POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Salon de l'Agriculture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Salon de l'Agriculture. Afficher tous les articles

samedi 29 février 2020

Macron a-t-il engagé des figurants pour sa visite au Salon de l'agriculture 2020 ?

Une fois de plus les 'fact-checkers' de Libération se mobilisent pour défendre Macron, pour une fois qu'ils ne s'en prennent pas à l'opposition

Les faits, témoignages et documents, accablent Macron, 


mais la paire Libération et Le Monde soutient que les dévôts rencontrés par Macron au Salon de l'agriculture ne seraient pas des figurants...

Le Monde s'attaque à la "rumeur" !
"L’"hypothèse" [sic], très relayée sur Facebook, s’appuie sur "un montage  [suspect?] montrant le président discutant avec les mêmes interlocuteurs d’une année sur l’autre." Rien que de très naturel ! "Un visiteur du Salon de l’agriculture offre un maillot de l’Olympique de Marseille au président de la République. Un geste louche, pour certains sites de gauche radicale [L'Oeil Medias/capture d'écran], commente Le Monde, d’autant que l’homme était déjà présent à l’image en 2019. ", ce qui ne trouble par le quotidien de Xavier Niel et Matthieu Pigasse. Rien de louche à signaler.: les "fac checkers" vont devoir le prouver. Ils s'y mettent d'ailleurs à deux (Pauline Moullot reçoit le renfort de Fabien Leboucq)...

Un visiteur du Salon de l’agriculture offre un maillot de l’Olympique de Marseille au président de la République. Un geste louche, pour certains sites de gauche radicale, d’autant que l’homme était déjà présent à l’image en 2019.
Emmanuel Macron et Pascal L. [on connaît même son nom: Lefert]
au Salon de l'agriculture 2020.
Capture d'écran CNews
Son visage a fait le tour d’Internet car Pascal Lefer a pleuré dans les bras de Macron, samedi dernier, au Salon de l’agriculture, après lui avoir exposé ses problèmes personnels, raconte La Voix du Nord. "Il est Wattrelosien, père de cinq enfants, dix fois grand-père, à 62 ans et est à la retraite depuis décembre. Il a porté son gilet jaune pour manifester à Lille...
Il n'en fait même pas trop, d'ailleurs, ce Ch'ti de Wattrelos... Sa vie est un roman d'Eugène Sue, telle que racontée par les service de com' de l'Elysée : "en 1996, après trois AVC et un coma, le laissant notamment avec des pertes de mémoires et de l’épilepsie, il a dû se résigner à arrêter de travailler même s’il avait tenté de continuer. Il a dû demander le statut d’invalidité." Il ne touchait plus son allocation pour personnes handicapées (AAH) mais seulement une retraite de 698 euros.
"Après s’être frayé un chemin avec son déambulateur, poursuit VDN, il a réussi à lui parler. [Il n'est pas sourd, voyez-vous!] "Il m’a expliqué mes droits dont je n’avais pas connaissance, m’a parlé du minimum vieillesse et a proposé de m’aider à l’obtenir. Je l’avais déjà interpellé quand il était venu à Roubaix en 2017, c’est une personne à l’écoute."
Pascal, ému, sert Emmanuel Macron dans ses bras.
Où est le déambulateur?









Macron rencontre sans arrêt les mêmes personnes au Salon de l’agriculture. Et alors?
Le compte Twitter l’Oeil des Médias a publié une vidéo "pour le moins troublante", selon Libération, où l’on peut voir "plusieurs personnes aller à la rencontre d’Emmanuel Macron dans les versions 2019 et 2020" du Salon de l’Agriculture (SA).

L’Oeil des Médias a eu la malice de comparer les images des citoyens qui ont discuté avec le président de la République lors de l’édition 2020 du SA avec celles de 2019. A la surprise générale, plusieurs personnes "très sympathiques" avec Emmanuel Macron l’avaient déjà rencontré lors de l’édition précédente.
Une telle comparaison ne choque pas les adeptes du macronisme, mais de nombreux internautes en concluent logiquement que le président fait appel à des figurants jouant les citoyens ravis de tout et surtout de le rencontrer devant les caméras de télévision: à chacun sa Mylène Farmer...
Les Français sont filtrés avant d'approcher l'inquiet de l'Elysée.
Çela se comprend, vu son impopularité croissante ! Tout ce Cinéma sonne vraiment faux et personne n'est dupe...

