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jeudi 9 novembre 2017

Macron met sèchement ses ministres au pli

Le président n’a pas du tout apprécié les off de ses ministres dans la presse et leur a fait savoir

En faisant entrer la presse dans son "monde" 
nouveau, le président Macron change le rapport du pouvoir à l'information

Au début du quinquennat, pour rompre avec une présidence trop "bavarde", Emmanuel Macron avait exigé des conseillers élyséens et ministériels de lui réserver l'exclusivité de la relation avec la presse. Ni en "on", ni en "off". 

Il vient d'imposer la même exigence aux ministres, limités à des prises de parole contrôlées et strictement cantonnées à leurs périmètres ministériels.
Le président souverain a en effet piqué une colère en découvrant dans Le Parisien des commentaires tenus en off sur les rumeurs d’un prochain remaniement par différents ministres – pour tacler certains de leurs collègues, qui plus est –, il a resserré l'étau de leur liberté d'expression. 

Emmanuel Macron a durement recadré les membres du gouvernement lors du Conseil des ministres du 
mardi 7 novembre, révèle Le Figaro. Ainsi a-t-il lancé, "lors d'un recadrage ferme et vigoureux", selon le quotidien : "Je ne cautionne en rien ces propos."

Les foudres de Jupiter 

Résultat de recherche d'images
Le séminaire de 'team building' a fait un 'flop' à la rentrée. Les deux jours de formation à la cohésion de groupe n'ont pas suffi. Le chef de l'État pyramidal a tapé du poing sur la table en Conseil des ministres, mardi, pour se faire entendre des membres du gouvernement. Il a exigé d'eux qu'ils restent unis et ne se livrent pas au jeu des petites phrases dans la presse.

De mémoire de conseillers à l'Elysée, rarement conseil des ministres n'a duré aussi longtemps... A 13h40, à leur sortie du Conseil, les mines des ministres  étaient blêmes et tendues. Pour attendre que leur voiture s'avance en bas du perron, ils se sont tenus en retrait, à distance de la presse pestiférée. 

Macron est hanté par la peur de tomber dans les "travers" des quinquennats précédents.
Si le Conseil des ministres a bien abordé les sujets de la politique de la ville et des accords internationaux avec le Pérou et l'Équateur, Macron a exprimé son désagrément à la lecture de l'article du Parisien, publié lundi, intitulé 'Rumeurs et châtiments', consacré aux bruits de remaniement. Le quotidien rapporte en effet des propos peu solidaires, prêtés à des proches du président, sur l'ex-socialiste Gérard Collomb, la secrétaire d'État potiche auprès du ministre de la Transition écologique, Brune Poirson, le Constructif Bruno Le Maire et d'autres membres du gouvernement.
 
La désignation par l'Elysée de Christophe Castaner à la tête de la LREM, parti du président, devrait en effet déclencher un remaniement autour du 18 novembre, date du conseil national de La République en marche qui se tiendra à Lyon, dont le sénateur-maire fut Gérard Collomb qu'il a placé à l'Intérieur. S'il est probable que Christophe Castaner ne conservera pas son poste de porte-parole du gouvernement, il souhaiterait conserver son portefeuille de secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement. Le renouvellement des moeurs politiques ne l'atteint pas et il plaide pour le cumul des fonctions ministérielle et partisane. 
La désignation de Castaner est en fait un mauvais signal lancé à l'opinion qui n'a pas oublié que celui qu'on désigne à Forcalquier comme un bouffon, s'est fait éliminer en décembre 2015, dès le premier tour de la régionale en PACA ...  Arrivé derrière Marion Maréchal-Le Pen, FN, il avait dû s'effacer.C'est aussi le roi du couac. Dès juin 2017, quand il appela à "se focaliser sur l’essentiel", au moment où les apprentis députés venaient de rejeter un article de la loi travail XXL que la Commission avait adopté, puis en août, quand il se révéla 'relou' dans son commentaire sexiste sur Rihanna, invitée à l'Elysée, ou en septembre lorsqu'il annonça sur BFMTV et RMC que le glyphosate, herbicide controversé, "ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français", serait interdit en France "d'ici la fin du quinquennat", soit 2022.

