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dimanche 11 juin 2017

Le fils de Valérie Trierweiler, contrôlé positif à la cocaïne

Le fils de l’ex-concubine de l’ancien chef de l’Etat, a été interpellé ce samedi matin

C'est 
aux environs de 7 heures du matin
 
que Léonard, le fils de Valérie Trierweiler, a été contrôlé positif à la cocaïne lors d'un contrôle routier, samedi 10 juin, alors qu'il était sur son scooter Piaggio, comme le rapporte Le Parisien. 

Arrêté allée des Marguerites, à proximité de la Porte d'Auteuil, dans le 16e arrondissement de Paris, il roulait "avec des écouteurs" et "avait du mal à s'exprimer," selon une source policière citée par le quotidien. Mais il est vrai qu'il était plutôt connu comme un accro aux tweets...

Quand les fonctionnaires l’ont contrôlé, il n’avait pas les papiers de son deux roues et surtout… "Il avait les yeux rouges et l’allocution pâteuse".

Apprenti cuisinier dans une célèbre école parisienne, le fils de... n'a pas été placé en garde à vue, mais sera convoqué ultérieurement par la police. 

Un récidiviste 

Le jeune homme, âgé de 20 ans, avait déjà été arrêté en 2014 en possession de drogue. Il avait été interpellé dans le 13e arrondissement de la capitale avec sur lui un gramme d'ecstasy
Il avait été emmené au commissariat et placé en garde à vue durant 24 heures, comme le prévoit la loi, puis déféré au Parquet. Il avait ensuite été libéré, avec une injonction thérapeutique l'obligeant à se soigner.
Il restera à déterminer si le jeune homme s'est plié à cette injonction.

jeudi 13 octobre 2016

Nivellement par le bas: le Nobel de littérature 2016 à Bob Dylan

Et le Goncourt à NTM (Nique ta mère) pour son "flow lyrique hardcore" ?

Dylan, un "poète" que Fleur Pellerin a pu "lire" ! ...


Prix Nobel 2014, Patrick Modiano peut-il s'enorgueillir de ce voisinage ?
L’Académie suédoise a choisi de récompenser le musicien et... "poète" américain, 75 ans, "pour avoir créé […] de nouveaux modes d’expression poétique dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine", a estimé la secrétaire générale de l’Académie suédoise, Sara Danius, professeur de littérature à l'université et spécialiste de Balzac, Stendhal, Proust ou James Joyce, dont aucun n'a été récompensé, à la différence de... Anatole France, Romain Rolland, Anatole France, Roger Martin du Gard ou André Gide.

L’Américain, premier musicien à être récompensé par l’académie depuis la création du prix de littérature en 1901, succède à la Biélorusse Svetlana Alexievitch. Il faut bien une femme tous les trois ans. Il faut toutefois remonter encore à 2009 et à la ô combien célèbre, Herta Müller, une Roumaine, ou à Doris Lessing (2007), militante marxiste, anticolonialiste et anti-apartheid, représentative de l'orientation du jury Nobel. A ceci près qu'en 2001, lors d'une conférence au Festival du Livre d'Édimbourg, elle tacla les féministes qui l'avaient pourtant célébrée des années plus tôt pour 'The Golden Notebook", les qualifiant de "femmes devenues horribles avec les hommes".

"Bob Dylan écrit une poésie pour l’oreille"
C'est une justification fournie par S. Danius, membre du comité directeur de l'Académie Royale des Lettres de Suède depuis 2010, affirmant à la télévision publique SVT que les membres de l’académie avaient manifesté "une grande cohésion" dans ce choix. "Il s’inscrit dans une longue tradition qui remonte à William Blake" [sic], le célèbre poète anglais mort en 1827, a-t-elle osé, citant Visions of Johanna et Chimes of Freedom. 
Si William Blake méritait mieux, Dylan s'inscrit en revanche indiscutablement dans la poésie surréaliste de la "beat generation" qu'il synthétise dans son œuvre, avec l’austérité militante du folk, la complainte du blues, l’énergie révoltée du rock et la chronique de la vie quotidienne propre à la country. Ainsi doit-il beaucoup à Allen Ginsberg (activiste pacifiste contre la guerre du Viêt Nam, les discriminations sexuelles ou politiques avec les communistes) et Jack Kerouac (prose spontanée, drogues et grands espaces), célébrés par la communauté communauté beatnik.

