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mardi 19 mars 2019

Ratés de Castaner lors de l'Acte XVIII  : Macron sous le feu des critiques

Gilets jaunes  : l'exécutif poussé à se montrer à la hauteur

Edouard Philippe fera "ses propositions d’adaptation à Emmanuel Macron lundi à 11 h 30"

"Tous ceux qui étaient là se sont rendus complices de ça."
Jusque-là, ces gueux n’étaient que des antisémites, des homophobes, 

des xénophobes, des ultras de gauche et des ultras de droite.
Cette fois, pour Macron, ce sont des terroristes-casseurs-assassins.

Quatre mois après le début du mouvement social pour la défense du pouvoir d'achat contre la sur-fiscalisation incarnée par les Gilets jaunes et au moment où s’achève le grand débat national, l’acte XVIII de la mobilisation met de nouveau Emmanuel Macron sous la pression de la rue et de l’opposition laquelle dénonce "le laxisme sécuritaire" de l’exécutif. La manifestation du samedi 16 mars a été marquée par un regain de participation - multipliée par quatre, par rapport à la semaine précédente - et de violences en marge de la manifestation, principalement sur les Champs-Elysées à Paris, contraignant  le président à écourter ses vacances à la neige, une légèreté vécue comme du mépris, alors que deux manifestation avaient lieu conjointement. D'autant que la seconde, la Marche du siècle pour le climat, a détourné d'importants effectifs policiers, en plus de ceux affectés à la protection d'un palais présidentiel déserté.

Une réunion d'urgence de plusieurs membres du gouvernement, autour du premier ministre Edouard Philippe, a débuté dimanche peu après 17h30. 
Au terme de cette réunion, le gouvernement a admis des "dysfonctionnements" dans le dispositif de sécurité mis en place samedi à Paris. Edouard Philippe fera "ses propositions d’adaptation à Emmanuel Macron lundi à 11 h 30", lundi, a annoncé Matignon.
"L’analyse des événements d’hier met en évidence qu’il s’est révélé insuffisant dans son exécution pour contenir ces violences et éviter les agissements des casseurs. Il faut tirer toutes les conséquences de ces dysfonctionnements", a ajouté, mais un peu tard, Matignon dimanche.

Les éléments les plus exaspérés avaient adressé un "ultimatum" au pouvoir.
Des Gilets jaunes avaient alerté samedi sur un "regain de mobilisation" pour leur acte XVIII intitulé "l'ultimatum". Le pouvoir et sa presse - tout aussi méprisante - en avaient conclu que le mouvement s'apprêtait à vivre son épilogue. Eric Drouet, l'une des figures les plus écoutées, avait prévenu dès le soir de l'acte XVII : "Maintenant, on va passer aux choses sérieuses : l'acte XVIII arrive et ça, Macron, tu peux te méfier parce que ça va être un regain de mobilisation."

Le président Macron n'a encore pas entendu le message.
La date du 16 mars avait été annoncée depuis quelques semaines comme une journée cruciale, et ce, alors que le nombre de manifestants est en baisse constante ces dernières semaines. Selon les chiffres minimalistes du ministère de l'Intérieur, dont les Gilets jaunes ont démontré qu'ils sont justifiés à contester les interprétations malveillantes, ils étaient 28.600 manifestants en France pour l'acte XVII, soit dix fois moins - après 17 semaines - que les 282.000 du 17 novembre lors de l'acte inaugural du mouvement. 
Le Point n'a pas l'honnêteté déontologique de choisir des références révélatrices:

"Le chauffeur routier de Seine-et-Marne" (un portrait quelque peu réducteur, voire méprisant, par le magazine de François-Henri Pinault, s'agissant du "meneur" du mouvement) avait invité les sympathisants à converger vers la capitale et Castaner ne pouvait l'ignorer (sauf s'il a passé toutes ses nuits en boîte): "On attend les Toulousains avec impatience, les Bordelais, les Marseillais, les Rouennais...", évoquant même le renfort de sympathisants d'Italie, Belgique, Pays-Bas, Pologne. Le Point omet-il à dessein l'Allemagne et son "Black bloc" ou est-il incompétent ? 


Combien de fois faut-il le dire à Macron, Philippe et Castaner ?
Une autre tête connue des Gilets jaunes, Maxime Nicolle, avait promis une journée "mémorable", "un week-end à la neige parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation". Or, trois samedis de décembre et janvier avaient déjà donné lieu à des scènes d'émeutes urbaines, dont les images, notamment sur les Champs-Elysées, ont effaré le monde entier. 

