POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est députés LREM. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est députés LREM. Afficher tous les articles

vendredi 15 mai 2020

Assemblée nationale : la création d'un 9e groupe de dissidents inquiète LREM

'Ecologie Démocratie Solidarité' est le nom que se donne la vingtaine de députés LREM qui en ont ras la casquette

Un 9e groupe à l'Assemblée nationale, c'est "inédit", "historique" sous la Ve ?

Après des mois d' 'urban legend' sur la possible création d'un neuvième groupe politique avec des Marcheurs dissidents à l'Assemblée nationale, soucieux de donner la prévalence aux thèmes comme l'écologie et le social, la rumeur prend corps. La tentative des Echos, en fin de semaine dernière, de discréditer la profession de foi provisoire des frondeurs par la publication d'extraits de leurs "spéculations" a fait chou blanc.

Depuis, circule une liste d'une vingtaine de noms
Dans ce 9e groupe dénommé 'Ecologie Démocratie Solidarité' figurent des ex-Marcheurs en rupture avec Macron, comme Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), des membres du Collectif social-démocrate, comme Delphine Bagarry ou Martine Wonner, d'ex-socialistes revenus de Macron et jamais, ni acceptés, ni intégrés, mais toujours pris de haut, tels Aurélien Taché, Guillaume Chiche ou Cédric Villani (toujours membre du groupe LREM) et quelques non-inscrits comme le cheval de retour Delphine Batho, ex-ministre PS à l'Ecologie.

"Un contresens politique"

La socialiste Cécile Untermaier, donnée comme membre, a démenti. Interrogé sur France Info, Aurélien Taché a, lui, dit ne pas "particulièrement" souhaiter la création d'un tel groupe, ajoutant : "Je verrai quand les choses se présenteront si elles se présentent." A l'issue du conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a, de son côté, dit observer "si tel était le cas", que
"le ferment de la division est à l'œuvre" dans une période "exceptionnelle", y voyant "un contresens politique".

La plupart des sécessionnistes cités - des élus humiliés par leurs collègues de la société civile - sont partie prenante de l'initiative de 60 parlementaires à la fibre écologique et sociale qui ont dévoilé mercredi leurs trente propositions pour 'le jour d'après" la crise du coronavirus : revalorisation des salaires des soignants, plan de rénovation énergétique ou encore revenu universel. 
Le chef de file des petits soldats LREM, Gilles Le Gendre, incapable de tenir ses troupes, a qualifié ces propositions d' "arrière-pensées politiques", "très corrélées au sujet du 9e groupe".

La sécession est "assez actée et imminente"

L'impuissant numéro un de LREM, Stanislas Guerini, note que les choses sont "assez actées et imminentes". Le nombre de neuf groupes politiques serait un record. Et le groupe majoritaire (296 membres) est menacé de perdre la majorité absolue (289 sièges) qu'il détient pour l'heure à lui seul, un symbole fort, même s'il peut s'appuyer sur les 46 mendiants du MoDem et la dizaine d'élus juppéistes d' Agir!. D'où une certaine agitation à tous les étages. 
Selon des sources parlementaires, la diffusion de la profession de foi était une fuite orchestrée pour tenter de torpiller l'initiative. L'ensemble des Marcheurs ont été aussitôt "rappelés à l'ordre", certains ayant pu ainsi être rattrapés au vol.

Dans un message à la troupeGilles Le Gendre met en garde contre "toute tentative de division". 
Mardi, il a dit à la presse ses doutes sur la capacité d'un tel groupe à peser au vu des "hypothèses de chiffres qui circulent". Certains élus pressentis ont jugé "pas opportun" un lancement en pleine crise sanitaire, comme Claire Pitollat, ingénieure dans le domaine de l’énergie, élue du Marseille chic, ou l'ex-professeur d'EPS Cécile Rilhac, députée de Taverny (Mouvement des progressistes, MDP, Val d'Oise). Elles pourraient basculer au premier coup de vent.

