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mercredi 25 octobre 2017

Macron placerait Castaner d'autorité à la tête de La République en marche

Griveaux prend les militants pour des billes : "Castaner à la tête de LREM, "aussi un choix collectif"...

Le vote du bureau aura lieu le 18 novembre, mais Macron aurait 
déjà choisi  Castaner à la direction de La République en marche!

La direction du parti du président va être confiée à Christophe Castaner : volonté du souverain dit républicain, selon plusieurs sources gouvernementales et parlementaires.

L'autocrate Macron a fait son choix et Castaner pourra même cumuler cette présidence avec sa fonction de porte-parole du gouvernement. 
Macron n'a donc pas mis les formes, puisque sa décision est tombée au dessert lundi soir lors d'un dîner à l'Elysée. D'autant que l'information a aussitôt filtré, avec confirmation de la bouche du même Castaner mardi matin, sur Public Sénat.
  
Sur Twitter, l'intéressé ne dément pas, mais tente de justifier la méthode jupitérienne de l'autocrate élyséen. 
Et le conseil national de LREM ? Court-circuité !

Les godillots aiment prendre le jus s'il jaillit d'en-haut. 

Statutairement, c'est lors d'une convention - ensemble des adhérents - que le conseil national de LREM - parlement (non élu) du parti, composé à 80 % d'un choix de parlementaires, référents territoriaux et représentants des territoires (membres de droit) et de 20 % de conseillers tirés au sort "à intervalle régulier" parmi les adhérents - doit élire son président (et sa direction nationale). 
Mais le scrutin est truqué, puisque le "bureau national" n'existe pas au nombre des instances nationales, mais il devrait entériner le candidat du président de la République, Christophe Castaner, au poste de délégué général du parti du président,  le 18 novembre à Lyon, près d'un mois à l'avance.  


Son "épaisseur" politique aurait joué pour lui, raconte une source autorisée.

Le nom de Christophe Castaner circulait depuis plusieurs jours comme l'un des deux favoris du président à ce poste, avec le secrétaire d'État Benjamin Griveaux. "C'est bien Christophe Castaner qui a été retenu" entre la poire et le fromage, lundi soir à l'Élysée, a déclaré une source parlementaire qui souligne la lourdeur  "l'épaisseur" politique du secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement. 
Il "incarne bien le parti", risque cette source sous couvert d'anonymat,  qui rectifie le tir, faisant valoir que Castaner est un des membres historiques. L'Élysée "a voulu une marque de centre-gauche", a appuyé un proche du chef de l'État, en référence au passé socialiste, tendance rocardienne, de Christophe Castaner.


Ainsi se confirme la volonté de Macron d'occuper la place laissée vide par le PS 


Le groupe  LREM est en effet déjà cornaqué par un socialiste, le très suspect Richard Ferrand.
Fondateur du mouvement En marche ! en octobre 2016,  Macron désigna déjà Ferrand secrétaire général. Alors qu'en mai 2017 le parti du président était rebaptisé La République en marche ! (LREM), le 14, Ferrand était nommé ministre de la Cohésion des territoires dans le premier gouvernement Édouard Philippe. 
Or, François Bayrou et Richard Ferrand ont été "à deux doigts d'en venir aux mains", le jour de la passation des pouvoirs entre François Hollande et Emmanuel Macron dans la salle des Fêtes du palais de l'Élysée, juste avant l'allocution du président. Selon plusieurs témoins, il a fallu que s'interposent des 'casques bleus' de l'entourage présidentiel pour éviter un pugilat, illustration de l'opposition observée entre les deux hommes à plusieurs reprises durant la campagne.
En cause, les élections législatives.
Le jour de la publication des candidats investis par le mouvement En Marche !, François Bayrou avait adressé des reproches au nouveau mouvement. Selon lui, il ne respectait pas l'accord sur un nombre de candidats du MoDem, qui est en manque de financement. Un reproche qui avait vite été démenti par Richard Ferrand : "Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais d'accord d'appareils”.Toujours dans Le Journal du Dimanche, François Bayrou a été interrogé au sujet de l'enquête sur des soupçons de conflits d'intérêts qui vise Richard Ferrand.

