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lundi 8 janvier 2018

Policiers blessés, accusés de violences policières par l'avocat de trafiquants de drogue

L'effet Kassovitz à Argenteuil : une "bande de bâtards" ?

Deux policiers ont été blessés
 lors d'une intervention sur des individus suspectés de détention de drogue

Résultat de recherche d'images pour "controle de police argenteuil"La défense conteste la version des représentants de la loi et, par son interprétation partisane, embrouille les faits sur ce qui s'est passé vendredi à Argenteuil dans le Val-d'Oise, une commune communiste de 1945 à 2001 et alternativement socialiste ou RPR,UMP et LR depuis. 

Cinq jours après l'affaire de Champigny-sur-Marne, des suspects ont fait dégénérer un contrôle de police sur la commune du Val-d'Oise, faisant plusieurs plusieurs blessés, côté fonctionnaires comme côté délinquants présumés. Les uns font état d'une violente rébellion des trafiquants présumés contrôlées, les autres évoquent une "bavure policière".

Deux personnes qui auraient pris part aux violences visant les policiers ont été écrouées dimanche à l'issue de leur garde à vue. Ils doivent être jugés en comparution immédiate ce lundi après-midi, ainsi que deux autres suspects, laissés libres après leur audition. Le Parquet de Pontoise n'était pas joignable dans l'immédiat. 

"Ils s'en prennent aux policiers, incitent à l'émeute"

Il est près de 17 heures vendredi lorsqu'une patrouille de quatre policiers contrôle un véhicule stationné et dans lequel se trouvent quatre individus. Selon une source policière, les fonctionnaires sentent "une odeur de shit". D'après Le Parisien, les forces de l'ordre procèdent à des palpations et découvrent des sachets en plastique vide, ainsi qu'une balance. L'opération tourne mal, les occupants du véhicule se rebellent. "Ils s'en prennent aux policiers, incitent à l'émeute", indique la source policière, selon laquelle "30 personnes" ont alors été rameutées et ont avancé sur les fonctionnaires, qui ont fait usage de leurs lanceurs de balles de défense pour se dégager de la meute. 

Dans les échanges de coups, deux policiers sont blessés par la bande appelée en renfort: une gardienne de la paix et un adjoint de sécurité. La première a eu un doigt cassé et s'est vue prescrire 42 jours d'incapacité totale de travail (ITT), tandis que son collègue a eu droit à 12 jours d'ITT. 
Les quatre individus contrôlés sont tous embarqués et placés en garde à vue. Selon BFMTV, les deux suspects placés en détention provisoire sont un animateur de la ville d'Argenteuil et un lycéen de 18 ans. Ce dernier serait l'auteur principal des violences. 

L'avocat de deux suspects dénonce au contraire des violences policières

La thèse de la rébellion est contredite par maître Arié Alimi
. 

arie-alimi

Avocat de deux jeunes individus interpellés, ce maître du barreau a développé une clientèle sur les questions de libertés publiques, bien que diplômé en droit des affaires.Il a ainsi été l'avocat de Nabil Koskossi, défenseur de la cause palestinienne et initiateur d'une manifestation à Sarcelles. Maître Alimi défend ainsi le droit à manifester. Né en 1977 à Sarcelles, Arié Alimi a grandi en région parisienne dans une famille d’origine algérienne et a réalisé sa scolarité à l’école Ozar Hatorah de Sarcelles, un établissement d’enseignement judaïque. Juif pratiquant, très attaché à sa religion et à sa culture, en tant qu'étudiant en droit inscrit à Paris II Panthéon Assasil s’engagea d’ailleurs à l’Union étudiante des juifs de France (UEJF). En plus de son cabinet spécialisé en droit immobilier commercial, Arié Alimi s’est également fait connaître pour ses prises de parole contre ce qu’il appelle "la doctrine d’Etat" ou encore l’état d’urgence, qu’il juge liberticide, notamment dans le cas des assignations à résidence pour des personnes soupçonnées d’être une menace pour la sécurité du pays. Il réagit par ailleurs dans la presse suite aux arrêtés municipaux contre le burkini. Il va jusqu'à accuser ces décisions politiques -affichant, selon lui, "une doctrine de l’Etat" - de créer une "continuité entre terrorisme et islam".En 2014, la famille du jeune Rémi Fraisse, tué (probablement par une grenade) sur le site du barrage de Sivens, fit appel à lui pour la défense du dossier de l'activiste d'extrême gauche. Le Parquet a finalement requis un non-lieu: près de trois ans après, le procureur de Toulouse considère que ni les gendarmes, ni le préfet du Tarn ne doivent être poursuivis.
Maître Alimi est également le défenseur des familles de lycéens se déclarant victimes de violences policières lors de manifestations contre la Loi Travail au lycée Bergson de Paris, en mars 2016.
Me Arié Alimi n'hésite pas à dénoncer une "instrumentalisation syndicale". 
Et, dans un communiqué, ce rédacteur d'un blog sur le site de Médiapart depuis juillet 2014 affirme que "ses clients, loin d'avoir été coupables de vouloir se soustraire à un contrôle, ont au contraire été victimes de violences graves, attestées par un médecin légiste". 

