de la rupture conventionnelle, la réforme de la formation professionnelle ou de la représentativité syndicale...). 
Puis transposé en loi les accords auxquels ils étaient parvenus. 
"Je crois à la réforme par le dialogue social, je l'ai prouvé et je vais continuer", avait-il promis en cette rentrée 2007. Nombre des acteurs de l'époque confirment d'ailleurs que le chef de l'État a tenu ses engagements, du moins dans la première partie de son mandat. Avant que la crise économique et financière internationale n'impose sa loi.

Hommages d'acteurs sociaux à la pratique du dialogue social par Sarkozy

"Attention à ne pas réécrire le quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous avons bénéficié au début d'une large autonomie et avons été beaucoup consultés notamment sur la fusion ANPE-Assedic", reconnaissait la semaine dernière un dirigeant de l'UPA [Union Professionnelle Artisanale].
"Il a respecté sa parole jusqu'en 2010", a confirmé hier soir Jean-Claude Mailly, le patron de FO. "Il est de bon ton pour un gouvernement qui arrive de dire qu'il n'y a jamais eu de dialogue social avant, mais les partenaires sociaux n'ont jamais autant signé d'accords que sous la présidence de Nicolas Sarkozy", abondait encore dimanche matin Laurence Parisot, la présidente du MEDEF. Près d'une cinquantaine à la louche, dont une demi douzaine en 2011... après le conflit sur les retraites et quelques unités même début 2012. 

Une parodie de dialogue social ?

C'est ce qu'affirment les professionnels du décryptage militant
Mais la vérité est tout autre. Les commentateurs éclairés ont aujourd'hui des trous de mémoire, car les partenaires sociaux avaient été invités par l'AJIS, le 18 septembre 2007, à réagir publiquement au discours et aux annonces du président de la République. 
Quatre tables-rondes de deux heures (sur l'emploi, le vieillissement, la santé et le journalisme social) avaient rythmé en parallèle l'après-midi des 1000 participants de ces "Premières rencontres du social". 
Puis une table-ronde inédite, retransmise à la télévision et réunissant les syndicats représentatifs: Laurence Parisot (MEDEF), Bernard Thibault (CGT), aujourd'hui frappé d'amnésie sectaire, François Chérèque (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO), Alain Olive (UNSA) et Xavier Bertrand (ministre du Travail), avait permis - moins de trois heures après l'allocution de Nicolas Sarkozy - à chacun de s'exprimer sur les annonces de son discours et sur les résultats d'un sondage réalisé par OpinionWay sur les attentes sociales des Français et leur jugement sur les premiers pas du président élu. 

Bref, une "conférence sociale" à petite échelle cinq ans avant l'heure...
Or, les media malveillants décrivent un Nicolas Sarkozy épris de sommets, alors que les socialos-mégalos réunissent 300 personnes en grandes pompes au Palais d'Iéna.  Avec l'onction des exégètes évidemment impartiaux et lucides !
(Remerciements à Marc Landré, blog Le Monde, 'Les dessous du Social")

mercredi 30 mai 2012

Ayrault-Hollande hésitent sur la revalorisation du SMIC

Voilà que ce ne serait plus une priorité du gouvernement



Ayrault a lancé mardi le festival de Matignon
 



La mise à plat de la revalorisation du SMIC continue...


Le spectacle de ses consultations en vue des réformes sociales du quinquennat a commencé sous les projecteurs. Huit stars syndicales se succèderont sur les marches du palais
Le Premier ministre, entouré par quatre ministres, Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), et Marylise Lebranchu (Fonction publique), a consacré une heure à chacune des centrales syndicales: cinq ouvrières (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et trois patronales (Medef, CGPME, UPA). 
Outre une loi contre les plans sociaux et le décret sur la retraite à 60 ans en souffrance, la revalorisation du SMIC figurait à la sélection de cette table ronde à Matignon.

