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dimanche 19 mars 2017

Gauche radicale anti-flics: violences de manifestants contre des violences policières ce dimanche

Deux gendarmes mobiles blessés par des activistes anti-flics

Des activistes ont fait des blessés au nom de la non-violence

Les forces de l'ordre ont dû faire usage de grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants d'extrême gauche contre les violences policières dimanche à Paris, quelques semaines après l’affaire Théo.
La préfecture de Paris chiffre à 7.000 ou 7.500 les manifestants rassemblés place de la Nation pour gagner la place de la République. Son communiqué met en cause un sur sept d'entre eux, certains cagoulés, déterminés à en découdre avec les forces de l’ordre. "Environ 1.000 personnes positionnées en fin de cortège se sont masquées et ont commis, à partir de la mi-parcours, quelques dégradations [sic] qui ont pu être contenues par l’intervention rapide des forces de l’ordre qui ont dû faire usage de gaz lacrymogène".

"Des jets de projectiles ont visé des gendarmes mobiles, blessant légèrement deux des leurs", précise la préfecture.

Les CRS ont fait état également de jets de cocktail Molotov sur les barrages des forces de l'ordre à l'arrivée du cortège place de La République, cette fois sans faire de blessé.

SOS Racisme dénonce "une logique de confrontation"

Photo
Les manifestants répondaient à l’appel d’organisations hétéroclites d'extrême gauche dont le fonds de commerce est  notamment l'antiracisme, de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) aux Indigènes de la République, auxquelles se sont joints la CGT, la FSU et le MRAP, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (soutien d'une "attitude obscurantiste et sexiste vis-à-vis des femmes musulmanes") - proches du Parti communiste - , mais aussi par SOS Racisme - proche du Parti socialiste - qui a dénoncé une "logique de confrontation".

La foule a scandé des slogans tels que : "Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas", "Police partout, justice nulle part" - ou "urgence, urgence, la police assassine en toute impunité", des slogans approuvés par le PCF et la PS.
Dans le cortège flottaient des drapeaux de révolutionnaires, tels les trotskistes du NPA (Nouveau parti anticapitaliste de Philippe Poutou, candidat à la Présidentielle, et Besancenot) accompagnés d'un ballon Solidairesdu DAL (Droit au logement)
Les altermondialistes d'ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne), les communistes de la CGT et les anarcho-syndicalistes du CNT, activistes de l'action directe, défilaient derrière des pancartes, telles que "Les bamboulas, les bougnouls, les niakoués […] vous emmerdent"
Les manifestants instrumentalisaient les incertitudes sur un viol présumé lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) de Théo, jeune sportif costaud de 22 ans, début février, par un policier.
Plusieurs nuits de violences urbaines dans des villes de la banlieue parisienne n'ont, semble-t-il, pas suffi aux extrémistes. "Théo n’est pas juste une exception. On est là pour rappeler qu’il ne s’agit pas de faits divers isolés; c’est pas des bavures, ça fait partie d’un système", ont déclaré deux participantes de Rennes qu'il n'est pas besoin de briefer, Lucile Moigno-Flaux, 25 ans, membre de La Fabrique Citoyenne, amatrice de démocratie participative, et Jasmine Morice, 21 ans, militante de Solidaires étudiant-e-s qui dénonce par ailleurs le harcèlement sexuel et psychologique dont deux enseignantes de Rennes-2 disent avoir été victimes de la part de trois collègues masculins.
Venue avec sa fille de 16 mois, malgré les risques de dérapages, Béatrice, productrice vidéo, est là parce que "c’est important pour l’avenir" de sa fille,"pour qu’elle vive dans un monde meilleur, plus juste," raconte-t-elle.

Des manifestations ont également eu lieu dans quelques villes de province Manifestation en soutien à Théo, Montpellier © Benjamin POLGE
comme à Montpellier (près de 200 participants, photo ci-dessus et ci-dessous), avec sit-in sur les rails, à la Gare TGV de Montpellier Saint-Roch,
 Manifestation en soutien à Théo, Gare de Montpellier Saint-Roch, Montpellier © Benjamin POLGEToulouse (environ 200, avec les révolutionnaires de Lutte Ouvrière dont Nathalie Artaud est la candidate trotskiste à la Présidentielle),
Photo illustration, archives DDM
Nantes (quelques dizaines), selon des sources policières, malgré une forte organisation notamment par les partisans de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, aussi "contre le racisme, la hogra (pour ceux qui, en France, ne sont pas Algériens : oppression, exclusion ou brimade, en un mot le supposé "mépris" du pouvoir blanc) et la chasse aux migrant.e.s et pour soutenir les familles des trop nombreuses victimes de violences policières".
Au cours de ces échauffourées, deux gendarmes des forces de l'ordre républicain ont été blessés et transportés à l’hôpital, a indiqué la préfecture 

