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dimanche 12 février 2012

L'agression de Guéant par Letchimy ou l'ethnocentrisme populiste de la bien-pensance socialiste

La culture soviétique était-elle supérieure ?

Le ministre et l'ethnologue

L'édito d'Alexis Brézet dans le Figaro Magazine du 11 février 2012
(iconographie PaSiDupes)

Il paraît que Claude Guéant -Raffarin dixit- serait meilleur ministre qu'ethnologue. Il paraît que le ministre de l'Intérieur a commis un crime, aussitôt dénoncé par SOS Racisme, le CFCM, la Licra et la Ligue des droits de l'homme, en affirmant que " toutes les civilisations ne se valent pas ".


Pourquoi Tintin et Hergé sont-ils ciblés,
plutôt que Spirou et Franquin ?


Il paraît qu'en ajoutant: "

Celles qui défendent l'égalité, la liberté et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique", il se serait rendu coupable d' " abjection " (Duflot), de " stigmatisation " (Cambadélis) et de "xénophobie " (Sapin), sans parler du délit de " rabattage " des voix du FN (Harlem Désir)... dont les mêmes proclament qu'il est urgent de l’assécher.


Spirou et Fantasio 6:
La corne du rhinocéros, p. 26, B2
(c) Dupuis, 1955 by Franquin



On en déduira, si les mots ont un sens, que pour ceux qui traitent M. Guéant de "nazi" (!), les civilisations qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité ne valent pas mieux que celles qui les nien. Fort bien.


Ethno-différentialisme soviétique



Mais alors, si toutes les civilisations se valent, si aucune valeur ne prime, pourquoi sommes-nous intervenus militairement en Afghanistan ou en Libye? Les socialistes n’étaient pas contre, que l'on sache ! Pourquoi tentons-nous de mobiliser la planète contre le tyran Bachar el-Assad ? Pourquoi, sinon en vertu de valeurs « civilisationnelles » qui nous font considérer à tort ou à raison (à l’ONU, les Chinois et les Russes ne sont pas exactement de notre avis), qu'on n'asservit pas les femmes, qu'on ne massacre pas son peuple ou qu'on ne persécute pas les minorités ?

Les Schtroumpfs sont-ils totalitaires ?
Ils vivent en autarcie. C'est une société collectiviste et dirigiste, avec un chef unique et omnipotent, le grand Schtroumpf. Ils prennent tous leurs repas au réfectoire. Le racisme est patent dans l'album des "Schtroumpfs noirs" où la pureté du sang devient vitale et le brun, laid. Ou dans celui de "La Schtroumpfette", quand le blond aryen est idéalisé. Ce petit monde est aussi mobilisé contre un ennemi juré, Gargamel, dont le profil rappelle une caricature antisémite et dont le chat s'appelle Azraël. Impunément.

Si toutes les coutumes sont également estimables, si toutes les cultures doivent être placées sur le même pied, au nom de quoi avons-nous adopté en France une loi pour interdire le port de la burqa (il est vrai que la quasi-totalité des socialistes, cohérents avec eux-mêmes, ont refusé de la voter) ? Pas pour des raisons esthétiques ni pour défendre l'ordre public, que les voiles ne troublent guère, mais parce qu'il nous est apparu que ce symbole de l'asservissement de la femme n'était pas compatible avec nos valeurs d'égalité, laïques et républicaines. Ces valeurs, il faut bien que nous les trouvions supérieures aux autres, puisque nous n'hésitons pas à les imposer –ailleurs par la force des armes, et chez nous par la loi…
1940 - Boule de neige de Pellos Rodaly
met en scène le "petit-nègre" dans le seul but d’une plus grande expressivité, sans intention ou effet de caricature, de minoration de l’Autre.

Affirmer que toutes les civilisations ne se valent pas, ce n'est pas davantage appeler à une quelconque " guerre " des civilisations. C'est simplement reconnaître qu'au regard de tel ou tel critère - que chacun est libre ou non d'adopter -, les différentes civilisations ne sont pas également accomplies.
L'univers de Donald Duck est-il politiquement correct ?

Par exemple, la civilisation aztèque fut éblouissante du point de vue de l'architecture, mais sa pratique des sacrifices humains à grande échelle n'en fait pas un modèle de " vivre-ensemble ". La civilisation hunnique reste remarquable pour les talents guerriers d'Attila, mais en fait de monument, elle a surtout laissé la yourte, ce qui, convenons- en, n'est pas le Colisée. La civilisation chinoise a trouvé dans le capitalisme un terrain d'expression à sa mesure, mais on ne saurait prétendre qu'elle soit propice à l'épiphanie de l'individu. Quant à la civilisation musulmane, puisqu'il semble bien que c'est là que le bât blesse, ce n'est pas faire injure à son génie artistique et littéraire de dire qu'elle s'est jusqu'ici avantage épanouie dans la conquête militaire que dans le "one man, one vote" et le respect scrupuleux des droits des minorités...


Les Pieds Nickelés s'en vont en guerre (1915):
Le tirailleur sénégalais frère de Manounou raconte aux Pieds-Nickélés: ‘Y a pas bon! V’là li Boches. Eux faire kapout à tous li blessés’ (p. 89, B3)



Comprenons-nous. On peut fort bien récuser les critères " moraux " de la démocratie à l'occidentale. On peut fort bien soutenu - comme hier les communistes et aujourd'hui les islamistes – que les " libertés formelles " sont le moyen sournois d'assurer la domination d'une classe, d'un camp ou même de Satan. Mais si l'on fait du respect des droits de l'homme la mesure de toute vie en société (et il ne semble pas que nos indignés soient partisans d'un autre étalon), alors -osons le mot- il faut bien reconnaître à notre vieux monde, malgré tous ses défauts, une certaine supériorité.

Contre l’hypocrisie partisane et l’hystérie multiculturaliste, il est urgent de relire Claude Lévi-Strauss. Rien n'était plus étranger à cet immense savant que l'ethnocentrisme. Rien ne lui paraissait plus ridicule que la prétention des Occidentaux à tout ordonne autour de leur nombril. Mais, de ses études et de ses pérégrinations, il avait tiré la certitude que chaque civilisation a non seulement le droit mais aussi le devoir de défendre ses propres valeurs sous peine de courir à la disparition. " Il n'est nullement coupable de placer une manière de vivre ou de penser au-dessus des autres, expliquait-il en 1971 dans sa célèbre conférence " Race et Culture " [prononcée à l'invitation de l' UNESCO à Paris en 1971] (…) Cela peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou communauté se conservent... " Claude Guéant devrait faire valoir ses droits à la chaire d'ethnologie.

Modèle de civilisation supérieure:
la démocratie soviétique
illustrée par le Mur de Berlin,
mur de l'oppression populaire et de la honte idéologique !

mardi 6 décembre 2011

La lucrative collecte de fonds pour la formation professionnelle arrive-t-elle à destination ?

L'usine à gaz de la formation professionnelle fuite plus que le nucléaire



Et ce qu'on sait moins:
les syndicats ne sont pas pauvres !




Les partenaires sociaux, qui collectent l'argent de la formation, se servent largement au passage.

Laurence Parisot, patronne du MEDEF, résume la question avec délicatesse : la formation professionnelle, a-t-elle expliqué aux députés, "est un sujet si complexe que l'on peut toujours envisager l'existence d'un problème à un embranchement". Traduction : dans une usine à gaz, une fuite peut toujours se produire. D'ailleurs, lorsque le plombier fait l'inspection des circuits, il ne se déplace généralement pas pour rien. Il n'est donc pas le seul.



Des collectes de fonds s'évaporent
En 2010, 4 000 contrôles ont été réalisés par l'Administration auprès des OPCA, les organismes - gérés à parité par les syndicats patronaux et de salariés - qui collectent auprès des entreprises les sommes qui seront mutualisées pour être redistribuées sous forme d'heures de formation. L'enveloppe contrôlée, qui s'élevait à 200 millions d'euros, a donné lieu à pas moins de 30 millions de redressement !

Ce chiffre souligne la fréquence des "problèmes d'embranchement", ou dysfonctionnements. La machinerie est en effet tentaculaire : une collecte de près de 6,5 milliards, réalisée par une bonne centaine d'organismes collecteurs gérés par les syndicats, et, au bout de la chaîne, des milliers de centres de formation désireux de tirer profit de cette manne. Seuls les initiés savent circuler dans les dédales de la formation professionnelle, monument du paritarisme cogéré à la française qui, malgré des dépenses plus élevées que nos voisins allemands ou britanniques, contribue si mal à faire fonctionner "l'ascenseur social".

Des rapports, comme les commissions et comités Théodules

Plusieurs rapports successifs ont souligné combien ce terrain est propice aux dérives.
Le gâchis d'abord : certains organismes collecteurs (les OPCA) affichent des frais de fonctionnement de plus de 10 % - jusqu'à 30 % ! L'aisance financière dont ils bénéficient conduit les organismes à pratiquer des niveaux de salaires élevés. En 2007, la Cour des comptes a relevé que la rémunération annuelle des dirigeants régionaux de l'Agefos PME (association de gestion des fonds des PME) pouvait atteindre près de 162 000 euros par an, plus divers avantages matériels...

