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vendredi 8 mars 2019

Cacophonie dans la majorité sur le référendum jumelé aux Européennes

Le référendum citoyen divise la macronie

L'idée d'un référendum le jour des européennes reste "sur la table", selon Emmanuelle Wargon

Résultat de recherche d'images pour "referendum et europeennes LR"L'idée d'organiser un référendum le jour des élections européennes le 26 mai restE "sur la table", a affirmé la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, bien que le sujet ne relève pas de ses fonctions.

Le sujet a été évoqué au cours de discussions sur l'atterrissage politique du grand débat et les européennes, a précisé la ministre, confirmé avoir participé à un dîner à l'Elysée mercredi soir
"Il y a eu un dîner à l'Elysée, et je n'en dirai pas plus sur ce dîner", a répondu E. Wargon sur Europe 1, eu égard à la crise sociale qui sévit en France depuis quatre mois... On y dîne en effet décidément beaucoup "autour" de Macron, et aux frais de Marianne, en présence, selon le Figaro, du premier ministre Edouard Philippe, de membres de son gouvernement, du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, de responsables de LREM et du MoDem, ce qui représente pas mal de couverts : on nous dira qu'il leur a été servi une feuille de salade ? 
"Je confirme qu'on ne préempte aucune décision maintenant, que toutes les idées sont sur la table (formule pour une fois appropriée, alors qu'elle circule de bouche en bouche, le plus souvent à mauvais escient), y compris un référendum, y compris un référendum le jour des européennes", a répondu la fille Stoléru, l'une des deux ministres détournés de leurs fonctions gouvernementales, l'une, de la transition écologique et solidaire, l'autre, des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, et chargés du grand débat au "développement plus durable que prévu, sans rien de vraiment écologique.

"Toutes les idées sont bien sur la table, le président veut se donner du temps avant de décider et tous ces débats organisés localement (...), c'est aussi le moment où il affine ses convictions", a-t-elle expliqué.

Evoquée début février, l'hypothèse d'un référendum le 26 mai, jour des élections européennes, avait déclenché un tir de barrage de la part des oppositions, mais aussi d'une bonne partie de la majorité, dont Richard Ferrand qui invitait à ne pas "polluer" le scrutin européen.

"Est-ce qu'il faut le connecter ou non aux européennes? Tout dépend des questions qui seront posées aux Français", a expliqué vendredi la députée Aurore Bergé, porte-parole de LREM, sur France 2. Mais elle a ajouté: "D'un point de vue personnel, on ne parle jamais assez d'Europe et j'aimerais que, pour ces élections européennes, on parle déjà et avant tout d'Europe". 

Même réserve de la députée LREM de Paris, ex-socialiste, Olivia Grégoire sur LCI: "Je pense qu'effectivement il peut être intéressant de décorréler les deux", mais "si c'est la décision de l'exécutif, je m'y plierai"... La soumission est-elle corrélée au genre féminin ?

L'hypothèse de l'organisation d'un référendum associé aux élections européennes révèle une majorité hétéroclite

Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, a assuré en privé qu'il n'y aura pas de référendum le 26 mai prochain, en même temps que les élections européennes, rapporte RTL vendredi 8 mars.
La majorité se divise sur le scénario d'un référendum simultanément aux élections européennes, envisagé pour donner une expression concrète aux idées issues du grand débat. Début février déjàRichard Ferrand invitait à ne pas "polluer" le scrutin européen.

Actuellement à la corde avec Agnès Buzyn pour être tête de liste LREM aux Européennes, la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, ne veut pas que les sujets européens soient éclipsés. "Le président de la République n'exclut rien mais n'a pas pris sa décision", a d'abord nuancé Loiseau, réagissant aux informations du JDD dans le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, avant d'estimer que le débat sur la tenue ou non d'un référendum est "prématuré". Tout comme le député LREM Aurélien Taché, ex-socialiste, qui s’est dit "un petit peu sceptique sur la date" du référendum.

"Il n'y a aucun tabou, aucun interdit pour le chef de l'État, mais il faut évidemment attendre la fin du débat avant d'envisager quoi que ce soit", souligne le ministre Sébastien Lecornu, coanimateur du grand débat national, dans Ouest France.

Au MoDem, François Bayrou y est également opposé, mais son collègue Marc Fesneau ne l'est pas: le ministre des Relations avec le Parlement a estimé qu'un référendum pour sortir de la crise des Gilets jaunes pouvait être "combiné" au scrutin européen du 26 mai et devrait être couplé à un débat parlementaire.
Pour l’eurodéputé Jean Arthuis, soutien de Macron depuis le début, n’est pas non plus convaincu par ce référendum greffé.