De l’immobilier urbain et les vitrines de cinq établissements bancaires ont été saccagés, selon la même source. Des filtrages en amont de la manifestation avaient permis de récupérer plusieurs projectiles et un sac de pavés cachés dans un bac à fleurs sur le parcours de la manifestation, précise le communiqué.

"Onze extrémistes ont été interpellés", notamment pour port d'arme, dégradations, agression et jets de projectiles sur les forces de l'ordre, a indiqué dans la soirée la préfecture de police de Paris, puis une seule interpellation, a-t-on rectifié. On attend de savoir si l'activiste a été relâché.

lundi 20 février 2017

Partout des manifestations de l'extrême gauche pour Théo qui n'en veut pourtant pas

L'extrême gauche crée des troubles qui font du tort à Théo

Les anti-républicains restent sourds aux appels au calme



Depuis son lit d'hôpital, la victime a exhorté au calme
"Soyons unis, stop à la guerre", a réclamé Théo dans une vidéo, après les violences éclatées dans sa ville pour dénoncer sa violente interpellation. "Ma ville, je l’aime et en rentrant je veux la retrouver telle que je l’ai quittée. Donc, les gars, stop à la guerre. Priez pour moi", a exhorté le jeune homme.

"J'appelle au calme", "à la responsabilité, à la sérénité [sic], à la confiance dans la justice", a lancé le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, le 13 février, après les violences urbaines qui se sont multipliées en banlieue parisienne ces derniers jours dans le sillage de l'affaire Théo, ce jeune homme victime d'un viol présumé, en Seine-Saint-Denis, lors d'une interpellation à Aulnay-sous-Bois. 

"L'émotion légitime" suscitée par l'affaire Théo "ne saurait en rien justifier" ces "violences inacceptables", a affirmé de son côté le Premier ministre Bernard Cazeneuve. Il recevait à Matignon des associations, dont SOS Racisme, la Licra et la Ligue des droits de l'Homme (LDH), qui appelèrent au rassemblement du 18 février, alors que les incidents ont remis les banlieues dans le débat à deux mois de l'élection présidentielle.
A Bobigny, siège d'un TGI
l'"anti-racisme" place les délinquants de couleur au-dessus des lois

A Argenteuil (Val-d'Oise), onze personnes, dont huit mineurs, ont été interpellées (et relâchées) dimanche après des heurts avec les forces de l'ordre, l'incendie d'un véhicule et le caillassage d'un bus. Aux Ulis (Essonne), une patrouille de police a dû se réfugier dans le commissariat après avoir essuyé des jets de pierre et de bouteilles. En Seine-Saint-Denis, dix jeunes, tous mineurs, ont été interpellés à Drancy (et relâchés, pour être à pied d'oeuvre sur la Place de la République, cinq jours plus tard). Des heurts ont aussi été signalés dans d'autres départements de la région parisienne, notamment dans les Yvelines où quatre véhicules ont été incendiés.
"Interpellation" ne signifie pas mise hors d'état de nuire

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi après-midi dans plusieurs villes de France à l’appel d'organisations radicalisées

Des associations antiracistes sont poussées en avant par des syndicats et organisations d'extrême gauche, au prétexte de protester contre les violences policières, notamment celles dont a été victime Théo, provoquent et des incidents lors de rassemblements déclarés mais non autorisés.

Après plusieurs manifestations sous haute tension, quelques milliers de manifestants se sont encore rassemblés pour réclamer "justice pour Théo", ce samedi à Paris. La place de la République était sous étroite surveillance: stations de métro fermée, contrôles dans le quartier, des forces de l'ordre visiblement présentes... 2.300 personnes selon la police, 4.000 à 5.000 selon les organisateurs, se sont pourtant rassemblées, bravant l'interdiction du gouvernement, plus de deux semaines après l’agression de Théo, ce jeune homme noir - la presse insistant sur sa couleur de peau - victime d’un viol présumé lors d'une interpellation dans laquelle il était intervenu en soutien à des délinquants soumis à des contrôles d'identité.
  