A Paris, et suite aux dénonciations par La Haut-commissaire aux Droits de l'Homme à l'ONU, par le Conseil de l'Europe et par le Défenseur des droits en France des violences policières par usage disproportionné de LBD, la préfecture de police avait révélé "un retour au principe de non-déclaration des manifestations", malgré le "risque de cortèges sauvages". Un seul rassemblement a été déclaré malgré les événements créés sur Facebook, dont un "Acte XVIII - Ultimatum - La France entière à Paris". 
Il y avait, selon une source policière, "des indications que des éléments radicaux vont se mobiliser à Paris".

Des gentils "marcheurs du siècle pour le climat" ont-il rejoint les Gilets jaunes, samedi ?
Le même jour, étaient prévues à Paris plusieurs autres manifestations : la Marche du siècle pour le climat, une journée d'action des forains qui appellent les Gilets jaunes à les rejoindre (et inversement ?), ainsi que la Marche des solidarités contre les violences policières et le "racisme d'Etat".
Des éléments de ces deux dernières catégories ont-ils convergé sur les Champs-Elysées ?

"Samedi [16 mars], ce sera vraiment le début du mouvement", "le premier jour d'un nouveau combat"

Des « gilets jaunes » rassemblés au péage du Boulou, le 21 décembre 2018. Les manifestants avaient rendez-vous aux abords de plusieurs gares, place du Châtelet, sur les Champs-Elysées, etc avant de "converger vers un même objectif : faire le siège de l'Elysée". 
Sébastien Paturel (au centre sur la photo) et d'autres représentants du mouvement des Gilets jaunes, lors d'une conférence de presse à Marseille, annonçant le départ d'une "marche pacifiste" de Marseille à Paris, le 8 février 2019. AFP / GERARD JULIEN
Dans les Hauts-de-France, une dizaine de Gilets jaunes approchent de Paris, suivis par leur voiture-balai et encadrés par des gendarmes. Un premier départ avait eu lieu le dimanche 10 février du Boulou (Pyrénées Orientales), en passant par le Vaucluse, le Gard ou l’Ardèche, mais le gros de la troupe était au départ de Marseille, le 16 février, les marcheurs devant converger sur la capitale le 17 mars en sensibilisant les Français au référendum d’initiative citoyenne. "C’est la deuxième marche que nous organisons", précise Sébastien Paturel (au centre sur la photo ci-dessus), parti du Boulou ... 
En effet, celle-ci a été montée sur le modèle breveté de la Marche solidaire pour les migrants 2019 au départ de Vintimille en Italie en direction de Calais, en franchissant la frontière à trois reprises: à Fanghetto, au col de Tende et au col de l’Echelle. C'était la seconde marche citoyenne de soutien aux migrants et demandeurs d’asile après celle de 2018, initiée par L’Auberge des Migrants. Depuis quelques semaines les Gilets jaunes marseillais ont fait du Théâtre Toursky – fondé dans les années 1970 par l’auteur et comédien libertaire, Richard Martin, dans le 3e arrondissement de Marseille – le siège régulier de leurs réunions. "On ne lâchera absolument pas le mouvement tant qu'on aura pas obtenu la justice fiscale, la justice sociale et la démocratie par le RIC !" clame l'une des marcheuses, Patricia Boulan, 61 ans.

Des actions étaient annoncées en régions, de Bordeaux à Lyon en passant par Montpellier, Dijon ou encore Caen... 
Pour Jocelin, chauffeur-livreur de 48 ans dans le Var, "le mouvement n'est pas fini, et si Macron ne lâche pas plus que ce qu'il a déjà lâché, ça va mal finir, ce sera Mai 68 en pire". "Je suis toujours à fond, je fais partie de la poche de résistance", affirmeait de son côté Luc Benedetti, à Marseille, qui estime que "samedi [16 mars] ce sera vraiment le début du mouvement", "le premier jour d'un nouveau combat".

Une mobilisation annoncée en hausse, mais prise à Paris avec condescendance.
"Sortez, sortez, sortez le 16 mars", a de son côté exhorté le député La France insoumise (LFI), François Ruffin. Relayée par l''Agence France-Presse, une source policière reconnaissait qu'il y avait "beaucoup de facteurs qui permettent d'envisager une mobilisation supérieure à celle des précédents samedis". 

Le pouvoir et sa presse aux mains d'hommes d'affaires défendent le business
Vendredi, le ministre de l'Intérieur Castaner avait confirmé "une certaine inquiétude sur des ultraviolents qui pourraient se mobiliser, mais nous serons présents partout où le risque peut apparaître", avait-il promis. "Demain, nous serons extrêmement vigilants et totalement mobilisés, à Paris comme partout en France", a affirmé Christophe Castaner, expliquant ne pas "mobiliser trop de forces de tel côté" pour se déployer "le plus rapidement possible". 

