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vendredi 22 novembre 2019

Sondage : Macron jugé moins compétent que Baroin, un présidentiable

Actuel président de l'Association des maires de France, Baroin  est mieux apprécié que Macron

L'ancien ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie de Sarkozy fait reculer Macron dans l'électorat de droite

Le banquier et l'avocat
Dans le duel, Baroin-Macron, c'est le maire de Troyes (Aube) qui l'emporte, selon un sondage de l'entreprise commerciale Odoxa-Dentsu Consulting publié jeudi 21 novembre pour Le Figaro et franceinfo

55 % des personnes interrogées jugent François Baroin plus compétent qu'Emmanuel Macron (37 %).

49 % estiment également Baroin plus charismatique que le locataire de l'Elysée (44 %), d'après ce dernier sondage Odoxa Consulting.

59 % des sondés ont davantage confiance en Baroin qu'en Macron (33 %) 

Et ils sont 60 % a estimé que l'ancien protégé de Jacques Chirac est plus rassembleur que le président (33 %). Baroin a d'ailleurs été vice-président de l'Assemblée pendant plus de trois années (il en avait été le benjamin en 1993).

Enfin, 70 % des personnes interrogées estiment que François Baroin est plus proche des gens, contre seulement 22 % pour Emmanuel Macron. Le maire de Reims a été porte-parole du gouvernement Juppé et préside actuellement l'AMF depuis 2014.

Macron remporte toutefois le match contre Baroin dans trois domaines à double tranchant. 
54 % des sondés pensent que l'ancien ministre de l'Economie de Hollande a plus ... d'autorité que l'ancien de Sarkozy (38 %). A noter toutefois que Baroin a été ministre de l'Intérieur de Chirac, à la suite de Nicolas Sarkozy, démissionnaire pour se consacrer à sa campagne présidentielle, avant d'être nommé ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, avec la charge de ramener le déficit public à son niveau d'avant la crise économique internationale de 2008.

Il est enfin jugé plus dynamique par 48 %, contre 45 % pour François Baroin. Trois petits points qui apparaissent comme une sanction de l'omniprésence du premier. Or, le sondage n'appelle pas non plus à distinguer l'un, qui est polémique et clivant, de son challenger, qui est plus rond et posé et a été ministre de l'Outre-Mer (2005-2007).

48 % voient nécessairement un peu mieux Macron dans le costume d'homme d'Etat à la télévision que Baroin (44%): ce faible écart s'explique par les nombreux (et coûteux) déplacements de Macron à l'étranger, alors que Baroin n'a jamais été vu à l'international où il ne provoque pas les tensions que suscite Macron avec l'UE ou l'OTAN. 

Mais François Baroin a-t-il envie d'être candidat à la présidentielle de 2022 ? 

Baroin apparaît comme un bon candidat pour représenter le parti Les Républicains dans la course à la présidentielle de 2022, alors que les figures présidentiables peinent à émerger à LR, même si les noms de Valérie Pécresse et de Xavier Bertrand sont souvent cités. "François Baroin est une promesse, demain et même dès aujourd'hui," a souligné le député européen Brice Hortefeux au micro de BFMTV.

Baroin ne ferme pas la porte à une candidature à la présidentielle 2022
Il n’a pas dit non, ce mardi 19 novembre et plusieurs responsables des Républicains considèrent le président de la puissante AMF comme une "valeur sûre", en capacité de rassembler et porter les espoirs d’une droite en reconstruction

L’actuel maire de Troyes a été interrogé sur cette perspective élyséenne ce mardi matin chez Jean-Jacques Bourdin, sur RMC/BFM TV.
"Le poste n’est pas ouvert:  Emmanuel Macron est président de la République. Il sera ouvert en 2022, puis il sera peut-être ouvert en 2027, après il sera ouvert en 2032", a-t-il d’abord balayé. L'ancien député et sénateur a finalement répondu qu’il songera à se présenter "dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, pour répondre positivement à une question de cette nature" par une éventuelle candidature.

"J’ai encore la passion de la politique", a-t-il glissé.
"Je n’y pense pas matin, midi et soir, ça, c’est sûr", a-t-il toutefois nuancé. "Ce qui m’intéresse, c’est le débat; j’ai encore la passion de la politique, […] j’adore porter ce combat des territoires", a-t-il poursuivi, en contexte, puisqu’il allait recevoir le président de la République mardi après-midi dans le cadre du 102e Congrès des maires, alors que Macron n'avait pas daigné se déplacer pour les maires en 2018, à deux ans des municipales.

