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jeudi 25 octobre 2018

'Townships" à Paris - Encore un jeune tué dans une rixe, à Sarcelles: deux adolescents de 16 ans en garde à vue

Les "sauvageons" sont anonymés et leurs âges minorés

Les jeunes retournent-ils à l'état de barbarie ?

Soupçonnés d'être impliqués dans le meurtre d'un jeune de 17 ans mardi à Sarcelles (Val-d'Oise), deux adolescents de 16 ans sont entendus en garde à vue jeudi matin,  a-t-on appris "de source proche de l'enquête", un floutage insupportable des sources. 

Ces deux individus ont été interpellés mercredi soir et jeudi matin, a précisé cette source anonyme. La victime était décédée après avoir été frappée à la tête près de la gare RER de Sarcelles, mardi vers 19h30.

Quelques heures plus tard, un autre homme avait été tué par arme blanche dans une rixe entre bandes boulevard Mortier, dans l'est de la capitale, le XXe arrondissement. Trois personnes susceptibles d'être impliquées dans ces faits ont été interpellées.

Les sources anonymes sont très bavardes

Dans l'affaire de Sarcelles, selon les premiers éléments de l'enquête, la victime et les agresseurs se connaissaient, ils ne sont "même pas ennemis", a dit "une source proche de l'enquête". "Ce n'est pas lié au phénomène d'affrontements entre bandes de quartiers rivaux", a ajouté une autre source.

Les ados visent la tête...
L'adolescent retrouvé inconscient au sol présentait de "multiples plaies saignantes" à la tête, a précisé mercredi le procureur de la République de Pontoise, Eric Corbaux. Le jeune homme est décédé à l'hôpital des suites de ces blessures.

Un "morceau de manche à balai" et "plusieurs bouts de bois", dont l'un présentait des traces de sang, ont été retrouvés sur place, a ajouté le magistrat. "Un montant de lit en métal" est également en cours d'analyse, selon une "source proche de l'enquête", ouverte pour "homicide volontaire".

Les assassins auraient-ils vraiment tous moins de 16 ans ? 

Il y a dix jours, le 14 octobre, la mort d'un collégien de 13 ans, décédé après avoir été frappé aux Lilas (Seine-Saint-Denis), avait suscité émoi et inquiétude face à la multiplication des bagarres de bandes de jeunes adolescents. Quatre suspects âgés de 15 à 16 ans ont été écroués.

Un mois plus tôt, un autre garçon, âgé lui de 16 ans, avait été tué de plusieurs balles dans une cité de Saint-Denis, à l'autre extrémité du département.

"J'appelle à durcir les sanctions contre cette hyperviolence !", a réagi mercredi sur Twitter Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France, après ces deux décès qui viennent s'ajouter à une série de violences impliquant des jeunes en banlieue parisienne.

mercredi 1 août 2018

Redoine Faïd : un mois plus tard, le fugitif reste introuvable

Redoine Faïd conserve plusieurs longueurs d'avance sur la police

Le braqueur multirécidiviste cherche-t-il à ridiculiser la police de Macron ?

Après s'être évadé de la prison du Réau le 1er juillet, Redoine Faïd a laissé plusieurs indices sur son passage dans sa région d'origine, l'Oise, et le département voisin du Val-d'Oise. Faïd y purgeait entre autres une peine de 25 ans de détention pour un braquage avorté. 
Depuis son évasion fortement médiatisée il y a un mois, jour pour jour, ils ne sont pas moins d'une centaine de policiers spécialisés de la PJ à le suivre à la trace. Les enquêteurs savent très bien qu'ils ont affaire à un "spécialiste de la cavale" et le jeu de piste a commencé. 

A 46 ans, ce braqueur multirécidiviste est un "individu dangereux".
Philippe Veroni, chef de la Sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière ne le décrit donc pas seulement comme un "roi de l'évasion". En 2013, il était déjà parvenu à s'échapper de la prison de Sequedin, Pas-de-Calais, laquelle ne passe cependant pas pour être bien gérée. Sa cavale avait duré six semaines. 
Au Réau, cette fois, Redoine Faid purgeait entre autres une peine de 25 ans de détention pour un braquage avorté qui a coûté la vie à une policière municipale, Aurélie Fouquet. Mais il est sur le point de battre son record personnel : objectif, le 15 août pour être homologué. 

