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dimanche 29 mars 2020

Belloubet profite du Covid-19 pour libérer des détenus

Nicole Belloubet rétablit la peine de mort?

Nicole Belloubet va signer des ordonnances permettant la libération de détenus en fin de peine

1972 : les mutins de Nancy, des barricades dans nos prisons
Mutins de Nancy, 1972
Une semaine après avoir assuré qu’elle n’est pas du tout "dans cette optique", la ministre de la Justice remet dans le circuit contaminé la population sensible la mieux confinée de France.

Mardi 24 mars, Nicole Belloubet démentait, dans les colonnes de '20 Minutes', son intention de libérer des détenus en raison du risque de propagation du Covid-19. La ministre de la Justice indiquait à la presse qu’elle n’était pas dans la nécessité de réduire la population carcérale des 188 établissements pénitentiaires français.

Mercredi 25, elle doit pourtant présenter des ordonnances dans ce sens en Conseil des ministres pour assouplir les conditions de libération anticipée et d’octroi de crédits de réductions de peines en raison de la situation sanitaire. Elles devraient être publiées dès jeudi au Journal Officiel. Du jour au lendemain, elle découvrait que le Covid-19 avait commencé à se répandre derrière les barreaux, et que l'opportunité  était bonne de désengorger les prisons.

En l’espace de cinq jours, le nombre de détenus et de personnels pénitentiaires "susceptibles d’avoir été contaminés" aurait augmenté de près de 500 %: effarant mais crédible ?  De 157 malades au 18 mars (6 cas positifs confirmés et 151 suspects), le compteur serait passé, lundi, à… 920 cas (16 cas positifs parmi le personnel pénitentiaire, 6 parmi les détenus dont un décédé et 899 suspects). Soit une augmentation de 486 % en cinq jours, selon les informations recueillies auprès de "plusieurs sources concordantes", formule consacrée mais "sources" non citées. Moins que jamais en période de crise sanitaire mortelle, le secret des sources n'est tenable.

Un cas positif fait-il le printemps de la compassion ?


"Nous allons distribuer 100.000 masques en prison", annonce Belloubet

Cette opération fait rêver les seniors confinés des Ehpad...
Le 28 mars, trois jours plus tard, le ministre
Olivier Véran annonce "Un isolement individuel" des pensionnaires en Ehpad. Le ministre de la Santé, a indiqué samedi qu’il va  - ce n'est alors pas fait - demander "aux établissements de type Ehpad d’aller vers un isolement individuel" - une progressivité qui ne rassure pas les "détenus" des Ehpad -  pour chacun de leurs pensionnaires afin d' "aller plus loin" dans la protection des personnes âgées contre le coronavirus.
O. Véran va 
- incessamment, sous peu - demander 
aussi de "tester en priorité pour le virus le personnel qui travaille au sein des Ehpad" - mais dans la limite des kits de tests disponibles - , les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse largement radio télévisée, sous l'oeil du premier ministre Edouard Philippe.

La ministre de la Justice, "dévoile" les mesures mises en place dans les prisons pour éviter la propagation du coronavirus.
Lundi soir 16 mars, à la suite d’une réunion avec les syndicats du pénitentiaire, Nicole Belloubet a donc expliqué sous leur pression qu’elle allait les lâcher parmi les "gens qui ne sont rien", les infirmiers à 2.000 euros ou les personnels du secteur alimentaire (à encore moins) et les transporteurs routiers, pensant que les détenus libérés allaient volontiers poursuivre leur confinement à la maison. 

Le gouvernement aurait-il peur des mutineries ?

Dans les faits, les détenus qui devaient sortir dans les prochains mois pourront quitter les prisons plus vite. Macron autorise que ceux qui se tiennent à carreau puissent bénéficier de crédits de réduction de peine supplémentaires. Ainsi les syndicats exercent-ils un chantage payant alors que la grogne s'élève un peu partout depuis l’annonce de la suspension des parloirs familiaux et sexuels pour éviter les contaminations.



La Chancellerie n’a pourtant pas fait d’étude précise. 
Or, la mesure prise sous la pression - sans saisie du juge d'application des peines - est susceptible d’entraîner la libération d’environ 5.000 prisonniers condamnés pour des "délits mineurs" - qui ont toutefois justifié une incarcération -  (sont notamment exclues les personnes condamnées dans des affaires de mœurs, criminelles ou terroristes…) 
"C’est un premier pas, se réjouit Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT Pénitentiaire, qui milite pour toute alternative à la privation de liberté et qui ne représente que les personnels. On était tout de même à 61.000 places pour 70.000 détenus." Le critère de libération de ces détenus apparaît donc assez éloigné du motif sanitaire invoqué...

