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lundi 4 mars 2019

Grenoble : nuits d'émeutes, suite à la mort accidentelle de deux délinquants à scooter

Deuxième nuit de "tensions" à Grenoble après la mort de deux voyous à scooter

D
eux fuyards à scooter trouvent la mort dans un accident qui déclenche deux nuits d’émeutes urbaines depuis samedi soir 




Des nouvelles scènes d'émeutes ont eu lieu ce dimanche soir au quartier Mistral. Photo Le DL/Marc GREINER
De nouveaux incidents ont eu lieu dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 mars dans le quartier Mistral, à Grenoble (Isère). Des véhicules et des locaux de la ville servant de garage et d’entrepôt ont été incendiés, de même que du mobilier urbain a été dégradé, a rapporté France Bleu lundi
Pour être précis, à 23h30, on dénombrait treize voitures de travailleurs peu fortunés, dont deux engins de chantier (un élévateur et une pelleteuse) du service de la voirie municipale, des locaux de la ville [EELV] servant de garage et d'entrepôt, ainsi que des poubelles, incendiés le soir du dimanche 3 mars, pour la deuxième soirée de "tensions" dans ce quartier, notamment.
Dimanche soir, les pompiers (SDIS) avaient activé une cellule de crise, alors que les violences reprenaient comme la veille. Les secours sont également intervenus, dans une moindre mesure, dans les quartiers grenoblois Teisseire et Léon Jouhaux pour des départs de feu. Après un retour au calme au milieu de la nuit, la cellule de crise a finalement été désactivée vers 2 heures du matin. Une information judiciaire a été ouverte pour éclaircir les circonstances de l'accident.
Deux voitures ont été incendiées sur le parking de cette résidence située avenue Rhin-et-Danube. Plusieurs autres véhicules ont été dégradés sur le même parking. Les vitres d’un local commercial inoccupé ont également été brisées.





A 20h45, le maire de Grenoble avait pourtant lancé un appel au calme. Un communiqué disait qu'Eric Piolle "invite chacun à respecter le deuil des familles et des proches des deux adolescents, décédés hier soir. Monsieur le Procureur de la République s’est immédiatement saisi des faits et l’enquête a commencé pour établir les circonstances de l’accident. J’appelle au calme et à ne pas rajouter des violences urbaines à ce drame." En vain.

Deux jeunes de 17 et 19 ans ont trouvé la mort 
dans un accident de scooter alors qu’ils tentaient d'échapper à un contrôle de police, samedi soir 2 mars à Grenoble après avoir percuté, peu avant 22h30, le car d’un club de football amateur qui sortait de l’autoroute A480 et circulait dans le même sens sur le pont de Catane, ont indiqué les pompiers. Un accident qui a déclenché deux nuits d’émeutes dans leur quartier où les forces de l’ordre restaient mobilisées.

Un feu a été allumé dans le hall de l’Institut de formation sanitaire et sociale dont les portes vitrées avaient été préalablement cassées.
Un feu a été allumé dans le hall de l’Institut de formation sanitaire et sociale dont les portes vitrées avaient été préalablement cassées.
Une caserne de CRS a été prise pour cible dans la nuit de samedi à dimanche. Des policiers et gendarmes, arrivés en renfort, ont répliqué à des jets de cocktails Molotov par des tirs de grenades lacrymogènes et de balles de défense (LBD 40). Des voitures et des poubelles ont été incendiées, ainsi que le hall d’une école d’infirmières, un local associatif et du mobilier urbain. Aucune interpellation n’a eu lieu.

Le sentiment d’une bavure policière, entretenu par les gauchistes
Les pompiers interviennent sur un véhicule en feu dans le quartier Mistral à Grenoble, le 3 mars.
Intervention des pompiers sur un véhicule en feu
dans le quartier Mistral à Grenoble, le 3 mars
"Des jeunes du quartier ont vu ce qui s’est passé et ont le sentiment d’une bavure policière, c’est de là que vient toute cette tension", estime Hassen Bouzeghoub, directeur du centre socioculturel du quartier, juge et partie. Par son témoignage, cet éducateur participe ainsi à la psychose alimentée par les "on-dit" propagés par "l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours" : ses sources et lui ont-ils participé à la course poursuite jusqu'au lieu de l'accident, sur le pont de Catane?
Les deux hommes qui ont perdu la vie dans l’accident étaient connus des services de police pour des faits de petite délinquance. Une information judiciaire a été ouverte pour éclaircir les circonstances dans lesquelles les deux victimes – qui circulaient sans casque sur un engin de grosse cylindrée, dépourvu de plaques – ont trouvé la mort en percutant un autocar, tandis qu’un véhicule de la brigade anti-criminalité les suivait.