Le garde des Sceaux n'a pas voulu commenter cette procédure, mais Bayrou a néanmoins distillé son venin. "C'est une difficulté, qui alourdit quelque peu la campagne [des législatives]".
Mais le ministre de la ...Cohésion (des territoires) dut démissionner dès le 19 juin, suite à une affaire immobilière au profit de sa maîtresse, tandis que court toujours l'affaire de ses collaborateurs familiaux au Parlement) et Bayrou, le 21 juin, pour emploi fictif de sa collaboratrice au Parlement européen, après seulement 35 jours passés à la chancellerie. Macron recasa Ferrand à la présidence du groupe des députés LREM qui entérina servilement sa désignation, le 24 juin 2017 et laissa Bayrou à Pau.
Castaner qualifie d'"absolument passionnante" cette présidence partisane

Christophe Castaner se voit déjà à la tête du parti du président. 
Interrogé mardi matin par Public Sénat sur l'"enjeu" qui est le sien, il répondit : "Il faut construire un nouveau mouvement politique, qui va rassembler le plus grand nombre d'acteurs qui sont engagés dans le mouvement en France. Je trouve ça absolument passionnant. Bien sûr que ça m'intéresse", avait-il confirmé.


Va-t-on vers un mini remaniement ? 
Agé de 51 ans, Christophe Castaner fait partie du cercle restreint des premiers macroniens. Député socialiste, il s'est fait apprécier de Macron en 2015, en le servant comme rapporteur de la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, CICE, portée par celui qui était alors ministre de l'Économie. 

Député des Alpes de Haute-Provence, réélu en juin dernier, il est convenu de dire qu'il s'est imposé comme une figure politique, mais il a en vérité dû abandonner la course à la présidence de la région PACA : il a déclaré forfait en se ralliant à Christian Estrosi (LR)... 
En manque d'élus politiques et bien que Castaner n'ait pas passé le seuil régional, Macron l'a néanmoins recruté après ce flop et propulsé de la mairie de Forcalquier à l'échelon national. On dit maintenant qu'il a marqué la campagne présidentielle. Porte-parole du candidat Emmanuel Macron, il est logiquement devenu celui du gouvernement en mai, incarnant en même temps son aile gauche. 
Son départ programmé pour la tête du parti devrait entraîner un petit remaniement au sein du gouvernement. 

Benjamin Griveaux pourrait ainsi reprendre le porte-parolat, selon des sources concordantes. Mais d'autres accepteraient que le président jupitérien le maintienne dans les deux fonctions cumulées, si telle est la volonté du souverain...

La montée de Castaner en puissance a de quoi inquiéter
François Ruffin (LFI) le déclare "malhonnête et incompétent" sur la base de la liquidation d'Ecopla : 


Les têtes de gondoles de LREM font la tronche.
Ils peinent à trouver démocratique le processus de désignation du futur chef du parti. Selon l'habitude des favoris du président de la République, Christophe Castaner parle d'une volonté de "faire différemment", de se "détourner des vieilles recettes".
Ce mercredi 25 octobre, le porte-parole du gouvernement a officiellement annoncé sur RTL qu'il est "candidat" au poste de "délégué général" du parti, qui sera intronisé lors de son premier "congrès" (ou 'convention' ?) prévu le 18 novembre. 
Résultat de recherche d'images pour "Castaner et Macron"
"Candidat" mais surtout "candidat unique" élu à coup sûr, à la cubaine ou à la coréenne (c'est le seul choix !) puisqu'il est, à ce stade, seul en marche pour l'hôtel particulier de la rue Sainte-Anne (comme l'hôpital), que LREM a acquis dans le très central deuxième arrondissement, surnommé "arrondissement de la Bourse". 
Tous les parvenus du parti se sont alignés: on ne peut voir qu'une seule tête.