Les 100.000 masques promis tardent à arriver.
Difficile dans ces conditions de maintenir un cordon sanitaire autour de chaque cas suspect. La doctrine est d’isoler dans une cellule le moindre détenu qui présente des symptômes et de protéger les personnels pénitentiaires qui, à la différence des infirmiers, ne sont pas protégés de la contamination. Les livreurs, quant à eux, le sont-ils?
Pour mémoire, les téléphones promis de longue date n'arrivent pas non plus partout:

En revanche, le shit circule bien...

Les 100.000 masques promis par le ministère mardi dernier sont seulement en cours d’acheminement vers les prisons.
"Pour l’instant, on demande aux surveillants de ne porter un masque que face aux cas suspects, se désole le responsable syndical. Et donc, les détenus ont peur d’attraper le virus à chaque fois qu’un maton s’approche." En revanche, les matons sont des hommes. 

Et ils s’énervent facilement, les détenus. "Avec la suspension des parloirs, Nicole Belloubet avait annoncé un crédit de 40 euros aux prisonniers les plus pauvres pour maintenir le contact avec les familles. Mais ce n’est pas encore mis en place", critique Lydia Trouvé du Syndicat pour la protection et le respect des prisonniers. Quant aux familles des morts du coronavirus, ils ne sont pas autorisés à assister à plus de cinq aux incinérations de l'être cher.
Elle-même n’a aucune nouvelle de son fils incarcéré. "Certains ont été transférés après les premières mutineries. Et les familles ne savent pas où…" Les transfèrements concernent-ils les gentils détenus?

Si les pensionnaires des Ehpad pouvaient se mutiner...
Les prochains jours pourraient se révéler déterminants pour éviter que la France ne connaisse la même situation qu’en Italie où dix détenus sont morts lors d’échauffourées. Pour éviter cela, la garde des Sceaux participe tous les soirs à une réunion en visioconférence avec les responsables de l’administration pénitentiaire. Un moyen de se tenir informée et, le cas échéant, de revenir sur ses grands principes. "Je n’ai pas peur", avait-elle asséné… il y a une semaine. Tous prouve le contraire.

Quid des détenus dépistés positifs ?
Où et comment sont-ils pris en charge?

mardi 10 octobre 2017

Menace d'attentat islamiste : deux détenus réincarcérés à Fresnes

Deux islamistes détenus à Fresnes soupçonnés de projeter un attentat

Deux détenus libérables, un Camerounais de 28 ans et un Français de 22 ans, ont été mis en examen vendredi à Paris
"La garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a pris le pouls de la réalité carcérale à la maison d'arrêt d'Osny, un établissement assez représentatif du système pénitentiaire actuel," selon France Soir.


Un juge antiterroriste les soupçonne d'avoir envisagé un projet d'attentat depuis leur cellule à Fresnes.
"Les deux hommes ont eu des échanges en détention au cours desquels ils évoquaient un projet de passage à l'acte, qu'ils auraient eu à l'extérieur de la prison, mais sans que ce projet n'ait été encore précisément défini sur le choix de la cible", a révélé TF1-LCI, confirmés lundi par une "source proche de l'enquête".

Selon ce fuitage, "différentes cibles" étaient envisagées. 
Parmi les informations recueillies, des surveillants pénitentiaires, des policiers, une prise d'otage ou encore un mitraillage avaient été évoquées par les suspects, a indiqué une "source proche du dossier" et fort bavarde.

Extraits le 2 octobre de leur cellule de Fresnes (Val-de-Marne), près de Paris, ces deux hommes connus pour leur radicalisation et incarcérés pour des faits de droit commun, ont été entendus en garde à vue pendant quatre jours.
Présentés ensuite à un magistrat antiterroriste, ils ont été mis en examen vendredi pour "association de malfaiteurs terroristes criminelle" et de nouveau placés en détention provisoire, a précisé une source judiciaire, cette fois.

La prison de Fresnes est l'une des trois en France à être dotée d'un "quartier d'évaluation de la radicalisation", destiné à mesurer la dangerosité et le degré de radicalisation d'un détenu avant son affectation dans un lieu de détention. 
Le Camerounais et le Français ont donc été incarcérés à Fresnes parce qu'ils étaient déjà radicalisés : la propagande médiatique suggérant une radicalisation en prison est donc idéologique et partisane.