En réalité, membres des conseils d'administration de ces organismes,les organisations d'employeurs et de salariés tirent un revenu substantiel de cette gestion : près de 66 millions d'euros en 2010. Moitié pour le patronat, Medef en tête, moitié pour les centrales syndicales représentant les salariés. Or, les comptes rendus d'utilisation des fonds sont le plus souvent très succincts.

Un système opaque infiltré par les sectes

Des circuits complexes, une quasi-absence de contrôle
: c'est aussi la recette idéale pour que se développent de vraies escroqueries. Lorsqu'un organisme de collecte possède des liens avec un centre de formation, il peut arriver que le premier accepte de payer au second des heures de formation que celui-ci n'effectue pas... Régulièrement, la justice met le doigt sur des formations bidon ou des systèmes de surfacturation. Consciente de ces failles, l'administration du ministère du Travail a affiché l'objectif d'étendre les contrôles - mais les moyens ne sont pas légion. La nouvelle loi devrait également permettre une meilleure sélection des organismes en amont.

Récemment, la Miviludes, instance chargée de lutter contre les sectes, s'est en outre alertée d'un autre phénomène, corollaire du manque de contrôle : l'infiltration des mouvements sectaires dans le milieu de la formation professionnelle. "De nombreuses structures proposent des formations axées autour de notions de psychologie ou du développement personnel", explique Georges Fenech, président de la Miviludes. "Une partie d'entre elles est sujette à caution. Il faut faire preuve de vigilance avant d'envoyer des salariés en stage." Dans la Région Rhône-Alpes, 35 % des contrôles réalisés ont révélé le caractère sectaire de la formation dispensée. Charlatans, voire gourous, tentent par le biais de la formation d'asseoir leur emprise sur des salariés, et de tisser un réseau en entreprise. La Miviludes estime que 10 % des formations dans le domaine comportemental sont sujettes à caution. Ce qui représente pas moins de 1 200 à 1 500 organismes de formation dans le collimateur...
(Source Le Figaro Magazine du 3 décembre, article de Laurence de Charette)

Le trésor de guerre des comités d'entreprise, pour qui ?

La gauche s'enrichit "au service" des défavorisés

Pour commencer, il faut lutter pour

le pouvoir d'achat des syndicats et des CE,

menacé par les patrons...



Les Comités d'entreprise sont des nantis

Les syndicats, CGT en tête, règnent sur une poignée de puissants CE du secteur public, fortement subventionnés par des patrons qui achètent la paix sociale. Tous les excès sont permis.

Au comité central d'entreprise (CCE) de France Télécom, les élus [qui ne se suicident pas comme nombre de leurs 'camarades', mais, le savaient-ils,] partent en voyage d'étude au frais des agences de voyage pour tester les lieux de vacances qui seront proposés aux salariés du groupe. " C'est de la corruption pure et simple ", explique un délégué syndical de l'entreprise. Mais ces pratiques ne sont pas propres à notre CCE. On les retrouve partout. " [L'éthique de l'égalité est sauve !]
La CGT (26,04%), SUD-PTT (22,29%) et CFDT (21,91%), dans cet ordre aux dernières élections professionnelles, se partagent presqu'également les responsabilités.
L'an dernier, un rapport d'audit a révélé que le CCE d'Air France louait pour ses salariés en 2009 " des Mercedes, des Chevrolet et des Peugeot 807 ", alors qu'il possède sa propre flotte de véhicules. Toujours selon ce rapport, 30 ordinateurs portables achetés 39 000 euros " n'avaient toujours pas été distribués fin 2009. [à 1.330 euro pièce, ils sont plaqués or ?]

[Or, les CCE engorgent les tribunaux
En février 2011 et selon le rapport du tribunal de Bobigny, l'institution avait besoin de 20,5 millions d'euros pour poursuivre son activité en 2011 et éviter la cessation de paiement. Le feuilleton du CCE d'Air France ne faisait en fait que se poursuivre, car l'institution qui chapeaute 7 des 8 comités d'établissements (CE) de la compagnie aérienne devait trouver 20,5 millions d'euros pour poursuivre ses activités en 2011 après avoir déjà eu besoin de 15 millions d'euros supplémentaires pour survivre en 2010.
Et ce CCE a fait l'objet d'un audit en 2009 qui a dénoncé sa gestion et notamment «les dépenses à vocation personnelles» de ses dirigeants.
Et les syndicats d'Air France KLM s'est en outre payé le luxe d'une grève du personnel navigant commercial à cheval sur octobre (3 jours) et novembre (2 jours). La compagnie évalue à 28 Millions d'Euros l'impact de ces cinq jours de grève sur le résultat d'exploitation.
Aux élections professionnelles de mars dernier, la CGT (18, 84 %) et la CFDT (12, 26 %) arrivaient encore largement devant SUD et l'UNSA.]

Chez Disneyland Paris, un récent rapport judiciaire a révélé que 558 000 euros ont été détournés du CE entre 2006 et 2009.


Les cas de corruption et d'enrichissement personnel sont peut-être rares, mais le gâchis est généralisé.

Outre leur rôle de prestataires de vacances et de gestionnaires d'activités sociales et culturelles pour les salariés, les comités d'entreprise sont un bon moyen pour les patrons de choyer leurs délégués syndicaux et d'acheter la paix sociale. [Puisqu'ils se laissent corrompre, tous vertueux qu'ils fussent !] Au fil des ans et des chantages syndicaux, les CE [noyautés par les syndicats] sont devenus de véritables "Etats dans l'Etat". Surtout dans les grands groupes du service public où, comme le dit pudiquement le rapport des députés, " le niveau global de droits syndicaux va bien au-delà du droit commun ".

Ce sont des entreprises gérant des budgets considérables et une masse salariale imposante.
Le comité central d'entreprise d'Air France emploie ainsi 900 salariés. Celui de la SNCF, près de 1 000, et celui de la RATP, 300 employés. Quant à celui d'EDF, le plus gros de France, il rémunère près de 4 000 personnes !
[Ce sont des personnels mis à disposition par l'entreprise]

La direction d'Air France a fini par couper le robinet

Pourtant, depuis deux ou trois ans, le vent semble avoir tourné et les grands comités d'entreprise français sont dans la tourmente. Ceux de la SNCF et de la RATP ont fait l'objet d'une enquête de la Cour des comptes en 2010. Les élus du CCE d'Air France se sont, eux, succédé l'an dernier à la brigade financière, qui enquêtait sur d'éventuelles malversations. La police s'est intéressée à de possibles abus au comité d'établissement de la SNCF à Lyon. Après quatre ans d'enquête, la justice a fini par mettre en examen l'ex-président du comité d'entreprise d'EDF/GDF-Suez - le plus beau fleuron de la CGT - pour emplois fictifs, abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux.

Comment en est-on arrivé là ?

Encouragés par la bienveillance des grands patrons et en l'absence de tout encadrement, les dirigeants des comités d'entreprise ont amassé de véritables trésors de guerre, qu'ils n'étaient pas formés à gérer.
Au risque, parfois, de véritables catastrophes. Celui de France Télécom a frôlé la cessation de paiement en 2010 : l'annulation des vacances et un plan d'économie drastique ont évité le désastre.

Chez Air France, le CCE est englué depuis trois ans dans un conflit entre la CFDT et la CGT, qui se renvoient la responsabilité d'une gestion catastrophique. Le commissaire aux comptes a jeté l'éponge l'an dernier et le CCE a été placé sous la responsabilité d'un mandataire du tribunal de Bobigny, qui essaie vainement d'y voir clair dans les comptes. Pour échapper à la cessation de paiements en 2010, le CCE a dû emprunter 14,5 M€ et envisage de vendre une partie de son patrimoine pour échapper à la faillite.

Mais c'est la Caisse centrale d'activités sociales (CCAS), le comité d'entreprise resté commun à EDF et GDF-Suez, qui a surtout défrayé la chronique ces dernières années. La Cour des comptes, qui avait publié en 2007 un rapport accablant sur le «manque de transparence» de sa gestion, n'a pu que constater trois ans plus tard que ses recommandations étaient restées lettre morte. Pis, comme un pied de nez à la Cour, qui exigeait une maîtrise des coûts, la CCAS a embauché 400 collaborateurs de plus entre 2007 et 2010 ! Il est vrai que ce comité d'entreprise hors norme est financé par un prélèvement de 1 % sur les factures d'électricité et de gaz (et non sur la masse salariale) et que son budget augmente mécaniquement à chaque hausse de tarif... Cela ne l'empêche pas d'accumuler les pertes (encore 70 M€ l'an dernier). Le ministère de l'Energie, censé surveiller les activités de la CCAS (autre bizarrerie de la situation), a proposé «une remise à plat» du système, et notamment du mode de financement de la CCAS.

Un peu partout ailleurs, la crise a imposé un certain retour à la raison.
Air France a ostensiblement mis fin aux sauvetages et autres rallonges consenties à son CCE et prié ses élus de trouver seuls une solution pour redresser la barre. Mais aucune remise en question de l'opulence des comités d'entreprise ni aucune harmonisation ne sont encore à l'ordre du jour en France.
(Source Le Figaro, article de Fabrice Amédéo)

Les représentants syndicaux détachés à temps plein ou partiel, ont-ils aussi droit, dans le calcul des annuités de retraite, à une prise en compte de la "pénibilité" au travail ?...

samedi 3 décembre 2011

Eric Zemmour dénonce une menace socialiste sur la citoyenneté ?