Une hausse du SMIC, hantise des PME 

Avec elles, la patronne du MEDEF, Laurence Parisot, veut mettre la pédale douce et espère convaincre le gouvernement socialiste de ne pas compromettre la compétitivité des entreprises. 

Une hausse du SMIC "est toujours dangereuse" pour l'emploi et doit être "a minima", a prévenu le numéro un de la CGPME, Jean-François Roubaud. 

La CGT et FO demandent une vraie hausse
"Certains considèrent que j'en demande trop, je rappellerai tout simplement que le seuil de pauvreté en France est à 954 euros et que le SMIC est à 1 100 euros", a lancé Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière (FO)
Mais, pour la CFDT, le problème est d'abord qu' "il y a trop de salariés au SMIC et qui le restent".

Le gouvernement hésite toujours entre coup de pouce et doigt d'honneur

Martine Aubry a répondu à BFMTV-RMC: "la situation aujourd'hui dans notre pays, vous la connaissez: on est quasiment en récession. Mais en même temps, le SMIC a perdu en pouvoir d'achat par rapport au salaire moyen. Il faut que le Smic puisse rattraper ce pouvoir d'achat, en plusieurs fois, car on ne peut pas le faire en une seule fois", a finement argumenté le premier secrétaire du PS.
Son ampleur sera fonction "de ce que le patronat sera prêt à faire pour négocier les minima conventionnels dans les conventions collectives, c'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas au SMIC", a-t-elle admis. 
"L'ampleur de ce coup de pouce dépendra de cette discussion", a insisté Martine Aubry, visiblement soucieuse à la fois de faire porter le chapeau au patronat et de pointer la faiblesse de la "gauche molle". 
Actuellement, environ 10% des salariés français touchent le SMIC, soit quelques 2,3 millions de personnes. Et sans parler des travailleurs, au moins six millions de personnes vivent de minima sociaux.

vendredi 25 février 2011

La CGT coule la SNCM, entreprise maritime de Marseille

24 jours de grève et le bras de fer se poursuit




Opération blocage de l'un des navires
par une quinzaine de cégétistes
du port paralysé de Marseille




Les marins CGT de la compagnie maritime ont bloqué l'accès au siège social de la SNCM
pour "empêcher" dix de leurs camarades de se rendre à une convocation de la direction "pour un entretien préalable", hier matin comme annoncé la veille, alors que le port est paralysé depuis plus de trois semaines.

La direction de cette société privée reproche à ses fonctionnaires d'avoir désobéi aux ordres des officiers et d'avoir utilisé des canots de sauvetage pour tendre des filins aux entrées du port de Marseille, empêchant ainsi tout mouvement de navire. "Les entretiens n'ont pas pu se dérouler dans les formes légales, donc il faudra que la direction renvoie des convocations", commentait hier Frédéric Alpozzo, le secrétaire général des marins CGT, syndicat hégémonique sur le port de Marseille.
En 2009, la CGT saccage le bureau d'un sous-directeur de la SNCM: lien pPaSiDupes

Les marins CGT de la SNCM ont bloqué, le 9 février, les accès nautiques du port de Marseille, entraînant l'intervention des CRS. Ils protestent depuis le 31 janvier 2011 contre la réduction de la flotte de la compagnie.
Lien PaSiDupes sur le jeu malsain de manipulation cégétiste de l'opinion

Au
cune avancée n'a été observée
sur le fond du différend qui oppose la CGT et les marins Autonomes à la direction de la SNCM.
Les cégétistes ont conservé leurs réflexes de fonctionnaires. Ils veulent toujours que l'État vienne à la table des négociations et cesse de considérer le bras de fer en cours comme une affaire purement interne ! Dans sa logique de poursuite de la lutte contre la privatisation, la CGT assure qu'elle a retiré sa confiance à la direction de la compagnie !

Après sa recapitalisation par l'État à hauteur de 113 millions d'euros et depuis en 2008, Véolia Transport (SA) est devenue actionnaire majoritaire avec 66 % du capital.
"Le directeur, M. Dufour, a parlé en Corse d'un projet de plan social. Il y avait un audit qui ne nous a jamais été communiqué", accuse Frédéric Alpozzo, qui soupçonne que le retrait du Liamone de la flotte, ne soit rien d'autre qu'un pas vers une restructuration.