Des incidents ont eu lieu lors du rassemblement, déclaré auprès de la préfecture de police par les organisateurs :

Benjamin Abtan
- des associations antiracistes (SOS Racisme, CRAN, Ligue des droits de l’Homme, Mrap,…) et même l'Egam (European Grassroots Antiracist Movement pour l'Egalité, contre le racisme, l'antisémitisme, les discriminations raciales et le négationnisme...), présidé par Benjamin Abtan (ci-contre, à droite), ancien conseiller Société civile et droits de l'Homme de Bernard Kouchner, et co-auteur de "Rwanda, Pour un dialogue des mémoires", engagé pour les droits de l'Homme, la prévention des génocides et contre le négationnisme." Il est aussi fondateur et coordinateur du "Réseau Elie Wiesel", réseau européen de parlementaires pour la prévention des génocides et des crimes de masse et contre le négationnisme, de Syrie en Irak, en passant par le Darfour et le Burundi.

- des syndicats (CFDT,  FSU, CGT), 

- des organisations lycéennes et étudiantes (Fidl, Unef, UNL, Fage, La Fabrique), 

- auxquels s’est associé le ...Syndicat de la Magistrature (SM) qui se dit apolitique mais qui est, de notoriété publique, fortement marqué à gauche, au point que ses adhérents sont communément qualifiés de "juges rouges".

Un groupe de quelques centaines de personnes s'est amusé à "tester les barrages des forces de l’ordre", a indiqué une source policière. Puis, après avoir subi des jets de divers projectiles (bâtons de bois, canettes, pavés), les forces de l’ordre ont riposté aux provocations avec des charges et des tirs de gaz lacrymogènes après 17 h. Deux policiers ont été légèrement blessés, selon une source policière.

"Le rassemblement pour Théo se transforme en marche "anti-flic", titre la presse le 12 février 
Marine Le Pen veut l’interdiction des "manifestations contre la police".

L'Ouest de la France a été très impacté par les activistes à Rennes, Nantes, Angers, Le Mans
La Bretagne est insurrectionnelle depuis notamment que le cofondateur du festival des Vieilles Charrues, le journaliste régionaliste d'extrême gauche (proche de Philippe Poutou, NPA, ou Alain Krivine) et homme d'affaires (brasserie Coreff) Christian Troadec est arrivé à la mairie de Carhaix, d'où est ensuite partie la révolte des "Bonnets rouges". En octobre 2013, ce populiste anima la fronde contre les mesures fiscales visant la pollution des véhicules de transport de marchandise et les nombreux plans sociaux liés à la crise dans l'agroalimentaire victime de la politique fiscale de Pierre Moscovici (écotaxe ou CICE).
La région de Nantes recèle en outre un fort contingent européen d'activistes d'extrême gauche en lutte contre l'aéroport Ayrault à Notre-Dame-des-Landes.


Dans l’Ouest, environ deux cents personnes ont manifesté samedi après-midi leur soutien à Théo Luhaka à Angers, près de 200 personnes également au Mans, 150 à Nantes. A Rennes, se sont réunies près de 300 personnes.

A Rouen, une nouvelle manifestation a donné lieu à des débordements samedi. Quelque 150 personnes, selon la police, principalement des jeunes, s’étaient rassemblées vers 18 h à la station Saint-Sever du métro tram. Les forces de l’ordre ont procédé à huit interpellations, sans suites pénales, a-t-on appris auprès de la préfecture.

D’autres manifestations ailleurs en France ont réuni environ 250 personnes à Nice, 200 à Poitiers, 150 personnes à Montpellier, 150 à Dijon - où des incidents ont également eu lieu -, une centaine à La Rochelle, 80 à Avignon.

Depuis plusieurs jours, les manifestations ne sont plus spontanées

"A bas le racisme et la violence d'Etat"

"L'affaire Théo n'est pas qu'un fait divers; c'est un problème structurel de violences policières que la France doit avoir la maturité de traiter", a affirmé le président de SOS Racisme, Dominique Sopo. Avant les heurts, la foule, réunissant une population de tous âges, a scandé "On n'oublie pas, on pardonne pas !", "C'est l'impunité et l'injustice, alors désarmons la police !".