Le PS tire un trait sur un principe de 1789

De quel droit
un étranger pourrait-il voter
plusieurs fois:

dans son pays et en France ?


La fin de la citoyenneté ?
Les socialistes n’ont pas perdu de temps. Dès la semaine prochaine, le droit de vote des étrangers sera sur le bureau du Sénat. Les étrangers paient des impôts et participent à la vie de la cité ; ils doivent donc choisir leur maire, ou leur président de conseil général, disent-ils… La gauche ressuscite ainsi le suffrage censitaire (lien PaSiDupes en date du 27 novembre 2011: " Le droit de vote des non-européens, c'est aussi leur droit d'éligibilité ", un droit inégalitaire) qui, sous Louis-Philippe, gageait le droit de vote sur le montant des impôts. Insuffisante démonstration qui ne devrait pas s’arrêter en chemin : les étrangers paient des impôts nationaux, ils devraient donc pouvoir choisir leurs députés et leur président de la République française. Devraient aussi pouvoir être élus. D’ailleurs, la version « verte » de l’accord avec les socialistes le prévoit. Le texte du PS aussi (sauf pour les maires). On commence à avoir l’habitude. Le traité de Maastricht a ouvert la brèche pour les Européens ; ceux qui veulent la refermer pour les autres étrangers sont racistes, disent-ils … Mais les Français peuvent voter en Grande-Bretagne ou en Allemagne, pas en Tunisie ou au Sénégal. Surtout, le droit de vote des Européens fut instauré pour symboliser l’émergence d’une nationalité commune – peut-être chimérique – au sein de l’Union européenne. Les socialistes voudraient-ils restaurer l’Empire ?

Ils tournent le dos, en attendant, au vieux principe érigé par la Révolution française – eux qui exaltent sans fin les droits de l’homme de 1789 – qui liait le vote et la citoyenneté, la démocratie et la nation. Depuis 1981, François Mitterrand avait fait du droit de vote des étrangers une promesse tactique pour faire monter le Front national et diviser la droite. Désormais, les socialistes, qui ont perdu les suffrages populaires, tentent de les compenser par ceux des immigrés. Au risque que, dans nombre de communes, départements, Régions, les électorats de toutes nationalités, y compris française, ne se liguent sur une base ethnico-religieuse pour imposer des élus communautaires ou islamistes. Au nom de l’intégration, disent-ils …

Le Parti socialiste est-il vraiment européen ?
Ils veulent en effet abolir la citoyenneté française et faire des "ex-Français" des citoyens du monde ?
Et le retour de l'espéranto ??

lundi 20 juin 2011

France: c'est à celui qui sera le plus indigné


Tous plus indignés les uns que les autres !

Les intermittents du spectacle révolutionnaire

Le 29 mai 2011 à Paris, des "indignés" parisiens vouluent reprendre la Bastille !
Inspirés par la révolte des "15-M" espagnols, des centaines de jeunes Parisiens se sont rassemblés place de la Bastille pour faire de ce lieu hautement symbolique la "Puerta del Sol française".

C'est la 'responsable attitude' du moment

Ivan Rioufol ironise sur le sujet dans Le Figaro du 10 juin 2011:

Les vrais Indignés, nouveaux acteurs en politique

La jeunesse ne suivra pas ceux qui l'ont méprisée. La gauche veut se rassurer sur son aura en se croyant en phase avec les Indignés, cette génération sacrifiée qui proteste ici et là en Europe. En réalité ces insurrections, qui pour l'instant s'essoufflent en Espagne comme en France, s'inscrivent dans le prolongement de la montée des populismes, que dénigrent cette même gauche et ses progressistes en chambre. Les Indignés, ainsi nommés en référence au superbe titre du livre, insipide et puéril, de Stéphane Hessel (Indignez-vous !), sont un des symptômes de la crise de confiance avec le monde politique. Les socialistes viennent d'ailleurs d'être balayés en Espagne et au Portugal.

Cette jeunesse a toutes les raisons, singulièrement en France, de critiquer l'État-providence et la société multiculturelle, ces fondamentaux que défendent Hessel, accroché à son passé, et le camp du Bien. Elle n'en récolte, en effet, que la précarité, les dettes et un sentiment d'inexistence dans une nation où le "jeune" désigne d'abord celui des cités. Ceux qui défendent la pérennité de ce monde dépassé ne doivent pas faire oublier tous les autres : dans les enquêtes d'opinion, les jeunes sont majoritairement réactifs face à un système construit sur leur dos et qui ne fonctionne plus.

En fait, les vrais Indignés pourraient devenir le premier parti de France. L’ensemble de la société civile peut se reconnaître dans leur rejet d’un État sacralisé et leur exigence d’une démocratie à l’écoute de l’opinion. Ceux qui laissent à Marine Le Pen le soin de répondre à ces demandes, au prétexte qu’elles font litière du politiquement correct, ne font que perpétuer une idéologie à bout de souffle. Les citoyens excédés le sont notamment par ceux qui confisquent les sujets complexes, comme les centristes mous savent le faire. Au passage, il est permis de douter de l’utilité du boy scoutisme que Jean-Louis Borloo veut promouvoir, en s’associant à quelques autres aigris en quête de destins personnels.

Le désir d’alternance est moins entre la droite et la gauche qu’entre les faillis doctrinaires et les nouveaux pragmatiques. La sidération d’une partie des Français tient au vide que représentent les notions d’État, de nation, de nationalité, de peuple, de citoyen, etc. ( voir mon blog). Celles-ci sont devenues des valeurs insignifiantes, sous la pression d’un universalisme mis au service des minorités, mais vécu comme une brutalité permanente. De ce point de vue, Dominique Strauss-Kahn, symbole de la mondialisation utilitaire et interchangeable, ne correspondait pas à l’attente des Indignés. Les nouveaux candidats PS corrigeront-ils la trajectoire ? DSK et l’abus de pouvoir

DSK, parlons-en : en plaidant «non coupable», lundi à New York, il a pris le parti, risqué, d’accabler une plaignante, jeune femme pauvre, noire, musulmane, soutenue par des mouvements féministes. Pour l’instant invisible, elle a été présentée par son avocat noir Kenneth P. Thomson comme le symbole des minorités face aux puissants. L’ancien leader socialiste va donc devoir la combattre en dépit des valeurs de son propre camp, dans une contradiction qui ne semble pas tenable sur la durée. La défense de Strauss-Kahn fait valoir qu’il n’y a pas eu de «contrainte» dans ses rapports sexuels effectifs avec la femme de chambre, tandis que le viol reste soutenu par la partie adverse. Ces premiers éléments permettent à l’avocat de la victime présumée de suggérer un abus de pouvoir ou de domination de l’accusé. À peine ouvert, le procès a pris une dimension politique.
Ce n’est déjà plus seulement un fait divers qui sera jugé. Ce qui va s’écrire ces prochains mois, devant le monde entier, est l’incroyable conte moderne opposant un homme riche, puissant et planétaire et une femme pauvre, seule et déracinée qui l’a déjà fait tomber une première fois en brisant sa carrière politique. Mais c’est aussi le procès d’une conception désinvolte du pouvoir enivré de lui-même, cette dérive que rejettent justement les Indignés, qui pourrait également être instruit. L’affaire DSK, dans ce qu’elle montre de surcroît du train de vie d’un candidat de gauche, pourrait être l’occasion pour le monde politique d’accélérer son vital rapprochement avec un électorat lassé de ne plus se reconnaître dans ses représentants. Suivre les attentes du peuple

Est-ce l’amorce d’une stratégie de reconquête, à la veille de la présidentielle ? La majorité semble avoir enfin compris qu’il était plus utile de suivre les attentes du peuple, ce «spectateur impartial» dépositaire du bon sens, que les avis intéressés des minorités, des experts ou des groupes de pression. C’est ainsi que la lutte contre l’assistanat a été remise sur le tapis cette semaine avec le dossier du revenu de solidarité active, assorti d’obligations nouvelles. Le recours aux peines effectives de prison veut également corriger une politique absurde qui avait abouti en 2009 à aménager les peines des condamnés à deux ans. En revanche, en refusant, mercredi, de revenir sur la binationalité, éventualité en discussion à l’UMP, Jean-François Copé va à rebours d’une nécessaire réflexion sur le contenu de la nationalité, vidée de sa substance par un relativisme qui est passé de mode. « Dieu se rit… »

Et comment ne pas citer Bossuet ( « Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » ) en écoutant le maire Génération écologie de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon ? Il réclame des Casques bleus pour sa commune, alors que la gauche refuse de faire le lien entre l’immigration et la libanisation de certains quartiers…

(source Le Figaro du 10 juin 2011)

samedi 8 mai 2010

Fillon séduit le PS sur la Grèce et la burqa

Jean-Marc Ayrault (PS) met de l'eau dans son rosé

Les socialistes émettent des réserves mais votent


Tandis que le Verts Noël Mamère la met en veilleuse, ne comparant plus la France à la république bananière de ses fantasmes refoulés, le patron des députés PS est apparu bien mou et consentant.

