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vendredi 24 avril 2020

Clandestin depuis dix ans, il avait sauvé une nonagénaire des flammes

Le migrant avait sauvé une nonagénaire des flammes 

Le maire se serait-il mobilisé si le héros avait été
Français?


Le 15 avril, un clandestin a sauvé d’un incendie une vieille dame à La Grand-Combe, dans le Gard. Le maire de la commune se mobilise désormais pour lui obtenir un titre de séjour.

Sans-papiers en France depuis une dizaine d’années, un Algérien de 29 ans a sauvé une nonagénaire des flammes: un fait d’armes qui lui vaut le soutien du maire de la commune, qui va demander sa régularisation, après un mois.

"Je vais m’en occuper, le prendre sous mon aile et demander à la Préfecture un dossier de régularisation, a expliqué vendredi Patrick Malavieille, le maire communiste de cette ancienne cité minière durement frappée par le chômage et la pauvreté.


"On parle parfois de la jeunesse avec un a priori, ou alors on évoque les jeunes dans les pages des faits divers où ils ne sont pas toujours à l’honneur. Cet événement met en valeur le courage et la bravoure, a insisté lourdement l’édile de La Grand-Combe (60 km au nord-ouest de Nîmes), un soupçon populiste.

Enfermée à clef

Le 15 avril, en plein confinement, Houari Hakiki avait porté secours, aidé d’un ami, à une femme de 92 ans bloquée dans un immeuble en feu, avant même l’arrivée des secours sur place. Mais il avait pris la fuite en entendant la sirène des pompiers, sans doute par peur.

J’étais avec Houari et on a vu des flammes. Il m’a dit "viens on va voir ce qui se passe", a raconté cet ami, Malik Zaid, 26 ans. A notre arrivée sur place les pompiers n’étaient pas encore là et une dame était au second étage, sur le balcon.

Les deux hommes n’écoutent que leur courage et montent les escaliers, découvrant que la nonagénaire a été enfermée à clef dans l’appartement par son aide-ménagère, partie faire des courses. Ils défoncent alors la porte pour la libérer.

Il fallait absolument la sauver, ça pouvait être ma grand-mère, a estimé Houari Hakiki, considérant son attitude simplement normale : Si c’était à refaire, je le referais.

dimanche 22 décembre 2019

Démagogie: Macron renonce à la plus faible de ses retraites

Macron renonce à sa future retraite  - à 45 ans - de président de la République

Pas de volonté d'affichage, assure l'Elysée, il fallait le préciser, en effet

Monsieur de Rugy renonce au homard pour Noël
Les gens qui nous gouvernent nous prennent toujours pour des billes !
C'est encore depuis l'étranger, la Côte d'Ivoire, que Macron tente de nous rouler dans la farine de manioc ivoirien. En visite aux armées "colonialistes", selon nombre de nos amis africains, Macron a annoncé ce samedi soir qu'il renonce à sa future retraite de président de la République. Son cadeau de Noël aux Français, cohérence avec son projet de réforme des retraites et exemplarité de retraité quadragénaire obligeant - après deux années et demi de mobilisation sociale ininterrompues (actions des Gilets Jaunes suivies de grèves syndicales nationales) -, n'était pas prévu dans ses engagements de campagne... 

Il y a droit depuis la loi de 1955, fait valoir l'Elysée.
"Il ne percevra pas cette [pension de ] retraite prévue à la fin de son mandat  - à 45 ans - par la loi, car il estime que cette loi de circonstance a vocation à être normalisée. Il ne se l'appliquera donc pas. Il ne liquidera pas non plus cette somme lorsqu'il prendra sa retraite [plus tôt que les actuels cheminots de la SNCF et agents de la RATP, à respectivement 53 ou 50 ans, contre 64 pour "les gens qui ne sont rien et soumis à l'"âge pivot" annoncé]. Nous sommes dans une ère où les élus doivent être exemplaires", a commenté un conseiller anonymé du président.

Macron aurait été le premier depuis 2007 à continuer à s'y accrocher.
Sarkozy et Hollande, avant lui, ont eu la pudeur de ne pas l'empocher. 
Le président est le seul à disposer d'un régime spécifique. Selon l'article 19 de cette loi de 1955, dès leur départ de l'Elysée, les anciens chefs de l'Etat reçoivent à vie une dotation équivalente au salaire d'un conseiller d'Etat, soit 6.220 euros brut par mois. La somme n'est soumise à aucune condition d'âge ni durée de mandat, ni plafond de revenus. Est-elle imposable comme une retraite normale de "fainéants, cyniques, les extrêmes" ?
Avant même d'avoir atteint, en  l'âge de la retraite des "gens qui ne sont rien" et sans compter ses années de retraite comme le commun des mortels, Macron nous aurait coûté 1.492.800 euros.

Un nouveau mécanisme va cependant être mis en place !

Macron - et tous les chefs d'Etat après lui - seront en conformité avec le régime universel par points. Il aura assez pour vivre (plus que dignement) sans sa pension mensuelle. 
"C'est une opération de communication," ont fustigé certains députés dimanche 22 décembre."Emmanuel Macron est pitoyable". Il est surtout cynique.
Le Parti communiste raille cette annonce populiste. "C'est un luxe que tout le monde ne peut pas se payer", souligne Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

"C'est insupportable :
il n'y a que les grands seigneurs, les très riches, les importants qui peuvent se permettre ce genre de libéralités", a dénoncé le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV.