Les épines dans le pied sont prêtes à tomber

Jugée "inéluctable" par certains en interne dès mars, au vu du "potentiel en nombre et en frustrations politiques," ces contestataires pourraient s'inscrire en "groupe minoritaire", et non groupe d'opposition. Certains des élus "légitimistes" et méprisants tentent de sauver la face en déclarant y voir l'occasion de se débarrasser des "passagers clandestins".

Et un des arrogants de la majorité éreinte déjà un "groupe de bric et de broc pour essayer d'exister", niant tout "coup dur" pour Macron, puisque, pour l'heure, les dissidents potentiels "ne semblent pas dans l'opposition frontale". Pour Stanislas Guerini, c'est en outre "à contretemps", notamment politiquement, puisque la ligne qui sera portée pour la fin du quinquennat accordera « une part prédominante » aux sujets sociaux et écologiques.

Le parti du président  travaille en catimini à des propositions de récupération.
Evoquant mardi "un nouveau cycle politique" post-coronavirus, G. Le Gendre estime aussi que cela "passe probablement par des évolutions sensibles" dans l'animation de la majorité. Manière aussi de faire amende honorable, en réponse à un député macronien a estimé que l'initiative en gestation "soldera la mauvaise gestion politique et individuelle du groupe"

L'opposition constate quant à elle que le macronisme s'essouffle et qu'il n'aura finalement mis que trois années à faire son temps
Ainsi des communistes ironisent-ils : "après La République en marche, on a la République en miettes…"

jeudi 5 mars 2020

Retraites : la majorité LREM rejette la demande de commission d'enquête du PS

La majorité met un terme au questionnement socialiste sur l'étude d'impact accompagnant la réforme des retraites.

"La sincérité, l'exhaustivité et l'exactitude de l'étude d'impact" suscitent des doutes parmi les socialistes, telle qu'elle a été remise en complément des deux projets de loi sur la réforme des retraites. 
Le Parti socialiste voulait se pencher sur l'authenticité de cette étude d'impact et avait utilisé son droit de tirage pour créer une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur cette étude. Une demande rejetée mercredi par la majorité, malgré sa division.

Une décision qui intervient au lendemain de l'adoption de force par l'Assemblée en première lecture du projet à trous de réforme Macron des retraites via le 49.3, la commission des Affaires sociales de l'Assemblée a jugé par 35 voix contre 23 que les conditions de création n'étaient pas réunies. Ce refus est " une mauvaise manière" et aussi "l'aveu que vous avez un doute sur la sincérité et l'exhaustivité de l'étude d'impact", a lancé Boris Vallaud (PS) aux élus LREM et MoDem, les accusant de se rendre "complices d'un mensonge en bande organisée". 
"Assumez votre forfaiture, votre arbitraire", a renchéri son collègue Hervé Saulignac, alors que le groupe PS entendait exercer son "droit de tirage" (une commission d'enquête par groupe et par session) et que la garde des Sceaux, consultée comme de coutume, ne s'y était pas opposée.

Mais les Marcheurs ont dénoncé un "détournement de procédure" par les socialistes, une commission d'enquête devant porter sur un fait déterminé et l'étude d'impact pouvant être contestée par d'autres moyens. 
Monique Limon, ex-directrice du Développement Social au Conseil Départemental et députée LREM de l'Isère, a ainsi pointé une "nouvelle manœuvre politique qui n'a qu'un seul but : que la réforme des retraites n'aboutisse pas". Une voix dissidente s'est cependant fait entendre : Guillaume Chiche, membre de l'aile gauche de LREM, a indiqué qu'avec quelques collègues il votait pour cette commission d'enquête devant permettre de lever les "doutes" sur l'étude d'impact.