"Il est extrêmement doué pour la rime. C’est un 'sampleur' [échantilloneur] littéraire qui convoque la grande tradition et peut marier de façon absolument novatrice des musiques de genres différents, des textes de genres différents." Appréciation pédante qui mériterait un début de justification et d'illustration par l'exemple...

A l’occasion d’une cérémonie de remise de trophées, organisée en 2015, l’auteur-compositeur était revenu sur ses interprétations. Présentée par l’Académie suédoise comme une "icône", la frêle légende du folk, 1m71, sortait alors son 37e album, en mars, Fallen Angels.
"Les chansons ne sont pas apparues par magie, je ne les ai pas fabriquées à partir de rien. J’ai appris à écrire des paroles en écoutant des chansons folk et je les ai jouées (…). Je n’ai rien chanté d’autre que des folk songs et elles m’ont ouvert le code pour tout ce qui est de bonne chasse, tout ce qui appartient à tout le monde."
A cette occasion, il avait aussi défendu sa voix : "Mes critiques disent que je mutile mes mélodies, que je rends mes chansons méconnaissables. Vraiment ? (…) Sam Cooke [chanteur de rhythm’n’blues à la voix d’ange] a répondu ceci, quand on lui a dit qu’il avait une belle voix : 'C’est très gentil à vous, mais les voix ne doivent pas être jugées en fonction de leur joliesse. Elles ne comptent que si elles vous convainquent qu’elles disent la vérité'."


Un prix politique pour des textes politiques

Le chanteur engagé a bénéficié de pressions de son milieu sur le Nobel 
Dylan, avec la chanteuse Joan Baez
Depuis des années, le nom de Bob Dylan revenait souvent mais peu d’experts s’attendaient à ce que l’académie cède et récompense un chanteur aussi marqué par son engagement. Né le 24 mai 1941, à Duluth, dans le Minnesota, l’artiste a grandi dans une famille juive de la classe moyenne. Dans sa jeunesse, comme la plupart des adolescents américains, Bob Dylan tombe sous le charme du rock avec Elvis Presley et Jerry Lee Lewis avant de former son propre groupe.

En 1959, étudiant à l’université de Minneapolis, il découvre les pionniers du blues, du country et du folk : Robert Johnson, Hank Williams et Woody Guthrie. En 1961, il abandonne ses études et déménage à New York pour fréquenter la scène musicale embryonnaire de Greenwich Village. C’est à cette époque que Robert Allen Zimmerman adopte son nom de scène Bob Dylan actuel, qui sera aussi le titre de son premier album. Sorti en 1962, c'est est un fiasco.

La percée se produit un an plus tard avec l’album The Freewheelin’ Bob Dylan et ses deux titres folk de protestation : Blowin’ in the Wind, chanson pacifiste d'un objecteur de conscience qui sera un hymne des années 1960 contre la guerre au Vietnam, et une chanson écrite pendant la crise des missiles de Cuba d'octobre 1962, A Hard Rain’s A-Gonna Fall (Une forte pluie va tomber), assez peu personnelle puisque fortement inspirée de la chanson traditionnelle écossaise, Lord Randall.
En 1963, il participe à la marche sur Washington autour de Martin Luther King.

Vers la fin des années 1960, il se détache de plus en plus des fans de folk et des milieux de gauche, refusant d’être l’étendard des contestations et des luttes de l’époque, publiant un recueil de poésie en 1971, Tarantula, et s’essayant même à la peinture et au cinéma. 
Depuis les années 1980, sa soi-disant créativité s’est tarie, malgré des albums remarquables (Oh Mercy en 1989, Time Out of Mind en 1997), alors qu'il s'est converti au christianisme, et le premier volume d’une autobiographie, Chroniques (2004), dont on attend toujours la suite. Dylan donna de "O Little Town of Bethlehem" l'interprétation d'un "vrai croyant", selon ses propres termes" : "Well, I am a true believer." 
Showman infatiguable - un "deal" avec le ciel, selon lui - quoiqu’inégal, il parcourt la route sans relâche – il est ces jours-ci à l’affiche du Desert Trip Festival, en Californie, où il rejouera vendredi 14 octobre en première partie des Rolling Stones, une semaine après un premier concert-événement: à 75 ans, chacune de ses apparitions est vécue comme ultime par ses idolâtres.
Artiste adulé du public folk et des milieux contestataires, l'homme est désabusé et refusa d’assumer ce rôle de musicien engagé, préférant inciter ses admirateurs, comme il l’exprime dans certains de ses textes (Don't follow leaders / Watch the parkin' meters), à penser par eux-mêmes et à renoncer aux gourous, quels qu’ils soient. S'il recherche le contact avec le public, pensant avoir un message à faire passer, il a fui le statut d'idole du public rock et a refusé de se faire enfermer dans son passé, de se laisser fossiliser. En revanche, les honneurs ne le laissent pas de marbre.