Le Parquet évoque pour l’heure "un accident", alors que l’idée d’une "bavure" prévaut dans le quartier où vivaient les deux délinquants en infractions au Code de la route. Aucune indication n'est fournie sur l'identité du propriétaire de l'"engin de grosse cylindrée, dépourvu de plaques"... 
Plusieurs feux ont été allumés dans le quartier Mistral suite à l'accident mortel survenu dans la nuit du 2 au 3 mars pont de Catane.Dimanche, le procureur Eric Vaillant a reçu leurs proches durant plus d’une heure au palais de justice de Grenoble. Lors d’une conférence de presse et en l’état d’une enquête "qui ne fait que débuter", le magistrat a écarté tout choc entre le véhicule de la police qui suivait les victimes et le scooter. "J’ouvre une information pour recherche des causes du décès. Je ne vise aucune infraction commise par les uns ou les autres", a-t-il insisté.

Les premières investigations s’appuient notamment sur les images d’une caméra de vidéosurveillance

Elles montrent la scène nocturne "de façon assez vague" et le témoignage du chauffeur de l’autocar qui transportait une équipe de football de l’agglomération. Le drame est survenu loin d’un pont et d’une bretelle d’autoroute. Le conducteur du bus – dont les tests d’alcoolémie et aux stupéfiants se sont avérés négatifs –affirme avoir serré à droite pour laisser passer le scooter dès qu'il l'a aperçu dans son rétroviseur, suivi d’un véhicule de police.

A ce moment-là, les deux fuyards tentaient, eux, de doubler le car sur sa droite et ils se sont retrouvés coincés contre le parapet, selon le procureur. Plus tôt dans la soirée, un scooter similaire avait été signalé pour des infractions routières, avant la course-poursuite fatale. 
Pour les enquêteurs, il s’agit du même engin, "mais le lien n’est pas encore totalement avéré". Pour autant, l’intervention des policiers était "totalement justifiée", insiste le Parquet : ils n’auraient pas suivi les deux individus "s’ils n’avaient pas mis les autres usagers de la route en danger, en brûlant des feux rouges, en roulant sur le trottoir, en roulant à vive allure".

Le quartier de la ville écologiste avait déjà connu une flambée de violences après l’arrestation, il y a une semaine, d’un homme détenteur de cannabis par une brigade spécialisée. Des renforts de police y ont été maintenus dimanche soir.

vendredi 6 juillet 2018

Délinquant tué à Nantes : des mères ne reconnaissent pas d'autre autorité que le Coran

L'individu, Aboubakar Fofana, "était un délinquant recherché; il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt"


blog -Fofana Aboubakar-delinquant de Nantes-juill2018.jpgCConnu de la police pour vol par effraction, menace de mort, vol en bande organisée et association de malfaiteurs, l'homme a été abattu par la police à Nantes, le 3 juillet, alors qu’il tentait de se dérober à un contrôle d’identité en prenant la fuite à bord de son véhicule. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour vol en bande organisée et recel.

Son véhicule avait été signalé dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants. Alors que les policiers s’apprêtaient à vérifier son identité, cet homme de 22 ans a passé la marche-arrière pour reculer sur un CRS, malgré la présence d’une fillette qui circulait à bicyclette, toujours selon la même source. L’un des policiers, qui se trouvait à l’avant de la voiture, a tiré un coup de feu, tuant l’agresseur.

La maire (PS) de Nantes a aussitôt clamé que ses « première pensées » allaient "à ce jeune homme mort et à sa famille". Les citoyens respectueux de la loi républicaine, mais victimes des vols par effraction, menaces de mort, vols en bande organisée et autres délits en association de malfaiteurs commis par ce jeune malfrat, ne doivent pas compter sur la compassion de Johanna Rolland.

Celle-ci a-t-elle compris qu'elle n'a rien à attendre de ce type d'administré, depuis que sa voiture personnelle été incendiée, dans la soirée du jeudi 4 au vendredi 5 juillet, au cours d'une troisième nuit consécutive d'émeutes à Nantes en soutien à Aboubakar. Une cinquantaine de véhicules et des bâtiments ont été incendiés.
Aboubakar Fofana était surnommé "le Loup", en raison de son caractère solitaire, indique Le "Le Parisien". Originaire de Garges-lès-Gonesse, dans le Val-d'Oise, l'homme était toutefois connu des services de police. Mercredi peu après les événements, le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a indiqué qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt, délivré en juin 2017 par un juge d'instruction de Créteil.

Il était venu se faire oublier chez sa tante à Nantes, il y a un peu plus d'un an, insinue Le Parisien. Depuis le drame, solidaires d'un frère de couleur, les habitants du quartier assurent, sans nécessairement le connaître, qu'ils ont perdu un "ami" du quartier, un gars sans histoire. En fait, il était originaire de la cité de la Muette à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise), PCF jusqu'en 1995. En mai 2017, deux frères de 24 et 20 ans - connus des services de police, notamment pour des affaires de stupéfiants et de vol avec arme - y avaient été la cible de tirs d’arme à feu, au niveau de la place Nelson-Mandela, dans le quartier de la Muette.

Garges-lès-Gonesse, un jeune est en garde à vue après la marche pour Aboubakar.