"Je ne cautionne en rien ces propos" de couloirs à la presse, a tonné Jupiter, lors de ce vigoureux recadrage. Le chef de l'État leur a demandé de s'arrêter... Le président aurait en effet osé assurer qu'une "cohésion de groupe" se serait formée au gouvernement et qu'il convenait de ne pas retomber dans les "travers" des quinquennats précédents. 
C'est encore loin le "nouveau monde" ?

mercredi 21 juin 2017

Le nouveau gouvernement d'Edouard Philippe, remanié après 35 jours

Le gouvernement Philippe II offre plus de place au PS et au PRG : coup de volant à gauche ?

Cinq nouveaux ministres et neuf secrétaires d'État ont fait leur entrée au nouveau gouvernement d'Édouard Philippe

Le président de la République et le Premier ministre n'occupent pas le premier rang, 
ils se placent au centre de l'équipe... 
C'est Nicolas Hulot qui occupe la place habituellement dévolue au chef de l'État, 
entouré de la ministre des Armées Florence Parly, à gauche, sur la photo 
et de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, à droite.

Ce deuxième gouvernement - en à peine plus d'un mois - du Premier ministre Edouard Philippe, dévoilé mercredi, compte 29 membres, dont deux ministres d'Etat. Il est marqué par la promotion de femmes à des postes régaliens, des nominations de proches d'Emmanuel Macron (Benjamin Griveaux, comme mouchard auprès de Bruno Le Maire, 
Julien Denormandie le 8 mai 2017.
et Julien Denormandie, 'Macron boy' sinistre de 36 ans, dans l'ombre du radical de gauche, Jacques Mézard, cet ingénieur agronome de formation (ci-contre) avait accompagné Macron de l'Elysée à Bercy, avant de devenir secrétaire général adjoint de La République en marche dès avril 2016 et de piloter la refondation du parti avec Catherine Barbaroux. 
Il avait annoncé son intention de quitter la vie politique après cette mission), l'élargissement au PS, le renforcement de LR, le maintien du MoDem, malgré les affaires et sa force politique d'appoint devenue inutile...

Cela devait être un petit remaniement "technique" post-législatives, mais c'est finalement un grand chamboule-tout, un jeu de dominos consécutif aux départ de Sylvie Goulard soucieuse d'assurer sa défense contre des accusations d'emplois fictifs, entraînant deux autres ministres MoDem dans sa chute, Bayrou et Sarnez, après celle de Ferrand, envoyé se faire voir à l'Assemblée.
Une autre affaire se profile, concernant Muriel Pénicaud,  suite à une perquisition chez Havas et Business France, une agence qu'elle dirigea et qui vise le financement d'un voyage d'Emmanuel Macron à Las Vegas, lorsqu'il était ministre de l'Economie, en janvier 2016, dans le cadre d'une enquête préliminaire pour favoritisme.
Contraste de la photo officielle de juin 2017, en plein air, 
avec la photo compacte, conventionnelle et pyramidale du
gouvernement Philippe 1 de mai 2017
Voici la composition du deuxième gouvernement Philippe

