POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est grève générale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est grève générale. Afficher tous les articles

dimanche 11 novembre 2018

Education nationale : appel unitaire à la grève générale, lundi 12

Les profs refusent d'être le "fusillés pour l'exemple" de la politique de Macron 

Le budget 2019 de Macron prévoit de supprimer 2.650 postes dans les collèges et lycées publics, 550 dans le privé, 400 dans l'administration

Résultat de recherche d'images pour "greve 12 novembre 2018"Aucun prédécesseur de Macron avant 2011 n'avait fait l'unanimité contre lui comme ce lundi 12. Comme un seul homme, les syndicats lancent un appel à la grève contre les suppressions de postes qui frapperont l'Education et il rassemble toutes les organisations syndicales, dans le public et dans le privé.

Les syndicats des fédérations FSU (SNU-ipp), CFDT et Unsa, dans le primaire (écoles maternelles et élémentaires) et le secondaire (collèges et lycées) ont appelé à la grève, dans le public et le privé, pour réclamer l'annulation de ces suppressions de postes. 

Les syndicats de l'Education nationale d'autres fédérations (CGT, Sud, FO) ont eux aussi lancé un appel à la grève, contre les suppressions de postes, mais aussi contre la réforme de l'enseignement professionnel, la réforme du lycée et plus largement contre "la casse du statut général de la fonction publique".

Enfin, le syndicat SNALC s'est associé, lui, aux deux plate-formes. "Ce sont deux appels distincts mais, au final, tous les syndicats appellent à la grève", avec comme dénominateur commun l'opposition à la suppression de postes dans l'Education nationale, résume Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. 

Stéphane Crochet, à la tête du SE-Unsa, souligne que c'est la première fois depuis 2011 qu'un appel à la grève rassemble toutes les organisations syndicales sur une thématique éducation. En 2011, les enseignants s'étaient mobilisés contre une réforme des carrières et de l'évaluation des professeurs, mesure qui était tombée aux oubliettes avec l'arrivée du président socialiste François Hollande à la présidence.

Un budget à courte vue


Quelque 1.800 postes seront créés au primaire, en vertu de "la priorité au primaire" voulue par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. 

Mais l'agence des statistiques du ministère de l'Education, la Depp, prévoit ainsi une hausse de 40.000 élèves à chaque rentrée entre 2019 et 2021. Les personnels "ne comprennent pas" les réductions d'effectifs dans le secondaire, au regard de la poussée démographique attendue en collège et lycée, souligne Catherine Nave-Bekhti.  
Et ces suppressions annoncées passent d'autant moins du fait de l'insécurité grandissante dont les Français ont pris brutalement conscience lors de la révélation du braquage, avec une arme factice, d'une enseignante par un lycéen, en plein cours d'un établissement de Créteil en octobre, ajoute Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, syndicat hégémonique dans le secondaire. 
Le gouvernement avait alors donné à croire que des mesures allaient être prises pour renforcer les équipes pédagogiques (enseignants, conseillers principaux d'éducation, mais aussi psychologues, médecins, infirmiers de l'Éducation nationale), et non d'un affaiblissement, avance-t-elle.

Enfin, le nombre des suppressions de postes peut ne pas paraître faible à la presse par rapport à la totalité des agents de l'Education nationale (environ un million), mais les syndicats s'attendent à ce qu'elles soient suivies d'autres réductions d'effectifs. Emmanuel Macron a indiqué vouloir supprimer 50.000 postes dans la fonction publique d'Etat d'ici 2022. L'Education nationale, qui représente la moitié des effectifs de cette branche de la fonction publique, risque d'être saignée, souligne Frédérique Rolet.

Le Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, qui a lui aussi appelé à la grève dans le sillage de la FSU, s'agace d'"une pseudo-priorité" donnée au primaire, affirmant que les postes créés sont loin de couvrir les besoins nés du dédoublement des classes de CP et CE1 en zone d'éducation prioritaire. 
Plus largement, le syndicat critique la politique de Jean-Michel Blanquer, qui donne "le tournis" et crée "une école de la défiance", à l'encontre de "l'école de la confiance" voulue par le ministre. Jolie formule...

De nombreux établissements seront impactés ce lundi, de la maternelle aux lycées, en passant par les collèges
Fédération de parents marqués à gauche, la FCPE soutient la grève du 12 novembre. "Réduire le nombre de postes, c'est aussi faire le choix de l'aggravation des inégalités," fait-elle valoir.