L'évasion de Redoine Faïd 

Son évasion du 1er juillet obéit à un plan minutieusement préparé. Deux complices ont préalablement réservé un vol en hélicoptère depuis l'aérodrome de Lognes, en Seine-et-Marne. Ils prennent alors en otage leur pilote. Après avoir récupéré un troisième homme en chemin, l'appareil se pose dans la cour d'honneur de l'établissement, la seule à ne pas être protégée par un filet de sécurité. Deux hommes, fusils d'assaut au poing, sautent de l'appareil et empruntent un chemin habituellement réservé aux surveillants. Ils scient à la meuleuse plusieurs portes, lâchant des fumigènes pour aveugler les gardiens. 
Redoine Faïd les attend sereinement au parloir, où il avait initialement rendez-vous avec un de ses frères. En tout, l'opération a pris dix minutes.

L'itinéraire suivi par le commando ?

Quelque 2.900 policiers et gendarmes sont mobilisés sur la traque partout dans l'Hexagone, mais après plusieurs heures précieuses. L'hélicoptère Alouette II et son pilote sont rapidement retrouvés, abandonnés à Gonesse, à une soixantaine de kilomètres au nord de la prison. 

Redoine Faid et ses complices ont été pris en charge sur place par un quatrième bandit au volant d'une Mégane noire. Dans leur fuite, l'équipe changera plusieurs fois de véhicules. La Mégane est retrouvée le jour même sur le parking d'un centre commercial à Aulnay-sous-Bois. 
Le lendemain, les enquêteurs mettent la main sur un Kangoo siglée Enedis dans l'Oise. Dans une forêt du même département, à Verneuil-en-Halatte, est retrouvé un sac contenant des armes, des cagoules et une meuleuse. Cette découverte fortuite permet aux enquêteurs de récolter 140 scellés.

Son dernier passage signalé

Redoine Faïd a filé entre les doigts des policiers, la semaine dernière à une quarantaine de kilomètres, dans le Val-d'Oise voisin. Dans sa cavale, le criminel semble privilégier une région qu'il connaît bien, pour y avoir grandi. 
Le 24, peu après 16h30, il est ainsi pris en chasse par des gendarmes, alors qu'il circule à bord d'un véhicule suspect près d'une station-service à Piscop. Les forces de l'ordre perdront finalement sa trace dans un centre commercial de Sarcelles, à quelques secondes près... 

A l'intérieur du véhicule sont retrouvés six pains de plastic et un jeu de fausses plaques d'immatriculation. La présence du fugitif sera plus tard confirmée par des analyses ADN. Selon les enquêteurs, son frère Rachid se trouvait à son côté. D'autant que celui-ci avait déjà participé dans le passé à de précédents projets d'évasion de son frère.

La police tire-t-elle des leçons de sa connaissance du fuyard ?

L'Inspection générale de la justice a rendu cette semaine un rapport qui devrait aboutir sur une réorganisation de l'Administration pénitentiaire (AP). La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a reconnu lundi qu'une "conjonction de failles de sécurité" a encore permis l'évasion du détenu. L'AP avait été alertée du risque imminent que représentait le détenu, sans que l'évasion ne soit empêchée... 
Le détenu devait être déplacé dans un autre établissement en septembre, ce qui ne se pratique pas systématiquement, comme elle devrait, avec l'ensemble de la population carcérale à risque. 

Mieux vaut tard que jamais. En réaction, Nicole Belloubet a entre autres annoncé, non pas l'inévitable "commission d'enquête" classique, mais une ...restructuration des services centraux pour y créer un "Etat-major de la sécurité". Une sorte d'équivalent à la "cellule privée" voulue par Benalla en matière de sécurité du personnage présidentiel ? 

Le jour même de cette annonce, deux détenus parvenaient à s'enfuir de la prison de Colmar. Mais ils ne disposaient sans doute pas d'un aussi vaste réseau que Faïd, et ils ont été repris, eux, dans les vingt-quatre heures, à Roubaix.

vendredi 22 juillet 2016

Beaumont-sur-Oise: Adama Traoré, mort lors d’une interpellation, avait "une infection très grave"

