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vendredi 22 novembre 2019

Sondage : Macron jugé moins compétent que Baroin, un présidentiable

Actuel président de l'Association des maires de France, Baroin  est mieux apprécié que Macron

L'ancien ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie de Sarkozy fait reculer Macron dans l'électorat de droite

Le banquier et l'avocat
Dans le duel, Baroin-Macron, c'est le maire de Troyes (Aube) qui l'emporte, selon un sondage de l'entreprise commerciale Odoxa-Dentsu Consulting publié jeudi 21 novembre pour Le Figaro et franceinfo

55 % des personnes interrogées jugent François Baroin plus compétent qu'Emmanuel Macron (37 %).

49 % estiment également Baroin plus charismatique que le locataire de l'Elysée (44 %), d'après ce dernier sondage Odoxa Consulting.

59 % des sondés ont davantage confiance en Baroin qu'en Macron (33 %) 

Et ils sont 60 % a estimé que l'ancien protégé de Jacques Chirac est plus rassembleur que le président (33 %). Baroin a d'ailleurs été vice-président de l'Assemblée pendant plus de trois années (il en avait été le benjamin en 1993).

Enfin, 70 % des personnes interrogées estiment que François Baroin est plus proche des gens, contre seulement 22 % pour Emmanuel Macron. Le maire de Reims a été porte-parole du gouvernement Juppé et préside actuellement l'AMF depuis 2014.

Macron remporte toutefois le match contre Baroin dans trois domaines à double tranchant. 
54 % des sondés pensent que l'ancien ministre de l'Economie de Hollande a plus ... d'autorité que l'ancien de Sarkozy (38 %). A noter toutefois que Baroin a été ministre de l'Intérieur de Chirac, à la suite de Nicolas Sarkozy, démissionnaire pour se consacrer à sa campagne présidentielle, avant d'être nommé ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, avec la charge de ramener le déficit public à son niveau d'avant la crise économique internationale de 2008.

Il est enfin jugé plus dynamique par 48 %, contre 45 % pour François Baroin. Trois petits points qui apparaissent comme une sanction de l'omniprésence du premier. Or, le sondage n'appelle pas non plus à distinguer l'un, qui est polémique et clivant, de son challenger, qui est plus rond et posé et a été ministre de l'Outre-Mer (2005-2007).

48 % voient nécessairement un peu mieux Macron dans le costume d'homme d'Etat à la télévision que Baroin (44%): ce faible écart s'explique par les nombreux (et coûteux) déplacements de Macron à l'étranger, alors que Baroin n'a jamais été vu à l'international où il ne provoque pas les tensions que suscite Macron avec l'UE ou l'OTAN. 

Mais François Baroin a-t-il envie d'être candidat à la présidentielle de 2022 ? 

Baroin apparaît comme un bon candidat pour représenter le parti Les Républicains dans la course à la présidentielle de 2022, alors que les figures présidentiables peinent à émerger à LR, même si les noms de Valérie Pécresse et de Xavier Bertrand sont souvent cités. "François Baroin est une promesse, demain et même dès aujourd'hui," a souligné le député européen Brice Hortefeux au micro de BFMTV.

Baroin ne ferme pas la porte à une candidature à la présidentielle 2022
Il n’a pas dit non, ce mardi 19 novembre et plusieurs responsables des Républicains considèrent le président de la puissante AMF comme une "valeur sûre", en capacité de rassembler et porter les espoirs d’une droite en reconstruction

L’actuel maire de Troyes a été interrogé sur cette perspective élyséenne ce mardi matin chez Jean-Jacques Bourdin, sur RMC/BFM TV.
"Le poste n’est pas ouvert:  Emmanuel Macron est président de la République. Il sera ouvert en 2022, puis il sera peut-être ouvert en 2027, après il sera ouvert en 2032", a-t-il d’abord balayé. L'ancien député et sénateur a finalement répondu qu’il songera à se présenter "dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, pour répondre positivement à une question de cette nature" par une éventuelle candidature.

"J’ai encore la passion de la politique", a-t-il glissé.
"Je n’y pense pas matin, midi et soir, ça, c’est sûr", a-t-il toutefois nuancé. "Ce qui m’intéresse, c’est le débat; j’ai encore la passion de la politique, […] j’adore porter ce combat des territoires", a-t-il poursuivi, en contexte, puisqu’il allait recevoir le président de la République mardi après-midi dans le cadre du 102e Congrès des maires, alors que Macron n'avait pas daigné se déplacer pour les maires en 2018, à deux ans des municipales.

L’ancien ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie d Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s’inquiète du "piège" d’un duel annoncé entre Emmanuel Macron et la dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen en 2022, scénario que le président de la République s’emploie à installer dans les esprits, avec la complicité des media soumis, commanditaires de sondages. "La dualité entre Macron et Le Pen, entre le Front national et En Marche, l’accepter sans rien dire, les bras ballants, dans un silence assourdissant […] c’est accepter l’alternance" en faveur de l'extrême droite, a réaffirmé l’ancien ministre.

" On a perdu deux présidentielles. Tout est à recommencer. Comment imaginer parler de l’incarnation si on ne parle pas du fond ?", a mis en garde François Baroin, alors que Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ne masquent pas leurs ambitions pour 2022. "Il faut d’abord se rassembler; il faut ensuite travailler sur l’évolution du pays et essayer d’apporter des réponses, l’incarnation viendra […] le moment venu."

