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lundi 25 février 2019

Mondial de l'Agriculture de Paris: tas fumeux de paroles d'un président hors-sol en stand-up

Que retenir ? Macron a battu le record de durée d'un président au Salon de l’agriculture

A-t-il "réinventé" l'agriculture européenne pour autant ?


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Après avoir posé un lapin aux maires de France réunis en Congrès à Paris les 20, 21 et 22 novembre 2018, cette visite incontournable d'un président aux agriculteurs était une figure imposée à l’approche des élections européennes.

On n'en retiendra rien, sinon que le quadra a fait durer le plaisir des chaînes d'info en continu en passant plus de 14 heures, retransmises en direct sur la durée, ce 23 février à Paris (XVe), délaissant Brigitte pour caresser des croupes et prononcer des paroles définitives dont le porte-manteau Vuitton n'a que faire.

Macron a encore beaucoup parlé

Ca a commencé par un discours, bien que ce ne soit pas l'usage : les paysans, les pieds dans la glèbe, préfèrent les actes aux paroles. A défaut de mesures, la presse a relevé des phrases-chocs. 

Ainsi Macron en a-t-il remis une couche sur le glyphosate :
"Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons en faire le premier vignoble du monde sans glyphosate, dans 80 pour cent des cas cette transition va d’ailleurs s’effectuer sous 3 ans" (Emmanuel Macron)
Si ce produit de Monsanto a ses détracteurs, il a aussi ses défenseurs dans le monde agricole. Mais ce puissant herbicide total systémique, c'est-à-dire non sélectif - qui fait que 22 "pisseurs involontaires de glyphosate" portent plainte en Ariège et en Bretagne - , considéré comme "cancérigène probable", selon l’Organisation Mondiale de la Santé.  
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Salon de l'Agriculture 2017
Or, voici ce qu’a déclaré le président de la République : "J’ai rappelé ma volonté de sortir du glyphosate le plus rapidement possible, sous 3 ans, et il ne faut pas voir cet objectif comme une contrainte et il ne faut pas tomber à l’égard de cet objectif sous [sous ?] de faux débats. C’est au contraire une opportunité, l’opportunité pour de nombreuses filières d’évoluer profondément." C'est leur responsabilité : qu'elles se débrouillent; c'est leur problème...

Le président en campagne (re)dresse les murs et les haies à travers le paysage politique

Sourire en coin d’un proche : "C’est un très beau discours, d’une campagne qui n’existe pas." Elle n'existe pas, puisqu'elle n'est pas ouverte officiellement. Mais le président braconne des voix. 

Macron vient parler de l’Europe agricole. En ouverture du Salon de l’agricultureil prononce un plaidoyer pour une "PAC réinventée". Sans surprise, le propos est résolument europhile, lorsqu’il martèle que "le vrai risque" ne vient pas de "la concurrence" entre Etats membres., et protectionniste aussi, au moment d’évoquer les menaces "extérieures" au continent. Il se présente même comme un "patriote de notre agriculture". Du miel pour son auditoire ou une partie d'entre elle : la Confédération paysanne n'est pas béate...

Macron n'a rencontré que "les Français (qui) sont des veaux", selon l'expression l'ancien chef d'Etat, le général de Gaulle.

Macron transforme ce salon en meeting de "campagne" qui ne s'assume pas. 
Accueilli par la claque de militants LREM, le chef de l’Etat prend tout son temps dans ce laboratoire que rien? ni personne ne peut venir polluer : aucun Gilet jaune n'a été admis. Le Gilet jaune Eric Drouet s'est présenté à l'entrée du hall principal, mais il n'a pas été autorisé à souiller fouler le tapis rouge et à débattre avec le président.

Trois rangs de gardes du corps forme une bulle se déplaçant sur rail
La foule des quidam tenue à distance peut être aperçue. Mais les chaînes d'information ne propose que des images et coupent le son : la technique consiste à faire parler, en studio, des chroniqueurs et autres experts et analystes agréés, sur des images du Salon - parfois proposées en boucle, notamment pendant le déjeuner du président sur place - , quitte à les interrompre brutalement, lorsque l'imposent les images proposées par les services de com' de l'Elysée.
Le déroulé millimétré du parcours présidentiel entre les stands a été mitonné par ses conseillers.  Il prend son temps et n'hésite d'ailleurs pas, narquois, à s'en amuser. "Parlez-en à mes équipes, qui trouvent que je ne vais pas assez vite", glisse-t-il au journaliste accrédité qui lui demande s’il espère battre son record de l’an passé (douze heures), comme si c'était l'essentiel.

Macron serre des mains à la pelle, s’attarde pour répondre aux questions bio de "personnes" bienveillantes dont on donne à penser qu'elles seraient là par hasard. Forcément: les intervenants sont disposés à intervalles réguliers et signalés au président, à chaque station, par la présence d'une figure récurrente sur son "itinérance agricole" du jour : une grande femme souriante, aux cheveux longs et noirs.
Il embrasse les enfants qui ne demande rien, savoure les "tenez bon!" des "dé-veaux" parsemant son passage, mais aucun intervenant coriace n'émerge de la sélection des intervenants. Qu’une bonne dame dise sa colère contre le "toujours plus" d’impôts ou qu'un brave monsieur râle contre les 80 km/h qui lui "pourrissent la vie", et la réponse est invariablement la même : "Je n’ai pas changé le pays en vingt mois, mais je ne lâcherai rien"...  L'immuable "ne vous inquiétez pas" appelle les "gens qui ne sont rien" à souffrir en silence.

Séquence émotion d'usage : un retraité handicapé en larmes. L'homme est probablement sincère, mais l'instrumentalisation de sa détresse soulève le coeur et donne envie de vomir. 
La visite s'arrête là. Macron n'a pas de limites et "ça suffit".

jeudi 27 juillet 2017

Le gouvernement provoque tous les syndicats agricoles sur la PAC

Les agriculteurs remontés contre le gouvernement sur la PAC

Annonce du ministre de l'Agriculture unanimement condamnée 

Les syndicats d'agriculteurs dénoncent comme inacceptable la mesure de transfert de crédits de la Politique agricole commune (PAC) 2018.
L'Etat va notifier le 1er août à la Commission européenne le transfert de 4.2% des montants des crédits du premier pilier de la PAC, qui concerne les aides à la production, vers le pilier qui regroupe des dispositifs de soutien ciblés pour aider les zones difficiles ou encore l'agriculture biologique.
"C'est un très mauvais signal", déplore la FNSEA, évoquant un "hold-up inacceptable".

