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vendredi 5 juillet 2019

Municipales 2020 : l' "Anschluss" de LREM sur le PS, révélée

La méthode aggressive du parti du président pour saigner le PS  

Un proche du président de l'Assemblée, Richard Ferrand, a élaboré un plan d'"annexion" du Parti socialiste

Image associéeUn "cercle" ou un "collectif" nouvellement créé a pour mission secrète de ..."rééquilibrer la majorité". Mais, comme les sujets du bac qui fuitent, l'opération est éventée et les scélérats vont devoir changer leurs plans. Les responsables de la majorité étaient tellement sûrs de leur affaire - l'arrogance est intrinsèque à ce parti  - que cette stratégie de débauchages, qui a si bien réussi sur les Républicains avant la présidentielle, devait, pensaient-ils, finir d’achever le Parti socialiste avant les municipales de mars 2020. 

Une note censée rester confidentielle et dont l’existence a été révélée ce jeudi dans le Point, donnait par le menu la manière dont La République en marche comptait s’y prendre pour "mettre en place un 'Agir de gauche' avant la rentrée de septembre. Soit le plan de construction du lieu d’accueil pour transfuges socialistes LREM-compatibles sur lequel travaillent d’anciens de Solférino aujourd’hui au gouvernement, comme Jean-Yves Le Drian, Didier Guillaume, Olivier Dussopt ou Stéphane Travert, tous des traîtres au PS, le dernier nommé devenu délégué d'En marche ! en octobre 2016 et le premier, ministre de la Défense de Hollande. Un "secret industriel" politique que, désormais, tout le monde connaît…

Une machine de guerre
Car après s’être indigné sur Twitter de l’existence de ce document rédigé par Jean-Marie Girier, directeur de cabinet de Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a publié des clichés du document, dénonçant l'utilisation de fonds publics à des fins partisanes.
Olivier Faure
@faureolivier
Voici la note du directeur de cab du pdt de l’AN @RichardFerrand. Où l’on découvre qu’au delà de l’AN, les membres des cabinets ministériels servent à d’autres missions que celles pour lesquelles ils sont payés. Les barbouzes de la République ça continue, un an après #Benalla !
739

Comment les traîtres au PS devenus 'Marcheurs' comptaient-il s’y prendre pour accueillir d’anciens camarades désireux de rejoindre la grande maison de la majorité ? 


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Surtout pas en fondant un nouveau parti, "forme […] totalement inadaptée aux enjeux et aux attentes" et en permettant à ces élus de pouvoir rester au PS "pour imposer à ses instances nationales de subir le "choc" […] et d’être ainsi contraintes de revoir la doctrine actuelle refusant toute main tendue par des soutiens" LREM.

Cette nouvelle structure aurait pu d’abord être lancée par un premier "appel d’élus", selon les plans du directeur de cabinet de Ferrand, avant d’être incarnée par "un cercle" ou un "collectif" comme "étaient organisés les courants en leur temps au sein du PS". Cela "aurait l’avantage de canaliser les différents acteurs sans pour autant devenir un mouvement trop structuré", peut-on lire également dans cette note.

"Opération de blanchiment d’ex-socialistes" ?

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Girier colle ici au train de Macron
"Pour assurer l’efficacité de l’opération", l’ancien collaborateur de Gérard Collomb propose de "rassembler des maires socialistes sortants", puis d’ "équilibrer les rôles entre les élus en exercice […] et les anciens ministres et parlementaires" époque Hollande. Le tout pour ne "pas apparaître comme une opération de blanchiment d’ex-socialistes en quête de retour". "Il conviendra d’être prudent pour éviter l’image d’une amicale "d’anciens combattants", dont la perception politicienne pour notre base électorale ne serait pas bonne", écrit également Girier. Lequel détaille ensuite un calendrier menant à septembre et une "vague d’investiture" de LREM "à des maires socialistes".

