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mercredi 1 août 2018

Redoine Faïd : un mois plus tard, le fugitif reste introuvable

Redoine Faïd conserve plusieurs longueurs d'avance sur la police

Le braqueur multirécidiviste cherche-t-il à ridiculiser la police de Macron ?

Après s'être évadé de la prison du Réau le 1er juillet, Redoine Faïd a laissé plusieurs indices sur son passage dans sa région d'origine, l'Oise, et le département voisin du Val-d'Oise. Faïd y purgeait entre autres une peine de 25 ans de détention pour un braquage avorté. 
Depuis son évasion fortement médiatisée il y a un mois, jour pour jour, ils ne sont pas moins d'une centaine de policiers spécialisés de la PJ à le suivre à la trace. Les enquêteurs savent très bien qu'ils ont affaire à un "spécialiste de la cavale" et le jeu de piste a commencé. 

A 46 ans, ce braqueur multirécidiviste est un "individu dangereux".
Philippe Veroni, chef de la Sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière ne le décrit donc pas seulement comme un "roi de l'évasion". En 2013, il était déjà parvenu à s'échapper de la prison de Sequedin, Pas-de-Calais, laquelle ne passe cependant pas pour être bien gérée. Sa cavale avait duré six semaines. 
Au Réau, cette fois, Redoine Faid purgeait entre autres une peine de 25 ans de détention pour un braquage avorté qui a coûté la vie à une policière municipale, Aurélie Fouquet. Mais il est sur le point de battre son record personnel : objectif, le 15 août pour être homologué. 

L'évasion de Redoine Faïd 

Son évasion du 1er juillet obéit à un plan minutieusement préparé. Deux complices ont préalablement réservé un vol en hélicoptère depuis l'aérodrome de Lognes, en Seine-et-Marne. Ils prennent alors en otage leur pilote. Après avoir récupéré un troisième homme en chemin, l'appareil se pose dans la cour d'honneur de l'établissement, la seule à ne pas être protégée par un filet de sécurité. Deux hommes, fusils d'assaut au poing, sautent de l'appareil et empruntent un chemin habituellement réservé aux surveillants. Ils scient à la meuleuse plusieurs portes, lâchant des fumigènes pour aveugler les gardiens. 
Redoine Faïd les attend sereinement au parloir, où il avait initialement rendez-vous avec un de ses frères. En tout, l'opération a pris dix minutes.

L'itinéraire suivi par le commando ?

Quelque 2.900 policiers et gendarmes sont mobilisés sur la traque partout dans l'Hexagone, mais après plusieurs heures précieuses. L'hélicoptère Alouette II et son pilote sont rapidement retrouvés, abandonnés à Gonesse, à une soixantaine de kilomètres au nord de la prison. 

Redoine Faid et ses complices ont été pris en charge sur place par un quatrième bandit au volant d'une Mégane noire. Dans leur fuite, l'équipe changera plusieurs fois de véhicules. La Mégane est retrouvée le jour même sur le parking d'un centre commercial à Aulnay-sous-Bois. 
Le lendemain, les enquêteurs mettent la main sur un Kangoo siglée Enedis dans l'Oise. Dans une forêt du même département, à Verneuil-en-Halatte, est retrouvé un sac contenant des armes, des cagoules et une meuleuse. Cette découverte fortuite permet aux enquêteurs de récolter 140 scellés.

Son dernier passage signalé

Redoine Faïd a filé entre les doigts des policiers, la semaine dernière à une quarantaine de kilomètres, dans le Val-d'Oise voisin. Dans sa cavale, le criminel semble privilégier une région qu'il connaît bien, pour y avoir grandi. 
Le 24, peu après 16h30, il est ainsi pris en chasse par des gendarmes, alors qu'il circule à bord d'un véhicule suspect près d'une station-service à Piscop. Les forces de l'ordre perdront finalement sa trace dans un centre commercial de Sarcelles, à quelques secondes près... 

