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dimanche 8 décembre 2019

A l’Assemblée nationale, la majorité LREM continue de se défaire

Gilles Le Gendre ne tient plus ses troupes

A mi-chemin de la législature, le groupe LREM a perdu dix sièges.
Et il n’est pas exclu qu’il en perde encore dans les semaines à venir...
La députée de la Sarthe Pascale Fontenel-Personne a annoncé sa mise en retrait du groupe LREM à l’Assemblée. "La gestion départementale de La République en marche est calamiteuse et dénuée d’ambition", a critiqué l’élue vendredi 29 novembre, devenant ainsi la septième à annoncer son départ ou sa mise en retrait du groupe au cours de l’année 2019.

A l’exception d’Isabelle Muller-Quoy, dont l’élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel, de deux exclusions (Agnès Thill et Sébastien Nadot), la plupart des sortants ont quitté le groupe parlementaire en raison de fortes divergences sur le fonctionnement du parti et sur les choix politiques faits par l’exécutif et donc par le groupe LREM à l’Assemblée.

L’analyse (en octobre 2019) : lente contraction du groupe LREM 

Ainsi, la majorité qui comptait 313 députés à la fin de l’été 2017, ne dispose désormais que de 303 élus : elle ne dispose plus que d'une marge de 14 députés. 289 députés est le seuil  au-dessous duquel le groupe La République en marche perd son autonomie pour faire adopter les projets de loi du gouvernement. Il est désormais exposé au vent de la révolte en cas de faux-pas de l'exécutif ou de ses garde-chiourmes.

Liste des départs du groupe présidentiel à l’Assemblée nationale
29 novembre 2019 - Pascale Fontenel-Personne annonce son départ. 
Députée de la 3e circonscription de la Sarthe, elle n'est plus qu'apparentée au groupe LREM  après d'importants différends.

13 novembre 2019 -
Jennifer de Temmerman claque la porte.
Elle était députée de la majorité dans la 15e circonscription du Nord. 

9 septembre 2019 · Albane Gaillot quitte LREM
La députée de la 11e circonscription du Val-de-Marne s’est mise en retrait du groupe LREM : suite à des divergences profondes et répétées, elle est désormais apparentée.

26 juin 2019 · Agnès Thill est exclue : après ses propos controversés sur la PMA, la députée de la 2e circonscription de l’Oise est chassée du groupe et du  parti présidentiels.

11 juin 2019 · Sandrine Josso ne se reconnaît plus dans LREM et la députée de la 7e circonscription de la Loire-Atlantique en démissionne.

7 juin 2019 · Aina Kuric quitte LREM : la députée de la 2e circonscription de la Marne s’est mise en retrait du groupe LREM tout en devenant apparentée.

6 février 2019 · Matthieu Orphelin, député de la 1re circonscripotion du Maine-et-Loire et proche de Nicolas Hulot, démissionne avec fracas, signant la fracture de la majorité présidentielle.

29 décembre 2018 · Joachim Son-Forget, député de la 6e circonscription des Français établis hors de France, se retire volontairement, suite à des dérapages jugés sexistes contre la sénatrice Esther Benbassa sur Twitter.

20 décembre 2018 · Sébastien Nadot se fait exclure. Le député de la 10e circonscription de Haute-Garonne s'était dressé contre le pouvoir pour que le droit humanitaire international soit respecté au Yemen, s’opposant notamment à la vente d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, qui pourraient être utilisées contre les populations civiles yéménites. C'est suite à un voté contre le budget 2019 que LREM l'a viré. 

18 octobre 2018 · François-Michel Lambert, député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône. Membre de l'équipe de campagne de Jean-Luc Bennahmias à la primaire citoyenne de 2017, puis soutien de Macron au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, ce député franco-cubain du MoDem fut élu avec le soutien de La République en marche (LREM). En octobre 2018, il le quitte pour le nouveau groupe Libertés et territoires (notamment des personnalités du Mouvement radical (MR), ainsi que des élus nationalistes corses.). Depuis 2018, ce proche de François de Rugy - Cuba est éleveur de homard - est par ailleurs porte-parole de l'Union des démocrates et des écologistes, centre-gauche,  présidée par Jean-Vincent Placé.

17 octobre 2018 · Paul Molac démissionne. Député de la 4e circonscription du Morbihan élu avec le soutien du Parti socialiste (PS) et d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), la même année, il a rejoint le nouveau groupe Libertés et territoires présidé par Philippe Vigier.