"Il a les moyens de se passer d'une retraite de 6.000 euros
, mais la plupart des gens n'ont pas ces moyens, personnellement je ne les ai pas (...) "Qu'est-ce que ça veut dire ? Je renonce à ma retraite et donc vous aussi vous pourriez y renoncer", a-t-il ajouté, dénonçant la "démagogie" du président.

"Vous qui aurez des retraites de misère, de quoi vous vous plaignez ?
Suivez l'exemple du roi ! (Qui lui a plein de points dans sa besace grâce à la banque Rothschild !)", a ajouté l'eurodéputée LFI Manon Aubry sur Twitter.

Macron a ajouté qu'il ne siégera pas au Conseil constitutionnel à l'issue de son mandat. Rien de nouveau non plus sous le soleil républicain. C'est déjà le cas pour les anciens présidents Sarkozy et Hollande qui, avant lui, ont renoncé, de fait, à l'indemnité de 13.500 euros mensuels versés par le contribuable. Sans aucune pression, quant à eux, de la rue...

jeudi 5 avril 2018

Julien Clerc et sa fille, victimes de violence dans un stade

Le chanteur fait moins de révélations que de démagogie 

Julien Clerc est un passionné de football depuis l'enfance

Fan de l'équipe de France, mais aussi du PSGJulien Clerc s'est confié au journal L'Equipe, ce 4 avril 2018. S'il est longtemps allé au Parc des Princes pour supporter son équipe de coeur, le chanteur révèle que cela fait plusieurs années qu'il n'y est pas retourné.
On n'en saura pas plus sur la nature de l'agression, ni sur leurs auteurs. Ce qui n'empêche pas Télé-loisirs de titrer : "Julien Clerc raconte comment il a été agressé au Parc des Princes." En plus de cela, il a trois filles...

Il explique les motifs de sa frustration par l'expérience subie dans les travées du Parc, alors qu'il se trouvait avec sa fille. "En fait, avant l'arri­vée des Qata­riens, tient-il à préciser, l'atmo­sphère était irres­pi­rable et on s'est fait agres­ser une fois avec ma fille. Je m'étais dit : 'Ben si c'est ça le football, ça ne vaut pas le coup...'", révèle dans les colonnes du quotidien celui qui avait pris l'habitude de partir avant le coup de sifflet final pour éviter la cohue. "Ce n'était pas très malin, car à cette époque, le PSG marquait souvent en fin de match et on a raté un nombre incalculable de buts...", s'auto-critique l'artiste. Ouest France titre: "il boycotte les matchs du PSG." Voilà pour le message de "vivre ensemble" adressé par cette région à Paris.

Suite à cette agression, Julien Clerc a tiré un trait sur le Parc des Princes
 
"Je n'y suis pas retourné depuis, même si je sais que l'ambiance a changé, insiste-t-il. Nico­las Sarkozy me dit tout le temps : 'Quand tu veux, on va au Parc ensemble, je t'emmène'. Mais j'habite à Londres, désormais".
 
Installé dans la capitale anglaise avec sa famille, Julien Clerc goûte désormais à l'ambiance festive des stades anglais. "J'aime l'ambiance très musi­cale avant les matchs, les chants, le public qui applaudit sur une action défensive de son équipe, le fait que les enfants peuvent venir avec leurs grands-parents", explique-t-il.

L'artiste n'affirme pas qu'il paie ses impôts en France et n'a pas placé sa fortune à Jersey.
En octobre 2017, quelques semaines après l'affaire Florent Pagny parti vivre au Portugal pour raisons fiscales, Julien Clerc avait tenu à se distinguer de son confrère au sujet de ses rapports avec le fisc. Même s'il est parti vivre à Londres, il affirmait dans Paris Match qu'il n'a "jamais cherché à fuir l'impôt".
"Je travaille en France, donc je paie mes impôts en France. Et il faut être un grand industriel pour éventuellement s'établir à l'étranger. Moi, mon argent, je le gagne en France. Et le souci de ma vie a toujours été d'être dans les clous. Je ne comprends pas la malhonnêteté sur ce sujet", lança dans Paris Match le septuagénaire qui est parti en Angleterre pour rejoindre ses enfants. 

Il pourrait rentrer en France, sous certaines conditions, annonçait-il
"Les gens qui pensent payer trop d'impôts ont raison de le penser." Voilà pour la démagogie. "Donner la moitié de ce qu'on gagne me semble normal, au-delà, c'est anormal", grondait Julien Clerc dans Paris Match en septembre dernier. Et voilà pour le populisme.
Bruno Le Maire n'a pas été entendu. Le patron de Bercy avait invité Pagny à "rester en France." 
Quant à Juju, depuis et plus de six mois après, il vit toujours en Angleterre. 
Et les Qatari ne l'ont pas fait rentrer...

samedi 10 mars 2018

Démagogie et discrimination : la SNCF distribue des chocolats aux femmes

Un délire de la Journée internationale des droits des femmes 

Une antenne locale de la SNCF avait prévu de distribuer des chocolats aux femmes, mais seulement en ...1ère classe !