Quatre mois après, certains ont remisé le gilet jaune dans la boîte à gants, ruinés par les frais de déplacements, déçus par la diabolisation médiatique du mouvement ou lassés des violences de l'ultra-gauche et des voyous venus des quartiers qui ont nui aux manifestations. La presse s'est livrée à une sélection tendancieuse des témoignages. Ainsi Le Point cite-t-il Elodie Labat de Bordeaux, qui a "rendu" son gilet jaune fin janvier  "C'est l'usure qui nous a eus, la fatigue, les tensions... C'est compliqué de passer deux mois et demi dans la rue". Mais ce type de lassitude a été également entendu sur France Info, comme si les media institutionnels s'étaient donné le mot ou suivaient les consignes du service de presse de l'Elysée...


Une dénonciation par les journalistes les plus "libres" du pays : "du marxisme de bazar et du talibanisme de salon," selon l'éditorialiste Jean-Michel Aphatie sur Europe 1 (Lagardère SCA)."Ces manifs, pardon, mais elles devraient être désormais interdites," affirme Alba Ventura, éditorialiste sur RTL (groupe M6, propriété du groupe allemand Bertelsmann). "Les gens, qui sont les casseurs avant tout, qui rejoignent les "gilets jaunes", sont quelque part des sortes de terroristes", prévient Gérald Barbier, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris sur BFMTV (Altice). Rejoint par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, pour qui "ce sont des assassins."
Castaner et Le Maire entendus par le Sénat

L’opposition interpellait encore dimanche sur "le laxisme sécuritaire" voire le laisser-faire de l’exécutif face aux "casseurs professionnels" qui ont saccagé une partie des Champs-Elysées, le gouvernement dénonçant une "polémique" inutile et "de la petite politique politicienne".

Les ministres de l’intérieur Christophe Castaner et de l’Economie Bruno Le Maire seront auditionnés mardi par les commissions des Lois et des Affaires économiques du Sénat, pour s’expliquer sur les violences "d’une réelle gravité" qui ont émaillé la mobilisation de samedi.
Les deux ministres seront entendus par les deux commissions réunies "sur les moyens mis en place pour faire face à ces troubles et sur les conséquences de ces nouvelles dégradations sur la situation du commerce et l’attractivité économique de notre pays", a précisé dimanche, dans un communiqué, le Sénat dominé par l’opposition de droite.
La commission des Lois et la commission des Affaires économiques, présidées respectivement par Philippe Bas (LR) et Sophie Primas (LR), procéderont chacune "à des auditions complémentaires", dont la liste sera publiée "dans les prochains jours". Le Sénat affirme haut et fort sa mission de "contrôle" du gouvernement, face à une Assemblée nationale impassive: elle est massivement dominée par la majorité présidentielle...

La colère de la maire socialiste de Paris
Dans un entretien au journal macronien Le Parisienla maire d'opposition, Anne Hidalgo, se dit "extrêmement choquée par ces violences" : "J’ai assisté à des scènes incroyables", comme si elle était présente parmi les casseurs.... Et d'ajouter à l'attention de l'électorat : "J’ai vu le nombre de boutiques dévastées…" Sans oublier l'incontournable couplet en langue de bois : " Je pense aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux citoyens." Elle n'a oublié personne.
Elle entend demander des comptes au pouvoir. "Je souhaite rencontrer le premier ministre : "J’attends du gouvernement des explications, des réponses, qui n’excuseront en rien ces violences. Mais il faut sortir de ce cauchemar. Cette fois, ça suffit. (…) Mon sentiment, c’est qu’on devrait effectivement être capables de maîtriser une situation comme celle que nous venons de vivre. (…) Nous sommes au cœur d’une crise sociale et politique majeure. Ces fractures ne peuvent pas durer. On ne peut plus continuer comme ça ! »

L’Elysée promet des "décisions fortes"
Critiqué par les oppositions qui dénoncent "l’incompétence" de l’exécutif, Emmanuel Macron a froncé le sourcil, promettant samedi soir, à son retour des pistes de ski, des "décisions fortes" en réponse aux dégâts commis sur les Champs-Elysées.
"Nous avons aujourd’hui des gens qui essayent par tous les moyens (…) d’abîmer la République pour casser, pour détruire au risque de tuer", a affirmé le skieur, venu à la cellule de crise du ministère de l’Intérieur pour faire le point sur ces nouvelles scènes de violence rappelant des épisodes précédents du mouvement social. "Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre, a-t-il affirmé, mais très clairement la journée d’aujourd’hui montre que, sur ces sujets-là et ces cas-là [!], nous n’y sommes pas", a-t-il admis.


Macron réagit aux critiques de l’opposition unanime

Samedi soir, le chef des Républicains (LR), Laurent Wauquiez


Eric Ciotti a de son côté critiqué la volonté du président de la République de demander au Conseil constitutionnel de se prononcer sur la loi anticasseurs. 

