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vendredi 8 mars 2019

Cacophonie dans la majorité sur le référendum jumelé aux Européennes

Le référendum citoyen divise la macronie

L'idée d'un référendum le jour des européennes reste "sur la table", selon Emmanuelle Wargon

Résultat de recherche d'images pour "referendum et europeennes LR"L'idée d'organiser un référendum le jour des élections européennes le 26 mai restE "sur la table", a affirmé la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, bien que le sujet ne relève pas de ses fonctions.

Le sujet a été évoqué au cours de discussions sur l'atterrissage politique du grand débat et les européennes, a précisé la ministre, confirmé avoir participé à un dîner à l'Elysée mercredi soir
"Il y a eu un dîner à l'Elysée, et je n'en dirai pas plus sur ce dîner", a répondu E. Wargon sur Europe 1, eu égard à la crise sociale qui sévit en France depuis quatre mois... On y dîne en effet décidément beaucoup "autour" de Macron, et aux frais de Marianne, en présence, selon le Figaro, du premier ministre Edouard Philippe, de membres de son gouvernement, du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, de responsables de LREM et du MoDem, ce qui représente pas mal de couverts : on nous dira qu'il leur a été servi une feuille de salade ? 
"Je confirme qu'on ne préempte aucune décision maintenant, que toutes les idées sont sur la table (formule pour une fois appropriée, alors qu'elle circule de bouche en bouche, le plus souvent à mauvais escient), y compris un référendum, y compris un référendum le jour des européennes", a répondu la fille Stoléru, l'une des deux ministres détournés de leurs fonctions gouvernementales, l'une, de la transition écologique et solidaire, l'autre, des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, et chargés du grand débat au "développement plus durable que prévu, sans rien de vraiment écologique.

"Toutes les idées sont bien sur la table, le président veut se donner du temps avant de décider et tous ces débats organisés localement (...), c'est aussi le moment où il affine ses convictions", a-t-elle expliqué.

Evoquée début février, l'hypothèse d'un référendum le 26 mai, jour des élections européennes, avait déclenché un tir de barrage de la part des oppositions, mais aussi d'une bonne partie de la majorité, dont Richard Ferrand qui invitait à ne pas "polluer" le scrutin européen.

"Est-ce qu'il faut le connecter ou non aux européennes? Tout dépend des questions qui seront posées aux Français", a expliqué vendredi la députée Aurore Bergé, porte-parole de LREM, sur France 2. Mais elle a ajouté: "D'un point de vue personnel, on ne parle jamais assez d'Europe et j'aimerais que, pour ces élections européennes, on parle déjà et avant tout d'Europe". 

Même réserve de la députée LREM de Paris, ex-socialiste, Olivia Grégoire sur LCI: "Je pense qu'effectivement il peut être intéressant de décorréler les deux", mais "si c'est la décision de l'exécutif, je m'y plierai"... La soumission est-elle corrélée au genre féminin ?

L'hypothèse de l'organisation d'un référendum associé aux élections européennes révèle une majorité hétéroclite

Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, a assuré en privé qu'il n'y aura pas de référendum le 26 mai prochain, en même temps que les élections européennes, rapporte RTL vendredi 8 mars.
La majorité se divise sur le scénario d'un référendum simultanément aux élections européennes, envisagé pour donner une expression concrète aux idées issues du grand débat. Début février déjàRichard Ferrand invitait à ne pas "polluer" le scrutin européen.

Actuellement à la corde avec Agnès Buzyn pour être tête de liste LREM aux Européennes, la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, ne veut pas que les sujets européens soient éclipsés. "Le président de la République n'exclut rien mais n'a pas pris sa décision", a d'abord nuancé Loiseau, réagissant aux informations du JDD dans le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, avant d'estimer que le débat sur la tenue ou non d'un référendum est "prématuré". Tout comme le député LREM Aurélien Taché, ex-socialiste, qui s’est dit "un petit peu sceptique sur la date" du référendum.

"Il n'y a aucun tabou, aucun interdit pour le chef de l'État, mais il faut évidemment attendre la fin du débat avant d'envisager quoi que ce soit", souligne le ministre Sébastien Lecornu, coanimateur du grand débat national, dans Ouest France.