"Ces deux islamistes radicaux [pléonasme] voulaient monter un groupe de combattants avec la volonté de monter en puissance par le biais de diverses actions, à l'extérieur de la prison, ciblant entre autres des policiers et des surveillants de prison", a précisé une autre "source proche de l'enquête". Qu'elles soient "proches de l'enquête" ou "judiciaires", les sources de la presse sont décidément très nombreuses et loquaces.

Le Camerounais, décrit comme un meneur par l'une des "sources proches de l'enquête", était suivi depuis fin 2016 par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), ce qui n'empêche pas France Info d'évoquer une radicalisation en prison... Les investigations ont montré également qu'il avait été en contact avec un activiste présent dans la zone irako-syrienne où le groupe djihadiste Etat islamique est désormais combattu par une coalition militaire internationale.
Ce Camerounais a avoué aux enquêteurs, sans donner plus de précisions, qu'il comptait commettre un attentat, alors qu'il devait sortir de prison ce mardi, toujours selon une "source proche du dossier." Lors de sa garde à vue, il a également admis être un sympathisant de Daech. 
Le Français devait quant à lui sortir la semaine prochaine.

Des détenus en lien avec une cellule logistique à l'extérieur

L'enquête ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris il y a plusieurs mois s'est précipitée ces derniers jours. 
Les enquêteurs de la DGSI ont procédé à l'interpellation des suspects alors qu'un Réunionnais de 44 ans, en lien avec eux, "projetait de se rendre en métropole pour apporter un soutien logistique aux deux détenus", a ajouté "une autre source proche de l'enquête".

Le Réunionnais a pour sa part été récemment mis en examen à Saint-Pierre dans un dossier distinct pour "apologie publique d'actes de terrorisme, par le biais de messages adressés sur un compte Twitter entre juin et août 2017", puis placé en détention provisoire.

Le milieu carcéral a déjà été le théâtre d'une violente agression [sic] commise par un détenu radicalisé sur deux surveillants à Osny (Val d'Oise)
dans un quartier dédié, supposé accueillir les candidats à la déradicalisation, en septembre 2016, aux cris d'"Allah Akbar", dans ce qui était reconnue comme la première action djihadiste fomentée en prison et visant du personnel pénitentiaire.
En juin 2017, un autre gardien de cette maison d'arrêt du Val-d'Oise a été victime d'une agression (insulté et frappé à trois reprises) "de la part d'un détenu" (jargon du journal Le Parisien), dénonça ce vendredi le syndicat FO. "Son collègue venait de saisir dans la cellule deux téléphones portables avec leur chargeur et les cartes SIM. "Après les menaces, insultes habituelles et quotidiennes, le détenu a asséné trois coups de poing : deux au niveau de l’arcade sourcilière et un autre au niveau de la mâchoire. Il a fallu l’intervention de ses collègues," 'de source syndicale', Jérôme Nobécourt, délégué régional FO pénitentiaire Paris.
Il n'empêche que "la ministre de la Justice s'est montrée ouverte", selon L'Express, dans une interview à La Provence en août 2017, à la possession d'un téléphone portable par les détenus. Au lendemain de la parution de l'article, l'entourage de la ministre de la Justice avait démenti qu'elle ait tenu ces propos. Elle n'aurait, selon son cabinet contacté par L'Express, jamais mentionné l'usage des téléphones portables, évoquant seulement des lignes fixes qui pourraient être installées dans les cellules des détenus.
Les détenus peuvent-ils avoir un portable en prison ? En théorie, c'est non. L'administration l'interdit pour des questions évidentes de sécurité. Mais dans la pratique, les vidéos de condamnés qui se filment dans leur cellule pullulent; début août, un clip tourné dans une prison de Savoie est devenu viral sur Youtube, montrant une ambiance carcérale conviviale et même festive, mais déclenchant l'ouverture d'une enquête judiciaire.
Le mardi 15 août, fête religieuse catholique, un surveillant a encore été agressé par un détenu muni d'une arme artisanale à la maison d'arrêt d'Osny (Val d'Oise).