* Enquête Odoxa-Dentsu Consulting réalisée auprès d'un échantillon de Français interrogés par internet les 20 et 21 novembre 2019.

mardi 10 novembre 2015

Moirans: une personne interpellée pour avoir fait une "quenelle" à Manuel Valls

Attention, la "quenelle" est de retour

Hué et sifflet à Moirans, Manuel Valls montre les muscles de la République" (sic: L'Express)

Pour son premier déplacement à Moirans après les émeutes des gens du voyage, le 20 octobre dernier, la population a servi de la quenelle au Premier ministre alors qu'il voulait réaffirmer l'autorité de l'Etat en rappelant que les auteurs de violences seraient "poursuivis et sanctionnés". Et la quenelle, c'est du ferme !
Que dit ce regard aux psychiatres ?
Pas d'indulgence, ni pour les émeutiers de Moirans, ni pour le locataire de Matignon. En Isère, dans la commune où des gens du voyage ont réagi par la violence à l'autorité de l'Etat, le premier ministre en campagne des Régionales a tenté de contredire la droite, qui joue son rôle en faisant des propositions à un gouvernement aux abois qui accumule les bavures et manque d'autorité.

Les gens du voyage, auteurs des violences spécifiques, ont incendié des voitures et mis la gare de la ville à sac. Ils réclamaient que l'un des leurs, incarcéré, puisse assister aux funérailles de son frère, mort dans un accident à bord d'une voiture volée. Ils seront "poursuivis et sanctionnés", a insisté Manuel Valls. 


"Menaces à l'égard de l'autorité de l'Etat"


Devant le maire de Moirans, Gérard Simonet (DVD), et en présence du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, Manuel Valls a montré les muscles assurant que "ces faits ne resteront pas impunis," s'adressant visiblement à l'électorat du Front national qui réclame un peu de fermeté. Mais le premier ministre a aussi préjugé au passage de la décision des juges 'indépendants.' "La justice fait et fera son travail," a-t-il promis, exerçant du même coup une pression politique sur la justice. "Parfois, cela prend du temps mais elle fait et fera son travail", a-t-il insisté, au risque d'un parallèle inévitable avec le temps mis par les gouvernements de Hollande pour redresser la courbe de l'emploi. "Car ce qui s'est passé (...) ce sont des faits graves de destructions de biens, de violences, de menaces à l'égard d'hommes, de menaces à votre égard, de menaces à l'égard de l'autorité de l'Etat", a-t-il encore affirmé. 

"Les victimes doivent être indemnisées... Il doit y avoir réparation. Il y a la réparation morale, la réparation psychique, c'est pour cela que nous sommes ici mais elles doivent être indemnisées", a-t-il insisté, affichant le masque de la terreur, en empiétant sur les prérogatives du tribunal. 

"Personne n'empêchera ici la République d'avancer"

La veille, le premier ministre avait publié sur Facebook un texte sur l'autorité de l'Etat"L'autorité: une exigence, une éthique, des actes", un vaste programme jusqu'ici illustré de crises et de menaces par celui qui fut ministre de l'Intérieur entre 2012 et 2014.

Or, lors de la campagne des Régionales de Manuel Valls à Moirans vendredi,
un homme jeune a fait une "quenelle" face au premier ministre, un défi filmé et immortalisé, "en marge" (selon la presse aux ordres) d'un banal déplacement en Isère.  

La "quenelle", ce salut popularisé par le polémiste Dieudonné, refait parler d'elle. La gendarmerie a interpellé l''individu, comme il se doit, mardi à Rives-sur-Fure (PS), près de Voiron en Isère. Il est accusé d'avoir pratiqué ce geste provoquant. 
Considéré comme un geste anti-système semblable à un bras d'honneur par les proches de l'ancien humoriste, la "quenelle" (bras droit tendu vers le bas et main gauche posée à hauteur du coude opposé) ressemble à un salut nazi inversé, selon ceux qui la dénoncent. 
Aspect des violences urbaines de Moirans

Deux semaines après des scènes d'émeutes, le premier ministre s'est rendu sur place pour assurer que "la République ne pliera pas" et promettre des "sanctions à la hauteur de la violence". Un message de fermeté vécu comme une relance inutile des hostilités. 
Le 20 octobre, une trentaine de voitures avaient été incendiées, certaines jetées sur les voies SNCF. La violence était partie d'un camp de gens du voyage qui souhaitaient que l'un d'entre eux, incarcéré, puisse assister aux obsèques d'un proche. L'autorisation, qui est habituellement automatique, lui avait été refusée.


Huées  et sifflets en guise de bienvenue

Valls garde ses distances avec la "diversité":
la mixité sociale, mais de loin !
A sa sortie de la mairie, plusieurs dizaines de curieux l'attendaient, mêlant appels de bienvenue et sifflets émanant d'une vingtaine de jeunes gens hostiles. C'est à ce moment-là que l'individu aurait adressé frontalement son geste controversé. 

Et depuis, à Calais, les migrants s'opposent aux forces de police...

Le message de fermeté adressé à l'Isère n'est pas parvenu jusque dans le Pas-de-Calais. Depuis plusieurs nuits, aux abords de la "jungle de Calais", des affrontements violents opposent police, habitants et migrants.
La population n'en peut plus de vivre dans ce climat d'insécurité et crie son ras-le-bol de l'inefficacité du pouvoir socialiste.

lundi 1 avril 2013

Haro sur Ayrault: les media veulent-ils son suicide ?

La gauche croit-elle que le PS a mieux à offir que Ayrault ?
Ayrault en mal d'autorité ?

Après dix mois passés à Matignon, Jean-Marc Ayrault n'a jamais été aussi contesté dans son autorité.

François Hollande peut-il se sauver en le lâchant ? 