3 octobre 2018 · L'ancien premier ministre socialiste de Hollande, Manuel Valls, est contraint au retrait de LREM. Le député franco-espagnol de la 1e circonscription de l’Essonne et ancien maire d'Evry alla tenter l'aventure à Barcelone qui le refoula.

16 septembre 2018 · Frédérique Dumas quitte avec fracas LREM pour le groupe UAI (UDI, Agir et indépendants) présidé par Jean-Christophe Lagarde (UDI). Députée de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine élue avec le soutien de LREM, elle est alors la deuxième - après Jean-Michel Clément - à quitter le groupe de la majorité présidentielle, invoquant des divergences politiques, notamment sur le manque d'ambition de la politique culturelle de l'exécutif. Franck Riester, un temps président d'Agir!, acceptera, quant à lui, d'entrer au gouvernement...

22 avril 2018 · Jean-Michel Clément est démissionnaire. Le député de la 3e circonscription de la Vienne était entré en opposition au projet de loi sur l’asile et l’immigration. Il a rejoint le parti Place publique, lancé fin 2018 par plusieurs personnalités, dont Raphaël Glucksmann, fils du philosophe André Glucksmann, un ex-militant maoïste de la Gauche prolétarienne reconverti dans le libéralisme atlantiste, et tête de liste aux Européennes, ainsi que l'économiste Thomas Porcher et l'hystérique Claire Nouvian, lesquels ont depuis démissionné.

16 novembre 2017 · Isabelle Muller-Quoy, juriste dont l'élection fut pourtant invalidée. Cette députée de la 1re circonscription du Val-d’Oise est maître de conférences en... droit public à l'université... d'Amiens.

5 septembre 2017 · Mjid El Guerrab est contraint au retrait : ce député de la 9e circonscription des Français établis hors de France a rejoint le groupe Libertés et territoires qui l'a accepté malgré sa mise en examen pour "violences volontaires avec arme". En janvier 2019, il est nommé à la commission d'enquête parlementaire sur les violences attribuées aux groupuscules d'extrême droite...


mercredi 12 juin 2019

La députée Sandrine Josso quitte LREM

Pour être "en accord avec ses valeurs", la députée Sandrine Josso quitte LREM

La députée de Loire-Atlantique Sandrine Josso ne "trouvait plus le sens initial" de son engagement avec
 LREM 

 

Ancienne membre (2015-2016) de Alliance centriste fondée par Jean Arthuis, ancien ministre de Jacques Chirac dans les gouvernements Juppé (1995-1997) et remplaçante en 2015 de la candidate du MoDem aux élections départementales, cette recrue d'En Marche! avait le sentiment de "perdre (s)on énergie", avant de quitter le groupe LREM.
"Je suis partie parce que je suis quelqu'un qui aime être en accord avec ses valeurs", a expliqué la députée, évoquant notamment "l'efficacité", "la liberté de vote", mais aussi la question de "l'ascendance" depuis les territoires "qui fait défaut", ajoute-t-elle. 

Membre de la commission du Développement durable, diététicienne-nutritionniste de profession, la députée n'est pas la première démissionnaire du parti présidentiel. Parmi les déçus du macronisme, citons le député LREM Matthieu Orphelin, un proche de Nicolas Hulot, en février dernier, au lendemain du vote de la très controversée loi anticasseurs, étrillant les "logiques budgétaires" et les "arbitrages politiques de court terme" qui empêchent d'atteindre les engagements de la France en matière de transition écologique et énergétique.  Matthieu Orphelin fait partie des 50 députés LREM à avoir pris la décision de s'abstenir. Un record sous cette législature.
Orphelin dénonce aussi l'absence de sanction du groupe LREM à l'encontre de sa collègue Agnès Thill, à qui il reproche ses convictions sur les homosexuels et la PMA.  "L'égalité et la lutte contre toutes les formes de discrimination sont non négociables. Toute hésitation est coupable." Et d'ajouter, faisant référence à la loi asile-immigration votée l'an dernier : "Il en est de même quant au respect des libertés fondamentales et des droits humains," assure l'intolérant. Le patchwork LREM tend à se découdre du fait des fossés idéologiques divisant ses membres. 