Toutes les oppositions ont soutenu la demande des socialistes, qui aurait permis à la majorité de "prouver [sa] bonne foi " (LFI), de lever le " soupçon" (LR) et ne pas laisser de questions « en suspens » (Libertés et territoires). Son rejet est "un nouvel acte d'autoritarisme", ont critiqué les communistes. "Il n'est que de petits députés pour craindre une petite commission d'enquête", a conclu Boris Vallaud.


dimanche 16 février 2020

Réforme des retraites : Macron craint une révolution de palais à l'Assemblée

Macron appelle sa majorité au palais Bourbon à rester soudée dans l'adversité

Macron a senti monter la révolte et pris les devants

On ignore ce qu'il en coûtera aux députés de la majorité qui ne resteraient pas soudés pour le vote de la réforme des retraites, à partir de lundi à l'Assemblée nationale, face aux turbulences politiques agitant le salmigondis du parti présidentiel  et aux turpitudes sexuelles dans leur propre camp, justifiant une mobilisation exceptionnelle des mécontents En Marche! et de l'opposition.

Macron a fait venir ses affidés par cars entiers en son Palais pour exhorter ces quelque 300 députés "marcheurs", et même les 46 MoDem alliés et dépendants, à être "unis" et à "vendre cette réforme qui est une réforme de justice", lors de cette réception mardi soir à l'Elysée. 

"Faire en sorte que pas une tête ne dépasse," traduit une source parlementaire 

D'autant que l'armée de PlayMobil LREM enchaîne les désertions et que le parti du président est ébranlé par des sextos explicites de masturbation par un proche, à des fins de harcèlement sexuel, un ancien secrétaire d'Etat auprès du premier ministre et ex-porte-parole du gouvernement pendant plus d'un an, Benjamin Griveaux (ex-secrétaire d'Etat sans portefeuille auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire -  qui a eu l'impudeur de décrire les papouilles que lui prodigue sa femme dans son bain), contraint au retrait de la tête de liste En Marche! aux municipales parisiennes, à la suite de la diffusion de ces sex-tapes. 
C'est le diffuseur des films porno des pratiques masturbatoires de Griveaux qui est inquiété par la justice de Macron, tandis que leur acteur principal est érigé en victime, sans que soit inquiété(e) celui ou celle qui tenait la caméra du portable de l'exhibitionniste.  
Or, au regard de la loi, le contenu de tout téléphone mobile de particulier est considéré comme public par la justice. Mais le Parquet n'a été saisi d'aucune plainte pour attentat public à la pudeur. Et le Parquet ne s'est saisi ni de l'affaire, ni de l'objet du délit... Voire du crime, si la destinatrice se déclare sexuellement harcelée 
La loi du 17 juillet 1970 a ajouté un article 9 au Code civil qui protège la vie privée de tout individu.
Celui-ci dispose que: "Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l’intimité de la vie privée; ces mesures peuvent, s’il y a urgence, être ordonnées en référé".

Le droit au respect de la vie privée a un fondement constitutionnel. En effet, par un arrêt en date du 23 juillet 1999, le Conseil Constitutionnel a donné au droit à la vie privée valeur constitutionnelle, et ce, sur le fondement de l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

La jurisprudence affirme depuis un arrêt du 23 octobre 1990 rendu par la Première Chambre Civile de la Cour de Cassation que "toute personne, quels que soient son rang, sa naissance, sa fortune, ses fonctions présentes ou à venir, a droit au respect de sa vie privée".
Bien que précisée par la jurisprudence, lnotion juridique de vie privée n'a pas suffisamment évolué avec les moeurs et reste lacunaire en ne prenant pas en compte le destinataire de messages. Il a ainsi été jugé que la vie affective, la vie sentimentale d’une personne, la vie conjugale ou amoureuse, la santé d’un individu, les loisirs, les convictions personnelles, font partie intégrante de la notion de vie privée, mais qu'advient-il lorsque le contenu d'un message envoyé par téléphone portable  - en l'hypothèse, un sexto - est offensant pour le destinataire ? S'il est outrageant, le contenu du téléphone mobile d'un titulaire-expéditeur est-il sanctuarisé ? 
Dans l'hémicycle, la majorité présidentielle devra "regarder" 41.000 amendements déposés par les oppositions, une pratique dont se flattait les ex- socialistes membres du gouvernement lorsqu'ils étaient dans l'opposition :  Jean-Yves Le Drian (pendant plus de 24 ans), Annick Girardin (plus de 7 ans), Stéphane Travert ou Olivier Dussopt, outre les députés LREM issus du PS (dès janvier 2018, le député de la Vienne Jean-Michel Clément, ancien socialiste rallié à la bannière macronienne, envisagea la création d'un groupe parlementaire regroupant la gauche de la majorité: l'ex-socialiste Brigitte Bourguignon, présidente LREM de la commission des Affaires sociales, réunissait déjà de manière informelle ses collègues de la majorité revendiquant une "fibre sociale", parmi lesquels figuraient notamment Jean-Louis Touraine, François Dumas ou Yves Daniel). 
"La nécessité de faire bloc interdit l'expression de voix discordantes", a récemment mis en garde l'ex-ministre PS Jean-Jacques Urvoas, qui a subi les attaques de "frondeurs" sous le quinquennat de François Hollande.

