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lundi 10 décembre 2012

Logement: Duflot annonce des réquisitions d'immeubles

Les biens de la SNCF et de l'Eglise ne lui suffisent donc pas ?

La ministre du Logement fait du volume
 

Cécile Duflot a annoncé l'imminence des premières réquisitions: elle en parle avant, ce dimanche sur Canal+, et bientôt pendant et après ! Alors que le froid est déjà arrivé, elle invoque la gravité de la situation pour justifier cette mesure d'urgence. soudaine, puisque l'arrivée de l'hiver n'était pas prévisible !

L'altermondialisme excelle dans les effets d'annonce
Duflot ne trouve pas indécent d'instrumentaliser les sans-abri à des fins politiciennes: Les réquisitions claironnées aux quatre vents doivent-elles servir à réhabiliter les Verts, contestataires des mesures gouvernementales et meneurs du soulèvement écolo contre l'aéroport Ayrault dans dans le bocage nantais ?  

La ministre du Logement en garde pour un prochain communiqué
Cécile Duflot utilise tous les procédés marketing afin der susciter de l'intérêt pour son ministère. C'est ainsi qu'elle a annoncé ce dimanche sur Canal + que les premières auront lieu "dans les jours qui viennent", mais sans en préciser le nombre et si l'Eglise et la SNCF se verront forcer la main.
"La réquisition fait partie de la panoplie légale et, cette fois, nous avons décidé de le faire si c'était nécessaire et c'est nécessaire", a-t-elle expliqué,  tout en se retranchant derrière Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre qui, précise-t-elle, a "déjà dit oui".

Le fichage est en cours

Les sans-abri sont une priorité tardive de la gauche
Afin de mettre en œuvre la mesure le plus tôt possible, en janvier, après sept mois, les services du ministère continuent de  recouper actuellement le travail d'inventaire effectué par les préfectures d'Ile-de-France, de Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côtes-d'Azur: "Il faut être certain que les bâtiments identifiés répondent aux critères qui permettent la réquisition et qu'ils seront utilisables", a précisé la ministre.
La ministre découvre les réalités du problème et les pesanteurs du système
Fin novembre, à la demande du premier ministre, le préfet de Paris et d'Ile-de-France avait identifié une soixantaine de bâtiments appartenant à des personnes morales - des banques et des assurances par exemple, mais pas des particuliers - susceptibles d'être réquisitionnés. Selon le préfet, "la moitié présente un réel potentiel". La réquisition, cependant, est un "processus long", avertissait-il. 

Les immeubles doivent être réhabilités et des frais engagés
Ils ne sont en effet pas tous exploitables en l'état. Les immeubles de bureaux, par exemple, nécessitent d'être reconvertis en habitations pour pouvoir être utilisés.

Il est plus facile de prendre que de construire

Duflot, déterminée,
efficace et "juste"...
La ministre dit s'être résolue fin octobre à recourir à cette solution de facilité en la qualifiée "d'extrême urgence", comme chaque année pourtant puisque mise en œuvre pour les dernières fois en 2001 (Jospin) et 1995, quand le président Chirac ordonna la réquisition de plus de 1000 bureaux pour loger des familles défavorisées. En 1994, Jacques Chirac, alors maire de Paris, avait réclamé du gouvernement Balladur qu'il prenne des mesures pour transformer ces bureaux vides en logements. "La multiplication dans les villes de panneaux indiquant des surfaces de bureaux ou de logements à louer est une véritable provocation."

A la vérité, un  texte met désormais Duflot au pied du mur: deux amendements " Front de gauche " adoptés lors de l’examen de la loi sur le logement social durcisent la loi de Solidarité et de renouvellements urbains (SRU), sans truelle, au risque de créer un regain de tension cet hiver. Le " projet de loi relatif à la mobilisation du foncier public en faveur du logement et au renforcement des obligations de production de logement social » a été adopté par l’Assemblée, par 156 voix contre 36. 

"1500 familles n'ont pas de solution de logement lorsqu'elles appellent le 115", le numéro d'urgence sociale, faute de place disponible, a finalement pris conscience Cécile Duflot sur Canal +. Selon la fondation Abbé Pierre, une association catholique, au CA de laquelle siègent des représentants des ministères chargés du Logement et de l'Intérieur, près de 700.000 personnes sont actuellement privées de domicile. En parallèle, 2 millions de logements sont vacants, selon l'INSEE.


Les réquisitions, cependant, ne tiennent pas lieu de solution durable, avertissent les associations. 



Joli slogan du co-gestionnaire,
mais financement plus délicat

Le gouvernement s'est engagé à construire 150.000 nouveaux logements sociaux par an, mais sans pouvoir boucler leur financement. 


Réfutant le chiffre d'un milliard d'euros manquant avancé par la fondation Abbé Pierre, Cécile Duflot dit compter sur les fonds propres des organismes HLM, l'engagement de collectivités locales et la cession gratuite de terrains publics pour parvenir à boucler son plan.

mardi 22 mai 2012

Gouvernement Ayrault, gouvernement de la Seine-Saint-Denis


Première visite de terrain pour le ministre de la Ville François Lamy

Les ministres de Ayrault multiplient les gestes médiatiques


Ils sont "au travail", qu'on se le dise. 

Et serrer des mains, c'est du boulot ! 

Promettre et encore promettre, c'est même le taf de base du ministre en campagne législative, en voiture officielle et gardes du corps, aux frais de la communauté. Et dans le respect de la "charte de déontologie", concoctée par Fabius et imposée aux ministres ...