Autres signes d'un malaise certain dans la majorité, Sébastien Nadot, député LREM de Haute-Garonne venu du 'Mouvement des progressistes' de l'ex-patron du PCF, Robert Hue, s'était notamment opposé à la loi Asile et immigration mais n'avait fait que s'abstenir lors du vote. En décembre 2018, il sera exclu du groupe La République en marche pour avoir voté contre le projet de budget 2019. Il n'est plus membre de LREM à l'Assemblée nationale et se mobilise pour que le droit humanitaire international soit respecté au Yemen, s’opposant notamment à la vente d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, qui pourraient être utilisées contre les populations civiles yéménites.

Quelques jours plus tard, Nadot fut suivi de Joachim Son-Forget, parti de son plein gré après plusieurs jours d'errances surréalistes sur les réseaux sociaux.
  
Sans oublier le retrait de l'ancien socialiste Jean-Michel Clément, dès avril 2018, après avoir voté contre la loi asile-immigration. 

Le groupe LREM ne cesse de s'effriter.  Ainsi sa collègue Frédérique Dumas a-t-elle rejoint avec fracas le groupe UDI-Agir! et indépendants en septembre.  

Tous assurent peu ou prou avoir fait part en amont au sein de LREM de leur sentiment de "distorsions par rapport aux valeurs initiales", en matière d'écoute, de participation ou de dialogue. 

Sandrine Josso siégera désormais au groupe "Libertés et Territoires".
Huitième créé en octobre 2018 et se revendiquant indépendant, ce groupe co-dirigé par un député mobiledu Mouvement Radical (ex-UDF puis ex-UMP, avant de rejoindre le Parti radical dirigé par Jean-Louis Borloo en mai 2011) et un centriste de l'UDI, Philippe Vigier, a ainsi gagné deux élus mardi, passant de 16 à 18 membres, soit davantage que LFI et le groupe GDR, où siègent les députés communistes.

vendredi 7 juin 2019

Démission d'une députée La République en Marche, de "honte" et de "déception"

La députée LREM de la Marne aura prévenu les candidats à la collaboration avec Macron

Aina Kuric estime "ne plus y retrouver les raisons" de son engagement avec Macron


Aina Kuric a annoncé ce vendredi son départ de La République en Marche.
Elle quitte le parti du président, pourtant majoritaire, après plusieurs semaines de réflexion. "Adhérente depuis avril 2016, je ne retrouve plus dans ce mouvement les raisons pour lesquelles je me suis engagée", a expliqué dans un communiqué l’élue de la Marne, citant notamment un "manque de confiance aux forces vives" et "un manque de volonté d’être présent sur les territoires"

"J’ai adhéré à En Marche ! pour faire de la politique autrement. Il ne s’agit pas seulement de changer les visages, mais les pratiques. Les alliances de circonstances, ces séduisantes opportunités, ne permettront pas de pérenniser l’outil efficace de 2017", a-t-elle asséné dans un mail interne envoyé à ses collègues députés LREM et dévoilé par l’Opinion.

"Evidemment, je suis pour l’ouverture. Mais nous n’avons pas su écarter ceux qui trahissent nos valeurs communes."

Et de poursuivre : "Ne tombons pas dans le piège de l’appareil, qui envahit l’espace d’innovation créatrice, et qui a fait fuir beaucoup de nos talents face auxquels j’ai honte de reconnaître à quel point ils avaient raison et à quel point je partage leur déception."

Régime de terreur à LREM : elle avait subi des menaces d’exclusion après le vote de la loi asile.
Cette annonce ne surprend pas quiconque sait que cette élue n’avait pas craint de voter contre le projet de loi asile immigration, en juillet dernier, avec Jean-Michel Clément. Pourtant seule députée ciblée, elle avait été menacée d’exclusion par les instances dirigeantes du groupe LREM. Celui-ci avait renoncé, votant finalement le sursis pour la marcheuse. 
La très délicate députée Aurore Bergé, porte-parole du groupe, n'avait pas hésité à blesser les "grondeurs" dans le JDD du 22 avril : "Ce texte a révélé des fragilités dans la majorité, des gens émotionnellement fragiles qui manquent de maturité politique. On a une très large majorité pour ce texte, et quelques agitateurs médiatiquement surexposés et isolés."

Voilà les insoumis de la Macronie!Son collègue Sébastien Nadot avait, quant à lui été exclu du groupe en décembre dernier, après son vote contre le budget 2019.