Une voiture et deux poubelles ont été incendiées ainsi que des projectiles jetés à répétition sur les policiers à la suite d’un rassemblement organisé en réaction à la mort d’Aboubakar Fofana, originaire de la Muette. A 23h30, alors que le cortège qui s’était rendu devant le commissariat de Sarcelles s’était dispersé plusieurs heures plus tôt, un cocktail Molotov a été lancé sur des fonctionnaires de police, rue Paul-Langevin, à Garges. L’engin incendiaire a atterri aux pieds de deux policiers qui n’ont pas été blessés. Les forces de l’ordre ont riposté en tirant deux grenades pour disperser les agresseurs.
A 1h15 du matin, avenue du 8-Mai-1945, dans le secteur du Fort de Stains, un équipage de la BAC a été la cible de projectiles, notamment des pierres. Les fonctionnaires ont tiré à deux reprises avec un calibre 40 (projectiles en caoutchouc) et ont identifié
un des auteurs présumés du caillassage. Celui-ci, âgé de 21 ans, a été interpellé et placé en garde à vue.

Pratiquement au même moment, allée Van-Gogh, une patrouille de police-secours qui contrôlait un véhicule a été également prise à partie et a essuyé des jets de pierres qui n’ont pas fait de blessés.
Vers 2h30, du matin, les policiers ont dû faire usage à deux reprises du calibre 40 pour sécuriser l’intervention des sapeurs-pompiers mobilisés pour éteindre des feux de poubelles.dans le secteur de la place de la Commune-de-Paris.

En vérité, Fofana était recherché pour vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs. La voiture qu'il conduisait sans ceinture au moment des faits était sous surveillance, précise une source policière à 20 Minutes. Il était au volant d'une Nissan Juke, un crossover d'une valeur de 16.000 à 21.300 euros.
Son prénom désigne le petit du chameau et son patronyme renvoie aux Diakhankés, groupe ethnique de musulmans établis au Sénégal, en Guinée, au Mali, en Gambie.
Des "jeunes" ont commencé à mettre le feu à une station service, à un lycée professionnel et à une école :  au total, 8 bâtiments ont été dégradés. Quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont un mineur de 14 ans. Il était en possession d'un bidon d'essence et de mèches, révèle la police.
Après plusieurs heures passées à narguer la police, les groupes de jeunes se sont fait disperser par les CRS qui ont utilisé les gaz lacrymogènes. "C'est la plus grande provocation qu'ils pouvaient nous faire", estiment Samir, habitant du quartier pour qui les représentants de l'ordre républicain n'auraient rien à faire dans la cité du Breil. "Ils auraient pu ne plus jamais revenir et nous laisser tranquille." 


La presse et les réseaux ont pris le parti du voyou


Le lendemain matin la radio et la télévision ont diffusé des témoignages - uniquement à charge - de voisins d'Aboubakar Fofana. Tous expliquaient à quel point « la victime » était un garçon charmant, serviable, calme, pas méchant, vraiment sympathique.  Les media institutionnels espèrent ainsi participer au retour du calme à Nantes, mais la presse ne réussit qu'à convaincre les délinquants de leur bon droit en défiant la police et en s'en prenant aux symboles de la République.

La photographie d’un CRS, dénoncé comme étant celui qui a mortellement blessé Aboubakar Fofana, a été diffusée sur Facebook (ci-dessus). Elle est devenue virale après avoir été publiée sur Facebook ce mercredi après-midi. En incrustation, on peut y voir : « C’est lui le Fils de Pute qui a tué le ptit frère du « BREIL » à Nantes44 ». De nombreux commentaires haineux vise le policier, lequel est menacé de mort. Des dizaines de commentaires ont été déposés sous la photographie, où se succèdent tour à tour, appels au meurtre et insultes.

Les mères des quartiers ne reconnaissent pas les lois de la République

Le poing levé ! Ne seraient-ce pas des réfugiés politiques ?
"Si on ne dit rien, comme aux Etats-Unis, les Noirs se feront tirer dessus" : la colère des mères de famille racistes éclate à Nantes. A l’arrivée de la marche, des poings se sont levés, la foule a crié pour demander la "vérité pour Abou", sous des applaudissements. "Peut-on faire confiance à la justice ?", s'interrogent certains habitants militants, malgré le placement en garde à vue du fonctionnaire de police qui a tiré sur le délinquant. Deux individus, qui viennent de laisser un tag demandant "Justice pour Aboubakar", espèrent que cette fois, "il va se passer quelque chose", que le policier "sera sanctionné". D'autres graffitis ou affiches, dans le quartier, mettent en cause plus directement les forces de l'ordre et l'Etat. 


Une affiche quartier du Breil, à Nantes, où un jeune de 22 ans a été tué par un tir policier le 3 juillet 2018. 
Une affiche quartier du Breil, à Nantes, où un jeune de 22 ans a été tué par un tir policier le 3 juillet 2018.  (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

Camille remue le passé. "La justice ne fera rien, elle n’a jamais rien fait; regardez Adama Traoré, Zyed et Bouna, les policiers n’ont rien eu", lance-t-il. 
"Si on ne dit rien, on va terminer comme aux États-Unis, les Noirs se feront tirer dessus", explose une mère de famille, qui précise ne pas cautionner les violences, mais comprendre que les jeunes se soient révoltés. "Imaginez, vous voyez votre copain, votre frère, par terre, qu’on essaie de réanimer", dit-elle. Pour cette maman, il n'est pas étonnant que "les enfants déchirent leur tee-shirt et mordent les murs".
C'est mauvais pour l'économie souterraine...

lundi 8 janvier 2018

Policiers blessés, accusés de violences policières par l'avocat de trafiquants de drogue

L'effet Kassovitz à Argenteuil : une "bande de bâtards" ?