"Stéphane Le Foll et le précédent gouvernement ont laissé en héritage une énorme ardoise de 853 millions d'euros ! (...) 
Pour sortir de cette impasse, plutôt que d'honorer la continuité de l'engagement de l'Etat en trouvant les ressources nécessaires sur le budget national, Stéphane Travert annonce un prélèvement de 4,2 % sur les soutiens directs perçus par les agriculteurs", dénonce dans un communiqué le syndicat majoritaire.

Le gouvernement divise le monde agricole

Ancien député socialiste de la Manche passé au service du président Macron et successeur du fugitif Mézard (ci-contre à la gauche de Richard Ferrand, désigné par l'Elysée pour prendre la tête des députés de la majorité), appelé à remplacer au super ministère de la Cohésion des territoires (Logement, Ville et Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales), après à peine plus d'un mois, Richard Ferrand poursuivi dans une affaire d'emploi parlementaire familial et une autre, politico-financière, un "arroseur arrosé qui "souille tous les élus de France" - , 
l'actuel ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a justifié ses choix par "sa volonté que les crédits de la PAC servent l’ensemble de l’agriculture française, avec une attention particulière aux zones les plus défavorisées et aux secteurs fragiles comme l’élevage, et qu'ils accompagnent encore mieux les différents modèles de production".

Résultat de recherche d'images pour "PAC Le Foll"Au contraire, le gouvernement "fait le choix dangereux de léser la grande majorité des paysans au bénéfice d’une minorité (...) en ne majorant pas davantage" les petites exploitations, estime la Confédération paysanne, marquée à gauche et représentant moins de 20% des voix lors des dernières élections aux chambres d'agriculture en 2013. 
Ses porte-parole les plus médiatisés sont José Bové (2000-2004) connu "démonteur" de MacDo et faucheur de champs OGM, Jean-Émile Sanchez (2004-2005) éleveur de brebis du Larzac connu comme "faucheur volontaire" condamné par la cour d'appel d'Orléans à 2 mois de prison ferme et 48 autres à deux mois de prison avec sursis, pour avoir participé à des fauchages sur des parcelles de maïs transgénique de Monsanto en 2004 et 2005, dans le Loiret, ou Laurent Pinatel, éleveur bovin de la Loire révélé par la lutte contre la 'ferme des mille vaches'  dans la Somme.
Ce transfert "revient à prendre dans la poche des agonisants pour soutenir les mourants !" explique également la Coordination rurale, syndicat agricole apolitique créé en 1992, en réaction à la réforme de la PAC.

"Ce n'est plus aux agriculteurs de continuer à payer les erreurs politiques de leurs gouvernants. (...) 
C’est à l'État - donc la solidarité nationale des seuls contribuables, seulement 1 Français sur 2 - d’assumer ses responsabilités - notamment Stéphane Le Foll, ci-contre, arrogant ministre intermittent et pourtant ré-élu PS dans la Sarthe aux législatives de 2017 - tant dans ses mauvais choix en matière de politique agricole commune que dans la gestion délibérément cavalière de ses budgets agricoles", ajoute le syndicat dans un communiqué au ministre de l'Agriculture, un homme qui a fait sa carrière comme commercial dans ...l'industrie.

dimanche 19 juillet 2015

Plus de 22.000 éleveurs au bord de la faillite, observent Hollande et Valls

L'"audacieux" président socialiste délègue aux consommateurs la responsabilité de sauver les éleveurs 

Typiquement, le président de la République s'est contenté de lancer un appel aux grandes surfaces
 
'Nuit de la détresse' : la colère des éleveurs français (juillet 2015) 
pour qu'elles soutiennent les producteurs en détresse.

Alors que 22.000 éleveurs sont au bord de la faillite, sans que le ministre de l'Agriculture ait vu venir le risque, et pendant que François Hollande se consacrait à la Grèce, le président socialiste appelle la grande distribution à faire un effort sur les prix et donc ses marges

Or, pour les producteurs, cela ne suffira pas. 
Nathalie Marchand élève 2.500 porcs. Cette année, elle a fait 170.000 euros de pertes et pointe du doigt une mesure qui ne va pas assez loin. "Il ne faut pas qu'appeler, il faut les contraindre. Sans contrainte, on n'avance pas", s'impatiente-t-elle au micro de France 2.

"J'ai une famille à nourrir"

Patrick Vanderbeken, éleveur de porcs, compte parmi les producteurs en grande difficulté. Cet éleveur vend son porc 1,30 euro le kilo et accumule ainsi les pertes : "Nous on ne sait pas payer nos charges, nos frais d'aliments, nos prêts à la banque et puis j'ai une famille à nourrir", s'inquiète ce producteur que ni les coopératives agricoles, ni le ministre socialiste Stéphane Le Foll n'ont les moyens de secourir.


Coup de gueule de Bruno Le Maire qui fait trois propositions 

"Monsieur le ministre [Le Foll], je vous en supplie, mettez-vous au travail et respectez les paysans français ! " 
Bruno Le Maire, l’ancien ministre de l’Agriculture, est resté sensible aux difficultés des agriculteurs et à la crise que traversent les producteurs de lait, de viande bovine et porcine. Il pousse un coup de gueule contre Stéphane Le Foll et le gouvernement seulement préoccupés d'international. 
Bruno Le Maire fait aussi trois propositions concrètes en matière de respect des prix, de débouchés à l’export et de normes environnementales.

Pendant ce temps, la presse se satisfait des déclarations de Hollande et Valls... 
Indifférente au désespoir des agriculteurs  en colère et à la mise en cause de la grande distribution qu'ils pointent du doigt avec les consommateurs qu'ils  veulent pénaliser dans leur pouvoir d'achat, la presse a choisi de militer au côté de l'exécutif socialiste contre la population.

"Quand le Gouvernement entendra-t-il la détresse des éleveurs ?", interpelle Xavier Beulin

Xavier Beulin, le président de la FNSEA, a confié sa désespérance face à l'autisme du gouvernement incapable d'action face à la crise "économique et morale" traversée par l'élevage français.


Web-agri : Jeudi 2 juillet 2015 à Saint-Brieuc, vous êtes venu soutenir les éleveurs des Côtes-d’Armor. Mais en l’absence de mesures tangibles pour améliorer la situation des éleveurs, vous avez été chahuté par vos propres troupes. Cette prise à parti était-elle fondée ?