L'amalgame politicien des agitateurs professionnels
Une banderole barrée de l'inscription "De Zyed et Bouna à Théo et Adama, à bas le racisme et la violence d'État"
Des panneaux "Flic violeur en prison" étaient également brandis.

VOIR et ENTENDRE ces discours et scènes d'incitation à la violence, Place de la République à Paris :

Des personnalités politiques cautionnaient de leur présence les rassemblements interdits 


En déplacement de campagne à Perpignan, le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux a répété un message d'apaisement. "Le rapport police-population est quelque chose d'important. Il faut qu'il y ait de la sérénité dans le travail de la police, avec un respect total de part et d'autres. Ce respect ne peut pas être à sens unique", a-t-il déclaré en langue de bois, ménageant la chèvre et le chou.

Plusieurs élus, notamment le député écologiste Noël Mamère, ont pris part au rassemblement, 

ainsi que l'ex-footballeur Lilian Thuram, soutien de Ségolène Royal en 2007

ou le candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, qui s'adresse aux "Insoumis"..., cri de ralliement qui rappelle gravement celui des "ingouvernables".

Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle, avait demandé samedi matin "l'interdiction des manifestations contre les violences policières" prévues dans l'après-midi, fustigeant la "complaisance" des autorités face aux "milices d'extrême gauche ultraviolentes". "Ce serait aussi l'occasion d'éviter que ne soient une nouvelle fois entonnés d'immondes slogans insultants pour l'ensemble de nos forces de l'ordre et insultants pour la France", a-t-elle fait valoir. 

Le député LR Eric Ciotti avait également réclamé "l'interdiction" de la manifestation parisienne "contre les pseudo-violences policières".  

Théo a quitté l'hôpital jeudi, deux semaines après les faits. 
Quatre policiers ont été mis en examen dans cette affaire devenue hautement politique. 

vendredi 22 juillet 2016

Beaumont-sur-Oise: Adama Traoré, mort lors d’une interpellation, avait "une infection très grave"

Des habitants de Beaumont-sur-Oise s'en sont pris aux forces de l'ordre

Mercredi, des proches d'Adama Traoré ont crié à la bavure policière 

Lors d'une interpellation de police, un délinquant est décédé. Mardi 19 juillet, Adama Traoré, 24 ans, est interpellé dans une commune voisine d’où il est originaire (quoi qu'en dise le BondyBlog), mais décède quelques heures plus tard, dans le véhicule de gendarmerie qui le conduit à la caserne de Persan (Val d’Oise). A 40 kilomètres de Paris, près de Pontoise, les habitants du quartier de Boyenval suspectent une "bavure" comparable à celle qui avait causé la mort de Zyed et Bouna à Clichy, en octobre 2005. 
"J’ai pleuré toute la nuit. On est très énervés," racontent des résidents du quartier de Boyenval, depuis le décès de leur "frère" Adama Traoré, dans des circonstances jugées suspectes. Tel est l’état d’esprit dans ce quartier populaire de Beaumont-sur-Oise (près de 10.000 habitants), DVG jusqu'en 2014où le taux de criminalité est supérieur à la moyenne nationale. "C’est pas le 93, ici !", plaisante Nabil, 35 ans, le 'grand frère' - ou caïd - de la cité. Sans misérabilisme, BondyBlog décrit en effet une petite ville "principalement pavillonnaire, ressemblant davantage à un patelin de province avec son centre-ville et ses pavés, son petit pont et ses ruelles étroites."
“Avec ce qui s’est passé hier, la ligne D a terminé son service à 16h !, explique un chauffeur de bus. “Du coup, , un habitant commente: " On met plus de temps pour se rendre dans la capitale qu’un Ch’ti qui fait Lille-Paris”... Mais la mauvaise foi des plaignants trouve une oreille compatissante auprès du BondyBlog, toujours prompt à faire de la littérature.