Selon lui, un jeune majeur s'est vu prescrire 47 jours d'ITT, ayant eu les "mains fracturées" et reçu "une pluie de coups de matraque sur le visage et le corps". 
La source policière a de son côté indiqué qu'un mis en cause, "bien connu des services de police", s'était vu prescrire six jours d'ITT. 

"Le mot communément utilisé pour ce qui s'est passé à Argenteuil est une 'bavure'", a estimé Me Alimi, ajoutant même que l'affaire aurait fait l'objet d'une "instrumentalisation politique et syndicale intolérable".

Le syndicat Unité SGP police-FO a déploré une "situation insoutenable" pour les forces de l'ordre. 
Tandis que le syndicat UNSA police a réagi aux accusations de l'avocat: "Ceux qui s'en prennent à la police doivent s'attendre à subir un usage de la force. Ce n'est pas une bavure, c'est la loi. 
Et il appartient à un tribunal de statuer, non à un quelconque défenseur", a vivement réagi, dans un communiqué, son secrétaire général Philippe Capon.

samedi 19 décembre 2015

Sécurité à Paris 12e: soupçons de palpations de mauvais aloi sur ados de la diversité

18 adolescents déposent une plainte collective pour violences policières: coup monté?

A moins de 16 ans, dénoncer 
des violences policières à la justice n'est pas commun, sauf si des associations politisées sont à la manoeuvre. 
Les contrôles de sécurité doivent-ils 
être limités à la "race blanche"?
Les juges ont largement contribué à la dévaluation de leur propre image.
Ils sont rarement considérés comme des alliés des justiciables. Or, dix-huit adolescents dont deux filles du 12e arrondissement de Paris ont pourtant surmonté leurs rancoeurs. Jeudi 17 décembre, avec le soutien -lire à l'instigation- de leurs éducateurs, ces jeunes ont signalé des faits de "violences volontaires aggravées ", d’ "agression sexuelle aggravée", de "discrimination" et d’ "abus d’autorité" par des policiers au procureur de la République de Paris. Leur quotidien était devenu invivable, racontent-ils. La plainte contre X désigne les "Tigres", comme se surnomment les policiers de la brigade de soutien de quartier (BSQ).
A Saint-Denis en Seine-Saint-Denis et troisième ville la plus peuplée d’Ile-de-France, deux brigades de ce type, ou BST (brigade spécialisée de terrain), accomplissent aussi cette mission de "prévention", chère à la gauche, faisant aussi face à une population méfiante ou pire, indifférente, quand il s'agit pour les policiers de "recréer du lien social"..., équipés de jambières et de boucliers blindés, armés du flash-ball classique, un LBD40 - sorte d’énorme flash-ball, "mais capable de tirer à 40 mètres" -, grenades lacrymogènes, matraques télescopiques… Successeurs des Uteq (unités territoriales de quartier, 2008), les BST sont pourtant censées représenter cette police oeuvrant au rapprochement police-population. La gauche avait accablé ces "grands frères en chemisettes inopérants", mais les a conservés. Christian Meyer, le commissaire de Saint-Denis déclarait: "La police doit communiquer, pas seulement avec les journalistes, mais avec les citoyens, c’est une évidence." Lui, il donnait son adresse mail à qui voulait quand il participait à une réunion de quartier. 
Aujourd'hui l'ambiguïté sur le fil du rasoir perdure. Partager un sandwich avec ces jeunes du quartier Reuilly-Montgallet, entre gare de Lyon et place de la Nation, ne règle rien. Il faut bien effectuer les contrôles, au minimum une fois par jour, parfois plus, souligne la presse en lien avec le ministère. Et certains dérapent, admet-elle. C'est inéluctable, suggère-t-elle, depuis 2012. 