Alors que l'enregistrement de Koh-Lanta sur TF1 est arrêté à la suite du malaise mortel d'un candidat, le suicide du médecin de l'émission accusé de faute professionnelle donne des idées aux camarades de la Rue de Solférino et au-delà, au Front de gauche. Sous Mitterrand, Edith Cresson avait tant bien que mal résisté à la pression, mais le "sombre Ayrault" le peut-il sous Hollande ? Le Premier ministre a d'abord essuyé une série d'attaques et d'insultes frontales de la part de ses ministres, mais c'est le tour des media de le salir en mettant sur la place publique les coups qu'il encaisse au quotidien.

L'avalanche de critiques et d'insultes a manifestement pour objectif de pousser le président François à le démissionner
, comme il l'a déjà fait pour l'arrogant Jérôme Cahuzac, son vertueux ministre du Budget accusé d'exil fiscal.

VOIR et ENTENDRE
 une analyse positive de BFMTV, chaîne acquise à Hollande:

Le Premier ministre a courbé l'échine sans se formaliser.

"Nous sommes une équipe, nous devons jouer collectif", objecte-t-il faiblement. Une réponse de loser qui  dérange l'oppositioncomme Geoffroy Didier, membre de l'UMP. "Nous avons malheureusement un Premier ministre qui ne dirige rien. (...) Je crois sans doute que Jean-Marc Ayrault était une erreur de casting."

Jean-Marc Ayrault tente de se rallier la sympathie des Français


Il l'a reconnu lui-même dimanche dans les colonnes du JDD: oui, son ministre Arnaud Montebourg lui a bien dit en substance qu'il faisait "chier tout le monde" avec son projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes dans son fief nantais.


Ayrault aux abois se tourne en vain vers les Français  à la peine.

Il avait déjà rendu public son désaccord avec Vincent Peillon, son ministre de l'Education, en octobre 2012

Après les déclarations du ministre sur l'ouverture d'un débat sur la dépénalisation du cannabis, l'ex-professeur d'allemand à l'ancienne exige de sa classe qu'elle "défende" sa politique, "et rien d'autre".

Recadré par Matignon, Vincent Peillon rétro-pédala afirmant que sa déclaration  en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis était une "réflexion personnelle". "Elle ne contrevient pas à sa solidarité totale et entière à la position du président de la République et du gouvernement sur le sujet", expliqua un haut-fonctionnaire de son ministère, alors que le ministre avait affirmé sur France Inter qu'il s'agit pour lui d'un "sujet majeur".


En fait, Peillon avait défié Ayrault en repartant à la charge
En juin 2012, quatre jours avant le premier tour des élections législatives, l'ancienne porte-parole des écolos radicaux, la ministre Europe Ecologie-les Verts du Logement, Cécile Duflots'était déjà déclarée favorable à la dépénalisation, créant une vive polémique. Jean-Marc Ayrault avait alors assuré que la dépénalisation du cannabis n'était "pas à l'ordre du jour" et que la fermeté restait "d'actualité".

Le mépris du ministre frondeur s'est exprimé dès la mi-juin 2012

Premier court-circuitage et premier couac d'une longue série, dans "L'Est républicain" quand, sans en aviser son premier ministre, Vincent Peillon avait immédiatement annoncé l'allongement des vacances de la Toussaint à deux semaines à la rentrée 2012. Ayrault avait réagi le 14 juin à Angers déclarant que l'initiative de Peillon n'était qu'une "piste" et que la concertation "commençait".

Deux "gauches molles" ?

De nombreux ministres n’hésitent pas à régler directement leurs problèmes  par téléphone et SMS avec l’Elysée, sautant "Matignon" et son locataire. Lors de son intervention jeudi, soucieux de se faire passer pour le grand patron de l'hôpital France, le professeur François n’a pas cité une seule fois son chef de clinique, effaçant ce "collaborateur" et réduisant celui qu'au siège du PS on appelait 'La Voix de son Maître' à la condition d'interne anonyme. Jean-Marc Ayrault.

Le président François hésiterait à changer de cataplasme sur sa jambe de bois

Rien d'étonnant de la part d'un président qui foire son tête-à-tête télévisé
bien qu'il ait reçu les conseils d'une cinquantaine de conseillers en communication. 

"Si il s'agit de mettre en musique la politique du président de la République, à ce moment-là, François Hollande a parfaitement raison de garder quelqu'un qui est tout à fait fidèle, sur la même longueur d'ondes que lui", assure Gérard Grunberg, politologue social-libéral blairiste, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po.



Si Jean-Marc Ayrault manque de cette autorité naturelle qui distingue les petits chefs des chefs, il ne pourra soudain trouver en lui les ressources qui lui manquent depuis dix mois et s'imposer au-delà du perron de Matignon.
Il a totalement remanié son équipe de communication la semaine dernière, mais quand un Premier ministre a toujours besoin de plus de conseillers pour savoir comment être, il doit s'interroger sur l'urgence de sa reconversion...


mardi 16 octobre 2012

Cannabis: la "boulette" toxique de Peillon empoisonne le gouvernement

Le cannabis attaque le système nerveux central du gouvernement, note la presse

En proposant un débat sur la dépénalisation du cannabis, le Ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a lancé un pétard dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, estiment mardi de nombreux éditorialistes.