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Chocolat blanc et chocolat noir ?
En prévision de ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, les salariés de la SNCF sur l'axe Sud-Est avaient reçu la consigne de distribuer des chocolats aux passagères de 1re classe des ...TGV Lyon-Paris, rapporte LCI. 
Une initiative immédiatement dénoncée par la CGT Cheminots de Lyon qui a pointé du doigt "une discrimination", ce qui n'avait pas effleuré l'esprit des responsables que pas un instant l'avantageux statut de cheminot ne choque d'ailleurs.

Face au scandale, la distribution de chocolats a finalement été annulée 

La direction nationale de la SNCF a nié toute implication et a assuré qu'il s'agit "d'une initiative locale sur l'axe TGV Sud-Est, déplacée et complètement contraire aux valeurs de la SNCF et aux consignes données en interne depuis des années".

Sur son compte Twitter, le groupe SNCF a d'ailleurs publié un communiqué pour rappeler que "les actions menées par SNCF tournent toutes autour de l'égalité des droits, de l'égalité des parcours professionnels et de la lutte contre le sexisme et le harcèlement". Et le gaspillage...

En 2015, c'était déjà en mars, eut lieu une tournée dans les gares parisiennes pour dévoiler à tous les secrets du Chocolat, à l’occasion de Pâques. C'était même la troisième édition du Train du Chocolat, une Expo Evénements SNCF avec Yves Thuriès lors d'une opération partage des informations gourmandes dans un Train Expo tout chocolaté ! Et pour toutes et tous.

Cette fois, les transgenres étaient-elles éligibles au privilège de ce traitement de faveur des femmes ?

mardi 2 janvier 2018

Voeux du président Macron : longs et egocentrés

Le prompteur et la gestuelle intrusive le distinguent de de Gaulle, dans la forme

De l'ancien avec de l'ancien : un non-événement

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Oeuvre du créateur préféré de Macron
L'entourage avait donner à croire que le président allait créer la surprise. Il n'en fut rien : le virage de la quarantaine a-t-il essoufflé Macron ? 

Pour ses premiers vœux, il tente de clarifier les ambiguïtés de son identité politique et de photoshopper son image. Après huit mois de mandat, le président de la République a défendu son premier bilan gouvernemental, mais en insistant sur les valeurs de "fraternité", de 'collectif" et d'engagement de la population, se la jouant JFK, en dépit de sa fin tragique. 

Le président s’est exprimé depuis le salon d’angle, dans "un cadre épuré", voire étriqué, selon certains, depuis son "plan de cuisine" à l’Elysée, selon d'autres. Les premiers, les thuriféraires, ont aussitôt vanté l'exploit de Jupiter parlant sans notes pendant 18 minutes. Les seconds, les critiques, ont trouvé la prestation longue, soulignant de surcroît qu'elle était enregistrée et prononcée avec prompteur - le macronien Jean-Louis Burgat, 72 ans, pour tenter de se donner de l'importance perdue n'ayant pas pu se tenir de balancer - (quand De Gaulle connaissait, lui, son texte par coeur).  Les plus fielleux reprochent à l'ex-banquier d'avoir surpassé l'interprète de son discours en langage des signes, à qui les bras en seraient tombés...  

Emmanuel Macron a lu un discours des plus classiques, dimanche 31 décembre 2017, pour ses premiers vœux aux Français en tant que président de la République, alors que son entourage élyséen faisaient courir depuis plusieurs semaines des bruits d’un possible renouvellement de ce genre ultra-codifié. Las, le nouveau s’est finalement inscrit dans les pas de ses prédécesseurs, ni moins, ni plus

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Sur la forme, il s’est exprimé peu après 20 heures, pendant dix-sept minutes, depuis l'un de ses bureaux du premier étage du palais. Les historiens de l’Elysée noteront que, avant lui, seul Valéry Giscard d’Estaing avait choisi cette pièce pour présenter ses vœux aux Français. Très attaché à la mise en scène de son pouvoir, le quadra nous a évité la déambulation, prenant la parole assis à une table au plateau en marbre, avec, devant lui, une feuille de papier et un simple crayon de bois, comme si le prompteur ne lui était pas indispensable.  Dans son dos, "les traditionnels drapeaux français et européen, augmentés du tableau représentant la Marianne de l’artiste Shepard Fairey", alias Obey, le tout devant une fenêtre ouvrant sur le parc illuminé du palais.   
On objectera au Figaro que les traditionnels drapeaux n'ont nul besoin d'être "augmentés"... A partir de là, on peut donc dire qu'à quarante ans, Macron n'est toujours pas parvenu à s'émanciper de Barack Obama qui restera dans l'Histoire grâce au créateur du poster 'HOPE' le représentant.

Parmi les incontournables, le chef de l’Etat a rendu hommage aux militaires français engagés à l’étranger et aux forces de l’ordre. Il n'a pas omis d'avoir une pensée pour les Français seuls en ce soir de réveillon.
 