Image associée
La note se termine sur la composition de la "task force pour "chasser"" ces édiles PS avec Le Drian en tête d’affiche, accompagné du député LREM de Gironde Florent Boudié, de la sénatrice (toujours PS) des Pyrénées-Atlantique Frédérique Espagnac et de leurs ex-camarades parlementaires Hélène Geoffroy (proche de Ségolène Royal) et Gilles Savary, animateur sous le quinquennat Hollande de l’aile droite du PS baptisée 'Les réformateurs' et dont les membres étaient partagés entre Valls et Macron.

"Dès le mois de septembre, les anciens parlementaires et élus en place pourraient méthodiquement faire remonter des propositions de soutien ou d’investiture de candidats issus du Parti socialiste en vue des élections municipales, poursuit le directeur de cabinet de Ferrand. 

Ce maillage sera précieux en vue des élections sénatoriales," commente en outre Girier.
Il va falloir changer de stratégie. D’ailleurs, le document annonçait en juin un "premier appel" de sénateurs, avant une "tribune des 'réformateurs' ".
LR (Les Républicains) a désormais une petite idée de la méthode LREM suivie pour  provoquer une fuite de ses Macron-compatibles.
Imaginons un instant ce qu'une telle révélation donnerait si cette méthode avait été mise en oeuvre par le RN...

lundi 11 mars 2019

PMA : les lobbies féministes et LGBT veulent la tête d'une députée LREM

Legendre et Guérini, prêts à leur offrir sur un plateau

Une vingtaine de député(e)s LREM réclament l'exclusion d'Agnès Thill
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Sa parole sur la procréation médicalement assistée (PMA) n'est pas libre dans le parti du président.
Plusieurs cadres du parti La République en marche, dont son patron
Stanislas Guerini et le chef de file des députés du groupe majoritaire Gilles Le Gendre, qui craignent que des électrices les abandonnent, avaient déjà pris leurs distances avec les propos de l'élue macronienne, dénonçant des opinions "contraires" aux engagements du mouvement.

"Si nous connaissons tous l'opposition d'Agnès Thill à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, et nous respectons ses convictions, bien que nous ne les partagions pas, le débat politique ne doit en aucun cas être nourri d'insultes ni de théories complotistes". Telle est la teneur du courrier adressé au président de LREM et co-signé par une vingtaine de députés LREM, qui dénoncent la "sortie" de leur collègue Agnès Thill, à propos du rapport de la mission de l'Assemblée nationale sur la bioéthique.


Agnès Thill, députée La République en marche de l’Oise, en mai 2017.
Cette dernière avait publiquement affiché son opposition à l'extension de la PMA, jugeant que ce rapport a franchi une "ligne rouge" dans certaines de ses recommandations, et affirmant notamment que "l'absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques".

Suite à cette observation, trente députés LRM – dont l'hystérique Aurélien Taché (Val-d’Oise)  le tristement célèbre pour ses multiples condamnations  de ses collègues, comme de l'exécutif, ou l’ex-ministre et ex-socialiste Stéphane Travert (Manche) – ont envoyé un courrier au patron du groupe macronien au Palais-Bourbon, Gilles Le Gendre pour lui demander une "réponse de fermeté " face à des propos ..."racistes".

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a condamné, mardi 22 janvier, les paroles "inacceptables et méprisantes" de l’élue. La veille, dans un entretien vidéo avec Oise Hebdo, la députée a comparé "la souffrance des femmes seules" qui souhaitent une PMA à celle des "drogués". "Ça suffit", a violemment réagi B. Griveaux, soulignant que "ces mots blessent des familles et viennent nourrir tous les préjugés ignobles". Interrogée par Le Monde, Agnès Thill ne se montre aucunement impressionnée par la condamnation du Robespierre du gouvernement. "Ce que j’ai fait est une métaphore. C’est courant. Tous ceux qui s’expriment ont eu des métaphores ou des propos maladroits, lui le premier", rétorque-t-elle, en s’étonnant de n’avoir eu "aucune réponse" à ses propos sur le fond. Avant d’affirmer : "Je défie quiconque de montrer que mes propos sont homophobes, islamophobes, xénophobes ou je ne sais quoi. Tout ce dont on m’accuse est faux."