Le patron fantoche des députés LREM Gilles Le Gendre - inaudible de la plupart - assure: ils ont "hâte" de rentrer [la première fois, on 'entre'] dans le vif des retraites, qui vont les occuper jusqu'à l'adoption définitive attendue à l'été. 

Aux avant-postes, figurent les "ambassadeurs" qui ont présenté ces derniers mois ce qu'ils connaissaient eux-mêmes de la réforme dans leurs territoires. Certains sont co-rapporteurs ou porte-parole sur ce texte, ils maîtrisent mieux que leurs collègues ce dossier très technique dont - détail de l'aventure - le financement n'est pas assuré, ce qui ne les empêche pas de discourir en termes vagues et consensuels, en lien parfois avec les syndicats réformistes. Ils auront face à eux une potiche, le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski, député jusqu'en décembre: ils le connaissent mais ne le respectent pas. 

Les réunions internes se sont multipliées pour expliquer, convaincre les députés en proie au doute et aussi déminer les révoltes internes. "Nous sommes très alignés, et persuadés du sens de cette réforme" promise en 2017, martèle Marie Lebec, première vice-présidente, qui veut espérer "un débat de fond" avec droite et gauche, alors que la majorité vacille et se dépeuple : 14 député(e)s ont déjà traversé la rue !.

Les députés de la majorité toussent et regimbent

Cette semaine, le premier sujet de discorde est ouvert par deux piliers de la commission des Finances de l'AssembléeEmilie Cariou et Laurent Saint-Martin, qui ont soumis une série des questions au premier ministre sur "la faisabilité financière de la réforme", notamment au vu des compensations accordées à certaines professions. Edouard Philippe a voulu y voir des ralliements à son "attention" constante aux questions d'équilibre...

Les députés sont en partie dépouillés de ces questions, puisque ce sont les partenaires sociaux, réunis en conférence de financement, qui sont censés trouver d'ici avril des mesures permettant d'atteindre l'équilibre financier du système de retraite en 2027. "A la fois on est ravis de cette confiance accordée, mais on aurait aimé traiter ce sujet", gronde une "marcheuse".
Certains ne se privent pas de présenter leurs pistes, pour "mettre la pression sur la conférence". Ainsi Matthieu Orphelin (ex-LREM), allié à Jean-François Cesarini, figure de l'aile gauche de la majorité, Sacha Houlié et encore Aurélien Taché, suggèrent une majoration de la cotisation de solidarité pour les très hauts revenus.

Des députés emmenés par Martine Wonner, autre membre de l'aile sociale, entendent aussi "faire valoir (leurs) pleines prérogatives de législateurs" sur la pénibilité, alors que les concertations entre gouvernement et partenaires sociaux coincent.
Son palmarès de contestatrice est symptomatique du malaise interne grandissant : opposée au gouvernement sur les demandeurs d'asile, elle est co-fondatrice du "Collectif social-démocrate", groupe d'une vingtaine de députés de l'aile gauche du groupe LREM, constitué en juin 2019. En septembre 2019, avec d'autres députés de l'aile gauche de LREM, elle signe une tribune appelant à répartir les migrants dans les zones rurales en pénurie de main-d'œuvre, puis une autre, en novembre 2019,  avec dix autres députés LREM pour s’opposer aux mesures prévues par le gouvernement sur l’immigration concernant la santé et notamment l’aide médicale d’Etat (AME), plaidant pour ne pas céder "à l’urgence et à la facilité".
Pour l'heure, ces interventions se font mezzo voce, mais le ton monte, et les batailles internes s'élargissent au-delà des sujets régaliens comme asile-immigration.