Or, à la vérité, la direction estime que la baisse du trafic ne permet pas son maintien.
Le Liamone I, un navire à grande vitesse qui effectuait le service sur la ligne Nice-Corse, a été remplacé par un bateau plus faible en consommation de carburant, le Liamone II, exploité sous le nom de King Tamatoa pour le compte de la compagnie "Raromatai Ferry" depuis Papeete de mars à juin 2010. Mais, suite à la liquidation de cette société, le navire a été placé en saisie conservatoire, laquelle a été levée en octobre 2010. Il aurait alors été racheté pour une mise en exploitation sur l'Asie, et subit des travaux d'entretien dans l'attente d'un prochain départ.

dimanche 13 février 2011

Marseille: la technique des marins grévistes

A vous de juger du discours et des procédés syndicaux

Le compte-rendu de La Provence, le 09/02/2011

« Près de cinquante policiers sont intervenus sur la passe sud du port de Marseille, près de l'esplanade du J4, afin de dégager une amarre mise en place par les marins grévistes de la SNCM. Celle-ci [l'amarre] obstruait l'entrée du port.» La Provence suggère que les policiers sont les perturbateurs de l'action syndicale.
Et si le lecteur lit la suite, il ne fait plus de doute pour le journal régional que les bloqueurs de l'activité économique du bassin de Marseille-Fos-sur-Mer sont les victimes:
« L'intervention des forces de l'ordre a mené à de violents incidents entre CRS et grévistes. Plusieurs personnes ont été blessées du côté des grévistes. »
On aurait pu croire que les actions syndicales de quelques-uns nuisent à l'ensemble de l'économie régionales, mais La Provence nous explique le contraire. D'ailleurs le journal ne fait le compte que des militants blessés.

VOIR et ENTENDRE le professionnalisme des militants en matière de provocation et de manipulation de l'opinion:

Les hurlements sont outranciers et les ficelles de la propagande énormes comme des cordages d'amarrage...

Lien PaSiDupes sur la mise à mal de l'activité portuaire de Marseille-Fos
Lien PaSiDupes consacré au cri d'alarme de Laurence Parisot pour empêcher le "meurtre économique" des entreprises et la déstruction des emplois

mercredi 9 février 2011

Le blocage des ports, "un meurtre économique", selon Laurence Parisot

Les syndicats sont-ils subventionnés pour couler notre économie ?

En bloquant les ports, la CGT menace les entreprises et leurs emplois

Depuis le 3 janvier, soit depuis six semaines, de nombreux terminaux des principaux ports français ont passé plusieurs week-ends à l'arrêt - du vendredi au lundi - à l'appel de la puissante fédération CGT des ports et des docks, majoritaire dans le secteur.

Dockers, grutiers et portiqueurs faisaient grève à tour de rôle
, selon la méthode de SUD-rail, s'attirant les critiques de la classe politique et des entreprises des bassins d'emplois concernés.
À Brest, toute l'activité portuaire est impactée par la grève des dockers et des grutiers. « Le vrac, l'agroalimentaire, tout est touché... Ça sesent par rapport aux armateurs: les bateaux qui sont sur rade attendent et ce sont des bateaux qui ne travaillent pas. Des frais d'attente leur sont facturés, répercutés aux clients finaux, jusque dans les assiettes. Ça se sent aussi par rapport à nos clients importateurs », estime Antoine Kuhn, directeur de l'Union armoricaine des transports (UAT), société en charge de 80% de l'activité sur le port brestois.
Un million de tonnes de produits vrac agroalimentaire transite par Brest.
Lien PaSiDupes: région de Marseille en souffrance