L’ancien ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie d Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’inquiète du "piège" d’un duel annoncé entre Emmanuel Macron et la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen en 2022, scénario que le président de la République s’emploie à installer dans les esprits, avec la complicité des media soumis, commanditaires de sondages. "La dualité entre Macron et Le Pen, entre le Front national et En Marche, l’accepter sans rien dire, les bras ballants, dans un silence assourdissant […] c’est accepter l’alternance" en faveur de l'extrême droite, a réaffirmé l’ancien ministre.

" On a perdu deux présidentielles. Tout est à recommencer. Comment imaginer parler de l’incarnation si on ne parle pas du fond ?", a mis en garde François Baroin, alors que Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ne masquent pas leurs ambitions pour 2022. "Il faut d’abord se rassembler; il faut ensuite travailler sur l’évolution du pays et essayer d’apporter des réponses, l’incarnation viendra […] le moment venu."

* Enquête Odoxa-Dentsu Consulting réalisée auprès d'un échantillon de Français interrogés par internet les 20 et 21 novembre 2019.

mardi 26 janvier 2016

Nicolas Sarkozy revient dans les pensées des Français, selon Odoxa

Sarkozy était à 21% de confiance en décembre (Harris Interactive): il est à environ 40%, en janvier

L'année 2016 ne répète pas 2015

Crédibilité des
"instituts" de sondage?
A la fin de l'année 2015, la cote de confiance de François Hollande avait chuté de 4 points en décembre par rapport au mois précédent, tandis que, occupé à organiser LR, Nicolas Sarkozy était 21%, selon un sondage Harris Interactive pour Délits d'opinion. Alain Juppé, maire de Bordeaux, était crédité de 53%, devant François Bayrou, maire de Pau (38%), alors que la région Aquitaine restait pourtant à gauche.

Avec la parution de son livre, "La France pour la vie", Nicolas Sarkozy marque son retour. Cet exercice d'introspection, présenté comme un mea culpa ou un acte de contrition par ses opposants, mais une autocritique par ses amis, arrive après deux livres de Juppé en cinq mois et deux autres annoncés avant la primaire des Républicains, en novembre. François Fillon était entré dans la course de la primaire dès octobre, en publiant le premier best-seller politique à droite. L'éditeur Plon avait prévu un premier tirage de 120.000 exemplaires du livre de l'ancien président de la République et, avant parution le 25 janvier, il était en tête des préventes sur Amazon, en plus de la Fnac, Decitre, Glose, iTunes ou Kobo. Symptomatique: Odoxa -qui la devance-  met Sarkozy au défi de profiter de l' "euphorie" que suscite cette publication... Ses concurrents à la primaire ne manquent d'abreuver leurs espoirs à ce document partisan. 
Sarkozy se classerait derrière les Le Pen et NKM: gag ?

La cote de l'ancien président de la République remonte

Ambiguïté de l'infographie et de l'énorme camembert 
rouge, couleur emblématique de la gauche:
le "bon président" semble obtenir 78% d'adhésion
mais c'est tout le contraire: 22%
Le dernier baromètre pour L'Express, France Inter et la presse régionale, réalisé par l'institut Odoxa, adopte un biais partisan, celui du rejet ! 54% des Français auraient un ressenti de rejet à son égard. 


Sans surprise, puisque la réponse est suggérée par la question ! Commentaire d'Odoxa sur sa propre enquête menée les 21 et 22 janvier (auprès de 988 personnes sélectionnées), avant la publication du livre de Sarkozy: "Nicolas Sarkozy nettement distancé par Juppé en popularité, y compris auprès des sympathisants de droite (20 points d’écart). Il ne le devance, nettement, que sur notre palmarès du rejet : Sarkozy est 1er ex-aequo, alors que Juppé est dernier."

Les commanditaires de ce sondage sont des opposants notoires puisqu'il s'agit, d'une part, de France Inter, noyauté par le SNJ, en pointe de la lutte, et d'autre part, de L'Express, détenu par l'entrepreneur Patrick Drahi, également propriétaire à crédit du quotidien Libération, journal officieux du PS. 
Dommage pour l'indépendance de la presse et la liberté de ses journalistes, et donc pour le pluralisme de l'information.