"Délires [sic] islamophobes, homophobes et paranoïaques"

Rappelant à Gilles Legendre qu'Agnès Thill avait déjà fait l'objet d'un avertissement "l'automne dernier", les signataires de la lettre font pression sur leur chef de file en faveur d'une "réponse de fermeté" qui sera donnée à leur collègue.

"Nous ne pouvons tolérer les délires islamophobes, homophobes et paranoïaques d'Agnès Thill", estiment-ils, réclamant l'exclusion de la députée de l'Oise. Cette dernière a répondu via Twitter, appelant à "débattre sur le fond" plutôt que "démolir sa collègue sur une phrase sans contexte".




Le parti du président se vide de son sang
Sachant que deux députés ont été invités à présenter leur démission (M'Jid El Guerrab, lien PaSiDupes, et Joachim Son-Forgetlien PaSiDupes) et que déjà une cinquantaine profiteront des municipales pour se sortir du guêpier de l'Assemblée nationale, une éventuelle exclusion d'un député En Marche confirmerait la tendance au mal-être et à la fuite
En décembre, le député Sébastien Nadot avait été le premier "marcheur" exclu du groupe LREM, pour avoir voté contre le budget 2019. Il avait été convoqué au préalable pour s'expliquer. Le groupe LREM compte actuellement 307 membres.

Le point de vue que LREM ne tolère pas dans ses rangs

Dans une lettre de neuf pages, Agnès Thill, députée LREM, détaille ses critiques envers le rapport de la mission bioéthique, dont elle est membre.  
Investie sur les questions de bioéthique, la députée Agnès Thill, 54 ans, catholique pratiquante, fait figure d’exception dans un groupe largement favorable à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules.

Mardi 15 janvier, cette femme de convictions a voté contre l’adoption du rapport final qui a tout de même été largement avalisé. Deux jours plus tard, l’élue a tenu à adresser à l’ensemble des députés une lettre de neuf pages pour justifier son vote. 

"L’absence de sens de genre dans le mot parent favorise l’éclosion d’écoles coraniques"
Parmi la quinzaine d’objections, l’une d’entre elles a particulièrement retenu l’attention des parlementaires et provoqué une réaction politiquement correcte à gauche. Marquant son opposition à l’acceptation du concept de "parent d’intention", la députée écrit : "Le parent d’intention permet la multiplication des parents; le mot parent n’a alors plus aucun sens. Il en découle politiquement que cette absence de sens de genre dans le mot parent favorise l’éclosion d’écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci." La mouvance islamique n'a pas eu à protester, les élus LREM l'ont fait à sa place...

Dans le paragraphe suivant, elle souligne que "nos amis musulmans" sont "opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme" et qu’ils "ne vont pas dans la rue ni dans les urnes pour exprimer leur conception. Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République".

Une conviction condamnée par des députés de la majorité.
Plusieurs députés LREM, notamment issus des rangs du PS, ont crié à l’homophobie et à l’islamophobie. "Marre qu’une députée LREM puisse prononcer des propos homophobes et islamophobes aussi librement [sic]… Le courrier, reçu par mes collègues et moi-même, est un tapis de prières sottises qui stigmatise inutilement deux minorités. En France, il n’y a pas de "parallèle" à la République ", s’est insurgée sur Twitter la députée de la majorité Laurence Vanceunebrock-Mialon, mère biologique d'une fille qu'elle a eue par procréation médicalement assistée en Belgique .
Son collègue Aurélien Taché est allé plus loin - évidemment -  en appelant à exclure "sans plus attendre" Agnès Thill du groupe.

La députée mise en croix réfute les accusations. 
Par école coranique, elle explique qu'elle fait référence aux "écoles hors contrat " d'obédience au Coran. "Ce n’est rien d’autre qu’un constat, à partir d’un exemple que j’ai eu au cours de ma carrière", justifie l’élue, ancienne directrice d’école, qui raconte avoir vu en 2014, en plein débat sur la théorie du genre, plusieurs familles d’origine musulmane retirer leurs enfants de son école.