Des habitants de Beaumont-sur-Oise s'en sont pris aux forces de l'ordre

Mercredi, des proches d'Adama Traoré ont crié à la bavure policière 

Lors d'une interpellation de police, un délinquant est décédé. Mardi 19 juillet, Adama Traoré, 24 ans, est interpellé dans une commune voisine d’où il est originaire (quoi qu'en dise le BondyBlog), mais décède quelques heures plus tard, dans le véhicule de gendarmerie qui le conduit à la caserne de Persan (Val d’Oise). A 40 kilomètres de Paris, près de Pontoise, les habitants du quartier de Boyenval suspectent une "bavure" comparable à celle qui avait causé la mort de Zyed et Bouna à Clichy, en octobre 2005. 
"J’ai pleuré toute la nuit. On est très énervés," racontent des résidents du quartier de Boyenval, depuis le décès de leur "frère" Adama Traoré, dans des circonstances jugées suspectes. Tel est l’état d’esprit dans ce quartier populaire de Beaumont-sur-Oise (près de 10.000 habitants), DVG jusqu'en 2014où le taux de criminalité est supérieur à la moyenne nationale. "C’est pas le 93, ici !", plaisante Nabil, 35 ans, le 'grand frère' - ou caïd - de la cité. Sans misérabilisme, BondyBlog décrit en effet une petite ville "principalement pavillonnaire, ressemblant davantage à un patelin de province avec son centre-ville et ses pavés, son petit pont et ses ruelles étroites."
“Avec ce qui s’est passé hier, la ligne D a terminé son service à 16h !, explique un chauffeur de bus. “Du coup, , un habitant commente: " On met plus de temps pour se rendre dans la capitale qu’un Ch’ti qui fait Lille-Paris”... Mais la mauvaise foi des plaignants trouve une oreille compatissante auprès du BondyBlog, toujours prompt à faire de la littérature.

"Sur place, trois journalistes de [la mal-aimée] BFMTV campent devant l’hôtel de ville, caméra toujours sur pied. Seul stigmate d’une nuit agitée [hormis un mort...], une voiture calcinée pour décor [sic] devant laquelle ils enchaînent les duplex. Témoin de ce cirque sensationnaliste [sic], Walid, un proche de la victime, finit par les apostropher, excédé. "Vous n’en avez pas marre de dire de la merde ?". Les journalistes se défendent. Dialogue de sourds. "Vous racontez de la merde à la France entière, s’emporte Walid. Vous ne savez faire que ça : parler de la violence, mettre des étiquettes. C’est tout ce qui vous intéresse". Des passants s’arrêtent: tous approuvent les propos du jeune homme. Le fossé est béant [style], la tension monte de plusieurs crans. Le traitement médiatique de ces derniers jours a complètement décrédibilisé la profession. Entre les 22 secondes accordées dans le 20h de TF1 au lendemain de la mort d’Amada Traoré, les "déformations" et les clichés, "plus personne n’a confiance, plus personne ne veut parler", explique Walid [accusateur]. "Mettez pas les pieds dans le quartier", menace-t-il. On en a marre de la désinformation". Désinformation : ce mot reviendra plusieurs fois dans les remarques outrées des habitants," [insiste le BondyBlog]
Ce media en ligne de la diversité ethnique, qui a prospéré sur les émeutes de 2005 dans les banlieues, est hébergé par le journal Libération depuis le 1er janvier 2015. Les émeutes de 2005 ont commencé à Clichy-sous-Bois à la suite de la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna ...Traoré, le 27 octobre 2005, électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique dont ils avaient forcé l'entrée pour échapper à un contrôle de police]. Des parallèles qui incitent certains à assimiler les deux faits divers à 11 ans d'intervalle.
Le BondyBlog construit la légende du délinquant. 
"Lorsque les proches, ceux qui l’ont connu décrivent Adama Traoré, les mots sont à chaque fois les mêmes. "C’était un grand gaillard, le genre de mec costaud que tu viens pas embêter". "Un bloc", disent certains. Trois jours avant le drame, le jeune homme, qui a eu 24 ans le jour de son décès, a joué "un foot de huit heures sous 35 degrés samedi, sans aucun souci de santé [jusque là], nous assure-t-on. Il était en forme !" [insiste le blog]. "Toutes les histoires de maladies, infections et malaise cardiaque, personne n’y croit". "Adama était quelqu’un de souriant," raconte encore un proche. Un ami d’enfance parle toutefois d’un "gars plutôt bagarreur". Les raisons de son passage en prison ? "Violences", nous dit-il. 
"Deux jours après le drame, la ville de Beaumont-sur-Oise est toujours sous le choc, raconte le très communautaire BondyBlog, suggérant un sentiment de culpabilité de la police. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des violences ont éclaté pour la deuxième soirée d’affilée.  Du côté de la gendarmerie, c’est motus et bouche cousue. Il suffit de passer la tête par la grille du bâtiment pour sentir une certaine fébrilité. Derrière la grande barrière, sept militaires sont comme barricadés, cachés derrière le mur. Aucun commentaire, "merci, y’a rien à voir !" Plus loin, un habitant d’une quarantaine d’années veut bien témoigner, mais anonymement. Il est originaire de la même cité que le défunt. Il nous montre des photos de la nuit dernière : des flammes, des voitures qui brûlent, des vitrines explosées. "Une réaction normale" [des casseurs], selon lui. Mais il n’en dira pas plus, il se sent surveillé."
Deux versions s’opposent sur l'interpellation du contrevenant, en compagnie de son frère, par les gendarmes de la Brigade territoriale autonome de Persan, ville limitrophe de Beaumont-sur-Oise. Côté habitants, on parle comme à chaque fois de "bavure policière". Côté officiel, on fait état d'un malaise cardiaque. Et cette explication est rejetée par l'entourage et une vingtaine de personnes prises en mains par les agitateurs habituels s'est dirigée, mercredi 20 juillet, en fin de journée, devant la gendarmerie de Persan, aux cris de "Justice pour Adama". Ils ont été repoussés par des gaz lacrymogènes. 