Un critère subjectif pour une étude "scientifique" 
Des électeurs de droite (globalement, si divers soient-ils, comme l'électorat de gauche) sont plus nombreux à trouver "sympathique" Alain Juppé, Valérie Pécresse, ou bien même... Emmanuel Macron que le président des Républicains. Et pourquoi pas Valls, pendant qu'ils y sont?
Le positionnement droitier de Nicolas Sarkozy dérange, non pas pour une hypothétique menace sur les institutions -alors que ce sont Hollande et Valls qui veulent plus d'état d'urgence et plus longtemps, mais plutôt parce que le centre est empiété par le pouvoir socialiste, plutôt que par sa cible tacite, du fait d'un glissement général du paysage politique à droite: seuls 24% de ceux qui se sentent proches du FN apprécient celui qui leur est présenté comme un obstacle dans leur marche accélérée vers le pouvoir. Un score d'autant plus embarrassant que les sympathisants du Front national sont plus nombreux à apprécier le réputé modéré Alain Juppé (31%). Avec Odoxa, L'Express, France Inter et la presse régionale font-ils campagne pour le FN, en espérant propulser le PS en seconde position, face à Sarkozy,  seul obstacle d'envergure ? 
Sondage politique ?
En somme la gauche et la droite extrême cherchent à faire émerger l'adversaire le moins dérangeant: ainsi le septuagénaire Juppé rencontre-t-il  la "sympathie" à la fois du FN et du PS, le FNPS. 
Quel crédit accorder aux enquêtes politico-commerciales ?

Odoxa est présidé par Gaël Sliman, après 15 ans au service de BVA. Le conflit d'intérêts est patent si on sait aussi qu'il est actuellement chroniqueur hebdomadaire sur BFM-Business, une branche de BFMTV, dont l'actionnaire majoritaire est le groupe financier d'Alain Weill, un homme d'affaires dont la femme est une élue d'opposition à la mairie de droite de Boulogne-Billancourt et membre du comité de direction du groupe NextRadioTV, (groupe de BFMTV)...
En tant que directrice générale adjointe d'Amaury Médias, cette dame est chargée du quotidien Le Parisien, du Parisien magazine, de la Parisienne et de ses suppléments et chargée de dynamiser le développement du chiffre d'affaires publicitaire de la marque Le Parisien-Aujourd'hui en France. Il aurait plus manqué que Le Parisien participât à ce sondage Odoxa.

mardi 8 avril 2014

Menace sur le mille-feuilles: les présidents de région veulent garder leur part du gâteau

Fusion de régions: Valls va entendre parler du pays

Les présidents de région souhaitent être reçus rapidement par le Premier ministre Manuel Valls
 
Ils réclament des clarifications sur les réformes territoriales évoquées mardi devant l'Assemblée nationale. " On va demander une réunion rapide de l'ARF (Association des régions de France) et, dans la foulée, un rendez-vous à Matignon pour savoir un peu où il [Manuel Valls] veut aller et comment il veut y aller", a clamé le président du conseil régional de Picardie M. Gewerc, précisant qu'il a échangé à ce sujet avec plusieurs de ses collègues dès mardi soir .

Valls prétend être "concret, mais "il manque le décodeur"
" Il manque le décodeur" pour comprendre "la déclaration d'intention" faite par M. Valls au sujet de la suppression des départements, de la diminution du nombre de régions et de l'abolition de la clause générale de compétence, a estimé le président de la région Picardie.

"Je voudrais savoir comment cela va être mis en oeuvre et comment dans la pratique, on va trouver des solutions qui aillent dans le sens qu'il souhaite mais qui tiennent compte de ce qui marche depuis des décennies", et c'est là que " dialogue et clarifications s'imposent ", a-t-il poursuivi.

"On ne peut pas couper les citoyens de la proximité"

Pour illustrer ses interrogations, Claude Gewerc (PS) a cité l'impact d'une suppression des départements. Comme "on ne peut pas couper les citoyens de la proximité", cela signifierait "un glissement des prérogatives départementales vers les intercommunalités". Or, ce point n'a pas été abordé par M. Valls, a-t-il souligné.

Selon Cl. Gewerc, depuis toujours favorable à la suppression de la clause générale de compétence, "on fera des économies en délimitant les compétences et non en réduisant les régions ". Cette clause juridique traduit la capacité d'initiative d’une collectivité territoriale dans un domaine de compétences au-delà de celles qui lui sont attribuées de plein droit.

Les présidents de région doutent de la capacité de concertation de Valls
Pour lui, les projets de redécoupage de la carte des régions qui circulent ne sont parfois que le fruit de "la vision géostratégique de géographes parisiens".

Ainsi "la Haute Normandie a beaucoup plus de points communs avec la Picardie qu'avec la Basse Normandie", selon le Picard, et un "rapprochement" aurait donc bien plus d'intérêt que la reconstitution de la grande Normandie que concocterait le pouvoir central.