lundi 3 juillet 2017

Versailles : Macron en majesté lundi devant le Congrès

Macron a le melon

Il faut Versailles ou rien à Macron pour tracer les lignes de force de son quinquennat
Ouverture des Etats généraux en Congrès à Versailles, le 7 mai 1789
Macron s’adressera lundi au Parlement réuni en Congrès, à Versailles, une initiative controversée, boycottée même par certains.
A 15h00, le chef de l’Etat rejoindra l’Aile du Midi du château de Versailles pour s’adresser solennellement aux deux chambres du Parlement réunies et, à travers elles, aux Français. Une sorte de "discours du trône" ou plus exactement un "discours sur l’état de l’Union" comme celui prononcé chaque année par le président américain, a expliqué le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. 
Avant la réforme constitutionnelle de 2008, a expliqué Christophe Castaner, il était "d’usage" que le "président s’adresse à sa majorité" -et non pas à tous- par un message lu par le Premier ministre devant le nouveau Parlement. Largement contestée lors de l’élaboration de ce projet de réforme constitutionnelle car portant atteinte au principe de séparation stricte des pouvoirs, cette disposition avait néanmoins subsisté. Son usage avait d'ailleurs été encadré.
Selon la Constitution de la Cinquième République, le Parlement peut être réuni en Congrès pour le vote des révisions constitutionnelles, et, depuis 2008, pour une déclaration du Président de la République, ou pour autoriser l’adhésion d’un État dans l’Union européenne.
En 2003, les parlementaires franco-allemands se réunissent dans la salle du Congrès pour commémorer le traité d'amitié franco-allemand, dit traité de l'Élysée, en 1963.
Depuis la loi constitutionnelle du 23 février 2007, les deux chambres peuvent également se réunir pour destituer le président de la République, mais le terme employé dans ce cas est celui de 'Haute Cour' et non celui de 'Congrès'.
Les réunions du Congrès ont lieu le plus souvent un lundi, jour de fermeture au public du château de Versailles. Le coût d’une demi journée de réunion est estimée à deux cents mille euros. En 2008, son coût avait été estimé à 600.000 euros. Cette fois, il pourrait en coûter 500.000.
Et puis, lorsqu'au départ on prévoit de renouveler l'opération chaque année, un Zenith aurait parfaitement convenu à ce show présidentiel, l'Olympia ayant toutefois suffi.  Versailles n'était pas le cadre somptueux que s'est choisi Macron 1er, en grande pompe et en grand apparat, mais aussi en grand appareil, déplaçant 900 personnes - dont 350 courtisans assumés à l'Assemblée - transportés par une noria de cars, notamment Transdev de la Caisse des Dépôts et consignation, pour qu'elles s'abreuvent à sa parole.
Depuis 1958 et l'instauration de la Cinquième République,le Congrès s'est réuni 18 fois, en 59 ans, dont 16 fois pour adopter une révision de la Constitution.

Seuls trois Congrès ont été réunis pour une déclaration du président de la République
- 22 juin 2009 par Nicolas Sarkozy, pour faire une déclaration sur la crise financière et économique qui frappait l’Europe depuis quelques mois, mais aussi pour défendre les lois que son gouvernement mettait en place et sa vision sur les débats de l’époque: retraites, burqa, remaniement, Hadopi… 
- 16 novembre 2015 par François Hollande, au lendemain des attentats islamistes à Paris.
- 3 juillet 2017 par Emmanuel Macron, simplement pour exposer les priorités de ...son quinquennat !

A la veille du discours de politique générale du Premier ministre, Macron court-circuite son premier ministre

Au président, "les grandes orientations", au Premier ministre, leur "mise en oeuvre", a résumé Castaner.  Mais ce partage des rôles n’est pas du goût de tous parmi les 577 députés et 348 sénateurs conviés à Versailles.
 
Quelques représentants du peuple boycotteront, à commencer par les députés du groupe La France insoumise, les Sans-cravates, ainsi que l’ensemble des parlementaires communistes.   Pour Jean-Luc Mélenchon, chef de file de LFI, Emmanuel Macron "franchit un seuil dans la dimension pharaonique de la monarchie présidentielle" en ravalant son premier ministre au rang de 'collaborateur', du fait qu'il le devance de 24 heures. Les parlementaires communistes dénoncent aussi un passage en force de la réforme du Code du travail à coups d’ordonnances. 
Deux députés UDI, Jean-Christophe Lagarde et Philippe Vigier, avaient rejeté cette démarche tapageuse et hyperprésidentielle, le premier critiquant un chef de l’Etat qui "passe son temps à faire à la fois le travail de président de la République et de Premier ministre". 