"Un pouvoir poétique extraordinaire" ?
Toujours présent là où la gauche radicale l'attend, il a aussi reçu en 2008 le prix Pulitzer, qui récompense traditionnellement des travaux... journalistiques. Il avait été distingué, selon les mots du jury, "pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaine, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire". La presse en est sortie grandie...

Bien qu’il n’ait signé qu’un petit nombre de grands albums après les années fécondes 1965-1975, il reste, au même titre que le tandem Lennon-McCartney, l’un des chanteurs-auteurs-compositeurs les plus honorés de la musique, récompense du peuple de gauche à son militantisme.

C’est le premier Américain à obtenir le prix Nobel de littérature depuis Toni Morrison, en 1993.
Médaille de la Liberté, mai 2012
Le prix Nobel s’accompagne d’une récompense de huit millions de couronnes suédoises,
822.000 euros, que Bob Dylan, de son vrai nom Bob Zimmermann, ne manquera pas de redistribuer au profit d'une quelconque "bonne cause": le peuple palestinien ?

Le dernier opus de Bob Dylan, en mai 2016, Fallen Angels, composé de reprises de Frank Sinatra. Le Nobel récompense un créateur...
En 2012, le président Barack Obama avait dit de lui qu' "il n'y a pas de plus grand géant dans l'histoire de la musique américaine." Il n'y avait pas vu un géant de la littérature.
Une éponge de son époque, comme de la musique populaire du monde.

En 2013, le chanteur folk a été décoré par Aurélie Filippetti, ministre de la Kultur de Ayrault.

Auteur, compositeur et interprète, il a influencé les plus grands noms du rock, de David Bowie à Bruce Springsteen en passant par Tom Waits et Hugues Auffray. Les textes de ses chansons, étudiés dans plusieurs universités anglo-saxonnes orientées, lui valent d'être régulièrement nommé pour le prix Nobel de littérature. Comme ça, c'est fait. Pourtant cette décision socialiste avait fait débat au printemps 2013, certains, à la Grande Chancellerie de l'ordre, estimant qu'il ne méritait pas ce titre en raison de ses positions antimilitaristes et de sa consommation de drogue.
Cette icône américaine de la contre-culture est en effet un habitué des polémiques, notamment pour son militantisme radical en faveur des droits civiques.  Les jurés de l’institution suédoise ont pris là une décision historique, renversante, en suscitant le buzz. C’est la première fois qu’un "chanteur" reçoit cette distinction alors que d’immenses écrivains comme Philip Roth ou Don De Lillo attendent toujours leur tour.
Dylan n’est pas étiqueté "écrivain", encore moins "poète" et comme l'académie n'a pas le pouvoir d'en faire un maître de la littérature, il restera un artiste de divertissement, fût-il politique, et digne du "On n'est pas couché" de Ruquier. 
Si le statut d’écrivain se gagne par le bon usage des mots, des images, de la pensée et des émotions, Brassens aurait pu être honoré avant lui, s'il n'avait été "gaulois"...