"Je ne veux pas que mon nom soit associé à l’éviction des pères".
Agnès Thill déplore que son argumentaire de neuf pages soit réduit à cette polémique. "C’est le reste qui est le plus important : les femmes seules, le fait de donner la vie après la mort, le remboursement par la sécurité sociale qui serait possible…" La députée dénonce un rapport "orienté dans un seul sens" qui ne "reflète pas le contenu des auditions".

Certaines recommandations correspondent pour elle au "franchissement d’une ligne rouge".
L'élue précise partager "bon nombre de propositions" et, sensible à la question de la précarité affective et financière des familles monoparentales, la députée souligne un paradoxe : celui de reconnaître les difficultés des mères seules, tout en "acceptant qu’elles aient accès à la PMA".

La députée Thill mène un débat national...

Dans sa lettre, Agnès Thill fait le choix de poser des questions qui suscitent la réflexion 
"Sachant que nous manquons de gamètes, à qui donnerons-nous la priorité et comment ?"
"A propos du consentement, l’enfant est-il consentant pour ne pas avoir de père ?"
"Est-ce à la médecine de répondre à un désir sociétal ?"

Les signataires de la lettre demandant la tête de leur collègue se sont-ils identifiés auprès de leurs électeurs?


mercredi 30 janvier 2019

Des centaines de produits alimentaires vont flamber, dès vendredi, en pleine crise des "gilets jaunes"

Conséquence de la loi alimentation votée en octobre 2018, les prix vont augmenter de 5% à 6% en moyenne

C'est la méthode de la majorité macronienne  pour tenter de rééquilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs

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Dans les supermarchés, des produits alimentaires de grandes marques vont augmenter ce vendredi par centaines
, mais ceux des marques de grandes enseignes pourraient baisser : un pari pour défendre l'agriculture, sur fond de grogne des "gilets jaunes" pour le pouvoir d'achat.

Le 1er février, des hausses de tarifs vont intervenir sur 4% des produits alimentaires de grande consommation, a confirmé le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, un ex-socialiste, mercredi matin.

C'est l'effet induit du relèvement à 10% du "seuil de revente à perte", imposé par la récente loi alimentation. Le projet de loi Egalim sur l'agriculture et l'alimentation a été porté par l'ancien socialiste Stéphane Travert qui a conduit les Etats généraux de l'alimentation, puis a fait face aux 2.300 amendements déposés après quatre mois, Libération estimant qu'il défendait une "vision très agro-industrielle et productiviste du secteur". "Ce texte est loin des espoirs, des ambitions et des propositions des Etats généraux de l’alimentation", a estimé l'ancien ministre socialiste Guillaume Garot.

Le gouvernement compte ainsi obliger les distributeurs à vendre même leurs produits d'appel à des prix supérieurs d'au moins 10% à ceux auxquels ils les ont achetés et à cesser les ventes à perte. Or, environ 20 % du chiffre d'affaires des distributeurs était jusqu'ici réalisé avec moins de 10 % de marge. "L'effet inflationniste varierait entre 14 et 38 euros par an et par ménage", estime l'Autorité de la concurrence.

L'Etat espère que la distribution pourra ainsi mieux rémunérer les producteurs issus de toutes les filières agricoles et aquacoles, qui sont asphyxiés et disparaissent, régulièrement rémunérés en dessous de leur prix de revient.
Car paysans et producteurs sortent chaque année KO debout de la grande négociation rituelle des prix qui se tient d'octobre à fin février, face aux géants de l'agroalimentaire et surtout aux incontournables centrales d'achat de la distribution.

"Des produits agricoles vendus à leur juste valeur"

"Ce que je demande aux grandes surfaces, c'est de trouver moyen de répartir les marges différemment, de répartir les choses mieux, l'objectif est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur", a lancé le ministre au micro de Franceinfo. 