Dans la nuit du mardi 19 au mercredi 20, des violences avaient éclaté dans les communes voisines de Beaumont-sur-Oise, Persan et Bruyères-sur-Oise. Les forces de l'ordre avaient été prises pour cible par des tirs d'armes au plomb et des cocktails Molotov. Plusieurs véhicules avaient été incendiés et neuf personnes placées en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi. Des forces de l’ordre étaient mobilisées en nombre – plus de 200 militaires et fonctionnaires de police. Ces affrontements ont néanmoins fait "six blessés légers parmi les gendarmes et la police, des dégradations de bâtiments publics, des incendies de voiture", selon la préfecture.

Au cours de la nuit du 20 au 21 juillet, neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pour des faits "d'attroupements armés, incendies volontaires et jets d'objet incendiaire sur les forces de l'ordre", a indiqué le directeur de cabinet du préfet du Val-d'Oise.
Quinze véhicules ont été incendiés et 35 feux sur la voix publique ont été recensés, ainsi que deux tentatives d'incendie, contre la mairie et une école maternelle de Beaumont-sur-Oise, a en outre précisé la préfecture. La situation a été "tendue de 22h30 à 4h30 [à Persan et Beaumont-sur-Oise], mais maîtrisée grâce au robuste dispositif mis en place", a-t-elle ajouté. Les forces de l'ordre comptaient cette nuit-là 180 agents, pour faire face à environ 200 personnes.

A Boyenval, on parle surtout de "meurtre"

Il fait une chaleur caniculaire ce mercredi-là, mais une trentaine d’habitants est cependant descendue au pied des immeubles de ce quartier composé de petites tours blanches, animés par le besoin de dire leur 'ras le bol' des "media et des institutions", "qui ferment les yeux sur les crimes raciaux." Adama était Noir et l'actualité américaine a échauffé les esprits. 
Cinq policiers ont été tués à Dallas, jeudi 7 juillet au soir, lors d’une manifestation contre les bavures policières, quelques heures après la mort de deux hommes noirs abattus par des policiers filmés au moment des faits. Le président métis, Barack Obama, s’était exprimé sur les tensions entre une partie de la population américaine et les forces de l’ordre, dénonçant un "grave problème" de la société américaine.
"La police tue, en France. Avant, on voyait ça qu’à la télé, et maintenant ce sont des petits à nous qui se font tuer", crie presque l’un des agitateurs, reprenant une thèse d'extrême gauche. Pour lui comme pour les autres, le scénario du malaise cardiaque ne tient pas une seconde la route.  La longue partie de foot du samedi précédent, sous un soleil de plomb, est évoquée comme une preuve qu'il était en très bonne santé et non pas comme un élément expliquant le malaise de la victime.
Selon les meneurs, la vérité, c'est que le jeune homme serait mort sous les coups des gendarmes, qui l’auraient "tabassé". Tous prennent pour exemple le témoignage partisan d’un frère du défunt, également contrôlé par la police et interpellé: il aurait vu arriver vivant Adama au commissariat, puis "un tee-shirt de policier plein de sang", réfutant ainsi la version officielle. 

"Ce sera à l’enquête de déterminer les causes exactes de la mort," rappelle François Capin-Dulhoste, le procureur adjoint de la République de Pontoise, précisant que "ce n’était pas le jeune homme qui était visé à la base par l’interpellation [comme cela a d’abord été écrit par certains media], mais son frère. Adama Traoré s’est interposé, puis a dû être maîtrisé par trois gendarmes et emmené au poste."  C’est la section de recherche de la gendarmerie de Versailles et l’Inspection générale de la gendarmerie nationale qui sont chargées des investigations. 