Il ne reste plus aux académiciens suédois qu'à honorer les morts, tel l'auteur du Coran, ou les poètes de notre temps, comme le délicat rappeur Orelsan, relaxé par le tribunal de Versailles bien qu'auteur du poétique "Ferme ta gueule ou tu vas te faire marie-trintigner"...

mardi 16 juin 2015

Le chauffeur de Samia Ghali (PS) soupçonné d'avoir informé les trafiquants de drogue

Mennucci, à qui profite le soupçon

Soupçonné "d'avoir informé les dealers des dispositifs policiers" dans la cité de La Castellane à Marseille

Le chauffeur de la sénatrice PS Samia Ghali était toujours en garde à vue lundi soir, a-t-on appris "de source proche de l'enquête".
Ce militant est l'un des 34 interpellés au cours d'une vaste opération policière visant un réseau de trafic de drogue, lundi matin, dans cette cité de quelque 7.000 habitants des quartiers populaires de Marseille.

"Les opérations ont permis la saisie de 11 kg de cannabis, 51.000 euros, 6 armes de poing et trois armes longues", a détaillé... "une source proche de l'enquête".

Ecoutes téléphoniques

Les fuites dont le chauffeur de la sénateur-maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, dont les dealers auraient bénéficié concernant des dispositifs policiers, datent d'"après la fusillade du 9 février", a expliqué... "une source proche de l'enquête". "Ces soupçons transpirent des écoutes téléphoniques", a-t-elle ajouté.
Le 9 février, des policiers avaient été visés par des tirs de kalachnikov dans la cité de La Castellane, le jour d'une visite de Manuel Valls au cours de laquelle il avait vanté des résultats "encourageants" contre la délinquance [ou le banditisme]...

Les écoutes téléphoniques "ont montré également que depuis le 9 février et le renforcement de la présence policière, les recettes provenant de ce trafic de drogue a été divisé par cinq", aurait garanti, qui ?... "une source proche de l'enquête". On peut faire dire aux chiffres ce qu'on veut.

Moins sujet à caution,
le chauffeur mis en garde à vue pour "vérification" car il serait "une connaissance des trafiquants", aurait été récemment mis à pied pour "comportement inapproprié" mais sans lien avec le trafic de drogue.

lundi 15 juin 2015

Drogue à Marseille: les filets de la police ramassent le chauffeur de Samia Ghali (PS)

Règlement de comptes socialistes après la fusillade lors de la visite de Valls ? 

Outre ce serviteur de la sénatrice entendu, une trentaine d'interpellations

Une trentaine de personnes ont été interpellées lundi matin au cours d'une vaste opération policière visant un réseau de trafic de drogue dans la cité de La Castellane à Marseille (Bouches-du-Rhône). Le coup de filet, qui visait le trafic situé sur la Place du Mérou, a également permis la saisie d'armes et de cannabis.
"Ce matin il y a une très grosse opération de démantèlement de filière à La Castellane", à Marseille, parce que le trafic de drogue, c'est le début de tous les trafics, ce sont ces trafics qui gangrènent les quartiers", avait brodé Bernard Cazeneuve, dès le début de matinée  sur BFMTV, parce qu'il parle bien...


L'opération a été menée par quelque 400 policiers de la police judiciaire marseillaise, du Raid et des CRS, au petit matin dans une cité du 16e arrondissement des quartiers nord. Les trafiquants étaient tellement tranquilles qu'il aura au préalable fallu "plusieurs mois d'enquête de la brigade des stupéfiants de la PJ de Marseille", précise une "source proche du dossier". Au total, il a été procédé à l'interpellation "d'un peu plus d'une trentaine de personnes". Des armes de poing, des armes longues et "plusieurs kilos" de cannabis ont été saisis, ajoute cette même source, toujours aussi imprécise pour des raisons de discrétion sur les quantités vertigineuses en stocks. "Il faut que l'on sache que j'ai donné instruction aux services pour que partout sur le territoire national, les trafics de drogue soient combattus et les réseaux démantelés", s'est flatté Nanard Cazeneuve au passage.