A gauche non plus, le "fait du prince" ne passe pas. 
Dès mardi, alors que la date de convocation du Congrès n'était pas encore confirmée, le socialiste Régis Juanico menaçait de rester chez lui. "On assiste à une vassalisation de tous les corps intermédiaires. Je n'irai pas à Versailles car le président de la République ne fait pas un discours pour convenance personnelle", s'étranglait l'ancien frondeur. Avant de conclure: "S'il s'agit d'écouter un discours du PR, j'ai une télé, merci."

La sénatrice franco-turco-israélienne Esther Benbassa est sur la même ligne.
"Moi, sénatrice, républicaine et démocrate, pense être plus à ma place auprès des sans-voix qu’à Versailles pour acclamer un monarque bavard !", a-t-elle encore souligné sur Twitter.

Des députés socialistes furieux contre "la présidence impériale"
D'autres n'oseront probablement pas boycotter une convocation inscrite dans la Constitution, mais de nombreux députés de l'opposition se sont saisis de l'occasion pour dénoncer la gouvernance ultra-centralisée d'Emmanuel Macron.
"La décision du président de la République de s'exprimer devant le Congrès symbolise le retour du pouvoir personnel", a grondé Olivier Faure, président du groupe socialiste. "Effacé le Premier ministre qui se voit condamné à jouer les répétiteurs le lendemain. Escamoté le vote de confiance puisque le discours présidentiel ne peut faire l'objet d'aucun débat en sa présence ni d'aucun vote. Sous couvert de novation, Emmanuel Macron renoue avec la conception la plus archaïque de la Ve République", a-t-il ajouté.

Une humiliation pour le gouvernement Philippe 
"C'est une humiliation pour le gouvernement et pour Edouard Philippe qui prononcera son discours de politique générale le lendemain", a renchéri le député LR Damien Abad, dénonçant "la présidence impériale" du chef de l'Etat. "Si ça ce n'est pas du court-circuitage...", a ironisé de son côté son collègue Philippe Gosselin.
"On va avoir Emmanuel Macron qui donne son programme et le premier ministre qui sera là, le lendemain avec des miettes. Cela va donner l'image d'un premier ministre marionnette du PR. Cela confirme que le président veut remplir tout l'espace et montrer que 'le patron c'est moi'", estimait le député ce mardi.

A cela, le Premier ministre en voyage en Estonie a répondu: "Je pense que, comme toujours, il y aura deux expressions à la fois parfaitement en ligne et en même temps complémentaires. Je suis confus de ne pas m'exprimer sur la politique nationale, mais je suis en Estonie et je pense que l'usage qui consiste à ne pas commenter la politique nationale, alors qu'on est sur un territoire étranger, est un excellent usage", a-t-il botté en touche.

L'Elysée promet deux discours complémentaires.
Peu avant cette annonce, l'Elysée avait souligné que les deux discours du président et du Premier ministre seraient "deux choses différentes" car le président n'entrerait pas dans le détail des feuilles de route des ministères, ce qui relèvera du Premier ministre.
Ces deux discours sont écrits ensemble, il faut articuler ces deux prises de parole, a expliqué l'entourage du président de la République.
"Le président a cherché comment ré-articuler (la relation) entre exécutif et Parlement et voir comment être responsable devant le parlement. Il souhaite s'adresser aux parlementaires à la date anniversaire de son quinquennat, chaque année", selon la même source.

"Il fallait réfléchir au top départ de cette nouvelle méthode politique, pour donner les lignes de forces du quinquennat, les grands défis sur les cinq ans et la cohérence sur le long terme", ajoute-t-on de même source. Quant au choix du Parlement réuni en Congrès à Versailles, "le président accorde de l'importance à la solennité". 

Emmanuel Macron a en revanche fait savoir qu’il n’accordera pas d’entretien à la presse, à l’occasion du 14 Juillet, rompant avec une tradition de 40 ans initiée par Valéry Giscard d’Estaing : la pensée macronienne est trop "complexe" pour les media... 
Dans le même registre hautain et méprisant, lors de son discours d'inauguration de la Station F à Paris jeudi 29 juin, où un millier de start-up sont accueillies, Macron 1er avait évoqué "des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien".
Pressé samedi par des journalistes de dire si certaines promesses de campagne d’Emmanuel Macron pourraient être décalées dans le temps pour tenir compte du dérapage budgétaire hérité du quinquennat Hollande, le Premier ministre a une nouvelle fois éludé, comme si, entre le président et lui, la ligne était brouillée.

lundi 1 avril 2013

Haro sur Ayrault: les media veulent-ils son suicide ?