A l'intérieur du véhicule sont retrouvés six pains de plastic et un jeu de fausses plaques d'immatriculation. La présence du fugitif sera plus tard confirmée par des analyses ADN. Selon les enquêteurs, son frère Rachid se trouvait à son côté. D'autant que celui-ci avait déjà participé dans le passé à de précédents projets d'évasion de son frère.

La police tire-t-elle des leçons de sa connaissance du fuyard ?

L'Inspection générale de la justice a rendu cette semaine un rapport qui devrait aboutir sur une réorganisation de l'Administration pénitentiaire (AP). La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a reconnu lundi qu'une "conjonction de failles de sécurité" a encore permis l'évasion du détenu. L'AP avait été alertée du risque imminent que représentait le détenu, sans que l'évasion ne soit empêchée... 
Le détenu devait être déplacé dans un autre établissement en septembre, ce qui ne se pratique pas systématiquement, comme elle devrait, avec l'ensemble de la population carcérale à risque. 

Mieux vaut tard que jamais. En réaction, Nicole Belloubet a entre autres annoncé, non pas l'inévitable "commission d'enquête" classique, mais une ...restructuration des services centraux pour y créer un "Etat-major de la sécurité". Une sorte d'équivalent à la "cellule privée" voulue par Benalla en matière de sécurité du personnage présidentiel ? 

Le jour même de cette annonce, deux détenus parvenaient à s'enfuir de la prison de Colmar. Mais ils ne disposaient sans doute pas d'un aussi vaste réseau que Faïd, et ils ont été repris, eux, dans les vingt-quatre heures, à Roubaix.

mardi 21 avril 2015

Suicide d'un détenu à la prison de Tulle, Corrèze

Trois jours de rétention de l'information...

Un détenu de 28 ans a été trouvé pendu dans sa cellule

Le drame s'est produit  à la maison d'arrêt de Tulle, dans la nuit de dimanche à lundi, apprend-on de source policière, trois jours plus tard

Au cours de sa ronde, vers 3 heures du matin, le surveillant a remarqué que l'œilleton de la porte de la cellule avait été occulté.
En entrant dans la cellule, il n'a pu que constater que le détenu s'était pendu avec ses draps. 

La campagne gouvernementale contre la pédophilie est-elle responsable?

Le détenu devait comparaître devant la Cour d'Assises de la Corrèze en mai prochain pour une affaire de mœurs
Il a donc pu prendre craindre une rigueur accrue de ses juges du fait de la succession d'affaires révélées ces dernières semaines, notamment dans l'Education nationale:

La ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,
Najat Vallaud-Belkacem, a répondu à une question de la députée Joëlle Huillier (groupe SRC) sur le signalement des cas de pédophilie dans l'Éducation nationale, lors de la séance de questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale, mercredi 1er avril 2015. 
VOIR et ENTENDRE la ministre lire son flot d'adjectifs radicaux et vengeurs, comme le nombre de "il faut" et "nous devons":

Surfant sur l'actualité et pour apaiser les familles, le gouvernement lance une campagne d'information sur le recrutement des encadrants des colonies de vacances et les centres de loisirs. C'est le ministre de la Jeunesse et des Sports qui est chargé d'offrir des garanties sur la moralité des animateurs. Thierry Braillard devra commencer par se présenter...

Depuis 2012, Libération ne met plus à jour ses comptes sordides

Il y a cinq ans, la maison d'arrêt de Tulle était déjà le théâtre d'un suicide de détenu. Le journal socialiste à la botte du pouvoir faisait alors état d'un décompte de l'Administration pénitentiaire qui, dix jours plus tôt, avait annoncé que 51 détenus s'étaient suicidés depuis le début de l'année 2010. Le détenu de 35 ans avait alors mis fin à ses jours en suivant le même mode opératoire: en se pendant avec un drap aux barreaux de sa cellule. Il avait été transféré du centre de détention d'Uzerche (Corrèze) à la maison d'arrêt de Tulle dans le cadre d'une détention provisoire et mise en examen pour tentative d'assassinat en Auvergne.
 