Des coups de feu lors de la visite de Valls

Située dans le 16e arrondissement de Marseille, dans les quartiers Nord de la ville, la cité de La Castellane est un des hauts lieux du trafic de drogue de la cité phocéenne. Elle avait notamment été au centre de l'actualité le 9 février, lorsque, lors d'une visite du Premier ministre, Manuel Valls, à Marseille, une soixantaine de coups de feu avaient été tirés aux fusils d'assaut Kalachnikov, visant plusieurs voitures de police.
VOIR et ENTENDRE une couverture émotionnelle des coups de feux de février:



VOIR et ENTENDRE un autre reportage, moins superficiel: 


"Nous avons été 'rafalés'... 
"Le commandant qui était avec moi a vu des impacts à un mètre de lui...", souffle ce haut responsable policier. "Les tireurs voulaient montrer qu'ils ont une puissance de feu importante", indique Laurent Odye, délégué régional UNSA Police Paca.
VOIR et ENTENDRE le témoignage d'Henri Jibrayel, député PS:

Le scénario aujourd'hui privilégié par les enquêteurs pour expliquer cette fusillade est celui d'une "opération visant à la conquête" d'un territoire du marché de la drogue dans la cité.

Fin mai, 28 personnes ont été renvoyées devant le tribunal correctionnel de Marseille et devraient être jugées d'ici quelques mois pour leur participation supposée à un important réseau de stupéfiants de La Castellane. La cité est décrite par les enquêteurs de la PJ comme le plus grand lieu de vente de cannabis de Marseille, un 'supermarché' qui, selon le procureur Brice Robin, générerait un chiffre d'affaires quotidien de 40 à 50.000 euros. La publication de tels chiffres peuvent susciter des vocations... Même pas besoin de mouiller la chemise comme un footballeur !

A la mi-mai, une vaste opération policière contre le trafic de drogue avait déjà permis l'interpellation de plus d'une vingtaine de "personnes" dans la cité des Lauriers, dans le 13e arrondissement.

Ce coup de filet d’ampleur du 15 juin fait écho à celui organisé il y a deux ans pile,
en juin 2013, autour du trafic de la tour K, dans la même cité. A l’époque, une vingtaine de personnes avaient été arrêtées et 6 millions d'avoirs criminels mal acquis" avaient été saisis, en plus de "1,8 tonne de cannabis, 102 kg de cocaïne. "Quelque 216 armes à feu" ont également été récupérées lors de ces différentes opérations.

Mi-mai, c’est une autre descente de police dans la cité des Lauriers, dans le XIIIe arrondissement de Marseille, qui avait permis l’arrestation d’une vingtaine de trafiquants présumés, là encore après plusieurs semaines d’investigations.



Patrick Mennucci, papier gras mais ravi de la crèche parisienne


La dernière petite phrase raciste de Patrick Mennucci, vainqueur de la primaire socialiste à Marseille, avait provoqué l'indignation au-delà des sphères politiques marseillaises. Suite à sa victoire sur Samia Ghali en octobre 2013, Mennucci avait demandé à Bruno Gilles, le sénateur-maire UMP des 4e et 5e arrondissements, de l'applaudir  pour sa victoire, lors d'une séance de l'assemblée de la communauté urbaine de Marseille. Ce dernier avait préféré le rappeler à la décence sur les conditions de son élection, répondant : "Nous allons plutôt scander 'Samia, Samia'". Désormais candidat de Paris à la mairie de Marseille, il avait alors répondu à la boutade de B. Gilles d'un désobligeant: "Ça sera bien la première fois que tu seras gentil avec une Arabe"...

On l'a compris, entre Mennucci et Ghali, l'un est de trop.
Protégé de Ségolène Royal -dont il a été le factotum- et de l'état-major socialiste parisien, Mennucci multiplie les annonces, avec l'aval de l'exécutif et les crédits hexagonaux: développement du tramway, investissement dans la gare, rénovation d'une cité,... D'autres projets sont encore annoncés, en particulier lors d'un déjeuner avec les chefs d'entreprise des quartiers Nord. Pour S. Ghali, "un Patrick Mennucci avec l'aide de l'Etat, ça change tout !"

A l'inverse, Ghali a défié le pouvoir central
Elle fustigeait l'inaction des pouvoirs publics

Le président et son premier ministre n'ont ni pardonné, ni oublié non plus que Samia Ghali a chahuté Hollande en 2013 !
Dans le QG de Ghali, des sifflets les avaient visés et, sur i-télé/BFM, ses soutiens avaient assuré qu'ils ne voteraient pas Mennucci. Après la clandestine Leonarda qui insultait Hollande, Samia Ghali faisait siffler Hollande et Ayrault à l'origine de son échec face à Mennucci.