Deux policiers ont été blessés
 lors d'une intervention sur des individus suspectés de détention de drogue

Résultat de recherche d'images pour "controle de police argenteuil"La défense conteste la version des représentants de la loi et, par son interprétation partisane, embrouille les faits sur ce qui s'est passé vendredi à Argenteuil dans le Val-d'Oise, une commune communiste de 1945 à 2001 et alternativement socialiste ou RPR,UMP et LR depuis. 

Cinq jours après l'affaire de Champigny-sur-Marne, des suspects ont fait dégénérer un contrôle de police sur la commune du Val-d'Oise, faisant plusieurs plusieurs blessés, côté fonctionnaires comme côté délinquants présumés. Les uns font état d'une violente rébellion des trafiquants présumés contrôlées, les autres évoquent une "bavure policière".

Deux personnes qui auraient pris part aux violences visant les policiers ont été écrouées dimanche à l'issue de leur garde à vue. Ils doivent être jugés en comparution immédiate ce lundi après-midi, ainsi que deux autres suspects, laissés libres après leur audition. Le Parquet de Pontoise n'était pas joignable dans l'immédiat. 

"Ils s'en prennent aux policiers, incitent à l'émeute"

Il est près de 17 heures vendredi lorsqu'une patrouille de quatre policiers contrôle un véhicule stationné et dans lequel se trouvent quatre individus. Selon une source policière, les fonctionnaires sentent "une odeur de shit". D'après Le Parisien, les forces de l'ordre procèdent à des palpations et découvrent des sachets en plastique vide, ainsi qu'une balance. L'opération tourne mal, les occupants du véhicule se rebellent. "Ils s'en prennent aux policiers, incitent à l'émeute", indique la source policière, selon laquelle "30 personnes" ont alors été rameutées et ont avancé sur les fonctionnaires, qui ont fait usage de leurs lanceurs de balles de défense pour se dégager de la meute. 

Dans les échanges de coups, deux policiers sont blessés par la bande appelée en renfort: une gardienne de la paix et un adjoint de sécurité. La première a eu un doigt cassé et s'est vue prescrire 42 jours d'incapacité totale de travail (ITT), tandis que son collègue a eu droit à 12 jours d'ITT. 
Les quatre individus contrôlés sont tous embarqués et placés en garde à vue. Selon BFMTV, les deux suspects placés en détention provisoire sont un animateur de la ville d'Argenteuil et un lycéen de 18 ans. Ce dernier serait l'auteur principal des violences. 

L'avocat de deux suspects dénonce au contraire des violences policières

La thèse de la rébellion est contredite par maître Arié Alimi
. 

arie-alimi

Avocat de deux jeunes individus interpellés, ce maître du barreau a développé une clientèle sur les questions de libertés publiques, bien que diplômé en droit des affaires.Il a ainsi été l'avocat de Nabil Koskossi, défenseur de la cause palestinienne et initiateur d'une manifestation à Sarcelles. Maître Alimi défend ainsi le droit à manifester. Né en 1977 à Sarcelles, Arié Alimi a grandi en région parisienne dans une famille d’origine algérienne et a réalisé sa scolarité à l’école Ozar Hatorah de Sarcelles, un établissement d’enseignement judaïque. Juif pratiquant, très attaché à sa religion et à sa culture, en tant qu'étudiant en droit inscrit à Paris II Panthéon Assasil s’engagea d’ailleurs à l’Union étudiante des juifs de France (UEJF). En plus de son cabinet spécialisé en droit immobilier commercial, Arié Alimi s’est également fait connaître pour ses prises de parole contre ce qu’il appelle "la doctrine d’Etat" ou encore l’état d’urgence, qu’il juge liberticide, notamment dans le cas des assignations à résidence pour des personnes soupçonnées d’être une menace pour la sécurité du pays. Il réagit par ailleurs dans la presse suite aux arrêtés municipaux contre le burkini. Il va jusqu'à accuser ces décisions politiques -affichant, selon lui, "une doctrine de l’Etat" - de créer une "continuité entre terrorisme et islam".En 2014, la famille du jeune Rémi Fraisse, tué (probablement par une grenade) sur le site du barrage de Sivens, fit appel à lui pour la défense du dossier de l'activiste d'extrême gauche. Le Parquet a finalement requis un non-lieu: près de trois ans après, le procureur de Toulouse considère que ni les gendarmes, ni le préfet du Tarn ne doivent être poursuivis.
Maître Alimi est également le défenseur des familles de lycéens se déclarant victimes de violences policières lors de manifestations contre la Loi Travail au lycée Bergson de Paris, en mars 2016.
Me Arié Alimi n'hésite pas à dénoncer une "instrumentalisation syndicale". 
Et, dans un communiqué, ce rédacteur d'un blog sur le site de Médiapart depuis juillet 2014 affirme que "ses clients, loin d'avoir été coupables de vouloir se soustraire à un contrôle, ont au contraire été victimes de violences graves, attestées par un médecin légiste". 