Gilles Le Gendre a dû appeler à la "modération sur les amendements" des troupes tentés par la débandade, pour ne pas bousculer, selon lui, "un édifice déjà bien stabilisé". Les "marcheurs" en ont néanmoins déposé 600... 

Le chef de l'exécutif se voit contraint de sermonner ses membres du Parlement. Macron bafoue à nouveau le principe de séparation des pouvoirs et s'ingère dans le débat : "Tout ce qui passera par amendement devra être financé", "il faut donc être responsable", a demandé le président.

Les députés sont appelés à se mobiliser pour assurer les votes et répondre aux oppositions, mais leur marge de manoeuvre est réduite. "Tout le monde se prépare à l'épreuve de durée", glisse un macronien. Et ce, dans un climat de "violences" et "ressentiments" qui traverse le pays et qu'ils "catalysent", comme l'a reconnu le locataire de l'Elysée que les sondeurs situent à 24% d'opinions favorables. Au point que les entreprises de sondages ne sortent plus aucune enquête...

Les novices de la majorité présidentielle ont une grande crainte.
"Les retraites, c'est le brûlot qui met le feu partout, après les réformes de la justice, du bac...", lâche un vieux routier (anonyme !) du Palais Bourbon, qui "ne peu(t) pas dire comment ça va se terminer".


mardi 11 février 2020

Congé pour deuil d'enfant: escalade populiste de LREM à l'approche des municipales

Les députés du parti du président refusent de le doubler dans le privé, puis proposent trois semaines et pour tous les actifs

Ils sont capables de tout et son contraire

Résultat de recherche d'images pour "mahjoubi mounir Macron"Après avoir voté contre son extension de 5 à 12 jours, le 30 janvier, les députés LREM proposent de porter le congé pour deuil d'enfant à trois semaines, a annoncé mardi le député Mounir Mahjoubi, ci-contre, dix jours après le scandale suscité par un refus initial des élus du président d'allonger sa durée. 

L'annonce intervient quelques heures avant que Macron reçoivent les troupes de députés LREM, MoDem et Agir, à 20h00 à l'Elysée, avec, pour l'heure, la présence annoncée d'un seul ministre, Marc Fesneau, chargé des Relations avec le Parlement.

Comme à chaque crise, l'Elysée n'hésite pas à affirmer que ce rendez-vous était programmé bien avant que n'éclate le scandale provoqué par le rejet du projet de loi sur le congé pour deuil d'enfant, qui a cristallisé un ressentiment d'une ampleur inédite dans l'ensemble du pays et, par ricochet, dans la majorité que Macron a dû rappeler à l'intelligence du coeur en exhortant ces papas et ces mamans désincarnés et déconnectés à plus d' "humanité" ! 

Les nouvelles propositions sur l'accompagnement des familles seront faites ce mardi en réunion de groupe, a indiqué Mahjoubi, ex-candidat à la mairie de Paris, puis soutien de Villani, avant de faire son coming-out au côté de Griveaux...

Ex-sous-ministre au numérique, ce proche de Macron souligne le souhait du président que les députés qu'il a investis travaillent avec "tous les groupes" de l'Assemblée nationale et du Sénat sur ce sujet et "d'avancer dans la même direction".

Et pour tous les actifs : au diable l'avarice !