Il n'y a plus personne qui veut l'approcher !
Extraits de quelques tweets:
Ils ne trouvent que les vieux disciples inféodés.
Même plus les intermittents du spectacle pourtant payés pour !
C'est normal, ils ne vont pas refaire le casting tous les ans. Cela coûterait trop cher.

Au même moment,
le militant gilet jaune Eric Drouet a été interpellé par la police au Salon de l’Agriculture sans raison particulière. Il a été placé en garde à vue pour “rébellion”.

Si les faits s’avéraient exacts, cela ne serait pas la première fois que des militants LREM jouent les citoyens ordinaires lors des sorties publiques du Président de la République.

A Bully-les-Mines, Macron s’était arrêté dans un bar et avait payé “la tournée” à des habitants qui avaient pu échanger avec lui. Mais, après vérification, les personnes présentes dans le bar n’étaient autres que des militants LREM préparés à accueillir le Président de la République. La Voix du Nord avait ensuite titré "Quand le président paye sa tournée au bar… à des militants LREM !". 
D’autres cas similaires de vrais faux bains de foule avaient déjà été signalés dans les media lors de déplacements d’Emmanuel Macron à Rouen ou encore au Fort de Brégançon.

Au moins trois personnes rencontrées par le Président pendant sa déambulation de samedi l'avaient déjà interpellé en 2019, ont remarqué des internautes

Ce ne sont pas des comédiens, comme certains l'ont suggéré, affirment les deux quotidiens déjà cités, mais aussi 20 Minutes.  

Démonstration? "Arrivé un peu après 8 heures du matin [avec 20 minutes de retard, faut-il ajouter] samedi 22 février, Emmanuel Macron a quitté le Salon de l’agriculture vers 21 heures, passant ainsi près de douze heures dans les travées de ce rendez-vous annuel et serrant de nombreuses mains, trempant les lèvres ici, grignotant là du bout des dents, le président était suivi par les caméras des chaînes d’info en continu. Déjà  FAUX: la caméra de l'Elysée : les images étaient les mêmes sur toutes les chaînes et les invités respectaient la consigne : laisser une fenêtre d'accès à l'objectif et au micro... 
Un moment, on notera qu'un infiltré a agacé le président, gâtant la retransmission, et qu'un cordon de garde du corps s'est déployé pour isoler et écarter le malvenu.  
Les images des mêmes personnes en 2019 et en 2020 ont été vues près de 400.000 fois en France et dans le monde. Mais la presse macronienne conteste l'évidence.
Dans ce montage, le compte Twitter 'L’œil medias' propose six séquences. Trois d’entre elles datent de 2019 et sont siglées 'BFM TV', trois autres de 2020 portent la mention 'CNews'. On y voit la rencontre au salon de l’agriculture 2020 de Macron avec trois personnes (deux hommes, une femme), avec lesquelles il avait déjà discuté en 2019 lors de la précédente édition du salon : même lieu, mêmes personnes, des figurants.

La presse militante admet que les images sont bien authentiques.
Alors que faire? Asséner que "la théorie des internautes soupçonneux est fausse", ce que n'hésitent pas à faire la paire Pauline Moullot-Fabien Leboucq de Libération qui n'a rien à envier à la Pravda. Libération assure avoir pris ses renseignement, non pas à l'Elysée, mais auprès des suspects en contactant les trois personnes. L'heure est grave...

La rencontre avec le premier individu avait déjà fait beaucoup parler en 2019. Le retraité en larmes avait trouvé en Macron sa planche de salut. La séquence était devenue virale et avait fait l’objet d’un détournement parodique, assure Libération. Réponse du berger à la bergère, le quotidien réplique que, déjà l’an dernier, un internaute - non identifié, quant à lui - avait ironisé sur le fait que l’homme était en fait un comédien, et Libération d'assurer aujourd'hui que l'affirmation "avait parfois été prise au premier degré" et, bien sûr, sur ces crétins de réseaux sociaux. Libération ne produit aucun document daté et authentifié qui atteste de cet humour...