Combien d'autres régions contestatrices?
La question se pose aussi du rattachement de la Loire-Atlantique (Nantes) à la région Bretagne et fait suite au détachement de ce département de la région Bretagne et à son rattachement à la région des Pays de la Loire lors de la création des régions administratives françaises en 1956, alors que le territoire de la Loire-Atlantique faisait partie depuis l'an 850 du Duché de Bretagne, province de Bretagne jusqu'en 1790.

Le redécoupage des cantons est également contesté, notamment dans les conseils généraux des Hauts-de-Seine, en Côte d'Or ou en Corrèze, où Bernadette Chirac mène la fronde contre le redécoupage de la carte cantonale. Elle s'est exprimée depuis l'Assemblée nationale à Paris, ce mardi 4 mars, et a réglé un certain nombre de ses comptes après avoir interpellé Manuel Valls, puis François Hollande, sans succès, bien qu'ils se posent en champions de la concertation.
La conseillère générale de Corrèze a aussi réglé ses comptes avec le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et son conseiller politique Yves Colmou (ci-contre, regard ailleurs) qui l'ont reçue. "Ce monsieur est très spécial", a-t-elle dit au sujet de ce dernier, à qui elle attribue le redécoupage cantonal. "Il ne regarde jamais en face et comme cela il a l'air d'être indifférent. C'est assez étrange (..) Et moi, je sais lire dans les regards".

dimanche 15 décembre 2013

Accord sur la formation professionnelle: vers un désenchantement

La "formation professionnelle pour tous", "une double peine pour les petites entreprises" 

Le PS positive et la presse alignée relaie l'enthousiasme du vote


Certains partenaires sociaux ont réussi à s’entendre sur une réforme de la formation professionnelle et la presse vante des négociations ardues et une nuit agitée. C’est sans conteste un "accord majeur", lit-on ici et là, une première en France, capable -à terme- de mettre fin à la complexité du système. Samedi matin, une majorité des participants tombait d’accord sur un projet que doivent maintenant entériner les instances dirigeantes, tant patronales que syndicales. Pour l’heure, cinq organisations se sont prononcées pour les propositions présentées par le MEDEF, avec également l’aval de l’UPA (patrons de l’artisanat). Côté syndicats, les signatures de la CFDT, de la CFTC et de la CFE-CGC semblent acquises. Force ouvrière, qui est sur le point de saluer une avancée, prend le temps de la réflexion. 

Mais la CGT s’y est opposée, tout comme, dans le camp patronal, la CGPME
qui fera connaître sa position mercredi. La confédération craint en effet que l’application de l’accord fragilise l’avenir d’Agefos, instance paritaire chargée de développer la formation continue des salariés des PME. 

Un leurre provoque l'euphorie
La pierre angulaire de cette réforme est la création d’un compte personnel de formation pour tous les actifs, salariés et chômeurs, dont le principe en avait été acté par la loi de sécurisation de l’emploi de juin 2013. Le futur dispositif remplacera donc le droit individuel à la formation appliqué avec plus ou moins de bonheur et accompagnera la personne toute sa vie professionnelle, même si elle change d’employeur ou va pointer au chômage.
Comme le ministre du Travail, Michel Sapin, Jean-Marc Ayrault s’est félicité du soutien apporté à un texte qui "répond aux objectifs fixés par le gouvernement". De son côté, François Hollande, en visite en Guyane, a salué un accord qui devrait donner la "possibilité de se requalifier à tout moment dans sa vie professionnelle" et qui pourrait représenter "une arme supplémentaire pour lutter contre le chômage".
Le système ainsi ovationné par la majorité sera transposé dans un projet de loi présenté le 22 janvier en Conseil des ministres pour un débat au Parlement en février, peu avant les municipales. Son universalité commence pourtant à éveiller quelques soupçons et inquiétudes.

La question du financement
Ce nouvel outil devrait se traduire par un redéploiement de 32 milliards d’euros en direction notamment des actifs et des jeunes qui ont moins de qualifications, mais pas seulement. 

La négociation s’est révélée ardue sur le volet du financement. Car ces 32 milliards sont financés chaque année au titre de la formation non seulement par l’entreprise à hauteur de 40 %, mais aussi par les contribuables, soit seulement 50% des Français -qui ne sont pas tous adhérents au club du CAC 40- pour le reste, ...60%.

Le compte personnel de formation entrera cependant en service au 1er janvier 2015. Il sera ouvert dès l’âge de 16 ans et suivra tout le parcours professionnel de l’intéressé qui disposera d’un crédit de formation de 150 heures sur toute une vie professionnelle de bientôt 43 ans, soit de l'ordre de 4 heures/an. Au-delà, des abondements pourront intervenir par l’entreprise ou des canaux institutionnels.