La gauche croit-elle que le PS a mieux à offir que Ayrault ?
Ayrault en mal d'autorité ?

Après dix mois passés à Matignon, Jean-Marc Ayrault n'a jamais été aussi contesté dans son autorité.

François Hollande peut-il se sauver en le lâchant ? 

Alors que l'enregistrement de Koh-Lanta sur TF1 est arrêté à la suite du malaise mortel d'un candidat, le suicide du médecin de l'émission accusé de faute professionnelle donne des idées aux camarades de la Rue de Solférino et au-delà, au Front de gauche. Sous Mitterrand, Edith Cresson avait tant bien que mal résisté à la pression, mais le "sombre Ayrault" le peut-il sous Hollande ? Le Premier ministre a d'abord essuyé une série d'attaques et d'insultes frontales de la part de ses ministres, mais c'est le tour des media de le salir en mettant sur la place publique les coups qu'il encaisse au quotidien.

L'avalanche de critiques et d'insultes a manifestement pour objectif de pousser le président François à le démissionner
, comme il l'a déjà fait pour l'arrogant Jérôme Cahuzac, son vertueux ministre du Budget accusé d'exil fiscal.

VOIR et ENTENDRE
 une analyse positive de BFMTV, chaîne acquise à Hollande:

Le Premier ministre a courbé l'échine sans se formaliser.

"Nous sommes une équipe, nous devons jouer collectif", objecte-t-il faiblement. Une réponse de loser qui  dérange l'oppositioncomme Geoffroy Didier, membre de l'UMP. "Nous avons malheureusement un Premier ministre qui ne dirige rien. (...) Je crois sans doute que Jean-Marc Ayrault était une erreur de casting."

Jean-Marc Ayrault tente de se rallier la sympathie des Français


Il l'a reconnu lui-même dimanche dans les colonnes du JDD: oui, son ministre Arnaud Montebourg lui a bien dit en substance qu'il faisait "chier tout le monde" avec son projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes dans son fief nantais.


Ayrault aux abois se tourne en vain vers les Français  à la peine.

Il avait déjà rendu public son désaccord avec Vincent Peillon, son ministre de l'Education, en octobre 2012

Après les déclarations du ministre sur l'ouverture d'un débat sur la dépénalisation du cannabis, l'ex-professeur d'allemand à l'ancienne exige de sa classe qu'elle "défende" sa politique, "et rien d'autre".

Recadré par Matignon, Vincent Peillon rétro-pédala afirmant que sa déclaration  en faveur d'un débat sur la dépénalisation du cannabis était une "réflexion personnelle". "Elle ne contrevient pas à sa solidarité totale et entière à la position du président de la République et du gouvernement sur le sujet", expliqua un haut-fonctionnaire de son ministère, alors que le ministre avait affirmé sur France Inter qu'il s'agit pour lui d'un "sujet majeur".


En fait, Peillon avait défié Ayrault en repartant à la charge
En juin 2012, quatre jours avant le premier tour des élections législatives, l'ancienne porte-parole des écolos radicaux, la ministre Europe Ecologie-les Verts du Logement, Cécile Duflots'était déjà déclarée favorable à la dépénalisation, créant une vive polémique. Jean-Marc Ayrault avait alors assuré que la dépénalisation du cannabis n'était "pas à l'ordre du jour" et que la fermeté restait "d'actualité".

Le mépris du ministre frondeur s'est exprimé dès la mi-juin 2012

Premier court-circuitage et premier couac d'une longue série, dans "L'Est républicain" quand, sans en aviser son premier ministre, Vincent Peillon avait immédiatement annoncé l'allongement des vacances de la Toussaint à deux semaines à la rentrée 2012. Ayrault avait réagi le 14 juin à Angers déclarant que l'initiative de Peillon n'était qu'une "piste" et que la concertation "commençait".

Deux "gauches molles" ?