Cette année, cette personne s’est à nouveau rendue au salon, en ayant cette fois prévu un cadeau (un maillot de l’OM) pour remercier Macron : sinistré de la vie, mais malin. "Je vous remercie de m’avoir aidé […], vous avez tenu votre promesse", déclare-t-il au chef de l’Etat. Qui lui répond : "Je vous sens mieux que l’année dernière." Cette deuxième séquence est dans la boîte pour le prix d'une : la caméra de l'Elysée ne l'a pas manquée ! Après lui avoir offert le tee-shirt, le retraité demande même à Macron de lui accorder un autographe sur la lettre à en-tête  envoyée par l’Elysée et donc déjà signée.... C'est cette fois de de l'humour au degré zéro, mais c'est la preuve, selon Libération, que rien n'est scénarisé : les "gens qui ne sont rien" sont des "illettrés", comme le veut la légende macronienne.

Le comédien amateur s’appelle Pascal L. 
[on laisse comme çà: si ça fait plus authentique, d'après Laurent Mouchard-Joffrin]. 
Résultat de recherche d'images pour "Macron salon agriculture 2019  figurant pascal  2019"
Cet homme n'est pas un intermittent du spectacle.
Il serait Noir, il recevrait un César
Contacté par CheckNews, le comparse justifie ses contacts avec le chef de cabinet de Macron l’année dernière par l'obtention d'un nouveau l’AAH : un passe-droit ? "Mais à un moment, je n’avais plus de nouvelles, et plus de réponses à mes mails, donc j’ai dit à mes filles que j’allais le voir." Arrivé au Salon de l’agriculture, "j’arrive à me faufiler [c'est d'autant plus facile quand on est attendu...], et j’ai directement appelé Emmanuel Macron. Il a dû reconnaître ma voix [tel quel !] car il s’est retourné et son conseiller est venu tout de suite me serrer la main". Un vrai roman... Pascal L. nie donc que la rencontre a  été organisée. "Je n’appartiens à aucun parti politique et je me bats pour les petites retraites. Maintenant, j’aimerais être reçu à l’Elysée." Une demande déjà formulée l’année dernière auprès de France 3, sans suite pour l’instant. On avance : Libération en en d'autres comme ça, des témoignages par les acteurs de la supercherie eux-mêmes...
"Votre dossier, on l’a !," confirme l'Elysée. Et pourtant ils n'ont rien manigancé, ni le secrétaire général, ni l'ex-professeure d'art dramatique à Amiens...

Passons au deuxième homme mis en vedette dans le montage vidéo.
Résultat de recherche d'images pour "macron salon figurants"Lors de sa brève apparition devant la caméra en 2019, il explique qu'il vient "de Pau", dont le maire est... Bayrou, un MoDem bien sous tout rapport, un Monsieur Propre juste un peu poussé à la démission du gouvernement Philippe à la suite d'une autre méchante affaire, au Parlement européen. Notons au passage qu'un certain Jean-Jacques Jegou est trésorier du MoDem et va devoir rendre des comptes à la Justice.  Il n’est "pas agriculteur": c'est Marc Jegou, administrateur de l'association Agir et Vivre l'autisme. En 2020,  le chef de l’Etat lui accorde environ une minute pour entendre la "problématique" vécue par son fils autiste, s’inquiétant de son passage de la primaire au collège. Une nouvelle affaire de compassion comme les aime Elysée quand elles sont filmées et diffusées (jusque sur les réseaux sociaux !) Et voici ce que lui répond Macron : "Votre dossier, on l’a […]. Redonnez-moi les choses [cohérent?]. Où est-ce qu’il est Rodrigue [le président parle probablement d’un de ses conseillers] ? Je connais monsieur, je connais son fils." Le monde est petit... PaSiDupes a mené l'enquête (ce que Libé peut, PaSiDupes le peut aussi...): Rodrigue est le chef de cabinet adjoint Furcy. Il fallait trouver!
Le comédien s’appelle Jean-Claude X et confirme à Libération que c’est bien lui qu’on voit sur les images de 2019 et de 2020 du Salon de l’agriculture : les internautes vigilants ne seraient donc pas les ânes bâtés qu'on en fait. Entre-temps, l’homme assure avoir également parlé à Macron lors de son déplacement en juillet 2019 à Pau. "La première fois, au Salon de l’agriculture je n’ai pas osé aborder la question de l’autisme. Mais un collègue m’a ensuite dit que j’aurai [s] dû", se confie Jean-Claude à Libé. Il passe donc à l’acte lors du déplacement estival du chef de l’Etat dans les Pyrénées-Atlantiques : "On a discuté assez longuement, il a fait une photo avec mon fils", s'emballe le papa, tout en déplorant qu' "en matière d’autisme, on a beaucoup de retard à combler". Ils ont pourtant, en quelque sorte, passé leurs vacances ensemble...
"On aimerait que le président Macron puisse faire en sorte qu’un collège accueille notre fils de la même manière qu’il est accueilli en école primaire", résume Jean-Claude qui s'adresse à dieu plutôt qu'à son saint, Blanquer. D’où une première discussion à ce sujet à l’été, et une autre ce week-end: ils ne se quittent plus, mais en tout bien, tout honneur. Rien de trouble, pas de manigance, pas de séquence scénarisée filmée. On abrège, car ce conte pour enfant ne prouve encore rien de la sincérité des artistes en scène.