"Désormais, ce sont les petites entreprises qui vont payer pour les grandes !"
Hollande, président
en formation professionnelle
Jean-Michel Pottier, chef de file de la CGPME, s'étranglait à cette évocationlors de la négociation sur la formation professionnelle. Dans un entretien à L'Entreprise, il explique pourquoi son organisation (600.000 adhérents indirects pour un budget de 9 millions d’euros) est vent debout contre le texte de l'ANI du 14 décembre.
L'accord national interprofessionel (ANI) signé le 11 janvier 2013 entre le MEDEF et trois syndicats majoritaires a déboulé à l'Assemblée nationale pour sa transcription législative. Et l'énervement, puis la rage de ses opposants et critiques, quand dix jours plus tard, les godillots de l'Assemblée nationale l'ont adopté en première lecture par un vote attendu mais surprenant. L'accord est en effet mauvais, car au-delà du risque que représente l'abrogation du code du travail, le document nous hisse en haut d'un tobogan à la pente vertigineuse. 
Ce ne sont pas tant la création d'un compte personnel de formation transférable et d'un droit rechargeable à l'assurance chômage qui interpellent les acteurs responsables hors les murs du Palais Bourbon. Le pire est ailleurs: le contrat de travail individuel pourra, demain, être amendé par un accord collectif. Certes, il faudra respecter les minima légaux ou des conventions collectives de branche (sic!), mais quand on mesure la faible représentativité des syndicats au sein des entreprises, on voit poindre des motifs d'inquiétude. 

A cette inconséquence du législateur s'ajoute une honte.
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, l'exécution des plans sociaux sera accélérée. En période de crise et de licenciements massifs, la justification éco-politique ("rassurer les employeurs en atténuant l'incertitude née de la longueur des procédures") est une tartufferie. Enfin, le texte prévoit d'autoriser l'expérimentation du recours à l'intermittence dans des secteurs qui n'y ont pas recours aujourd'hui. Une boîte de Pandore que les socialistes ne craignent pas d'ouvrir...
L'un des députés socialistes les plus critiques de l'ANI, Jérôme Guedj, député de l'Essonne, a fait mine de se rebeller, mais a subi des pressions du gouvernement quand celui-ci a transformé le texte initial pour proposer sa version de proposition de loi. Ce représentant de l'aile gauche pure et dure du PS s'est finalement couché, estimant tout à trac que "par rapport à l’ANI, le texte qui nous est soumis (...) comporte déjà des enrichissements, des améliorations, des précisions nécessaires." Coupez: c'est dans la boîte !

A l'Assemblée,
plus de 5.000 amendements sont pourtant déposés. Près de 4.000 proviennent des quelques élus du Front de Gauche, bien décidés à un 
baroud d'honneur de dynamitage du texte. 
A droite, Dominique Dord, député UMP de Savoie, exprime son étonnement devant l'engouement socialiste pour cet accord: "il dit, et vous l’avez rappelé vous-même, monsieur le ministre [Michel Sapin], que le code du travail qui, dans votre culture, est un rempart, une protection, joue en fait contre l’emploi dans des situations comme celle dans laquelle nous nous trouvons." 

Les débats ont été longs, mais les rangs clairsemés, comme le regrette d'ailleurs le très soumis Jérôme Guedj : "J’étais fier d’être là nuit et jour pour le texte 'Mariage pour tous' dans un hémicycle bien rempli. Je crois que le code du travail méritait le même engouement (si ce n’est plus)." 
On doit tenir le gouvernement pour responsable de cette adoption par un Parlement abstentionniste. Il faut aussi retenir que la presse a tenu le pays tout entier à l'écart de la progression gouvernementale rampante, évitant que les intéressés se mobilisent quand il était temps. 

La CGPME en résistance depuis le projet d'ANI

Hollande, vieux stagiaire
sans qualification,
en formation
Qu'est-ce qui explique le refus de la CGPME de signer le projet d'ANI (accord national interprofessionnel) sur la formation professionnelle du 14 décembre 2013 ?
Jean-Michel Pottier. On ne pouvait pas faire mieux pour que s'effondre à court terme la formation dans les entreprises ! Sur le financement, la CGPME avait trois objectifs : simplifier le système pour les patrons de TPE/PME, rendre plus efficace l'accès à la formation des salariés, et faciliter l'accès aux fonds pour les plus petites entreprises grâce à une solidarité interentreprises et une vraie mutualisation des ressources, ce qui n'avait pas été réussi lors des deux précédentes réformes. Aucun de ces objectifs ne figure dans le projet d'accord MEDEF/UPA. En bref, les grandes entreprises ne vont pas payer pour les petites et ce sont les petites qui vont payer pour les grandes !