Les jolies colonies de vacances de Corrèze
En 2011, un détenu de 47 ans avait été retrouvé pendu dans sa cellule à Uzerche. Et en décembre 2014, un autre détenu de la prison d'Uzerche a été condamné, suite à la découverte en avril et septembre 2013 de l'important trafic de cannabis qu'il gérait depuis sa cellule.

Sur l'ensemble de 2009, 115 détenus se sont suicidés en prison, contre 109 en 2008, selon les chiffres officiels annoncés en janvier. En 2014, sur les 47 pays membres du Conseil de l’Europe, la France occupe le 41e rang. Dans l'Hexagone, le taux de suicide des détenus s’élève en effet  à 15,6 pour 10.000 détenus, contre 7,7 en moyenne dans le reste de l’Europe. On recense un décès tous les trois jours en détention. On ignorait en revanche jusque-là que nos voisins européens parvenaient à mieux endiguer le phénomène. Un simple exemple : les suicides en détention sont plus de dix fois moins nombreux en Espagne que chez nous. Pourtant, pour inverser cette courbe, puisque la surpopulation carcérale est plus élevée en France que dans les pays voisins, la radicale-socialiste dirige désormais les condamnés avec pathologies psychiques vers les hôpitaux.

Christiane Taubira, la ministre de la Justice, ne va donc pas manquer de justifier son interruption de la publication de ses statistiques,
à grands cris indignés. 
Et pourquoi Tulle est-elle une prison où le taux de suicides est des plus élevés ? Peut-être est-ce que les détenus sont souvent privés du droit de vote... Aux départementales, la ville de Tulle -dont François Hollande fut le maire- est restée socialiste, à force de subventions et aides multiples, mais la Corrèze a basculé à droite (DVD). 
Pas de quoi attenter à ses jours.

 

mercredi 7 janvier 2015

Internet et supérette: les détenus sont des coqs en pâte en prison

"La prison n'impressionne plus" que les braves gens

Les produits de la vie courante moins chers dans les prisons

Les détenus paieraient moins cher qu'en supermarché les produits qu'ils achètent en prison. Quand le Nutella est vendu 1,11€ aux détenus, la ménagère moyenne doit débourser aux alentours de 2,30€ en supermarché… et l'administration, elle, paie 3,13€ à son fournisseur! Et l'administration, c'est qui ? Ce n'est ni Hollande, ni Taubira... Plusieurs syndicats dénoncent depuis quelques mois la mauvaise gestion de l'administration pénitentiaire s'agissant de la "cantine", où s'approvisionnent les détenus. "Que les détenus paient moins cher, cela ne nous gêne pas. Le pouvoir d'achat des détenus est aussi plus faible que la moyenne, explique-t-on à la CGT pénitentiaire. Il est en revanche problématique que ce soit l'administration, donc le contribuable, qui paie pour qu'ils profitent de ces réductions".

Les prix des produits vendus en prison ont été harmonisés. Un rapport de la Cour des comptes de juillet 2010 avait pointé les disparités très fortes de prix affichés dans les différents établissements de l'Hexagone. Sur certains produits, comme la canette de Coca-Cola, par exemple, l'écart pouvait atteindre 63%. Pour mettre un terme à ces inégalités, un même prix est désormais pratiqué dans l'ensemble des prisons gérées par l'administration pénitentiaire. "Quand les détenus ont vu le Nutella passer de 3€ à 1€, ils ont halluciné", se souvient Arnaud Gâteau, secrétaire général adjoint de l'Ufap-Unsa. Pour qu'aucun détenu ne constate de hausse de prix, tous ont été alignés vers le bas, si bien que l'administration pénitentiaire vend désormais certains produits à perte. En 2012, le syndicat évaluait à 20 millions d'euros la dépense supplémentaire induite.