Ils ont voté à l'unanimité le plan d'aide à la Grèce et promettent d'empêcher de laisser le voile intégral recouvrir l'hexagone.
D'aucuns ne s'étonneront pas outre mesure que des socialistes soient favorables à l'assistanat aux Hellènes, bien qu'ils vivent au-dessus de leurs moyens et soient coupables de fraude fiscale, puisqu'aussi bien ils préconisent plus d'assistance aux banlieues où se développent les violences urbaines et l'économie parallèle.
L'opinion sera davantage surprise par le PS qui hurlait à la stigmatisation ou à l'inefficacité d'une loi contre la burqa, pour finalement s'associer à la détermination de l'exécutif. Lire PaSiDupes sur l'incurie du potentat nantais

VOIR et ENTENDRE le hérault socialiste dans un entretien à Guillaume Tabard du Figaro Magazine ( émission Le Talk du 28 avril 2010).

Il est solidaire de la Grèce et du plan français de soutien au gouvernement grec
, tout en incriminant les camarades socialistes, les exigences allemandes et la faiblesse de l'U.E. Lire PaSiDupes

Sur les retraites, le PS promet des propositions innovantes 'top secret'
et plus de rigueur et de solidarité à l'égard du régime des parlementaires, puisque les salaires ne doivent pas supporter l'effort seul... Lire PaSiDupes

La burqa est, selon lui, régressive et doit être combattue.
Il assure que le PS votera la résolution du gouvernement, tout en stigmatisant Brice Hortefeux et en évoquant les risques d'anti-constitutionalité et d'inefficacité. Lire PaSiDupes

Si carence il y a dans la région de Nantes où vit Liès Hebbadj, polygame notoire (lien PaSiDupes) et fraudeur présumé de la CAF, il ne se sent pas visé, bien que maire-maire-président de groupe-président de communauté urbaine... Pas plus que par le cumul des mandats !

Mais là encore, méfiance !

Comment pourrait-on se fier, sur le voile intégral, à des députés capables de se dissimuler à 20 derrière un rideau de l'Assemblée Nationale pour voter la loi Hadopi par surprise ?
Lien PaSiDupes

Cotes de confiance et de popularité de mai 2010

La crise et les réformes ne ravissent ni ne détournent les Français
La calinothérapie élyséenne semble porter ses fruits, tandis que l'opposition pâtit de ses rumeurs et obstructions en tous genres. L'opinion ne prêterait donc qu'une attention distraite aux spéculations de la gauche qui annonce régulièrement des tensions dans le tandem de l’exécutif Sarkozy-Fillon et mène des opérations de désinformation dans les media et de blocage au Parlement. Dans les banlieues, les terroristes urbains caillassent des bus; la minorité aigrie crache son fiel dans les media réceptifs. Au final, beaucoup d'énergie détournée de la lutte contre la crise et dans l'intérêt des Français.

Baromètre politique : éclaircie pour Sarkozy

Le baromètre Logica- TNS Sofres-Figaro Magazine de ce mai

Il indique une légère remontée du chef de l'Etat (+ 2), alors même que le contexte économique demeure difficile.
Plus d'un mois après le second tour des élections régionales, le calme semble revenu à droite. La «calinothérapie» entreprise par l'Elysée commence à porter ses fruits. Moins en pointe sur certains sujets où le Président laisse son Premier ministre voire certains de ses ministres agir, Nicolas Sarkozy veille à donner une nouvelle image de lui. Le voyage en Chine a été une illustration de ce changement. Pour autant, à l'Elysée, on n'a jamais cru à un désamour durable entre le Président et les Français. La baisse dans les sondages, couplée à l'échec électoral du mois de mars, révélait, selon un conseiller, «une inquiétude, pas un désabusement». Le baromètre Logica- TNS Sofres-Figaro Magazine de ce mois conforte cette thèse qui indique une légère remontée du chef de l'Etat (+ 2), alors même que le contexte économique demeure difficile. «Le Président n'est pas usé. Personne ne nous dit qu'il faut le changer. Il n'y a pas d'alternative», veut croire un conseiller de l'Elysée, en regardant le paysage politique. Et, de fait, ceux qui sont sortis du bois ces dernières semaines n'enregistrent pas de percée spectaculaire. La plupart des opposants au chef de l'Etat voient leur cote baisser. L'Elysée profite de cette éclaircie pour éditer un bilan des «trois ans d'action» dans lequel il insiste sur «les nombreuses réformes déjà accomplies» et rend «justice aux Français des efforts importants qu'ils ont déjà faits». Réforme et justice : deux thèmes de la prochaine présidentielle.

Quelques changements significatifs

La remontée d'Hortefeux

Fortement critiqué par ses adversaires ces dernières semaines, le ministre de l'Intérieur ne sera pas mécontent de voir sa cote progresser (+ 3). Notamment chez les sympathisants de droite, où elle a fait un bond de 10 points en un mois (43 %).

Duflot n'enchante plus
Les lendemains de victoires peuvent être aussi difficiles, voire plus compliqués, à gérer que les lendemains de défaites électorales. La patronne des Verts, qui perd 5 points en un mois et 17 points chez ses propres sympathisants, est en train d'en faire l'expérience, aux prises avec la volonté de Daniel Cohn-Bendit d'englober son parti dans un ensemble plus vaste aux couleurs d'Europe Ecologie.

Les soucis de Royal
+6 points en avril, -4 points en mai : Ségolène Royal a du mal à retrouver les cimes d'antan. Concurrencée par Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë, qui monopolisent les trois premières places du classement, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes ne séduit plus aussi facilement les électeurs. La preuve : les sympathisants de gauche lui préfèrent la première secrétaire (71 % contre 55 %).
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samedi 13 mars 2010

Pour critiquer, ont-ils lu l'entretien de Sarkozy au Figaro ?

Les polémistes raisonnent en contemporains de René Coty...

A lire cet entretien au Fig Mag, publier le 12/03/2010

«Mon rôle est d'apaiser pour pouvoir réformer»

«Je ne crois pas à une politique de rigueur qui n'a jamais fonctionné. La rigueur est contre-productive»
INTERVIEW EXCLUSIVE - Campagne régionale, ouverture, réformes en cours, dossiers d'actualité : Nicolas Sarkozy confie au «Figaro Magazine» ce qu'il prépare.
"Les régionales " L'ouverture » Le chômage » Le déficit » Les retraites » 2012


Le Figaro Magazine - Sur TF1, le 25 janvier, vous aviez dit: «M'engager dans la campagne, au sens partisan, ce n'est pas mon rôle.» Finalement, vous parlez à la veille du premier tour des régionales. Qu'est-ce qui justifie ce changement?

Nicolas Sarkozy - Mais de quel changement parlez-vous ? Où avez-vous vu que je m'étais engagé dans la campagne ? Où avez-vous vu que lors de mes déplacements j'avais appelé à voter pour tel ou tel candidat ? Je n'ai pas donné de consignes de vote et je ne le ferai pas. Mais convenez qu'il serait étrange que je sois le seul à ne pas pouvoir expliquer l'enjeu des élections régionales ! Alors que l'on nous annonce une abstention record - qui justifie, au passage, notre volonté de changer le mode d'organisation de nos collectivités territoriales -, mon devoir de chef de l'Etat est aujourd'hui de demander aux Français de voter pour choisir l'équipe qui dirigera leur Région. Voudront-ils continuer avec le sortant ou préféreront-ils le changement ? C'est à eux de décider et il est important qu'ils se rendent aux urnes pour choisir l'équipe qui dirigera leur Région. Voter est un droit, mais c'est aussi un devoir civique.

On vous reproche de sortir de votre rôle, de voler au secours de l'UMP à la veille d'une défaite annoncée...

Mon rôle n'est certainement pas de polémiquer en répondant aux innombrables attaques dont je suis l'objet. J'y perdrais mon temps et surtout l'énergie dont j'ai besoin pour m'occuper des problèmes des Français. Quant aux sondages : j'appelle chacun à la prudence. Il ne faut jamais préjuger du choix des Français. Pour le reste, heureusement, il y a une majorité qui soutient l'action du gouvernement. Je souhaite que les électeurs de la majorité participent à ces élections. Et quand je vois que les listes de la majorité présidentielle se sont engagées à ne pas augmenter les impôts, je trouve que c'est sage au regard de la frénésie fiscale qui s'est emparée des Régions depuis six ans. Quand je les entends demander la généralisation de la vidéosurveillance pour aider l'Etat dans sa lutte contre l'insécurité, s'engager à créer moins de postes de fonctionnaires et davantage de voies d'apprentissage pour les jeunes, je ne peux qu'approuver ces orientations. Mais ce n'est pas à moi de faire campagne pour la majorité.

Etait-ce à vous de convoquer à l'Elysée les chefs de file de la campagne UMP en Ile-de-France?