Xavier Beulin : Je la comprends, car les éleveurs n’en peuvent plus. Le cadre réglementaire et normatif est insoutenable. Contrairement à 2009, où il s’agissait avant tout d’une crise économique, nous sommes dans une crise à la fois économique, mais aussi morale. Jamais la situation n’a été telle. J’ai été surpris de l’intensité de la mobilisation. Ce ne sont pas des vieux pleurnichards qui descendent dans la rue. Ce sont des jeunes qui se sont installés il y a peu et qui ont investi car ils croient en l’élevage. Nous avons même vu des éleveurs de la Coordination rurale ou de la Confédération s’associer à cette action

WA : Que dites-vous aux éleveurs qui vous reprochent de ne pas défendre suffisamment l’élevage ?

Xavier Beulin : Je leur dit que nous avons fait des propositions de simplification au Gouvernement, que nous avons initié les Etats généraux de l’Agriculture la veille du salon. La FNSEA martèle aussi depuis des mois que le Gouvernement doit prendre ses responsabilités. Ces derniers mois, quatre réunions ont eu lieu avec les transformateurs et les distributeurs. A chaque fois, cela ne donne pas grand-chose. Mais face à l’absence de résultats, bien sûr que je comprends la colère des éleveurs.

WA : Que demandez-vous au ministre [Stéphane Le Foll] qui, lui, explique qu’il ne peut s’immiscer dans les relations commerciales et imposer la revalorisation des prix ?

Xavier Beulin : Nous demandons que le ministre, le Gouvernement et les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités. Aujourd’hui, lorsqu’une norme est supprimée, deux autres viennent s’ajouter. Ce renchérissement des normes n’est plus supportable. Nos élus doivent absolument décider des allègements. Regardez la réforme de la PAC et toutes les complexités administratives qu’elle a généré. C’est risible. Autre exemple avec les cours d’eau. Nous avons dû attendre 18 mois pour qu’on nous explique que, finalement, un cours d’eau créé par l’homme pouvait être logiquement entretenu.

WA : Et sur la question des prix ?

Xavier Beulin : Sur la problématique à court terme des prix, lorsque des acteurs de l’aval prennent des engagements devant le ministre, on peut s’attendre à ce que le ministre, qui incarne l’autorité de l’Etat, fasse respecter ces engagements. En attendant, lorsque les éleveurs ciblent les transformateurs et les distributeurs, ils ne se trompent pas de cible.

Tnm : Appelez-vous à de nouvelles manifestations ?

Xavier Beulin : Je ne peux pas écarter les risques de débordements lors des actions syndicales. La situation des éleveurs est telle que ces risques sont plus grands. La FNSEA ne donnera pas de mot d’ordre national pour de nouvelles actions. Mais les producteurs vont continuer à se mobiliser, en département, jusqu’à ce qu’ils obtiennent des résultats.



samedi 21 février 2015

François Hollande au salon de l'Agriculture avant l'ouverture au public

Le président au contact du monde agricole, mais coupé des Français

Entouré par un service de sécurité sur les dents 

Pour cette incontournable visite inaugurale présidentielle du salon de l'AgricultureFrançois Hollande était attendu dès 6h30 samedi. Entouré d'une nuée de journalistes et de perches pour la première halte médiatique et la photo de la journée, le président s'est prêté avec complaisance à la traditionnelle photo de famille...au côté de Filouse, une Rouge Flamande de 4 ans, la star du salon. L'atmosphère n'est pourtant pas aux coups de pub.

Le contexte est à l'inquiétude paysanne face à l'application de la nouvelle PAC.
"On a transmis la passion à nos enfants. Dans la nouvelle PAC, peut-on s'intéresser à nos races locales ? Nos racines ont droit de continuer à vivre ?" "La PAC non seulement n'empêchera rien, mais valorisera ces produits", affirme en réponse le président de la République, avec une belle assurance.

"Il ne faut pas nous oublier"
Au passage de la délégation, un éleveur de vaches normandes glisse à Hollande: "Il ne faut pas nous oublier. Ce sont des gens comme nous qui vous ont porté au pouvoir". "Je ne vous oublie pas", assure le président.
"Les agriculteurs ne doivent pas avoir peur", a aussi répondu le visiteur. "Ce qui doit lutter contre le populisme, c'est la force de l'Etat, sa capacité à tracer un chemin d'avenir. Ce n'est pas en mettant les agriculteurs dans l'angoisse qu'on y parviendra.
Pour sa part, le président du principal syndicat agricole, la FNSEA, Xavier Beulin, a confirmé: "Je ne peux pas nier qu'il y ait des expressions vis-à-vis d'une Europe parfois trop techno, trop tatillonne". "Peut-être que la réponse politique n'est pas à la hauteur", ajoute-t-il.

La Confédération paysanne a publié vendredi une carte démontrant qu'il existe pourtant 24 projets de "fermes usines" et 5 structures effectives.

Le risque d'agression vient de l'intérieur

Il caresse de loin... un jeune mouton
La presse justifie le déploiement d'un dispositif de sécurité renforcé. Le chef de guerre du Mali et négociateur-adjoint des accords de cessez-le-feu en Ukraine était dans ses petits sabots Porte de Versailles: eu égard aux tueries djihadistes par des Français, début janvier à Paris, et malgré le plan Vigipirate, le président est tenu hors d'atteinte par un cordon de gardes du corps,  alors que la visite se déroule à huis clos, avant l'ouverture au public (13€) à 9h00.

Signe qui ne trompe pas d'une sécurité sur les dents, le porte-parole de la Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire d'activistes, a été violemment expulsé de la délégation. "Il a été victime d'une confusion, il n'y a aucun souci", a prétendu François Hollande. Le président aurait exprimé ses regrets au paria, Laurent Pinatel, qui a toutefois eu ce commentaire: "On a parlé hier des fermes intensives. Visiblement ce discours-là dérange". 
Les agriculteurs ne sont pas connus pour être majoritairement des électeurs de gauche, mais en repoussant le syndicat le plus à gauche, dressé contre la FDSEA par Ségolène Royal, alors présidente de la Région Poitou-Charente, Hollande s'aliène toujours davantage les animateurs de la contestation régionale, de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes (près de Nantes) au réservoir de Sivens (Tarn), en passant par chacune des fermes-usines. 

Un éleveur de Bretonne Pie Noir interpelle bruyamment le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, un peu plus tard.  "Ca va ?", s'inquiète le ministre. "Et la reconnaissance de race comme mixte lait/vache?", l'interroge Luc Bernard, éleveur de la Sarthe, fief de Stéphane Le Foll, qui répond, embarrassé: "On va essayer de régler ça".