Une autopsie a eu lieu le 21 juillet

L'homme est mort des suites d’une grave infection respiratoire
, "touchant plusieurs organes". Le médecin légiste n'a pas relevé de "traces de violence significatives" sur le corps, explique ce rapport d’autopsie. Traoré n’a donc pas subi de violences policières. Le rapport complet devrait être livré dans les prochains jours. 
Pour rendre hommage au jeune Noir d'origine malienne, une marche blanche a rassemblé plusieurs centaines de personnes ce vendredi, à Beaumont-sur-Oise. Dans la foule des marcheurs, un jeune polyglotte porte un t-shirt sur lequel on peut lire "No justice, No peace". "Comme d’habitude, le mec qui a fait ça sera muté dans le Sud, et on en parlera plus." 

L'avocat de la famille Traoré a demandé une contre-autopsie
L’avocat de la famille a donné une conférence de presse dans l’après-midi. Il demande une contre-expertise et une contre-autopsie.

Hawa Traoré,
la sœur jumelle d'Adama, qui dit ne pas croire aux conclusions du rapport d'autopsie, a lancé un appel au calme après les violences consécutives à la mort de son frère : "on va trouver la vérité, calmez-vous les jeunes", a-t-elle demandé.

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui va examiner l'affaire, a lui aussi lancé "un appel solennel au calme". "Un seul objectif doit prévaloir, partagé par toutes les personnes impliquées : la recherche de la vérité", a-t-il dit dans un communiqué.

Les proches déclarent par avance qu’ils se font peu d’illusions.
 
Dans le quartier de Boyenval, les noms de Zyed Benna et Bouna Traoré, ces deux adolescents morts en 2005 à Clichy-Sous-Bois alors qu’ils tentaient de se soustraire à un contrôle de police, sont sur toutes les lèvres, avec insistance.

mercredi 9 octobre 2013

Pénibilité: menaces de viols sur 2 professeurs du lycée Bécquerel de Tours

Un climat électrique réchauffe la "douceur angevine"  

Atmosphère tropicale hier au lycée professionnel Henri Becquerel de Tours.
 

Les enseignants ont cessé le travail ce jeudi suite à des tags injurieux à l'encontre de deux professeurs du lycée des métiers de l'électricité. "Ce sont des faits graves, violents qu'il faut dénoncer publiquement" admet Antoine Destrée, le directeur académique d'Indre-et-Loire. 
A Tours, Jean Germain, le maire PS, est un ancien maître de conférences en droit public que François Mitterrand a fait inspecteur général de l'Education nationale... et il a également été le directeur de cabinet du très rose André Laignel (1988-1991). Il est toujours également sénateur, président de la Communauté d'agglomération de Tours et premier vice-président du Conseil régional du Centre. Ce cumul au détriment des administrés n'est-il pas excessif à 66 ans ? 

Les enseignants ont cessé le travail dès 8h après la découverte de tags injurieux visant deux professeurs à l'extérieur de l'établissement. Il y avait même des menaces de viols.

Les députés ont voté pour "l'enseignement moral et civique" en mars

Cet "enseignement moral et civique", une notion chère au ministre de l'éducation nationale Vincent Peillon mais, depuis le vote du vendredi 15 mars dernier à l'Assemblée nationale, elle est restée à l'état de notion.
Son dispositif "vise notamment à amener les élèves à devenir des citoyens responsables et libres, à se forger un sens critique et à adopter un comportement réfléchi", annonce le texte voté. Grâce à lui, l'école "fait acquérir aux élèves le respect de la personne, de ses origines et de ses différences, de l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que de sa laïcité".

Les vertueux s'en étaient gargarisés.
 
"Dans une République digne de ce nom, l'école a une fonction libératrice", s'est exclamé le député-maire socialiste de Gonesse Jean-Pierre Blazy, un agrégé d'histoire. Dans sa commune du Val-d'Oise, Mohamed, lycéen de 20 ans aux "Marro", l'un des trois quartiers sensibles, est mort le 3 juillet sous les coups de batte de base-ball ou de barre de fer de plusieurs jeunes de Saint-Blin. Une lame de couteau lui a sectionné l'artère fémorale.
Le 8 juillet, Blazy a réagi ("fortement", selon Le Monde, mais après cinq jours): il a pris un arrêté municipal (temporaire: jusqu'au 15 septembre) interdisant les attroupements sur les places des deux quartiers qui sont les lieux de rendez-vous des jeunes, malgré la prévention de sa police. "En limitant les attroupements, j'espère éviter un engrenage", s'était justifié l'intellectuel. Or, depuis le meurtre de Mohamed, la population inquiète vit dans l'attente des représailles : une attaque aux Marronniers est toujours suivie par une autre à Saint-Blin. "On sent une peur des habitants", témoigne un habitant...