Selon lui, un jeune majeur s'est vu prescrire 47 jours d'ITT, ayant eu les "mains fracturées" et reçu "une pluie de coups de matraque sur le visage et le corps". 
La source policière a de son côté indiqué qu'un mis en cause, "bien connu des services de police", s'était vu prescrire six jours d'ITT. 

"Le mot communément utilisé pour ce qui s'est passé à Argenteuil est une 'bavure'", a estimé Me Alimi, ajoutant même que l'affaire aurait fait l'objet d'une "instrumentalisation politique et syndicale intolérable".

Le syndicat Unité SGP police-FO a déploré une "situation insoutenable" pour les forces de l'ordre. 
Tandis que le syndicat UNSA police a réagi aux accusations de l'avocat: "Ceux qui s'en prennent à la police doivent s'attendre à subir un usage de la force. Ce n'est pas une bavure, c'est la loi. 
Et il appartient à un tribunal de statuer, non à un quelconque défenseur", a vivement réagi, dans un communiqué, son secrétaire général Philippe Capon.

vendredi 22 juillet 2016

Beaumont-sur-Oise: Adama Traoré, mort lors d’une interpellation, avait "une infection très grave"

Des habitants de Beaumont-sur-Oise s'en sont pris aux forces de l'ordre

Mercredi, des proches d'Adama Traoré ont crié à la bavure policière 

Lors d'une interpellation de police, un délinquant est décédé. Mardi 19 juillet, Adama Traoré, 24 ans, est interpellé dans une commune voisine d’où il est originaire (quoi qu'en dise le BondyBlog), mais décède quelques heures plus tard, dans le véhicule de gendarmerie qui le conduit à la caserne de Persan (Val d’Oise). A 40 kilomètres de Paris, près de Pontoise, les habitants du quartier de Boyenval suspectent une "bavure" comparable à celle qui avait causé la mort de Zyed et Bouna à Clichy, en octobre 2005. 
"J’ai pleuré toute la nuit. On est très énervés," racontent des résidents du quartier de Boyenval, depuis le décès de leur "frère" Adama Traoré, dans des circonstances jugées suspectes. Tel est l’état d’esprit dans ce quartier populaire de Beaumont-sur-Oise (près de 10.000 habitants), DVG jusqu'en 2014où le taux de criminalité est supérieur à la moyenne nationale. "C’est pas le 93, ici !", plaisante Nabil, 35 ans, le 'grand frère' - ou caïd - de la cité. Sans misérabilisme, BondyBlog décrit en effet une petite ville "principalement pavillonnaire, ressemblant davantage à un patelin de province avec son centre-ville et ses pavés, son petit pont et ses ruelles étroites."
“Avec ce qui s’est passé hier, la ligne D a terminé son service à 16h !, explique un chauffeur de bus. “Du coup, , un habitant commente: " On met plus de temps pour se rendre dans la capitale qu’un Ch’ti qui fait Lille-Paris”... Mais la mauvaise foi des plaignants trouve une oreille compatissante auprès du BondyBlog, toujours prompt à faire de la littérature.