Le salon devient cahier de doléances

Comme le veut la tradition, le président a commencé par le hall des éleveurs où il se trouvait toujours une heure et demie après son arrivée, car le ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement et animateur des coups fourrés auprès de François Hollande, Stéphane Le Foll, est contesté pour sa dispersion et la violence de ses propos politiques sectaires dans un monde agricole aux revenus en chute et qui se sent abandonné du ministre.

Faute de dialogue avec le gouvernement, c'est par l'agence de presse française que Guy Vasseur, président des Chambres d'Agriculture, doit faire passer ses messages.
"Il y a urgence dans la simplification" des normes et dans l'application de la nouvelle Politique agricole commune (PAC), a-t-il ainsi fait savoir. "Les agriculteurs vont dans quelques semaines faire leur déclaration PAC et personne ne sait de quoi il s'agit", a-t-il expliqué.

Hollande se fait accrocher par le secrétaire général de la Fédération nationale bovine, Pierre Vaugarny, préoccupé par les problèmes d'accès au crédit et  l'excès de normes, qui étranglent les agriculteurs. "On a l'impression que sur le terrain, plus on nous annonce de la simplification, plus le sac-à-dos se charge", dit P. Vaugarny. "Les contrôles sont indispensable mais ces contrôles qui se succèdent, ce n'est pas acceptable". L'Etat va agir "rapidement", promet François Hollande piteusement.

Hollande raconte à la presse que les problèmes ne sont pas dus au gouvernement. Pour lui, ce salon se déroule sous le signe des enjeux climatiques, d'une part, et qui, d'autre part,  sont aussi "une responsabilité" des agriculteurs, mais sans qu'il se sente impliqué autrement que par l'organisation du forum de cette fin d'année. 
Hollande continue de lâcher des "il faut" ou  "on doit": "Nous devons être, l'Etat, auprès des agriculteurs", a-t-il assuré. Mais il ne lance aucune idée, n'ouvre aucune piste et ne fait aucune proposition, conscient des difficultés et incriminant notamment l'embargo russe sur les produits alimentaires - le lait, le fromage, le poisson, le boeuf, le porc, la volaille, les légumes et les fruits en provenance de l’Union européenne, des Etats-Unis, de l’Australie, du Canada et de la Norvège - depuis le 29 juillet 2014, évitant de rappeler qu'avant de vouloir lever les sanctions contre la Russie, il a commencé par être de ceux qui dans l’Union européenne ont décidé de coopérer avec les États-Unis et l’Ukraine pour sanctionner le soutien russe aux séparatistes ukrainiens russophones.

Porte de Versailles, Hollande fait de la com'
François est heureux: il a bien mangé !
Peu avant 10h30, Flamby petit-déjeunait toujours avec le gratin du monde agricole avant de poursuivre la visite. Au stand Aquitaine, le président va ensuite déguster du jambon de Bayonne, après avoir déjà consommer du fromage.
Et en Corrézien d'adoption et amateur de viande, le président écrit sur le livre d'or de la Fédération des bouchers: "A tous les bouchers qui nous donnent conseil, plaisir et fierté".

Diversion sur le record à battre du temps au Salon

Malgré les enjeux, la presse fait des paris: combien de temps va durer la visite présidentielle 2015 ?... Dans son entourage, on glisse juste qu'il doit impérativement être à l'Elysée à 16h... En 2012, Hollande était resté une douzaine d'heures,  dans les allées de la plus grande ferme de France, un record ! Mais c'était pendant la campagne présidentielle. L'an dernier, il n'y était plus resté que 7h.

samedi 23 novembre 2013

FO se désolidarise de la CFDT et de la CGT

FO refuse de constituer un front syndical 

"Tous ensemble, tous ensemble !" mais sans FO !


Et avec elle, le syndicalisme

La CGT et la CFDT qui condamnent la contestation "populiste" et anti-impôt qui s'est développée sans elles en Bretagne, notamment à Quimper, le 2 novembre, ont décidé de tenter une opération pour resserrer les liens syndicaux distendus à Carhaix et les rendre plus audibles.

La CGT et la CFDT, divisées sur les sujets de fond, les réformes du marché de l'emploi et des retraites, se sont rapprochées, sur le sentiment d'une menace de création d'un mouvement indépendant des grandes centrales: alors que les Français manifestent leur exaspération, elles s'en distinguent, se disant "alertées" par la situation de "la société en proie au désarroi" qui "peut se laisser entraîner par l'expression des pires populismes"...


A Quimper, les Bonnets rouges bretons avaient réuni plusieurs milliers de salariés et patrons pour la défense de l'emploi, cause commune. Protestataires franc-tireurs, selon les partis et syndicats conservateurs, ils ont concentré la colère bretonne ces dernières semaines en exprimant leur ras-le-bol fiscal (écotaxe, notamment) et leur saturation de réglementation, partout en Bretagne. 


Dans un contexte de retour à la lutte des classes, outre les réformistes de la CFDT, de la CFTC ou de l'UNSA, la gauche radicale avait appelé à leur propre rassemblement à Carhaix des partis (PS, PCF et Parti de gauche) et des syndicats d'extrême gauche "contestataires" ou "de lutte" (CGT, Union syndicale 'Solidaires'), voire révolutionnaires (CNT et Comités syndicalistes révolutionnaires constitués de militants de la CGT, de SUD et de la CNT). 
La CGT, Solidaires et FSU avaient réuni 600 à 700 militants à Carhaix, le même jour et à la même heure que celui de Quimper. Le secrétaire national des altermondialistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Pascal Durand, qui soutient la fiscalité écologiste, s'est rendu à Carhaix, mais Philippe Poutou, le trotskiste du NPA et ancien candidat à l’élection présidentielle, annonça en revanche sa venue à Quimper.

Pour elles, le "ras-le-bol fiscal" serait populiste !
Quatre organisations ont donné leur accord au front syndical: les réformistes (UNSA et CFTC), les alliés de la CGT, FSU et Solidaires). Leurs leaders, Laurent Berger (CFDT) et Thierry Lepaon (CGT), ont appelé tous leurs homologues à se réunir lundi soir au siège de la CFDT pour "échanger" sur les moyens d'y "remédier", pointant "l'inquiétude" des Français sur "l'emploi et le pouvoir d'achat".