Sa collègue PS Sandrine Mazetier
 se félicitait du vote "d'un des grands articles de ce projet de loi".
Elle est députée de Paris, vice-présidente de l'Assemblée nationale et s'illustre toujours dans la lutte contre le Front National et d'éventuelles alliances avec la droite, alors que le PS et les Verts radicaux d'Europe Ecologie-les Verts appellent à voter pour l'UMP à la cantonale de Brignoles, Var, depuis leur élimination dès le 1er tour. Michel Sapin, Vincent Peillon , Montebourg et Harlem Désir ont tour à tour vivement encouragé les électeurs, tandis que Jean-Luc Mélenchon, lui, met en cause la politique de François Hollande. "Nous appelons à voter contre le FN, pour le candidat républicain. Il n'y a pas besoin de prendre des circonvolutions", a déclaré sur iTélé, Michel Sapin, ministre posté au Travail. Il voit également dans ce score "une souffrance des Français par rapport à une crise dont ils ont le sentiment qu'elle perdure."
Lors de la primaire socialiste, Mazetier avait apporté son soutien à Martine Aubry, une militante active du communautarisme musulman, puis en juillet 2011, avait intégré son équipe de campagne pour l'élection présidentielle de 2012, chargée avec El Mouhoud Mouhoud de la thématique ..."Immigration". 
En féministe illuminée, Mazetier va toujours à l'essentiel: dans une question écrite de décembre 2012, elle interpella son gouvernement sur l'appellation de l'école maternelle, estimant que "cette dénomination institutionnelle [...] laisse entendre que l'univers de la petite enfance serait l'apanage des femmes et véhicule l'idée d'une école dont la fonction serait limitée à une garderie". Elle proposait donc de renommer l'école maternelle en "première école". Depuis Mohamed a été assassiné et ses camarades enseignantes sont menacées de viol.

Les tags qui visaient un homme et une femme ont été inscrits à l'extérieur de l'établissement, ce qui change tout ! Les faits ont débuté mercredi et se sont poursuivis jeudi.
Le directeur académique s'est enfin rendu sur place pour témoigner de sa solidarité envers les enseignants.

Idée du grand-maître du Grand Orient, que proclame la charte de la laïcité à l’école ?
Et qu'en fait-on, maintenant ?

Les cours vont reprendre ce matin, mais ils débuteront par un quart d'heure d'explication civique. Un courrier va également être adressé aux parents d'élèves. 
Najat Vallaud-Belkacem va-t-elle se rendre à Tours pour dispenser sa bonne parole de ministre des Droits des femmes dans la "république du respect" ?

mercredi 5 juin 2013

Drogue: arrestation d'un fils de député socialiste, grossiste en cannabis, 20 ans,

Trafiquant de drogue "présumé" !

Hollande se met au vert 
avec papa Sebaoun:
 fournisseur ?


Entrepreneur dans la drogue, Marc Sebaoun, 20 ans, le fils de Gérard Sebaoun, député socialiste du Val-d'Oise (ci-contre sur le flanc du pédalo), est en garde à vue depuis lundi à Tours

Le bon petit a " tenté en vain de protéger son père de ses ennuis judiciaires", commente Le Point. Le trafiquant de drogue "présumé" a été trahi par l'adresse qu'il a donnée aux gendarmes, la même que celle de son père, Gérard Sebaoun, député PS et chef de file du groupe "Franconville citoyenne" composé de sept élus dont cinq socialistes, un écologiste et un communiste.

Ce n'est pourtant pas la première fois
Cet élu -responsable et bon père de famille- est "contrarié" par les "grosses bêtises" de son fils, aux dires du Point. Marc Sebaoun a en effet déjà été condamné en 2007 et 2008 pour des vols avec arme par la cour d'Assises des mineurs. 


Cette fois, le jeune socialiste a été
interpellé par les douanes avec 22 kilos de cannabis dans sa voiture.  Dans le véhicule, le fils du parlementaire né en Algérie, qui arrivait du Maroc, était en outre accompagné d'un complice, un certain Farah Balhas, connu de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). 