"Je suis débrouillarde, donc j’arrive à le voir": 
sous-texte, les autres sont des brêles !
En apparté, Emmanuel Macron plaisante sur le nombre de selfies qu’il a accordé à cette femme.
Quant à la dernière présumée innocente qu’on voit sur le montage, Macron l’a également rencontrée en 2019 et 2020 lors du Salon de l’agriculture, mais aussi à maintes autres occasions ! Le Salon de l'Agriculture, c'est les Copains d'Avant ! En la voyant, il l’interpelle d’ailleurs directement : "Chantal, comment ça va ?" Et quand il lui impose un selfie habillé, elle ne se sent pas harcelée. Elle fait pourtant glisser une main gauche légère et langoureuse plusieurs fois le long de son bras, de haut en bas, ce qui interpelle les observateurs sur le degré d'intimité des deux tourtereaux: s'agirait-il d'une professionnel de la 'pole dance' ? Débordé par ses pulsions, Manu ironise : "C’est la 295e avec elle!" Quel humour !  Du premier degré qui satisfait la presse.  De fait, la femme n'en est est moins figurante que les deux autres personnes parce qu'elle est une régulière des bains (de foule) bouillonnant du président. 

Sans rien en dire, les deux 'fact checkers' soumis de Libé avait d’ailleurs déjà repéré la dame au foulard rose lors d’une visite de Macron à Epernay (Marne), le 14 novembre. Il faut être prête à faire des kilomètres en car Macron...  On la voit en arrière-plan de cette vidéo de BFM TV, et sur plusieurs photos de cet article de France 3, comme sur CNews - trois témoins passifs et silencieux - , de la présence de cette admiratrice qui suce les kilomètres.

Contactée par CheckNews, Chantal" ne peut dissimuler qu’elle s'emploie à temps plein à suivre Manu régulièrement, pour le toucher sous l'oeil de la caméra: Griveaux à son équivalent en jupons... Non pas qu'elle soit amoureuse du président, mais elle l'"apprécie" tant; il est d’une "grande humanité". Ce n'est pas ce qu'en pense quatre Français sur cinq mais, "en même temps", il faut de tout pour faire un "monde nouveau"... Libération n'est pas inquisiteur et ne cherche pas à savoir où elle trouve les ressources pour lui coller au train. Le quotidien n'investigue pas davantage pour vérifier que leurs rencontres sont annoncées - ou non - à l'agenda présidentiel ou s'ils se passent des SMS... Rodrigue a peut-être la réponse ?  "Cela me permet de faire du tourisme et de visiter d’autres régions de France et d’autres pays", raconte cette privilégiée qui a suivi récemment Macron à Angoulême et jusqu’à… Cracovie, en Pologne. 
Est-elle sûre de voir le chef de l’Etat à chaque fois ? "C’est un homme très accessible», insiste-t-elle, tout en précisant qu’elle ne bénéficie d’aucun passe-droit. "Au Salon de l’agriculture, j’ai acheté mon billet comme tout le monde, j’ai patienté comme tout le monde. Je suis débrouillarde donc j’arrive à le voir."

Libération, Le Monde et 20 Minutes nous prennent pour des billes.
Dans l'imaginaire macronien et bobo parisien, les Français ont " C * N " marqué sur le front?

 

lundi 25 février 2019

Mondial de l'Agriculture de Paris: tas fumeux de paroles d'un président hors-sol en stand-up

Que retenir ? Macron a battu le record de durée d'un président au Salon de l’agriculture

A-t-il "réinventé" l'agriculture européenne pour autant ?