"Les violences dont 'ils' parlent, rapporte Le Monde pour désigner les plaignants, ont eu lieu entre l’été 2013 et l’été 2015." 
"Seules ont été retenues pour la plainte celles pour lesquelles des témoins pourront confirmer leurs dires", précise Le Monde, clairement suspicieux. Une enquête préliminaire a été confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. La police n’a pour le moment pas souhaité réagir.

Le premier événement, reflet de tant d’autres, remonte à l’été 2013, un soir de ramadan. Il est 20 heures, Jérémy rentre chez lui avec un copain, raconte Le Monde. Deux policiers les arrêtent et procèdent à une "palpation de sécurité".
L’un, "musclé", "les cheveux noirs coiffés avec du gel" lui met "les doigts dans les fesses". "Arrête de te contracter; laisse-toi faire", lui ordonne-t-ON. Jérémy aurait reçu [au conditionnel] un coup dans les côtes. A son ami aussi, ON a mis un doigt dans les fesses. Le Monde semble balancer d'un bord à l'autre. 

"Atteinte à la dignité humaine"
Les "vérif", c’est une fois par jour, "les doigts dans les fesses", "au moins une fois par semaine", estime Yassine qui semble se trouver un peu souvent sur le passage des policiers.
Dans ses décisions, le défenseur des droits n’a pourtant de cesse de "déplorer le caractère systématique de la palpation de sécurité", une "atteinte à la dignité humaine," si rien ne laisse penser que la personne dissimule un objet. Jacques Toubon semble naviguer à l'aise dans le subjectif, du "systématique" au "laisser penser." Dans tous les cas, elle "doit intervenir dans un local retiré du commissariat", rappellent Mes Slim Ben Achour, spécialiste des questions d’égalité et de non-discrimination, membre du syndicat des avocats de France, et Félix de Belloy, les avocats des adolescents. Comme si les huis-clos ne comportaient pas de risques. Tous les soupçons d'exactions, mais aussi toutes les accusations, seraient pourtant favorisées et les "témoins" encouragés. Et la présence d’un médecin est " indispensable" pour toute fouille approfondie.

Le Huffington Post a publié les accusations de Ben Achour en avril dernier:
"Les interpellations du premier Ministre sur le risque d'une arrivée au pouvoir du FN m'incitent à partager un constat et une conclusion en forme de morale politique: il est difficile d'être entendu, voire crédible, lorsque l'on défend, dans le même temps, des pratiques de ségrégation encourageant la propagation de représentations racistes, susceptibles de contribuer à la réalisation de la prophétie mortifère.
Une affaire est révélatrice de la gravité et de l'ambiguïté de la situation. Il s'agit de
l'affaire dite du "contrôle au faciès" (dont le prononcé du délibéré par la Cour d'appel de Paris est le 24 juin prochain) qui a vu 13 personnes assigner l'Etat en raison de "contrôles de routine", selon la terminologie policière, et qui concernent toujours les mêmes personnes, selon les témoignages (en l'espèce) et les statistiques (établies, notamment, par le CNRS et l'ONG Open Society Justice Initiative)".
Maître Ben Achour a monté un nouveau dossier, suite à l'échec de la tentative de 2013. VOIR et ENTENDRE cet avocat débouté dénoncer le verdict de la justice de son pays:

S’opposer à un contrôle des "Tigres"expose à des représailles. 
Lors des vacances de Noël 2013, trois policiers contrôlent Mamadou et ses amis qui traînent sur un banc. Mamadou voudrait qu’ils laissent les filles en dehors de tout ça. L'intercesseur est jeté à terre [Le Monde l'affirme, sans les précautions d'usage au conditionnel]. Le lendemain, les "Tigres" patrouillent en voiture. L’un d’eux aurait ouvert sa fenêtre et agrippé le garçon par le bras, le forçant "à marcher à l’allure du véhicule". "L'intercesseur" [un grand frère?] finit par se libérer. "Rébellion !", crient les agents, selon Le Monde qui semble être témoin, tant il nous met en situation... Le journal repasse au conditionnel pour ajouter que les policiers de Cazeneuve "l’auraient alors plaqué contre le mur et frappé ' au niveau des hanches'", ce qui est requis en matière de palpation dite "de sécurité", par dessus les vêtements, de la tête aux pieds, hormis vider les poches ou fouiller un sac : pour cela, il faut une commission rogatoire signée par un juge ou un ordre du procureur de la République.

La vue de la police fait fuir les jeunes des quartiers. Nulle part ailleurs les jeunes n'ont ce réflexe. C’est dans les moeurs locales, bien que la plupart n'aient rien à se reprocher, mais à plus forte raison s'ils sont pris en défaut. Le Monde prend pour exemple "Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) où, en 2005, Zyed et Bouna sont morts d’avoir couru," un résumé aussi partisan qu'irresponsable, puisqu'il ne rend pas compte du risque pris par les deux victimes qui ont escaladé une clôture marquée "danger" pour pénétrer dans un transformateur électrique, et non pas une cabane de jardinier, d'une part, et puisqu'à la fois il accuse les forces de l'ordre, encourage les effractions et justifie l'hostilité de la population, d'autre part. 

Un "soir" d’avril 2014, nouveau contrôle, dalle Rozanoff, dans le 12e. Certains quartiers vivent des nuits plus agitées que d'autres, dont ce groupe d'immeubles Paris Habitat "Erard Rozanoff" qui n'est pas seulement animé par les tours de manège gratuits, le cirque Pinder ou l' "Objectif Zéro gaspillage pour les fêtes" et le "Défi familles à énergie positive" de la maire du 12e arrondissement de Paris, Catherine Baratti-Elbaz (enseignante socialiste de 44 ans), à la suite de Michèle Blumenthal (2001-2014), poussée par la direction du PS à ne pas se représenter. 
L’un des agents fait signe à Alassane et Mamadou d’approcher. Le Monde raconte en phrases courtes, heurtées, comme un roman policier: "Ils refusent, s’éloignent, puis courent. Barrage. Plaquage contre le mur. "Pourquoi courez-vous ?", demandent les policiers. "La peur", répondent les garçonsFin de l'épisode narré par Emeline Cazi, salariée de milliardaires en euros, les hommes d'affaires Pierre Bergé qui finance le Parti socialiste, notamment Ségolène Royal, Xavier Niel, investisseur dans les sites Mediapart et Bakchich et propriétaire de Free, et Matthieu Pigasse, président du magazine Les Inrockuptibles, et actionnaire du Huffington Post, outre Le Monde.

Les cartes d’identité volent, selon Emeline. "Ramassez, bande de chiens", ordonnent les 'Tigres'. Les coups partent : Alassane est frappé au visage, Mamadou à l’épaule. Du gaz lacrymogène fuse. L’épicier à qui les garçons ont demandé du lait pour calmer leurs brûlures a vu les policiers repasser, hilares. "Alors, les singes, la prochaine fois, vous ne courrez pas !"