Mais Macron a pour habitude de déjouer les pronostics pour se grandir dans le rôle d'arbitre. On peut même soupçonner que son entourage met en place les conditions de cet arbitrage. Ainsi, plusieurs figures de la majorité, dont le patron du parti La République en marche (LREM), Stanislas Guérini, ou le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, se sont déclarées contre l'organisation d'un référendum le jour même des élections européennes. Le septuagénaire faisait part de ses doutes dès février sur France Inter : "l'enjeu européen est suffisamment fort pour en faire un enjeu européen. Le référendum c'est autre chose, c'est un enjeu national. Je ne pense pas qu'il faille mélanger les deux (...) ce n'est pas souhaitable", avait-il expliqué.
Or, selon les informations du Journal du dimanche (JDD), c'est pourtant la décision que préparerait Emmanuel Macron à l'issue du grand débat national.

D'ailleurs, la secrétaire d'Etat à la transition écologique, Emmanuelle Wargon, n'a-t-elle pas assuré vendredi sur Europe 1 que l'hypothèse du référendum le 26 mai reste "sur la table" ? Et force est de constater que dossier n'avance pas: organiser un référendum le même jour que les élections européennes, le 26 mai, est '"une question secondaire" et la décision "n'est absolument pas prise", a déclaré lundi Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM, en sortant d'un entretien avec Emmanuel Macron à l'Élysée.

L'hypothèse avait aussi déclenché un tir de barrage de la part des oppositions. 
L'ex- député En marche Matthieu Orphelin a estimé, sur Twitter, que la tenue d'un référendum le jour des européennes ne semble "pas du tout opportun[e]".
"Il faut de la clarté et ne pas tout mélanger", a-t-il insisté. 

L'élu EELV rejoint Pascal Durand, l'ex-secrétaire d'Europe Ecologie-Les Verts qui s'est récemment rapproché d'Emmanuel Macron :
Un référendum le même jour que les européennes, c’est le rêve de celles et ceux qui veulent renationaliser les élections européennes en un scrutin pro ou anti @EmmanuelMacron. En France, on parle d’Europe une fois tous les 5 ans, cela est suffisamment rare pour être respecté !
Si la majorité est divisée sur le sujet, jusqu'au sein même du gouvernement, l'opposition est quant à elle unanime.

Wauquiez souligne les risques d'un couplage.
Le patron des Républicains Laurent Wauquiez a lui jugé sur Europe 1 qu'Emmanuel Macron prend "un grand risque" s'il décide d'organiser un référendum limité aux seules questions institutionnelles et portant sur des sujets "très coupés des préoccupations et des priorités des Français".

Le Pen critique un référendum "bidon".  Sur BFMTV, la patronne du Rassemblement national a vu dimanche une "manoeuvre" d'Emmanuel Macron pour "détourner l'attention" des européennes dans l'hypothèse d'un référendum organisé le même jour : "Tout cela est complément bidon. Il va recycler sa réforme constitutionnelle."

Manon Aubry, la tête de liste LFI aux européennes estime pareillement que "c'est une tentative d'entourloupe de la part du gouvernement". Et Mélenchon veut faire des européennes un "référendum anti-Macron".

La raison profonde des atermoiements de la majorité n'est-elle pas en effet la crainte d'une claque le 26 mai ?

samedi 5 janvier 2019

Depuis l'Elysée, Griveaux s'en prend aux Gilets jaunes : ils "veulent renverser le gouvernement"

Le pouvoir cherche-t-il la baston ?

Benjamin Griveaux a estimé que le mouvement des "gilets jaunes" est le fait "d'agitateurs qui veulent l'insurrection" 

Benjamin Griveaux est revenu sur la poursuite du mouvement des "gilets jaunes" à la sortie du Conseil des ministres.
Au fond, "ils veulent renverser le gouvernement," a affirmé le porte-parole du gouvernement, ce vendredi.


En ce début d'année, la première résolution du gouvernement est l'affrontement. 
Benjamin Griveaux est revenu sur la poursuite du mouvement des "gilets jaunes" ce vendredi à la sortie du premier Conseil des ministres de l'année. Alors que Macron a apporté des "réponses concrètes et rapides" aux revendications sur le pouvoir d'achat, selon le gouvernement, les manifestants qui restent mobilisés, sont engagés "dans un combat politique et ne veulent pas participer au débat national", affirme Griveaux au nom du gouvernement Philippe.

Lettre ouverte au chef de l'Etat

Ce vendredi, le collectif de gilet jaunes "La France en Colère" a adressé une lettre ouverte au président de la République dans laquelle ils lui demandent de les recevoir à l'Elysée. Le groupe, lancé par Priscillia Ludosky et Eric Drouet, a dit son refus de participer au 'grand débat national' de diversion, de division et d'instrumentalisation voulu par Macron. Les auteurs de la lettre y voient un "piège politique pour tenter de noyer le sujet qui terrifieMacron :  ce qu'ils veulent est la mise en place du "référendum d'initiative citoyenne".
"La colère va se transformer en haine si vous continuez, de votre piédestal, vous et vos semblables, à considérer le petit peuple comme des gueux" - Extrait de la lettre
L'exécutif a entrepris de dresser les Français les uns contre les autres

Benjamin Griveaux a ainsi stigmatisé certains éléments du mouvement dont "certains seraient des "agitateurs" qui veulent l'insurrection et, au fond, renverser le gouvernement"

En même temps, le porte-parole a appelé les Français à participer "activement" au grand débat national auquel se refuse une portion des Gilets jaunes qui refusent qu'il soit encadré par le pouvoir.