Résultat de recherche d'images pour "Salon agriculture Macron veau"

Après avoir posé un lapin aux maires de France réunis en Congrès à Paris les 20, 21 et 22 novembre 2018, cette visite incontournable d'un président aux agriculteurs était une figure imposée à l’approche des élections européennes.

On n'en retiendra rien, sinon que le quadra a fait durer le plaisir des chaînes d'info en continu en passant plus de 14 heures, retransmises en direct sur la durée, ce 23 février à Paris (XVe), délaissant Brigitte pour caresser des croupes et prononcer des paroles définitives dont le porte-manteau Vuitton n'a que faire.

Macron a encore beaucoup parlé

Ca a commencé par un discours, bien que ce ne soit pas l'usage : les paysans, les pieds dans la glèbe, préfèrent les actes aux paroles. A défaut de mesures, la presse a relevé des phrases-chocs. 

Ainsi Macron en a-t-il remis une couche sur le glyphosate :
"Quand je regarde le vignoble français, je pense que nous pouvons en faire le premier vignoble du monde sans glyphosate, dans 80 pour cent des cas cette transition va d’ailleurs s’effectuer sous 3 ans" (Emmanuel Macron)
Si ce produit de Monsanto a ses détracteurs, il a aussi ses défenseurs dans le monde agricole. Mais ce puissant herbicide total systémique, c'est-à-dire non sélectif - qui fait que 22 "pisseurs involontaires de glyphosate" portent plainte en Ariège et en Bretagne - , considéré comme "cancérigène probable", selon l’Organisation Mondiale de la Santé.  
Résultat de recherche d'images pour "Salon agriculture Macron Jeunes LaRem"
Salon de l'Agriculture 2017
Or, voici ce qu’a déclaré le président de la République : "J’ai rappelé ma volonté de sortir du glyphosate le plus rapidement possible, sous 3 ans, et il ne faut pas voir cet objectif comme une contrainte et il ne faut pas tomber à l’égard de cet objectif sous [sous ?] de faux débats. C’est au contraire une opportunité, l’opportunité pour de nombreuses filières d’évoluer profondément." C'est leur responsabilité : qu'elles se débrouillent; c'est leur problème...

Le président en campagne (re)dresse les murs et les haies à travers le paysage politique

Sourire en coin d’un proche : "C’est un très beau discours, d’une campagne qui n’existe pas." Elle n'existe pas, puisqu'elle n'est pas ouverte officiellement. Mais le président braconne des voix. 

Macron vient parler de l’Europe agricole. En ouverture du Salon de l’agricultureil prononce un plaidoyer pour une "PAC réinventée". Sans surprise, le propos est résolument europhile, lorsqu’il martèle que "le vrai risque" ne vient pas de "la concurrence" entre Etats membres., et protectionniste aussi, au moment d’évoquer les menaces "extérieures" au continent. Il se présente même comme un "patriote de notre agriculture". Du miel pour son auditoire ou une partie d'entre elle : la Confédération paysanne n'est pas béate...

Macron n'a rencontré que "les Français (qui) sont des veaux", selon l'expression l'ancien chef d'Etat, le général de Gaulle.

Macron transforme ce salon en meeting de "campagne" qui ne s'assume pas. 
Accueilli par la claque de militants LREM, le chef de l’Etat prend tout son temps dans ce laboratoire que rien? ni personne ne peut venir polluer : aucun Gilet jaune n'a été admis. Le Gilet jaune Eric Drouet s'est présenté à l'entrée du hall principal, mais il n'a pas été autorisé à souiller fouler le tapis rouge et à débattre avec le président.

Trois rangs de gardes du corps forme une bulle se déplaçant sur rail
La foule des quidam tenue à distance peut être aperçue. Mais les chaînes d'information ne propose que des images et coupent le son : la technique consiste à faire parler, en studio, des chroniqueurs et autres experts et analystes agréés, sur des images du Salon - parfois proposées en boucle, notamment pendant le déjeuner du président sur place - , quitte à les interrompre brutalement, lorsque l'imposent les images proposées par les services de com' de l'Elysée.
Le déroulé millimétré du parcours présidentiel entre les stands a été mitonné par ses conseillers.  Il prend son temps et n'hésite d'ailleurs pas, narquois, à s'en amuser. "Parlez-en à mes équipes, qui trouvent que je ne vais pas assez vite", glisse-t-il au journaliste accrédité qui lui demande s’il espère battre son record de l’an passé (douze heures), comme si c'était l'essentiel.