L'administration pénitentiaire ne nie pas une perte d'argent sur certains produits. Et avoue même en payer certains plus cher auprès de son fournisseur que dans le commerce. Mais explique compenser par une marge plus importante sur d'autres. «Le compte de commerce consacré à la cantine doit s'équilibrer à la fin de l'année. C'est la première année que nous harmonisons nos prix, et gérons les cantines de façon globale. Nous ne savons donc pas précisément s'il sera ou non en déficit à la fin de l'année. Si c'est le cas, il faudra soit abonder, soit reconduire le déficit, et le corriger l'année suivante», explique Francis Le Gallou, sous-directeur à l'administration publique pénitentiaire. Si déficit il y a, l'administration assure qu'elle reverra sa politique tarifaire l'année suivante, afin de ne pas grever son budget.

Facebook des détenus: après les Baumettes, Nice aussi 

Comme les Marseillais des Baumettes (ci-contre), les prisonniers niçois, ont posté des dizaines de photos, et même des vidéos, sur Facebook.
Depuis les révélations de La Provence, lundi, sur la publication d'une page Facebook alimentée par les prisonniers des Baumettes, la polémique est vive sur ce qu'il se passe derrière les barreaux. Depuis leurs cellules, certains détenus diffusent sur les réseaux sociaux des clichés sur lesquels ils paradent, exhibant argent liquide et produits illicites.
Pendant la semaine des fêtes de Noël, elle a notamment été abreuvée de dizaines de photos montrant des détenus, tout sourire, s'exhibant à grands renforts de "selfies", dans leurs cellules, dans les coursives et dans la cour. On les voit aussi manipuler des liasses de billets, et des téléphones.
Alors que cette page a été découverte, la direction des Baumettes l'a fait supprimer le 31 décembre. Les syndicats crient au manque de personnels, et Force Ouvrière évoque carrément "une prison devenue un centre de vacances".  Pour Jacques, le père d'un jeune détenu des Baumettes, "c'est le Club Med. A l'intérieur, vous êtes logé, nourri. Le plus dur, c'est quand on rentre. Une fois que vous êtes dedans, que vous êtes bien imprégné, vous avez tout ce que vous voulez."
Image d'Epinal
En fait, plusieurs syndicats de surveillants se donnent des excuses, dénonçant une "dérive inquiétante". Il manque 50 surveillants aux Baumettes. Mais pour Karim, qui vient visiter son frère incarcéré, il y existe des complicités. "Cela veut dire que (les surveillants) ne font pas leur boulot correctement. S'il y a de la drogue et des couteaux, c'est la jungle", regrette-t-il. "Comment les détenus peuvent-ils faire entrer tout ces produits et objets ? "Les parloirs, les gardiens, ils ont des complices et ça fait rentrer des trucs. Pas gratuitement, c'est sur", élude ce proche de détenu. "C'est une mascarade, du grand n'importe quoi. Pendant que certains se marrent et d'autres qui pleurent".
David Cucchietti, le délégué CGT des surveillants des Baumettes, dresse un constat d'impuissance. "Cela prouve que nous, personnels de surveillance, n'avons plus la main mise sur la détention. Ce n'est pas possible", s'indigne-t-il au micro d'Europe 1. "Là, les détenus sont quasiment livrés à eux-mêmes. Avec les armes que nous avons trouvé, les couteaux, les téléphones, la drogue… Qu'est ce que vous voulez que l'on fasse ? On a des cellules surchargées de 2x9m2 : c'est un entrepôt qu'il y a dedans. Donc on fait des fouilles, mais avec les moyens que l'on a", poursuit le syndicaliste.
Face à ces révélations, le syndicat pénitentiaire des surveillants non gradés (SPS) réclame quant à lui "une fouille générale du centre pénitentiaire de Marseille; l'apport d'effectifs de surveillants [...] et le désencombrement des cellules en détention." Le représentant du syndicat aux Baumettes, Jérémy Joly, signale que "de plus en plus de téléphones portables, d'armes blanches et de stupéfiants sont trouvés" lors des fouilles. L'été dernier, pas moins de 30 couteaux avaient ainsi été retrouvés en un week-end.