"Sur place, trois journalistes de [la mal-aimée] BFMTV campent devant l’hôtel de ville, caméra toujours sur pied. Seul stigmate d’une nuit agitée [hormis un mort...], une voiture calcinée pour décor [sic] devant laquelle ils enchaînent les duplex. Témoin de ce cirque sensationnaliste [sic], Walid, un proche de la victime, finit par les apostropher, excédé. "Vous n’en avez pas marre de dire de la merde ?". Les journalistes se défendent. Dialogue de sourds. "Vous racontez de la merde à la France entière, s’emporte Walid. Vous ne savez faire que ça : parler de la violence, mettre des étiquettes. C’est tout ce qui vous intéresse". Des passants s’arrêtent: tous approuvent les propos du jeune homme. Le fossé est béant [style], la tension monte de plusieurs crans. Le traitement médiatique de ces derniers jours a complètement décrédibilisé la profession. Entre les 22 secondes accordées dans le 20h de TF1 au lendemain de la mort d’Amada Traoré, les "déformations" et les clichés, "plus personne n’a confiance, plus personne ne veut parler", explique Walid [accusateur]. "Mettez pas les pieds dans le quartier", menace-t-il. On en a marre de la désinformation". Désinformation : ce mot reviendra plusieurs fois dans les remarques outrées des habitants," [insiste le BondyBlog]
Ce media en ligne de la diversité ethnique, qui a prospéré sur les émeutes de 2005 dans les banlieues, est hébergé par le journal Libération depuis le 1er janvier 2015. Les émeutes de 2005 ont commencé à Clichy-sous-Bois à la suite de la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna ...Traoré, le 27 octobre 2005, électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique dont ils avaient forcé l'entrée pour échapper à un contrôle de police]. Des parallèles qui incitent certains à assimiler les deux faits divers à 11 ans d'intervalle.
Le BondyBlog construit la légende du délinquant. 
"Lorsque les proches, ceux qui l’ont connu décrivent Adama Traoré, les mots sont à chaque fois les mêmes. "C’était un grand gaillard, le genre de mec costaud que tu viens pas embêter". "Un bloc", disent certains. Trois jours avant le drame, le jeune homme, qui a eu 24 ans le jour de son décès, a joué "un foot de huit heures sous 35 degrés samedi, sans aucun souci de santé [jusque là], nous assure-t-on. Il était en forme !" [insiste le blog]. "Toutes les histoires de maladies, infections et malaise cardiaque, personne n’y croit". "Adama était quelqu’un de souriant," raconte encore un proche. Un ami d’enfance parle toutefois d’un "gars plutôt bagarreur". Les raisons de son passage en prison ? "Violences", nous dit-il. 
"Deux jours après le drame, la ville de Beaumont-sur-Oise est toujours sous le choc, raconte le très communautaire BondyBlog, suggérant un sentiment de culpabilité de la police. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des violences ont éclaté pour la deuxième soirée d’affilée.  Du côté de la gendarmerie, c’est motus et bouche cousue. Il suffit de passer la tête par la grille du bâtiment pour sentir une certaine fébrilité. Derrière la grande barrière, sept militaires sont comme barricadés, cachés derrière le mur. Aucun commentaire, "merci, y’a rien à voir !" Plus loin, un habitant d’une quarantaine d’années veut bien témoigner, mais anonymement. Il est originaire de la même cité que le défunt. Il nous montre des photos de la nuit dernière : des flammes, des voitures qui brûlent, des vitrines explosées. "Une réaction normale" [des casseurs], selon lui. Mais il n’en dira pas plus, il se sent surveillé."
Deux versions s’opposent sur l'interpellation du contrevenant, en compagnie de son frère, par les gendarmes de la Brigade territoriale autonome de Persan, ville limitrophe de Beaumont-sur-Oise. Côté habitants, on parle comme à chaque fois de "bavure policière". Côté officiel, on fait état d'un malaise cardiaque. Et cette explication est rejetée par l'entourage et une vingtaine de personnes prises en mains par les agitateurs habituels s'est dirigée, mercredi 20 juillet, en fin de journée, devant la gendarmerie de Persan, aux cris de "Justice pour Adama". Ils ont été repoussés par des gaz lacrymogènes. 

Dans la nuit du mardi 19 au mercredi 20, des violences avaient éclaté dans les communes voisines de Beaumont-sur-Oise, Persan et Bruyères-sur-Oise. Les forces de l'ordre avaient été prises pour cible par des tirs d'armes au plomb et des cocktails Molotov. Plusieurs véhicules avaient été incendiés et neuf personnes placées en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi. Des forces de l’ordre étaient mobilisées en nombre – plus de 200 militaires et fonctionnaires de police. Ces affrontements ont néanmoins fait "six blessés légers parmi les gendarmes et la police, des dégradations de bâtiments publics, des incendies de voiture", selon la préfecture.

Au cours de la nuit du 20 au 21 juillet, neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des faits "d'attroupements armés, incendies volontaires et jets d'objet incendiaire sur les forces de l'ordre", a indiqué le directeur de cabinet du préfet du Val-d'Oise.
Quinze véhicules ont été incendiés et 35 feux sur la voix publique ont été recensés, ainsi que deux tentatives d'incendie, contre la mairie et une école maternelle de Beaumont-sur-Oise, a en outre précisé la préfecture. La situation a été "tendue de 22h30 à 4h30 [à Persan et Beaumont-sur-Oise], mais maîtrisée grâce au robuste dispositif mis en place", a-t-elle ajouté. Les forces de l'ordre comptaient cette nuit-là 180 agents, pour faire face à environ 200 personnes.

A Boyenval, on parle surtout de "meurtre"

Il fait une chaleur caniculaire ce mercredi-là, mais une trentaine d’habitants est cependant descendue au pied des immeubles de ce quartier composé de petites tours blanches, animés par le besoin de dire leur 'ras le bol' des "media et des institutions", "qui ferment les yeux sur les crimes raciaux." Adama était Noir et l'actualité américaine a échauffé les esprits. 
Cinq policiers ont été tués à Dallas, jeudi 7 juillet au soir, lors d’une manifestation contre les bavures policières, quelques heures après la mort de deux hommes noirs abattus par des policiers filmés au moment des faits. Le président métis, Barack Obama, s’était exprimé sur les tensions entre une partie de la population américaine et les forces de l’ordre, dénonçant un "grave problème" de la société américaine.
"La police tue, en France. Avant, on voyait ça qu’à la télé, et maintenant ce sont des petits à nous qui se font tuer", crie presque l’un des agitateurs, reprenant une thèse d'extrême gauche. Pour lui comme pour les autres, le scénario du malaise cardiaque ne tient pas une seconde la route.  La longue partie de foot du samedi précédent, sous un soleil de plomb, est évoquée comme une preuve qu'il était en très bonne santé et non pas comme un élément expliquant le malaise de la victime.
Selon les meneurs, la vérité, c'est que le jeune homme serait mort sous les coups des gendarmes, qui l’auraient "tabassé". Tous prennent pour exemple le témoignage partisan d’un frère du défunt, également contrôlé par la police et interpellé: il aurait vu arriver vivant Adama au commissariat, puis "un tee-shirt de policier plein de sang", réfutant ainsi la version officielle. 