Les entreprises veulent vivre
En octobre dernier, lors d'un autre mouvement de grève, les patrons marseillais avaient fait paraître dans la presse une fausse publicité qualifiant ironiquement le métier de grutier du port de Marseille de "meilleur boulot du monde", ce qui est parfaitement vrai sur le fond. Cette vraie-fausse offre d'emploi vantait un travail qui prévoyait huit semaines de congés payés, 18 heures de travail par semaine, 4.000 euros bruts de salaire mensuel, un emploi garanti à vie, et des augmentations après chaque grève.
Lien PaSiDupes: la Cour des Comptes fait des révélations sur les dockers

ENTENDRE (lien) Laurence Parisot, la patronne du MEDEF, mettre la CGT face à ses résponsabilités en tant qu'organisation syndicale en situation monopolistique dans les ports français.

FO et la CGT ne supportent pas le désaccord fondamental de F. Chérèque (CFDT)
François Chérèque avait parlé le 5 février d’un système syndical "pas tout à fait démocratique" dans les ports. La CGT des ports et docks et FO-transports ont jugé les propos du secrétaire général de la CFDT respectivement "inacceptables" et "décalés" à l'égard des salariés, alors que ce sont les dirigeants qui sont visés, puisque la base ne décident plus de rien.
Lien PaSiDupes sur l'irresponsabilité des grévistes

=> Selon la CGT, François Chérèque “ a dit des choses inacceptables pour un militant, des choses qui rendent plus service au patronat qu’aux salariés ” a déclaré Tony Hautbois, responsable national à la CGT des ports et docks. “Si la CFDT a du mal à s’implanter dans les ports, c’est parce que les travailleurs n’adhérent pas à son discours et à son orientation syndicale”, selon T. Hautbois.

Interrogé hier sur le conflit qui perturbe fortement l’activité portuaire depuis le début de l’année, F. Chérèque a critiqué “ un corporatisme qui met en difficulté les bassins économiques”.
La situation syndicale dans les ports est bien particulière. Depuis la Libération, nous sommes dans un syndicalisme unique, où ce sont les syndicats qui font l’embauche, à savoir la CGT ”, a-t-il avancé.
Selon lui, la CFDT “a fait des essais” pour s’implanter dans les ports, “mais ce n’est pas possible”: la démocratie ne passe pas...

=> La Fédération FO-Transports, présente également dans les ports au côté de la CGT qui représente autour de 90% du personnel de la manutention, a également déploré les propos de F. Chérèque. “Une fois encore, M. Chérèque tient des propos décalés, voire en soutien au gouvernement contre les salariés”, polémique un communiqué.
Le conflit dans les ports est né de la volonté du gouvernement de revoir, suite au vote de la réforme des retraites en novembre, un accord de principe entre partenaires sociaux sur la reconnaissance de la pénibilité pour certains métiers portuaires.

La CGT négocie en brandissant la menace

Le syndicat CGT appelle à suspendre le jeudi 10 février le mouvement de grève qui perturbe l'activité dans les ports français depuis le début de l'année pendant la durée de négociations qui s'ouvriront la semaine prochaine.
A l'issue de discussions mercredi soir entre la CGT et l'UPF (Union des ports de France, soit une cinquantaine d'établissements publics ou sociétés gestionnaires de ports), les parties ont décidé que "l'ensemble des thèmes pourront être discutés et négociés", en vue d'un accord sur la reconnaissance de la pénibilité.
En suspendant la grève, la fédération UPF (ex-Union des Ports Autonomes et des Chambres de Commerce et d'Industrie Maritimes, UPACCIM, jusqu'en 2008) dit envoyer "un signe fort" aux organisations patronales mais "surtout au gouvernement pour que ces négociations permettent de déboucher sur un accord".
"En cas de manque de responsabilité, la fédération menace de la reprise de l'intégralité des actions dès le vendredi 18 février".

jeudi 27 janvier 2011

CGT: à 52 ans, Thibault fait valoir ses droits à la retraite

A la CGT, aucune envie de séquestrer le patron !