C'est une galerie de portraits en forme de défiance à l'administration pénitentiaire.
Des détenus qui posent en cellule ou dans la cour de promenade avec des billets de 50 euros pleins les mains, exhibant des morceaux de "shit" (résine de cannabis) ou en train de fumer la chicha. Des photos de groupe et des selfies tout sourire, version boys band. 

Après Marseille, une nouvelle page Facebook a été découverte à Nice.
Dans les douches ou la salle de musculation, en boxer ou en caleçon, muscles dessinés, et parfois même un joint à la bouche, les prisonniers de la maison d’arrêt de Nice se pavanent et prennent la pose. Au total, près d’une quinzaine se sont échangés des commentaires et ont "liké" leurs clichés mis en ligne, a rapporté Nice-Matin. Un compte Facebook similaire à celui des détenus marseillais, "MDR o Baumettes" (comprendre "mort de rire aux Baumettes") supprimé par l'administration pénitentiaire le 31 décembre dernier, non sans avoir récolté près de 4.800 "likes" de fans.
Une vidéo pour le Nouvel An... Et les détenus niçois ne se sont pas arrêtés là : l’un d’entre eux a même publié une vidéo enregistrée lors du réveillon du 31 décembre. Dans une rue adjacente au centre pénitentiaire, on voit ses proches tirer un feu d’artifice pour fêter la nouvelle année.
Effaré, le maire UMP de la ville, Christian Estrosi, a déclaré sur Twitter être "scandalisé" par la publication de ces photos sur les réseaux sociaux et "demande des comptes à Christiane Taubira", la garde des Sceaux. "Comment peut-on être un détenu et consommer de la drogue en toute impunité? Comment peut-on être détenu et disposer à sa guise des réseaux sociaux? J'avoue ma totale incompréhension et ma révolte", s’est indigné l’édile auprès du quotidien local Nice-Matin.
A Nice comme à Marseille, dotés de forfaits de téléphones portables, ces détenus se photographient entre eux ou façon 'selfie'. Provocation ultime et sentiment d'impunité, la vidéo du feu d'artifice est disponible sur les réseaux sociaux. Une façon pour les détenus de braver l'interdit, les téléphones portables n'étant pas autorisés en prison... "Cette forme de réaction est une opposition au milieu carcéral à la société. C'est une posture", analyse pour BFMTV Marie Crétenot avec l'indulgence qui sied aux humanistes de l'Observatoire international des prisons.

Si l'affaire des Baumettes laisse le PS indifférent, elle a également fait bondir le FN, qui a dénoncé "une page Facebook de la honte", mardi matin dans un communiqué. "Il est inadmissible que par violation répétée du réglement intérieur, les conditions de vie en prison deviennent, sous certains aspects, plus faciles que pour le commun des Français", estime le Front national.

Comment a-t-on pu publier de telles photos? 
Les téléphones portables sont interdits en prison. Alors ?
Pour Philippe Perron, le directeur interrégional de l'administration pénitentiaire, la page "MDR o Baumettes" avait été publiée depuis "l'extérieur" du centre pénitentiaire marseillais, avec des clichés "remontés de l'établissement". L'auteur, qui n'a pas été identifié, avait suspendu la page "dès que ça a commencé à se savoir". "On a tout de suite pris des dispositions après la découverte de cette page Facebook en ouvrant une enquête administrative et en saisissant le procureur de Marseille", avait-il indiqué. Par ailleurs, des "fouilles sectorielles" avaient été lancées auprès des détenus visibles sur les photos, et avaient déjà permis "de retrouver certains des objets présentés". 