Dans les supermarchés, "500 produits sur 13.000" devraient augmenter vendredi, alors que, dans les hypermarchés, a-t-il ajouté, "c'est 800 produits sur 20.000" qui sont concernés. Il a toutefois déploré :"Il y a 4% des produits qui vont augmenter beaucoup, je le regrette. J’aurais préféré que ça se fasse différemment."

"Lorsque les gens achètent de la viande, du poisson", les prix "seront protégés, contrairement à avant", a-t-il poursuivi, "surtout sur les marques de distributeurs (MDD)". "Ce qui m'importe, c'est que les consommateurs et les agriculteurs s'y retrouvent."

Message reçu par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), regroupant tous les acteurs de la distribution, à l'exception de Leclerc, qui a mené la fronde contre la loi alimentation au nom de la lutte pour le pouvoir d'achat.
"Ce sur quoi tous les acteurs économiques, sauf Leclerc, se sont mis d'accord, c'est qu'il faut changer le système, de façon à ce qu'on revienne à des prix normaux, et que ça permette d'améliorer le sort des agriculteurs. Et, de ce point de vue, je trouve qu'il n'y a rien de choquant à ce que le prix du Ricard puisse augmenter un peu si ça permet d'augmenter le prix payé aux éleveurs laitiers pour un litre de lait", a réagi le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel, .
prenant cet exemple au hasard...

Plusieurs accords avec des grandes enseignes
Pour Jacques Creyssel :"Le consommateur verra bien, quand l'ensemble de tout ceci sera terminé, c'est-à-dire dans quelques mois, qu'en réalité, c'est une opération positive pour tous," a-t-il promis.

Selon lui, plusieurs enseignes ont déjà annoncé dans la presse, en compensation, des baisses de prix sur leurs MDD, lesquels ne sont pas des produits de qualité équivalente à ceux de grandes marques qui les ont inspirés. Pour redorer leur image de marque, certaines enseignes vont aussi tenter d'actionner le levier de la fidélisation de leurs clients en proposant des avantages ciblés sur des produits "préférés", selon Cédric Chéreau, spécialiste de la promotion dans la grande distribution.

Aspect positif indiquant un changement d'attitude dans cette guerre de tranchées, la multiplication d'accords très médiatisés entre géants de la distribution et géants laitiers, permettant une revalorisation des prix du lait payés aux agriculteurs et éleveurs français.
Après Bel et Intermarché le 12 décembre, puis Leclerc et Danone le 2 janvier, c'est Leclerc et Lactalis qui ont annoncé mercredi un accord portant sur les prix de 200 millions de produits laitiers.

A un mois de la fin des négociations commerciales, les ministres feront le point le 7 ou le 8 février à Bercy autour de Bruno Le Maire et Didier Guillaume, avec la distribution, l'agroalimentaire et les producteurs autour de la table.
"On constate de vrais changements positifs en cours pour mieux rémunérer certaines filières organisées, comme le lait. Mais dans le secteur de la viande, cela ne part pas très bien", soulignait une source au ministère de l'Agriculture mercredi.

A l'heure où la question du pouvoir d'achat est très sensible, cette hausse effraie les enseignes. Et même le gouvernement. 

Chez Carrefour, la hausse de prix sera en moyenne de 35 centimes par produit. "Il y a environ 1. 000 références qu'on vendait jusque-là avec des marges très faibles, entre 0 et 10 %, car ce sont les produits les plus bataillés", explique Élodie Perthuisot, directrice marketing et clients Carrefour. 
Chez Intermarché, 5 % de l'assortiment affichera des hausses, ce qui correspondrait à une inflation de 0,8 % sur le panier de la ménagère en 2019. 
Annoncé comme le grand perdant de cette inflation, Leclerc assure maîtriser la situation. "Environ 3.000 produits auraient dû augmenter mais, au 1er février, on aura réussi à juguler l'essentiel de la hausse. Restent 1.000 produits qui augmenteront de 3 %", assure Michel-Édouard Leclerc, président des Centres E. Leclerc.

mardi 26 septembre 2017

Nouvelle cacophonie gouvernementale, sur le glyphosate : l'UE gronde

Macron peine à énoncer clairement une stratégie de remplacement et une date butoir