"Vincent Peillon a commis une... boulette", ne peut nier Didier Louis dans Le Courrier Picard et souligne: "il est ministre de l'Education nationale, astreint à un discours d'exemplarité dénué d'ambiguïté."
"A quoi donc pensait Vincent Peillon en proposant de dépénaliser le cannabis ?", s'interroge -à propos d'"un philosophe - l'indulgent Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro. "Les parents, les éducateurs dans les établissements scolaires, qui s'emploient à dissuader leurs adolescents de consommer des drogues, ne l'en remercieront pas", déplore Dominique Quinio dans La Croix.
"Quand on connaît les effets négatifs de la "fumette" sur le psychisme des ados (photo ci-contre), ce n'est pas le rôle d'un ministre de l'Éducation de les encourager pour exister médiatiquement", condamne Hubert Coudurier, pour Le Télégramme.
Rémi Godeau, dans L'Est Républicain, dresse un bilan comptable provisoire: "Trois couacs en cinq mois, c'est beaucoup pour le patient Peillon"
"Tout de même qu'avait-il mangé, bu ou fumé, pour foncer tête baissée dans ce piège grossier?", raille Denis Daumin, dans la Nouvelle République du Centre-Ouest qui ne désigne pas les poseurs puisque Peillon s'est emmêlé tout seul les pinceaux. Paternel, il pointe néanmoins une tendance pathologique: "Il est un peu récidiviste l'ami Vincent. La prochaine fois ce sera la porte, dernier avertissement !".
Un gaffeur emblématique du gouvernement Z-ayrault 
Si les éditorialistes ont pointé la déclaration de Vincent Peillon, une ex-proche -comme Najat Vallaud-Belkacem - de Marie-Ségol'haine Royal, aka Miss Boulette,  ils ont également remarqué, comme Jacques Camus, pour la République du Centre que "la dernière sortie du ministre de l'Éducation nationale s'ajoute à une liste impressionnante de couacs gouvernementaux".
"Depuis un mois, pas un jour ou presque, sans que l'autorité du Premier ministre, voire ses choix, ne soient mis à mal par des membres de son gouvernement", écrit Patrick Planchenault (L'Est Eclair) qui y voit: "un nouveau couac au sein du gouvernement"
Michel Urvoy, dans Ouest-France, voit pour sa part une "relance de la cacophonie que le Premier ministre peine à étouffer"
Mise en cause de l'absence d'autorité du pouvoir  
Philippe Reinhard (L'Eclair des Pyrénées) va en effet plus loin: "La sortie Vincent Peillon souligne que Jean-Marc Ayrault n'a aucune autorité sur ses ministres".
Pour Francis Laffon (L'Alsace-Le Pays), "Le rappel à l'ordre a été immédiat de la part du professeur Ayrault" mais une fois que le mal est fait: "C'est pourtant un nouveau couac".
"Le premier ministre, en pétard, a aussitôt écrasé le débat. Le débat sur la dépénalisation ne sera pas rallumé de sitôt", se ironise Xavier Panon dans La Montagne qui moque ainsi l'action contre-productive d'un gouvernement qui s'est pourtant attaché la casserole d'un ministère du "Redressement productif"... 
"François Hollande et Jean-Marc Ayrault doivent impérativement mettre fin à ce tintamarre permanent", s'alarme Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro qui se charge de sonner le tocsin pour la gauche.

vendredi 6 août 2010

Eric Besson s'emploie à "rétablir l'autorité de l'Etat"

Entretien avec Thierry Guerrier sur Europe 1

Le socialiste Eric Besson a défendu avec force les mesures annoncées par le Président de la République, la semaine dernière à Grenoble.
Chargé de mettre en œuvre les futurs amendements sur la déchéance de la nationalité, le ministre a réaffirmé qu'il faut revenir à l’état de droit qui prévalait avant 1998 : la déchéance de la nationalité française
pour les auteurs de crimes, français depuis moins de dix ans
et dont la condamnation est égale ou supérieure à cinq ans de prison ferme", a indiqué le ministre de l’Immigration.

Des cas de déchéance qui pourraient, selon le ministre, être élargis "aux crimes ou tentatives de crimes commis contre
les policiers,
les gendarmes
ou les personnes investies d’une autorité publique".

VOIR et ENTENDRE le ministre de l’Immigration détailler les mesures sur la déchéance de nationalité, le 03/08/2010:
Besson persiste et signe sur la nationalité
envoyé par Europe1.fr

samedi 6 février 2010

Un élève à sa prof: «Suce-moi l’cul ! »

Nos chères têtes blondes ont bien changé, ma bonne dame !

Parents, si vous saviez

Pas de quoi émouvoir notre opposition qui en est toujours à de la prévention...
La gauche a la solution: plus de personnel contre ce type d' « incivilité » banale qui désigne pourtant la vulgarité la plus abjecte, le profond mépris de la femme et le degré ultime du manque de respect dû aux fonctionnaires de l'Etat: une enseignante dévalorisée et bafouée, en l'occurence. Est-elle assez payée pour çà et les vacances sont-elles trop longues ? Combien sont-elles qui veulent toujours embrasser la profession, subir ce régime au quotidien et compléter les effectifs revendiqués des syndicats ?

Dans l'iconographie populaire,
l'agresseur, c'est le prof !...

En revanche, certains pisse-froid ne supportent pas.
Ainsi, un certain Daniel Faivre, que la presse vertueuse ne veut surtout pas entendre. Bien qu'il soit bien pensant (laïc, écologique et social, partagé entre PS -MRC- et PCF), il faut le cacher, ce professeur de français en banlieue.
Mais il écrit et PaSiDupes a déniché son site: Observatoire du laxisme à l'école
Ce qu'on y trouve laisse pantois.