Ces polémiques n'ont pas lieu d'être ! Qu'y a- t-il d'étonnant à ce que je rencontre des élus d'Ile-de-France alors que je suis moi-même un élu de cette Région depuis 1977 ? Je suis étonné de la légèreté de certains commentaires quand on voit la gravité de la crise que nous venons de traverser, la nécessité de faire preuve d'imagination pour répondre aux défis du XXIe siècle. Ces polémiques permanentes font perdre un temps précieux à la France. Ainsi nous avons connu une semaine de conjectures pour savoir si je devais me rendre au Salon de l'agriculture pour son ouverture ou pour sa clôture ? Si j'y allais le samedi de l'ouverture, j'aimais les agriculteurs ; si j'y allais le samedi de la clôture, soit huit jours après, je ne les aimais plus ! Tout cela reflète l'infini décalage qu'il y a entre les préoccupations politiciennes et partisanes et celles des Français, autrement plus sérieuses.

Tirerez-vous des conséquences politiques des élections régionales?

Que les choses soient bien claires. Le scrutin des 14 et 21 mars est un scrutin régional : ses conséquences seront donc régionales. Cela ne veut pas dire que je ne doive pas écouter les Français. Je serai bien sûr attentif à ce qu'ils diront. Nous verrons s'il conviendra d'envisager une nouvelle étape politique après la réforme des retraites, si importante pour la France et pour les Français. Cela ne signifie pas qu'il ne puisse pas y avoir quelques adaptations gouvernementales d'ici là...

Donc, pas de grand remaniement et moins encore de changement de Premier ministre après les régionales...

Si l'on devait changer de gouvernement du simple fait des élections régionales, ce serait parfaitement incohérent avec la dimension régionale de ce scrutin. J'insiste sur ce point : si un scrutin régional devait avoir des conséquences nationales, alors que ferait-on lors d'un scrutin national ? Les Français ne s'y trompent pas, qui affirment vouloir tenir compte dans leurs votes d'abord et avant tout de leur appréciation sur la situation de leur Région.

En 2004, après des régionales perdues, vous aviez pourtant regretté que Jacques Chirac n'ait pas entendu le message des Français...

J'avais déploré que l'on arrêtât le mouvement des réformes au motif que la situation politique était difficile. Je ne pense pas que quiconque puisse prétendre que nous soyons aujourd'hui dans ce cas de figure ! Qu'attendent de moi les Français ? Que je les protège de la crise, que notre pays retrouve de la croissance, que le chômage recule, que notre pays ne subisse pas une immigration sans contrôle, que la sécurité progresse. Ils m'ont élu pour cela, pas pour créer de l'instabilité politique. Un peu de durée, de stabilité - oserais-je dire de solidité ? - sont nécessaires. Songez que Christine Lagarde, excellente ministre des Finances, vient de battre le record de longévité des ministres des Finances depuis vingt ans, alors qu'elle n'est en place que depuis deux ans et demi ! Dans le même temps, le chancelier de l'Echiquier britannique est resté en fonction pendant dix ans. On ne peut pas déstabiliser l'action des ministres en permanence.

Votre politique d'ouverture semble susciter une certaine incompréhension à droite sans rapporter grand-chose à gauche. Est-ce une si bonne idée?

Je ne pratique pas l'ouverture pour gagner des suffrages. Je n'ai même jamais pensé qu'elle pouvait faire gagner des voix. En revanche, le sentiment que le président de la République oublie les considérations partisanes au moment où il choisit les personnes qu'il doit nommer, qu'il le fait avec l'exclusive préoccupation de leur compétence contribue à apaiser les tensions toujours à l'œuvre dans un pays comme la France, où les mouvements sociaux peuvent être violents, parce qu'il y existe une tradition de luttes sociales et idéologiques forte. Mon rôle est d'apaiser les tensions pour pouvoir engager les réformes trop longtemps différées. Est-ce un hasard si, depuis trois ans, il n'y a pas eu de drames ni de violence ? J'ai été élu pour entreprendre des réformes et je mettrai en œuvre l'intégralité de mon projet présidentiel. L'ouverture permet de faire avancer ces réformes sans crispations dans un climat apaisé et serein.

J'ajoute que le sectarisme, l'esprit de clan, l'Etat mis au service d'un parti est le contraire de l'idéal républicain. On devrait se réjouir de cette pratique nouvelle dans notre pays et pourtant habituelle chez nos voisins.

Mais à droite, on dit: «Chez nous aussi, il y a des gens compétents...»

C'est vrai ! Mais imaginez que nous ayons nommé, avec MM. Accoyer et Larcher, trois UMP au Conseil constitutionnel ! Imaginez la tension que cela aurait créé ! Je sais parfaitement que M. Mitterrand avait nommé Pierre Joxe à la Cour des comptes. Je sais parfaitement qu'il avait nommé M. Roland Dumas, à la tête du Conseil constitutionnel. Je sais parfaitement que Jacques Chirac a nommé Jean-Louis Debré à la tête du Conseil constitutionnel. Autorisez-moi cette rupture... Aujourd'hui, les choses ont changé. Les nominations de si grande proximité ne seraient plus acceptées. Vous me dites que cela démobilise l'électorat de droite ? C'est faire un bien mauvais procès aux électeurs. La droite républicaine et le centre n'ont jamais été sectaires. L'idéal républicain qui nous rassemble nous oblige à vouloir une démocratie irréprochable. C'est notre honneur. C'est mon devoir. Et au fond, quand bien même ! Je suis prêt à créer un léger sentiment d'incompréhension momentané pour inscrire, comme je l'avais promis, la démocratie française dans l'exemplarité. C'est un choix de société majeur.

Vous allez donc continuer l'ouverture...

Croyez-vous que le thème de la fermeture soit porteur ? Le gouvernement exclusivement chiraquien de 1995 a-t-il évité à la majorité la désillusion de 1997 ?

Dans la dernière vague de nominations, il n'y a pas de femmes. Certains le déplorent...

Je comprends cette préoccupation. Pour le Conseil constitutionnel, j'avais une très bonne candidate mais j'ai pensé qu'il était plus grave de faire une entorse à l'équilibre politique plutôt qu'à l'équilibre des sexes. J'ajoute que dans le gouvernement il y a des femmes aux postes stratégiques des Finances et de la Justice avec Christine Lagarde et Michèle Alliot-Marie. La parité doit se juger dans la durée et pas nomination après nomination. J'ajoute aussi que je respecte trop les compétences des femmes pour les choisir par rapport à un quota ou à une image.

Fallait-il lancer le débat sur l'identité nationale pour l'arrêter un mois avant les élections régionales sans traductions concrètes?

Mais ce débat n'est pas arrêté ! J'aurai l'occasion de le conclure après les élections régionales et d'annoncer des mesures importantes en avril. Si je l'avais conclu avant les régionales, on m'aurait accusé d'électoralisme. Je dis : passons les régionales. On me reproche de vouloir l'enterrer. Ce n'est pas le cas. Je continue de m'inspirer de Claude Lévi-Strauss, cet immense anthropologue français : «L'identité n'est pas une pathologie.» J'ajoute à l'intention de tous ceux qui aiment à défendre la diversité que celle-ci ne peut exister que si on permet à l'identité de s'affirmer. Réfléchir ensemble à la direction vers laquelle doit aller notre nation, à son projet, à ses valeurs est utile au rassemblement du pays. Quelle drôle d'attitude que celle qui consiste à contester à la France le droit d'avoir son identité, de la défendre et même d'en être fière.

En matière de sécurité, votre bilan est contesté...

Les statistiques sont pourtant imparables. Entre 1997 et 2002, l'insécurité a augmenté de 15 %. De 2002 à aujourd'hui, elle a reculé de 16 %. Personne ne peut le contester. La vérité, c'est que les progrès sont spectaculaires. Je ne m'en contente pas pour autant. Nous allons d'ailleurs passer à la vitesse supérieure. Ainsi, je crois nécessaire la généralisation de la vidéosurveillance qui allège la tâche des fonctionnaires, tranquillise les citoyens, tout en insécurisant les délinquants. Brice Hortefeux, qui fait un excellent travail, va s'attaquer au phénomène des bandes. Quant aux critiques de la gauche qui a voté contre les peines plancher punissant plus sévèrement les multirécidivistes, contre la loi sur les bandes, contre la création des fichiers, contre l'affectation de moyens supplémentaires à la police, je lui conseille sur ce sujet une réserve qui serait de bon aloi, tant les Français n'ont pas oublié son bilan en la matière. La sécurité est ma priorité. Je ne ferai preuve d'aucune faiblesse. Pas plus demain que je n'en ai fait preuve hier.

Parlant du chômage, vous aviez dit que nous le verrions baisser dans les semaines ou les mois qui viennent. François Fillon, lui, dit qu'il va augmenter dans les six prochains mois. Qui a raison?

Nous avons dit exactement la même chose ! Dans le courant de l'année 2010, le chômage va diminuer. Tous les organismes nous disent que la croissance en France sera supérieure à 1,5 % en 2010. Cela prouve que si nous ne sommes pas encore sortis de la crise, la récession est terminée. Nous retrouvons le chemin de la croissance, mais il faut comprendre que les chiffres du chômage sont en décalage de quelques mois...

Je suis persuadé que nous suivons la bonne stratégie économique. Elle portera ses fruits dès cette année.

Peut-on à la fois prétendre améliorer la compétitivité de notre industrie et en même temps empêcher les groupes industriels, comme Renault ou Total, de fermer des sites non rentables?