Ministres 
- Ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur: Gérard Collomb, 69 ans
franc-maçon initié
- Ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire: Nicolas Hulot, 62 ans 
- Garde des Sceaux, ministre de la Justice: Nicole Belloubet, 62 ans,
ex-socialiste et ex-premier adjoint de l'ex-maire PS de Toulouse, Pierre Cohen, ce qui est un mauvais signal envoyé pourtant par une juriste désignée au Conseil constitutionnel, en 2013,  par Jean-Pierre Bel (trotskiste version LCR, franc-maçon (GO), président radical du Sénat) et spécialiste du droit communautaire
- Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères: Jean-Yves Le Drian, 70 ans
franc-maçon (GO) 
- Ministre des Armées: Florence Parly, 54 ans
ex-secrétaire d'État au Budget du premier ministre PS Lionel Jospin (2000-2002), il y a 17 ans, signa l'appel 'Gauche avenir', lancé entre autres par Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, avant de participer en 2008, aux banquets républicains sur l'unité de la gauche, de Benoît Hamon,
passée au privé chez Air France (SA), en 2008, avant d'intégrer la direction de SNCF (avec mission de service public), 
nommée non pas aux Transports, mais au ministère des Armées, bien que la presse parle de remaniement technique...
- Ministre de la Cohésion des Territoires: Jacques Mézard, 70 ans, 
en remplacement de Richard Ferrand qui fait l'objet d'une enquête judiciaire,
Parti radical de gauche, ex-ministre de l'Agriculture de Macron, pendant un mois,
dont le fils, Maximilien est un ancien assistant parlementaire de Jean-Michel Baylet (PRG), comme le fils Ferrand pour son père, promu conseiller technique chargé de la justice et des institutions au cabinet d'Anne-Marie Escoffier, PRG et franc-maçon (GLFF), ministre déléguée à la Décentralisation de Jean-Marc Ayrault,
- Ministre des Solidarités et de la Santé: Agnès Buzyn 
les 'Solidarités' désignent les Affaires sociales, en concurrence avec le ministère du Travail (cf. Muriel Pénicaud)
- Ministre de l'Economie et des Finances: Bruno Le Maire 
- Ministre de la Culture: Françoise Nyssen 
- Ministre du Travail: Muriel Pénicaud
inquiétée par une affaire, 
- Ministre de l'Education nationale: Jean-Michel Blanquer 
- Ministre de l'Agriculture et de l'alimentation: Stéphane Travert, 
ex-député socialiste (2012) de la Manche,
- Ministre de l'Action et des comptes publiques: Gérald Darmanin 
- Ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation: Frédérique Vidal 
- Ministre des Outre-mer: Annick Girardin 
- Ministre des Sports (et non pas aux Transports, comme indiqué par erreur par le secrétaire général de la présidence !): Laura Flessel 
- Ministre auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur: Jacqueline Gourault, 67 ans, ex-professeure,
MoDem,  sénatrice depuis 15 ans (2001),
spécialiste de décentralisation qu'on aurait vue à la Cohésion (Aménagement du Territoire) plutôt qu'à l'Intérieur,  
sans affectation gouvernementale précise... 
- Ministre auprès du ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports: Elisabeth Borne, 56 ans, 
sans appartenance à la "société civile", puisqu'ex-présidente (2015-2017) de la RATP, établissement public
- Ministre auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargée des affaires européennes: Nathalie Loiseau, 53 ans,
ni jeune, ni estampillée 'société civile', elle a effectué une grande partie de sa carrière au ministère français des Affaires étrangères;
elle remplace Marielle de Sarnez (MoDem), ministre pendant 1 mois et 2 jours des Affaires Européennes, 

ex-eurodéputée inquiétée dans une enquête visant une dizaine d'assistants parlementaires du MoDem payés par le Parlement de Strasbourg...



Secrétaires d'Etat auprès du Premier ministre 
- Chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement: Christophe Castaner, 51 ans,
directeur de cabinet de Tony Dreyfus, ex-UNEF, alors maire de Paris Xe,
puis conseiller technique de la ministre de la Culture, Catherine Trautmann (frondeuse) en 1997, puis  son chef de cabinet en 1998, avant de devenir chef de cabinet de Michel Sapin, alors ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État (2000-2002),
tête de liste PS aux élections régionales de 2015 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, il obtint 17 % au premier tour (contre 40,55 % au Front national)
- Chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes: Marlène Schiappa
écervelée au nom de la libre pensée : lien PaSiDupes
soi-disant diplômée de communication et nouveaux media, avec mention écritures électroniques, s'il vous plaît, mais via une validation des acquis de l’expérience passée à l’Université de Grenoble pendant un congé maternité...
- Chargée des personnes handicapées: Sophie Cluzel, 56 ans
militante associative en faveur du handicap et mère de quatre enfants, dont une fille trisomique
- Chargé du numérique: Mounir Mahjoubi 
seul membre de la 'diversité' au gouvernement : il est d'origine marocaine
et président de French Bureau, société par actions simplifiée à associé unique, spécialisée dans le secteur d'activité du conseil pour les affaires et autres conseils de gestion, son secteur de compétence au gouvernement Philippe.