Parents qui voulez savoir

Interdit aux moins de 18 ans 10 ans

«Suce moi l’cul ! »

Je déteste cette heure de vie de classe [ce temps particulier qui permet aux élèves de s'exprimer sur la vie de la classe, la vie de l'établissement, leur vie tout court] imposée aux professeurs principaux par une hiérarchie [adeptes FSU du pédagogisme ] qui se veut à l’écoute des élèves [et de Meirieu, depuis Jospin] Encore que mon principal ne manque pas d’autorité et la municipalité de Nanterre, communiste ancien style [Patrick Jarry], non plus. Mais, obligation de service oblige. Et cette heure est censée libérer la parole des jeunes. Libérer de quoi ? d’une oppression de qui ? Ainsi voit-on l’école, comme un lieu où s’exercerait un pouvoir répressif sur de pures et fraîches sensibilités ! Cette vision rousseauiste heurte tout ce qui est à l’origine de ma vocation, un désir de transmettre et non de soumettre.
Prétextant l’urgence pédagogique d’une remise à niveau, j’avais toujours reporté l’heure fatidique, au grand dam de mon administration et surtout des élèves, pressés de massacrer mes collègues et de révéler des secrets. Ce matin de décembre je dois céder à l’injonction du principal adjoint, tout heureux de remplacer ainsi un prof malade : « faites surtout prendre conscience aux gravement punis… »
Installés, les regards malicieux de mes élèves-ils connaissent mes réticences pour ce défouloir - tous d’origine maghrébine ou africaine, me guettent, amusés. Après un bref coup d’œil sur les sanctions du premier trimestre, j’interpelle le plus gravement puni ( Mamadou, 2 jours d’exclusion).
- as-tu pris conscience de la gravité de tes actes ?
- M’dame,
j’ai juste dit à la prof de gym qui m’prenait l’chou, « Suce-moi l’cul ! ». [On imagine le quotidien familial !] Explosion bruyante d’une hilarité générale ! Je me contiens difficilement, ils le sentent, les rires redoublent. Je dois absolument me contrôler, pour ma collègue, pour moi, quelle honte de devenir complice ! Mais comme de bien entendu, la lutte est inégale, c’est le rire qui gagne !
Du coup je suis devenue la parfaite démagogue à mon corps défendant

L’anecdote me fut contée en ce début 2010 par une jeune enseignante. L’heure de vie de classe invite en effet à cette familiarité malsaine sur le dos des collègues, brisant la nécessaire solidarité adulte. Elle ne donne d’ailleurs que très rarement l’occasion de rire ; Le ton est toujours revendicatif, acrimonieux ou fielleux. Tout est toujours de la faute des profs. Les enfants sont naturellement vicieux ; La Fontaine s’en amusait, Rousseau beaucoup moins !
Que la bien pensance et l’idéologiquement correct se rassurent, la parité filles garçons est aujourd’hui, à ce sujet, respectée. A Courbevoie où j’enseignais, plus blanche
[juste ciel !] que Nanterre, les petites de sixième s’apostrophaient : « j’m’en bats les couilles ! » et « va niquer ta mère ! ». Les deux leitmotivs collégiens. Plus généralement, le médium adolescent- look, gestes, paroles, graffitis- l’atteste partout. Quelques rares oasis privilégiés perpétuent le charme désuet de la différence, même si George Sand ou Colette ne s’abusaient pas sur les rapports troubles entre les filles et les garçons. Ce sont les folles intensités des attirances naturellement précoces et non cette pornographie tristement égalitaire et, au bout du compte, mercantile [vous étiez prévenu(e)]. De La Petite Fadette à NTM, de Claudine à l’école à Diam’s en colère, il y a la toute puissance amorale du marché. Et l’impuissance des adultes, leur démission.

Dans ce « suce moi l’cul ! »,
ce qui choque n’est pas la scatologie somme toute potache [banalisation typique], mais l’adresse elle-même d’un garçon de douze ans à une femme [stigmatisation en revanche dans l'air du temps]. Son professeur qui plus est [il faut de nos jours être enseignant pour produire ce type d'amertume archaïque]. Ne peut on pas y lire comme un rejet méprisant de ce copinage, à la lettre pédophilique, qui caractérise précisément la pratique pédagogique et la novlangue des collèges : heures de vie de classe, bureau de la vie scolaire, animations de tous ordres, apprenants et non plus élèves ? Hommage admiratif et soumis à leur jeunesse en tant que telle ?

[Sans se poser de questions sur les programmes de télévision -et aussi de radio-, ou mettre en cause la Commission de classification des œuvres cinématographiques], Dans Rebel Without A Cause, James Dean, en pleurs, tente désespérément de redresser son père, devenu chiffe molle, pour qu’il soit un homme. Dans toutes ces provocations collégiennes n’y a-t-il pas au fond une demande, elle aussi désespérée, d’Autorité ? [Le A -majuscule- n'est-il pas admirable ?]

Faut-il demander à la FSU (syndicat dominant), à la FCPE (fédération de représentants de parents d'élèves alignés) et à l'opposition politico-médiatique. Hélas aussi à une portion de la majorité.

jeudi 12 novembre 2009

Horreur ! L'UMP veut responsabiliser les parents

Chacun son métier et les veaux seront bien gardés

Visiblement, la majorité ne pense pas qu'aux élections !

Trois ans après l'adoption du contrat de responsabilité parentale (lien), la majorité entend relancer ce dispositif aujourd'hui quelque peu oublié.

Remisé dans les tiroirs depuis son adoption très controversée au printemps 2006, le contrat de responsabilité parentale ressurgit. Le député et président du Conseil Général des Alpes-Maritimes (ci-contre), Éric Ciotti est chargé des questions de sécurité à l'UMP. Il entend donc donner une nouvelle vie à ce dispositif à l'occasion de l'examen de la loi pour la sécurité intérieure, en 2010. Car cette mesure visant à accompagner psychologiquement les parents en difficulté, et dont le non-respect peut être sanctionné par une suspension des allocations familiales, n'a pas été appliquée : en trois ans, seuls 23 contrats ont été signés en France.
«Il faut pousser les départements à mettre cet outil au centre de leurs dispositifs de prévention de la délinquance», assure aujourd'hui Éric Ciotti, également président du conseil général des Alpes-Maritimes, qui vient de mettre la mesure en place. Le secrétariat d'État à la Famille, qui mise beaucoup sur «l'accompagnement à la parentalité», y est également favorable.