Désormais, ces "trois semaines de répit de deuil" seront "universel(les), c'est-à-dire pour les actifs: salariés du privé - qui étaient exclus (contre l'avis du MEDEF, indigné qu'ait pu être invoquée la volonté du législateur macronien de ne pas grever les finances des PME-PMI... Et des entreprises du CAC 40 ?) - , fonctionnaires, artisans, indépendants, agriculteurs", a souligné le député de Paris sur Sud Radio, en précisant que des propositions seront également faites sur "l'accompagnement financier des familles au moment des obsèques" et leur "accompagnement psychologique".

"Il n'est pas possible que (...) les familles concernées par ces drames aient l'impression que la représentation nationale ne les écoute pas", a commenté Mahjoubi, le coeur en bandoulière, et les députés - tout mesquins qu'ils ont pu être -  "sont très blessés que d'autres puissent croire que nous n'avions pas dans nos coeurs d'intérêt pour des familles en deuil", a-t-il polémiqué minablement.

Les députés LREM "auraient dû proposer un projet alternatif dès le jour de la discussion" à l'Assemblée, le 30 janvier, a-t-il "en même temps" reconnu,  suggérant après coup qu'ils auraient pu avoir l'idée d' "un plan global", qui ne soit pas réservé qu'aux salariés du privé, qui soit financé par la sécurité sociale et non les entreprises, et qui porte sur le congé, mais aussi les aspects "financier, psychologique et sociétal". Surenchère indécente de députés inhumains et grégaires.

Quant à la convocation de mardi soir avec Emmanuel Macron - qui n'avait pas fuité avant le scandale -, il a estimé que ce sera "un peu plus sérieux que de la câlinothérapie"quand le prince avait souhaité dialoguer avec ceux qu'il a fait venir en politiquequel était donc l'ordre du jour avant ce dernier scandale en date ?  
Macron n'a pas désigné Aurore Bergé pour tenir les propos de Mahjoubi : la porte-parole du gouvernement n'était-elle pas mieux appropriée?...

lundi 10 février 2020

Parti du président: encore deux députés prennent la tangente

La majorité meurtrie du président se rétrécit comme peau de chagrin 

Les partants reprennent leur indépendance de LREM

Les 13e et 14e départs du groupe du président à l'Assemblée nationale interviennent alors que la majorité est ébranlée par une énième polémique, celle autour du congé pour le deuil parental dont ils ont rejeté l'extension. Macron qui a suggéré un signal d'inhumanité doit recevoir les élus de son mouvement mardi pour tenter de retisser du lien.

L'hémorragie intérieure du groupe de la majorité n'est pas jugulée.
Gilles Le Gendre n'y a rien pu : les séparations de corps de Frédérique Tuffnell et de Xavier Batut, avec le parti présidentiel sont consommés: ils ont choisi de se "mettre en retrait", tout en restant apparenté au groupe.

Ayant atteint un "point de non-retour" l'élue de Charente-Maritime annonce qu'elle quitte à la fois le parti et le groupe La République en marche.
 Elle n'est plus soumise à La République en marche (LREM) depuis février 2020, expliquant qu'elle a connu "une grande frustration du fait du manque d’appétence du groupe pour les sujets environnementaux", et ne plus croire en la capacité de Macron à "faire bouger les lignes de l’intérieur".


Avec le claquement de porte du député de Seine-Maritime, ci-contre, les effectifs du groupe LREM tombent à 300 membres et apparentés à l'Assemblée contre 314 en 2017 (en comptant le président de l'Assemblée Richard Ferrand), la majorité absolue étant à 289 sièges. Un nouveau coup dur pour le mouvement de Macron. 

"C'est certain, ce n'est pas une séquence facile", constate un ministre anonymé après cette nouvelle semaine de remous dans la majorité, avec notamment des députés en colère, dont certains, pour la première fois, s'en sont pris au chef de l'Etat. "Je n'ai jamais vu ça, c'est plus fort que d'habitude", confie un cadre du groupe.