Alors incarcéré pour un voyage avorté vers les terres du djihad syrien, le 
détenu "discret" (Le Monde) mais agresseur de personnels pénitentiaires en septembre 2016, Bilal Taghi, un "apprenti djihadiste", selon Le Monde, ne présentait "pas de problème particulier", rapporta encore Le Monde, mais avait revendiqué devant les enquêteurs "vouloir tuer un gardien de prison", expliquant qu'"il voulait passer à l'acte immédiatement au nom de Daech", (acronyme de l'EI) "sans attendre de sortir de prison", indiquait à l'époque une source proche du dossier.
Osny, que la garde des Sceaux Nicole Belloubet a visité début juillet, accueille depuis février le premier "quartier d'évaluation de la radicalisation" (QER), destiné (on le rappelle) à mesurer la dangerosité et le degré de radicalisation d'un détenu avant son affectation dans un lieu de détention.
Cette maison d'arrêt compte 961 détenus pour 579 places, soit une densité de 166%. C'est l'un des établissements les plus surpeuplés de France, la moyenne nationale des maisons d'arrêt étant de 142%.

A la différence du fonctionnaire de la préfecture du Rhône qui était absent pendant son astreinte (lien PaSiDupeset qui est ainsi à l'origine de la remise en liberté du tueur islamiste des deux jeunes filles poignardées en gare Saint-Charles de Marseille, le juge a assumé ses responsabilités dans le contexte des deux assassinats par le Tunisien en situation irrégulière mais relâché et de débat sur la banalisation de l'état d'urgence par son inscription dans le droit commun.

 

mercredi 18 novembre 2015

Assassinats islamistes de masse à Paris: la minute de silence conspuée à la prison de Fresnes

L'hommage aux victimes des assassinats perturbé par les cris et huées de détenus de la maison d'arrêt de Fresnes

Une vidéo laisse entendre des cris et des huées à la maison d'arrêt de Fresnes 


lors de la minute de silence observée par ailleurs en de Paris. Un surveillant de l'établissement confirme la scène à L'Express.

Des détenus de la maison d'arrêt de Fresnes ont-ils hué, crié, voire manifesté de la joie, lors de la minute de silence en hommage aux victimes des carnages de Paris sont attestés par une vidéo mise en ligne lundi soir par un site d'extrême droite: et pourquoi pas d'extrême gauche? Rapidement devenue virale, elle montre la cour de sport intérieure et l'une des façades de la prison alors que de nombreux cris indistincts émanent des cellules. 

Rien ne prouve que la scène se soit bien déroulée pendant la minute de silence et donc que les détenus ne respectaient pas l'hommage aux victimes. Mais contactée par L'Express, la direction de la prison préfère ne pas nier et indique ne "pas être disponible pour le moment" et n'a donc ni infirmé ni confirmé l'information... Aveu implicite.

Mais si L'Express n'est pas en mesure d'authentifier la vidéo, Yoan Karar, surveillant pénitentiaire et délégué syndical FO à la prison de Fresnes confirme que la minute de silence "a bien été huée". 

Il précise également à L'Express que la vidéo a bien été prise "de l'intérieur de la maison d'arrêt".


Présent dans les murs lors de la minute de silence, il affirme que ses collègues et lui "n'étaient pas vraiment étonnés" puisque "c'était déjà la même chose lors de la minute de silence pour Charlie Hebdo", après les tueries par des djihadistes français en janvier 2015. "Par contre, je ne pourrais pas vous dire si le vacarme venait du côté des détenus radicalisés ou des conventionnels", indique-t-il encore. 

Le surveillant ajoute que la radicalisation des détenus de la prison de Fresnes "augmente avec le temps". "Les appels à la prière par exemple, ça n'existait pas il y a quelques années", aujourd'hui "c'est de plus en plus", tout comme "le prosélytisme". "Il y a toujours eu des mouvances dans les prisons. Mais là, c'est plus compliqué à gérer", estime Yoan Karar. 

Cris de joies et applaudissements vendredi soir

Dans son édition de lundi, La Voix du Nord, rapportait "des cris de joie et des applaudissements", vendredi soir, au moment où les attentats ont été portés à la connaissance du public, dans les maisons d'arrêt de Vendin-le-Vieil et de Sequedin. "On croyait que la France avait marqué un but contre l'Allemagne, mais non, c'étaient des réactions à l'annonce des attentats de Paris", expliquait un surveillant abasourdi. 

Là encore, le fait s'explique par le rassemblement de nombreux détenus radicalisés. "On en a deux ou trois qui ont eu, suite à tout ça, des propos pro-Daesh. Il y en a même un qui voulait couper ma tête! Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse contre des gens dont le but est de mourir pour Daesh ?", confiait Grégory Strzempek, délégué du syndicat pénitentiaire UFAP local, au journal.