Emmanuel Macron, libéral honteux

Résultat de recherche d'images pour "Supply and Demand Fairey"Il engage les Français à "faire ce à quoi je me suis engagé".
Sur le fond, E. Macron a tenu surtout à se façonner une identité politique. Après huit mois de mandat, l’ancien candidat de la disruption a défendu son premier bilan gouvernemental, citant notamment la loi travail, passée avec la complicité de ses élu-e-s de la "société civile" à l'Assemblée et les mesures dans l’éducation nationale.
Il a continué à marteler qu'’il a été élu pour "faire ce à quoi [il s’était] engagé" : de quoi culpabiliser son électorat ! Un "effet de langage" souvent mis à son crédit dans les enquêtes d’opinion sur sa popularité  - alors que les Français n'avait pas encore pris conscience de la série d'augmentations qui prennent effet au 1er janvier, à laquelle il s'était engagé" et qu’il a l’intention de perpétuer en 2018, alors que plusieurs réformes d’envergure (assurance-chômage, formation professionnelle, loi sur l’immigration, réforme de la Constitution, etc.) sont à l’agenda des prochains mois. 
"Je continuerai à faire ce pour quoi vous m’avez élu", a-t-il menacé.  Un message directement adressé à ses détracteurs et à l'ensemble de ses oppositions, de gauche comme de droite, à sa politique. "Toujours j’écouterai, j’expliquerai, je respecterai, mais toujours à la fin je ferai (…) C’est ce que vous attendez de moi", a-t-il ainsi rappelé à ses électeurs.  

Attaché à faire son auto-portrait.
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Par petites touches, Macron a tenu également à corriger son image. Qualifié de "président des riches" par les observateurs, souvent critiqué dans les sondages pour son manque d’empathie ou de proximité, le président de la République a parlé de "fraternité", de "cohésion nationale" et de "collectif". Passant en revue les "territoires ruraux", les "quartiers populaires", les "agriculteurs" ou les "fonctionnaires", mais occultant les maisons de retraites, il a ainsi tenté de montrer qu’il s’adressait à tous les Français et non pas seulement à ceux qui vont bien et tirent profit de la mondialisation. 
Alors que, le 15 octobre sur TF1, il avait vanté la réussite des "premiers de cordée" qui tirent, selon lui, l’ensemble de la société vers l’avant, Macron a cette fois semblé regretter "les succès de quelques-uns qui nourrissent les égoïsmes et les cynismes". Il a également critiqué les "divisions irréconciliables [qui] minent le pays" et défendu "un grand projet social" à venir (!) pour le pays, sans pour autant le détailler. 
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Mural que le "sens de l'Histoire" met à mal ...
Cette révision stratégique du discours ne s’applique pas en revanche à l’accueil des migrants en France. Critiqué récemment pour sa politique, jugée l'une des plus dures de ces dernières décennies en France, le chef de l’Etat est passé outre de possibles "tensions éthiques" et a refusé de reculer, se maintenant derrière sa "ligne humanité et efficacité". Si le droit d’asile pour les réfugiés est "un devoir moral [que] nous respecterons", Macron campe sur le territoire politique du Front national, martelant après Rocard que "nous ne pouvons accueillir tout le monde". 

Fidèle à sa volonté de "faire vivre la renaissance française" – une expression qu’il avait déjà employée lors de son entrée en fonction le 14 mai - et réactivée au Château de Chambord à l'occasion de son anniversaire privé - , le chef de l’Etat, qui vient d’avoir 40 ans, a conclu ses premiers vœux aux Français par un appel à l’action : "Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays", a-t-il déclaré. 
Des mots directement empruntés à John Fitzgerald Kennedy qui, lors de son discours d’investiture à la Maison Blanche en 1961, avait lancé à ses compatriotes américains : "Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre pays."
Une manière de se désengager : en cas d'échec(s), la faute incomberait aux Français !

