Voilà que ce ne serait plus une priorité du gouvernement
La mise à plat de la revalorisation du SMIC continue...
Le spectacle de ses consultations en vue des réformes sociales du quinquennat a commencé sous les projecteurs. Huit stars syndicales se succèderont sur les marches du palais
Le Premier ministre, entouré par quatre ministres, Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif), et Marylise Lebranchu (Fonction publique), a consacré une heure à chacune des centrales syndicales: cinq ouvrières (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et trois patronales (Medef, CGPME, UPA).
Outre une loi contre les plans sociaux et le décret sur la retraite à 60 ans en souffrance, la revalorisation du SMIC figurait à la sélection de cette table ronde à Matignon.
Une hausse du SMIC, hantise des PME
Avec elles, la patronne du MEDEF, Laurence Parisot, veut mettre la pédale douce et espère convaincre le gouvernement socialiste de ne pas compromettre la compétitivité des entreprises.
Une hausse du SMIC "est toujours dangereuse" pour l'emploi et doit être "a minima", a prévenu le numéro un de la CGPME, Jean-François Roubaud.
La CGT et FO demandent une vraie hausse
"Certains considèrent que j'en demande trop, je rappellerai tout simplement que le seuil de pauvreté en France est à 954 euros et que le SMIC est à 1 100 euros", a lancé Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière (FO).
Mais, pour la CFDT, le problème est d'abord qu' "il y a trop de salariés au SMIC et qui le restent".
Le gouvernement hésite toujours entre coup de pouce et doigt d'honneur
Martine Aubry a répondu à BFMTV-RMC: "la situation aujourd'hui dans notre pays, vous la connaissez: on est quasiment en récession. Mais en même temps, le SMIC a perdu en pouvoir d'achat par rapport au salaire moyen. Il faut que le Smic puisse rattraper ce pouvoir d'achat, en plusieurs fois, car on ne peut pas le faire en une seule fois", a finement argumenté le premier secrétaire du PS.
Son ampleur sera fonction "de ce que le patronat sera prêt à faire pour négocier les minima conventionnels dans les conventions collectives, c'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas au SMIC", a-t-elle admis.
"L'ampleur de ce coup de pouce dépendra de cette discussion", a insisté Martine Aubry, visiblement soucieuse à la fois de faire porter le chapeau au patronat et de pointer la faiblesse de la "gauche molle".
Actuellement, environ 10% des salariés français touchent le SMIC, soit quelques 2,3 millions de personnes. Et sans parler des travailleurs, au moins six millions de personnes vivent de minima sociaux.