L'appel à l'unité des deux grands syndicats coïncide avec la mise à plat de la réforme de la fiscalité lancée par Ayrault.
La dernière mobilisation unitaire - CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA - a eu lieu le 14 novembre 2012, dans le cadre d'une journée d'action européenne.

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a refusé vendredi l'appel de la CFDT et de la CGT à constituer un front syndical uni. 

"Je n'aime pas répondre aux convocations" et surtout,
"sur le fond, je ne crois pas aux choses artificielles", a déclaré Jean-Claude Mailly sur RTL. Les dirigeants de la CFDT et de la CGT, Laurent Berger et Thierry Lepaon, avaient invité l'ensemble des syndicats à se réunir le 25 novembre pour évoquer "la gravité de la situation" dans le pays, dans un courrier révélé jeudi. Jean-Claude Mailly a rappelé "qu'entre organisations, aujourd'hui, il y a des désaccords. Comment peut-on se mettre d'accord à plusieurs organisations, par exemple, sur les questions d'emploi ?"
En 2013, la CFDT a signé l'accord "sécurisation de l'emploi", alors que la CGT et FO l'ont vivement critiqué.

"On n'est pas d'accord sur les questions des retraites", a-t-il également souligné. "Comment peut-on faire semblant de dire on va trouver un texte ?" "Je suis pas sûr qu'on soit d'accord entre nous sur les questions de pouvoir d'achat. Alors, si c'est pour faire une photo, allez, on est tous là ensemble, etc., eh ben, je suis désolé, j'ai pas le temps d'aller chez le coiffeur pour être sur la photo d'ici lundi."

Samedi 23 à Lorient (PS), la mobilisation était faible
 

Il s'agissait pourtant d'
exiger des mesures sociales dans "le Pacte d'avenir pour la Bretagne" voulu par l'Etat, et de marquer son territoire face aux mouvements des "bonnets rouges"

A l'appel de sept organisations syndicales, plusieurs manifestations de quelques centaines de salariés
 chacune se sont déroulées "pour l'
avenir de la Bretagne" et pour "un pacte social" à Rennes (PS, Ille-et-Vilaine), Saint-Brieuc (commune de gauche jusqu'à 2001, Côtes-d'Armor) et Lorient (PS, Morbihan). Un autre cortège a arpenté les rues de Morlaix (Finistère) dans l'après-midi. Le maire UMP de Morlaix, Agnès Le Brun, est député européen, vice-président de l'AMF et travaille sur la réforme de la PAC depuis 2013.

J.-Claude 
Mailly avait annoncé que "Force ouvrière serait présente à Rennes, sur ses positions". "Il y aura un membre du bureau confédéral qui défilera avec les militants FO à Rennes." "On est libres", a dit le secrétaire général de FO.

1.100 personnes auraient fait le déplacement,
selon les renseignements généraux.

jeudi 21 novembre 2013

Les agriculteurs en colère ont pris le contrôle de l'accès à Paris

Les agriculteurs d'Île-de-France ont fait entendre leur mécontentement

Une douzaine de points de blocage ont été comptabilisés au cours de la matinée.
 



Un "blocus de Paris" à l'initiative des deux principales organisations, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles d'Île-de-France (FDSEA) et la section régionale des Jeunes agriculteurs (JA) marqué la matinée à Paris.

Barrages filtrants ou opérations escargots ont perturbé le trafic sur plusieurs autoroutes et nationales franciliennes. Les organisateurs ont estimé que l'opération a été "une réussite".

Les agriculteurs ont dénoncé un "matraquage fiscal", tandis que Stéphane Le Foll, tout en maintenant qu'il a "toujours été ouvert au dialogue", a réaffirmé qu'il  n'est "pas question" de remettre en cause la nouvelle Politique agricole commune. Plusieurs élus ont fustigé l'opération, jugée illégitime.

Deux accidents se sont produits en raison des barrages. 
Un pompier de 27 ans du centre de secours de Lognes qui roulait dans son véhicule personnel se serait laissé surprendre par un ralentissement de la circulation. Arrivé à vive allure, il a percuté le barrage filtrant de la Croix Verte. Les agriculteurs déplorent cet accident et décident de lever ce blocage. 
La FDSEA et la préfecture divergent sur les circonstances de l'accident mortel. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l'accident.
La préfecture du Val-d'Oise insiste sur le fait que le véhicule du pompier qui s'est tué a percuté l'arrière d'un camion "qui s'est trouvé immobilisé par les encombrements générés par les blocages de la circulation organisés" par les agriculteurs. De son côté, le président de la FDSEA francilienne, Xavier Beulin, souligne dans Les Echos que "l’accident n’a aucun rapport avec le blocage: il s’est produit à un kilomètre des barrages". Il dénonce donc les "pirouettes" du gouvernements sur le sujet. 
"A l'heure où ça s'est passé, il faisait nuit. La chaussée était mouillée et la route n'était pas éclairée", a précisé Yves Jannier. "Habituellement, à cette heure-là, la circulation est relativement fluide. La victime a peut-être été surprise" par le bouchon.

Le camion, un poids lourd de 19 tonnes, était à l'arrêt lors de la collision. Il avait mis ses warnings", mais la victime "n'a pas pu s'arrêter à temps"a précisé Yves Jannier, procureur de Pontoise".

Le second, qui a impliqué un tracteur et un car de CRS, n'a fait que six blessés légers.
Résumé de la matinée 

Les agriculteurs qui étaient stationnés à Orgeval annoncent la fin du blocage de l'A13, tandis que d'autres convois se rejoignent au rond-point de Trappes, sous la surveillance des CRS. L'opération ne devrait pas tarder à se terminer.

10:55 - Les bonnets verts qualifient l'opération de "minable"
Bonnets verts
Sur leur compte Twitter, les bonnets verts se mobilisent pour la mise en oeuvre de l'écotaxe et contre la hausse de TVA dans les transports publics, et critiquent donc l'action des "gros céréaliers".
Le 24 octobre dernier dans l'Orne, ils avaient placé un tractopelle en travers de la voie publique pour s'opposer au site d'enfouissement voisin.

10:36 - Les cortèges fusionnent à Trappes
Les convois d'Ablis et de Pont Chartrain convergent actuellement vers Trappes où ils devraient fusionner.