Je crois à la politique industrielle. Et j'observe que nous sommes le seul pays à nous poser la question de son utilité. De 2000 à 2007, la France a perdu 500 000 emplois industriels. Il faut dire les choses clairement : les 35 heures ont été une très grande difficulté pour notre économie. Elles ont favorisé à la fois les délocalisations, la désindustrialisation et la baisse des salaires.

On aurait voulu ruiner la compétitivité de notre industrie qu'on ne s'y serait pas pris autrement.

Renault n'y est pas pour grand-chose...

Sans doute. Mais le groupe Renault a su se souvenir qu'il était français lorsque nous lui avons prêté 3 milliards d'euros - qu'il nous remboursera - pour l'aider à sortir de la crise ! Que l'on délocalise pour vendre sur d'autres marchés, je suis prêt à le comprendre. Mais que l'on délocalise pour fabriquer à l'extérieur des voitures qu'on vendra en France, je ne suis pas d'accord. Et là, ce n'est pas le président de la République qui parle, c'est l'Etat actionnaire qui détient 15 % des actions du groupe ! Il est quand même rassurant pour le contribuable français de savoir que son argent servira à créer des emplois en France plutôt qu'à l'étranger.

Et Total?

Je remercie Christophe de Margerie d'avoir pris les bonnes décisions. Total fait 8 milliards d'euros de bénéfices ? Tant mieux et bravo ! La raffinerie de Dunkerque est en surcapacité ? C'est vrai. Mais on ne pouvait pas annoncer sa fermeture et dire : pour la réindustrialisation, on verra plus tard. Comment voulez-vous que les gens comprennent ? J'attends que la fermeture corresponde immédiatement à un nouveau projet de réindustrialisation. Respecter ses salariés est le meilleur investissement que l'on puisse faire pour l'avenir.

Autre dossier brûlant: la filière nucléaire...

L'Etat va y mettre de l'ordre. Ces derniers temps, les disputes publiques entre les dirigeants de ces entreprises ont été inadmissibles. Nous avons nommé à la tête d'EDF un très bon industriel. Nous sommes en train de travailler sur la question d'Areva, extrêmement complexe. Nous prendrons des décisions en avril quand François Roussely m'aura remis son rapport. Au minimum, il faut que la filière s'organise pour que les équipes de France ne se fassent pas concurrence de façon contre-productive. La leçon de l'échec d'Abu Dhabi doit nous servir pour l'avenir.

Si notre compétitivité industrielle est battue en brèche, c'est aussi en raison des charges sociales qui pèsent sur le travail. Avez-vous renoncé à votre idée de TVA sociale?

L'expression «TVA sociale» est incompréhensible et inadaptée. Le sujet est pourtant bien à l'ordre du jour. Il faut continuer à réfléchir au moyen de financer notre protection sociale autrement qu'en taxant le travail. C'est d'ailleurs ce que nous avons commencé à faire en supprimant la taxe professionnelle. Nous avons rendu aux entreprises 6 milliards d'euros de compétitivité. Ce n'est pas rien.

Le niveau de l'euro est un autre handicap. Du fait des malheurs de la Grèce, il baisse. Doit-il baisser encore?

Quand vous dites que l'euro baisse, restons mesurés ! L'euro est aujourd'hui à 1,36 face au dollar. N'oublions pas qu'il a été introduit à parité avec le dollar en 2001. Comment peut-on dans ces conditions continuer à produire en zone euro et vendre en zone dollar si le dollar se déprécie par rapport à l'euro ? Je ne suis pas pour un euro faible. Mais entre un euro cher et un euro faible, je choisis l'euro à son bon niveau. La France présidera le G20 et le G8 à partir de novembre 2010 et j'assignerai comme priorité la réflexion sur un nouveau système monétaire international, pour que nous coordonnions nos stratégies de taux d'intérêt. Parce que ce n'est pas à l'Europe de payer la dette des autres. Le dumping monétaire n'est pas plus acceptable que le dumping social ou environnemental.

Où en est-on de l'idée d'une protection contre le dumping social et environnemental aux frontières de l'Europe?

S'agissant des dispositifs environnementaux, je dis très clairement que la France montrera l'exemple, que nous voulons tenir nos engagements de limitation des émissions de gaz à effet de serre, mais que nous voulons dans le même temps une taxe carbone aux frontières de l'Europe. Nous n'imposerons pas à nos industriels des contraintes si, dans le même temps, on autorise les importations venant de pays qui ne respectent aucune des règles environnementales à inonder nos marchés. La taxe carbone, qui consiste à asseoir notre fiscalité sur la pollution plutôt que sur le travail et le capital, est une bonne idée. Nous prendrons le temps de la concertation au niveau européen comme au niveau national.

Compte tenu du niveau de ses déficits et de sa dette, la France peut-elle échapper à une politique de rigueur?

La question des déficits me préoccupe. Je voudrais quand même rappeler que, depuis que je suis président de la République, nous avons supprimé 100 000 postes de fonctionnaires ! Sans drames sociaux ! Cette année, nous en supprimons 35 000. Mais si, dans le même temps, les Régions et les départements en créent 30 000 de plus chaque année, ça ne peut pas aller. Par ailleurs, grâce à la révision générale des politiques publiques menée par Eric Woerth, qui fait un travail remarquable, nous avons économisé 7 milliards d'euros par an sur les dépenses de l'Etat. Pour la première fois, l'objectif national de dépenses de l'assurance-maladie a été respecté l'an dernier. Nous avons fusionné des hôpitaux, réduit de 20 % les effectifs de l'armée, réduit d'un tiers le nombre de tribunaux d'instance et de grande instance... La vérité c'est que nous tenons la dépense publique et que c'est la crise qui a fait chuter nos recettes fiscales. D'où l'augmentation des déficits.

Mais ne faudrait-il pas parler franchement de rigueur?

Je ne crois pas à une politique de rigueur qui n'a jamais fonctionné. La rigueur est contre-productive. Quelle est la différence avec la politique que nous menons ? Je vais vous en donner un exemple. Nous ne remplaçons pas un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. La moitié des économies réalisées, nous les redonnons en pouvoir d'achat aux fonctionnaires qui restent. C'est 2 milliards d'euros de plus pour la fonction publique ! Une politique de rigueur reviendrait à ne pas remplacer les effectifs qui partent à la retraite et à ne pas augmenter le pouvoir d'achat de ceux qui restent. Notre objectif est d'avoir moins de fonctionnaires, mais mieux payés. J'ajoute que la reprise économique est encore trop timide pour prendre le risque de tout casser par une rigueur à contretemps.

Peut-on rétablir nos comptes publics sans augmenter les impôts?

Que les choses soient bien claires. Je n'augmenterai pas les impôts. Ni aujourd'hui ni demain. Pas pour des raisons idéologiques, mais pour assurer la compétitivité de la France. Pendant des années, à chaque occasion et pour chaque problème, on a augmenté les impôts. Depuis trois ans, nous les avons baissés. De l'ordre de 15 milliards d'euros, grâce à la suppression de l'impôt sur les successions, de la taxe professionnelle, et grâce à la baisse de la dernière tranche de l'impôt sur le revenu à 40 %. Et au bouclier fiscal à 50 %. Je ne reviendrai pas dessus. Je crois juste de pouvoir disposer à la fin de l'année de la moitié de ce que l'on a gagné. Ce que les socialistes allemands ne contestent pas, puisque l'Allemagne connaît un bouclier fiscal depuis quinze ans, peut-être qu'une partie de la gauche française pourrait l'approuver ?

Vous ne regrettez pas la baisse de la TVA sur la restauration?

La baisse de la TVA était devenue l'exemple même du non-respect de la parole donnée par les responsables politiques. Jacques Chirac l'avait promise, je l'ai mise en œuvre. L'accord signé avec les restaurateurs a permis de faire gagner 1 milliard d'euros de salaire en plus dans la restauration. Mais je vais vous dire autre chose : les restaurateurs, les débitants de tabac, ce sont des gens que je respecte. Ils travaillent dur. Ils n'ont pas l'habitude de se plaindre. Si la baisse de la TVA peut leur donner un coup de main, tant mieux. Les Allemands ont décidé de faire la même chose : cela ne devait pas être une si mauvaise idée...

Le grand chantier de l'après-régionales, avez-vous dit, c'est la réforme des retraites. Allons-nous la faire une bonne fois pour toutes ?

Mi-avril, le Conseil d'orientation des retraites (COR) remettra son rapport qui nous permettra de faire le point. Nous engagerons la concertation avec les représentants syndicaux et nous ferons des propositions pour qu'un texte soit déposé au Parlement en septembre. Pour cette réforme, j'ai pris un engagement : elle concernera les 21 millions de salariés du privé et les 5 millions de salariés du public. Et fixé deux principes : je n'accepterai pas qu'on remette en cause le régime par répartition ni le niveau de vie des retraités. Pour le reste, nous mettrons tout sur la table, notamment la durée de cotisation, l'âge de départ à la retraite, la pénibilité. Cette réforme sera structurante, car elle assurera la pérennité de nos régimes de retraite, et juste, parce que la justice est la condition de son acceptation par les Français.