Bruno Retailleau (LR) dénonce la démarche présidentielle visant la loi votée par sa propre majorité : 

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les élections européennes, a appelé à "mettre fin à l’impuissance de l’Etat".


"Maintenant, il faut qu’il parte, tacle le député LR, Philippe Gosselin. Au bout de 18 semaines de manifestations, on est retourné à la case départ et l’image que la France renvoie à l’extérieur est déplorable".

Président de la région des Hauts-de-France et ex-LR, Xavier Bertrand estime que les forces de l’ordre auraient du d’avantage "faire usage de la force":
"Ça ne s’arrêtera pas comme ça. Le gouvernement ne doit pas avoir peur de faire usage de la force et de la force du droit. Pourquoi les forces de l’ordre ne sont pas intervenues, quelles consignes ont été données ?" 

Le centriste (UDI) Jean-Christophe Lagarde a fait valoir que "personne ne peut croire que les moyens nécessaires à la sécurité ont été mis. Si la loi anticasseurs, votée au Parlement, n’était pas bloquée par @EmmanuelMacron on serait plus efficace !.

Marine Le Pen publie sciemment sur Twitter une photo du 1er mai 2018 : "Les black blocs détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité", évoquant les violences des hommes de main de Macron, Crase et Benalla.
A gauche, Olivier Faure, premier secrétaire du PS s’est interrogé "sur la stratégie du gouvernement, on voit bien qu’ils sont entrés dans une logique sécuritaire et que ça leur permet d’esquiver un autre débat, le débat social".

Le PCF a présenté samedi '10 propositions pour la France', à l’occasion de l’acte XVIII des Gilets jaunes et de la grève nationale de la CGT et de FO. 
D’abord, lors d’un meeting place Chassaigne-Goyon, à Paris (8e), puis directement auprès du premier ministre Edouard Philippe, à Matignon. "Nous avons entendu les revendications des gilets jaunes, que nous portons depuis des années dans la plupart des cas. Nous ferons tout pour les rendre incontournables dans le pays", explique le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. C’est d’ailleurs la "citoyenne gilet jaune de l'Essonne" Eva Ageorges, qui s’est exprimée en premier à la tribune. "Savez-vous ce que veut dire avoir peur du lendemain ?" lance-t-elle au gouvernement, avant de pousser un cri du cœur pour que ses enfants puissent "faire des études, manger à leur faim, être soignés", et un jour avoir un "salaire digne". 

Après cinq mois seulement à Beauvau, dont quatre de crise sociale,
Christophe Castaner concentre les critiques de la gauche, comme de la droite, pour sa gestion du mouvement des Gilets jaunes, oscillant entre répression et laxisme.
La purge sans précédent à la tête de la préfecture de police de Paris, avec notamment l’éviction du préfet Delpuech, non seulement est injuste en frappant les lampistes, mais place désormais le ministre de l’Intérieur en première en ligne en cas de nouvelles violences des "assassins" ou d’une éventuelle bavure policière.

Mardi à l’Assemblée nationale, le ministre a été hué par des députés d’opposition, qui ont réclamé sa démission, avant que la majorité parlementaire qui lui est encore acquise ne lui apporte du soutien. "Tout le monde est assez inquiet du degré de violence atteint. Inconsciemment, on se dit que samedi prochain, ça va castagner dur. Si t’as un mort, tu fais quoi ?", s'inquiète toutefois un député anonyme (et ils sont nombreux) de la majorité.
Si l’exécutif assume depuis samedi soir un tournant de la fermeté dont le corollaire est aussi davantage de «risque» de blessés lors d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, le "premier flic de France" et "premier pilier des bars de discothèques de France" doit éviter toute sortie de route.

Depuis quelques semaines, le ministre de l’Intérieur est critiqué par la France Insoumise et des Gilets jaunes pour une répression jugée brutale de la mobilisation et un usage immodéré des lanceurs de balle de défense (LBD), avec à la clef de nombreuses blessures graves parmi les manifestants ou même des badauds. 

"Il est plus que jamais au premier rang des personnes exposées", résume David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police (SCPN-Unsa)." Le vrai sujet pour +Casta+, ce sera samedi prochain", prévient un proche du président de la République.

dimanche 17 mars 2019

Castaner et Le Maire convoqués mardi au Sénat après les violences contre les Gilets jaunes à Paris 

Castaner et Le Maire devront rendre des comptes au Sénat: pourquoi l'Assemblée nationale reste-elle insensible ?

Les commissions des Lois et des Affaires économiques du Sénat veulent savoir


Le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Economie  seront auditionnés mardi par les commissions des Lois et des Affaires économiques du Sénat, pour s'expliquer sur les violences "d'une réelle gravité" qui ont marqué le 18e acte des gilets jaunes, samedi à Paris a fait savoir le Sénat au lendemain de l'Acte XVIII de la mobilisation des Gilets jaunes.