Une vingtaine de députés a défendu un retour sous conditions à l’impôt sur la fortune, alors que le débat avait été écarté par Emmanuel Macron. D
ans un mail envoyé à ses collègues, le député LREM du Maine-et-Loire, Matthieu Orphelin, a alors annoncé  qu’il quitte le groupe LREM.

L’élue franco-malgache de la Marne hésite à s'affranchir de la tutelle de LREM. Elle précise qu’elle continuera à soutenir Emmanuel Macron et qu’elle resterait apparentée au groupe LREM de l’Assemblée nationale, comptant 306 membres.

Elle a décidé de rester apparentée au groupe majoritaire à l’Assemblée nationale.  Elle précise : "Ce message n’est ni un adieu ni un au revoir car, même non partisan, mon engagement politique reste le même. Comme je l’ai fait depuis le début de mon mandat, je m’exprimerai, lorsque je serai d’accord, ou pas, avec le chemin qu’emprunteront les réformes à venir".

Reste que ses critiques sont révélatrices d’un fonctionnement évoquant celui que subissent les membres de La France Insoumise.
Alors que l'entourage de Mélenchon est la cible de militants qui dénoncent l'autoritarisme de sa garde rapprochée, nombre de membres de la majorité  présidentielle jugent sa direction sectaire et même arrogante. La députée s’était abstenue lors du vote en première lecture du projet de loi asile et immigration porté par Gérard Collomb. Mais Elle faisait aussi partie des 50 abstentionnistes de la majorité lors du vote de la proposition de loi anti-casseurs. 

  • Eric Alauzet
  • Delphine Bagarry
  • Didier Baichère
  • Barbara Bessot Ballot (par délégation)
  • Éric Bothorel (par délégation)
  • Anne-France Brunet
  • Émilie Cariou
  • Jean-François Cesarini
  • Annie Chapelier
  • Fannette Charvier
  • Philippe Chassaing
  • Mireille Clapot
  • Yolaine de Courson
  • Yves Daniel
  • Stella Dupont
  • Paula Forteza
  • Albane Gaillot
  • Florence Granjus
  • Christine Hennion
  • Pierre Henriet
  • Caroline Janvier
  • Hubert Julien-Laferriere (par délégation)
  • Stéphanie Kerbarh
  • Loïc Kervran (par délégation)
  • Sonia Krimi
  • Aina Kuric
  • Fabrice Le Vigoureux
  • Marion Lenne
  • Marie-Ange Magne
  • Jacques Maire
  • Jean François Mbaye
  • Sandrine Mörch
  • Cécile Muschotti
  • Delphine O
  • Matthieu Orphelin
  • Claire Pitollat
  • Barbara Pompili
  • Hugues Renson
  • Cécile Rilhac
  • Laurianne Rossi
  • Nathalie Sarles
  • Denis Sommer
  • Sira Sylla
  • Aurélien Taché
  • Alain Tourret
  • Frédérique Tuffnell
  • Laurence Vanceunebrock-Mialon
  • Patrick Vignal
  • Martine Wonner
  • Jean-Marc Zulesi
































Les 50 abstentionnistes auraient pu choisir de ne pas prendre part au scrutin, comme ils avaient été 99 à le faire lors du vote de la loi asile et immigration en première lecture à l’Assemblée en avril dernier. Mais c’est bien l’abstention qu’ils ont privilégiée (16 n’ont pas pris part au vote) pour chiffrer leur contestation, lui donner un poids politique et envoyer par là même un signal politique à l’exécutif. "Le mérite de cette histoire, c’est qu’au moins, on les identifie", avait mis en garde la députée de l’Essonne Marie Guévenoux, légitimiste. 
Une juppéiste de l'Essonne...


lundi 11 mars 2019

PMA : les lobbies féministes et LGBT veulent la tête d'une députée LREM

Legendre et Guérini, prêts à leur offrir sur un plateau

Une vingtaine de député(e)s LREM réclament l'exclusion d'Agnès Thill
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Sa parole sur la procréation médicalement assistée (PMA) n'est pas libre dans le parti du président.
Plusieurs cadres du parti La République en marche, dont son patron
Stanislas Guerini et le chef de file des députés du groupe majoritaire Gilles Le Gendre, qui craignent que des électrices les abandonnent, avaient déjà pris leurs distances avec les propos de l'élue macronienne, dénonçant des opinions "contraires" aux engagements du mouvement.