Aucune précision n'est fournie sur les mesures disciplinaires envisagées par l'administration pénitentiaire... 
En février 2013, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL, les établissements pénitentiaires et centres de rétention, auxquels il souhaiterait voir ajoutés les EHPAD, établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, qui peuvent parfois intégrer certaines personnes "à l'insu de leur plein gré"), Jean-Marie Delarue, avait rendu un rapport annuel ébouriffant ! Il y déplorait l'absence d'amélioration des conditions de détention... 
Le moment est-il bien choisi pour pointer du doigt l'enfermement des "enfants" et pour faire campagne pour l'autorisation du téléphone portable dans les prisons? Les bonnes âmes nous expliqueront que si internet est déjà disponible, pourquoi pas les téléphones. Et le cannabis.

lundi 2 septembre 2013

Le viol de Colombes par un criminel en semi-liberté relance le débat sur la récidive

Un récidiviste auteur d'une agression, puis d'un viol

Un homme de 26 ans a agressé deux femmes, le même soir, à Colombes 
Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés vers 22 heures mercredi 7 août, à proximité de la gare de Colombes, Hauts-de-Seine. Une femme de 32 ans, responsable marketing dans le secteur des services à la personne, se dirigeait vers son domicile lorsqu'elle a été agressée. La personne avec qui elle discutait au téléphone a alors prévenu la police, qui a découvert la victime gisant au sol, inconsciente, frappée au visage de multiples coups de poings. Plongée dans le coma depuis lors, son pronostic vital, engagé, serait désormais "stabilisé", selon le parquet de Nanterre, cité par Le Parisien.

L'agresseur ne s'en est toutefois pas tenu là. 
Une jeune femme d'une vingtaine d'années qui se rendait chez elle a été agressée à son tour, quelques minutes après la première victime, et à proximité de la gare de Colombes. Sous la menace d'un couteau, son agresseur l'a violée avant de s'enfuir en lui volant son sac. Une analyse ADN est actuellement en cours pour déterminer avec certitude la culpabilité éventuelle du suspect. 
Le criminel a été arrêté et placé en détention.


Sofiane, en revanche, est connu comme une "grande gueule"
qui agace les ha­bitants, lassés de l’entendre crier dans les allées. Saoul, il se montre agressif et brutal. Il provoque les pas­sants, les rackette, ou vole directement dans le supermarché de quartier.


L'agresseur présumé était en semi-liberté 

La police a rapidement établi le lien entre les deux agressions, grâce à la vidéo-surveillance, qui a permis de retrouver l'agresseur présumé, à son domicile, où il a été arrêté. 

Bien connu des services de polices,
le jeune homme arrêté était en semi-liberté depuis mai 2013, un régime d'exécution des peines privatives de liberté qui autorise l'écroué à quitter l'enceinte carcérale pour une durée de temps bien précise, et le contraint à revenir régulièrement à la prison. Ce qu'aujourd'hui la ministre de Hollande, Christiane Taubira appelle "contrainte pénale" et préconise dans son projet de réforme. 

Le suspect est un récidiviste

Il a déjà passé près de trois ans derrière les barreaux pour une première affaire d'agression sexuelle avec violence commise en 2009

Il purgeait une peine pour des faits de violence, recel, refus d'obtempérer et conduite en état d'ivresse.
Comment un homme déjà arrêté pour des agressions sexuelles en 2004 et 2009 a-t-il pu bénéficier d’une semi-liberté?Le viol est un crime puni de 15 ans d'emprisonnement, pouvant, en cas de récidive, aller jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité. 
Le récidiviste soupçonné d'avoir "violemment agressé" [formule journalistique due à la presse à sensation] deux femmes à Colombes devait être mis en examen pour tentative d'homicide et viol sous menace.