Des manifestations sont prévues dans les grandes villes. A Paris, par exemple, un cortège s'élancera à 14 heures pour rallier le ministère. 

jeudi 26 avril 2018

Education nationale : 4 circulaires Blanquer pour sauver nos écoliers du grand n'importe quoi

L'Education nationale publie 4 circulaires de"recommandations" aux enseignants

Les professeurs ne devraient plus pouvoir interpréter les textes comme les magistrats la loi

Résultat de recherche d'images pour "Blanquer"
Ministre en marche avant
L'Education nationale publie jeudi pour les enseignants de l'école primaire, quatre circulaires, qui détaillent des "recommandations" sur la meilleure manière d'inculquer les bases du calcul, de la lecture et de la grammaire, pour aider à "la réussite des élèves", indique, jeudi 26 avril, Jean-Michel Blanquer dans un entretien au journal Le Parisien, quotidien qui devient résolument porte-parole du gouvernement.

"L'idée n'est pas d'homogénéiser les pratiques, mais de créer une référence commune. Ce n'est pas la même chose" de Lille à Marseille, explique le ministre de l'Education nationale au journal. 
"Bien des manières de faire sont possibles pour les professeurs. Mais il y a un cadre et je crois que beaucoup d'enseignants l'attendaient. La liberté pédagogique n'a jamais été l'anarchisme pédagogique", affirme-t-il. 

"Ne nous trompons pas d'objectif : la liberté pédagogique est un moyen mais la finalité est la réussite de tous les élèves," a-t-il lancé.
Jean-Michel Blanquer assure avoir : "Une grande confiance dans l'action des professeurs. Ils recherchent par définition la réussite des élèves et ces textes vont les aider dans ce sens".

Le ministère apporte les moyens de la réussite de toutes et tous

Résultat de recherche d'images pour "Blanquer"Des milliers de livrets sur "l'apprentissage de la lecture au CP", de 130 pages chacun, sont partis du ministère pour toutes les écoles de France, rapporte également Le Parisien. 
Concernant la lecture, le ministre est ferme : "Entre quelque chose qui ne marche pas - la méthode globale - et quelque chose qui fonctionne - la syllabique - il ne peut y avoir de 'compromis' mixte. Ce sujet ne relève pas de l'opinion, mais de faits démontrés par la recherche. C'est très clair".
Blanquer "recommande vivement l'existence d'un manuel pour tous les élèves, explicite, linéaire, clair".

Au sujet de la grammaire : "Fort heureusement dans la majorité des écoles, les pratiques des enseignants correspondent à nos recommandations. Mais ils y sont parvenus par tâtonnements. Désormais, il existe une référence", souligne-t-il.

Et le ministre de conclure : "Nous sommes en train de faire un pas vers le futur. Ce que nous proposons, ce ne sont pas les méthodes de la IIIe République. Ce sont celles du XXIe siècle, qui puisent au meilleur de la tradition et au meilleur de la modernité".


Blanquer ne craint pas les grèves 

Blanquer s'attendait à des "grèves limitées" dans les écoles jeudi 19 avril
Saint-Dié (Vosqges), le 18 avril 2018
Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, s'est en effet déclaré confiant lundi que les réformes seront "bien comprises des professeurs"
Interrogé sur RTL sur l'ampleur de la mobilisation dans l'Education nationale jeudi, J.-M. Blanquer a répondu: "On ne peut jamais dire à l'avance ce genre de choses, mais je pense qu'elle ne sera pas trop forte parce qu'en ce moment, il y a une atmosphère de réforme à l'Education nationale, qui est en général bien comprise par les professeurs".
"Ils peuvent avoir des motifs d'insatisfaction qui, bien sûr, remontent à loin, mais la grande majorité d'entre eux comprend le sens des réformes que l'on fait", a-t-il ajouté.

"Normalement les grèves seront limitées", insiste-t-il. "Je pense qu'on n'a absolument pas besoin de grève pour se parler (...) Je n'ai pas besoin d'une grève pour comprendre les revendications (...) On n'a pas besoin de grève en France", a-t-il martelé.