L'hebdomadaire Marianne raconte en revanche une autre histoire. 
Celle de prisonniers concernés. "Quand on sortait sur Paris, en provenance de la Seine-Saint-Denis, on atterrissait toujours du côté de Charonne et Bastille", raconte l'un d'eux. Selon le magazine, certains radicaux seraient restés dans leur cellule après les attentats, redoutant la réaction de leurs co-détenus. "Ceux qui ont encore un cerveau et arrivent à réfléchir sont juste dégoûtés par ces actes barbares", raconte un autre détenu du sud de la France. Non identifié: le secret des sources jette la suspicion sur la fiabilité de tels propos, réels ou inventés pour les besoins d'une cause douteuse.

mercredi 7 janvier 2015

Internet et supérette: les détenus sont des coqs en pâte en prison

"La prison n'impressionne plus" que les braves gens

Les produits de la vie courante moins chers dans les prisons

Les détenus paieraient moins cher qu'en supermarché les produits qu'ils achètent en prison. Quand le Nutella est vendu 1,11€ aux détenus, la ménagère moyenne doit débourser aux alentours de 2,30€ en supermarché… et l'administration, elle, paie 3,13€ à son fournisseur! Et l'administration, c'est qui ? Ce n'est ni Hollande, ni Taubira... Plusieurs syndicats dénoncent depuis quelques mois la mauvaise gestion de l'administration pénitentiaire s'agissant de la "cantine", où s'approvisionnent les détenus. "Que les détenus paient moins cher, cela ne nous gêne pas. Le pouvoir d'achat des détenus est aussi plus faible que la moyenne, explique-t-on à la CGT pénitentiaire. Il est en revanche problématique que ce soit l'administration, donc le contribuable, qui paie pour qu'ils profitent de ces réductions".

Les prix des produits vendus en prison ont été harmonisés. Un rapport de la Cour des comptes de juillet 2010 avait pointé les disparités très fortes de prix affichés dans les différents établissements de l'Hexagone. Sur certains produits, comme la canette de Coca-Cola, par exemple, l'écart pouvait atteindre 63%. Pour mettre un terme à ces inégalités, un même prix est désormais pratiqué dans l'ensemble des prisons gérées par l'administration pénitentiaire. "Quand les détenus ont vu le Nutella passer de 3€ à 1€, ils ont halluciné", se souvient Arnaud Gâteau, secrétaire général adjoint de l'Ufap-Unsa. Pour qu'aucun détenu ne constate de hausse de prix, tous ont été alignés vers le bas, si bien que l'administration pénitentiaire vend désormais certains produits à perte. En 2012, le syndicat évaluait à 20 millions d'euros la dépense supplémentaire induite.

L'administration pénitentiaire ne nie pas une perte d'argent sur certains produits. Et avoue même en payer certains plus cher auprès de son fournisseur que dans le commerce. Mais explique compenser par une marge plus importante sur d'autres. «Le compte de commerce consacré à la cantine doit s'équilibrer à la fin de l'année. C'est la première année que nous harmonisons nos prix, et gérons les cantines de façon globale. Nous ne savons donc pas précisément s'il sera ou non en déficit à la fin de l'année. Si c'est le cas, il faudra soit abonder, soit reconduire le déficit, et le corriger l'année suivante», explique Francis Le Gallou, sous-directeur à l'administration publique pénitentiaire. Si déficit il y a, l'administration assure qu'elle reverra sa politique tarifaire l'année suivante, afin de ne pas grever son budget.