Macron serre des mains à la pelle, s’attarde pour répondre aux questions bio de "personnes" bienveillantes dont on donne à penser qu'elles seraient là par hasard. Forcément: les intervenants sont disposés à intervalles réguliers et signalés au président, à chaque station, par la présence d'une figure récurrente sur son "itinérance agricole" du jour : une grande femme souriante, aux cheveux longs et noirs.
Il embrasse les enfants qui ne demande rien, savoure les "tenez bon!" des "dé-veaux" parsemant son passage, mais aucun intervenant coriace n'émerge de la sélection des intervenants. Qu’une bonne dame dise sa colère contre le "toujours plus" d’impôts ou qu'un brave monsieur râle contre les 80 km/h qui lui "pourrissent la vie", et la réponse est invariablement la même : "Je n’ai pas changé le pays en vingt mois, mais je ne lâcherai rien"...  L'immuable "ne vous inquiétez pas" appelle les "gens qui ne sont rien" à souffrir en silence.

Séquence émotion d'usage : un retraité handicapé en larmes. L'homme est probablement sincère, mais l'instrumentalisation de sa détresse soulève le coeur et donne envie de vomir. 
La visite s'arrête là. Macron n'a pas de limites et "ça suffit".

dimanche 26 août 2018

Edouard Philippe accueilli par des jets d'oeufs à Charleville-Mézières

Dans les Ardennes, les migrants sont mieux reçus que le premier ministre 

Fin octobre 2016, Charleville-Mézières accueillait 29 migrants issus de la jungle de Calais. 

Image associéeArrivés en bus et conduits à la Cité des Jeunes et des Etudiants, dans le quartier de La Houillère, ils logeront tous face à l'ancienne mairie de quartier, dans un foyer qui héberge une association venant justement en aide aux migrants, aux réfugiés et aux plus démunis : 'Les Locataires de la planète Terre". 

Ces migrants venaient en majorité du Soudan. Une arrivée de nuit, dans le calme, sous l’œil de deux ou trois curieux et avec le soutien de la Croix Rouge et des services préfectoraux.
Au total, 368 personnes furent accueillies dans toute la région Grand-Est, en une semaine.

Le premier ministre Edouard Philippe a bénéficié d'un tout autre accueil...

Edition numérique des abonnés
De passage au festival du Cabaret Vert organisé à Charleville-Mézières le 24 août 2018, le premier ministre Edouard Philippe n'a pas su esquiver un double jet d'œufs, tout boxeur qu'il soit. 
Durant sa déambulation Square Bayard, Edouard Philippe a bu – au moins trois bières – mais n’a rien mangé. Il n’a pourtant pas échappé à l’omelette ardennaise. Le premier projectile ira s'échouer sur la chaussure du premier ministre. Un deuxième œuf lancé du même chalet atterrira, quant à lui, sur sa cuisse, laissant ainsi une belle tâche sur son pantalon. 


Ce Carolo, un fonctionnaire de l'Education nationale (renseignements pris), avoue n’avoir eu aucune motivation à son geste : son bras est parti tout seul... L'instinct rebelle à l'état brut...  "Mais je ne le regrette pas ! Est-ce que je suis contrit ? Non. Mais contraint. C’est un geste malencontreux",  expliquera cet intello décalé, par ailleurs membre du groupe rock local, les Sliping Kangooroos, comme le précise le journal L'Union. Côté organisation, on explique que c’est "un non-événement". Tel le chevalier, Edouard Philippe est resté "sans peur et sans reproche" puisqu'il n'a pas du tout réagi à cette "attaque" physique. Les deux protagonistes devaient donc être passablement imbibés !

A l'instar du ministre de l'Economie, Emmanuel  Macron, qui avait reçu un œuf en pleine tête lors de sa visite au Salon de l'Agriculture à Paris durant la campagne présidentielle, le premier ministre a failli subir le même sort, lorsqu'il est passé devant un stand qui proposait des recettes à base d'œufs, rapporte France Bleu Champagne-Ardenne.
Une mésaventure similaire était arrivée en décembre 2016 à Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, lorsqu'il fut proprement enfariné au cours d'une visite à Strasbourg, et en souvenir de son usage immodéré de l'article 49.3. 