Secrétaires d'Etat 
- Secrétaires d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et Solidaire: 
Sébastien Lecornu (président juppéiste du Conseil départemental de l'Eure et proche de Bruno Le Maire) 
et Brune Poirson, 34 ans, députée REM du Vaucluse (Apt), 
mais ex-attachée parlementaire et employée de l’organisme public britannique en charge de la conception de politiques publiques et de programmes dans le domaine de l’innovation,
elle a ensuite travaillé pour l’Agence française du développement, puis comme directrice du développement durable et de la responsabilité sociale de Veolia Water India jusqu’en 2014...
et, pour couronner le risque de conflit d'intérêts, elle est actuellement consultante en innovation et développement urbain durable
- Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères: Jean-Baptiste Lemoyne, un sénateur rallié à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle et ex-copéiste qui avait soutenu Alain Juppé à la primaire de la droite
- Secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées: Geneviève Darrieussecq 61 ans , MoDem, soutien d'Alain Juppé lors de la primaire présidentielle des Républicains de 2016 et présidente de l'Union des villes taurines françaises
- Secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des Territoires: Julien Denormandie ("Macron boy", comme Ismaël Emelien, 30 ans, que Macron a gardé auprès de lui à l'Elysée comme conseiller communication et affaires stratégiques)
- Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances: Benjamin Griveaux, 
fils d'un notaire et d'une avocate, il a été membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine : ça c'est pour le renouvellement annoncé de la classe politique... 

dimanche 30 août 2015

Pour nuire à EELV, Hollande fait durer la nomination du successeur de Rebsamen


Le remaniement tarde et les chômeurs souffrent

L'exécutif socialiste sacrifie la courbe du chômage aux intérêts politiciens du PS

Pour Noël Mamère, un rapprochement des écologistes avec le gouvernement socialiste est pour l'instant inenvisageable.  Le parti EELV a été meurtri par le lâchage de François de Rugy (ci-contre), l'un des minoritaires de la formation écologiste. Le coprésident du groupe à l'Assemblée nationale a claqué la porte pour espérer un rapprochement avec le gouvernement.  "Nous nous retrouvons dans une situation de nain politique impossible, incapable et impuissant", ajoute-t-il.
Noël Mamère député-maire EELV de Bègles dénonce la "dérive sociale-libérale" qui anime l'ambitieux François de Rugy. "Nous avons soutenu un temps le gouvernement et nous voyons que nous sommes très loin des engagements qui avaient été pris et nous ne pouvons pas cautionner."

Une fracture qui aura des conséquences sur la présidentielle. 
"A l'heure qu'il est, je ne vois pas comment les écologistes pourraient ne pas avoir un candidat à la présidentielle, estime-t-il finement, au vu des candidatures EELV opposées aux candidats socialistes dans le Nord-Pas-de-Calais et dans les Bouches-du-Rhône. EELV aura un candidat car il ne se retrouve pas dans la politique du gouvernement, justifie-il. Nous n'avons pas la vocation d'être les strapontins du parti socialiste. Nous ne sommes pas politiquement biodégradables et donc nous serons présents si cela est nécessaire", ajoute-t-il, plein de formules.

"Il est nécessaire que les écologistes se fassent entendre autrement que par ces querelles insignifiantes." (Noël Mamère)
A la question de savoir qui représentera EELV en 2017, Noël Mamère botte en touche : "Je pense qu'il est nécessaire que les écologistes se fassent entendre surtout face au chaos climatique en face de nous, autrement que par ces querelles insignifiantes mais en retrouvant la société .

Pour Jean-Vincent Placé, le parti écologiste est "une structure morte"

Après le départ de François de Rugy, le sénateur écologiste diagnostique le décès de son propre parti. Toutefois, Jean-Vincent Placé n'a pas annoncé s'il quitte Europe Écologie les Verts.

Europe Écologie-les Verts n'a jamais eu la cote. Tous les scrutins démontrent que les écologistes ont l'oreille des media, mais voient le dos des électeurs. Quand ils semblent briller aux législatives, c'est que Martine Aubry a fait entrer le cheval de Troie Duflot dans la place en leur réservant des circonscriptions acquises à la gauche. Ses propres responsables politiques se sont rendus insupportables à la population aux prises avec le chômage, accablée d'impôts et lasse des bisbilles politiciennes. Après le claquement de porte de François de Rugy jeudi 27 août, c'est au tour de Jean-Vincent Placé de taper sur son parti. 