Suite au mouvement des fonctionnaires du 22 mars, le syndicat communiste CGT et le trotskiste Solidaires avaient appelé à une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle - de convergence des luttes - le jeudi 19 avril 2018 partout en France pour défendre leur avenir et leur pouvoir d'achat, rejoints par les cheminots (vidéo ci-dessous à Saint-Dié, où Macron a été copieusement hué et sifflé le 18 avril 2018)


ils s'étaient donné rendez-vous pour une manifestation nationale à Paris contre la réforme de la SNCF annoncée par le gouvernement, avant leur grève séquencée d'avril à juin. Voire juillet, si affinité de l'opinion et des usagers.

Prochaine mobilisation, le mardi 1er mai.

dimanche 12 juin 2016

L'extrême gauche offre à Valls d'organiser son pot de départ dans la rue

L'extrême gauche se rassemble en contre-meeting hostile à Valls et au PS

Des opposants à la loi travail 
étaient réunis ce dimanche au théâtre Déjazet à Paris
.
 
Parmi ces acteurs du mouvement social, associatifs, politiques et militants, féministes et écologistes rassemblés à l'initiative de la Fondation Copernic, cercle de réflexion antilibéral, Frédéric Lordon, l'inspirateur de 'Nuit Debout', qui cherche un second souffle, avait la vedette. 
La fondation Copernic prétend n'être liée à aucun parti politique, aucun syndicat, aucune association, mais ne s'adresse qu'à eux, en tant que contestataires de l’ordre néolibéral et refusent que l’action politique soit réduite à l’accompagnement social de ses contre-réformes.Copernic se veut également initiatrice de mobilisations. Ainsi favorise-t-elle  la création de collectifs pour le "non de gauche" au Traité constitutionnel européen (2005), comme elle avait précédemment organisé, avec le Mouvement de la Paix, le rassemblement contre la Guerre en Irak (2002), puis engagé la campagne "Travailler tue !" (2009). Elle a initié ensuite, avec ATTAC, la campagne contre le projet de réforme reculant l’âge de la retraite (2010), avant de lancer, fin 2011, avec le DAL et la Plate-forme Logement des Mouvements sociaux, une grande campagne nationale unitaire "Contre le logement cher : un toit, c’est un droit !".
Parallèlement, dans le cadre d’une revendication qualifiée "d'égalité des droits", Copernic a lancé la campagne "Homos, hétéros, même loi, mêmes droits".
Enfin Copernic a participé au lancement du collectif "Pour un Audit citoyen de la Dette publique" et de prendre part au collectif "Pour un pôle public financier au service des droits" (2012). Depuis 2012, Copernic observait un silence qui s'apparentait à de la complicité.
Copernic organisait un contre-meeting à celui du PS

Quatre jours après celui organisé par Valls, Cambadélis et le Parti socialiste en défense du projet de loi travail, à huis-clos et sous haute protection, le 8 juin aux Salons de l'Aveyron - à Paris Bercy - dans le XIIe, pour pourfendre la droite sans épargner la gauche hostile au texte, les opposants les plus à gauche au texte de Valls porté par Myriam El Khomri se sont donné
rendez-vous  en matinée ce dimanche au théâtre Déjazet, dirigé - depuis 40 ans- par Jean Bouquin (ci-contre),  dans le IIIe arrondissement de Paris, celui de la Place des Vosges et du quartier gay, à l’appel de la Fondation Copernic. Objectif de combat: le "retrait" du projet de loi passé en force à l’Assemblée et qui arrive lundi en séance au Sénat.

Un meeting sans tête d’affiche médiatique de la gauche du PS : pas de Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), ni d’Olivier Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste) ni de Pierre Laurent (le patron du PCF, annoncé néanmoins, mais finalement retenu à Rome, "car il n’a pas trouvé d’avion" (du fait de la grève des pilotes!), a précisé sa remplaçante Marie-Pierre Vieu, présidente du groupe Front de gauche en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénée, sous les rires de la salle).
Les seules figures du jour sont des seconds couteaux,
Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble !, membre du Front de gauche, le plus à gauche des socialistes Gérard Filoche, et Frédéric Lordon, qui, après des interventions à Nuit Debout, sur la place de la République voisine, s'affiche en tribune commune avec des politiques.