Egocentrisme assumé : verbatim de ses propos tenus le 31 Décembre 2017
Mes chers compatriotes,
Alors que l’année s’achève, JE 1 suis heureux de vous retrouver pour vous présenter pour la première fois mes vœux pour l’année 2018. JE 2 vous espère en famille, au milieu de vos proches, de celles et ceux qui vous aiment.
JE 3 sais aussi que certains d’entre vous sont aujourd'hui au travail parce qu’ils font partie des forces armées ou des forces de l’ordre, parce qu’ils sont médecins ou personnels soignants, parce qu’ils sont en charge des transports ou de la continuité des services publics. JE 4 veux ce soir les remercier pour cet engagement.
JE 5 sais aussi que plusieurs d’entre vous ce soir sont seuls, souffrent ou sont malades et JE 6 sais que dans ces moments de fête et de retrouvailles, cette solitude et cette souffrance sont plus dures encore à supporter. Alors à nos concitoyens qui sont dans cette situation, JE 7 veux dire qu'ils appartiennent à une grande Nation et que les mille fils tendus qui nous tiennent, sont plus forts que leur solitude et JE 8 leur adresse une pensée fraternelle.
L'année 2017 s'achève et JE 9 ne veux pas passer trop de temps à revenir sur celle-ci ; ce fut l'année du choix : le choix du peuple français, votre choix par lequel vous m'avez attribué votre confiance et avec elle votre impatience, vos exigences, vos attentes ; J' 10 en suis pleinement conscient. Aussi, depuis mon élection en mai dernier, JE 11 me suis attaché à simplement faire ce à quoi JE 12 m'étais engagé durant la campagne présidentielle. Le Premier ministre, son gouvernement sont à la tâche depuis le mois de mai dernier avec un Parlement profondément renouvelé, pour mettre en œuvre ses engagements. Par vos choix durant l'année 2017, vous avez profondément renouvelé notre vie politique et vous avez permis qu'une transformation en profondeur de notre pays advienne : à l'école pour nos enfants, au travail pour l'ensemble de nos concitoyens, pour le climat, pour le quotidien de chacune et chacun d'entre vous. Ces transformations profondes ont commencé et se poursuivront avec la même force, le même rythme, la même intensité pour l'année 2018.
L'année qui s'ouvre en effet est celle de nombreux défis et nous construisons là une bonne part de notre avenir. Pour nos territoires ruraux où nous devons construire l'accès à la téléphonie mobile et au numérique, aux transports et permettre plus d'innovations économiques et sociales, pour nos quartiers populaires, en permettant la mobilité économique et sociale et en luttant contre les discriminations ; pour nos agriculteurs en leur permettant de vivre dignement du prix payé ; pour nos Outre-mer qui ont beaucoup souffert ces derniers mois et auxquels JE 13 veux adresser un salut tout particulier ; en adaptant nos règles et en construisant des filières économiques fortes qui permettent davantage d'autonomie énergétique et de créations d'emplois ; pour l'égalité entre les hommes et les femmes qui nécessitera là aussi des changements de loi et un ressaisissement de toute notre société ; pour les indépendants et les entrepreneurs, avec des règles simplifiées ; un droit à l'erreur enfin réalisé ; pour les salariés, en permettant la formation tout au long de la vie et des sécurités nouvelles ; et pour nos fonctionnaires en clarifiant leurs missions et nos attentes et en récompensant leurs efforts. Vous le voyez, tous ces chantiers jalonneront l'année 2018 et impliqueront un engagement plein et entier du Premier ministre et de son gouvernement.
JE 14 continuerai à faire ce pourquoi [ce pour quoi ?] vous m’avez élu : rendre la France plus forte et plus juste ; permettre, non pas d'adapter notre pays aux changements du monde, mais lui permettre d'être ce qu'il est : un pays fort avec une exigence universelle qui, parce qu'il est plus fort, produit davantage, peut justement assurer la solidarité sur le sol national et avoir une exigence humaniste à l'international.
JE 15 sais que plusieurs d'entre vous ne partagent pas la politique qui est conduite par le gouvernement aujourd'huiJE 16 les respecte et JE 17 les écouterai toujours ; JE 18 m'assurerai que tous les débats soient conduits et que toutes les voix y compris discordantes soient entendues mais pour autant, JE 19 n'arrêterai pas d'agir. Toujours J' 20 écouterai, J' 21 expliquerai notre situation et la réalité de celle-ci ; JE 22 respecterai et toujours à la fin, JE  23 ferai car c'est ce dont notre pays a besoin et c'est ce que vous attendez de moi.
En 2018, nous aurons à conduire d'abord sur le plan international plusieurs combats et des actions déterminées : la lutte contre le terrorisme islamiste au Levant, au Sahel et sur notre sol national et à ce titre, JE 24 veux ce soir avoir une pensée pour nos militaires qui sont en ce moment même sur ces théâtres de bataille ; JE 25 pense à leurs camarades tombés cette année. Nous gagnerons cette bataille contre le terrorisme. JE 26 veux aussi rendre hommage aux policiers et aux gendarmes qui chaque jour luttent contre ce terrorisme islamiste et vous protègent au quotidien.
Mais c'est la paix qu'il nous faut aussi gagner à l'international, c'est-à-dire ce travail indispensable pour notre sécurité mais aussi parce qu'il est notre mission universelle, ce travail pour garantir la stabilité des Etats et assurer le respect de toutes les minorités. C'est ce que nous avons fait au Liban, c'est ce que nous faisons aujourd'hui au Sahel et ce que nous continuerons à faire en Syrie, au Proche-Orient comme en Afrique ; c'est une grammaire de la paix et de l'espérance qu'il nous faut aujourd'hui réinventer dans nombre de continents.
Sur le plan européen, l'année 2018 sera aussi décisive. Vous le savez, JE 27 me suis pleinement engagé dans cette bataille car JE 28 crois très profondément que l'Europe est bonne pour la France ; que la France ne peut pas réussir sans une Europe elle aussi plus forte. Mes chers concitoyens européens, 2018 est une année toute particulière et J' 29 aurai besoin cette année de vous. JE 30 souhaite en effet que par ces consultations citoyennes, vous puissiez vous exprimer, dire ce que vous voulez pour l'Europe quelques mois avant nos élections européennes et permettre à vos gouvernants de dessiner un grand projet ; nous avons besoin de retrouver l'ambition européenne, de retrouver une Europe plus souveraine, plus unie, plus démocratique parce que c'est bon pour notre peuple. JE 31 crois très profondément que l'Europe peut devenir cette puissance économique, sociale, écologique et scientifique qui pourra faire face à la Chine, aux Etats-Unis en portant ces valeurs qui nous ont faits et qui sont notre histoire commune. J’ 32 ai besoin de votre détermination pour ce sursaut européen et J’ 33 ai besoin qu’ensemble nous ne cédions rien ni aux nationalistes ni aux sceptiques.