Le sénateur a qualifié jeudi EELV de "structure morte", tout en refusant de dire avant vendredi matin s'il quittera la formation. En début de mois, il avait toutefois déjà menacé de quitter Europe Écologie-les Verts, furieux du rapprochement de son parti avec le Front de gauche pour les élections régionales.

Le chaos n'est pas un privilège exclusif d'EELV
Mamère, ex-socialiste
Dans sa charge contre l'ex-ministre Cécile Duflot, responsable de cette stratégie menée avec Martine Aubry, l'élu écologiste s'est dit "sidéré" du manque de soutien d'EELV à François Hollande, sur les questions de climat notamment. Sur la même ligne de Cambadélis, il a multiplié les appels au rassemblement de la gauche modérée. "Il est encore temps de rassembler; il faut le faire sur le fond, sur les projets", est-il allé affirmer à La Rochelle, lors des journées du Front démocrate, écologique et social (Ecologie et Démocratie) de Jean-Luc Bennhamias, un inconditionnel de François Hollande et vice-président en congé du MoDem, et Génération Écologie, créé en 1990 par Brice Lalonde, Jean-Louis Borloo, Yves Piétrasanta -président- et Noël Mamère (photo ci-contre).
"Il y a le feu à la maison de la gauche et des écologistes."
(Jean-Vincent Placé)

"J'ai trop cru à la force des partis, j'ai longtemps cru à ça, aux accords intermédiaires, aux protocoles. Je crois que c'est totalement fini tout ça. EELV, on y est ou on y est pas, ça c'est un débat qui sera évidemment là, mais au fond c'est déjà une structure morte", a-t-il dit.

Placé réclame plus de soutien à Hollande sur la question du climat

Pressé par la presse de dire s'il restera membre d'EELV, Jean-Vincent Placé a réservé sa réponse à vendredi matin. "Je suis sidéré que le parti écologiste dont je suis encore membre fasse aussi peu de cas, de ce que fait, oui, et ce n'est pas du cirage de pompes, de ce que fait le président de la République, ce que font le gouvernement et le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur la question du climat".
 
Marie-Ségolène Royal est absente de ses déclarations pour cause d'llégitimité
La question du climat est, selon lui, "un sujet qui est fondamental pour les écologistes", a-t-il lancé à la veille de la COP21 en décembre. 

Le sénateur a surtout critiqué la constitution de listes communes EELV-Front de gauche dans plusieurs régions. 
"En Nord-Pas-de-Calais-Picardie (...) on va fracturer la gauche dans un endroit où Marine Le Pen peut l'emporter ? Et Xavier Bertrand qui n'est quand même pas le plus sympathique et le plus modéré des Républicains ?" Il a qualifié de "fondamentale" la stratégie de l'union.

Figure modérée d'EELV, François de Rugy a plaqué, désespéré, la majorité radicale en dénonçant sa "dérive gauchiste". 

A la satisfaction de la majorité présidentielle,
 sa décision aggrave la crise qui touche le mouvement écologiste profondément divisé sur la participation au gouvernement et l'alliance avec le Front de gauche aux régionales. 

A qui profite cette débandade à trois mois des Régionales et
alors que Hollande et Valls multiplient les déplacements en régions, accréditant les accusations de pré-campagne présidentielle aux frais de la l'Etat: plus que jamais, ce sont les Français qui paient...

lundi 6 avril 2015

EELV est "en mort clinique." selon Placé: un écologiste à qui le rose irait si bien

Placé dénonce la "mauvaise image" d'EELV: ni rouge, ni Verts, est-il socialiste?

Il a d'autres ambitions que le bénévole Nicolas Hulot

"Ce que je déplore, c'est l'extrême division dans le camp écologiste, a déclaré Jean-Vincent Placé, serre-file des écologistes au Sénat. Dimanche sur BFMTV, il ne s'est pas davantage senti responsable de la "mauvaise image de la politique" que donnent les Verts. 

Le beau parleur omniprésent sur les plateaux des media omet juste d'admettre que cette vilaine image, confirmée dans un sondage (lien PaSiDupes), tient autant aux ambitions personnelles de ses animateurs qu'au totalitarisme de ses ayatollahs verts.
 