Les deux ministres seront entendus par les deux commissions réunies conjointement "sur les moyens mis en place pour faire face à ces troubles et sur les conséquences de ces nouvelles dégradations sur la situation du commerce et l'attractivité économique de notre pays", a précisé le Sénat dimanche dans un communiqué.

Le Sénat assume sa "mission de contrôle" 

"Des actes d'une grande violence et d'importantes dégradations se sont produits à Paris"samedi, souligne le Sénat. "Alors que les séquelles des actes de vandalisme et de destruction commis en particulier les 1er et 8 décembre 2018 étaient à peine effacés, le quartier des Champs-Elysées a été de nouveau le théâtre d'affrontements et de scènes de pillage de commerces que chacun croyait ne plus devoir connaître". 

32.300 manifestants étaient mobilisés dans toute la France ce samedi, selon l'Intérieur, soit un peu plus que la semaine dernière et au moins 10.000 mécontents rien qu'à Paris, soit quatre fois plus que pour l'Acte XVII, ne rappelle pas l'AFP. 200 personnes ont été placées en garde à vue à Paris. 

La commission des Lois et la commission des Affaires économiques, présidées respectivement par Philippe Bas (LR), ancien secrétaire général de l’Elysée (2002-2005), et Sophie Primas (LR), ingénieure agronome et diplômée de l'ESSEC, procéderont chacune "à des auditions complémentaires", dont la liste sera publiée "dans les prochains jours". Le Sénat affirme haut et fort sa mission de "contrôle" du gouvernement, face à une Assemblée nationale muselée : elle est massivement dominée par la majorité présidentielle. 

Les sénateurs ont adopté cette semaine une proposition de loi dite anti-casseurs, inspirée d'une proposition du chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau et adaptée par le gouvernement et des amendements au contexte des manifestations de Gilets jaunes. Bruno Retailleau a reproché sur Twitter à Emmanuel Macron d'avoir "fait la fine bouche" en saisissant lui-même le Conseil constitutionnel sur ce texte. Le chef de l'Etat "ne sait pas où il va et les casseurs en profitent", a-t-il souligné.

Bercy a annoncé dimanche l'organisation d'une réunion dès lundi après-midi pour faire le point sur l'impact économique du mouvement des Gilets jaunes, et en particulier sur les violences qui ont touché samedi les Champs-Elysées.

mardi 10 novembre 2015

Moirans: une personne interpellée pour avoir fait une "quenelle" à Manuel Valls

Attention, la "quenelle" est de retour

Hué et sifflet à Moirans, Manuel Valls montre les muscles de la République" (sic: L'Express)

Pour son premier déplacement à Moirans après les émeutes des gens du voyage, le 20 octobre dernier, la population a servi de la quenelle au Premier ministre alors qu'il voulait réaffirmer l'autorité de l'Etat en rappelant que les auteurs de violences seraient "poursuivis et sanctionnés". Et la quenelle, c'est du ferme !
Que dit ce regard aux psychiatres ?
Pas d'indulgence, ni pour les émeutiers de Moirans, ni pour le locataire de Matignon. En Isère, dans la commune où des gens du voyage ont réagi par la violence à l'autorité de l'Etat, le premier ministre en campagne des Régionales a tenté de contredire la droite, qui joue son rôle en faisant des propositions à un gouvernement aux abois qui accumule les bavures et manque d'autorité.

Les gens du voyage, auteurs des violences spécifiques, ont incendié des voitures et mis la gare de la ville à sac. Ils réclamaient que l'un des leurs, incarcéré, puisse assister aux funérailles de son frère, mort dans un accident à bord d'une voiture volée. Ils seront "poursuivis et sanctionnés", a insisté Manuel Valls. 


"Menaces à l'égard de l'autorité de l'Etat"


Devant le maire de Moirans, Gérard Simonet (DVD), et en présence du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, Manuel Valls a montré les muscles assurant que "ces faits ne resteront pas impunis," s'adressant visiblement à l'électorat du Front national qui réclame un peu de fermeté. Mais le premier ministre a aussi préjugé au passage de la décision des juges 'indépendants.' "La justice fait et fera son travail," a-t-il promis, exerçant du même coup une pression politique sur la justice. "Parfois, cela prend du temps mais elle fait et fera son travail", a-t-il insisté, au risque d'un parallèle inévitable avec le temps mis par les gouvernements de Hollande pour redresser la courbe de l'emploi. "Car ce qui s'est passé (...) ce sont des faits graves de destructions de biens, de violences, de menaces à l'égard d'hommes, de menaces à votre égard, de menaces à l'égard de l'autorité de l'Etat", a-t-il encore affirmé. 