Au MoDem, François Bayrou y est également opposé, mais son collègue Marc Fesneau ne l'est pas: le ministre des Relations avec le Parlement a estimé qu'un référendum pour sortir de la crise des Gilets jaunes pouvait être "combiné" au scrutin européen du 26 mai et devrait être couplé à un débat parlementaire.
Pour l’eurodéputé Jean Arthuis, soutien de Macron depuis le début, n’est pas non plus convaincu par ce référendum greffé.

Mais Macron a pour habitude de déjouer les pronostics pour se grandir dans le rôle d'arbitre. On peut même soupçonner que son entourage met en place les conditions de cet arbitrage. Ainsi, plusieurs figures de la majorité, dont le patron du parti La République en marche (LREM), Stanislas Guérini, ou le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, se sont déclarées contre l'organisation d'un référendum le jour même des élections européennes. Le septuagénaire faisait part de ses doutes dès février sur France Inter : "l'enjeu européen est suffisamment fort pour en faire un enjeu européen. Le référendum c'est autre chose, c'est un enjeu national. Je ne pense pas qu'il faille mélanger les deux (...) ce n'est pas souhaitable", avait-il expliqué.
Or, selon les informations du Journal du dimanche (JDD), c'est pourtant la décision que préparerait Emmanuel Macron à l'issue du grand débat national.

D'ailleurs, la secrétaire d'Etat à la transition écologique, Emmanuelle Wargon, n'a-t-elle pas assuré vendredi sur Europe 1 que l'hypothèse du référendum le 26 mai reste "sur la table" ? Et force est de constater que dossier n'avance pas: organiser un référendum le même jour que les élections européennes, le 26 mai, est '"une question secondaire" et la décision "n'est absolument pas prise", a déclaré lundi Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM, en sortant d'un entretien avec Emmanuel Macron à l'Élysée.

L'hypothèse avait aussi déclenché un tir de barrage de la part des oppositions. 
L'ex- député En marche Matthieu Orphelin a estimé, sur Twitter, que la tenue d'un référendum le jour des européennes ne semble "pas du tout opportun[e]".
"Il faut de la clarté et ne pas tout mélanger", a-t-il insisté. 

L'élu EELV rejoint Pascal Durand, l'ex-secrétaire d'Europe Ecologie-Les Verts qui s'est récemment rapproché d'Emmanuel Macron :
Un référendum le même jour que les européennes, c’est le rêve de celles et ceux qui veulent renationaliser les élections européennes en un scrutin pro ou anti @EmmanuelMacron. En France, on parle d’Europe une fois tous les 5 ans, cela est suffisamment rare pour être respecté !
Si la majorité est divisée sur le sujet, jusqu'au sein même du gouvernement, l'opposition est quant à elle unanime.

Wauquiez souligne les risques d'un couplage.
Le patron des Républicains Laurent Wauquiez a lui jugé sur Europe 1 qu'Emmanuel Macron prend "un grand risque" s'il décide d'organiser un référendum limité aux seules questions institutionnelles et portant sur des sujets "très coupés des préoccupations et des priorités des Français".

Le Pen critique un référendum "bidon".  Sur BFMTV, la patronne du Rassemblement national a vu dimanche une "manoeuvre" d'Emmanuel Macron pour "détourner l'attention" des européennes dans l'hypothèse d'un référendum organisé le même jour : "Tout cela est complément bidon. Il va recycler sa réforme constitutionnelle."

Manon Aubry, la tête de liste LFI aux européennes estime pareillement que "c'est une tentative d'entourloupe de la part du gouvernement". Et Mélenchon veut faire des européennes un "référendum anti-Macron".

La raison profonde des atermoiements de la majorité n'est-elle pas en effet la crainte d'une claque le 26 mai ?

jeudi 13 juillet 2017

"C'est moi le chef", lance Macron au chef d'état major des Armées

Macron rappelle à l'ordre le général de Villiers critique des réductions du budget des Armées 
Des coupes budgétaires conduisent le chef d'état-major des Armées à menacer de démissionner 

Les efforts budgétaires demandés à l'armée ne sont pas tenables, estime le général Pierre de Villiers.
Le président Macron n'a pas apprécié, mais il a néanmoins réagi jeudi 13 juillet en annonçant que le budget des Armées sera relevé dès 2018 afin d'engager une trajectoire permettant d'atteindre l'objectif d'un effort de défense à 2% du PIB en 2025. "Dès 2018, nous entamerons (une hausse)" du budget des Armées à "34,2 milliards d'euros" contre 32,6 milliards cette année -, a-t-il promis devant la communauté militaire à la veille du 14 juillet. 