Éric Ciotti n'est manifestement pas soixante-huitard

La politique de prévention trouve ses limites face aux troubles scolaires graves.

Le contrat de responsa-
bilité parentale est proposé aux parents d'enfants scolarisés, âgés de 6 à 16 ans, et présentant des troubles scolaires graves : absentéisme, indiscipline, violence ou «toute autre difficulté liée à une carence parentale». Ces difficultés peuvent être signalées par le directeur d'école, l'inspecteur d'académie ou le maire. «Aujourd'hui, la famille peut refuser la signature du contrat, constate Éric Ciotti, né en 1965. Je vais proposer de rendre obligatoire ce plan de restauration de l'autorité parentale : à l'avenir, il faudra pouvoir l'imposer.»

L'école des parents

S'ils signent, les parents et l'élève sont reçus par un psychologue, ensemble ou séparément, pendant six mois. Les entretiens sont confidentiels. «L'absentéisme signale souvent une détresse familiale, explique le président d'une association chargée de ce soutien social. L'objectif est d'aider les parents à retrouver les repères éducatifs perdus. C'est sur eux que le travail se centre. Mais il faut aussi comprendre le désintérêt de l'enfant pour l'école et lui redonner confiance.» Les difficultés peuvent être liées à la structure familiale, monoparentale ou recomposée. Pour ce directeur d'association, le contrat «n'est pas un contrôle ni une coercition exercée sur les parents. La plupart du temps, ils sont d'ailleurs très demandeurs. Et les résultats sont là».
Si les rendez-vous ne sont pas honorés, le versement des allocations familiales peut toutefois être temporairement suspendu. C'est cette sanction, appliquée à des familles souvent en proie à des difficultés financières, qui avait déclenché une vive polémique en 2006.
«Si le texte n'a pas été appliqué, ce n'est pas seulement une question de sensibilité politique, constate de son côté un porte-parole de l'Assemblée des départements de France. De droite ou de gauche, les conseils généraux estiment simplement qu'ils n'ont pas à s'occuper de l'absentéisme, qui relève de l'Éducation nationale


Et les professeurs maso de la FSU n'approuveront même pas !

jeudi 26 juin 2008

Enseignement : peut-on juger la gifle sans juger l’insulte ?

C’est le respect que l’idéologie dominante entend condamner
José Laboureur sera jugé pour avoir giflé un enfant de 11 ans qui l'avait traité de "connard".
Le jeune adolescent et sa famille ne se sont pas déplacés.

Les hypocrites s’offusquent de la gifle mais ferment les yeux sur l’insulte. L’injure est un détail de l’Education Nationale au quotidien. La gifle ne l’est pas et seul le sensationnel retient l’attention. Le caractère exceptionnel de la gifle est amplifié par la banalisation du manque de respect des enfants envers les adultes, et de l’autre. Au lieu d’être facteur de relativisation, l’exception rend le geste plus intéressant. Il est clair que notre société a allégrement sauté une étape, puisqu’elle condamne l’adulte qui a un geste naturel pour se faire respecter et l’enfant qui ne respecte personne.
Dans une salle de classe, lieu ouvert, ni l’insulte, ni la gifle ne peut être occultée.
La scène s’est donc produite en public, mais l’irrespect est né dans le secret des familles pour s’étendre à l’anonymat des lieux publics ouverts. Il est ensuite apparu dans l’école, peu à peu, sans que personne ne l’ait vu venir. Cette progression subreptice a été négligée, puis tue. Aujourd’hui, alors que les cas se multiplient dans toutes les villes et s’étendent aux villages, le ministère est mal informé car les chefs d’établissement ne font pas remonter les rapports d’actes délictueux à leur autorité de tutelle, de crainte d’être mal jugés.
Pourquoi l’insulte ne traumatise-t-elle donc personne ?
Au recul de la moralité correspond la progression de la violence, qu’elle soit physique ou verbale. Dans le même temps où la politique impose au professeur de se muer d’enseignant en éducateur, la société le prive paradoxalement de sa considération et le traite en garde d’enfant, en tuteur. Le maître d’école d’antan n’est plus aujourd’hui le maître de l’école: l’enfant est le roi à la maison comme à l’école et partout, avec le consentement forcé de ses parents. Ceux-ci se doivent d’être jeunes, ouverts et permissifs. Et copains ! Le prof peut-il être autre chose ? Le pourvoyeur de notes, le passeur d’une adolescence torturée à une jeunesse rebelle, le facilitateur d’intégration, quelle qu’elle soit !
En démissionnant, les parents poussent les enseignants à la démission. D’ailleurs pourquoi les employés de l’Etat réussiraient-ils mieux que les géniteurs qui savent tout mieux que quiconque de ce qui est bon pour leurs rejetons ? S’il est un lieu où le droit du sang a cours, c’est bien à l’école en matière d’autorité. Or, si les parents se font insulter ou se laissent simplement dominer à la maison, ni eux ni leurs gosses ne pourraient admettre qu’une tierce personne réussisse à se faire respecter, là où ils ont échoués.
On n’insistera pas sur l’injure, au risque de se faire montrer du doigt. Le père de l’enfant a-t-il en effet donné l’exemple ? Il a peut-être coutume de traiter chez lui les professeurs de ‘connards’ ? Et sa hiérarchie ? L’exemple ne viendrait-il que de l’extérieur ? Juger le jeune mal élevé amènerait à se tourner vers les pratiques de la famille et du quartier…
En revanche, l’honneur d’un prof ne requiert aucun ménagement, ni compréhension, alors même que la société veut bien reconnaître ses mérites, quand tout va bien, ou que rien ne transpire, qui pourrait l’interpeller, la perturber. Un adulte est insulté en public par un enfant, la belle affaire, puisque c’est le quotidien des parents ! La victime a plus de cinquante ans, le petit grossier n’en a que onze et cet écart plaide en faveur du petit impoli. Le respect de soi imposait de riposter comme personne n’avait manifestement eu le courage de réagir.
L’enfant, ni ses congénères, n’aura pourtant appris quoi que ce soit dans cette affaire. Notre société suicidaire se dégrade avec volupté. Les forums se répandent en idées creuses et incohérences. C’est le fruit d’un certain enseignement. L’accusé sera jugé sur les critères que propage l’Education Nationale. La leçon de respect que l’enseignant a infligée est effacée. La société passe encore à côté d’une occasion de rappeler le respect à ses enfants.
L’idéologie paralyse les parents comme les enseignants : notre société est gangrenée.
Bayrou libéré de cette idéologie