"Sur place, trois journalistes de [la mal-aimée] BFMTV campent devant l’hôtel de ville, caméra toujours sur pied. Seul stigmate d’une nuit agitée [hormis un mort...], une voiture calcinée pour décor [sic] devant laquelle ils enchaînent les duplex. Témoin de ce cirque sensationnaliste [sic], Walid, un proche de la victime, finit par les apostropher, excédé. "Vous n’en avez pas marre de dire de la merde ?". Les journalistes se défendent. Dialogue de sourds. "Vous racontez de la merde à la France entière, s’emporte Walid. Vous ne savez faire que ça : parler de la violence, mettre des étiquettes. C’est tout ce qui vous intéresse". Des passants s’arrêtent: tous approuvent les propos du jeune homme. Le fossé est béant [style], la tension monte de plusieurs crans. Le traitement médiatique de ces derniers jours a complètement décrédibilisé la profession. Entre les 22 secondes accordées dans le 20h de TF1 au lendemain de la mort d’Amada Traoré, les "déformations" et les clichés, "plus personne n’a confiance, plus personne ne veut parler", explique Walid [accusateur]. "Mettez pas les pieds dans le quartier", menace-t-il. On en a marre de la désinformation". Désinformation : ce mot reviendra plusieurs fois dans les remarques outrées des habitants," [insiste le BondyBlog]
Ce media en ligne de la diversité ethnique, qui a prospéré sur les émeutes de 2005 dans les banlieues, est hébergé par le journal Libération depuis le 1er janvier 2015. Les émeutes de 2005 ont commencé à Clichy-sous-Bois à la suite de la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna ...Traoré, le 27 octobre 2005, électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique dont ils avaient forcé l'entrée pour échapper à un contrôle de police]. Des parallèles qui incitent certains à assimiler les deux faits divers à 11 ans d'intervalle.
Le BondyBlog construit la légende du délinquant. 
"Lorsque les proches, ceux qui l’ont connu décrivent Adama Traoré, les mots sont à chaque fois les mêmes. "C’était un grand gaillard, le genre de mec costaud que tu viens pas embêter". "Un bloc", disent certains. Trois jours avant le drame, le jeune homme, qui a eu 24 ans le jour de son décès, a joué "un foot de huit heures sous 35 degrés samedi, sans aucun souci de santé [jusque là], nous assure-t-on. Il était en forme !" [insiste le blog]. "Toutes les histoires de maladies, infections et malaise cardiaque, personne n’y croit". "Adama était quelqu’un de souriant," raconte encore un proche. Un ami d’enfance parle toutefois d’un "gars plutôt bagarreur". Les raisons de son passage en prison ? "Violences", nous dit-il. 
"Deux jours après le drame, la ville de Beaumont-sur-Oise est toujours sous le choc, raconte le très communautaire BondyBlog, suggérant un sentiment de culpabilité de la police. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des violences ont éclaté pour la deuxième soirée d’affilée.  Du côté de la gendarmerie, c’est motus et bouche cousue. Il suffit de passer la tête par la grille du bâtiment pour sentir une certaine fébrilité. Derrière la grande barrière, sept militaires sont comme barricadés, cachés derrière le mur. Aucun commentaire, "merci, y’a rien à voir !" Plus loin, un habitant d’une quarantaine d’années veut bien témoigner, mais anonymement. Il est originaire de la même cité que le défunt. Il nous montre des photos de la nuit dernière : des flammes, des voitures qui brûlent, des vitrines explosées. "Une réaction normale" [des casseurs], selon lui. Mais il n’en dira pas plus, il se sent surveillé."
Deux versions s’opposent sur l'interpellation du contrevenant, en compagnie de son frère, par les gendarmes de la Brigade territoriale autonome de Persan, ville limitrophe de Beaumont-sur-Oise. Côté habitants, on parle comme à chaque fois de "bavure policière". Côté officiel, on fait état d'un malaise cardiaque. Et cette explication est rejetée par l'entourage et une vingtaine de personnes prises en mains par les agitateurs habituels s'est dirigée, mercredi 20 juillet, en fin de journée, devant la gendarmerie de Persan, aux cris de "Justice pour Adama". Ils ont été repoussés par des gaz lacrymogènes. 

Dans la nuit du mardi 19 au mercredi 20, des violences avaient éclaté dans les communes voisines de Beaumont-sur-Oise, Persan et Bruyères-sur-Oise. Les forces de l'ordre avaient été prises pour cible par des tirs d'armes au plomb et des cocktails Molotov. Plusieurs véhicules avaient été incendiés et neuf personnes placées en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi. Des forces de l’ordre étaient mobilisées en nombre – plus de 200 militaires et fonctionnaires de police. Ces affrontements ont néanmoins fait "six blessés légers parmi les gendarmes et la police, des dégradations de bâtiments publics, des incendies de voiture", selon la préfecture.