Sofiane M. contestait toujours les faits au terme de sa garde à vue.
Cinq jours après les faits, malgré les phalanges encore abîmées par les coups, le violeur niait les faits. Soupçonné d'avoir roué de coups une jeune femme de 32 ans et violé une autre passante de 21 ans, le 7 août 2013, aux abords de la gare de La Garenne-Colombes, le violeur a été déféré au Parquet de Nanterre pour être mis en examen. Une information judiciaire a été ouverte et ce récidiviste risque la réclusion criminelle à perpétuité.

La première victime, âgée de 31 ans, avait été très violemment frappée au visage. "On peut à ce stade légitimement penser qu'il avait l'intention de la violer", a déclaré le procureur. Elle est longtemps restée entre la vie et la mort à l'hôpital Beaujon à Clichy. 
Une quarantaine de minutes plus tard, l'homme est soupçonné de s'en être pris à une autre jeune femme de 21 ans, en  abusant d'elle sous la menace d'un couteau.
VOIR et ENTENDRE le reportage de France 2:


Plainte contre l'État

La mère de la victime dans le coma a l'intention de porter plainte contre l'État. 
Son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie, a adressé au procureur de Nanterre une plainte contre X pour "mise en danger de la vie d’autrui ou pour toute autre infraction que l’enquête pourrait révéler". 
L'objectif est d'établir les responsabilités présumées de l’institution judiciaire. L’avocat pointe une série de dysfonctionnements qui ont, à ses yeux, rendu possible la double agression de Colombes. "Le soir des faits, il aurait dû rentrer à 21h. Or, il n'a regagné la prison qu'à 23h50, après les deux agressions, et personne ne semble s'en être inquiété", a-t-elle expliqué. 
L'administration pénitentiaire avait toutefois immédiatement signalé ce retard de plus de trois heures. Un signalement "qui lui aurait sans doute signifié la révocation de sa semi-liberté", a souligné le procureur de Nanterre. 

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a fait de la litérature, qualifiant ce drame d' "agression d'une sauvagerie insupportable". 
"Les Français, évidemment, sont inquiets sur les questions de récidive", a-t-il ajouté, en plein débat sur la réforme pénale de la garde des Sceaux.

Le criminel présumé était déjà très connu des services de police bien avant une agression sexuelle commise en juin 2009. 
"C'est un prédateur. Il ne supporte pas l'autorité ni que quiconque lui refuse quelque chose", a confié une source policière. "Sa carrure est impressionnante. Il mesure 1,85 mètre, pèse plus de 80 kilos et pratique des sports de combat. Il vit de combines et de petits larcins", a-t-elle ajouté.
Lors de sa garde à vue, l'auteur présumé a indiqué s'être rendu sur les lieux de l'agression pour chercher un kilo de MDMA (amphétamine). Selon sa version des faits, cette bonne âme aurait alors aperçu une femme qui gémissait. Voulant lui porter secours, il aurait pris peur en entendant une voiture arriver. "Il se donne presque un rôle de bon samaritain, mais cette version semble à ce stade de l'enquête peu crédible", estime Robert Gelli. 
Les vérifications ADN effectuées depuis son arrestation lundi matin, recoupées à des images de vidéosurveillance, permettent d'avoir "de fortes présomptions" contre lui, a-t-il ajouté. 

Mais peut-être a-t-il des excuses.
 
Le père a-t-il déserté le milieu familial? A-t-il subi des violences sexuelles dans son enfance: en un mot, la vie l'a-t-elle  "violemment agressé" ?

Selon les chiffres du ministère de la Justice, le taux de récidive en 2010 pour les délits sexuels était de 4,9%, de 3,9% pour les viols. 
Ces chiffres qui ne parlent qu'aux juristes:  les victimes ne sont que rarement désireuses d'en débattre. 
VOIR et ENTENDRE le témoignage de la mère de Priscilla:

Priscillia,qui  a été agressée et laissée pour morte dans l’entrée de son immeuble, fera-t-elle exception? Son calvaire est-il de nature à ramener la ministre -par ailleurs féministe- à la raison ?