Le sénateur de l'Essonne organiserait même, dit-on, les obsèques, ajoutant qu'il est en état de "mort clinique". Pour lui, "le parti écologique, tel qu'il est aujourd'hui, est en fin de vie; il est en mort clinique", malgré "une idée magnifique" et "des gens qui soutiennent intéressants". Mais "avec un système de fonctionnement obsolète, ça ne peut pas marcher".

Placé cherche à se placer
 
Placé pose pour Marie Claire
à l'occasion de la journée de la femme
Jean-Vincent s'est redit disposé à entrer au gouvernement. "Ce que nous pourrions apporter, c'est d'avoir une constance et une persévérance sur les sujets de transition énergétique," pense-t-il, sans grande conviction dans la forme. 
"Nous serions plus vigilants et plus directifs" si les écologistes siégeaient au Conseil des ministres [s'il suffisait de siéger!] , a-t-il encore estimé dans cet entretien en forme de lettre de motivation à un emploi dans l'équipe de Manuel Valls. "Pour marquer des buts, il vaut mieux être sur le terrain". Mais rester sur son banc de touche plutôt que marquer contre son camp?

Photo détournée de J.-V. Placé
Placé a donné l'exemple de la circulation alternée décidée il y a deux semaines à Paris, après plusieurs jours de bras de fer entre Ségolène Royal, côté gouvernement, et Anne Hidalgo, côté mairie de Paris. "S'il y avait eu des écologistes au gouvernement, on aurait fait la circulation alternée trois jours plus tôt", a-t-il affirmé. Mme Royal, qui occupe le siège de ministre de l’Écologie, n'est donc pas jugée crédible.

La vente continue tout au long de la lettre de motivation.
Il y a un espèce d'état d'esprit où il faudrait caricaturer ceux qui affichent une ambition, qui est saine et franche", a-t-il aussi regretté, dans une tournure de phrase typique de François Hollande qui les commence volontiers par un "il y a" qui appelle une relative. "Je ne dis pas que je suis prêt et que j'ai envie; je veux être utile", a insisté le sénateur. S'il faut coucher pour arriver, il a toutes les dispositions.

La trajectoire de l'écologiste Nicolas Hulot ne l'agrée guère. 
L'ex-magistrate radicale Eva Joly avait été préférée au journaliste-reporter et animateur-producteur de télévision, lorsqu'il fut candidat à la primaire présidentielle écologiste de 2011 en vue de l'élection présidentielle 2012. Placé, en revanche, est un "vert qui mange sa viande bleue", un ambitieux qui se voyait ministre de l’Intérieur ou du Budget avant le dernier remaniement de 2014. En toute modestie, il avait même déclaré : "Je suis un des hommes les plus influents de la république" (Le Canard Enchaîné du 6 novembre 2013). Pour ce journal satirique, le président du groupe écolo au Sénat a toujours pensé que la vie n’est qu’un grand deal, en politique comme ailleurs: tout ce dont les Français ont assez. "Tu me cases ce gars dans ta mairie, ça m’arrange bien, et moi je trouve un petit job tranquille à la nièce de ton pote au Conseil régional; tu votes mon amendement je vote le tien, pas de raison de se faire des entourloupes, pas vrai ?" écrit le Canard […] "Du pouvoir il aime aussi les signes: grandes tables, par-dessus en cachemire, chaussure anglaise, séjours dans les plus beaux riads de Marrakech."

En 2014, avec la volonté de servir authentiquement, Nicolas Hulot a reçu de Hollande la mission d'"envoyé spécial pour la protection de la planète". A quelques mois de la 21e conférence climat (COP21) que Paris hébergera en décembre 2015, Placé piaffe d'impatience d'un remaniement ministériel et multiplie les apparitions et les déclarations. "Les écologistes cette année doivent être plus utiles encore", a insisté  le candidat non pas au bénévolat, mais aux avantages liés à la fonction ministérielle.
"On ne sait pas trop bien pourquoi on est sorti du gouvernement" il y a un an, a aussi regretté le nostalgique Placé, pointant un manque d'explication d'EELV sur le refus de participer à l'équipe de Manuel Valls. Et toc pour la délicieuse Cécile...

dimanche 5 avril 2015

Valls, socialiste pris au piège: plutôt que rassembler la gauche, garder le cap socio-libéral !

Valls, traître à son camp ?

"Freluquet bruyant" n'a pas l'air malin maintenant ! 