"Si nous connaissons tous l'opposition d'Agnès Thill à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, et nous respectons ses convictions, bien que nous ne les partagions pas, le débat politique ne doit en aucun cas être nourri d'insultes ni de théories complotistes". Telle est la teneur du courrier adressé au président de LREM et co-signé par une vingtaine de députés LREM, qui dénoncent la "sortie" de leur collègue Agnès Thill, à propos du rapport de la mission de l'Assemblée nationale sur la bioéthique.


Agnès Thill, députée La République en marche de l’Oise, en mai 2017.
Cette dernière avait publiquement affiché son opposition à l'extension de la PMA, jugeant que ce rapport a franchi une "ligne rouge" dans certaines de ses recommandations, et affirmant notamment que "l'absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques".

Suite à cette observation, trente députés LRM – dont l'hystérique Aurélien Taché (Val-d’Oise)  le tristement célèbre pour ses multiples condamnations  de ses collègues, comme de l'exécutif, ou l’ex-ministre et ex-socialiste Stéphane Travert (Manche) – ont envoyé un courrier au patron du groupe macronien au Palais-Bourbon, Gilles Le Gendre pour lui demander une "réponse de fermeté " face à des propos ..."racistes".

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a condamné, mardi 22 janvier, les paroles "inacceptables et méprisantes" de l’élue. La veille, dans un entretien vidéo avec Oise Hebdo, la députée a comparé "la souffrance des femmes seules" qui souhaitent une PMA à celle des "drogués". "Ça suffit", a violemment réagi B. Griveaux, soulignant que "ces mots blessent des familles et viennent nourrir tous les préjugés ignobles". Interrogée par Le Monde, Agnès Thill ne se montre aucunement impressionnée par la condamnation du Robespierre du gouvernement. "Ce que j’ai fait est une métaphore. C’est courant. Tous ceux qui s’expriment ont eu des métaphores ou des propos maladroits, lui le premier", rétorque-t-elle, en s’étonnant de n’avoir eu "aucune réponse" à ses propos sur le fond. Avant d’affirmer : "Je défie quiconque de montrer que mes propos sont homophobes, islamophobes, xénophobes ou je ne sais quoi. Tout ce dont on m’accuse est faux."

"Délires [sic] islamophobes, homophobes et paranoïaques"

Rappelant à Gilles Legendre qu'Agnès Thill avait déjà fait l'objet d'un avertissement "l'automne dernier", les signataires de la lettre font pression sur leur chef de file en faveur d'une "réponse de fermeté" qui sera donnée à leur collègue.

"Nous ne pouvons tolérer les délires islamophobes, homophobes et paranoïaques d'Agnès Thill", estiment-ils, réclamant l'exclusion de la députée de l'Oise. Cette dernière a répondu via Twitter, appelant à "débattre sur le fond" plutôt que "démolir sa collègue sur une phrase sans contexte".




Le parti du président se vide de son sang
Sachant que deux députés ont été invités à présenter leur démission (M'Jid El Guerrab, lien PaSiDupes, et Joachim Son-Forgetlien PaSiDupes) et que déjà une cinquantaine profiteront des municipales pour se sortir du guêpier de l'Assemblée nationale, une éventuelle exclusion d'un député En Marche confirmerait la tendance au mal-être et à la fuite
En décembre, le député Sébastien Nadot avait été le premier "marcheur" exclu du groupe LREM, pour avoir voté contre le budget 2019. Il avait été convoqué au préalable pour s'expliquer. Le groupe LREM compte actuellement 307 membres.

Le point de vue que LREM ne tolère pas dans ses rangs

Dans une lettre de neuf pages, Agnès Thill, députée LREM, détaille ses critiques envers le rapport de la mission bioéthique, dont elle est membre.  
Investie sur les questions de bioéthique, la députée Agnès Thill, 54 ans, catholique pratiquante, fait figure d’exception dans un groupe largement favorable à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules.

Mardi 15 janvier, cette femme de convictions a voté contre l’adoption du rapport final qui a tout de même été largement avalisé. Deux jours plus tard, l’élue a tenu à adresser à l’ensemble des députés une lettre de neuf pages pour justifier son vote. 