La gifle de François Bayrou envoyé par TVVORE47

mercredi 21 mai 2008

Grève : la démocratie à l’épreuve de la volonté de puissance des syndicats

Un test pour la gauche politique et syndicale
François d’Orcival a écrit cet article dans Le Figaro Magazine du 17 mai 2008.
En voici le texte :
La pyramide de l’autorité

On en est toujours là : à une affaire d'autorité. Nicolas Sarkozy a gagné la première manche à l'automne dernier. Le 26 octobre, il s'était rendu dans un centre d'entretien de la SNCF à Saint-Denis pour expliquer aux cheminots qu'il ne renoncerait pas à l'alignement de leurs régimes spéciaux de retraite sur les autres. ll était tombé sur un syndicaliste de …SUD Rail en colère : « On descendra dans la rue et on vous fera céder, vous,comme les autres. »
C'était un défi. «La rue ne me fera pas plier, avait répliqué le président de la République ; le chantage à la rue, ça ne marchera pas! » Il n'a pas marché. [Désirdavenir Royal aurait rétorqué : « Vous n’arriverez pas à me déstabiliser ! »]
Nous voici à la seconde manche. En ce mois de mai, le mois de toutes les épreuves. Les syndicats mobilisaient ce jeudi: ils reviennent le 22. Même protestation: contre la réduction des effectifs dans la fonction publique, y compris à l'Education nationale, et contre l'allongement pour tous de la durée de cotisation des retraites. Depuis 1986, (loi Devaquet sur les droits d'entrée à l’université) jusqu'en 2006 (le projet de CPE), les lycéens auront manifesté en moyenne tous les dix-huit mois, et les gouvernements leur ont cédé à peu près partout pour éviter tout « accident ». Les syndicats d'enseignants le savent bien et c'est pour cela qu'ils placent les élèves en écran devant eux.
Or, si Nicolas Sarkozv devait donner, cette fois aussi, le plus petit commencement d'un signe de repli, le barrage serait emporté. Pas seulement celui des réformes à venir mais surtout celui de l'autorité publique. C'est-à-dire la sienne. Cette autorité qu'il a reçue l'an dernier du suffrage universel. Plier devant la rue serait une renonciation à la démocratie. Plus même : une renonciation à donner l'exemple.
Car les lycéens, qui manifestent ces jours-ci par procuration pour les syndicats de professeurs les plus obtus, expriment aussi confusément un besoin extrême d’autorité. Et si celle-ci ne vient pas du sommet de l’Etat et s'arrête à la grille du lycée, qui l'exercera ? II n'y a pas d’apprentissage de la vie «en société, d’enseignement sans cette discipline qui n’est autre que le respect d'une autorité et qui consiste à « appeler chacun à ses devoirs ».
Pour l'affirmer, Nicolas Sarkozy devrait profiter de son impopularité actuelle pour aller aussi loin que possible dans la réforme de ce qui doit changer dans ce pays afin de lui rendre son rang [le rang de la France]. Lui le sait. Il l'a expliqué le 7 mai dernier aux élus de sa majorité. Grâce à quoi son impopularité serait aussi provisoire que l'aura été son état de grâce.

samedi 3 mai 2008

La génération 2008 des lycéens plébiscite la discipline et la réussite scolaire

Les jeunes qui revendiquent plus d’autorité sont-ils dans la rue un jour sur deux ?
Encore un sondage sidérant !
Les lycéens de 2008 sont en quête d'autorité. À quelques jours du quarantième anniversaire des événements de mai 1968, un sondage publié mercredi 23 avril par le magazine du groupe Bayard comme La Croix ou I Love English, Phosphore, pour lycéens (15 - 25 ans), démontre qu'ils ne sont pas vraiment des révolutionnaires!
Selon cette enquête, réalisée auprès de 1 500 jeunes de 20 établissements,
- 80 % des jeunes estiment que les enseignants devraient exercer leur autorité pour faire respecter
- l'écoute en classe,
-mais aussi le respect des autres (82,6 %)
-ou encore les travaux scolaires (73,4 %) et le règlement.
En revanche, les lycéens souhaiteraient plus de clémence sur les retards… Parmi eux, les filles sont les plus demandeuses d'autorité.

Un constat qui, selon Georges Felouzis, sociologue de l'université de Genève qui a participé à l'étude, s'explique par l'évolution de la société : «on ne peut pas se révolter contre quelque chose qui n'existe plus de la même manière». Ces résultats sont également à mettre en regard des revendications actuelles des lycéens, de blocages de lycées en manifestations. Car ils ne se mobilisent pas pour remettre en cause l'ordre établi, mais contre des suppressions de postes dans l'Éducation nationale.