Facebook des détenus: après les Baumettes, Nice aussi 

Comme les Marseillais des Baumettes (ci-contre), les prisonniers niçois, ont posté des dizaines de photos, et même des vidéos, sur Facebook.
Depuis les révélations de La Provence, lundi, sur la publication d'une page Facebook alimentée par les prisonniers des Baumettes, la polémique est vive sur ce qu'il se passe derrière les barreaux. Depuis leurs cellules, certains détenus diffusent sur les réseaux sociaux des clichés sur lesquels ils paradent, exhibant argent liquide et produits illicites.
Pendant la semaine des fêtes de Noël, elle a notamment été abreuvée de dizaines de photos montrant des détenus, tout sourire, s'exhibant à grands renforts de "selfies", dans leurs cellules, dans les coursives et dans la cour. On les voit aussi manipuler des liasses de billets, et des téléphones.
Alors que cette page a été découverte, la direction des Baumettes l'a fait supprimer le 31 décembre. Les syndicats crient au manque de personnels, et Force Ouvrière évoque carrément "une prison devenue un centre de vacances".  Pour Jacques, le père d'un jeune détenu des Baumettes, "c'est le Club Med. A l'intérieur, vous êtes logé, nourri. Le plus dur, c'est quand on rentre. Une fois que vous êtes dedans, que vous êtes bien imprégné, vous avez tout ce que vous voulez."
Image d'Epinal
En fait, plusieurs syndicats de surveillants se donnent des excuses, dénonçant une "dérive inquiétante". Il manque 50 surveillants aux Baumettes. Mais pour Karim, qui vient visiter son frère incarcéré, il y existe des complicités. "Cela veut dire que (les surveillants) ne font pas leur boulot correctement. S'il y a de la drogue et des couteaux, c'est la jungle", regrette-t-il. "Comment les détenus peuvent-ils faire entrer tout ces produits et objets ? "Les parloirs, les gardiens, ils ont des complices et ça fait rentrer des trucs. Pas gratuitement, c'est sur", élude ce proche de détenu. "C'est une mascarade, du grand n'importe quoi. Pendant que certains se marrent et d'autres qui pleurent".
David Cucchietti, le délégué CGT des surveillants des Baumettes, dresse un constat d'impuissance. "Cela prouve que nous, personnels de surveillance, n'avons plus la main mise sur la détention. Ce n'est pas possible", s'indigne-t-il au micro d'Europe 1. "Là, les détenus sont quasiment livrés à eux-mêmes. Avec les armes que nous avons trouvé, les couteaux, les téléphones, la drogue… Qu'est ce que vous voulez que l'on fasse ? On a des cellules surchargées de 2x9m2 : c'est un entrepôt qu'il y a dedans. Donc on fait des fouilles, mais avec les moyens que l'on a", poursuit le syndicaliste.
Face à ces révélations, le syndicat pénitentiaire des surveillants non gradés (SPS) réclame quant à lui "une fouille générale du centre pénitentiaire de Marseille; l'apport d'effectifs de surveillants [...] et le désencombrement des cellules en détention." Le représentant du syndicat aux Baumettes, Jérémy Joly, signale que "de plus en plus de téléphones portables, d'armes blanches et de stupéfiants sont trouvés" lors des fouilles. L'été dernier, pas moins de 30 couteaux avaient ainsi été retrouvés en un week-end.

C'est une galerie de portraits en forme de défiance à l'administration pénitentiaire.
Des détenus qui posent en cellule ou dans la cour de promenade avec des billets de 50 euros pleins les mains, exhibant des morceaux de "shit" (résine de cannabis) ou en train de fumer la chicha. Des photos de groupe et des selfies tout sourire, version boys band. 

Après Marseille, une nouvelle page Facebook a été découverte à Nice.
Dans les douches ou la salle de musculation, en boxer ou en caleçon, muscles dessinés, et parfois même un joint à la bouche, les prisonniers de la maison d’arrêt de Nice se pavanent et prennent la pose. Au total, près d’une quinzaine se sont échangés des commentaires et ont "liké" leurs clichés mis en ligne, a rapporté Nice-Matin. Un compte Facebook similaire à celui des détenus marseillais, "MDR o Baumettes" (comprendre "mort de rire aux Baumettes") supprimé par l'administration pénitentiaire le 31 décembre dernier, non sans avoir récolté près de 4.800 "likes" de fans.
Une vidéo pour le Nouvel An... Et les détenus niçois ne se sont pas arrêtés là : l’un d’entre eux a même publié une vidéo enregistrée lors du réveillon du 31 décembre. Dans une rue adjacente au centre pénitentiaire, on voit ses proches tirer un feu d’artifice pour fêter la nouvelle année.
Effaré, le maire UMP de la ville, Christian Estrosi, a déclaré sur Twitter être "scandalisé" par la publication de ces photos sur les réseaux sociaux et "demande des comptes à Christiane Taubira", la garde des Sceaux. "Comment peut-on être un détenu et consommer de la drogue en toute impunité? Comment peut-on être détenu et disposer à sa guise des réseaux sociaux? J'avoue ma totale incompréhension et ma révolte", s’est indigné l’édile auprès du quotidien local Nice-Matin.
A Nice comme à Marseille, dotés de forfaits de téléphones portables, ces détenus se photographient entre eux ou façon 'selfie'. Provocation ultime et sentiment d'impunité, la vidéo du feu d'artifice est disponible sur les réseaux sociaux. Une façon pour les détenus de braver l'interdit, les téléphones portables n'étant pas autorisés en prison... "Cette forme de réaction est une opposition au milieu carcéral à la société. C'est une posture", analyse pour BFMTV Marie Crétenot avec l'indulgence qui sied aux humanistes de l'Observatoire international des prisons.