Brûlures au gaz lacrymogène
Emeline Cazi, qui a suivi assidument l'affaire DSK, ne nous épargne aucune des invectives présumées des policiers. "On pisse sur le ramadan", "espèce de Libanais de merde", "connards, sales Noirs". Un chapelet d'injures livrées sans retenue ni preuve journalistique: le secret des sources l'autorise... "A chaque contrôle, les insultes pleuvent", assure cette journaliste qui relate depuis le trottoir des habitués des contrôles, toujours les mêmes.  
Elle a aujourd'hui choisi son camp dans le conflit jeunes-policiers, dalle Rozanoff, qui dure depuis des années. Les grands frères disent avoir connu les mêmes brimades. "Mais maintenant, ils s’en prennent aux petits, dès 12 ans", déplore un presque trentenaire anonyme. Le lecteur manipulé ne demande plus de noms, fussent-ils d'emprunt.

Les non-dits de la journaliste ignorent les plaintes des riverains
De la musique écoutée "sur un téléphone, en fin d’après-midi" ? "Contravention pour tapage nocturne", rapporte-elle laconiquement avec l'intention d'indigner à la première lecture. Et ça continue, dans le même style incisif, mais transparent. "Une balade entre copains le long de la promenade plantée ? Une invitation ferme à rentrer chez soi. Qu’ils osent répondre avoir l’autorisation de leurs parents, c’est une clé de bras. Les jeunes d’autres quartiers n’ont rien à faire ici. S’ils ne comprennent pas, c’est la gazeuse," accuse la journaliste. Cazi combat ainsi la pénurie de magistrats en distribuant elle-même les sentences. Emeline peut circuler sans encombres dans Reuilly. 

Longtemps, les parents n’ont rien su. Dans l'affaire d'Outreau, les parents étaient déjà loin de tout. Quand le commissariat appelait, la police avait forcément raison, assure Le Monde, sûr de son fait, sans plus de précautions. A force d’être contrôlé, un garçon de 13 ans a été envoyé un an au Mali par sa famille. C'est la technique pour échapper à une condamnation, mais ne le répétez pas: seule la presse a cette liberté, dont Le Monde n'abuse pas. A présent que les langues se délient et que la journaliste d'investigation met le doigt entre les faits, les adultes réagissent un peu plus. Le 5 janvier, c'était il y a bientôt un an - sans qu'Emeline ne frémisse d'indignation-, une intervention [de police] au bas d’un immeuble a fait descendre une mère et il semble qu'Emeline ait été présente, qui rapporte dans une longue phrase cette fois à rallonge, sans respirer: "Fermez-la ou je vous embarque", s’est-elle entendu répondre quand elle a demandé leur matricule aux policiers, qui l’auraient "ensuite narguée" sans jamais le lui donner. Le Monde explique à ses lecteurs que se sont les forces de l'ordre qui perturbent la tranquillité des habitants de la dalle...

Les violences se déroulent aussi au commissariat. 
La mère de Théo - un nom bien de Reuilly et qui pourrait être du 7e -  "constate régulièrement des traces de coups et de brûlures au gaz lacrymogène sur le visage" de son [fils, mot oublié dans le feu de la rédaction fiévreuse de l'article] quand elle l’y récupère, écrivent les avocats. 
"Le 22 avril, six jeunes s’enfuient de la dalle à la vue des policiers" [sic Le Monde]. Cavale ou cabale ? L’un des six est rattrapé, jeté à terre [ne peut-on écrire 'plaqué au sol' ?], gazé. Au commissariat, il se retrouve seul dans une pièce. Un agent attend qu’il se déshabille. "Alors, t’as mal ?", lui demande-t-il à la vue du visage rougi par le gaz. "Attends, je t’en mets de l’autre côté." "Est-ce que vous allez dire ce que vous avez fait dans la salle de fouille ?", demande le garçon en sortant. "Si tu veux déposer plainte, il n’y a pas de problème, il y aura du répondant", lui a-t-ON rétorqué, rapporte Emeline Cazi, petite souris du commissariat de Reuilly.