Alignerez-vous la durée de cotisation des fonctionnaires sur celle du privé?

Si des décisions devaient être prises sur l'allongement de la durée de cotisation, elles concerneraient comme aujourd'hui tout autant le public que le privé. Il serait injuste qu'il n'en soit pas ainsi.

Et sur le mode de calcul des retraites: six derniers mois dans le public, 25 meilleures années dans le privé?

Attention ! Gardons-nous des positions caricaturales sur les supposés avantages indus des uns ou des autres. Il serait très injuste de considérer la retraite des fonctionnaires au seul prisme du calcul sur les six derniers mois. Je vous rappelle qu'à la différence du privé les primes des fonctionnaires ne sont pas intégrées dans le calcul de leur retraite. Tous ces éléments doivent être sur la table.

Peut-il y avoir un consensus dans l'opinion ?

Je pense que l'opinion publique est beaucoup plus raisonnable qu'une partie de nos élites. Elle sait très bien que, si on vit plus vieux, il faudra travailler plus longtemps. J'ajoute que ce sont toutes les questions de l'aménagement de la vie, de la retraite choisie, de la liberté d'arrêter son travail ou d'en reprendre un qui seront posées.

Chez les syndicats ?

J'ai beaucoup de respect pour les syndicats qui, durant la crise, ont fait preuve de courage et de sens des responsabilités. Je tiens à ce qu'une concertation approfondie soit menée avec eux. Mais ce n'est pas aux organisations syndicales de prendre sur elles l'impopularité d'une réforme des retraites. Je ne m'attends pas à un grand mouvement de soutien de leur part.

Et chez les politiques?

Mme Aubry avait déclaré qu'elle était pour la retraite à 62 ans avant de faire un tête-à-queue sous la pression de ses amis. Nous verrons bien de quel côté tombera le PS. Après tout, le pire n'est pas certain...

Après les retraites, il y a le chantier de la dépendance. Comment le financer?

A l'automne, après la réforme des retraites, nous engagerons la concertation sur la dépendance. Juste un chiffre : aujourd'hui il n'y a que 20 % des personnes âgées qui peuvent financer leur place en maison de retraite. Je m'y engage : le cinquième risque sera créé, selon des modalités à définir en accord avec les partenaires sociaux et les assurances, au premier trimestre 2011. Chaque Français doit savoir que les mesures seront prises pour que personne ne soit laissé seul face au grand âge et à la dépendance.

Après la dépendance, ouvrirez-vous d'autres chantiers?

Je veux faire mon travail au service des Français du premier au dernier jour de mon quinquennat. Une fois ces dossiers bouclés, je proposerai au Parlement de compléter toutes les réformes réalisées depuis 2007. Université, travail du dimanche, 35 heures, heures supplémentaires... : nous ferons un audit de toutes les réformes pour les améliorer. Ensuite, au second semestre 2011, le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse, s'il le souhaite, délégiférer. «Nul n'est censé ignorer la loi», dit-on. Mais la complexité est souvent telle que personne ne s'y retrouve plus. Il sera grand temps de s'attaquer au chantier de la simplification législative et administrative.

Si les régionales sont une défaite, cela remet-il en cause la stratégie d'union de la droite dès le premier tour?

Je n'imagine pas que des familles politiques qui travaillent ensemble pendant toute la durée d'un mandat se présentent divisées devant les électeurs. C'est une question d'honnêteté. Les divisions partisanes sont insupportables aux yeux de nos électeurs. Je suis heureux que la droite et le centre donnent l'exemple du rassemblement et de l'union. Entre les deux tours, les Français verront la différence d'attitude entre la majorité et l'opposition.

François Fillon est plus populaire que vous, est-ce que cela vous agace?

Je travaille très bien avec le Premier ministre. Il met en œuvre avec le gouvernement le programme que j'ai défini. S'il n'était pas populaire, on me dirait : il faut le changer. S'il l'est, on me dit : c'est un problème pour vous. Tout cela, ce sont des conjectures vaines. Mon seul problème, c'est de mener à bien les réformes qu'attendent les Français et qui moderniseront notre pays. N'essayez pas de créer des problèmes là où il n'y en n'a pas.

Villepin, Juppé, Fillon, Copé: certains, à droite, se préparent dans l'hypothèse où vous ne vous représenteriez pas...

Ils ont raison. Il faut toujours être prêt ! La droite ne souffrira jamais d'avoir trop de talents.

Pour 2012, avez-vous pris votre décision? Quand l'annoncerez-vous?

Mon mandat dure cinq ans. La question d'un éventuel second mandat alors que je suis à mi-chemin est dérisoire au regard des préoccupations des Français et des miennes. Je m'interdis même d'y penser compte tenu des problèmes que j'ai à régler. Je prendrai position à la fin de 2011, en tenant compte d'un certain nombre de critères collectifs et personnels. D'ici là, mon engagement restera total au service des Français.

Régionales; "Taisez-vous, Sarkozy ! Le PS polémique...

Alexis Brézet dénonce la dictature socialiste sur la liberté de l'information

Cet éditorial d'Alexis Brézet dans Le Figaro Magazine, date du 12 mars 2010

"Taisez-vous ,Sarkozy !"

Ainsi donc, personne ne devrait s'abstenir... sauf Nicolas Sarkozy.
Ainsi donc, la perspective - bien réelle - d'un grand bug civique (une participation inférieure à 50 %, dimanche) exige de chacun qu'il se mobilise... mais pas Nicolas Sarkozy, dont le devoir d'Etat est de rester l'arme au pied. Les leaders politiques peuvent continuer de battre les estrades, les commentateurs de prophétiser le « vote sanction », les blogueurs de bloguer, les amuseurs d'amuser (et c'est tant mieux)... mais le président de la République devrait rester silencieux, reclus en son palais. Et nous, au Figaro Magazine, en lui donnant la parole, nous nous ferions les complices d'un sombre complot contre la démocratie ! Quelle histoire ! Les mêmes qui protestent aujourd'hui s'étaient indignés hier qu'il « instrumentalise » Le Nouvel Observateur au service de sa com'. Mais si Sarkozy ne peut parler ni au NouvelObs ni au FigMag, à qui doit-il parler ? Peut-être souhaite-t-on qu'il se taise, tout simplement...
[D'autant qu'il en fait trop: il réforme, parcourt le monde et remporte des marchés créateurs d'emplois et de devises, il rencontre des catégories socio-professionnelles et la France profond, en un mot, il fait, tandis que les autres s'essoufflent en polémiques ! Il est donc insupportable qu'il agisse au lieu de couper des rubans: on comprend que le contre-pouvoir régional ne sache plus où l'attendre.]
On dira que ses prédécesseurs n'étaient jamais intervenus publiquement à deux jours d'une élection locale. C'est vrai. François Mitterrand et Jacques Chirac n'arbitraient pas moins les investitures, ne dirigeaient pas moins la campagne, mais, avant la défaite (quasiment toutes les élections intermédiaires ont été cruelles pour le pouvoir - il serait étonnant que celles-ci fassent exception), ils préféraient rester à l'abri de l'Elysée. Le Premier ministre était là pour prendre les coups : en cas de malheur, on pouvait toujours le changer. Ce n'est pas le tempérament de Nicolas Sarkozy, ni l'esprit du contrat qu'il a passé avec les Français. Il va en province comme il y est toujours allé. Il parle comme il a toujours parlé. Et il ne se défausse pas sur François Fillon. Du point de vue de la responsabilité démocratique, faut-il vraiment le regretter ?

Car enfin, d'où vient cette étrange fébrilité?

Depuis des semaines, sur la foi de sondages convergents, on nous chante que la messe est dite, le désastre de la droite, consommé. Et ce serait ce Président que l'on prétend usé, dévalué, rejeté, qui, d'un coup de sa parole magique pourrait tout changer ? Le PS est-il si peu assuré de son grand chelem qu'il tienne absolument à ce que Nicolas Sarkozy fasse le mort durant toute la partie ? Croit-il les électeurs si hésitants, ou si influençables, qu'une simple interview soit de nature à brouiller les cartes ? Mais si les socialistes étaient cohérents avec eux-mêmes, ils remercieraient plutôt le chef de l'Etat d'alimenter encore un peu la machine « anti-Sarko », qui, à les entendre, sera le vrai moteur du scrutin...

D'autant que s'ils prennent la peine de lire l'entretien que nous publions, les perroquets du « Taisez-vous, Sarkozy ! » devront convenir qu'en matière de « pression sur les électeurs » (!) on a connu plus violent. La pédagogie de « l'ouverture », la réforme des retraites : s'il avait vraiment voulu faire un « coup » en direction de l'électorat UMP ou des catégories populaires, Nicolas Sarkozy s'y serait pris autrement. Certes, le Président confesse qu'il «ne peut qu'approuver les orientations» des listes de la majorité présidentielle (moins d'impôts, plus de sécurité, plus de formation). Mais c'est tout de même le moins qu'il pouvait faire ! Il paraît que c'est encore trop...