"L’absence de sens de genre dans le mot parent favorise l’éclosion d’écoles coraniques"
Parmi la quinzaine d’objections, l’une d’entre elles a particulièrement retenu l’attention des parlementaires et provoqué une réaction politiquement correcte à gauche. Marquant son opposition à l’acceptation du concept de "parent d’intention", la députée écrit : "Le parent d’intention permet la multiplication des parents; le mot parent n’a alors plus aucun sens. Il en découle politiquement que cette absence de sens de genre dans le mot parent favorise l’éclosion d’écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci." La mouvance islamique n'a pas eu à protester, les élus LREM l'ont fait à sa place...

Dans le paragraphe suivant, elle souligne que "nos amis musulmans" sont "opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme" et qu’ils "ne vont pas dans la rue ni dans les urnes pour exprimer leur conception. Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République".

Une conviction condamnée par des députés de la majorité.
Plusieurs députés LREM, notamment issus des rangs du PS, ont crié à l’homophobie et à l’islamophobie. "Marre qu’une députée LREM puisse prononcer des propos homophobes et islamophobes aussi librement [sic]… Le courrier, reçu par mes collègues et moi-même, est un tapis de prières sottises qui stigmatise inutilement deux minorités. En France, il n’y a pas de "parallèle" à la République ", s’est insurgée sur Twitter la députée de la majorité Laurence Vanceunebrock-Mialon, mère biologique d'une fille qu'elle a eue par procréation médicalement assistée en Belgique .
Son collègue Aurélien Taché est allé plus loin - évidemment -  en appelant à exclure "sans plus attendre" Agnès Thill du groupe.

La députée mise en croix réfute les accusations. 
Par école coranique, elle explique qu'elle fait référence aux "écoles hors contrat " d'obédience au Coran. "Ce n’est rien d’autre qu’un constat, à partir d’un exemple que j’ai eu au cours de ma carrière", justifie l’élue, ancienne directrice d’école, qui raconte avoir vu en 2014, en plein débat sur la théorie du genre, plusieurs familles d’origine musulmane retirer leurs enfants de son école.

"Je ne veux pas que mon nom soit associé à l’éviction des pères".
Agnès Thill déplore que son argumentaire de neuf pages soit réduit à cette polémique. "C’est le reste qui est le plus important : les femmes seules, le fait de donner la vie après la mort, le remboursement par la sécurité sociale qui serait possible…" La députée dénonce un rapport "orienté dans un seul sens" qui ne "reflète pas le contenu des auditions".

Certaines recommandations correspondent pour elle au "franchissement d’une ligne rouge".
L'élue précise partager "bon nombre de propositions" et, sensible à la question de la précarité affective et financière des familles monoparentales, la députée souligne un paradoxe : celui de reconnaître les difficultés des mères seules, tout en "acceptant qu’elles aient accès à la PMA".

La députée Thill mène un débat national...

Dans sa lettre, Agnès Thill fait le choix de poser des questions qui suscitent la réflexion 
"Sachant que nous manquons de gamètes, à qui donnerons-nous la priorité et comment ?"
"A propos du consentement, l’enfant est-il consentant pour ne pas avoir de père ?"
"Est-ce à la médecine de répondre à un désir sociétal ?"

Les signataires de la lettre demandant la tête de leur collègue se sont-ils identifiés auprès de leurs électeurs?


mercredi 20 février 2019

"La France tue au Yémen" : banderole d'un député LREM brandie en pleine séance

Ce député de la majorité présidentielle manifeste pendant la prise de parole de Meyer Habib

L'ex-député LREM Sébastien Nadot a provoqué mardi un incident à l'Assemblée en brandissant une banderole "La France tue au Yémen".


Ce mardi, pendant la séance de "questions au gouvernement", le député Sébastien Nadot, élu sous l'étiquette La République en marche, a ainsi provoqué une interruption de la séance de "Questions au gouvernement", pendant la question du député Meyer Habib. 

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a dû interrompre la séance et faire un rappel à l'ordre, avec inscription au procès verbal. Ce qui implique, en théorie, une sanction financière contre l'agitateur. 

Ce parlementaire avait été exclu du groupe pour avoir voté contre le projet de budget 2019 défendu par le gouvernement. Il a déployé sa banderole.


La banderole brandie par l'élu de Haute-Garonne, 47 ans, désormais non inscrit depuis qu'il a été frappé d'exclusion en décembre, a été immédiatement saisie par les huissiers.

Yémen : 
Paris se rendrait "complice des crimes de guerre", selon une étude dévoilée par les ONG Amnesty International et l'ACAT.