Partage de l’espace public
Une médiation a été tentée [sic] par les éducateurs de l’association Soleil et le service de prévention de la police. La maire du 12e a ouvert les terrains de sport, développé la danse, les ateliers d’écriture, tout ça depuis 2014, à lire Le Monde, suggérant que Blumenthal n'aurait rien fait pour la jeunesse: "Il est vrai que le partage de l’espace public entre générations est l’un de mes sujets quotidiens", assure Catherine Baratti-Elbaz que Cazi "tente" de dédouaner de toute responsabilité dans son arrondissement.
VOIR et ENTENDRE pourtant le compte rendu d'activité 2011 du sport de proximité de la maire de l'époque Bertrand Delanoë pendant laquelle les faits se seraient déroulés:

Mais il y a eu des représailles. "Les policiers n’aiment pas les balances", expliquent les jeunes à qui Le Monde donne abondamment la parole. La situation empirant, l’ONG anglo-saxonne - supra-nationale et illégitime -  Open Society Justice Initiative (OSJI) les a encouragés à porter plainte. Le duo d’avocats qui défend le dossier n’en est pas à son coup d’essai. En juin, ils ont obtenu, pour la première fois, la condamnation de l’Etat pour faute lourde pour une série de contrôles d’identité au faciès ; une action, là encore, soutenue par Open Society.
Avec Human Rights Watch, l'OSJI combat le profilage ethnique, réel ou supposé, et la France a officiellement accepté leur ingérence: "La France a reconnu qu’il n’est pas acceptable que la police interpelle des personnes dans les rues et les traite comme des criminels ou des citoyens de seconde zone, simplement sur la base de leur apparence physique", a expliqué James A. Goldston, directeur exécutif de l’Open Society Justice Initiative. "Maintenant, elle doit faire en sorte que ces pratiques abusives cessent une bonne fois pour toutes." L'OSJI doit pour sa part en faire maintenant la preuve.
C’est cette même ONG qui avait financé une étude menée à Paris, en 2007 et 2008, sur les contrôles discriminatoires. Les résultats confirmaient ce que les associations dénonçaient depuis des années: en France, lorsqu’on est noir ou d’origine arabe, on risque respectivement 6 et 7,8 fois plus de se faire contrôler que lorsqu’on est blanc. Ce qu'il est en revanche interdit de démontrer, c'est que la délinquance est, quelles qu'en soient les causes, plus répandue , mais le vécu de la population l'atteste, comme l'atteste le vote Front national en croissance exponentielle. Une considération que les  ONG ne prennent pas en compte dans les considérations qui sont leur raison sociale. 
L’étude disait aussi que les personnes habillées "jeunes" représentent 10 % de la population considérée, mais étaient contrôlées dans près de la moitié des cas. Brayan, Kevin, Théo et leurs amis, qui portent des vestes de sport et ont des parents bien souvent nés à l’étranger, cumulent tous les handicaps. A noter que les ONG et la journaliste en choeur zappent les filles.

S'il était permis de donner la parole à la partie incriminée...

Le réquisitoire de la journaliste du Monde
ne soulève pas seulement la question des contrôles au faciès, mais aussi celui de l'impartialité des interrogatoires dirigés par 
des spécialistes d'organisations dédiées, ainsi que des témoignages recueillis sur des populations habiles à se victimiser.

Une affaire à visée politique

Elle a éclaté au lendemain des Régionales:
est-ce encore à la décharge des associations et ONG vertueuses ? La  maire socialiste actuelle du 12e leur en sait-elle gré ?
"Les politiques se sont engagés à lutter contre la discrimination raciale et sociale. Rien n'a été fait. Nous sommes aujourd'hui obligés d'aller en justice pour faire respecter leurs droits", a déploré leur avocat Slim Ben Achour, qui assure la défense des jeunes gens, avec Félix de Belloy. En juin, ils avaient obtenu, pour la première fois, la condamnation de l'État pour "faute lourde," après une série de contrôles d'identité au faciès injustifiés.

Le 3 avril 2015
dans le Huffington Post du banquier Pigasse, maître Ben Achour affirmait encore, au risque de stigmatisation de l'ensemble des Français :
"Des millions de Français sont considérés comme "suspects", "illégitimes", en raison de leur origine (réelle ou supposée); à tel point que beaucoup "rêveraient" de les voir quitter le territoire."
Le groupe Communiste et Front de gauche a réagi et dénoncé des faits "inadmissibles". 