Au cours de la nuit du 20 au 21 juillet, neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des faits "d'attroupements armés, incendies volontaires et jets d'objet incendiaire sur les forces de l'ordre", a indiqué le directeur de cabinet du préfet du Val-d'Oise.
Quinze véhicules ont été incendiés et 35 feux sur la voix publique ont été recensés, ainsi que deux tentatives d'incendie, contre la mairie et une école maternelle de Beaumont-sur-Oise, a en outre précisé la préfecture. La situation a été "tendue de 22h30 à 4h30 [à Persan et Beaumont-sur-Oise], mais maîtrisée grâce au robuste dispositif mis en place", a-t-elle ajouté. Les forces de l'ordre comptaient cette nuit-là 180 agents, pour faire face à environ 200 personnes.

A Boyenval, on parle surtout de "meurtre"

Il fait une chaleur caniculaire ce mercredi-là, mais une trentaine d’habitants est cependant descendue au pied des immeubles de ce quartier composé de petites tours blanches, animés par le besoin de dire leur 'ras le bol' des "media et des institutions", "qui ferment les yeux sur les crimes raciaux." Adama était Noir et l'actualité américaine a échauffé les esprits. 
Cinq policiers ont été tués à Dallas, jeudi 7 juillet au soir, lors d’une manifestation contre les bavures policières, quelques heures après la mort de deux hommes noirs abattus par des policiers filmés au moment des faits. Le président métis, Barack Obama, s’était exprimé sur les tensions entre une partie de la population américaine et les forces de l’ordre, dénonçant un "grave problème" de la société américaine.
"La police tue, en France. Avant, on voyait ça qu’à la télé, et maintenant ce sont des petits à nous qui se font tuer", crie presque l’un des agitateurs, reprenant une thèse d'extrême gauche. Pour lui comme pour les autres, le scénario du malaise cardiaque ne tient pas une seconde la route.  La longue partie de foot du samedi précédent, sous un soleil de plomb, est évoquée comme une preuve qu'il était en très bonne santé et non pas comme un élément expliquant le malaise de la victime.
Selon les meneurs, la vérité, c'est que le jeune homme serait mort sous les coups des gendarmes, qui l’auraient "tabassé". Tous prennent pour exemple le témoignage partisan d’un frère du défunt, également contrôlé par la police et interpellé: il aurait vu arriver vivant Adama au commissariat, puis "un tee-shirt de policier plein de sang", réfutant ainsi la version officielle. 

"Ce sera à l’enquête de déterminer les causes exactes de la mort," rappelle François Capin-Dulhoste, le procureur adjoint de la République de Pontoise, précisant que "ce n’était pas le jeune homme qui était visé à la base par l’interpellation [comme cela a d’abord été écrit par certains media], mais son frère. Adama Traoré s’est interposé, puis a dû être maîtrisé par trois gendarmes et emmené au poste."  C’est la section de recherche de la gendarmerie de Versailles et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale qui sont chargées des investigations. 

Une autopsie a eu lieu le 21 juillet

L'homme est mort des suites d’une grave infection respiratoire
, "touchant plusieurs organes". Le médecin légiste n'a pas relevé de "traces de violence significatives" sur le corps, explique ce rapport d’autopsie. Traoré n’a donc pas subi de violences policières. Le rapport complet devrait être livré dans les prochains jours. 
Pour rendre hommage au jeune Noir d'origine malienne, une marche blanche a rassemblé plusieurs centaines de personnes ce vendredi, à Beaumont-sur-Oise. Dans la foule des marcheurs, un jeune polyglotte porte un t-shirt sur lequel on peut lire "No justice, No peace". "Comme d’habitude, le mec qui a fait ça sera muté dans le Sud, et on en parlera plus." 

L'avocat de la famille Traoré a demandé une contre-autopsie
L’avocat de la famille a donné une conférence de presse dans l’après-midi. Il demande une contre-expertise et une contre-autopsie.

Hawa Traoré,
la sœur jumelle d'Adama, qui dit ne pas croire aux conclusions du rapport d'autopsie, a lancé un appel au calme après les violences consécutives à la mort de son frère : "on va trouver la vérité, calmez-vous les jeunes", a-t-elle demandé.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui va examiner l'affaire, a lui aussi lancé "un appel solennel au calme". "Un seul objectif doit prévaloir, partagé par toutes les personnes impliquées : la recherche de la vérité", a-t-il dit dans un communiqué.