"52 articles scélérats"
"C’est la panique là-haut, ils ont peur, attaque Filoche, débit de mitraillette [et donneur de sperme: il est le père biologique de Louise, fille d'un couple d'amies homosexuelles], sans notes. Ce n’est pas un article […] Les 52 articles sont scélérats". L’ancien inspecteur du travail, membre du PS, insiste sur le "dumping social" que créerait, selon lui, la loi travail si elle était mise en œuvre : "Tout va être revu, entreprise par entreprise, à la baisse, souligne-t-il. L’ordre public social […], c’est ça qu’ils sont en train de mettre à bas." 
Les politiques alternent au micro avec des syndicalistes [CGT, Solidaires et Sud] de différents secteurs (énergie, ferroviaire, chômeurs, la Poste…) qui en appellent à la mobilisation mardi 14 juin à Paris. Le responsable de Sud Rail regrette les dates de mobilisation trop espacées pour réussir à "paralyser ce pays par la grève reconductible".

La communiste Marie-Pierre Vieu fait huer et siffler le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Elle se moque ensuite des "violences" des hooligans à Marseille qu'elle juge plus importantes que celles des manifestants contre la loi El Khomri. "La loi, jusqu’à présent, protégeait le salarié, lance l’élue PCF du Sud-Ouest, ancienne présidente de l'UNEF et enseignante. Aujourd’hui, la loi telle qu’elle est prévue ouvre aux pires régressions." Elle en appelle à "faire tomber le gouvernement" lors du retour de la loi à l’Assemblée début juillet et à construire – rengaine de ce côté-ci de la gauche – une "unité politique".

"Si les parlementaires PS étaient encore de gauche…"

Willy Pelletier, le porte-parole de la Fondation Copernic n’hésite pas à qualifier de "gouvernement de droite" celui de François Hollande, avec un "ADN, celui de la trahison, la trahison de tous ceux qui l’ont élu". Le plus inquiétant, selon lui, serait "cette docilité des parlementaires PS, poursuit-il. Ce sont eux qui offensent l’histoire du mouvement ouvrier […]. S’ils étaient encore de gauche, ils devraient tous se révolter. Se mettre en grève avec nous". La salle s’en mêle : "Valls dégage !" envoient quelques personnes parmi la centaine qui s’est déplacée dans le théâtre. "On organise ton pot de départ dans la rue !" conclut Pelletier.

"J’ai le sentiment qu’on n’a pas encore gagné la guerre, mais on a gagné une première bataille, se félicite Clémentine Autain, ravie que des thèmes de gauche se soient invités dans le débat politique français depuis six mois. Ils ont les nerfs, poursuit-elle, même le premier ministre a le temps de s’occuper de moi en disant que je suis une islamo-gauchiste." Ancien ministre de l'Intérieur, il doit disposer d'informations.... Autain déplace cette "bataille politique" à "l’échelle européenne" et demande elle aussi que ces forces de gauche anti-gouvernement, "sociales et politiques", se "fédèrent". "Ils n’ont pas de majorité sociale, ils n’ont pas de majorité politique et ils utilisent des méthodes de violence politique pour tuer ce mouvement", accuse Autain, une ex-chargée de mission auprès du groupe d'études sur les discriminations fondé par Martine Aubry. 

"Il s’agit d’un non pour toute l’œuvre du gouvernement depuis qu’il est au pouvoir", enchaîne Aurélie Trouvé, d’Attac, avant que Danielle Simonnet, du Parti de gauche, reprenne la plaisanterie du jour :"Ça va mieux quand même", dit-elle en référence au gimmick de François Hollande et de ses proches.

Le "vent de révolte" appelé des voeux de Ségolène Royal

Quand elle prononce le nom de Jean-Luc Mélenchon, quelques personnes au fond de la salle grondent. Elle se fait en revanche applaudir quand elle décline les raisons de "se battre […] contre l’inversion de la hiérarchie des normes". Ce projet de loi, "c’est une exigence de Bruxelles", continue Simonnet, un 'deal' [un 'marché', en français] avec les institutions européennes, selon elle. "Contre la loi Hollande-Medef-Bruxelles, il faut une insoumission générale […] Il faut fédérer un peuple d’insoumis". Au milieu de la salle, une femme lâche un "Oh…" de dégoût à cet appel à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Un autre s’amuse : "Insoumis à Jean-Luc, oui !"