Que son chauffeur soit coupable ou innocent, Cazeneuve a veillé à salir Ghali sur son passage.

La sénatrice ne soupçonnait rien... 
Lors de sa première réaction, Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, s'est dite "choquée" et "stupéfaite" à la révélation dans la matinée que son chauffeur a été interpellé par les forces de l'ordre lors d'un coup de filet dans le quartier marseillais de La Castellane, lundi 15 juin. 
"Je trouve tout à fait normal que ces interpellations aient eu lieu", a faiblement commenté la sénatrice. "On avisera en fonction de ce qu'il sera sorti de tout cela", a-t-elle déclaré

jeudi 11 juin 2015

Favorable aux salles de shoot, Marisol Touraine "en pétard" contre les élus de régions viticoles


Marisol Touraine "regrette que la loi Macron serve à détricoter la loi Evin" !
La loi Macron, plus fourre-tout que prévu

Les salles de shoot,
c'est pas pour les alcoolos
La ministre de la Santé a regretté que "la loi Macron serve à détricoter la loi Evin". Elle a laissé éclater sa "colère" après la modification par les députés  d'une disposition contrôlant la publicité pour l'alcool.

"Le vote de cette nuit est un coup dur porté à la santé publique. Je regrette que la loi Macron serve à détricoter la loi Evin", a déclaré la ministre à son arrivée au congrès de la Mutualité française à Nantes, en ajoutant son souhait que "la suite du débat parlementaire permette de rétablir la loi Evin". 


Le gouvernement ne contrôle plus rien 

Occupé à sauver le footballeur catalan de Matignon, l'exécutif s'est fait déborder à l'Assemblée. On savait le premier ministre envahi par l'ivresse du pouvoir qui conduit au fossé, comme ce fut le cas avec sa virée familiale à Berlin en jet gouvernementale aux frais de la princesse pour la finale de la Ligue des champions qui opposait la Juventus au Barça. 

Marisol Touraine a soutenu que "la loi Evin permet depuis 30 ans d'encadrer, et non pas d'interdire, la publicité pour l'alcool". "Cet équilibre entre les intérêts de santé publique et les intérêts économiques fonctionnait bien. Il ne fallait pas y toucher", a-t-elle estimé, en évoquant les "50.000 personnes qui meurent chaque année des conséquences d'une consommation excessive d'alcool", en dépit de la loi Evin.

La ministre Marisol Touraine n'a pas dissimulé son échec en souhaitant, lors du congrès de la Mutualité française à Nantes, que "la suite du débat parlementaire permette de rétablir la loi Evin". Lors d'une nouvelle lecture du projet de loi Macron en commissiondans la nuit de mercredi à jeudi, pour glisser subrepticement un renforcement du contrôle, les députés ont en effet modifié la loi Evin (1991), en refusant de revenir sur un amendement du Sénat distinguant information et publicité sur l'alcool. Le gouvernement avait demandé la suppression de cet amendement du sénateur Gérard César (Les Républicains, ex-UMP de Gironde).

A force d'ajouts et de retraits, souvent de nuit,
personne ne sait plus ce que contient ce flacon Macron.

mercredi 8 avril 2015

Salles de shoot: les députés français copient sur leurs voisins

L'Assemblée nationale vote l'expérimentation des "salles de shoot"

La majorité socialiste en manque de popularité se repique au sociétal

Les députés de la majorité cherchent visiblement à shooter leur popularité?
Malgré une vive opposition de plus de 4 heures de débats mardi soir, la majorité présidentielle a arraché l'adoption  du principe de l'expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR) et à coût maximum, communément appelées "salles de shoot", pendant six ans maximum, à compter de l'ouverture de la première salle: trois salles pourraient ouvrir à terme.
Soutenu par tous les groupes de gauche, l'article 9 du projet de loi de modernisation du système de santé, porteur de cette mesure, a été adopté par 50 voix contre 24, en première lecture. En 2013, la France a souhaité l'ouverture d'une salle d'injection à titre expérimental aux abords de la Gare du Nord à Paris. Cette salle devait être gérée par l'association Gaia dans un espace mis à disposition  par la SNCF, dans le 10e arrondissement. Plusieurs associations ont dénoncé le manque de moyens alloués à cette salle et son caractère non médical. A l'occasion de plusieurs réunions et manifestations, les riverains ont également manifesté leurs inquiétudes sur l'emplacement de la structure à proximité directe d'immeubles d'habitations, d'écoles maternelles et primaires, du Théâtre des Bouffes du Nord et l'absence de chiffres démontrant l'efficacité de la démarche. Mais rien n'y fait: la gauche exemplaire prend le risque de laisser sa marque indélébile, éventuellement négative et criminelle, quels que soient les arguments et faits contraires.