La France a confirmé lundi son intention de réduire progressivement l'utilisation agricole de l'herbicide controversé glyphosate

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"Alors que l'herbicide le plus vendu au monde suscite toujours la controverse du fait d'un risque potentiel sur la santé, le Premier ministre Édouard Philippe n'a pas su comment pacifier la tension entre agriculteurs et associations de défense de l'environnement et de la santé publique: il a demandé lundi aux deux ministères concernés - et antagonistes - de lui présenter "d'ici la fin de l'année" un rapport sur "les conditions d'un plan de sortie" de ce produit.  "Compte tenu de l'état de la recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs" ajoutait le communiqué de Matignon.

Les prises de parole en tous sens nuisent à la pédagogie.
Le président Macron a clamé sa volonté de changement de stratégies, abandonnant son silence olympien pour intervenir sans cesse, notamment depuis l'étranger, où il fustige volontiers quiconque ne parvient pas à cerner sa "pensée complexe"

Mais, dans un effort pédagogique parallèle, il  multiplie le nombre des porteurs de sa parole. Après la journaliste franco-israélienne Laurence Haïm, qui fut porte-parole du candidat Macron à la présidence, l'Elysée a engagé un autre journaliste, Bruno Roger-Petit, détesté par le milieu, au poste de porte-parole de la présidence, laissé inoccupé depuis 2008 par David Martinon : RGP devra amplifier la Voix de son Maître. Ce rôle était occupé par Sibeth Ndiaye, la conseillère presse, récemment épinglée pour son écart de langage en off au moment de confirmer la mort de Simone Veil : "la meuf, elle est dead", avait lâché la vulgaire franco-sénégalaise, en mastiquant son éternel chewing-gum.
Et puis, le gouvernement a son propre porte-parole stakhanoviste, Christophe Castaner qui, malgré une vie passée dans les ministères, enchaîne les déclarations que les ministres craignent de faire, à l'instar du pusillanime Nicolas Hulot, mais accumulant avec aisance les bulles, les affirmations péremptoires et les rétropédalages en danseuse. La parole présidentielle est donc inaudible.


Le porte-parole du gouvernement a ajouté du désordre au désordre des déclarations

Le produit incriminé, "ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français", sera interdit en France "d'ici la fin du quinquennat", soit 2022, a cru bon de préciser Christophe Castaner sur BFMTV et RMC.

Mais le porte-parole a dû faire marche arrière et revenir sur son affirmation en milieu de journée, en indiquant que le gouvernement "s'engage à des progrès significatifs" d'ici 2022, pour tous les pesticides, dont le glyphosate, en précisant qu'il "n'y a pas d'autre date arrêtée par le Premier ministre". 

"L'objectif est qu'on puisse trouver des produits de substitution d'ici la fin du quinquennat," a nuancé Castaner, sans donner de date-butoir pour un retrait.

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
La FNSEA avait vivement réagi entre ces deux déclarations du porte-parole du gouvernement. Le principal syndicat agricole avait affirmé qu'il était "hors de question" que la France prenne une position "unilatérale", différente de ses partenaires européens. 
Les experts de chaque pays doivent d'ailleurs se réunir début octobre à Bruxelles, sachant que l'emballement du gouvernement n'était pas justifié puisque l'autorisation de cette substance expire fin 2017. D'autant que, pour l'heure, aucun vote européen n'est programmé, selon la Commission.

La Commission européenne a proposé aux Etats de renouveler pour 10 ans la licence d'exploitation du glyphosate. Fin août, le ministère de la Transition écologique avait annoncé que la France s'y opposerait, comme elle l'avait fait en 2016. L'exécutif européen a plusieurs fois insisté pour que la décision revienne aux Etats membres, représentés au sein d'un comité d'experts. 
En l'absence d'une majorité qualifiée en faveur du renouvellement, la licence du glyphosate serait révoquée dans toute l'UE, laissant un temps limité (douze mois) pour mettre progressivement un terme à l'utilisation de produits qui en contiennent.