C’est Lordon qui manigance tout et termine ce meeting sur le thème de "l’oligarchie". "Hollande, Valls et Macron sont les esclaves qui s’ignorent d’une pensée morte", le "stalinisme-libéral", dit-il. 
La nouvelle coqueluche des militants de la gauche extrême, dénonce la "clique éditorialiste", un "capital" qui "prend en otage" l’Europe et "ces sociaux-démocrates qui n’ont plus rien ni de sociaux, ni de démocrates". 

"La violence, c’est la leur", poursuit Lordon dont le discours du jour est celui qui l’emporte ce dimanche à l’applaudimètre. "Ce pouvoir à peur, affirme-t-il. A force de serrer des écrous, il va finir par les fissurer et les casser pour de bon." "Ils ne s’arrêteront nulle part, sauf si nous les arrêtons", termine-t-il, avant que la salle ne se sépare sur un "tous ensemble ! Tous ensemble ! Grève générale !"

jeudi 26 mai 2016

Loi Travail - schizophrénie de l'exécutif : Sapin et Valls se contredisent sur une possible modification de l'article 2

Cacophonie sur une possible modification de l'article 2 du projet controversé de réforme du droit du travail

Le premier ministre, Manuel Valls, avait déjà exclu cette option, quelques minutes plus tôt, dans un entretien sur BFMTV et RMC.

Qui conduit la politique du gouvernement ? 
A propos de la pénurie de carburants qui s'étend partout en France suite à la grève dans les huit raffineries de France, le porte-parole du gouvernement a assuré mercredi que le pouvoir n'avait pas encore commencé à puiser dans les stocks stratégiques, un mensonge aussitôt démenti par le sous-fifre aux Transports, Alain Vidalies (la titulaire Ségolène Royal doit sans doute avoir piscine)
qui a infirmé la déclaration du caractériel Stéphane Le Foll, trois heures plus tôt, qualifiant de "marginal" le recours à trois jours de réserves en carburant en ...deux jours. 

Couac entre Valls et Sapin: rupture de faisceaux au gouvernement
"Peut-être qu'il faut toucher à l'article 2" de la loi Travail, a affirmé l'extra-fin ministre des Finances Michel Sapin, jeudi 26 mai sur LCP. L'article 2 du texte, qui renverse la hiérarchie des normes entre les accords d'entreprise et les accords de branche, focalise la colère des syndicats, notamment la CGT, FO et SUD. 

Catherine Lemorton dénonce
les pressions et agressions de la CGT contre ses collaborateurs:

"Il faut regarder tout cela dans le détail", et "en finesse"
, avait insisté Sapin, plein de son importance. Mais "il n'y aura pas de remise en cause des principes qui sont dans la loi, parce que ça reviendrait" à le retirer, a-t-il souligné, en fustigeant l'attitude des syndicats hostiles au texte. 

Mais, dans une déclaration transmise à l'AFP,
Michel Sapin a assuré ensuite, sur la même ligne que le Premier ministre sur cette question: "On ne touche pas à la philosophie générale du texte. L'accord d'entreprise primera donc sur l'accord de branche".
"Il peut y avoir des améliorations au Sénat mais la philosophie du texte et celle de l'article 2 ne doivent pas bouger", a-t-il finalement rectifié.
Plus tôt, sur RMC et BFMTV, Manuel Valls estimait en effet qu'il "n'était pas question de toucher" à cet article. Un point de vue que, piqué au vif de son autorité, il a immédiatement réitéré en réaction à la phrase de Michel Sapin. 
"On ne touchera pas à l'article 2", a déclaré sur RMC le chef du gouvernement. "Il est hors de question de changer le cadre", a-t-il insisté, tout en reconnaissant qu'il pouvait "toujours y avoir des modifications, des améliorations", apportées au projet de loi.

VOIR et ENTENDRE un commentaire démontrant que l'exécutif est la risée générale:



Cette "Valls-hésitation" conforte les syndicats radicaux 

Une ligne fluctuante manifestant une incertitude sur la tournure des événements 
Interrogé jeudi sur ses intentions sur le texte? "Sur les grandes lignes du texte, l'article 2, c'est-à-dire la négociation dans l'entreprise, la garantie jeunes, les nouveaux droits pour les salariés, la lutte contre le détachement illégal, ce que nous faisons pour les jeunes, ça il n'est pas question d'y toucher", a affirmé Manuel Valls. En revanche, "je suis toujours ouvert quand il faut améliorer tel ou tel aspect", a-t-il assuré, se flattant au passage, pour faire passer son recul. 