Pour ma part, JE 34 continuerai à travailler avec chacun de nos partenaires européens et tout particulièrement avec l'Allemagne. Ce colloque intime avec nos amis allemands est la condition nécessaire à toute avancée européenne ; elle n'exclut pas le dialogue avec tous nos autres partenaires mais elle est ce par quoi tout commence. J' 35 ai besoin que nous allions plus loin sur ce plan-là aussi et que nous rompions avec les habitudes passées, que nous retrouvions ce goût en commun d'un avenir dont nous décidons pour nous-mêmes.
Enfin, sur le plan national, l'année 2018 sera à mes yeux celle de la cohésion de la Nation. Nous nous sommes trop longtemps, trop souvent divisés. Les débats sont nécessaires, les désaccords sont légitimes mais les divisions irréconciliables minent notre pays. Je veux plus de concorde pour la France en 2018. Pour cela, JE 36 veux avant toute chose miser sur l'intelligence française car nous avons cela en nous. L'école doit être le creuset de cette cohésion nationale et nous continuerons de la renforcer ; la formation tout au long de la vie est l'indispensable protection qui permettra à chacun de faire face aux grands changements et de mieux les comprendre, d'être formé à de nouveaux métiers. La science est un levier indispensable pour réussir à préparer notre avenir et c'est pourquoi notre recherche est déterminante et notre culture est ce socle commun de notre imaginaire, un imaginaire dont nous avons besoin, un imaginaire d'avenir où chacune et chacun doit pouvoir se retrouver.
JE 37 veux ensuite miser sur le travail. Le travail est au cœur de notre société d'abord parce qu'il est ce qui permet à chacun de trouver sa place, de progresser dans la vie, de s'émanciper de son milieu d'origine si c’est la volonté que chacun porte mais c'est aussi par le travail que notre Nation sera plus forte parce qu'elle produira, parce qu'elle s'enrichira ; nous avons besoin du travail et JE 38 le défendrai sans relâche en permettant à chaque travailleur de gagner davantage par celui-ci, en formant nos concitoyens qui sont au chômage pour qu'ils puissent retrouver un travail et les compétences nécessaires pour cela, en formant nos jeunes par l'apprentissage ; le travail est le cœur de notre projet en commun.
JE  39 veux aussi miser sur la fraternité. La fraternité, c'est ce qui nous unit, ce qui nous a fait un, ce qui nous tient ensemble. JE 40 crois dans la réussite, dans les succès mais que valent ces succès s'ils ne sont en quelque sorte que les succès de quelques-uns ? Que s'ils nourrissent les égoïsmes ou les cynismes ? Rien de bien durable. Tant de Nations sont en train de se fracasser parce que seuls quelques-uns y réussissent ! Nous avons en effet besoin de repenser un grand projet social pour notre pays, c'est celui-ci que JE 41 déploierai durant l'année qui s'ouvre. C'est celui qui doit inspirer notre politique de santé, notre politique en faveur de celles et ceux qui vivent en situation de handicap, notre politique d'hébergement pour les sans-abri, notre politique sociale aidant les plus démunis. Sans cela, sans cette exigence humaniste, notre pays ne se tiendra pas uni. Cela implique des règles et de la rigueur aussi et JE 42 sais parfois quelques tensions éthiques que JE 43 ne sous-estime pas et que J' 44 assume pleinement. JE 45 veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri. Le gouvernement s'est beaucoup engagé ces derniers mois en cette direction et a beaucoup amélioré les choses mais il y a encore des situations qui ne sont pas acceptables et que JE 46 n'accepte pas davantage que vous. Nous continuerons donc l'effort indispensable pour réussir à pleinement respecter l'engagement que J' 47 ai moi-même pris devant vous.
Comptez sur ma détermination entière en la matière.
Nous devons aussi accueillir les femmes et les hommes qui fuient leur pays parce qu'ils y sont menacés en raison de leur origine, de leur religion, de leurs convictions politiques. C'est ce qu'on appelle le droit d'asile. C'est un devoir moral, politique et JE 48 ne céderai rien. Nous respecterons celui-ci ; nous continuerons à accueillir ces femmes et ces hommes parce que la France est leur patrie mais pour autant, nous ne pouvons accueillir tout le monde et nous ne pouvons le faire sans qu'il y ait des règles. Il est aussi indispensable que nous puissions contrôler l'identité de chacune et chacun et lorsque quelqu'un qui arrive sur notre territoire ne relève pas du droit d'asile et n'a aucune chance d'obtenir la nationalité française, nous ne pouvons accepter qu'il reste des mois, des années dans une situation d'irrégularité qui n'est bonne ni pour lui ni pour le pays. Il faut donc là aussi des règles simples et des règles respectées et donc de la rigueur. JE 49 m'attacherai à ce que notre pays se tienne à cette ligne d'humanité et d'efficacité.
Enfin, notre cohésion nationale dépend aussi de votre engagement. Oui, la cohésion de la Nation, ça n'est pas simplement le travail du président de la République, de son Premier ministre ou du gouvernement ; c'est le travail de chacune et chacun d'entre vous. Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays et au-delà de votre quotidien, de votre vie, parfois de ses difficultés, dites-vous toujours que vous appartenez à un collectif plus fort, plus grand que vous : la Nation française. C'est ce collectif qui vous a éduqué, qui vous soigne, qui quand vous tombez, vous aide à vous relever, qui vous aidera dans vos vieux jours et dites-vous à chaque instant que vous avez quelque chose à faire pour la Nation. J' 50 ai besoin de cet engagement.
Chaque jour, depuis que JE 51 suis élu Président de la République, J' 52 ai pu constater dans notre pays ces miracles de solidarité, d'engagement et d'enthousiasme ; c'est de cela dont J' 53 ai besoin et c'est pour cela que J' 54 ai besoin de vous. Le peuple français est un grand peuple qui parfois sous-estime ses propres ressorts intimes. Nous sommes capables de l'exceptionnel.
Alors, mes chers compatriotes, ce soir JE 55 m'adresse à vous avant qu'une nouvelle année ne s'ouvre. Il y aura des difficultés, il y aura sans doute des choses que nous n'avons pas prévues ; vous aurez peut-être dans vos vies personnelles des moments de doute, des drames, mais n'oubliez jamais que nous sommes la Nation française. Et ce soir, JE 56 veux vous dire que c'est avec cet esprit de conquête que nous avons en partage, avec cette détermination entière, cette ambition sincère pour notre pays et pour chacun d'entre vous, avec cette volonté de faire vivre notre Renaissance française que JE 57 vous présente tous mes vœux pour l'année 2018.
Vive la République et vive la France.