"La justice saisie par les jeunes et leur famille dira où est la vérité, observe le président du groupe Communiste-Font de gauche au Conseil de Paris, Nicolas Bonnet Oulaldj. Mais il réclame justice en balayant la "présomption s'innocence," à laquelle il est tenu par la loi. Et de passer aussitôt aux accusations. "La concordance des témoignages, la réitération des faits nécessitent une réaction des autorités chargées de la police à Paris pour mener une enquête interne", a réclamé ce président du groupe PCF au Conseil de Paris, élu du 12e et responsable de la commission sport du PCF depuis 2009. Est-ce précisément celui dont la maire PS actuelle compense l'inactivité en matière d'infrastructures sportives et qui tacle "Macron, fossoyeur du temps libre et des pratiques sportives" ?

TF1, à la différence du Monde, ne préjuge pas de la culpabilité des hommes de Cazeneuve.

Indisposé par le parti-pris de la presse, sur ce sujet comme sur bien d'autres, ce blog donne la parole à la partie adverse, ce que ses lecteurs auraient sans doute apprécié du Monde. Allez savoir... Mais, 
après avoir diffusé l'exaspération de SGP Police FO sur sa chaîne d'information en continu, BFMTV, en spécialiste des reportages racoleurs ou polémiques,  a enfoui l'information. Cazeneuve, l'antenne de la préfecture de police (rue de Charenton, 12e) et la mairie PS sont exaucés, mais PaSiDupes a toutefois retrouvé une version radio, apaisée, ci-dessous. 

Des faits "inadmissibles", s'ils sont avérés.
A ce stade de l'enquête, il convient d'être prudent, insiste Luc Poignant, responsable du syndicat Unité Police SGP Force ouvrière pour l'Ile-de-France : "Mes collègues sont présumés innocents," n'en déplaise au journal Le Monde, à la remorque d'ONG et avocats spécialisés, en dépit de la concomitance d'accusations frappants trois groupes à la fois:


A la justice -après toutes ces années- désormais de se livrer à ses propres fouilles. En tout bien tout honneur, car il n'est pas question de jeter la suspicion sur la palpation de sécurité en pleine controverse sur l'état d'urgence décrété par Hollande et Valls et dont certains veulent empêcher la prorogation pour six mois de plus...

Pour mémoire,
en septembre 2014, un agent de police - déclaré suicidaire -  du 12e arrondissement, quadragénaire et père de famille, s'était donné la mort et l'affaire avait été jugée d'ordre privé.
C'est en revanche impunément qu'à sa façon radicale et impudique un adulte manifeste sa désapprobation des contrôles de sécurité aux portails d'aéroports, comme Ségolène Royal en impose à l'entrée des quais d'accès au Thalys: 
Les délais d'embarquement risquent fort de s'allonger dans les queues aux contrôles de sécurité de la SNCF.

samedi 18 octobre 2014

Braquage: l'argent facile fait encore un mort

Mort à Toulouse pour une poignée d'euros

Le jeune met en joue les policiers
Un braqueur a laissé la vie dans une supérette Carrefour City de Toulouse. 
La BAC est intervenue dans un contexte tendu de recrudescence des petits braquages de commerces et la multiplication des agressions contre les citoyens et les forces de l'ordre.

Timothée Lake, 20 ans, domicilié dans le quartier Basso-Cambo, proche du Mirail à Toulouse, est mort pour une poignée de billets. Il venait de mettre en joue des policiers de la brigade anti-criminalité alertés sur un vol à main armée, dans une supérette du quartier Saint-Cyprien et s'est fait tuer d'une balle dans le cœur le 17 octobre au petit matin.

Ce braquage intervient dans un climat de haute tension allant crescendo depuis plusieurs semaines, à Toulouse. Jets de projectiles sur les forces de l'ordre, caillassages en série dans les quartiers, fonctionnaires blessés par des chauffards ou braqués avec des armes factices sont le quotidien "banal" dans certains quartiers, zones prioritaires ou non.