Tentant de reprendre le dessus, il a estimé qu'il n'est "pas digne d'étaler certains débats sur la place publique". "Je suis votre chef", a martelé le président jupitérien, ajoutant n'avoir "besoin de nulle pression". Sans le nommer, l'hyper-président pointait le chef d'état-major des Armées, le général Pierre de Villiers, très remonté contre le train d'économies imposé à la défense, et qui n'a pas caché son irritation lors d'une réunion avec des députés. 
"Les engagements que je prends devant les concitoyens, devant les armées. Je sais les tenir et je n'ai à cet égard besoin de nulle pression, de nul commentaire", a-t-il lancé, rappelant la "grande muette" au silence dans les rangs, mêmes supérieurs.
L'armée a  déjà "tout donné" et la situation n'est "pas tenable", a expliqué le général, auditionné mercredi devant la commission de la Défense à l'Assemblée nationale. "Je ne vais pas me faire baiser comme cela", a ajouté le général de Villiers, cité par plusieurs participants. Le chef d'état-major des Armées est réputé pour son franc-parler et sa responsabilité de défense du budget des armées face à Bercy. 
Résultat de recherche d'images pour "grande muette"
Devant les députés godillots, il a expliqué que, faute de moyens, l'armée française doit régulièrement annuler des opérations après parfois des mois de recherche sur le terrain. "J'ai entendu et vu un homme très en colère (..) Il était remonté contre les coupes budgétaires et considère qu'elles ne permettront pas à nos armées de fonctionner comme il se doit", a témoigné le député PS Luc Carvounas, trop heureux d'instrumentaliser les frictions entre l'exécutif LREM et l'Armée. 

En 2014,  avec les chefs d'état-major des trois armées (Air, Terre et Mer), Pierre de Villiers avait déjà mis sa démission dans la balance, devant la perspective de coupes budgétaires. Le ministre de la Défense de l'époque, Jean-Yves Le Drian, avait alors pris fait et cause pour ses troupes, tandis que sa 'successeuse' reste coite... 
Or, Les Echos rapporte que lors de la commission de la Défense à l'Assemblée nationale de mercredi, il aurait une nouvelle fois laissé entendre qu'il pourrait démissionner. L'effort d'économie demandé à la défense en 2017 "est légitime, faisable sans attenter en rien à la sécurité de nos troupes, à nos commandes militaires," lui en effet opposé le chef de l'Etat.

Cacophonie au sommet de l'Etat : Macron contredit Philippe

Le gouvernement d'Edouard Philippe avait annoncé ces mesures d'économies dans le détail mercredi au moment même où le général de Villiers était officiellement reconduit dans ses fonctions pour un an. 
Le premier ministre a ainsi expliqué que les armées vont devoir assumer en 2017 le surcoût des opérations extérieures (850 millions d'euros) qui était jusqu'ici réparti entre les autres ministères au nom de l'effort collectif de défense. 
Concrètement, leur budget restera en apparence inchangé par rapport à celui voté par le Parlement en 2016 (32,7 milliards d'euros). Mais elles auront 850 millions de crédits en moins pour leurs programmes d'équipements. 
Image associée
Arme de dissuasion française
Elles ont pourtant besoin d'avions de ravitaillement en vol, d'hélicoptères et de blindés pour renouveler des matériels vieillissantsautant de moyens qui leur font cruellement défaut aujourd'hui sur des théâtres d'opérations grands comme l'Europe.

Dans les six mois qui restent
en 2017, les armées doivent trouver 850 millions d'euros. 
Ce n'est qu'en 2018 que la hausse du budget des Armées sera entamée : "34,2 milliards d'euros", progressivement: sur combien d'années ?

lundi 10 juillet 2017

Le PS dénonce les improvisateurs au sommet de l'Etat pyramidal

Le PS dénonce un "gouvernement d'improvisation"

Olivier Faure (PS) raille aussi son "jeu de bonneteau" fiscal 

"Nous n'avons toujours aucune clarté sur les intentions du gouvernement", a souligné  lundi Olivier Faure qui a couvert pendant cinq ans l'amateurisme de Hollande.