A chacun son prof ?
«Rendez-nous nos profs !», lisait-on ces dernières semaines sur les banderoles lycéennes. Selon la psychologue Gaëtane Chapelle, qui a également contribué à l'étude, «cette génération est la première qui est entrée à l'école avec la perspective que quasiment tous iraient au lycée et que le baccalauréat est indispensable». Dans ce contexte, «les lycéens demandent que le système éducatif mette en œuvre les meilleures conditions pour qu'ils accèdent à cet objectif», explique Georges Felouzis . La nouveauté est plutôt que l'idée que le système éducatif ne serait pas à leur hauteur n'avait pas encore été inculquée aux générations précédentes! Les intéressés décrivent souvent des classes surchargées où règne un éternel chahut . A croire que le chahut est créé par les profs... Donc, plus de profs et de caméras de surveillance dans les classes ?

Les jeunes veulent en revanche que cette autorité retrouvée soit adaptée à leurs désirs !
Des sanctions acceptées
Pas d'augmentation des heures de colles, des exclusions ou encore des remontrances… Il est bien connu que les lycéens sont brimés et que leurs professeurs tachent leurs vêtements, volent leurs affaires, les insultent et crachent à trois pas.
L’autorité négociée
60,8 % d'entre eux préféreraient que les professeurs exercent leur autorité en tête à tête.
«En clair, les lycéens demandent plus de discipline tout en en contestant les modalités actuelles. Ils demandent de l'autorité mais enlèvent les outils aux profs !», explique Gaëtane Chapelle qui met en garde contre une autorité qui ne serait exercée qu'en tête à tête. Elle s'explique par le souci de l'image qu'ont les jeunes de cet âge. L'image qu'ont d'eux leurs professeurs leur importe nettement moins !
La nouvelle autorité découle également des bouleversements au sein de la famille. «L'autorité dans le contexte familial s'est transformée en une négociation permanente entre les adolescents et les adultes, et les lycéens voudraient reproduire ce modèle dans la sphère scolaire», explique Gaëtane Chapelle.
Echec de la formation à l'autonomie
La conception des jeunes de l'autorité est révélatrice d'un besoin de plus d'individualisation face à la massification de l'enseignement. Est-ce à dire que la pédagogie différenciée aurait échoué?
«Méritocratie à la française»
Et ce alors que le site note2be, qui notait publiquement les enseignants, a suscité beaucoup d'émoi avant que les références nominatives ne soient retirées. Pour ces lycéens, le système éducatif est une fabrique de diplômé(e)s. Il sert avant tout à
-réussir les examens, pour 83 % d'entre eux;
- acquérir une culture générale (76,4 % des lycéens interrogés) et
- s'orienter (72,1 %).
Clairement, pour 77,7 % des jeunes, le baccalauréat est utile, voire indispensable pour près de 70 % d'entre eux. Et seuls 18,4 % le trouvent facile ; la proportion de ceux qui ne l’ont pas du premier coup (sachant que tous l’obtiennent à l’usure, au mérite selon les jurys qui récompensent l’acharnement.
La méritocratie séduit les 85% de bacheliers…
Quelle idée se font-ils donc du mérite ? «Face à la peur de l'avenir diffusée dans la société et la perspective du chômage, ces jeunes sont attachés au système de la méritocratie à la française et l'obtention d'un diplôme national légitime», même dévalué, explique Georges Felouzis. En revanche, seuls 18 % jugent le bac suffisant.
Et ils ne sont pas pour un statu quo sur sa forme. En effet, seule une courte majorité estime que le baccalauréat devrait rester tel quel tandis que l'autre petite moitié d'entre eux suggère d'intégrer plus de contrôle continu.
Or, le contrôle continu, c'est plus d’arbitraire ! Et d’inégalité de classe à classe et d’un établissement ou d’une académie à l’autre. Sans parler du chantage sur les profs soumis aux pressions du front des élèves et de leurs parents, mais aussi des chefs d’établissements obsédés par leurs taux de réussite. Rien que du positif, donc ! Un projet de réforme en ce sens présenté en 2005 par François Fillon avait été retiré face… aux manifestations lycéennes ! Manipulables, les jeunes autonomes qu'on dit émancipés et plus mûrs que leurs parents?

Alors que Xavier Darcos s'apprête à donner aux syndicats la feuille de route de la réforme du lycée, seuls 45,7 % des lycéens estiment que les cours magistraux sont efficaces et 37,1 % les jugent intéressants, tandis qu'ils demandent plus de sorties pédagogiques, intéressantes pour 70,3 % d'entre eux. Et probablement plus de convivialité et d'interactivité dans les apprentissages ? Gagné !
Le travail en groupe est jugé utile et intéressant pour les deux tiers d'entre eux. Ce qu'ils demandent : du soutien personnalisé. Il faut toutefois signaler que cet engouement est lié au dédoublement de ce type d'enseignement. Faut-il aller vers le tutorat pour tous !
Au lycée Honoré-de-Balzac, dans l'Essonne, Fatiah apprécie l'heure d'«aide maths» qu'elle suit avec une dizaine de camarades le jeudi. «J'avais l'impression de comprendre en cours, mais j'avais des difficultés aux contrôles, ces cours en petits groupes m'aident vraiment», explique-t-elle. Ce soutien n'existe qu'en seconde et l'une des pistes de la réforme du lycée est précisément de développer l'expérience. C'est aussi le constat d'une brillante pédagogie en oeuvre depuis des années: apprendre à apprendre.
Il reste donc du chemin à parcourir... et une question...
Le sondage ne pose pas LA question fondamentale de confiance:
l'effort vous convient-il?...

On retrouve bien là la génération individualiste du ludique !