10:33 - Le Foll exploite le drame de la route
"Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll "appelle tout le monde à la responsabilité" après l'accident mortel survenu en marge des manifestations d'agriculteurs autour de Paris. "Je ne pensais pas que c'était la meilleure solution que de bloquer les abords de Paris, je constate qu'il y a eu des incidents indirectement liés et j'appelle maintenant tout le monde à la responsabilité", a lancé le ministre, dix mimutes avant la prise de position des bonnets verts.
Contre-vérité de Stéphane Le Foll: "On a toujours été ouvert au dialogue", a-t-il insisté, alors que les conflits sociaux démontrent le contraire, dans le privé comme dans l'Education. Il a toutefois ouvert la concertation en faisant l'annonce de la "mise en place d'un groupe de travail "à haut niveau" sur la double performance économique et environnementale" avec les représentants des céréaliers, qui demandent sa démission. 
Dans l'instant où il prônait le dialogue, il s'est montré inflexible sur la nouvelle Politique agricole commune (PAC), qui opère un rééquilibrage des aides en faveur de l'élevage, au détriment des grandes cultures. Il n'est "pas question" de la remettre en cause, a-t-il prévenu.

10:26 - Les bonnets rouges relayent l'action des agriculteurs

Sur leur compte Twitter, les bonnets rouges ont annoncé "qu'après les routiers, la grogne fiscale gagne les agriculteurs". La fédération de l'Indre s'est même dite "solidaire" de leur action.


10:19 - Une opération impopulaire selon les internautes altermondialistes

Sur les réseaux sociaux, les internautes écologistes sont toujours très actifs. Il n'ont pas manqué de se plaindre des bouchons provoqués par les barrages filtrants mis en place par les agriculteurs sur les grands axes franciliens.
Certains dénoncent également une opération jugée "irresponsable" et illégitime, relayant les déclarations de Jean Glavany. Dans un réflexe archaïque de lutte des classes, l'ex-ministre de l'Agriculture du gouvernement Jospin estime que "ce sont ceux qui touchent le plus qui bloquent les routes".

10:05 - En revanche, Hervé Gaymard "comprend" le blocage

Hervé Gaymard, député et ex-ministre de l'Agriculture également, dit "comprendre" la manifestation des organisations agricoles en Île-de-France, sans pour autant être "favorable au blocage de la région parisienne".

"L'élevage français a de gros problèmes qui ne sont pas seulement liés à ce qu'on appelle les aides européennes, qui sont liés à des réglementations plus élevées que dans les autres pays européens, à un coût du travail plus élevé en France (...) Ce que je souhaiterais, c'est qu'on ait un rapport sur les politiques de l'élevage dans tous les pays de l'Union et qu'en France on balaie devant notre porte avant de critiquer systématiquement Bruxelles", a ajouté Hervé Gaymard.

09:55 - Jean Glavany estime que le blocage est "un vrai scandale"

Dix minutes plus tôt, Jean Glavany, député socialiste, a qualifié de "vrai scandale" le blocus des axes routiers franciliens par les agriculteurs. Il met en cause la légitimité des revendications des agriculteurs:  dans un réflexe archaïque de lutte des classes, l'ex-ministre de l'Agriculture du gouvernement Jospin estime que "ce sont ceux qui touchent le plus qui bloquent les routes".. "Ce sont les plus subventionnés. 80% des primes vont aux 20% des plus gros agriculteurs. Nous avons besoin de faire preuve de solidarité à l'égard des plus défavorisés, notamment les éleveurs mais aussi les petits paysans qui ne touchent pas un euro de prime PAC", a-t-il polémiqué.

Le militant fustige également une opération qui empêche les gens "d'aller travailler, d'apporter les enfants à la crèche et au collège". "Autant on a le droit de manifester, de protester, de faire grève, autant on n'a pas le droit de porter atteinte à la liberté d'aller et venir de ses concitoyens", a protesté l'élu. Le socialiste a juste oublié qu'il a soutenu tous les mouvements de grève de la gauche syndicale et le blocage des lycées par la FIDL...  

09:44 - Chronologie des mouvements anti-Hollande

La grogne contre la fiscalité ne concerne pas seulement les agriculteurs. Avant eux, les Pigeons, Poussins ou les Bonnets rouges se sont mobilisés pour protester contre une fiscalité grandissante.


09:25 - La FDSEA maintient les barrages

"L'accident s'est produit à plus d'un kilomètre du barrage, le pompier arrivait à vive allure et il a fait des tonneaux"
, précise le journaliste Eric de la Chesnais. 
La Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FDSEA) estime qu'il n'y a pas assez de forces de l'ordre sur place et que la responsabilité de cet accident ne lui incombe pas. Le syndicat a décidé de maintenir les barrages et rejette l'appel du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier.

09:11 - 6 blessés dans un deuxième accident

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, dénombre deux accidents ce matin sur les barrages des agriculteurs en Ile-de-France. Après un premier accident mortel, un second entre un tracteur et un car de CRS a fait six blessés légers.

09:02 - Opération escargot sur la RN10

Sur la RN10, l'opération escargot se poursuit. Les tracteurs se dirigent lentement vers les Essarts.

08:56 - "J'appelle à lever les barrages", dramatise le contre-manifestant Cuvillier 

Le ministre des Transports appelle à "lever immédiatement les barrages" après avoir comptabilisé l'accident mortel du pompier qui a perdu le contrôle de son véhicule.


08:52 - 50kms de bouchons sur la N12

La gendarmerie annonce que les bouchons sur la N12 vont jusqu'à Dreux.

08:49 - A13: les agriculteurs entrent par le pont d'Epône

Les accès à l'A13 par Epône ont été débloqués. Les Jeunes Agriculteurs annoncent qu'ils entrent sur l'autoroute à cet endroit.

08:40 - Moins de 100 kilomètres de bouchons

Moins de 100 kilomètres de bouchons, 85 kilomètres exactement, constate le site d'information routière Sytadin. La carte des principaux points de blocage.L'Etat des bouchonsSytadin

08:39 - Les revenus des agriculteurs franciliens ont explosé grâce aux céréales

La Confédération paysanne joue les briseurs de "grève" relayée par la presse. Dans un contexte de forte hausse des prix et de progression des rendements pour la plupart des céréales, les régions céréalières auraient tiré leur épingle du jeu. A l'instar de l'Ile-de-France, dont 58% de la production totale provient des grandes cultures. Le revenu moyen des exploitations franciliens se serait élevé à 97.800 euros l'an dernier, contre 59.600 euros en 2011. C'est plus de cinq fois celui des exploitations dans le Limousin, où l'élevage bovin est prépondérant et dont le revenu moyen atteint péniblement les 15.500 euros sur fond de baisse des abattages et des exportations. La moyenne française s'est établie à 38.300 euros par actif non salarié en 2012, contre 35.000 euros l'année précédente.