Le président du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée a taclé un "gouvernement d'improvisation", dénonçant un "jeu de bonneteau" autour des mesures fiscales après l'annonce par Bercy que la réforme de la taxe d'habitation sera finalement enclenchée en 2018. Une source proche du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a indiqué lundi qu'Emmanuel Macron a décidé de mettre en oeuvre cette réforme "dès 2018", alors que son Premier ministre Edouard Philippe avait évoqué une mise en oeuvre d'ici la fin du quinquennat. 

Cacophonie au sommet de l'Etat pyramidal

L'exécutif parle pour ne rien dire.
Résultat de recherche d'images pour "parler pour ne rien dire texte"
"Nous avons eu la semaine dernière deux discours de politique générale. Le président de la République puis le Premier ministre se sont exprimés longuement l'un et l'autre et, en dépit de ces deux longues interventions, nous n'avons toujours aucune clarté sur les intentions du gouvernement", a réagi O. Faure sur BFMTV. "Ce que je comprends de ce que dit (lundi) Bercy, c'est qu'en réalité, pour essayer de revenir sur la mauvaise perception qu'en ont eue les Français, ils souhaitent dès 2018 entamer un processus qui courra jusqu'en 2022. Donc, en 2018, on aura bien la baisse de l'ISF. En revanche, on aura progressivement des gens qui seront exonérés de taxe d'habitation sans d'ailleurs que quiconque sache comment ce sera compensé aux collectivités locales, qui devront elles-mêmes soit augmenter les impôts locaux pour maintenir des services publics de qualité, soit les dégrader, ce qui sera là aussi une perte pour chaque citoyen", a poursuivi le député de Seine-et-Marne. "Gouvernement de communication" 

"On est face à un gouvernement de communication mais aussi un gouvernement d'improvisation, qui a beaucoup de mal en réalité à faire face aux exigences qu'il a lui-même posées", a observé Olivier Faure. "Je vois simplement un jeu de bonneteau avec des tiroirs qu'on ouvre et qu'on ferme mais qui en réalité vont être un solde nul, voire même négatif, pour les retraités, les fonctionnaires, les indépendants qui ne seront pas, par exemple sur la CSG, compensés. En tout cas pour l'instant rien n'est indiqué". 
"Pour les retraités, je crois que le deuil peut être fait, puisque rien n'est annoncé en la matière. Et pour les autres, il y a des annonces très floues sur des compensations possibles pour les fonctionnaires et les indépendants, mais dont personne ne connaît le début du commencement", a-t-il souligné. 

jeudi 26 mai 2016

Loi Travail - schizophrénie de l'exécutif : Sapin et Valls se contredisent sur une possible modification de l'article 2

Cacophonie sur une possible modification de l'article 2 du projet controversé de réforme du droit du travail

Le premier ministre, Manuel Valls, avait déjà exclu cette option, quelques minutes plus tôt, dans un entretien sur BFMTV et RMC.

Qui conduit la politique du gouvernement ? 
A propos de la pénurie de carburants qui s'étend partout en France suite à la grève dans les huit raffineries de France, le porte-parole du gouvernement a assuré mercredi que le pouvoir n'avait pas encore commencé à puiser dans les stocks stratégiques, un mensonge aussitôt démenti par le sous-fifre aux Transports, Alain Vidalies (la titulaire Ségolène Royal doit sans doute avoir piscine)
qui a infirmé la déclaration du caractériel Stéphane Le Foll, trois heures plus tôt, qualifiant de "marginal" le recours à trois jours de réserves en carburant en ...deux jours. 

Couac entre Valls et Sapin: rupture de faisceaux au gouvernement
"Peut-être qu'il faut toucher à l'article 2" de la loi Travail, a affirmé l'extra-fin ministre des Finances Michel Sapin, jeudi 26 mai sur LCP. L'article 2 du texte, qui renverse la hiérarchie des normes entre les accords d'entreprise et les accords de branche, focalise la colère des syndicats, notamment la CGT, FO et SUD. 

Catherine Lemorton dénonce
les pressions et agressions de la CGT contre ses collaborateurs:

"Il faut regarder tout cela dans le détail", et "en finesse"
, avait insisté Sapin, plein de son importance. Mais "il n'y aura pas de remise en cause des principes qui sont dans la loi, parce que ça reviendrait" à le retirer, a-t-il souligné, en fustigeant l'attitude des syndicats hostiles au texte. 