Des avancées ont cependant été observées au cours de la négociation sur les contributions obligatoires des entreprises, en particulier celles de 10 à 49 salariés et celles de plus de 50 salariés ?
J.-M.P. Mais le système de contributions qui est proposé est d'une complexité inouïe ! Aucun chef d'entreprise ne peut s'y retrouver, en particulier ceux employant plus de 50 salariés ! Avec cet émiettement des contributions, comment faire croire à l'effet levier annoncé pour développer la formation des salariés?

Sur le financement du compte personnel de formation (CPF), il y a également un progrès avec la création d'une contribution spécifique de 0,2% pour les " plus de 10 salariés " au sein du 0,8%...
J.-M.P. Mais cet accord est formidable : d'un côté, il donne le mode d'emploi aux entreprises pour verser cette contribution (affectée au compte personnel de formation) et quelques articles plus loin, il leur explique comment s'en exonérer par accord ! Avec les abondements prévus, l'accord permet également de financer le CPF par le plan de formation. Les petites entreprises vont payer le 0,2% et les abondements du plan, c'est une double peine.

Quelles suites la CGPME entend-elle donner à cette négociation ?
J.-M.P. Toute la semaine prochaine, nous allons poursuivre la mobilisation de nos troupes (commission formation/éducation le 17 décembre, comité directeur le 18 notamment) et poursuivre notre travail d'explication auprès du gouvernement et des parlementaires, d'autant plus que nous déplorons des rédactions plus qu'approximatives dans le texte. Nos adhérents sont " remontés " contre cet accord. C'est du jamais vu!

Avec "Les Sacrifiés", les artisans et commerçants affichent leur colère
Un mois après le lancement du mouvement « les sacrifiés » (le 13 novembre 2013), plus de 500.000 personnes ont déjà signé la pétition en ligne sur sauvonslaproximite.com, et les témoignages de soutien affluent de tout le pays à l'UPA, organisation patronale des artisans et commerçants de France. Qu’ils soient artisans, commerçants, travailleurs indépendants, ou aussi simples citoyens, élus de la nation… tous soutiennent les entreprises de proximité face à l’avalanche de nouveaux prélèvements fiscaux et sociaux qui menacent leur existence même. L’UPA tient à féliciter cette population qui a su prendre son destin en main afin de préserver l’avenir des entreprises de proximité.

Le président de l’UPA, Jean-Pierre Crouzet, a ajouté : "Un véritable harcèlement fiscal et social est en train de tuer l’économie de proximité. J’appelle tout le monde à poursuivre la mobilisation afin que le gouvernement prenne enfin les mesures qui permettront à nouveau à nos entreprises de créer de l’emploi, de la cohésion sociale et de relancer la croissance."

samedi 26 janvier 2013

Non-cumul des mandats barré par les sénateurs PS

Les sénateurs PS défient Hollande sur le non-cumul des mandats

Pédagogie et dialogue laissent à désirer

Rebsamen dénonce la "démagogie" et le "populisme" des anticumul.

Hollande a fait fi du clash annoncé  entre "le 27 février ou le 6 mars, vraisemblablement dès le 27 février", selon Alain Vidalies, le ministre des Relations avec le Parlement. Ce jour-là, le Conseil des ministres examinera le texte réformant le cumul des mandats pour une adoption définitive par le Parlement espérée "avant le 15 septembre"
Un projet
Une réforme promise par François Hollande, mais qui, depuis l'origine, provoque la fureur d'une partie des sénateurs socialistes, à commencer par celle d'un ami personnel, François Rebsamen, qui a dénoncé le projet en parlant de "démagogie" et de "populisme".

"Il est facile de se faire applaudir sur des tréteaux en pourfendant le cumul au prétexte du renouvellement de la vie politique",a ironisé le sénateur maire de Dijon en présentant jeudi ses vœux à la presse. 