Il faut dire que 2012 aura été une année record qui ne préjuge pas de l'avenir pour les régions céréalières. Les prix des céréales, qui s'étaient stabilisés en 2011, ont à nouveau grimpé de 20% en moyenne, tirés par les cours mondiaux. Les prix des oléagineux et protéagineux ont aussi connu une nette progression. Parallèlement, les coûts de production ont été maîtrisés, notamment grâce à de moindres achats d'engrais.
  
carte du resultat courant avant impot des actifs des moyennes et grandes exploitations agricoles
08:37 - 50 tracteurs à Rambouillet

Sur la N10, le cortège est à hauteur de Rambouillet. Sur les tracteurs, des panneaux qui dénoncent le "ras le bol fiscal".

08:30 - Une douzaine de points de blocage

La FDSEA Ile-de-France revendique une douzaine de points de blocage en Île-de-France, notamment sur l'A6, l'A13, l'A15 et sur les nationales 12 et 20.

 08:21 - Le réseau routier peu perturbé

Le Centre régional d'information et de coordination routières (CRIR) avance que la mobilisation n'entraine "pour l'instant, pas de perturbations majeures sur le réseau structurant. Le réseau se charge normalement".

Le Crir notait des perturbations dans l'Essonne en direction de Paris sur l'A6 près d'Auverneaux, ainsi que sur la N20 au niveau d'Etampes, où quelque 200 agriculteurs et une cinquantaine de tracteurs organisaient un barrage filtrant.

"On distribue des tracts et des fruits. Pour le moment, tout se passe bien", a expliqué Denis Rabier, vice-président de la chambre d'agriculture d'Ile-de-France et président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles d'Ile-de-France (FDSEA) de l'Essonne.

08:12 - Incompréhension du ministre des Transports

Selon le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a estimé que l'action des agriculteurs franciliens n'est "pas compréhensible", discriminant en outre  les céréaliers en colère.
"Ça n'est pas en bloquant et en lançant des ultimatums qu'on règle les choses (...). Ca n'est pas compréhensible: imaginez que les vacanciers bloquent en période de moisson tous les accès aux tracteurs", a imaginé le ministre sur RMC. "Il faut arrêter de bloquer pour bloquer, d'autant que je suis au regret de dire que ce qui est mis en avant lors de ce mouvement nécessite quelques éclaircissements", a ajouté l'ancien maire de Boulogne, oublieux des lycées et universités bloqués par la gauche quand elle était dans l'opposition. En avril 1998, pas un ferry n'avait pu quitter le port de Calais et le blocus des bateaux de la compagnie Seafrance pour que les marins CFDT de la compagnie n'obtiennent satisfaction à leur revendication.
"Il y a des situations qui sont des situations de difficulté dans l'agriculture et ce ne sont précisément pas forcément les personnes qui manifestent qui sont les plus concernées", a polémiqué le ministre, en référence aux besoins également criants du secteur de l'élevage. Frédéric Cuvillier a pris la défense de son collègue Le Foll, rappelant les "dispositions d'aides à l'agriculture" déjà mises en place, et la sauvegarde de la politique agricole commune (PAC) par la France, occultant la situation défavorable faite à la France par Bruxelles, par rapport à l'Allemagne notamment. "Ce qu'est en train de mettre en place Stéphane Le Foll, c'est de la solidarité à l'intérieur du monde agricole: aider les plus faibles et les plus petits, notamment dans l'élevage et faire en sorte qu'il y ait de la part de ceux qui sont dans une situation plus privilégiée, cet acte de solidarité", a-t-il conclu, partisan du nivellement par le bas.

08:06 - 40 tracteurs entrent sur l'A13

Quarante tracteurs circulent actuellement à vitesse réduite sur la RN10, escortés par des voitures de police. Ils s'engagent sur l'A13 avec l'autorisation de la police, précise Eric de la Chesnais. Ils ralentiront le trafic sur trois voies jusqu'à Orgeval mais n'iront pas jusqu'à l'A14.

08:03 - Des actions spectaculaires

Bloquer les axes routiers majeurs d'Île-de-France, déverser du foin devant le ministère de l'Agriculture ou défiler au volant de tracteurs dans les rues de Paris: les agriculteurs sont des habitués des opérations spectaculaires pour faire entendre leurs revendications. 

08:00 - Nouvelle mobilisation le 29 novembre

Plus de la moitié des agriculteurs de l'Île-de-France, ceux de l'est parisien soit 2500 exploitants au total, ne participent pas ce jeudi à la journée de mobilisation lancée par leurs collègues de l'ouest francilien. "Nous avons déjà organisé un mouvement contre l'écotaxe en octobre dernier, explique Arnaud Rousseau, président de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de Seine et Marne. Nos collègues de la FDSEA de l'ouest de l'Île de France n'y ont pas participé. Nous préférons nous mobiliser vendredi 29 novembre contre les effets de la PAC avec nos collègues du nord bassin parisien, soit une quinzaine de départements au total'", poursuit-il. Et d'ajouter : "tous les agriculteurs de l'ouest parisien seront les bien venus".

07:51 - La N12 bloquée après Monfort

Sur la N12, des gendarmes empêchent les agriculteurs d'avancer. La circulation étant coupée, ils ne peuvent pas non plus faire demi-tour. "Ça doit bouchonner jusqu'à Houdan" a confié l'un d'eux.

07:48 - Pourquoi les agriculteurs bloquent Paris

Grégoire de Meaux (Jeunes agriculteurs d'Ile-de-France), explique pourquoi son organisation a appelé à manifester ce jeudi, dans un entretien au figaro.fr. "Nous sommes solidaires de la lutte bretonne contre l'écotaxe, mais ce n'est pour nous qu'une revendication parmi d'autres. Nous protestons aussi contre la réforme de la PAC telle qu'elle se profile et contre les multiples charges qui étouffent nos exploitations: la hausse de 7% à 20% de la TVA sur la filière équestre, qui pénalise les agriculteurs qui se sont diversifiés dans ce secteur, le relèvement de l'assiette de la taxe carbone, les programmes environnementaux qui créent sans cesse de nouvelles contraintes, les charges sociales trop élevées...". Plus de détails ici.

07:46 - "Le Foll tu débloques, nous on bloque"

A Epône, des agriculteurs affichent des panneaux "Le Foll tu débloques, nous on bloque".