"Les victimes doivent être indemnisées... Il doit y avoir réparation. Il y a la réparation morale, la réparation psychique, c'est pour cela que nous sommes ici mais elles doivent être indemnisées", a-t-il insisté, affichant le masque de la terreur, en empiétant sur les prérogatives du tribunal. 

"Personne n'empêchera ici la République d'avancer"

La veille, le premier ministre avait publié sur Facebook un texte sur l'autorité de l'Etat"L'autorité: une exigence, une éthique, des actes", un vaste programme jusqu'ici illustré de crises et de menaces par celui qui fut ministre de l'Intérieur entre 2012 et 2014.

Or, lors de la campagne des Régionales de Manuel Valls à Moirans vendredi,
un homme jeune a fait une "quenelle" face au premier ministre, un défi filmé et immortalisé, "en marge" (selon la presse aux ordres) d'un banal déplacement en Isère.  

La "quenelle", ce salut popularisé par le polémiste Dieudonné, refait parler d'elle. La gendarmerie a interpellé l''individu, comme il se doit, mardi à Rives-sur-Fure (PS), près de Voiron en Isère. Il est accusé d'avoir pratiqué ce geste provoquant. 
Considéré comme un geste anti-système semblable à un bras d'honneur par les proches de l'ancien humoriste, la "quenelle" (bras droit tendu vers le bas et main gauche posée à hauteur du coude opposé) ressemble à un salut nazi inversé, selon ceux qui la dénoncent. 
Aspect des violences urbaines de Moirans

Deux semaines après des scènes d'émeutes, le premier ministre s'est rendu sur place pour assurer que "la République ne pliera pas" et promettre des "sanctions à la hauteur de la violence". Un message de fermeté vécu comme une relance inutile des hostilités. 
Le 20 octobre, une trentaine de voitures avaient été incendiées, certaines jetées sur les voies SNCF. La violence était partie d'un camp de gens du voyage qui souhaitaient que l'un d'entre eux, incarcéré, puisse assister aux obsèques d'un proche. L'autorisation, qui est habituellement automatique, lui avait été refusée.


Huées  et sifflets en guise de bienvenue

Valls garde ses distances avec la "diversité":
la mixité sociale, mais de loin !
A sa sortie de la mairie, plusieurs dizaines de curieux l'attendaient, mêlant appels de bienvenue et sifflets émanant d'une vingtaine de jeunes gens hostiles. C'est à ce moment-là que l'individu aurait adressé frontalement son geste controversé. 

Et depuis, à Calais, les migrants s'opposent aux forces de police...

Le message de fermeté adressé à l'Isère n'est pas parvenu jusque dans le Pas-de-Calais. Depuis plusieurs nuits, aux abords de la "jungle de Calais", des affrontements violents opposent police, habitants et migrants.
La population n'en peut plus de vivre dans ce climat d'insécurité et crie son ras-le-bol de l'inefficacité du pouvoir socialiste.

lundi 18 mai 2015

Relaxes pour les deux policiers: Zyed et Bouna morts d'avoir pénétré par effraction dans transformateur électrique

Emeutes à Clichy-sous-Bois (2005) pour des ados morts d'avoir pénétré par effraction dans un lieu dangereux

Le Parquet avait requis la relaxe 

Accusés de non-assistance à personne en danger après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, deux jeunes voleurs de matériel, les deux policiers poursuivis ont été relaxés lundi, par le tribunal correctionnel de Rennes, 10 ans après  trois semaines d'émeutes dans les banlieues parisiennes. Pour se soustraire aux policiers, les deux jeunes avaient pénétré dans un site privé et clôturé appartenant à EDFà Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

La preuve de la culpabilité des prévenus n'est pas établie.
Les deux policiers, un homme et une femme, étaient poursuivis après la mort par électrocution de Bouna Traoré, 15 ans, et de Zyed Benna, 17 ans, qui cherchaient à échapper à la police, le 27 octobre 2005

Maître Mignard exacerbait les tensions depuis son cabinet décentralisé dans le 9.3