Certains socialistes auraient-ils un problème avec la liberté de l'information?
Il n'y a pas si longtemps, Vincent Peillon demandait la tête d'Arlette Chabot, coupable... de l'avoir invité pour porter la contradiction à Eric Besson. Mardi, c'est Benoît Hamon qui, fin limier, croyait débusquer de sournoises tractations capitalistico-politiques derrière l'interview au FigMag ! Mais il y a plus savoureux encore : Jean-Jack Queyranne a demandé le report de l'émission « Ushuaïa », diffusée ce samedi soir sur TF1, au motif que le spectacle des tribulations de Nicolas Hulot pourrait inciter les électeurs à voter Verts (plutôt que socialiste, évidemment) ! A quand l'interdiction des Experts, qui sous-estiment scandaleusement les ratés de la politique de sécurité ? A quand la censure de« Nouvelle star », dont le principe même (la sélection des meilleurs) alimente le sarkozysme dans ce qu'il a de pire ? En cette veille d'élection, toutes les chaînes devraient diffuser Les Misérables, cependant que les radios passeraient en boucle Le Temps des cerises. Les socialistes, peut-être, seraient rassurés...

Trêve de plaisanterie. Dans l'entretien que nous publions, Nicolas Sarkozy détaille son programme de réformes et les principes qui vont inspirer son action dans les mois qui viennent. Avec ces principes, ces réformes, on peut fort bien être en accord... ou ne pas l'être. Mais encore faut-il savoir de quoi il s'agit.
Contre la police de l'information, nous pensons, nous, que nos lecteurs (et les électeurs) sont assez grands pour se faire leur propre idée.

dimanche 14 février 2010

Débat sur l'identité nationale: une pause, le temps des régionales

Les Français ne parleraient que de ça mais n'en seraient pas préoccupés
Undébat ne s'imposait pas ?


PaSiDupes vous propose cet éditorial d'Alexis Brézet dans le Figaro Magazine du 13 février, avec quelques points sur les 'i' de votre blogueur préféré...
Il s'intitule:


Identité : l'occasion manquée

Des semaines de polémiques enflammées, des centaines de réunions publiques dans toute la France, des dizaines de milliers de contributions sur internet, des grands discours à la pelle, des petites phrases en veux-tu, en voilà... et tout ça pour quoi ? Quelques vœux pieux, une commission (une de plus), et une poignée de mesurettes certes peu contestables (le drapeau au fronton des écoles, qui pourrait être contre ?) mais qui, au regard des enjeux, paraissent bien dérisoires. Si on le considère sous l'angle de ses résultats concrets et immédiats, le grand débat sur l'identité nationale restera, c'est certain, comme une occasion manquée. Avec tous ceux, de gauche ou de droite, qui se sont minutieusement employés à le torpiller, faut-il pour autant en tirer la conclusion - ils l'avaient écrite d'avance - qu'il n'a servi à rien ?

[C'est tellement vrai qu'il faut l'assurer]C'est vrai [?], certaines arrière-pensées électorales un peu trop voyantes n'ont guère contribué à la sérénité du débat. C'est [si ?] vrai, Eric Besson n'était sûrement pas le mieux placé pour le porter : confier au même homme la partition de l'ouverture à gauche et celle du débordement par la droite, c'était courir le risque d'exaspérer les uns sans pour cela donner aux autres l'envie de se mobiliser. C'est [tellement ?] vrai , le principe des réunions en préfecture avait un petit côté second Empire. Mais où fallait-il les organiser ? Dans les écoles ? - on entend d'ici les syndicats. Les mairies socialistes ? Les permanences UMP ?

[Quitte à nuancer]
Ne nous racontons pas d'histoires [bien !]. Croit-on vraiment [mais alors sincèrement] que le même débat confié à un autre ministre, organisé différemment à un autre moment, aurait, miracle !, suscité l'enthousiasme de tous ceux qui depuis le premier jour n'ont cessé de dénoncer le «fantasme identitaire», le «défouloir national» et la «xénophobie d'Etat» ? Allons donc ! La vérité est que, pour une grande partie des « faiseurs d'opinion » - politiques, intellectuels ou journalistes -, la question de l'identité française ne peut et ne doit pas être posée. Et par Nicolas Sarkozy moins que quiconque... [heureusement qu'il est l'élu du suffrage universel... Le seul ! Alors, personne en effet ne peut susciter la réflexion]

Il paraît, donc, que le débat fut «éloigné des préoccupations» des Français. 76 % d'entre eux, selon TNS-Sofres, estiment pourtant qu'il existe une identité française [sans doute ne va-t-elle donc pas de soi pour 1 habitant sur 4]. 65 % pensent qu'elle a tendance à «s'affaiblir» [une raison logique pour négliger plus de 25% d'entre nous]. 55 000 internautes ont déposé leur contribution sur le site gouvernemental... On attend avec impatience l'autre « débat participatif » qui, demain, rencontrera une telle adhésion populaire. [la votation citoyenne, sur le modèle CGT, peut-être...]

Il paraît aussi que l'on a trop parlé d'immigration [et voilà où le bât blesse]. C'est vrai, on en a parlé, mais au nom de quoi fallait-il ne pas le faire ? Depuis quarante ans, la France est confrontée à la plus forte vague de peuplement [imposée ou non, clandestine ou non] de toute son histoire. On peut fort bien soutenir que l'immigration est une chance pour la France, qui s'enrichit de la «diversité». On peut, à l'inverse [mais peut-on vraiment ?], estimer que cet afflux de populations extra-européennes fait courir un danger à nos principes, notre culture et notre mode de vie [à notre situation économique instable en période de crise économique internationale: les chercheurs d'emploi et les mal logés sont de plus en plus nombreux et ils ne sont pas tous légaux]. Mais comment prétendre qu'un phénomène aussi massif ne changerait rien à notre identité [et à notre cohésion sociale] ?

Un débat s'impose !
Pas de quoi être fier d'entrer clandestinement en France ?
Il paraît enfin que l'on a «stigmatisé» l'islam et les musulmans [sujet érigé en tabou par la pensée unique]. A de rares exceptions près, souvent montées en épingle pour les besoins de la cause (pauvre Gaudin qui aura appris à ses dépens qu'on ne doit pas confondre des «musulmans qui déferlent» et des Franco-Algériens qui saccagent ! [seuls les Français saccagent]), ce n'est pas vrai. Philippe Reynet, un statisticien (indépendant), s'est livré à un exercice éclairant : avec ses ordinateurs, il a réalisé une « analyse lexicologique » de 20 000 contributions déposées sur le site du gouvernement.
[Combattre les contre-vérités de la propagande d'opposition: elle assure pouvoir parler pour les Français, mais l'idéologie parasite leur bonne réception du message]
Résultat : les mots « France », « Français », « valeurs », « respecter », « histoire » arrivent logiquement en tête. Viennent ensuite des mots comme « liberté » (21 % des contributions), « égalité » (18 %), « fraternité » (15 %), « langue » ou « République ». Le mot « burqa » n'est cité que dans 1,6 % des contributions. Quant aux mots « musulmans », « islam », « minaret », ils ont une occurrence inférieure à 0,1 %. Et l'on nous parle d'islamophobie ! Mais au vrai, quand Jamel Debbouze dénonce le «racisme» des anti-burqa, quand des militants de SOS Racisme, béret sur la tête et baguette sous le bras, manifestent devant Matignon, de quel côté est la «stigmatisation» ? [Quelle audace au Figaro: ils vont avoir droit à des évocations des « heures noires » de notre histoire. Elles ne sont pas seulement noires d'avoir beaucoup servi, mais désormais d'un usage abusif qui affaiblit la portée du devoir de mémoire]

Quitte à hystériser un peu plus les professionnels de l'indignation, disons-le tout net : non, le débat sur l'identité nationale n'aura pas été inutile. Parce qu'il n'est jamais inutile de débattre de la France [ni d'aucun sujet. Seuls trouvent grâce, il est vrai, auprès des débatteurs de gauche, les violences faites aux femmes -tant qu'elles ne sont pas musulmanes-, les violences urbaines -si elles sont policières- et l'écologie -quand elle est sociale (donc politique)]. Parce qu'il est toujours salutaire de poser les questions que se posent les Français. [L'opposition insiste précisément pour convaincre que les Français ont le nez dans le guidon et ne lèvent pas les yeux sur l'avenir: du coup point de débat populaire. Les acteurs politiques l'ont inclus dans leurs prérogatives exclusives. Débattre largement sur la place publique les prive en outre de leur vieille critique éculée d'un pouvoir sans partage coupé de la base.]

Les réponses ne sont pas au rendez-vous ? Sans doute, et c'est regrettable. Mais la controverse, avec ses faiblesses, ses oublis, ses outrances parfois, aura permis d'approcher d'un peu plus près cette profonde vérité, que l'on doit à la philosophe Simone Weil : «Le remède, il n'y en a qu'un: donner aux Français quelque chose à aimer. Et leur donner d'abord à aimer la France...» C'était en 1949, dans L'Enracinement. Un jour ou l'autre, il faudra bien y songer. »
[Le débat reprendra en avril, après les Régionales: le président l'a annoncé et l'opposition sera ravie de reprendre son travail de sape. Il n'est pas besoin -et c'est tant mieux- que le PS ait alors achevé sa rénovation...]

La tâche est immense
Saluons l'opposition pour le haut niveau du débat