"Bernard Thibault veut jeter l'éponge", selon Le Parisien

Dans son édition du jeudi 27 janvier, le quotidien confirme que le numéro un de la CGT en a ras la casquette du syndicat. Il a été clair avec son entourage, le 21 décembre au soir, lors d'un séminaire très privé avec les membres de l'état major de la centrale syndicale. Il est déterminé à céder son poste à la fin de l'année 2011, alors que son mandat - le troisième - court jusqu'à fin 2012. L'intéressé a vigoureusement démenti l'information dans la journée, dénonçant une tentative de déstabilisation, sans qu'on en sache plus de son origine, extérieure ou interne. Le Parisien affirme même que Thibault avait mis la question de son départ à l'ordre du jour du bureau confédéral de lundi.

Les camarades lui ont-il glissé une savonnette ?

Un non-événement
Le boycott des voeux sociaux de Nicolas Sarkozy a été monté en épingle, mais 'il lui en aura touché une sans bouger l'autre' (Chirac). Ensuite, le refus de rencontrer le nouveau ministre du Travail, Xavier Bertrand, aura allégé son emploi du temps et démontrer l'incapacité de la CGT a dialoguer.

Reste que, depuis le début de l'année, le leader cégétiste s'évanouit dans le paysage médiatique.
L'excuse qu'il se donne, " Je pars à la fin de l'année de manière à ce que mon successeur soit en place avant les présidentielles ", ne satisfait personne. " Personnellement, je suis persuadé que Bernard Thibault cherche vraiment à partir, confie à L'Expansion.com Dominique Andolfatto, professeur en science politique à l'Université de Nancy et co-auteur avec Dominique Labbé du livre "Toujours moins. Déclin du syndicalisme" (Gallimard, 2009). L'info vient sans aucun doute de l'entourage."

Qu'est-ce qui le déprime tant ?


Il a fait le tour de la CGT et du syndicalisme
"Je pense effectivement que Bernard Thibault a épuisé les charmes de la fonction depuis assez longtemps. D'abord, il n'était sans doute pas formaté pour cette fonction. Contrairement à ses prédécesseurs - Séguy, Krasucki ou Viannet -, il n'a pas grandi dans le sérail, explique Dominique Andolfatto. Il n'a pas été longtemps un apparatchik de la CGT et du PC. C'est un peu par hasard qu'il s'est retrouvé à la tête de la CGT, parce que celle-ci traversait une crise grave et que se posait le problème de son leadership. Thibault, qui s'était fortement engagé dans le mouvement social de 1995, est apparu comme une figure incontournable, pour ne pas dire un homme-providentiel pour la CGT à la fin de la décennie 90."

Les difficultés à réformer l'organisation de la CGT

Il a expérimenté la relative impossibilité à faire évoluer le "mammouth" CGT, en tous les cas à le faire évoluer suffisamment vite.
Sans oublier le long conflit sur la réforme des retraites l'an passé, qui s'est soldé par un échec pour la CGT puisqu'elle n'a obtenu aucun résultat, en dépit de la popularité du mouvement.
Alors que les effectifs continuent à reculer, il n'est pas parvenu à surmonter les difficultés à inventer une organisation plus dynamique en termes de syndicalisation. ", énumère Dominique Andolfatto.

On lui savonne la planche en interne

Certains affrontements qui semblent prendre parfois une tournure personnelle, comme avec Didier le Reste de la fédération des cheminots, l'ont épuisé.
Quant il est élu secrétaire général de la CGT en 1999, il procèda en effet à un important aggiornamento du syndicat, privilégiant la négociation à la lutte. " Dès le début, cela a évidemment heurté en interne, commente Dominique Andolfatto. Les "enclumes" ont cherché à résister aux évolutions." Thibault parvint dans un premier temps à convaincre.