Mais, dans une déclaration transmise à l'AFP,
Michel Sapin a assuré ensuite, sur la même ligne que le Premier ministre sur cette question: "On ne touche pas à la philosophie générale du texte. L'accord d'entreprise primera donc sur l'accord de branche".
"Il peut y avoir des améliorations au Sénat mais la philosophie du texte et celle de l'article 2 ne doivent pas bouger", a-t-il finalement rectifié.
Plus tôt, sur RMC et BFMTV, Manuel Valls estimait en effet qu'il "n'était pas question de toucher" à cet article. Un point de vue que, piqué au vif de son autorité, il a immédiatement réitéré en réaction à la phrase de Michel Sapin. 
"On ne touchera pas à l'article 2", a déclaré sur RMC le chef du gouvernement. "Il est hors de question de changer le cadre", a-t-il insisté, tout en reconnaissant qu'il pouvait "toujours y avoir des modifications, des améliorations", apportées au projet de loi.

VOIR et ENTENDRE un commentaire démontrant que l'exécutif est la risée générale:



Cette "Valls-hésitation" conforte les syndicats radicaux 

Une ligne fluctuante manifestant une incertitude sur la tournure des événements 
Interrogé jeudi sur ses intentions sur le texte? "Sur les grandes lignes du texte, l'article 2, c'est-à-dire la négociation dans l'entreprise, la garantie jeunes, les nouveaux droits pour les salariés, la lutte contre le détachement illégal, ce que nous faisons pour les jeunes, ça il n'est pas question d'y toucher", a affirmé Manuel Valls. En revanche, "je suis toujours ouvert quand il faut améliorer tel ou tel aspect", a-t-il assuré, se flattant au passage, pour faire passer son recul. 

A la mi-journée, Hollande a approuvé Valls
"Ce qu'a dit Valls", notamment sur l'article 2, "est ce qu'il fallait dire", a déclaré François Hollande depuis le Japon, où il participe au G7. "Je me tiens informé très régulièrement de la situation en France auprès du premier ministre", a expliqué le président de la République. "Il a dit exactement ce que nous avions convenu avant mon départ," a-t-il tenu à préciser. 

Ces déclarations interviennent au matin d'une nouvelle journée de mobilisation, la huitième depuis mars, à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL. Une neuvième est déjà programmée le 14 juin, avec un rassemblement unique à Paris. 

Interrogé sur les blocages de raffineries et de dépôts de carburant, Michel Sapin a dénoncé l'action d'une "minorité", notamment de la CGT, qu'il a appelé à "se ressaisir". Ce syndicat "a décidé de faire" de l'opposition à la loi Travail "une question de principe", a jugé le ministre. "Quand on est dans une question de principe, il n'y a aucune raison de céder. Ca consisterait à dire qu'on abandonne la réforme soutenue par une majorité d'organisations syndicales", a-t-il théorisé. 
"Ca n'est pas comme ça qu'on doit dialoguer", a prêché l'éminence aux bas pourpres.
La mobilisation contre la loi Travail ne se limitera pas aux blocages de sites pétroliers, jeudi : les employés des centrales nucléaires françaises ont voté la grève, un mouvement social touche la SNCF et les aéroports, et des manifestations auront lieu dans toute la France, ce 26 mai 2016.

A Paris, un rassemblement partira à 14 heures de la place de la Bastille, et d'autres cortèges défileront dans plusieurs villes de France.

jeudi 31 décembre 2015

Le vent de la révolte souffle sur l'Etat-PS: la cacophonie est à son comble et le PS au bord de l'implosion