L'alibi de l'exemple des voisins
Les suiveurs français se revendiquent du précédent de 4 pays - sur 28 états membres- de l'Union européenne: l'Espagne, l'Allemagne, le Portugal et les Pays-Bas (et la Suisse, dans une quinzaine de villes en 2011), qui ont précédé la France en ouvrant ce type de sites.  Ces salles sont destinées à des toxicomanes majeurs précarisés, qui se droguent dans des conditions d'hygiène précaires, souvent dans la rue ou des halls d'immeuble, selon la majorité.
Les toxicomanes mineurs seront-ils repoussés ?
En 1994, une salle de consommation de drogue avait ouvert à Montpellier. Elle a été fermée suite au malaise d'une adolescente en juillet 1995. L'enquête sur l'overdose s'est conclue par un non-lieu, après le décès de l'éducateur de l'association ASUD  qui s'était occupé de la jeune femme.

"Aidez plutôt les toxicomanes à guérir qu'à s'autodétruire"
Le député UMP de Paris (quartiers de Grenelle et Javel) Philippe Goujon, son collègue de Vendée, Yannick Moreau, déclarent que, "si on osait, on pourrait même appeler 'antichambres de la mort' " ces "salles de shoot". Y. Moreau, auteur d'une proposition de loi interdisant l'ouverture de toute "salle de shoot" signée par 105 de ses collègues, a affirmé que cette expérimentation serait "un très mauvais signal de banalisation de la drogue à l'intention de la jeunesse" et des parents.
Farid Ghehiouèche, candidat pour la 
légalisation du cannabis
(8e circonscription de l’Essonne,
représentée par N. Dupont-Aignan)
Ainsi, l'association parisienne Vivre Gare du Nord et Gare de l'Est souhaite que la salle de shoot soit intégrée aux structures hospitalières situées à proximité immédiate (hôpital Lariboisière, hôpital Fernand-Widal) pour constituer un accompagnement médical des personnes dépendantes et mieux maîtriser la circulation sur la voie publiques de personnes sous emprise dangereuses pour elles-mêmes et pour les riverains.

Mais c'est l'association Gaia est en pointe. Gérée depuis 2006 par l’association Gaïa-Paris, elle met en oeuvre un programme anonyme et gratuit d’échange de seringues de Médecins du Monde créé en 1989. A l'origine, lors d'une réunion de concertation à la mairie du 10e arrondissement, l'association subventionnée avait présenté son dispositif, un préfabriqué installé sur l'actuel zone-arrière de la gare du Nord (station de bus-RER) et deux infirmières rattachées au site. C'est aujourd'hui une demi-douzaine de points de rencontre dans Paris avec l’antenne mobile du CAARUD.

Les socialistes de Hollande s'assument marginaux

"Des gens qui ont disparu des radars de notre société" et échappent à tous les dispositifs existants, selon la présidente PS de la commission des Affaires sociales, Catherine Lemorton (aubryste puis hollandienne), pharmacienne de profession "avec 15 ans d'expérience dans un réseau de réduction des risques à Toulouse".

Outre une réduction des risques liés aux injections (infection au VIH, hépatite C, etc... et une distribution de matériel stérile) et une amélioration de l'accès aux soins des usagers de drogues les plus marginalisés, ces salles ont, de surcroît, parmi leurs multiples objectifs, une diminution des nuisances dans l'espace public, assure-t-on.

Il s'agira de locaux gérés par les professionnels des centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogue (Carrud), où sera autorisée la consommation des substances illicites apportées par ces toxicomanes dans la limite de leur consommation, sous la bienveillante supervision d'une équipe pluridisciplinaire, avec des professionnels de santé et du secteur médico-social. Le toxico-roi !