Le ministre est dans le collimateur des agriculteurs, qui réclament sa démission. Grégoire de Meaux, président des Jeunes Agriculteurs, à l'origine du blocus, demande "la nomination de quelqu'un de compétent à l'Agriculture".

07:44 - Barrage filtrant en place au rond-point d'Epône

Une trentaine d'agriculteurs bloque l'accès au rond-point d'Epône mais l'objectif final est d'installer un barrage filtrant sur l'A13. Les agriculteurs négocient ainsi avec les forces de l'ordre

Autre point de blocage, la francilienne intérieure (au niveau du rond point de la croix Verte) et la N20.

D'autres convois se dirigent également vers l'A6, la D14, l'A15, l'A1 et l'A3

En outre, des cars de CRS neutralisent une voie à chaque fois. Le périphérique intérieur est toutefois peu touché.

07:43 - Les agriculteurs veulent bloquer l'A13

Les agriculteurs stationnés à Epône ce matin, dans l'ouest de l'Île-de-France, souhaitaient se rendre à Mantes-la-Jolie ce matin, mais ils ont été bloqués par la police. Il veulent absolument entrer sur l'A13 pour la bloquer. Mais à cette heure, les forces de l'ordre ne leur en ont pas donné l'autorisation qu'ils ont demandée, les voitures circulant à plus de 100 kilomètres par heure.

L'installation de barrages filtrants est le mot d'ordre des agriculteurs qui conserver leur capital sympathie auprès de la population, mais veulent alerter l'opinion sur leurs difficultés, tant du côté de l'Europe que de celui du gouvernement socialo-écolo. Hollande accepte que les paysans français soient pénalisés  par Bruxelles et les Verts radicaux approuvent l'écotaxe poids-lourds qui a mis le feu à la Bretagne

Autre point de blocage, la francilienne intérieure (au niveau du rond point de la croix Verte) et la N20. D'autres convois se dirigent également vers l'A6, la D14, l'A15, l'A1 et l'A3. En outre, des cars de CRS neutralisent une voie à chaque foi, celle de droite. Le périphérique intérieur est toutefois peu touché.

07:40 - Les agriculteurs s'engagent sur l'A6
Alors que les accès à l'A13 sont toujours bloqués dans les deux sens à Epône, les agriculteurs s'apprêtent également à entrer sur l'A6.

07:40 - Un recours juridique sur la PAC le 10 décembre

Les agriculteurs vont lancer un recours juridique le 10 décembre prochain sur la PAC (la Politique agricole commune), qu'ils accusent de faire de la distorsion de concurrence. "On est les céréaliers qui seront les moins payés d'Europe avec cette PAC. Au lieu de 300 euros d'aides par hectare, nous ne toucherons plus que 200 euros, contre 300 euros pour les Allemands et 280 pour les Polonais, par exemple. Tout ça alors que nous avons les charges les plus élevées !".

07:37 - "On est là pour faire parler de nous"

Des agriculteurs basés à Epône expliquent que l'opération de ce matin n'a pas pour objectif de bloquer Paris, mais de faire parler d'eux. "On veut faire monter la mayonnaise", assure l'un d'eux, précisant qu'il y aura des suites. 
"D'autres actions sont prévues, mais ces mouvements seront top secret. 
On prépare aussi des actions contre le ministre Stéphane Le Foll", prévient-il. Notre objectif est également de "faire bouger les syndicats", qui "ne font rien".

07:28 - Un temps d'hiver : pluie froide au programme

Les premières températures basses sont au rendez-vous, sous un ciel gris, et de fortes pluies susceptibles de se transformer en neige fondue. C'est le temps prévu en Île-de-France ce jeudi matin pour le blocus par les agriculteurs. "C'est un temps d'hiver, explique Régis Crepet, prévisionniste à Météo Consult. Il y a de la pluie froide qui peut se mélanger à des averses de neige fondue. Heureusement il ne va pas geler, car le vent souffle entre 45 et 50km/h et les chaussées sont mouillées". En plus des barrages filtrants des agriculteurs installés sur les axes routiers et ferroviaires, la météo risque d'aggraver les conditions de trafic pour les Franciliens.

07:25 - 124 km de ralentissements

La circulation devient très difficile sur certains grands axes et France Bleu constate déjà
124 km de ralentissement.

Ainsi, des convois se dirigent vers l'A13, l'A1, l'A15, l'A20 et l'A6 (deux blocages ont été repérés). Les routes nationales N12 et N20 (vers Epône) ou encore la D14 à hauteur des Mureaux ou encore vers la francilienne intérieure (au niveau du rond point de la croix Verte). La voie auxiliaire de l'A4 est également fermée, selon France Bleu.

07:23 - A13: les CRS sur place

A Epône, dans les Yvelines, un escadron de CRS est sur place et  empêche les agriculteurs d'entrer sur l'A13 pour mettre en place leur barrage. Si les accès à l'autoroute sont coupés dans les deux sens à Epône, la circulation est fluide sur l'axe autoroutier à l'heure actuelle.

07:17 - Un jeune entrepreneur bloqué agacé

Sur le pont d'Epône dans les Yvelines, où la circulation est bloquée dans les deux sens, un jeune entrepreneur est déconcerté : "En France, tout le monde se bloque ! j'ai quatre employés, je suis à 40 kilomètres de Paris, ma journée est déjà perdue".

07:14 - "On n'a plus rien à perdre"

A Ablis, dans le sud ouest parisien près de l'A10, "il y a un barrage filtrant qui s'est mis en place il y a une demi-heure environ, ça commence à être vraiment compliqué. Les forces de l'ordre sont sur place. Il y a une vingtaine de tracteurs avec des gyrophares". Pour l'instant, l'ambiance est décontractée, même si les agriculteurs sur place se disent "très en colère" et assurent "qu'ils n'ont plus rien à perdre".

07:09 - Plusieurs points de blocage

Plusieurs points de blocage sont d'ores et déjà en place. L'A13, l'A12, l'A15, l'A6 et l'A10 sont concernées. L'ouest et le sud parisiens connaissent des difficultés de circulation.
Le réseau secondaire pourra aussi être touché. Le trafic sur les N20, N118 et N12 pourra également être ralenti, voire bloqué. France Info souligne que les voies ferrées ouest, dont la ligne TGV, pourront aussi être impactées...

07:02 - La circulation se complique en Île-de-France
 


Par leur nombre, les forces de l'ordre ont contribué au blocus, sans empêcher un accident mortel.