80 des 128 sénateurs socialistes sont hostiles au projet 

Le rejet du texte est d'ores et déjà garanti lorsqu'il sera examiné au Sénat. La La gronde d'opposants socialistes s'ajoutera en effet à celle des élus radicaux de gauche du RDSE, qui en font un casus belli, à celle des élus centristes et  UMP

Les sénateurs godillots partisans de la mesure adoptent un tonaigre-doux.  "Il est aussi permis quand on est sénateur socialiste de défendre la position de François Hollande", a répliqué le président PS de la commission des lois au Sénat, Jean-Pierre Sueur, un ex-député du Loiret (1981-1991) de 66 ans, qui cumula un secrétaire d’État au collectivités territoriales (1991-1993) et la mairie d'Orléans (1989-2001). Jusqu'au-boutiste, il ajoute: "C'est un engagement emblématique. Si on cane là-dessus, on renonce à moderniser la vie politique", a déploré cet inconditionnel, tout en nuances.

Les sénateurs revendiquent leur spécificité
Les rebelles au non-cumul avancent l'argument de la spécificité de leur mandat. 
François Rebsamen fait valoir que le cumul est consubstantiel à la spécificité du Sénat, représentant des collectivités locales.
"Je ne vois pas comment les grands électeurs qui sont maires, ou membres d'exécutifs locaux pourraient confier la mission de les représenter à un autre élu que l'un des leurs", a grondé l'élu bourguignon. 
Il prévient que si François Hollande s'obstinait à imposer le non-cumul au Sénat, sa loi serait frappée d'inconstitutionnalité.

François Rebsamen maintient que l'Assemblée nationale ne peut avoir le dernier mot sur un texte relatif à la Haute Assemblée. 

Rebsamen demande à François Hollande de prendre en compte l'originalité du Sénat, hypothèse à laquelle le président du dialogue a fermé la porte le 16 janvier, en assurant que le texte concernerait "l'ensemble des parlementaires", députés et sénateurs.

Hollande cherche la guerre 

Le bras de fer est donc engagé avec l'Élysée sur l'une des mesures emblématique de Hollande figurant dans son engagement numéro 48. 
"Nous aurons une majorité pour le voter, affirme Alain Vidalies. Dans tous les cas, je suis très confiant (…) "Nous irons jusqu'au bout," lance le ministre des "bonnes" relations avec le Parlement... Vidalies espère que le texte sera adopté avant la fin de l'année. 

Reste la question de la date d'application de la mesure. 
Pour l'heure, elle reste floue. Hollande s'est montré évasif sur le sujet en assurant que le non-cumul sera mis en œuvre ..."pendant le quinquennat" ! Une imprécision qui peut être mise à profit pour étudier le calendrier électoral.

Certains élus plaident ainsi pour que la mesure ne soit pas appliquée avant 2017 pour éviter des législatives partielles après les élections municipales de 2014. De nombreux éputés-maires ont en effet annoncé qu'en cas de réélection à la tête de leur ville ils choisiraient alors leur mandat local. 
Mais les partisans du non-cumul plaident en revanche pour qu'il entre en application dès les municipales de 2014.

Hollande déchire !
Les sénateurs socialistes s'étripent sous les yeux des sénateurs de droite, qui prennent fait et cause pour les rebelles. 
"À partir du moment où l'Élysée ou Matignon fera le forcing indirectement ou directement sur les parlementaires, je vois mal ceux qui doivent tout au président Hollande le lui refuser", s'inquiète Jean-Claude Gaudin, avec la volonté que les opposants socialistes au non-cumul tienne bon.


lundi 22 octobre 2012

Salles de shoot : Touraine, partisane d'une expérimentation avant la fin de l'année

La méthode des petits pas de la sournoise Touraine


En Europe, plus de 80 salles de consommation de drogue ont ouvert depuis 1986.


Marisol Touraine a avoué son espoir de lancer en France l'expérimentation des salles de consommation de drogue, communément appelées les "salles de shoot", d'ici la fin de l'année 2012, en deux mois, à marche forcée, a indiqué dimanche la ministre de la Santé.

On touche là à l'héroïne et aux drogues injectables, et donc au sida, et non plus au cannabis ? 
Ces salles permettent aux toxicomanes de consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d'hygiène et sous supervision de personnels de santé. Elles sont actuellement illégales en France, mais existent dans près d'une dizaine de pays, dont la Suisse et l'Allemagne. 
Depuis vingt ans au stade de la querelle politique, la question a été relancée le mercredi 29 août par Jean-Marie Le Guen, adjoint au maire de Paris chargé de la santé, également en pointe sur la dépénalisation du cannabis. Le député socialiste estime qu'il y a "urgence" à autoriser l'ouverture de salles de consommation de drogue dans la capitale. 