Si l'affaire des Baumettes laisse le PS indifférent, elle a également fait bondir le FN, qui a dénoncé "une page Facebook de la honte", mardi matin dans un communiqué. "Il est inadmissible que par violation répétée du réglement intérieur, les conditions de vie en prison deviennent, sous certains aspects, plus faciles que pour le commun des Français", estime le Front national.

Comment a-t-on pu publier de telles photos? 
Les téléphones portables sont interdits en prison. Alors ?
Pour Philippe Perron, le directeur interrégional de l'administration pénitentiaire, la page "MDR o Baumettes" avait été publiée depuis "l'extérieur" du centre pénitentiaire marseillais, avec des clichés "remontés de l'établissement". L'auteur, qui n'a pas été identifié, avait suspendu la page "dès que ça a commencé à se savoir". "On a tout de suite pris des dispositions après la découverte de cette page Facebook en ouvrant une enquête administrative et en saisissant le procureur de Marseille", avait-il indiqué. Par ailleurs, des "fouilles sectorielles" avaient été lancées auprès des détenus visibles sur les photos, et avaient déjà permis "de retrouver certains des objets présentés". 

Aucune précision n'est fournie sur les mesures disciplinaires envisagées par l'administration pénitentiaire... 
En février 2013, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL, les établissements pénitentiaires et centres de rétention, auxquels il souhaiterait voir ajoutés les EHPAD, établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, qui peuvent parfois intégrer certaines personnes "à l'insu de leur plein gré"), Jean-Marie Delarue, avait rendu un rapport annuel ébouriffant ! Il y déplorait l'absence d'amélioration des conditions de détention... 
Le moment est-il bien choisi pour pointer du doigt l'enfermement des "enfants" et pour faire campagne pour l'autorisation du téléphone portable dans les prisons? Les bonnes âmes nous expliqueront que si internet est déjà disponible, pourquoi pas les téléphones. Et le cannabis.

mercredi 10 décembre 2014

Tabou sur l'insécurité: les immigrés sont-ils hors de cause ?

La part des immigrés dans la délinquance ne cesse d'augmenter

Délinquance et diversité
Les indicateurs convergent : la part des immigrés et des étrangers dans la délinquance ne cesse d’augmenter, 
ose écrire Valeurs actuelles. Fallait-il le taire, en dépit du vécu des Français et de l'occultation par la presse de l'identité des délinquants ?

Tenants de la culture de l’excuse ou dénonciateurs de l’immigration massive, tous doivent s’accorder sur un constat : la surreprésentation des populations immigrées ou d’origine étrangère dans les prisons françaises, et donc parmi les auteurs de crimes et délits. En l’absence de statistiques officielles, cette constatation ne repose que sur des estimations, mais elles sont indiscutables. Un indicateur en est la proportion de détenus de confession ou de culture musulmane : dans un récent rapport sur l’islam radical en prison, le député UMP Guillaume Larrivé l’estimait à environ 60 % de la population carcérale totale.

Dans "Le Déni des cultures", un ouvrage publié en 2010, le sociologue Hugues Lagrange (Seuil), se fondant sur une enquête menée dans des zones sensibles, pointait "la diversité des cultures" comme une cause majeure de cette surreprésentation des immigrés dans la délinquance, et notait sans ambages : " Les adolescents éduqués dans les familles du Sahel sont trois à quatre fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents élevés dans des familles autochtones ; et ceux qui sont éduqués dans des familles maghrébines, deux fois plus."

Comme Valeurs actuelles l’avait démontré en 2013, les cartes de France des différentes "spécialités" en matière de délinquance recoupent celles d’une forte implantation d’immigrés. 

Quant à la proportion des étrangers dans la délinquance, elle ne fait qu’augmenter : dans son rapport 2014, le très officiel Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) note que "depuis 2008, la part des étrangers mis en cause [pour des crimes et délits, hors délits routiers et infractions à la législation sur les étrangers] a augmenté progressivement chaque année", passant de 15 % en 2008 à 20 % en 2013
Sur cette période, le nombre d’étrangers mis en cause pour vol avec violence a progressé de 75 %, la part des étrangers dans les atteintes aux biens étant de 25,4 % — pour les vols sans violence, elle monte à 29,9 et pour les vols à la tire, à 84,1 %! Le même ONDRP note que 30 % des homicides commis à Paris et en petite couronne sont le fait d’individus de nationalité étrangère.