Tout petit, quand il ne braille pas
Les Français préfèrent voir Manuel Valls renforcer les réformes tardives de Hollande en faveur des entreprises et de la relance de l'activité économique plutôt que changer de cap pour rassembler davantage la gauche, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche.

Entre les deux options, l'exécutif socialiste n'a plus de choix
60% des personnes interrogées opteraient pour le redressement de l'économie contre 38% pour le sauvetage du PS.

Le sondage IFOP n'est pas fait pour déplaire à l'exécutif...

L'IFOP dégage une majorité de sympathisants du Parti socialiste (60%) et de sympathisants de droite (68%) qui souhaitent voir le Premier ministre conserver sa ligne politique: Valls ne pouvait espérer mieux. Seuls les sympathisants de gauche toutes tendances confondues privilégient une politique plus rassembleuse (52%).

L'IFOP va dans le sens du président François Hollande quin, avant les élections départementales, avait "lui-même prévenu qu'il ne changerait pas de cap en fonction des résultats", insiste Reuters. L'agence de presse justifie "d'elle-même" cette option méprisant la gauche radicale dans et hors du PS en soulignant que ce scrutin a de nouveau sanctionné le PS avec la perte de 26 départements.

Ce sondage IFOP aurait-il été une commande de Matignon qu'il n'aurait pas été plus favorable. 
Hollande avait également affirmé qu'il ne changerait pas de chef du gouvernement, rappelle la presse "indépendante," "ce en quoi il est conforté par le sondage", puisque 62% des sondés disent ne pas le souhaiter dans les semaines qui viennent. Ils étaient 54% après le second tour des élections départementales. Qu'est-ce qui justifie ce rebond, sinon une campagne de presse orchestrée par Matignon ?

CQFD... 
L'appétit pour un remaniement reflue également, puisque 49% des personnes interrogées le verraient d'un bon oeil, contre 60% il y a une semaine et 73% après le premier tour des élections municipales de mars 2014. Aucun commentaire n'est hasardé pour tenter d'expliquer cette évolution aussi improbable que vraisemblable. D'autant qu'entre le 30 mars, lendemain du scrutin, et le 3 avril, début du sondage de commande, il s'est écoulé moins d'une semaine: quatre jours...

Le sondage a été réalisé par téléphone les 3 et 4 avril sur un échantillon de 1.005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. Aussitôt publié, le 5, dans l'urgence...

mardi 31 mars 2015

"Les Français veulent que je reste à mon poste," raconte Manuel Valls:

Valls s'incruste à Matignon,
à quoi sert son rejet massif aux départementales? 

Plutôt que départ, il parle remaniement

Le Premier ministre Manuel Valls, le 17 février 2015 à l'Assemblée nationale à Paris
Valls refuse de prendre la porte

Il n'y aura remaniement que si "un pacte" est conclu avec le reste de la gauche, sur la base de sa ligne inchangée, a affirmé Manuel Valls, ce mardi matin sur BFMTV, après une année de promesses et de vociférations à Matignon et sur tous les écrans et malgré la défaite du PS dominateur  aux élections départementales. 

Valls refuse d'affronter la réalité

Aux autres, il  assure qu' "il faut affronter la réalité, c'est ma marque de fabrique", résumait Manuel Valls pendant la campagne des élections départementales. Ce mardi matin, le premier ministre chassé de l'Essonne est allé défié les républicains en allant défendre sa cause devant Jean-Jacques Bourdin  sur RMC et BFMTV, deux jours après la "fessée" subie par son parti lors de ce scrutin. "Déterminé et serein", Manuel Valls a essentiellement plaidé le "rassemblement" de la gauche face à "la menace terroriste" et au FN, sur BFMTV. 


Pour sonner un peu plus tard le rappel des députés PS avec qui il a rendez-vous à l'Assemblée nationale, le "serin" abandonnera encore ses responsabilités de chef du gouvernement en posant un lapin au patron de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, Mario Draghi. Le Premier ministre a reporté son déplacement européen pour mieux s'occuper de ses problèmes personnels de maintien au pouvoir et ne participera pas au Conseil des ministres franco-allemand ce mardi à Berlin.