mardi 5 septembre 2017

Mépris de Macron pour la presse : "Les journalistes ne m'intéressent pas"

Narcisse Macron reproche à des journalistes de "s’intéresser trop à eux-mêmes"

"Les journalistes ne m'intéressent pas; ce sont les Français qui m'intéressent; c'est ça qu'il faut comprendre", a lâché Emmanuel Macron...

Discrimination ou ostracisme ? 
A en croire les sondages, le président trentenaire ne parvient pas à étreindre bien. Ce n'est pourtant pas faute d'embrasser peu. Alors, le président frustré a manifesté son irritabilité lundi, lors de sa visite d'une école à Forbach (Moselle), après cent jours de diète imposée de l'information, il fallait oser... 
Quand France 2 l'a interrogé sur son mode de communication, il a reproché aux journalistes de "s'intéresser trop à eux-mêmes et pas assez au pays". Après qu'ils l'ont beaucoup servi comme candidat, le président s'en dégage. Dégagisme à l'envers...

De la verticalité à l'horizontalité verticale ou à la verticalité horizontale?

Il s'est mis en images pendant tous les cent premiers jours, seul ou en couple, en Une partout et sur tous les écrans, mais le voici qui réforme sa com'. Début août, Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, défendait encore la volonté de son président de ne pas multiplier les prises de parole. "Je comprends que ça puisse agacer, interroger mais j'ai le sentiment qu'il va falloir, pour vous comme pour moi, qu'on s'y habitue parce que le président a décidé de ne pas être un commentateur mais un acteur", a raillé Castaner, lors du compte-rendu du conseil des ministres du 2 août.

Mais, début septembre, quelques jours après les critiques suscitées par l'annonce d'une baisse des aides au logement (APL), Jupiter a recadré son dispositif politique. Il compte passer de la "parole rare" - la verticalité jupitérienne - , à "l'explication" en continu - l'"horizontalité présidentielle" - qui "donne systématiquement du sens aux choses", le sens officiel, tombé d'en haut sur le pauvre peuple. 
Pour éviter les polémiques, Jupiter va s'essayer à la pédagogie. 
Convaincre ou se vautrer, car l'horizontalité vise à donner plus de place au citoyen. Or, Macron va continuer à se mettre en avant et à étouffer ce citoyen et ses représentants...
Jupiter a décidé d'ajouter le son à l'image. 
Ainsi menace-t-il de traquer les Français jusque sur les radios publiques et privées : passé acteur de feuilleton radiophonique, il assurera lui-même le commentaire de son action. Les décrypteurs de la "pensée complexe" du président devront se recycler dans les emplois aidés médiatiques. Laurent Neumann ne voit toutefois pas pourquoi il ne continuerait pas de faire du commentaire de commentaire. 

Jupiter a-t-il compris que l'horizontalité n'appartient pas à la culture des Français ? 
Pour obtenir plus d'égalité ou de liberté, ils ne s'adressent pas à leurs concitoyens; ils se tournent vers leur hiérarchie dont ils attendent qu'elle les imposent à leurs voisins plutôt qu'à eux-mêmes.  Plutôt que des explications et de la parlotte, ils attendent des actes et s'ils sont justes et bons, ils n'ont besoin ni de pédagogie, ni de rhétorique. Ni d'un bonimenteur.


"L'important n'est pas de parler de moi"


En fait, Macron pense pouvoir parler de lui-même mieux que quiconque.