"Distorsion de concurrence"


L'ONG Générations futures dénonce la "cacophonie au gouvernement" français sur le glyphosate et, bien que supranationale et illégitime, l'organisation lui a réclamé "un éclaircissement rapide". Fondée en 1996 et refondé en 2008 par un ingénieur agronome et un enseignant, François Veillerette, c'est une association de défense de l'environnement agréée par le ministère de l'Ecologie et reconnue d'intérêt général en 2008
Veillerette est un militant de Greenpeace, élu conseiller régional de Picardie en mars 2010 sous l'étiquette Europe Écologie-Les Verts, créé à l'automne 2008 à l'initiative du parti Les Verts sous l'impulsion de Cécile Duflot.


"Quelle est la position du gouvernement sur un renouvellement du glyphosate pour 10 ans? On ne sait plus", a aussi grondé la députée européenne écologiste Michèle Rivasi.

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En France, l'utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite depuis le 1er janvier 2017 et son emploi par les particuliers doit être proscrit à partir de 2019.
Classé "cancérogène probable" en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (OMS) et non cancérogène par deux agences européennes, le glyphosate est très utilisé comme herbicide par les agriculteurs, qui craignent une baisse de rendement et de revenus en cas d'interdiction.

Vendredi à Paris, des membres de la FNSEA avaient manifesté pour s'opposer à un éventuel abandon unilatéral par la France.

La présidente de la FNSEA, a relevé d'autres "incohérences" gouvernementales chez Nicolas Hulot 

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
"La même semaine, on parle interdiction du glyphosate en France, mais on laisse venir, via le CETA [accord de libre échange commercial entre l'UE et le Canada], des produits d'autres pays, avec 43 substances non autorisées en France," explique Christiane Lambert, lundi.

Vendredi, Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, avait quant à lui évoqué une période de transition possible "de cinq à sept ans", précisément pour laisser le temps de mettre en place des mesures alternatives ou de faire émerger des produits alternatifs.

Samedi, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a pour sa part placé les agriculteurs français face au temps long: "La justice et l'histoire nous rattraperont" si rien n'est fait pour remédier au problème phytosanitaire, a-t-il dit. 

dimanche 20 août 2017

Nicolas Hulot déçoit déjà les écologistes


Le ministre de l'environnement neutralisé par deux collègues du gouvernement Philippe

De l'eau douce a coulé sous les ponts depuis mai dernier, quand Nicolas Hulot était la plus grosse prise du casting d'Emmanuel Macron

L'ancien journaliste commence à décevoir dans son propre camp, alors qu'Europe Ecologie Les Verts réunit son université d'été à Dunkerque ce jeudi 24 août.

Les militants du parti avaient invité le ministre de la Transition écologique et solidaire mais, selon le JDD, l'intéressé aurait décliné l'invitation. S'ils gardent une certaine affection pour l'ancien candidat à l'élection présidentielle, ses anciens camarades n'hésitent pas à dresser un premier bilan très mitigé. "Il est en territoire hostile (...) Il est très difficile de faire de l'écologie dans un gouvernement qui ne l'est pas", commente le numéro un du parti David Cormand.

Le ministère de l'Economie et le ministère de l'Agriculture lui feraient des misères

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Telle est l'incroyable excuse de certains. "J'ai bien peur qu'il soit en train de se faire asphyxier dans ce gouvernement", s'inquiète dans le JDD le radical Yannick Jadot qui voit en Nicolas Hulot un "homme magnifique de convictions et d'engagements" qui n'aurait pas la possibilité d'agir. 

Il est d'ailleurs
très étonné que le ministre ait laissé échapper le dossier des oeufs contaminés.

Les ayatollahs de l'écologie seraient-ils en train de monter une cabale contre le ministre ? Pour l'heure, ils essaient clairement d'accréditer l'idée que si Bruno Le Maire à Bercy et Stéphane Travert à l'Agriculture avides de pouvoir, l'ex-animateur de télé n'a  pas les épaules...