De nombreux ministres n’hésitent pas à régler directement leurs problèmes  par téléphone et SMS avec l’Elysée, sautant "Matignon" et son locataire. Lors de son intervention jeudi, soucieux de se faire passer pour le grand patron de l'hôpital France, le professeur François n’a pas cité une seule fois son chef de clinique, effaçant ce "collaborateur" et réduisant celui qu'au siège du PS on appelait 'La Voix de son Maître' à la condition d'interne anonyme. Jean-Marc Ayrault.

Le président François hésiterait à changer de cataplasme sur sa jambe de bois

Rien d'étonnant de la part d'un président qui foire son tête-à-tête télévisé
bien qu'il ait reçu les conseils d'une cinquantaine de conseillers en communication. 

"Si il s'agit de mettre en musique la politique du président de la République, à ce moment-là, François Hollande a parfaitement raison de garder quelqu'un qui est tout à fait fidèle, sur la même longueur d'ondes que lui", assure Gérard Grunberg, politologue social-libéral blairiste, directeur de recherche du CNRS à Sciences Po.



Si Jean-Marc Ayrault manque de cette autorité naturelle qui distingue les petits chefs des chefs, il ne pourra soudain trouver en lui les ressources qui lui manquent depuis dix mois et s'imposer au-delà du perron de Matignon.
Il a totalement remanié son équipe de communication la semaine dernière, mais quand un Premier ministre a toujours besoin de plus de conseillers pour savoir comment être, il doit s'interroger sur l'urgence de sa reconversion...


lundi 11 juin 2012

Le président Hollande a-t-il fait pression sur Falorni en faveur de son ex-concubine ?

"François Hollande a fait savoir clairement à Olivier Falorni ..."



L'objet de toutes les ambitions,
outre le luxe de l'Hôtel de Lassay...



Les lendemains de scrutins qui déchantent

Aux cent coups depuis sa mise en difficulté au premier tour des législatives,  l'amère Royal elle-même raconte, ce lundi 11 juin dans la matinée en marge d'un porte-à-porte dans un quartier populaire de La Rochelle, qu'elle intrigue à Paris pour faire éliminer son petit rival.

Oui, explique-t-elle, elle a passé et reçu de nombreux coups de fil, ce dimanche 10 juin, sitôt connus les résultats qui la placent en tête du premier tour dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime, mais en position délicate, défiée en duel par un dissident légitime du PS sur la circonscription où l'arriviste s'est faite parachuter, depuis les Deux-Sèvres, sans passer par les primaires - cas unique - alors qu'elle aurait été élue sur son fief d'origine, tenu au chaud par Delphine Batho...

Parmi les interlocuteurs dont elle peut se prévaloirl'intrigante cite Martine Aubry, François Hollande, Jean-Michel Baylet pour les radicaux et Jean-Marc Ayrault.



Salon des Saisons,
de l'Hôtel de Lassay,
résidence des présidents de l'Assemblée



Et l'agence de presse française rapporte que Marie-sEGOlène Royal livre par le menu la conversation qu'elle assure avoir eu avec François Hollande.

Selon elle, le président de la République aurait vertement sermoné Olivier Falorni, qui refuse de se désister en sa faveur :

[Hollande] a fait savoir clairement [à Falorni] qu'il y a des règles en politique,auxquelles elle ne s'est pas pliée, puisqu'elle a a eu le privilège d'une investiture sans compétition, depuis Paris

Qu'il ne [peut] pas se prévaloir de son soutien;

Qu'il [faut] respecter le suffrage universel, même si elle-même s'est faite dispenser de primaires, zappant ainsi les militants;

Que je suis la seule candidate de la majorité présidentielle,

Et qu'on ne peut pas laisser se mélanger des voix de la majorité présidentielle avec des voix sarkozystes."

A relever que ce lundi 11 juin dans la matinée, la ministre Marisol Touraine, invitée de RTL, avait pourtant appelé à laisser François Hollande hors de tout débat sur les élections législatives :

"Je ne sais pas si c'est du ressort du président de la République de s'engager dans les batailles législatives" [...]
"Les affaires législatives sont, en général, du ressort du parti et en l'occurence de la première secrétaire du parti.
Je pense que Martine Aubry est en mesure de s'exprimer avant même que le conseil national se réunisse."