Hollande envoie le poseur de bombes Valls en opération déminage  
Les bras cassés de l'exécutif mettent le chaos dans les rangs de la majorité
Valls, l'oeil droit
 morne, voire mort
Les contradictions et les règlements de comptes ont déjà volé en escadrille pendant les deux ans de Jean-Marc Ayrault à Matignon. L'une des missions de Manuel Valls était de remettre de l'ordre dans le gouvernement. La méthode pour imposer la nouvelle ligne et s'y tenir consiste depuis à mettre tout le monde au pas, du sol au plafond, du gouvernement aux parlementaires de la majorité. Des coups de balais ont chassé les autonomistes Arnaud Montebourg, Delphine Batho, Aurélie Filippetti et Benoît Hamon et donné le ton d'un serrage de boulons qui épargna Christiane Taubira. Cette bande des quatre n'était que les premiers sacrifiés, visibles et spectaculaires, à l'autoritarisme en marche du pouvoir...
Sans doute sa couleur de peau aurait-elle été un mauvais signal dans une majorité, qui stigmatise la "race blanche" dans la bouche du président de l'Assemblée nationale, et aussi dans un pays totalement orienté vers la diversité, les migrants ou la menace du terrorisme islamiste, mais ce travail mal fait ancra définitivement l'image forte de faiblesse originelle d'un pouvoir qui se donne par le seul verbe l'illusion de gérer, mais ne trompe personne, pas même les hommes du rang, comme le révèle maintenant la bronca des élus et militants suscitée par un pouvoir socialiste porteur d'un projet de droite sur la réforme constitutionnelle introduisant la déchéance de nationalité...  

Le courroux Royal

Pas de trêve des confiseurs: la cacophonie gouvernementale bat son plein. Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur a signé mardi le renouvellement pendant six ans de l'autorisation, donnée à la société Alteo, de rejeter des boues rouges au cœur du Parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône.

Quinze jours après la tenue de la COP21 à Paris, dont on n'a cessé de nous dire qu'elle a été un succès -moins pour les décisions prises et applicables que pour une prise de conscience mondiale-,  les dangers du réchauffement climatique et de la pollution généralisée restent entiers, mais les hypocrites au pouvoir n'ont pas tardé à balayer les urgences du début du mois.

Ségolène Royal a eu un coup de sang. "L'ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct," a-t-elle accusé. Et s'est désolidarisée: "Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis : je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi." Royal n'a que faire des demandeurs d'emploi et pilonne donc le Premier ministre. Il ne lui arrivera rien: la numéro trois du gouvernement est la mère des enfants de François Hollande et ne saurait subir le même courroux que celui qui s'est abattu sur Delphine Batho, alors ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie qui critiquait en juillet 2013 le budget dévolu à son ministère, ou sur le gracieux ministre de l'Industrie (Redressement productif), Arnaud Montebourg, boutte-feu du précédent gouvernement, impuissant à redresser la courbe de l'emploi et répudié. On avait alors pris une tapette pour écraser un éléphant...

Valls, le terroriste de l'Etat-PS

Hollande a fait se lever un vent de révolte à gauche avec son projet de révision constitutionnelle nécessaire à l'introduction d'une loi autorisant la déchéance de nationalité. Plastronnant sur une radio publique algérienne, Christiane Taubira avait jeté un sort au projet depuis l'étranger, assurant que le projet était enterré.  Moins de 24 heures plus tard, bien que la promesse soit tenue par la droite, notamment le FN, Hollande faisait confirmer exactement le contraire et Le Point lui faisait écho,  écrivant, bien informé, le 22:
"A l'issue d'une journée de débat, les conseillers d'État se sont prononcés par un vote positif aux deux tiers: la France peut déchoir de leur nationalité des binationaux, y compris ceux nés en France, à condition de réviser la Constitution. François Hollande, qui a subi depuis la pression des écologistes et de nombreux socialistes, préfère enterrer cette révision constitutionnelle." N.B. L'article était réservé aux abonnés, mais taxé pour les défavorisés...
Depuis, la gauche et large partie de la droite s'écharpe. Plusieurs ministres ne sont pas mécontents que les fêtes de Noël et du nouvel an leur permettent de sortir des radars et de ne pas prendre partie, en attendant que la tendance se précise. Hollande a disparu de la circulation depuis une semaine, Valls affiche un encéphalogramme plat, mais les Cazeneuve et Le Drian ont refait surface: le premier, pour se rendre en Corse, six jours après l'agression raciste et xénophobe de pompiers et les représailles des îliens sur un lieu de culte musulman clandestin, et le second, en marge d'une visite aux soldats de l'opération Sentinelle à Paris. L’Armée française est "déployée" depuis les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 pour faire face à la menace terroriste et protéger les points sensibles du territoire. Elle est renforcée lors des assassinats islamistes de masse du 13 novembre 2015 en Ile-de-France: 11.000 forces de l'ordre (policiers, gendarmes et pompiers) sont sur le pied de guerre à la veille du Réveillon, soit 2.000 de plus que l'année dernière, dont 6.500 militaires.
Soumis au Parlement dans cinq ou six semainesle texte a provoqué la bunkerisation du gouvernement et la balkanisation de la majorité présidentielle. 