Mais les esprits conservateurs se bloquent peu à peu. En 2005, la CGT vit une crise historique: Bernard Thibault, qui défend le "oui" au Traité constitutionnel européen, est mis en minorité par le comité confédéral national - le parlement interne du syndicat. " C'est à partir de ce moment-là que les choses vont se dégrader sérieusement entre Bernard Thibault et une partie des composantes ou sous-leaders de la CGT ", estime Dominique Andolfatto. Le leader cégétiste menaça d'ailleurs déjà de démissionner à cette période.

Depuis deux ans, la base militante l'accuse en outre d'être trop consensuel dans ses relations avec le gouvernement et le patronat.
Le 17 août 2009, le délégué CGT de l'usine Continental de Clairoix, Xavier Mathieu, a suscité la polémique en traitant Bernard Thibault de "racaille" et en l'accusant de "frayer" avec le gouvernement.

On lui reproche aussi le rapprochement avec la CFDT
, symbolisée par la création de l'intersyndicale fin 2008. Bernard Thibault et son homologue de la CFDT François Chérèque ont marché main dans la main durant le conflit sur les retraites. Cette "CFDTisation" de la CGT "est très mal vécue par les bases militantes de la CGT", explique Françoise Piotet, professeur de sociologie à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, qui a enquêté pendant trois ans auprès des organisations locales et des structures interprofessionnelles cégétistes ("La CGT et la recomposition syndicale", PUF 2009). Pour ces militants cégétistes, l'ennemi numéro un c'est la CFDT, pas FO ou Sud." Néanmoins, "l'opposition à Thibault est moins forte que son soutien, nuance-t-elle. La preuve: il a été réélu pour un troisième mandat en 2009, avec près de 90% des voix."

Qui sont ses héritiers ?

Une femme
La question de la succession n'est pas réglée. Selon Le Parisien, Bernard Thibault souhaiterait que ce soit Nadine Prigent, secrétaire confédérale issue du secteur de la santé, qui lui succède (lien PaSiDupes). "Ce changement serait symbolique de la place désormais acquise par les femmes dans la CGT, longtemps une affaire exclusive d'hommes, souligne le politologue. En termes de transformations et d'avenir de la CGT, cette désignation se justifierait pleinement. Reste à se demander si l'intéressée a la carrure..."

Pour trois hommes
Les autres noms évoqués sont ceux d'Eric Aubain, le monsieur "retraites" de la CGT, issu de la fédération de la construction, de Thierry Le Paon, chargé de négocier sur la formation professionnelle et de Frédéric Imbrecht, ex-secrétaire général de la puissante fédération de l'énergie.

samedi 24 janvier 2009

Réforme de l'assurance chômage : même si c’est mieux, ce n’est pas suffisant !

Le syndicalisme irresponsable et ringard des obstructionnistes

Entre SUD provocateur violent qui cherche l’affrontement, la CFDT qui n’a pas le courage de signer seule ce qu’elle approuve et FO qui prétexte que ce qui est mieux pour leurs adhérents n’est pas suffisant pour signer,

Les travailleurs ne sont vraiment pas gâtés avec leurs syndicats !

Quelle considération ont-ils réellement de ceux dont ils prétendent protéger les intérêts ?

Prenons le mauvais sort que les syndicats réservent à la réforme de l'assurance chômage comme exemple de leur immobilisme primaire.
La nouvelle convention d'assurance chômage en France a du plomb dans l’aile et pourtant elle élargirait le nombre de personnes indemnisables et permettrait une baisse des cotisations sous conditions. Négligeable ?
Comment se fait-il alors que la CFDT est pour l'heure le seul syndicat de salariés à avoir approuvé ce projet d'accord négocié fin décembre avec le patronat mais que la CGT, FO et la CFTC le combattent ? Le traitement responsable du dossier est d'autant plus crucial qu'une forte hausse du chômage est prévue cette année. Mais voilà !

Ce qui est mieux ne serait plus toujours bon à prendre

Ces trois oppositions, si elles sont formalisées, permettraient d'annuler un accord qui comporte pourtant des avancées et renforcerait les garanties de protection des chômeurs dont le nombre pourrait augmenter notablement avec la crise.