Un Albanais de 42 ans a été arrêté devant une école élémentaire de Charleville-Mézières. 

Quatre enseignants du collège Léo-Lagrange de Charleville-Mézières ont alerté les autorités sur le danger de renvoyer deux jeunes Albanais dans leur pays.
Marjana et Bilbil, deux Albanais arrivés en France en 2015, allaient chercher leur fils de 8 ans à l'école élémentaire Franck-Mozart de Charleville-Mézières, lorsqu' à moins de 50 m de l'école, un policier présente sa plaque à Marjana et son fils.
Il s'adresse alors à Bilbil et lui demande de sortir de la voiture. L'homme est alors menotté et conduit au commissariat.

Cette arrestation a suscité une vive émotion à l'école carolo et la préfecture ardennaise reconnaît que le choix du lieu d'arrestation n'était pas approprié. Cependant, Frédéric Clowez, le secrétaire général de la préfecture des Ardennes, souligne : "Il y a l'humain et le réglementaire. Ces personnes ne sont pas dans la légalité sur le sol français. 

Une demande d'asile et un recours rejetés.
Depuis leur arrivée en France en 2015, la famille de Bilbil et Marjana préoccupe les autorités. Leur fils de 15 ans est soigné par un psychiatre, pour des suites supposées de menaces sur sa famille et lui, lorsqu'ils étaient en Albanie : une possible fable pour étayer une demande d'asile. Un suivi leur a ainsi permis de monter un dossier de protection d'enfant malade. Dossier jugé "incomplet" par la préfecture.
Après une demande d'asile et un recours, tous deux rejetés, Marjana, Bilbil, et leurs enfants se trouvent sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français. C'est de l'acharnement, s'indigne Pascale Adrian, une avocate qui dispose d'un cabinet à ...Bucarest, Roumanie. Cette famille a rempli tous les papiers comme il le fallait et l'aîné est le premier de sa classe, raconte-t-elle, à qui veut l'entendre. 

Des illégaux parfaitement "coachés".
Le 7 mars dernier, alors que le père est assigné à résidence depuis le mois de février, Marjana et son époux se rendent au commissariat pour signer leur assignation. Ils sont alors arrêtés, sans raison, selon eux. La police va chercher le petit de 8 ans, alors qu'il est au centre aéré et recherche aussi son frère. Les enfants étant introuvables, les forces de l'ordre sont dans l'incapacité de réunir la famille, ce qui rend impossible son expulsion.
On ne peut pas laisser un mineur à la charge du département, explique la bénévole du Secours Catholique. Donc le risque aujourd'hui, c'est que la famille soit réunie. Si tel est le cas, elle sera reconduite à la frontière.

Le juge des libertés de Strasbourg a jugé le cas de Bilbil et a estimé que l'internement en centre de rétention administrative n'était pas justifié. L'Albanais est désormais libre, mais il est inscrit sur le fichier des personnes recherchées. Accompagné par des associations, il tente de rentrer à Charleville auprès de Marjana, menacée elle aussi d'expulsion. Elle ne sait pas conduire, mais sait déposer un recours.

La famille de Bilbil et Marjana serait sous le coup de la loi du Kanun en Albanie
Résultat de recherche d'images pour "loi du Kanun"En Albanie, le père de famille a été impliqué dans un accident de la route, dans lequel un homme a "perdu la vie" : il est même carrément mort....
Même s'il n'a pas été jugé responsable par la justice albanaise, Bilbil est menacé de mort par la famille de la victime. Ces menaces le concernent lui et sa famille.

"Cette famille est sous la loi du Kanun. C'est une vendetta qui sévit en Albanie (et au Kosovo) et qui fait que lorsqu'un membre de la famille est atteint, le sang de l'autre famille doit être versé en réparation. Aujourd'hui, si cette famille est reconduite en Albanie, elle risque sa vie", colporte Pascale Adrian, bénévole au Secours catholique de Charleville-Mézières.

Alors, à Charleville-Mézières, des oeufs qui volent c'est en effet un 'non événement"... Si la loi du Kanun s'applique désormais en France, le maître  chanteur risque seulement un retour d'oeufs volants dans sa classe.