Les toxicomanes détenteurs de drogues pour leur seul usage personnel et consommant des stupéfiants dans ces salles ne pourront être poursuivis pour usage et détention illicite. De même, les professionnels intervenant dans ces salles ne pourront pas être poursuivis pour complicité d'usage illicite de stupéfiants notamment, s'ils agissent conformément à leur mission de supervision.

Le coût de ces salles est estimé à au moins 800.000 euros par an

Face aux résistances de la droite, Marisol Touraine, la ministre de la Santé,  a confirmé  que le gouvernement consacre par ailleurs 388 millions d'euros par an à la prévention et à la lutte contre les addictions, si l'on se base sur le projet d'expérimentation parisien.  

Les amendements de l'UMP encouragent plutôt le sevrage et l'abstinence. Le principal parti de France a dénoncé ces salles comme inefficaces à diminuer le nombre de toxicomanes ou à les sortir de leur addiction, comme Bernard Debré, médecin en activité. Le groupe, qui les a considérées comme un feu vert aux "paradis artificiels officiels" et "une première marche vers la dépénalisation" de la drogue, a alerté sur des risques de possibles overdoses à l'intérieur et de "zones de non droit" à l'extérieur.

Les élus UMP ont aussi mis en garde la majorité contre sa volonté de se donner "bonne conscience" et contre son manque de cohérence, après avoir "stigmatisé l'alcool et le tabac" par de précédentes mesures de ce projet de loi débattues la semaine dernière.

La députée FN Marion Maréchal-Le Pen a critiqué un "signal catastrophique envoyé à la population française puisque l'Etat va organiser une violation de la loi", alors que la position du gouvernement contre "la dépénalisation des drogues douces n'a jamais varié depuis 2012", a assuré la ministre.

La gauche amorce le processus de légalisation en raillant les élus responsables... 
NVB (Maroc), S.Dagoma (Tchad, Nantes)
et A. Hidalgo (Andalousie, Espagne)
"Arrêtez de vouloir faire peur: il ne s'agit nullement d'ouvrir des salles partout en France pour toujours, mais de répondre à des réalités", a prétendu la "députée de la gare du Nord" Seybah Dagoma (PS, porte-parole d'Anne Hidalgo, maire de Paris et membre du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides). 

Le député altermondialiste d'EELV, Jean-Louis Roumégas, (élu avec 50,10 % des voix et qui n'a pas été réélu lors des élections municipales de mars 2014 à Montpellier) qui, aux élections régionales de mars 2010 en Languedoc-Roussillon, avait conclu un accord de fusion avec les listes FG-NPA pour faire moins de 10%, a raconté avoir récemment vu, en pleine après-midi à Montpellier, deux personnes se droguant derrière une voiture, avec des seringues à même le sol, a défendu une mesure "pragmatique". Peut-être qu'elles ne se lavent pas non plus les mains en sortant des toilettes (sèches).

Outre Paris, deux autres villes pourraient utiliser cette possibilité.

En 2012, Marseille (UMP), Strasbourg (PS), Bordeaux (UMP), Toulouse (alors PS) et Nancy (Radical valoisien, UDI) étaient favorables à une expérimentation, mais beaucoup ont changé d'avis. 

Le gouvernement actuel s'engage pour que, six mois avant la fin de l’expérimentation, la future opposition fournisse aux parlementaires un rapport d’évaluation sur l’efficacité du dispositif. 
Les chiffres déjà produit concernent 90 salles d'injection dans le monde annoncent une réduction des risques de 40 %, mais sans aucune garantie de fiabilité de ces chiffres d'une étude française de l’an dernier concernant les risques de transmission de virus (hépatites, VIH…) de plus de 40 %, alors qu'en tout état de cause, l'éducation à l'hygiène sanitaire et prophylactique ne fait que se développer.

Alain Juppé, qui n'a "pas d'opposition de principe", va devoir se positionner clairement, après avoir dit préférer une salle intégrée à une structure hospitalière.

Seule Strasbourg est "toujours candidate"
Dans un entretien accordé à l'Express, Roland Ries (PS) réaffirme sa volonté d'expérimenter une salle de shoot à Strasbourg, mais "à l'intérieur de l'hôpital". "Car il faut considérer les toxicomanes comme des malades."