Manuel Valls hier espoir de la gauche est aujourd'hui l'homme à abattre

Le premier ministre est aux abonnés absents 
Premier ministre sous la menace 
de l'état d'urgence et 
du délit de sale gueule
L'illusion de sa présence n'est entretenue que par des tweets et des entretiens avec la presse écrite, mais comme Kim Jong-un, le président  du Comité de défense de Corée du Nord, Valls est introuvable. Il était apparu amaigri et taciturne, si bien que le bruit court que, malgré le climat de fronde généralisée, il serait en soins. Arc-bouté sur ses positions intransigeantes, mais détesté et solitaire, Valls concentre toutes les critiques des membres du gouvernement et des élus hier sous sa férule, le Premier ministre - chancelant et désemparé-  ne peut même pas compter sur le soutien du président.

Le déchaînement de camarades socialistes contraste avec l'indifférence de l'occupant de l'Elysée et le silence du locataire (en fin de bail)
de Matignon. 
Que reste-t-il de l'hyperactivité de Valls au lendemain des attentats du 13 novembre et de la posture de François Hollande en sauveur de la planète un mois plus tard à la COP21 ? C'est ainsi au quotidien La Parisien que Manuel Valls, ou un conseiller, a juré: "L'Etat n'abandonnera jamais la Corse". 
Quel était son agenda officiel, ces derniers jours: 
Lundi 21 décembre 2015
09h30 : Entretien avec Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur
Hôtel de Matignon
13h00 : Déjeuner avec le président de la République
Palais de l’Elysée
17h00 : Entretien avec Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, et Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget
Hôtel de Matignon

Mardi 22 décembre 2015
17h00 : Entretien avec Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
Hôtel de Matignon
18h00 : Entretien avec Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
Hôtel de Matignon
Mercredi 23 décembre 2015
09h00 : Entretien avec le président de la République
Palais de l’Elysée10h00 : Conseil des ministres 
Palais de l’Elysée
Aucune apparition publique du 20 décembre au 4 janvier: de soudains huis clos qui interpellent.

Le pr
ésident, quant à lui, ne s'est plus exprimé sur les affaires de l'Etat depuis les élections régionales, en novembre, et a mis un coup d'arrêt à la frénésie de ses déplacements bi ou tri-hebdomadaires dans les régions, confirmant ainsi son ingérence dans les élections (si inutile qu'elle ait pu se révéler). Gagné par la morosité dans laquelle il a plongé le pays, Hollande ne lâche donc plus de petites phrases, stupides ou méchantes, sur les "sans-dents" ou les rivaux qu'on ne reverra plus ... Et Valls, quand le reverrons-nous ? 

Rechute au yoyo des sondages

Valls a perdu six ou seize kilos
Le traditionnel pensum des voeux du 31 décembre le contraindra à reprendre le chemin des caméras. On imagine déjà son discours/ il parlera de 2015 comme d'une "annus horribilis" , exhortera les Français à ne pas se laisser diviser et à se rallier à son panache rose, déclarera la guerre aux intégrismes religieux, répétera que la menace terroriste est partout mais que les forces de sécurité veillent sur les braves gens.

Peut-être osera-t-il une fois encore affirmer que la croissance est là, que l'activité économique repart, que les six millions de chômeurs (toutes catégories confondues) doivent patienter encore un peu... et que les "sans dents" s'offrent -s'il en ont les moyens- un joyeux Noël ! 

Aucune activité -même factice-
depuis le 23 décembre:
faut-il s'en inquiéter?
Un langage qui fait gronder la colère. Un sondage Harris Interactive note une perte de quatre points de confiance en François Hollande et de six à Manuel Valls. En un an, le Premier ministre chute lourdement tandis que, sur la même période, le chef de l'État fait le yoyo... 

Et l'état d'urgence" autorise-t-il que nous ayons un bulletin de santé
(même officiel) de Manuel Valls ?