Marc Sebaoun est en garde à vue depuis le lundi 3 juin dans les locaux de la brigade de recherche de la gendarmerie de Tours. Déjà prolongée de 24 heures, elle devrait l'être à nouveau ce mercredi. La chancellerie a été prévenue, comme c'est l'usage.



Sebaoun et Hollande, le 6 mars 2011, 
pendant la campagne des cantonales
Cardiologue et médecin du travail de profession, Gérard Sebaoun, élu député en 2012, est chargé de la présidence du groupe d'étude sur la santé au travail. 

En 2010, l'élu avait été le premier responsable socialiste du département à apporter son soutien à Ali Soumaré, la tête de liste valdoisienne du PS aux régionales, dont des élus UMP avaient dénoncé le  "palmarès judiciaire". 
Gérard Sebaoun était injoignable mardi soir.

Au lendemain du 1er tour des législatives de Gérard Sebaoun, plusieurs personnalités socialistes vaient adressé un message de soutien au candidat de la majorité présidentielle. 
Ce fut le cas de Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi d’Alain Vidalies, ministre chargé des relations avec le Parlement et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Najat Vallaud-Belkacem :

Que de vert cannabis...
"L’égalité, c’est le coeur de la République, une valeur fondamentale qui a fait de la France un grand pays dans le monde. L’égalité, c’est aussi le socle du progrès et du vivre ensemble, la base même de notre projet pour toutes les Françaises, tous les Français.


Gérard SEBAOUN incarne cet engagement républicain pour redresser notre pays dans la justice, il saura défendre le droit des femmes et l’intérêt général à l’Assemblée Nationale, c’est pourquoi je soutiens aujourd’hui sa candidature pour donner une majorité au changement…
Dimanche prochain, votez pour lui !"
 
[Peu Vallaud, beaucoup Belkacem]



Jean-Marc AYRAULT, Premier ministre :



Cher Gérard,



Je tiens à te féliciter personnellement de ton résultat au premier tour des élections législatives.

Je t’apporte tout mon soutien pour porter haut nos valeurs dans ce second tour. Nous avons besoin de ta présence à l’Assemblée nationale pour constituer une majorité forte et cohérente qui pourra réaliser les engagements pris par François Hollande devant les Français le 6 mai. 

Bon courage et bonne chance. 
Amitiés





En visite dans le Val d’Oise le 13 juin, à Montmorency, la première secrétaire du PS,
Martine Aubry, a apporté son soutien à plusieurs candidats du département, dont Charlotte Brun et Gérard Sebaoun.





Alain VIDALIES, ministre chargé des relations avec le Parlement :







mardi 22 mai 2012

Gouvernement Ayrault, gouvernement de la Seine-Saint-Denis


Première visite de terrain pour le ministre de la Ville François Lamy

Les ministres de Ayrault multiplient les gestes médiatiques


Ils sont "au travail", qu'on se le dise. 

Et serrer des mains, c'est du boulot ! 

Promettre et encore promettre, c'est même le taf de base du ministre en campagne législative, en voiture officielle et gardes du corps, aux frais de la communauté. Et dans le respect de la "charte de déontologie", concoctée par Fabius et imposée aux ministres ...


La Seine-Saint-Denis est leur territoire de prédilection.
Un jour, un déplacement. C'est le rythme de  Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, qui est ainsi allé sans traîner, l’après-midi même, se montrer au commissariat de Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, le jour même de sa prise de fonction. Et donnée partout, dont les Affaires sociales, mais nommée ministre du travail, de l'emploi et de la santé, Dame Marisol Touraine lui a emboîté le pas, dès le lendemain matin au centre hospitalier de Saint-Denis.
Les BMW et les Ferrari ne peuvent plus circuler dans le 9.3...


L’hyper-activité du nouveau ministre de l’Intérieur n’est d’ailleurs pas sans rappeler le style d’un autre locataire de Beauvau : celui de Nicolas Sarkozy. Mais, d'un coup, l'ex-presse "insolente" a perdu ses dents et les chiens de garde du PS se frottent maintenant à la jambe des ministres.
Valls vibrionne en fait partout à la fois. Tel un furet, il est lundi à Marseille pour "affirmer sa détermination à lutter contre toutes formes de délinquance et de criminalité", dimanche à Auxerre, pour évaluer le dispositif de sécurité du match Auxerre-Montpellier ou samedi à Munich pour évoquer la lutte anti-terroriste avec le G6. En moins d'une semaine, sept déplacements sur les grands thèmes de son ministère, balayant large, du "malaise des policiers" à "l’immigration".
Si Manuel Valls court si vite, c’est que ce communiquant sait que tout se joue - ou presque - "dans les deux ou trois premiers jours". En "marketing politique", on appelle cela ‘l’étiquetage’.