A un mois des municipales, il est "urgent de remotiver les troupes"

Macron va donc tenter de  reprendre sa majorité en mains. Députés, sénateurs, et même députés européens, sont convoqués à l'Elysée mardi soir. "Il va falloir qu'il la joue fine, et surtout pas qu'il les vexe encore plus", s'inquiète un conseiller ministériel. Car en Macronie, "on est conscient que plus les semaines passent, plus la majorité perd des députés. Il est urgent de redéfinir une ligne, de remotiver les troupes. Encore plus après cette semaine horribilis", dit un député. 

Un "cadre" de la majorité préfère en sourire, mais dissimule son identité :
"On a fait Règlement de comptes à OK Corral la semaine de la mort de Kirk Douglas". Un cinéphile ? 
Il notera qu'aux Oscars 2020, la France s'est pris un râteau avec 'Les Misérables' qui devait y faire un malheur : le film de Ladj Ly reste un chef d'oeuvre, mais seulement en Seine-Saint-Denis. La meilleure chance française de récompense été battue par 'Parasite' dans la catégorie meilleur film international.
Montfermeil va-t-elle brûler des voitures ?

lundi 3 février 2020

Congé pour décès d'un enfant : Aurore Bergé insulte les indignés de la pingrerie LREM

Aurore Bergé rétablit le "mur des 'cons' ” pour les détracteurs de la soumission des PlayMobil de Macron 

Les parlementaires couchés et décérébrés sont juste des "députés loyaux"

« Salut les Terriens » : la députée Aurore Bergé attaquée sur sa tenueEn charge de la "riposte", la députée et porte-parole du parti du président est surmenée par la série de couacs au gouvernement et l'ode à la loyauté de la girouette politique de l'hémicycle laisse sans voix, en attendant Schiappa... Cette mère de deux enfants (en 2016) a refusé que ses collègues portent à eux-seuls le refus de la majorité d'allonger le congé de deuil après le décès d'un enfant.

L'hégémonie obtuse des élus de Macron s'abat sur des centristes !

Aurore Bergé monte en première ligne pour défendre les godillots. La  porte-parole de LREM est revenue sur le scandale créé jeudi 30 janvier à l'Assemblée nationale. La majorité avait refusé une proposition de loi du groupe UDI-Agir qui demandait d'allonger de cinq à douze jours le congé de deuil après le décès d'un enfant. 
Bien que l'opposition s'attende au rejet systématique de ses propositions de loi par la majorité macronienne, ce sont des alliés aux municipales qui sont maltraités. 

Le rejet avait soulevé une telle vague d'indignation que, samedi, Macron avait dû lui-même demander au gouvernement de revoir sa position et "de faire preuve d'humanité". Dans l'exécutif, certains auraient déploré l''indécence de la majorité, faisant redescendre Macron de ses sommets, et auraient taclé - entre deux portes, souvent sous couvert d'anonymat - l'amateurisme des députés LREM désincarnés.

jeudi 28 novembre 2019

Immigration et santé : des députés LREM veulent maintenir en l'état l’accès aux soins des clandestins

Une quinzaine de députés LREM s’oppose au gouvernement

Ils rejettent la limitation de l’accès aux soins des demandeurs d’asile et des clandestins.

Ils voudront bientôt mutualiser la Sécu avec le Mali, la Somalie ou la Syrie et la Palestine ?
 
Résultat de recherche d'images pour "wonner martine""Où est notre âme?" s'est interrogée l’élue Jennifer de Temmerman sur les bancs des députés La République en marche (LREM). Dans un édifiant réquisitoire contre le volet santé du plan immigration gouvernemental dévoilé , elle lance : "Est-ce que nous allons (...) achever l’humanisme?", a-t-elle demandé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Cette envolée lyrique du 7 novembre intervient alors que le "plan d'urgence" pour les hôpitaux ne prévoit pas plus de 500 millions pendant trois ans (lien PaSiDupes) et que la députée et législatrice LREM Françoise Dumas construit une piscine sans permis et en partie sur un terrain municipal (lien PaSiDupes), probablement au profit des migrants en situation irrégulière... 