Le pouvoir de gauche compte sur la droite

"J'espère que des expérimentations pourront être annoncées avant la fin de l'année", a déclaré la ministre sur BFM TV, précisant que plusieurs municipalités "de droite comme de gauche" sont déjà "prêtes à s'engager" pour accueillir ce type de salles. Ainsi, à Marseille. 
En revanche, le député UMP et médecin Bernard Debré,  totalement opposé au projet, a indiqué le jeudi 30 août, sur Europe 1qu'"aux États-Unis et en Suisse, elles existent et elles ferment" à cause de"crimes et de drames".

La coalition socialo-écolo est divisée sur la question 
"Je suis en train de regarder les conditions dans lesquelles cela peut se faire", a encore commenté la ministre, soulignant que ce sujet ne devait pas être "partisan", mais avouant aussi qu'elle parle plus vite qu'elle n'agit, profitant du débat sur la dépénalisation du cannabis. Le PS, chassé par la porte sur le sujet,  tente d'entrer par la fenêtre.
"La salle parisienne pourrait recevoir entre 200 et 250 passages par jour et accueillerait des consommateurs de drogues par voie intraveineuse et par inhalation."
Lien Atlantico : "Drogues : une salle de shoot en vue à Paris"

L'UMP hostile au projet préfère la prévention de la toxicomanie

L'UMP s'est déclaré hostile à la création de type de «salle de shoot», prônant la prévention de la toxicomanie plutôt que son encadrement. "Ouvrir des salles de consommation de drogues, ce n'est pas lutter contre le fléau de la drogue, c'est banaliser l'usage et c'est légaliser la consommation des drogues les plus dures et cela aux frais des contribuables!", avait indiqué dans un communiqué diffusé fin août Camille Bedin, secrétaire nationale de l'UMP.

Le débat sur les "salles de shoot" avait été relancé cet été par le député socialiste et adjoint au maire de Paris Jean-Marie Le Guen qui avait demandé au gouvernement d'autoriser la création de salles d'injection de drogues, notamment "face à l'augmentation de la consommation d'héroïne".

La ministre de la santé a parallèlement réitéré, dimanche, la position du gouvernement contre une dépénalisation du cannabis. "Il faut être intraitable sur la loi, sur la règle et vis-à-vis des trafiquants", a-t-elle indiqué. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait dû rappeler à l'ordre, la semaine passée, le ministre de l'Education Vincent Peillon qui s'était déclaré favorable à un "débat" sur la dépénalisation du cannabis. Marisol Touraine s'est parallèlement déclarée partisane d'un "politique plus solide de prévention" pour détourner les jeunes générations des addictions, en particulier du cannabis.
Lien PaSiDupes

"Il faut être plus offensif en matière de santé publique et c'est la raison pour laquelle dans la loi de santé publique que le président de la République a annoncée pour l'année prochaine, il y aura des dispositions concernant les addictions", a indiqué la ministre sur BFM TV.


Une manoeuvre grossière du pouvoir

Les Pays-Bas, pays des coffee-shops, compte 37 salles de shoot, dans 25 villes. Chacune reçoit environ 24 usagers par jour, nettement moins que la moyenne européenne, établie autour de 90 toxicomanes. Les Pays-Bas sont l'un des rares Etats où ces centres sont ouverts aux ...fumeurs de cannabis.


L'opinion se fait intoxiquer
Les pays-Bas ferment leurs supermarchés de la drogue. A partir du 1er mai 2012, lils n'acceptent plus les clients étrangers. Le gouvernement néerlandais a fait voter une loi qui renforce le contrôle des bars à haschisch et qui restreint leur accès aux seuls résidents. L'objectif affiché, c'est d'éviter les nuisances du tourisme de la drogue. La question, c'est de savoir si le modèle hollandais amorce un virage en direction de l'Europe qui reste plus répressive malgré quelques cas de dépénalisation.

ENTENDRE ce témoignage sur les dangers de la proximité entre les drogues injectables et les drogues dites "douces":



Ce risque de promiscuité évoque celui, dénoncé, de la promiscuité carcérale
entre populations différentes, jeunes primo délinquants et récidivistes.

PLUS sur le gouvernement des associations
L'association internationale d'extrême gauche, Médecins du Monde (MDM) et l'association Gaïa-Paris (deux établissements médico-sociaux subventionnés dans le domaine de la prévention et du soin en addictologie et toxicomanie) ont présenté la semaine passée un projet de salle de consommation de drogue à Paris et indiqué espérer un feu vert rapide du gouvernement. 

Elisabeth Avril, directrice de Gaïa-Paris, a déclaré : "On attend vraiment le feu vert, ou même orange, du gouvernement pour finaliser le projet".