Le ministre délégué chargé de la ville, François Lamy (PS), a déclaré lundi lors de sa première sortie de terrain qu'il ne fera pas de "plan Marshall" pour les banlieues, préférant une action "inscrite dans la durée" à une politique de "coups médiatiques". Après les mesures qui tardent à venir, il faudra en attendre les effets éventuels: la population doit prendre son mal en patience ! Les premiers grands faits et gestes des membres du gouvernement avaient pu faire craindre le contraire, tant ils arpentent les rues en grand appareil, plutôt que les obscures allées du pouvoir.


M. Touraine et V. Fourneron avaient en vérité tout intérêt à créer des coups d’éclat dès les premiers jours de leurs ministères, tout en faisant croire à la populace qu'elles se décarcassaient pour elle. Ces ministres exemplaires assurent donc la continuité de l'investissement personnel ostentatoire qui agaçait tant les media aujourd'hui demandeurs béats. 

Les préfets sont toujours cantonnés au rôle d'"escort boys" en feuilles de chêne dorées
Les chaînes d’info en continu ont renouvelé la temporalité médiatique et soumettent les ministres  à leur rythme. Les élus continuent donc de courir en tous sens puisque toute absence de commentaire d’un ministre sur un événement tragique est devenue incompréhensible. 

Valls n'est pas le seul ministre speedé. 
Dans les starting-blocks se tenait également la nouvelle ministre des Sports, Valérie Fourneyron, qui a réagi très vite après un accident meurtrier, ce week-end, aux abords d’un rallye dans le Var.  Elle n'est pas responsable que le drame ait eu lieu hors de Seine-Saint-Denis. Dans l'urgence, la Rouennaise a néanmoins réagi à chaud par une promesse d'un "travail de fond" sur la sécurité des épreuves automobiles. Elle a donc pris soin de répondre à un évènement exceptionnel. 
Manu Valls n’échappe pas à cette sujétion en croyant créer l'illusion de la maîtrise. Alors, il fait mieux et devance l'action. Il se montre présent et prend parfois les devants. Non sans avoir toutefois pris le temps d'aligner ses cheveux sur sa calvitie naissante. On soupçonne même ce fils de pub d'être capable de prévoir les déraillements de trains et d'arriver donc en gare avant les familles des victimes. A la maxime d'Emile de Girardin, "gouverner, c'est prévoir "Manu donne ainsi toute sa dimension ...compassionnelle.

L'agité sacrifie la réflexion à l'agitation qui masque l'inaction
On saura tout de ce qu'ils ne feront pas
"Mon objectif, ça n'est pas de faire un plan Marshall, comme l'avait annoncé Nicolas Sarkozy en 2007, sans tenir sa promesse au demeurant", a lancé le ministre en campagne avec les moyens de l'Etat, à l'issue d'une rencontre avec des élus à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), théâtre d'émeutes en 2007.
Et de gloser: "Un plan Marshall, c'est un plan d'urgence, par définition. Or l'urgence est peu compatible avec la politique de la ville: on ne peut pas restructurer un quartier d'un coup de baguette magique", a-t-il humblement admis.
Mais qui sait ce qu'ils feront ?

Le gouvernement se consacre à la campagne des législatives

Dès lundi, date d'ouverture de la campagne officielle des législatives, François Lamy, bras gauche du premier secrétaire du PS, Martine Aubry, s'est rendu dans deux communes à reprendre: à Garges-lès-Gonesse, commune UMP de deux églises, six mosquées et une synagogue dans le Val-d'Oise, anciennement PCF jusqu'en 1995, et à Sarcelles, dirigée par le député PS François Pupponi, admirateur servile de Dominique Strauss-Kahn, pour y rencontrer des responsables associatifs et des représentants du monde de l'éducation. Le hasard fait que l'intérêt du ministre se porte fortuitement sur deux communes situées dans le département dont le président est un Divers droite...

Les "éléments de langage" pour patienter

"Je ne crois pas à la rupture. On va regarder [contempler?] ce qui existe et prendre le temps de la concertation, pour voir ce qui marche et ce qui marche moins bien, avant de faire des choix", a-t-il déclaré, assurant vouloir inscrire son action "dans la durée".
Les électeurs qui croyaient que le PS avait réponse à tout devront attendre que ses ministres aient pris tout le temps de la réflexion.
Trente ans perdus en opposition négative passée à contredire et bloquer, sans propositions constructives, ni solutions alternatives.