"Ce sera à l’enquête de déterminer les causes exactes de la mort," rappelle François Capin-Dulhoste, le procureur adjoint de la République de Pontoise, précisant que "ce n’était pas le jeune homme qui était visé à la base par l’interpellation [comme cela a d’abord été écrit par certains media], mais son frère. Adama Traoré s’est interposé, puis a dû être maîtrisé par trois gendarmes et emmené au poste."  C’est la section de recherche de la gendarmerie de Versailles et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale qui sont chargées des investigations. 

Une autopsie a eu lieu le 21 juillet

L'homme est mort des suites d’une grave infection respiratoire
, "touchant plusieurs organes". Le médecin légiste n'a pas relevé de "traces de violence significatives" sur le corps, explique ce rapport d’autopsie. Traoré n’a donc pas subi de violences policières. Le rapport complet devrait être livré dans les prochains jours. 
Pour rendre hommage au jeune Noir d'origine malienne, une marche blanche a rassemblé plusieurs centaines de personnes ce vendredi, à Beaumont-sur-Oise. Dans la foule des marcheurs, un jeune polyglotte porte un t-shirt sur lequel on peut lire "No justice, No peace". "Comme d’habitude, le mec qui a fait ça sera muté dans le Sud, et on en parlera plus." 

L'avocat de la famille Traoré a demandé une contre-autopsie
L’avocat de la famille a donné une conférence de presse dans l’après-midi. Il demande une contre-expertise et une contre-autopsie.

Hawa Traoré,
la sœur jumelle d'Adama, qui dit ne pas croire aux conclusions du rapport d'autopsie, a lancé un appel au calme après les violences consécutives à la mort de son frère : "on va trouver la vérité, calmez-vous les jeunes", a-t-elle demandé.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui va examiner l'affaire, a lui aussi lancé "un appel solennel au calme". "Un seul objectif doit prévaloir, partagé par toutes les personnes impliquées : la recherche de la vérité", a-t-il dit dans un communiqué.

Les proches déclarent par avance qu’ils se font peu d’illusions.
 
Dans le quartier de Boyenval, les noms de Zyed Benna et Bouna Traoré, ces deux adolescents morts en 2005 à Clichy-Sous-Bois alors qu’ils tentaient de se soustraire à un contrôle de police, sont sur toutes les lèvres, avec insistance.

vendredi 14 juin 2013

Un clandestin se défenestre à l'arrivée de la police à Martigues

Bavure policière en milieu communiste

Les policiers sont intervenus au foyer Adoma de la ville

Manu-la-bavure
Un jeune immigré illégal s'est défenestré vers 6 heures du matin, mercredi. 
Le clandestin s'est précipité du 6è étage d'un foyer Adoma, anciennement Société nationale de construction de logements pour les travailleurs (Sonacotra), situé dans le quartier de Boudème à Martigues (Bouches-du-Rhône).
Sur les lieux, les agents de la police municipale expliquent que ce garçon, qui squattait le foyer, avait eu une rixe avec un résident habituel et qu’ils avaient été appelés sur place afin de faire cesser le trouble. 

Le sans-papiers de 25 ans était toujours entre la vie et la mort ce jeudi 

L'
homme  aurait immédiatement pris la fuite à leur arrivée, se jetant par la fenêtre, bien que les forces de l'ordre aient tenté de le retenir par les mains. 

En situation irrégulière sur le sol français, la victime, polytraumatisée mais consciente a été évacuée par les pompiers, a été évacuée dans un état très grave au centre hospitalier de Martigues, avec un pronostic vital engagé. Le commissariat mène l'enquête.

Kurde ou Afghan ?

"Chaque fois qu'un chibani ("ancien") s'en va, c'est une partie de notre histoire et de notre patrimoine qui disparaît en France !"
souligne Amadou Hampaté Bâ et la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. 
Bien qu'établis en France depuis plusieursgénérations parfois, ces immigrés estiment en outre que leurs descendants nés en France et éduqués dans les écoles françaises sont privés d'Histoire...

samedi 11 juillet 2009

SOS Racisme et la famille s’opposent à une marche pour le suicidé en garde à vue

Appels à annulation de la marche cet après-midi, par crainte d'incidents

La nuit a été calme à Firminy dans la Loire, ont indiqué samedi 11 juillet les pompiers et la police: une seule voiture incendiée...