Instauration de l'état d'urgence pour la première fois depuis la guerre d'Algérie. 
Le bilan de trois semaines d'émeutes s'éleva à 300 bâtiments et 10.000 véhicules incendiés, 130 policiers et émeutiers blessés.
Lors de la course-poursuite entre jeunes et policiers, Sébastien Gaillemin, gardien de la paix affecté à l'époque à la police de proximité, avait vu deux "silhouettes" enjamber un grillage délimitant un cimetière, et pénétrer ainsi dans un petit bois dans lequel, cinq mètres plus loin, un mur interdisait l'accès au site EDF.
Comment une hypothèse non vérifiée devient un motif d'accusation
"S'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau", avait-il observé sur la radio de la police, à l'écoute de laquelle -à distance- se trouvait sa collègue Stéphanie Klein, alors policière stagiaire, accusée elle aussi de ne pas avoir réagi.
Bouna Traoré et Zyed Benna sont morts électrocutés pour avoir voulu se cacher dans un local en béton abritant une réactance (un transformateur électrique) situé sur le site protégé d'EDF à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans, qui les accompagnait, avait été grièvement blessé.
L'audience s'était déroulée du 16 au 20 mars dernier dans un climat serein et les deux fonctionnaires de police étaient sous la menace d'une peine de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Quelques proches des familles des victimes - des grands frères qui laissaient vagabonder les ados - ont laissé échapper leur colère lundi à l'annonce de la relaxe des deux policiers.
"C'est choquant!" a lancé Me Jean-Pierre Mignard (cabinet Lysias Partners, rue Censier Paris Ve, outre Marseille ou Alger), parrain de deux enfants Ségollande et avocat des familles des deux jeunes décédés, commentant la décision de justice à la sortie de l'audience.

De son côté, l'avocat des deux policiers, Me Daniel Merchat, a en revanche estimé que cette relaxe reflète "ce que la défense soutient depuis le début".

SOS Racisme dénigre la justice et ses magistrats
L'association estime que cette relaxe laisse "un immense sentiment de gâchis" et la justice n'exonère pas les autorités d'une réflexion sur l'action des forces de l'ordre [de proximité...] dans les quartiers populaires.
SOS Racisme ne nous épargne pas les amalgames.  "Manifestement, notre pays a une grande capacité à s’émouvoir pour ce qui se passe à Ferguson aux Etats-Unis et identifie avec une déconcertante facilité les mécanismes du racisme et du contrôle sécuritaire des territoires où vivent des Afro-américains",  polémique l'organisation socialiste."Par contre [en revanche?], cette lucidité s’envole comme par magie [sic] lorsqu’il s’agit de regarder notre société en face et d’en analyser les dysfonctionnements."
Les syndicats de policiers et de magistrats éprouveront sans doute le besoin de réagir à cette mise en cause.

dimanche 15 mars 2015

Justice politique: deux policiers accusés en justice de la mort de Zyed et Bouna

Les forces de l'ordre, poursuivies par la justice politique depuis 10 ans

L'émotion fera-t-elle jurisprudence en faveur des délinquants?

Nouvelle mise en procès de la police  
Entre le drame humain - la mort de deux ados de 15 et 17 ans, Bouna Traoré et Zyed Benna, électrocutés dans un transformateur EDF laissé ouvert - ou fracturé ? - dans lequel ils avaient pénétré - sur une zone interdite et connue comme dangereuse - aux abords de la cité qui borde le centre commercial du Chêne-Pointu à Clichy-sous-Bois  (Seine-Saint-Denis), le 27 octobre 2005, l'ampleur de ses conséquences sociales et politiques – l'embrasement des banlieues pendant trois semaines, le retour de l'état d'urgence dans le pays - et sa traduction judiciaire, dix ans après les faits, le décalage est vertigineux.


Morts d'avoir vécu sur une zone de non-droit ?
L'émotion risque encore de dominer le procès qui s'ouvre lundi 16 mars au tribunal correctionnel de Rennes. Une fois passée au tamis du droit et de la procédure, l'affaire de Clichy-sous-Bois et tout ce qu'elle a révélé des fractures françaises, comme des négligences d'EDF, se réduit désormais à la seule question insensée: seuls les deux responsables de l'ordre public, Sébastien Gaillemin, chef de bord de l'équipage 833 de la brigade anticriminalité (BAC) qui patrouillait le 27 octobre 2005 dans les rues de Clichy-sous-Bois, et Stéphanie Klein, qui assurait ce jour-là le standard du commissariat de Livry-Gargan, peuvent-ils ou non être tenus pour responsables de la mort des deux délinquants et coupables de non-assistance à personne en danger ? 

Premier producteur et fournisseur d'électricité dans le monde, EDF est-elle exempte de toute responsabilité dans le défaut de protection de l'accès interditmais franchissable -  de ses dangereuses installations, singulièrement ce transformateur mortel ? En fait, à 15 et 17 ans, Zyed et Bouna savent qu'ils sont dans l'illégalité, en franchissant le mur de béton - surmonté de fils barbelés - qui longe le terrain vague jusqu'au cimetière. 

Le drame du 27 octobre 2005
Huit adolescents traversent le chantier de construction de logements sociaux pour rentrer à la maison. De sa fenêtre, l'employé du funérarium voisin, qui les voit s'approcher d'un cabanon et un des jeunes faire le guet, soupçonne une tentative de vol et alerte la police. Le signalement est transmis à la BAC 833 qui reçoit l'ordre d'aller sur place. Il est 17 h 25 min 43 s.