Alors que l'enquête pour "homicide volontaire" menée par la police des polices, dira si le fonctionnaire de la BAC a agi en état de légitime défense, les syndicats, dont Unité-Police, et UNSA-Police, pointent le contexte de plus en plus difficile dans lequel évoluent leurs collègues. De son côté, Alliance Police nationale, dénonce "un climat de tension permanent pour les policiers toulousains qui doivent faire face aux agressions et provocations de voyous", précise Luc Escoda. Ce syndicat de police demande "la réécriture de la légitime défense et des peines planchers pour les auteurs d'agressions envers les policiers."

Ces derniers jours, on ne dénombre pas moins de dix agressions ou rébellions faisant des blessés plus ou moins graves parmi les policiers.
"Le constat alarmant se réitère et s'amplifie chaque jour davantage. Les récentes dispositions relatives à la contrainte pénale ne semblent pas étrangères à ces comportements offensifs puisque le sentiment de totale impunité des délinquants prévaut lors de chaque contrôle ou interpellation", avait alors alerté, Didier Martinez, du syndicat Unité SGP Police-FO.

La nuit dernière, un homme a encore été sérieusement blessé par balle, dans un square de Toulouse, où un agresseur armé d'un fusil et au visage masqué a surgi pour lui tirer dessus, a-t-on appris de source policière. La victime, âgée d'une trentaine d'années, présente des blessures très sérieuses à une jambe, mais son pronostic vital n'est pas engagé, selon la même source. L'agression s'est produite dans un square, entre deux cheminements, non loin de la station de métro Reynerie, dans le vaste ensemble du Mirail érigé il y a cinquante ans au sud-ouest de Toulouse.

Lundi, à Toulouse, un homme de 21 ans avait été mis en examen et placé en
détention provisoire pour "meurtre avec préméditation en bande organisée", dans l'enquête sur un assassinat à l'arme de guerre, commis le 14 août sur un parking, dans une commune située à la périphérie de la ville.

Responsabilité de la crise économique et de la misère  

Le braquage mortel du 17 au matin s'inscrit aussi dans ce contexte où les vols à main armée sont en recrudescence, à Toulouse et dans sa proche périphérie.
Jeudi matin, deux individus, visage dissimulé sous des masques vénitiens et menaçant le patron du magasin avec des armes de poing, ont fait irruption dans un magasin Spar (acronyme de "en coopérant harmonieusement, tout le monde profite régulièrement", en néerlandais) à Tournefeuille, également à l'ouverture, et se sont emparés d'environ 1.000 € après avoir porté des coups au gérant. Un troisième individu serait resté à l'extérieur. Dans la supérette, le gérant est pris à partie et menacé par les deux braqueurs qui exigent de se faire remettre de l'argent. L'un des agresseurs dégaine une bombe lacrymogène et l'utilise contre la victime qui reçoit également un coup derrière la tête.
Le 9 octobre, ce sont deux attaques de commerce en 3 heures d'intervalle et en plein jour qui sont commises par des individus armés.

Quatre braquages en seulement 8 jours, entre le 9 et le 17 octobre. Les 16 et 18 septembre, ce sont respectivement, un magasin Lidl, à Tournefeuille et un restaurant Quick, à Toulouse, qui sont à leur tour visés par des malfaiteurs armés. Une vague jusqu'ici contenue à de maigres butins et des traumatismes subis par des commerçants malmenés.

Des profils de braqueurs très divers
Délinquants ordinaires, solitaires désespérés plus proches du "suicide social", marginaux en errance ou équipes organisées, la palette du braqueur type est très large. Mais un dénominateur commun revient sur chaque affaire : "Ils sont tous en quête d'argent facile et cela constitue leur principale source de motivation même si les profils sont très variés", décrypte un enquêteur.
Pour boucler les fins de mois difficiles ou régler des dettes liées parfois à la drogue ou aux jeux, les malfaiteurs n'hésitent plus à braquer les commerces en minimisant parfois les risques.

Reste que la sanction encourue est théoriquement lourde. 
Les auteurs de vol à main armée sont passibles de la cour d'Assises avec une peine de 20 ans de réclusion criminelle au bout. 

C'est dans ce contexte préoccupant que le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, fera sa petite visite rituelle en pareilles circonstances, sachant que son passage était déjà annoncée le 13 octobre.