A la mi-journée, Hollande a approuvé Valls
"Ce qu'a dit Valls", notamment sur l'article 2, "est ce qu'il fallait dire", a déclaré François Hollande depuis le Japon, où il participe au G7. "Je me tiens informé très régulièrement de la situation en France auprès du premier ministre", a expliqué le président de la République. "Il a dit exactement ce que nous avions convenu avant mon départ," a-t-il tenu à préciser. 

Ces déclarations interviennent au matin d'une nouvelle journée de mobilisation, la huitième depuis mars, à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL. Une neuvième est déjà programmée le 14 juin, avec un rassemblement unique à Paris. 

Interrogé sur les blocages de raffineries et de dépôts de carburant, Michel Sapin a dénoncé l'action d'une "minorité", notamment de la CGT, qu'il a appelé à "se ressaisir". Ce syndicat "a décidé de faire" de l'opposition à la loi Travail "une question de principe", a jugé le ministre. "Quand on est dans une question de principe, il n'y a aucune raison de céder. Ca consisterait à dire qu'on abandonne la réforme soutenue par une majorité d'organisations syndicales", a-t-il théorisé. 
"Ca n'est pas comme ça qu'on doit dialoguer", a prêché l'éminence aux bas pourpres.
La mobilisation contre la loi Travail ne se limitera pas aux blocages de sites pétroliers, jeudi : les employés des centrales nucléaires françaises ont voté la grève, un mouvement social touche la SNCF et les aéroports, et des manifestations auront lieu dans toute la France, ce 26 mai 2016.

A Paris, un rassemblement partira à 14 heures de la place de la Bastille, et d'autres cortèges défileront dans plusieurs villes de France.

lundi 18 avril 2016

Nuit Debout envisage une grève générale en France

Nuit debout prépare la grève générale: du débat au passage à l'acte
La proposition a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements

Rouge et noir, couleurs
de Nuit Debout
 
Le travail au corps produit ses effets. Si le mot était régulièrement lancé et scandé depuis le début de Nuit debout, le 31 mars, c'est qu'il fallait instiller les esprits. Et il a trouvé un réel écho samedi soir place de la République à Paris, lorsque l’économiste Frédéric Lordon, démiurge du mouvement, est venu marteler tous les éléments de langage que chacun devait reprendre et s'approprier, avec l'illusion d'être à la source d'idées neuves.

L'économiste a verbalisé la nécessité de faire la "grève générale".
Derrière cette formule, des références à des victoires sociétales obtenues il y a des décennies. Et l’espoir de faire revivre cet esprit pour renverser "la loi [El Khomri], mais aussi [le] 'monde El Khomri' ", celui de Valls et Hollande.Mais Horn n'exclut pas la probabilité que Nuit debout engendre une grève générale.
Ce n’est "pas forcément négatif": "Chaque mouvement a besoin d’une inspiration, d’une utopie mobilisatrice. C’est un défi à la société d’aujourd’hui et au gouvernement [car il est clair que les grèves générales sont] à l’origine des plus grandes avancées sociétales," explique ce militant de la théologie de la libération, venue d'Amérique latine.

"Personne n’a vu venir Mai 68. Les choses se sont passées assez vite et de
manière spontanée", rappelle-t-il. Et c’est bien ce qui plaît à Corentin, 28 ans, vendeur qui passe quelques heures, de temps à autre, place de la République, squat des noctambules de la Nuit debout sur la voie publique parisienne. "Ces rassemblements sont naturels", pense-t-il. Surtout, il n’y a pas de pression, contrairement aux manifestations habituelles où "tout ce qui compte, c’est l’impact sur la presse et le nombre de participants".

Le mouvement manque encore de maturité et de radicalité

Le rapport à la presse est en effet sujet de controverse: faut-il s'en servir pour atteindre davantage de montre et acquérir de la notoriété ou faut-il la contourner et préserver l'anonymat des meneurs qui, en se tenant dans l'ombre, échappent aux pressions du pouvoir et conservent leur main mise sur les habitués du squat, auberge espagnole d' "Indignés" accrocs à leur piqûre de rappel, au risque de leur perte d'autonomie intellectuelle.
Ce baba cool prétend aussi qu'une grève générale ferait même perdre de son "intérêt" au mouvement, qui permet à tout le monde de venir sans être "obligé de faire grève. Faire grève, c’est être dans la lutte, le tout ou rien, alors qu’on est surtout là pour discuter, se rencontrer". Et puis, même si ce mot est assez central, "surtout de la part des organisateurs, le mouvement n’est pas encore assez mûr pour aboutir à une grève générale", se rassure Corentin.