  • La CFE-CGC, qui représente les cadres, a confirmé vendredi qu'elle s'opposait au projet en l'absence des garanties qu'elle demandait concernant les baisses de cotisation.
    Son président, Bernard Van Craeynest, qui a rencontré le Premier ministre, François Fillon, estime qu'un nouveau tour de table s'impose.
    "On souhaite une clarification d'un certain nombre de choses ( ?). En l'état, il n'y a pas de changement", s’est entêté Alain Lecanu, qui suit le dossier à la CGC.
  • L'accord doit être validé tel quel par le gouvernement si le syndicat CFE-CGC ne s'y oppose pas, avait auparavant estimé la présidente du Medef, Laurence Parisot. "Si (la CGC) aujourd'hui ne dit pas 'je m'oppose', je demanderai au gouvernement d'agréer l'accord pour qu'il rentre le plus rapidement possible en vigueur", a dit la présidente du Medef.
  • Plus carrée et pour le Medef, Laurence Parisot a plaidé pour la nouvelle convention. L'assurance chômage est gérée en France par les syndicats et alimentée par des cotisations salariales et patronales.
    "Jamais un texte n'a été aussi favorable aux demandeurs d'emploi, jamais un projet de convention d'assurance chômage n'ouvrait aussi grand les portes du régime. On a vraiment le sentiment que les syndicats de salariés pénalisent les chômeurs", a-t-elle plaidé sur LCI. On est en effet en droit de s’interroger sur leur réelle volonté de paix sociale.

    Les avancées snobbées du projet de réforme
  • Les syndicats réfractaires de salariés critiquent un aspect de l'accord, qui prévoit des baisses automatiques de cotisations lorsque le régime est excédentaire ce qui est le cas pour l'instant, en juin et à la fin de l'année, mais ne devrait pas durer.
    Ils prétendent co-gérer, mais gérer, c'est prévoir.
    Comme ils sont incapables d’anticipation et qu’ils ne se projettent dans l’avenir que pour jouer les oiseaux de mauvais augure, sans prendre pour autant les dispositions adaptées à leurs noirs présages, ils craignent en période encore excédentaire d'appauvrir le régime en pleine crise économique...
  • La CFDT ne partage pas le pessimisme stérilisateur des bloqueurs et estime que la hausse du chômage ne mettra d’ailleurs pas le régime en situation financière de baisse de cotisations.
    Son secrétaire général, François Chérèque, a répété vendredi qu'il retirerait sa signature si les trois autres syndicats de salariés continuaient de s'opposer au texte. Une manière de les mettre face à leurs responsabilités ?
  • Aux termes du projet, une période de travail de seulement quatre mois dans les 28 derniers mois, et non plus six mois et sur une période plus courte, serait suffisante pour l'ouverture des droits à l'assurance chômage.
  • La durée maximale d'indemnisation passerait de 23 à 24 mois, ce qui, dans les temps difficiles qui s’annoncent, n’est pas un mince effort, et resterait à 36 mois en faveur des plus de 50 ans. L'Unedic estime d’ailleurs que les nouvelles règles permettraient d'indemniser 100.000 chômeurs supplémentaires, la CFDT envisage même des chiffres supérieurs et souligne encore que les salariés précaires bénéficieront davantage du système.

    Chérèque a mis en garde les syndicats obstructionnistes
    qu'ils risquaient de laisser la main au pouvoir politique s'ils persistaient dans leur refus. "S'ils veulent que le président de la République soit en plus président de l'Unedic, ils n'ont qu'à décider de s'opposer par écrit (...) et c'est le gouvernement qui aura le pouvoir", a-t-il dit sur Europe 1.

    Mais les syndicats ne poussent-ils pas le Président à prendre la place qu’ils lui abandonnent. Dans sa malignité cousue de fil blanc, cette stratégie consiste à profiter des avancées proposées en se les faisant imposer, sans donc s’engager ni entamer leur pouvoir de nuisance.
    On comprend que le taux de syndicalisation baisse, baisse, baisse !...