Après avoir voulu incarner la lutte contre l'opposition finalement victorieuse, "chacun a sa part de responsabilité" dans cette défaite, a estimé Manuel Valls ce mardi matin.
"J'assume forcément la mienne", alors qu'une large partie de la gauche (frondeurs du PS, EELV, Front de Gauche) souligne que sa politique "social-libérale" est responsable des "catastrophes électorales" successives. Mais le Premier ministre met en cause la "responsabilité collective". "Je n'accuse personne. Mais la division mène à la défaite", a-t-il martelé, avec sa mauvaise foi coutumière, pointant les désunions de la gauche et l'électorat qui a commis la "faute morale" de la contestation de sa politique par l'abstention: un ni-ni recommandé par... le patron de l'UMP.

Sanctionné, il veut pourtant continuer comme si de rien n'était



Clairvoyance de pros
du décryptage...
Valls refuse de changer de cap. 

"Nous allons poursuivre et approfondir les réformes", a maintenu Manuel Valls, la casquette sur les yeux. Il mise sur la priorité sur "l'investissement privé et le travail". "Tout est fait pour retrouver de la compétitivité", a-t-il affirmé, estimant qu'il y a des "améliorations de la situation économique que les Français ne voient pas".  
Pas de changement prévu donc: le deuxième épisode de la loi Macron devrait même arriver avant l'été, a annoncé Bercy ce lundi. Mais "la remise en cause du CDI n'est pas à l'ordre du jour, même si le patronat l'annonce", a-t-il affirmé. 


Il envisage le rassemblement improbable de la gauche sur la base de ce statut quo attentiste d'un retour de croissance par l'étranger qu'il méprise à Francfort et Berlin. 



Il n'y aura un remaniement que s'il y a "un pacte" conclu entre toutes les composantes de la gauche. Mais on se demande bien sur quelle base, sinon le chantage de menaces sur les Régionales fixées aux 6 et 13 décembre, dimanches travaillés et consacrés aux achats de Noël... "La politique économique ne peut pas zigzaguer en permanence", oppose-t-il aux frondeurs du PS, qui lui ont mis la pression après les défaites de ces deux derniers dimanches soirs. 
A propos des écologistes, on peut en revanche "zizaguer"... Manuel Valls ne ferme pas la porte du gouvernement aux plus dociles. Au lendemain d'une rencontre EELV-PS à Solférino, en plus de Barbara Pompili et François de Rugy, Jean-Vincent Placé et Emmanuelle Cosse (ex-Act Up) sont d'ores et déjà très conciliants, malgré leurs attaques récentes et des conditions pourtant inchangées.

Un an à Matignon, c'est long, mais trop court pour Valls...



Interrogé sur l'éventualité d'un départ de Matignon, le Premier ministre a estimé que "cela ajouterait une crise politique" à la situation qu'il ne qualifie pas. Et d'affirmer encore: "ce n'est pas ce que les Français veulent". Il dit même avoir le sentiment que "les Français - les mêmes qui "ne voient pas les améliorations" - veulent que je reste à mon poste". Un an après son arrivée à Matignon, malgré les rumeurs de remaniement qui suivent logiquement une telle défaite électorale, 57% des Français souhaiteraient que Manuel Valls reste en place, d'après un sondage M6 (groupe Canal+ !)-Harris Interactive réalisé après les élections départementales (enquête réalisée -en ligne- le 29 mars 2015, au cours du second tour et avant la publication de l'ampleur de la débâcle)



"Battu mais content", pour Libération, Manuel Valls est "déterminé" 

alors que "la gauche est sonnée", estime La Croix. Déterminé à rassembler la gauche qu'il a éparpillée façon puzzle, Manuel Valls tente de recoller les morceaux, "mission difficile," voire "impossible", selon la presse elle-même.

"Si tu reviens, j'annule tout" 

Sans attendre, il a commencé par annuler son voyage en Allemagne, ce mardi, et il ne participera pas au Conseil des ministres franco-allemand mardi à Berlin et a reporté son déplacement à la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. 


Il a choisi de plutôt s'adresser aux députés socialistes à Paris. Pour les "cajoler" ou pour "serrer la vis"?, s'interroge la presse. Peut-être un peu des deux, alors que Manuel Valls a tenté de banaliser le rendez-vous, ce mardi matin, rappelant que le schizophrène s'invite régulièrement à cette réunion de groupe hebdomadaire.