Il s'est dit en outre "prêt à discuter avec des gens sincères [les bons parmi les méchants] qui ne font pas d'instrumentalisation politique [ceux qui sont "constructifs"...] de la difficulté que connaissent nos concitoyens", pour le coup instrumentalisés de manière éhontément populiste.
Griveaux en est enfin arrivé au compte-rendu du Conseil des ministres

Le porte-parole du gouvernement est également revenu sur la politique menée ces 18 derniers mois : "Pour beaucoup de nos concitoyens, les choses n'ont pas réellement changé dans leur vie et dans leur quotidien (...); ils n'ont pas connu de changement suffisamment substantiel et concret dans leur vie de tous les jours". 
Griveaux a ainsi assuré que Macron souhaite aller "plus loin, plus fort, plus radicalement" dans la transformation du pays. Ce qui fait souci, au vu de son recours abusif à l'article 49.3 et aux ordonnances.
"Nous devons aller au bout de l'envie de changement des Français car c'est cette envie qui nous a portés au pouvoir" - Benjamin Griveaux
Une partie des "gilets jaunes" appelle par ailleurs à se mobiliser pour un Acte VIII ce samedi 5 janvier à Paris, mais aussi en régions. Lors du rassemblement prévu dans la capitale, la lettre ouverte au président de la République sera lue par des "gilets jaunes" devant l'Hôtel de Ville, à 14 heures.

A Paris, la préfecture de police a indiqué avoir reçu deux déclarations de manifestations : la première pour un rassemblement sur les Champs-Elysées suivi d'un déplacement vers la place de la Bourse et la seconde pour un cheminement au départ de l'Hôtel de ville en direction de l'Assemblée.

mercredi 19 décembre 2018

Référendum d'initiative citoyenne : la sottise de Ferrand irrite les Suisses

La majorité présidentielle et le président nous fâchent avec le monde entier

Qui en Europe et dans le monde supporte encore Macron et sa clique ?


On dit 'suffisant' comme Ferrand
Le retour du sujet du référendum d'initiative citoyenne dans le débat hexagonal a fait resurgir une déclaration du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, sur les votations. Elle avait provoqué la colère en Suisse, a rapporté Le Parisien, mardi 18 décembre. Cette fois, notre presse servile ne peut plus la passer sous silence. 

C'était le 16 juillet dernier. A cette époque, Richard Ferrand n'était encore que le président du groupe LREM à l'Assemblée.
Les députés débattaient du référendum d'initiative populaire. "Tout à l'heure, quelqu'un vantait la grande démocratie cantonale helvétique, avait-il déclaré. Reprenez les thèmes qui sont soumis : c'est très souvent le fait de quelques cliques affairistes et de quelques lobbyistes qui, d'ailleurs, à la fin des fins, sont souvent démasqués." Sur le moment, ses propos étaient passés inaperçus.

Sans attendre de réponse, Ferrand soupçonne cette "révélation de la députation genevoise", classé en 2015 parmi les parlementaires les plus influents, d'être un 'minus habens'. Dipômé de la Columbia Law School à New York, ce brillant trentenaire ne joue pourtant pas dans la même cour que Ferrand, affairiste immobilier, avec le bac pour seul parchemin authentifié.

Oui, mais voilà, lundi 17 décembre, France 3 a utilisé ces images dans un reportage consacré au référendum d'initiative citoyenne (RIC), l'une des premières revendications des "gilets jaunes". Et cette fois-ci, les propos de ce proche d'Emmanuel Macron ont été parfaitement compris de nos amis helvètes : trop intelligents et subtils, leur seraient-ils passés au-dessus de la tête ?

L'ex-maire de Genève a demandé au président de l'Assemblée de présenter des excuses pour des propos qu'il a tenus en juillet dernier



"Honte à vous, Richard Ferrand -ignare-, qui venez de déclarer à l'Assemblée nationale sur le droit de référendum helvétique : "Les thèmes soumis sont très souvent le fait de cliques affairistes et de quelques lobbyistes démasqués". Le peuple suisse appréciera", a déclaré sur Twitter le conseiller national et membre de l'exécutif de la Ville de Genève, Guillaume Barazzone.

"Cher monsieur Barazzone, je démens formellement avoir pensé ou tenu ces propos que vous me prêtez, a répondu dans la soirée l'intéressé. Quelles sont vos sources ?
Evitez svp les fake news." L'homme politique suisse a ensuite publié l'extrait de l'émission dans lequel Richard Ferrand tient ces propos, lui demandant au passage s'il allait "présenter des excuses".

Les media suisses se sont également indigné de cette appréciation blessante, à l'instar de 24 heures, qui reproche à  Richard Ferrand d'avoir "insulté" la Suisse, ou de 20Minutes, pour qui le président de l'Assemblée s'est "moqué" du pays.

Le mépris et la condescendance de La République en marche déborde au-delà de nos frontières.