Créer des liens avec les syndicats

Mardi, capuche sur les yeux, une vingtaine de personnes participait (parapluie au poing !) à la commission "grève générale", sorte de cellule communiste en charge de la préparation des esprits à l’action. Elle se réunit quotidiennement, assurance d'une bonne imprégnation, avec pour objectif de construire des passerelles entre les mondes antipodiques du travail et de Nuit debout, en fédérant les grévistes et en poussant les Corentin à se mobiliser, pour "secouer une situation sclérosée". Le tout avec force tracts, interventions de salariés militants et actions ciblées, le tout dans la plus grande opacité financière.

Le soutien aux cheminots qui se battent également pour leurs conditions de travail est clairement affiché. La CGT peine en effet à maintenir sa position dominante et la Nuit Debout lui offre une opportunité intéressante de se refaire. Le discours des citoyens de la place de la République se cherche  entre "convergence des luttes" et appel à la grève générale, et les agitateurs tentent des percées mêlant "convergence des luttes" et appel à la grève générale, tout en marquant sa distance avec les syndicats.

Les altermondialistes ont ainsi réquisitionné l'économiste grec Yanis Varoufakis, ancien ministre communiste de l'Economie. Bien que ce démissionnaire ait été mêlé, comme conseiller économique, au fiasco de Giórgos Papandréou dont le mandat fut marqué par la plus importante crise économique grecque d'après-guerre, Julien Bayou (EELV) l'a montré à la foule de la place de la République où il a prononcé quelques mots. "Je vous apporte la solidarité d'Athènes" qui bénéficie déjà de la solidarité européenne et du FMI...

Les agitateurs de l'ombre y perdent patience. Pour l’animateur de la commission, si la situation n’avance pas, c’est entre autres en raison des " dissensions syndicales". C’est pourquoi le mouvement répète, depuis le début, qu’il ne se réclame d’aucun parti, d’aucun syndicat.

Et de fait, le débatteur citoyen se mord la queue au centre de l’action, dans l'attente d'une force extérieure mobilisatrice, comme cela a pu être le cas lors de la Révolution française. D’où les multiples références à 1789, partout affichées et taguées place de la République, ou aux grands événements de l’histoire — "Que revive la Commune", "Je lutte donc je suis", "Révoltez-vous", etc. — ou encore suggérées dans les débats, comme le retour des cahiers de doléances.

Une continuité révolutionnaire
Loin d’effrayer, cette position est l’un des ciments du mouvement. "La France a une tradition révolutionnaire, et cette référence est vue très positivement dans les milieux militants. Ce qui ne serait pas forcément le cas dans d’autres pays européens", souligne Gerd-Rainer Horn. C’est justement cet héritage qui peut faire la différence, pense pour sa part Gérard, 59 ans. Vacataire dans un musée parisien, il participe à Nuit debout sur son "temps libre"... 
Pour lui, comme pour les nombreux intermittents présents comme animateurs et techniciens audiovisuels du fait également de leur "temps libre", c’est le seul moyen d’obtenir de "grands changements". Voire des bouleversements... Et de citer les congés payés, obtenus après la grève générale du printemps 1936 -congés qui ne faisaient d’ailleurs pas parti des revendications de départ, note Horn. C’est là tout l’intérêt d’une telle mobilisation, selon Gérard, qui reconnaît toutefois que pour l’instant Nuit debout représente une petite minorité de citoyens. "La grève générale permettrait de faire comprendre au reste du pays ce que l’on veut", avance-t-il. Mais encore faut-il être d’accord...

Sans leader apparent ni porte-parole, chaque participant parlant en son nom, Nuit debout a du mal à faire émerger des idées directrices, si ce n’est une envie de changer la société en profondeur, voire radicalement. "Mais pour mettre quoi à la place ?", s’interroge Gérard. C’est la question que devra trancher le mouvement s’il veut durer et conduire à la Commune 2016.