Récupération malsaine

"Mohamed est mort dans les locaux de la police... Pour que la vérité soit faite, une marche silencieuse est organisée. Mobilisons-nous pour connaître la vérité sur ce drame", peut-on lire sur des tracts distribués dans Firmini, la commune communiste où le jeune extorqueur de fonds a été retrouvé pendu dans sa cellule de sa garde à vue.
La maire a-t-il pris parti pour ou contre le risque d’aggravation d’une situation déjà explosive ?

Contre la politique du pire

SOS Racisme et la famille de Mohamed Benmouna, ont demandé samedi l'annulation d'une marche à la mémoire de la victime prévue dans l'après-midi, de crainte qu'elle ne dégénère.
"On invite ceux qui voudraient l’organiser à l’annuler. Car il y a des risques. Dans tous les cas, la famille n'y participera pas", a déclaré Abdelkader Benmouna, le père de Mohamed.
"Compte tenu du contexte encore tendu, notre association estime que c'est une très mauvaise idée" que d'organiser cette marche, a lui aussi déclaré Saïd Hamidi, secrétaire général de SOS Racisme pour la Loire.
Les parents de Mohamed Benmouna a appelé samedi 11 à annuler une marche à la mémoire de leur fils prévue dans l'après-midi, par crainte d'incidents.
Samedi, la préfecture de la Loire n’avait reçu aucune demande d'autorisation pour cette marche annoncée par des tracts anonymes distribués ces derniers jours à Firminy, banlieue de Saint-Etienne où habitait la victime. Selon ces tracts, la marche, d'environ cinq kilomètres, partirait à 14H00 de l'immeuble de la victime vers le commissariat du Chambon-Feugerolles, théâtre du drame qui a entraîné trois nuits de violences.

La marche à hauts risques aura lieu

Des membres de la famille de Benmouna participeront à la marche à la mémoire de Mohamed Benmouna.
Sur place, en fin de matinée, la marche (environ 200 personnes) prévue entre l'immeuble de la victime et le commissariat du Chambon-Feugerolles était en cours d'organisation.
En début d’après midi, si les parents sont absents de la marche, on pouvait reconnaître un frère, un oncle, une tante et une grand-mère de la victime en tête de cortège. Se dirigeant finalement vers le commissariat de police, les marcheurs criaient "justice pour Mohamed" ou s'exprimaient en arabe pour énoncer la profession de foi musulmane et connaître la vérité sur ce drame.

Un défi à la raison

La situation était revenue à la normale après trois nuits de violences.

=> Vendredi soir, une deuxième autopsie a été réalisée en présence de Jacques Pin, par les Prs Michel Debout, directeur de l'Institut de Médecine légale de Saint-Etienne, et Daniel Malicier, directeur de l'Institut de Médecine légale de Lyon. Cette autopsie devait confirmer "l'absence de trace de violence".
La famille dépose plainte contre X
Cette deuxième autopsie avait été ordonnée par le procureur de la République de Saint-Etienne. Il avait demandé des échographies des masses profondes pour "s'entourer d'un maximum de précautions et faire droit à la demande de la famille". Des proches du jeune homme dénoncent en effet une bavure policière et la famille Benmouna a déposé une plainte contre X.

Selon le parquet, la vétusté du commissariat du Chambon-Feugerolles serait en cause. La cellule où était détenu Mohamed Benmouna étant "délabrée" et "pas aux normes", avec notamment la présence de deux trous dans un mur, auxquels le jeune homme aurait fixé, pour se pendre, les deux extrémités d'une cordelette fabriquée avec la toile de son matelas.

A l'issue des éléments de l'enquête judiciaire transmis par l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), l'instruction devra aussi déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements matériels relatifs au matériau de construction utilisé pour les cellules de garde à vue et au matériel de vidéo-surveillance utilisé. Cette annonce intervient juste après la confirmation de "l'absence de trace de violence" sur le corps du jeune homme.

=> Le petit centre commercial du quartier du "site Le Corbusier" (ci-dessus) est parti en fumée dans la nuit de jeudi à vendredi.
Au terme de cette 3e nuit de violence, Marc Petit - maire de Firminy - a enfin réclamé des moyens exceptionnels à la Préfecture avec une présence policière visibles pour les jours qui suivent.
Dans la nuit de vendredi à samedi, la présence des forces de l'ordre était très visible, policiers, CRS et gendarmes mobiles procédant également à des contrôles de véhicules.
=> Jeudi 09 juillet, une partie de la famille Benmouna avait invité la population à continuer à faire preuve de calme et à participer à "un sit-in" à partir de 19H30 au pied de son immeuble, à Firminy.
Le maire PCF a-t-il appelé des renforts de police pour exacerber la colère des manifestants les plus radicaux ?

Pour le maire de Firminy, Marc Petit, les casseurs seraient des "personnes extérieures au département venues pour saccager". Et la tête de cortège, est-elle extérieure à sa commune ?

  • Le député (UMP) de la circonscription et ancien maire de Firminy, Dino Cinieri, a répété qu'il fallait "mettre un terme aux violences".
    "C'est une catastrophe pour la commune", a-t-il déclaré, estimant que Firminy "n'aurait jamais dû connaître un tel drame", et ajoutant que ses pensées allaient d'abord, "bien évidemment", au jeune homme et à sa famille.