Il ne laissera ce soin à personne d'autre que lui. "Les journalistes ne m'intéressent pas, ce sont les Français qui m'intéressent, c'est ça qu'il faut comprendre", a-t-il rétorqué à un journaliste qui lui demandait pourquoi il "parlait peu". 
"Quand les journalistes passent leur temps à s'interroger sur la communication, ils ne parlent pas des Français, ils parlent d'eux ! C'est ce que vous êtes en train de faire", leur a-t-il reproché.


"Vous êtes venus avec moi pour la rentrée scolaire. Il y a 12 millions d'enfants qui rentrent. L'important n'est pas de parler de moi", a-t-il lancé, leur faisant la leçon. Bien, mais c'est aussi la rentrée des enseignants: sont-ils moins vendeurs que les petits enfants à leur maman ? 
"Il faut parler quand on a quelque chose à dire, donner du sens. Je ne suis pas dans un miroir qui fait qu'on parle toujours de comment on doit parler", a-t-il polémiqué.

"Parlez-moi des Français !": l'homme d'action est-il un démagogue?

"Mais les journalistes ont un problème.
 [...] Ca fait cinq minutes que vous me parlez et vous ne me parlez que des problèmes de communication et de problèmes de journalistes; vous ne me parlez pas de la France", a-t-il conclu, avant de déjeuner à la cantine avec des parents d'élèves et les enfants. La colère du Jupiter de l'Elysée n'est-elle pas un peu trop saine pour être honnête? Comment le maître peut-il se plaindre de ses serviteurs avec tant d'ingratitude ? Que le couple ait des problèmes ne nous regarde pas et encore moins que l'épouse sexagénaire du trentenaire a dû en prendre plein les dents la veille, mais cette polémique politicienne est trop injuste et artificielle : tous sauf lui ! 

La vengeance ciblée de Macron ne s'adresse pas à l'ensemble de la corporation
Il répondait à une équipe de Complément d'enquête de France 2 venue l'accompagner à Forbach pour préparer un sujet sur la communication du président de la République.
C'est Complément d'enquête qui est dans le viseur.
A la rentrée 2017, ce magazine d'investigation devait être présenté par Nicolas Poincaré comme depuis 2014, mais on a appris en août que France 2 a recruté Thomas Sotto, 44 ans, à Europe 1 où il doit céder sa place en septembre 2017 à Patrick Cohen, lequel est ainsi coupé de son réseau d'influence à France Inter. Poincaré aurait souhaité se consacrer pleinement et exclusivement à Europe 1 où il anime la tranche du soir. 
Au coeur de ce jeu de chaises musicales, Sotto est-il bien en cour à l'Elysée ? Son nom avait circulé pour co-animer "L'émission Politique" avec Léa Salamé, mais il assurera donc la rédaction en chef de "Complément d'enquête" diffusée le jeudi soir, après "Envoyé spécial". 
Thomas Sotto avait animé dans les années 2000 une émission d'actualité dédiée aux enfants sur le service public. Il est ensuite passé par Direct 8 avant de rejoindre la chaîne BFMTV en tant que grand reporter et animateur de plusieurs grandes tranches. Puis, pendant deux ans, il a incarné le magazine "Capital" sur M6 qu'il a quitté pour se consacrer exclusivement à l'animation de la matinale d'Europe 1. C'est son retour à la télévision.
Ce Thomas devient de surcroît joker de Laurent Delahousse pour les JT de 20h du week-end et de 19h le dimanche sur France 2...

Macron place ses hommes à tous les niveaux mais nous parle d'horizontalité
Inutile de nier que la démocratie a besoin de relais hiérarchiques, mais elle manque d'hommes de terrain. Macron est allé en chercher dans la société civile pour les poser, tels des santons de la crèche, au Parlement, mais il n'a pas fallu trois mois pour constater qu'il n'a recruté que des arrivistes et des godillots ignorants de la chose politique.  Que n'a-t-il laissé les meilleurs d'entre eux où ils étaient, à la base où ils auraient pu servir la république - et non pas son souverain - à la hauteur de leur compétence, de leur jeunesse et de leur désir de labourer le terrain au pas lent de la concertation qu’implique la démocratie vu la morosité ambiante et le désenchantement croissant ? 

Au chef, la tribu donne ostensiblement le pouvoir : il détient le bâton de parole, a seul le droit d’avoir plusieurs femmes et ordonne à tous qui lui doivent obéissance. Ils ont délégué leur autorité. Mais, derrière cette élection en grande pompe, le pouvoir est clairement circonscrit aux cercles concentriques des favoris élus et des épouses choisies, auxquelles on accorde un pouvoir qui ne devrait pas sortir de l'alcôve conjugale et, au final, il est contrôlé, concentré. Le reste, l'horizontalité, n'est que faribole : du "pipi de chat," a dit Macron en juillet du travail de ses ministres. Et Macron ne se prend pas pour une crotte.

Les régimes qui, dans le monde, ont accordé la primauté à la parole sont tombés de la démagogie dans la propagande et le totalitarisme.  Macron est de l'étoffe des Narcisse amoureux d'eux-mêmes, dans la presse et la politique, et des grands paranoïaques de l'Histoire, épris de pouvoir personnel et de domination, jusqu'à l'asservissement des peuples.