Les proches déclarent par avance qu’ils se font peu d’illusions.
 
Dans le quartier de Boyenval, les noms de Zyed Benna et Bouna Traoré, ces deux adolescents morts en 2005 à Clichy-Sous-Bois alors qu’ils tentaient de se soustraire à un contrôle de police, sont sur toutes les lèvres, avec insistance.

lundi 18 mai 2015

Relaxes pour les deux policiers: Zyed et Bouna morts d'avoir pénétré par effraction dans transformateur électrique

Emeutes à Clichy-sous-Bois (2005) pour des ados morts d'avoir pénétré par effraction dans un lieu dangereux

Le Parquet avait requis la relaxe 

Accusés de non-assistance à personne en danger après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, deux jeunes voleurs de matériel, les deux policiers poursuivis ont été relaxés lundi, par le tribunal correctionnel de Rennes, 10 ans après  trois semaines d'émeutes dans les banlieues parisiennes. Pour se soustraire aux policiers, les deux jeunes avaient pénétré dans un site privé et clôturé appartenant à EDFà Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

La preuve de la culpabilité des prévenus n'est pas établie.
Les deux policiers, un homme et une femme, étaient poursuivis après la mort par électrocution de Bouna Traoré, 15 ans, et de Zyed Benna, 17 ans, qui cherchaient à échapper à la police, le 27 octobre 2005

Maître Mignard exacerbait les tensions depuis son cabinet décentralisé dans le 9.3

Instauration de l'état d'urgence pour la première fois depuis la guerre d'Algérie. 
Le bilan de trois semaines d'émeutes s'éleva à 300 bâtiments et 10.000 véhicules incendiés, 130 policiers et émeutiers blessés.
Lors de la course-poursuite entre jeunes et policiers, Sébastien Gaillemin, gardien de la paix affecté à l'époque à la police de proximité, avait vu deux "silhouettes" enjamber un grillage délimitant un cimetière, et pénétrer ainsi dans un petit bois dans lequel, cinq mètres plus loin, un mur interdisait l'accès au site EDF.
Comment une hypothèse non vérifiée devient un motif d'accusation
"S'ils rentrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau", avait-il observé sur la radio de la police, à l'écoute de laquelle -à distance- se trouvait sa collègue Stéphanie Klein, alors policière stagiaire, accusée elle aussi de ne pas avoir réagi.
Bouna Traoré et Zyed Benna sont morts électrocutés pour avoir voulu se cacher dans un local en béton abritant une réactance (un transformateur électrique) situé sur le site protégé d'EDF à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans, qui les accompagnait, avait été grièvement blessé.
L'audience s'était déroulée du 16 au 20 mars dernier dans un climat serein et les deux fonctionnaires de police étaient sous la menace d'une peine de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Quelques proches des familles des victimes - des grands frères qui laissaient vagabonder les ados - ont laissé échapper leur colère lundi à l'annonce de la relaxe des deux policiers.
"C'est choquant!" a lancé Me Jean-Pierre Mignard (cabinet Lysias Partners, rue Censier Paris Ve, outre Marseille ou Alger), parrain de deux enfants Ségollande et avocat des familles des deux jeunes décédés, commentant la décision de justice à la sortie de l'audience.

De son côté, l'avocat des deux policiers, Me Daniel Merchat, a en revanche estimé que cette relaxe reflète "ce que la défense soutient depuis le début".

SOS Racisme dénigre la justice et ses magistrats
L'association estime que cette relaxe laisse "un immense sentiment de gâchis" et la justice n'exonère pas les autorités d'une réflexion sur l'action des forces de l'ordre [de proximité...] dans les quartiers populaires.
SOS Racisme ne nous épargne pas les amalgames.  "Manifestement, notre pays a une grande capacité à s’émouvoir pour ce qui se passe à Ferguson aux Etats-Unis et identifie avec une déconcertante facilité les mécanismes du racisme et du contrôle sécuritaire des territoires où vivent des Afro-américains",  polémique l'organisation socialiste."Par contre [en revanche?], cette lucidité s’envole comme par magie [sic] lorsqu’il s’agit de regarder notre société en face et d’en analyser les dysfonctionnements."
Les syndicats de policiers et de magistrats éprouveront sans doute le besoin de réagir à cette mise en cause.