Le prince héritier Mohammed Ben Salman, reçu à l'Elysée. Le 12 octobre dernier, Emmanuel Macron a défendu la "politique extrêmement rigoureuse" de la France pour contrôler ses exportations d'armes.La France vend et livre des armes à la majorité des pays de la coalition combattant dans la région, qui vit dans la famine et la pauvreté. Une situation dans laquelle les parlementaires n'ont pas leur mot à dire et contraire aux traités internationaux. 

Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Egypte, Bahreïn, Jordanie, Koweït, Maroc, et même Qatar, avant juin 2017, tous prennent une part active à la guerre civile au Yémen. Et la France leur exporte des armes, à hauteur de 2,6 milliards d’euros en 2017. 1,6 milliard rien que pour l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Pourtant, les Nations unies donnent régulièrement l’alarme sur la situation du pays, le plus pauvre du Moyen-Orient. Le Yémen fait face à «un danger clair et présent d’une famine imminente et géante», a averti mardi le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, qui estime à 14 millions le nombre de personnes qui pourraient en être victimes.
Lors de la mort du journaliste saoudien Khashoggi, dans des circonstances troubles, Sébastien Nadot, député LREM à la commission des affaires étrangères déclara : "Je suis dans l’espoir que cet épisode tristement célèbre déclenche un nouveau regard démocratique sur nos relations avec ces pays, ces dictatures difficiles. Il ne faut pas couper toutes nos relations, mais nous devons questionner notre vente d’armes si les utilisations qui en sont faites sont problématiques".

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L'homme a été candidat citoyen à l'élection présidentielle de 2017 porté par le Mouvement des progressistes, créé autour de l'ancien secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et sénateur Robert Hue. Le 27 février, Nadot se retira pour soutenir la candidature, non pas de Benoît Hamon, mais d'Emmanuel Macron...Qualifié de "bébé Macron", Nadot (ci-dessus devant son affiche en réalité augmentée) est professeur agrégé d'éducation physique et sportive, EPS, également docteur en histoire formaté par l'EHESS de Paris, a été membre associé du Conseil économique, social et environnemental (CESE), une assemblée constitutionnelle consultative composée de représentants sociaux (patronat, syndicats, associations) et dont l'utilité peut- être mise en cause sans dommage pour le bon fonctionnement des institutions. Ils sont 233 conseillers (plus 72 "personnalités associées") payés 3.786,76 € bruts mensuels...
L'exclu, un infiltré, avait dénoncé le "dirigisme gouvernemental".

"Trois priorités avaient été fixées par le gouvernement pour le budget 2019 : libérer l’économie et le travail, protéger les Français, investir pour l’avenir en préparant les défis de demain et en transformant l’action publique : ce projet de loi de finances ne me paraît pas en mesure d’atteindre les objectifs fixés, particulièrement en ce qui concerne le quotidien d’une majorité de Français et la nécessaire transition écologique", avait-il déclaré pour justifier son vote selon La Dépêche du Midi.


Mais les critiques formulées par Sébastien Nadot ne se bornent pas au seul projet de budget : il dénonce le "dirigisme gouvernemental" et, plus largement, l'attitude du gouvernement vis à vis des élus locaux et des parlementaires, qui suscite de nombreux questionnements à l'intérieur du parti présidentiel : "Le dirigisme gouvernemental n’a pas non plus épargné les collectivités territoriales et n’a pas su intégrer les aspirations et inquiétudes des premiers acteurs de la démocratie locale : maires et conseils municipaux, déclarait-il en décembre, faisant écho au mouvement des Gilets jaunes. La verticalité du pouvoir est sans doute nécessaire. L’absence de concertation dans les phases de prise de décision n’est pas satisfaisante."

samedi 22 décembre 2018

LREM, face à la montée de la fronde dans les rangs du parti présidentiel

Sébastien Nadot, premier 'marcheur' exclu

Pour avoir voté contre le budget 2019, le député LREM de Haute-Garonne a été chassé de son groupe à l'Assemblée 

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Ironie du sort
La majorité présidentielle ne manque pas de godillots, mais LREM sent-elle monter la contestation et craint-elle la formation d'un groupe de 'frondeurs' ?

Issu du 'Mouvement des progressistes', créé en 2009 sous le nom du 'Mouvement unitaire progressiste' (MUP) autour de l'ancien secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et sénateur Robert Hue, proche de Hollande, le Toulousain Sébastien Nadot, 46 ans, a été écarté jeudi de son groupe.