Des statistiques qui sont naturellement aggravées par le laxisme des politiques migratoires
ainsi, un rapport de 2013 du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée, notait que l’utilisation abusive du statut de demandeur d’asile a "incontestablement joué un rôle facilitateur dans l’essor de la criminalité organisée".

mardi 25 mars 2014

Sarthe: il se substitue à son ami en prison pendant trois mois

Amitié ou domination?

Un homme s'est fait mettre en prison pendant trois mois
Il a ainsi remplacé son ami d'enfance au centre de détention d'Argentan (Orne). Les raisons invoquées par les deux compères restent floues devant le tribunal correctionnel du Mans (Sarthe)
Les faits remontent à novembre 2012. Ni vu ni connu, Yssa, 29 ans, prend la place de son ami d'enfance Abdelkader, qui s'était évadé du centre de détention d'Argentan (Orne). Le pot au rose n'est découvert que trois mois plus tard, lorsque l'administration s'aperçoit effectivement qu'il y a erreur sur l'identité du détenu...

Une supercherie bien huilée: la diversité est imaginative et hiérarchisée
En juin 2012, Abdelkader, emprisonné depuis plus de trois ans, obtient une permission de sortie pour le week-end. Mais, le lundi matin, il n'a pas rejoint sa cellule. Cinq mois plus tard, Yssa, qui se fait passer pour Abdelkader, "réapparaît" au commissariat de Toulon. Il explique alors qu'il n'est pas retourné à la prison d'Argentan (Orne) par peur de représailles de la part de ses codétenus. Il obtient ainsi d'être incarcéré au Mans. Yssa prend ainsi la place de son ami sans difficulté, bien qu'ils se ressemblent comme Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira.
Les deux hommes ont pensé à tout puisque le frère d'Abdelkader vient rendre visite à Yssa au Mans, rapporte Ouest France. Yssa, mis à l'épreuve après une condamnation, envoie de son côté un autre ami à son rendez-vous avec un conseiller de probation. Mais en février 2013, la supercherie est révélée: les empreintes d'Yssa ne correspondent évidemment pas à celles d'Abdelkader. Le vrai prisonnier est finalement interpellé en octobre 2013.

La pension complète derrière les barreaux peu séduire

La présidente du Tribunal n'en croit pas son dossier lors de la comparution des deux hommes. "Comment est-il possible d'être incarcéré à la place de quelqu'un ?", questionne-t-elle. En fils aimant et dévoué, Abdelkader rétorque: "j'ai fait ça pour pouvoir rester avec ma mère qui était malade. On a monté cette histoire un soir où on avait bu."
Yssa évoque quant à lui une somme d'argent.
"Il a dit qu'il vous donnerait de l'argent. Mais n'a pas précisé la somme. Pourtant, pendant l'instruction, vous avez évoqué une dette de 35.000 € qui aurait été majorée à 50.000 €", rappelle la présidente Belouard. Dans le box des détenus du tribunal correctionnel du Mans devant lequel il comparait pour évasion du centre de détention d'Argenton (Orne), Abdelkader A. balaye cette version des faits avancée un moment par son copain Yssa : "Je lui ai en effet donné de l'argent en envoyant quelques mandats à sa copine", raconte cette belle âme au lourd casier judiciaire. Ce serait donc pour seulement quelques centaines d'euros qu'il aurait rendu service à cet ami dans les difficultés et l'aurait remplacé pendant 16 mois derrière les barreaux.
La vie carcérale semble pleine d'attraits
Les détenus du Centre de détention d'Argentan (Orne) ont célébré la fête des Lumières (comme à Lyon), déclenchant vendredi 6 décembre 2013 un mouvement de rébellion, qui a duré trois heures et provoqué d'importants dégâts matériels. "Il s'agit d'une mutinerie. Une quinzaine de détenus se sont retranchés dans leur aile et ont mis le feu", a indiqué Hugues de Phily, le procureur de la République d'Argentan (Orne).

L'histoire n'a pas fait rire les magistrats bernés. 
Récidiviste à plusieurs reprise, Abdelkader écope de 18 mois supplémentaires en prison. 
Son ami d'enfance, Yssa, passera quant à lui six mois derrière les barreaux. Avec vue sur la fenêtre de son dominateur.