La Seine-Saint-Denis est leur territoire de prédilection.
Un jour, un déplacement. C'est le rythme de  Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, qui est ainsi allé sans traîner, l’après-midi même, se montrer au commissariat de Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, le jour même de sa prise de fonction. Et donnée partout, dont les Affaires sociales, mais nommée ministre du travail, de l'emploi et de la santé, Dame Marisol Touraine lui a emboîté le pas, dès le lendemain matin au centre hospitalier de Saint-Denis.
Les BMW et les Ferrari ne peuvent plus circuler dans le 9.3...


L’hyper-activité du nouveau ministre de l’Intérieur n’est d’ailleurs pas sans rappeler le style d’un autre locataire de Beauvau : celui de Nicolas Sarkozy. Mais, d'un coup, l'ex-presse "insolente" a perdu ses dents et les chiens de garde du PS se frottent maintenant à la jambe des ministres.
Valls vibrionne en fait partout à la fois. Tel un furet, il est lundi à Marseille pour "affirmer sa détermination à lutter contre toutes formes de délinquance et de criminalité", dimanche à Auxerre, pour évaluer le dispositif de sécurité du match Auxerre-Montpellier ou samedi à Munich pour évoquer la lutte anti-terroriste avec le G6. En moins d'une semaine, sept déplacements sur les grands thèmes de son ministère, balayant large, du "malaise des policiers" à "l’immigration".
Si Manuel Valls court si vite, c’est que ce communiquant sait que tout se joue - ou presque - "dans les deux ou trois premiers jours". En "marketing politique", on appelle cela ‘l’étiquetage’.

Le ministre délégué chargé de la ville, François Lamy (PS), a déclaré lundi lors de sa première sortie de terrain qu'il ne fera pas de "plan Marshall" pour les banlieues, préférant une action "inscrite dans la durée" à une politique de "coups médiatiques". Après les mesures qui tardent à venir, il faudra en attendre les effets éventuels: la population doit prendre son mal en patience ! Les premiers grands faits et gestes des membres du gouvernement avaient pu faire craindre le contraire, tant ils arpentent les rues en grand appareil, plutôt que les obscures allées du pouvoir.


M. Touraine et V. Fourneron avaient en vérité tout intérêt à créer des coups d’éclat dès les premiers jours de leurs ministères, tout en faisant croire à la populace qu'elles se décarcassaient pour elle. Ces ministres exemplaires assurent donc la continuité de l'investissement personnel ostentatoire qui agaçait tant les media aujourd'hui demandeurs béats. 

Les préfets sont toujours cantonnés au rôle d'"escort boys" en feuilles de chêne dorées
Les chaînes d’info en continu ont renouvelé la temporalité médiatique et soumettent les ministres  à leur rythme. Les élus continuent donc de courir en tous sens puisque toute absence de commentaire d’un ministre sur un événement tragique est devenue incompréhensible. 

Valls n'est pas le seul ministre speedé. 
Dans les starting-blocks se tenait également la nouvelle ministre des Sports, Valérie Fourneyron, qui a réagi très vite après un accident meurtrier, ce week-end, aux abords d’un rallye dans le Var.  Elle n'est pas responsable que le drame ait eu lieu hors de Seine-Saint-Denis. Dans l'urgence, la Rouennaise a néanmoins réagi à chaud par une promesse d'un "travail de fond" sur la sécurité des épreuves automobiles. Elle a donc pris soin de répondre à un évènement exceptionnel. 
Manu Valls n’échappe pas à cette sujétion en croyant créer l'illusion de la maîtrise. Alors, il fait mieux et devance l'action. Il se montre présent et prend parfois les devants. Non sans avoir toutefois pris le temps d'aligner ses cheveux sur sa calvitie naissante. On soupçonne même ce fils de pub d'être capable de prévoir les déraillements de trains et d'arriver donc en gare avant les familles des victimes. A la maxime d'Emile de Girardin, "gouverner, c'est prévoir "Manu donne ainsi toute sa dimension ...compassionnelle.

L'agité sacrifie la réflexion à l'agitation qui masque l'inaction
On saura tout de ce qu'ils ne feront pas
"Mon objectif, ça n'est pas de faire un plan Marshall, comme l'avait annoncé Nicolas Sarkozy en 2007, sans tenir sa promesse au demeurant", a lancé le ministre en campagne avec les moyens de l'Etat, à l'issue d'une rencontre avec des élus à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), théâtre d'émeutes en 2007.
Et de gloser: "Un plan Marshall, c'est un plan d'urgence, par définition. Or l'urgence est peu compatible avec la politique de la ville: on ne peut pas restructurer un quartier d'un coup de baguette magique", a-t-il humblement admis.
Mais qui sait ce qu'ils feront ?

Le gouvernement se consacre à la campagne des législatives

Dès lundi, date d'ouverture de la campagne officielle des législatives, François Lamy, bras gauche du premier secrétaire du PS, Martine Aubry, s'est rendu dans deux communes à reprendre: à Garges-lès-Gonesse, commune UMP de deux églises, six mosquées et une synagogue dans le Val-d'Oise, anciennement PCF jusqu'en 1995, et à Sarcelles, dirigée par le député PS François Pupponi, admirateur servile de Dominique Strauss-Kahn, pour y rencontrer des responsables associatifs et des représentants du monde de l'éducation. Le hasard fait que l'intérêt du ministre se porte fortuitement sur deux communes situées dans le département dont le président est un Divers droite...

Les "éléments de langage" pour patienter

"Je ne crois pas à la rupture. On va regarder [contempler?] ce qui existe et prendre le temps de la concertation, pour voir ce qui marche et ce qui marche moins bien, avant de faire des choix", a-t-il déclaré, assurant vouloir inscrire son action "dans la durée".
Les électeurs qui croyaient que le PS avait réponse à tout devront attendre que ses ministres aient pris tout le temps de la réflexion.
Trente ans perdus en opposition négative passée à contredire et bloquer, sans propositions constructives, ni solutions alternatives.