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'Premier de cordée' agrégé d'Education physique, il a quitté le parti 'La République en marche' le même jour. Il s'est "exclu" lui-même en franchissant "une ligne rouge", ont répliqué vendredi plusieurs ministres - indélicats envers la séparation des pouvoirs -  et des députés de la majorité, deux femmes connues pour leur sectarisme et un dévot à Macron.
"Le vote du budget, c'est un vote de confiance (...). C'est la traduction de choix politiques. A partir du moment où on ne vote pas le budget, on s'exclut de soi-même du groupe auquel on appartient", a déclaré vendredi la porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé, sur France2.
"Il y a des lignes rouges. Quand on vote contre le budget, on n'a pas sa place dans une majorité", a estimé la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, la stalinienne Marlène Schiappa, tout en précisant par nécessité appartenir "à un gouvernement (...), pas une secte".
"Quand vous votez contre le budget c'est que vous êtes contre la politique qui est menée par le gouvernement". "Il est donc "assez normal, assez logique que cette personne" ait été exclue, a pour sa part noté le ministre conformiste du Logement Julien Denormandie sur LCI. 
Et l'ancien directeur adjoint de cabinet de Macron, alors ministre de l'Economie, d'insister : "C'est un cas isolé", avant de nier : "il n'y a pas de frondeurs" chez les députés marcheurs. Une ingérence dans la marche du groupe parlementaire et donc dans le législatif, lequel n'est pas dans son domaine de compétence depuis deux mois qu'il est ministre, si il a le respect des institutions.


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Sébastien Nadot au côté de Macron

Le bureau du groupe, "convoqué ce soir [jeudi 21] en réunion extraordinaire sous la présidence du redouté Gilles Le Gendre a décidé à l'unanimité des présents l'exclusion de Sébastien Nadot", avait annoncé jeudi le groupe LREM dans un communiqué. 
"Pour moi et pour le bureau, voter contre le budget, c'est la transgression absolue", a commenté le patron du groupe majoritaire dans un entretien avec Le Figaro publié vendredi.


Le député exclu de LREM donne sa vérité

En mai 2017, Nadot déclara : "Je suis un bébé Macron, une déclinaison locale du nouveau président. Bien conscient d’avoir été choisi parce que je lui ressemble, y compris sur le côté belle gueule. Je suis la page que l’on tourne par rapport à une histoire ancienne." Silhouette affûtée dans son costume gris ajusté, teint hâlé et regard charmeur, Sébastien Nadot, 44 ans, prof de gym, mais aussi docteur en histoire, le candidat de La République en marche (LREM) dans la 10e circonscription de Haute-Garonne, assumait son style premier de la classe. Et voilà où nous en sommes ! Et qui donne corps à la revendication de Gilets jaunes : "Macron démission"...


Ce problème technique est-il involontaire ? 
Peut-on y voir une censure du 'frondeur' ?
Pour avoir accès à la déclaration de Sébastien Nadot, c'est plutôt ici :

Sébastien Orphelin sera-t-il le suivant ?

Le député LREM du Maine-et-Loire a déjà fait son coming-out gay en 2018.

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Maintenant, face au mouvement des Gilets jaunes, l'écologiste - ex-militant EELV - a plaidé pour la mise en place d' "un conseil de 100 citoyens tirés au sort pour éclairer les décisions publiques".

Le 19 avril dernier, ce proche de Nicolas Hulot n'envisageait pas de voter le projet de loi Immigration et asile. Il annonça qu' qu'il comptait s'abstenir lors du vote. "Ma décision peut évoluer, mais pour l'instant je m'abstiens", déclara-t-il.
Défavorable au placement des mineurs étrangers dans des centres de rétention, l'élu LREM s'était également déclaré opposé à la réduction du délai pour déposer un recours devant la cour nationale du droit d'asile (CNDA).

Alors, en dépit de ces critiques sur le texte du gouvernement, Matthieu Orphelin rejette l'étiquette de "frondeur" qui lui est accolée depuis une dizaine de jours. "Je ne suis ni godillot ni frondeur", clame-t-il. 
"Macron m'a dit : 'sois-toi-même' ". 
Depuis, Orphelin a peut-être compris ce que, pour Macron, signifie "assumer" ? La limite à ne pas franchir est le vote 'contre'...