Bouna Traoré est le premier à repérer la police. "Courez !", crie-t-il au groupe, qui se disperse aussitôt. La BAC interpelle un ado, en poursuit deux autres dans le cimetière, repère encore deux silhouettes dans le terrain vague et demande du renfort par radio. Il est 17 h 35 min 7 s. Une minute plus tard, l'un des policiers, Sébastien Gaillemin annonce à la radio : "Les deux individus sont localisés. Ils sont en train d'enjamber pour aller sur le site EDF." Il répète : " J'pense qu'ils sont en train de s'introduire sur le site EDF, faudrait ramener du monde, qu'on puisse cerner un peu le quartier: ils vont bien ressortir." Et il ajoute : "En même temps, s'ils rentrent sur le site, je donne pas cher de leur peau."
Une hypothèse en forme de commentaire qui est exploitée par les parties civiles.

A la nuit tombée,
personne ne voit Bouna Traoré, Zyed Benna et leur copain kurde, Muhittin Altun escalader le mur de parpaings de quatre mètres de hauteur qui protège le transformateur et qui, à cet endroit-là, n'est pas hérissé de barbelés, puis sauter à l'intérieur. Une demi-heure plus tard, à 18 h 12 min exactement, un arc électrique se forme entre Bouna et Zyed, les deux gamins reçoivent une décharge de 20.000 volts et meurent sur le coup.

Brûlé sur tout le corps, Muhittin Altun parvient à s'échapper à donner l'alerte aux grands frères de la cité, au centre commercial. Il racontera plus tard que la dernière chose dont il se souvient, c'est Zyed lui disant, plus inquiet des réactions de sa famille que de la police : "Si les civils m'attrapent, mon père, il m'envoie au bled en Tunisie…"
 
Quinze minutes après l'annonce officielle de la mort de Bouna Traoré et Zyed Benna, il est mis le feu à un premier véhicule de Sevran.

La loi est-elle la même pour tous ? interroge la gauche radicale…

Ouverte dans un climat politique détestable pour "non-assistance à personne en danger" et "mise en danger délibérée de la vie d'autrui",  l'instruction de l'affaire  est confiée à deux juges de Bobigny. Tous les policiers de la BAC sont entendus, mais seuls deux d'entre eux, Sébastien Gaillemin et Stéphanie Klein, sont mis en examen. 

Les juges reprochent au premier de n'avoir rien fait pour avertir les jeunes gens sur le danger "grave et imminent" qu'ils couraient en s'approchant  pénétrant par effraction sur le site et le transformateur, puis de ne pas avoir alerté EDF alors qu'il avait acquis la conviction qu'au moins deux des fuyards étaient à l'intérieur.
"Sa priorité n'était pas de conjurer le danger mais de rattraper les deux individus qu'il avait vu franchir le grillage", accusent les juges d'instruction, tout en relevant, à sa décharge, que "tout s'était passé dans un laps de temps très court et alors qu'il était engagé dans la poursuite d'un groupe de jeunes suspectés d'avoir commis une infraction"

Le même reproche de manquement au devoir de secours est retenu contre Stéphanie Klein, qui n'a pas réagi à l'écoute des messages de Sébastien Gaillemin avertissant que les adolescents étaient "en train d'enjamber pour aller sur le site EDF". Pénétrer sur le site EDF ne signifie pas pénétrer encore dans le transformateur.

La suite est un long tunnel judiciaire de dix années. 
Le Parquet requiert le non-lieu en faveur des deux policiers, les jeunes juges militants passent outre et signent en octobre 2010 l'ordonnance de renvoi des deux policiers devant le tribunal correctionnel. Ils renoncent toutefois au délit de "mise en danger" et ne maintiennent plus que la qualification de "non-assistance à personne en danger". 
Le Parquet de Bobigny fait appel et saisit la chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Paris qui contredit l'ordonnance des juges et prononce un non-lieu en avril 2011

Cet arrêt est cassé en octobre 2012 par la Cour de cassation qui renvoie le dossier devant la Cour d'Appel de Rennes. Là encore, le Parquet général soutient le non-lieu en jugeant que les deux policiers n'ont jamais eu la certitude de la présence des trois jeunes gens dans le transformateur. La chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Rennes  déjuge ses confrères de la capitale et donnent la même analyse du dossier que les premiers juges de Bobigny et décide de renvoyer Sébastien Gaillemin et Stéphanie Klein devant le tribunal correctionnel. 
Dix années ont passé; le droit a pu s'exercer tout à loisir, mais la justice s'y est sans doute déjà perdue.