La députée du Nord a signé une tribune transmise jeudi à l’AFP, avec dix autres élus de l’aile gauche de LREM, dont Sonia Krimi, une Franco-tunisienne née à Tunis, que notre échelle sociale a favorisée, bien que naturalisée seulement en 2012 (sans parler de son doctorat obtenu à... Toulon, où a été ouverte en 2009 une enquête pour corruption après la vente de centaines de titres et diplômes à des étudiants étrangers), et Martine Wonner (photo 1, ci-dessus) un médecin psychiatre (qui a préféré passer du SAMU social de Paris à un groupe de cliniques privées, comme directrice médicales), toutes deux bien connues pour leurs partis-pris pro-migrants. 

Le sujet de leur prise de parole du jour est la limitation de l’accès aux soins des "demandeurs d’asile" (délai de trois mois avant de pouvoir accéder à la Sécu de base, PUMa) et des clandestins (renfort des contrôles d’accès à l’aide médicale d’Etat, AME), qui sont autant d' appels d'air à l'immigration clandestine. Ces mesures, présentées au Parlement dans "l’urgence", "compliquent l’accès aux soins de personnes en situation de très grande précarité", selon eux. Les cas en question sont-ils prioritaires sur les patients en attente de soins et pourtant en situation régulière et à jour de leurs cotisations ?

Les auteurs de la tribune - quand ils étaient présents jeudi dans l’hémicycle - ont voté contre la baisse de 15 millions d’euros du budget de l’AME (sur un total de près de 1 milliard d’euros) - un amendement du gouvernement au volet santé du projet de loi de finances pour 2020.

Se sont joints à eux six députés non-signataires du texte et membres de l’aile gauche de LREM, comme Stella Dupont et Sandrine Mörch, qui s’étaient abstenues lors du premier passage de la loi asile et immigration à l’Assemblée, en avril 2018. 
Au total, treize députés LREM se sont prononcés contre cette mesure gouvernementale, aux côtés des socialistes, communistes et Insoumis.
Les treize sont : 
    Aude Amadou,joueuse de handball
    Delphine Bagarry, une urgentiste des Alpes-de-Haute-Provence venue du PS à LREM, qui signa en septembre 2019, avec d'autres députés de l'aile gauche du groupe LREM, une tribune appelant à répartir les migrants dans les zones rurales en pénurie de main-d'œuvre. Elle se déclara même "choquée" par le discours de Macron sur l'immigration et expliqua avoir eu "l’impression d’écouter non pas l’homme de la campagne présidentielle mais un responsable du Front national"... Elle est membre du "Collectif social-démocrate".
    Lionel Causse
    Jennifer De Temmerman
    Stella Dupont, qui a traversé la rue du PS vers LREM quand ça commença à sentir le lisier dans le Maine-et-Loir, est membre du "Collectif social-démocrate" : jusqu'alors membre du Parti socialiste, elle avait soutenu Benoît Hamon lors de l’élection présidentielle de 2017 et avait même été investie par le PS pour les législatives...
    Albane Gaillot
    Aina Kuric, franco-malgache élue avec 660 voix d'avance, elle est l'une des rares députées de son groupe à s'abstenir en avril 2018 sur le projet de loi Asile et Immigration lors de sa première lecture. En juillet 2018, elle vota contre la version définitive du texte, malgré l'interdiction qu'ont les députés LREM de voter contre un projet de loi du gouvernement, en raison de l'amendement ajouté qui modifie les conditions d'accès à la nationalité française à Mayotte, se déclarant très sensible à cette question de par ses origines malgaches. Le groupe LREM, après la menace d'une exclusion, lui adressa un avertissement. Elle quitta le parti le 7 juin 2019, mais reste dans le groupe en tant qu'apparentée.  
    Marion Lenne qui vécut une partie de son enfance au Bénin, au Nigéria, puis en Guadeloupe, et qui passa l'essentiel de sa vie professionnelle en Ethiopie, au Pérou, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Ghana ou à Madagascar 
    Jean-François Mbaye, député franco-sénégalais du Val-de-Marne
    Sandrine Mörch, journaliste qui réalisa de nombreux reportages  en collaboration avec Médecins sans frontières, pour alerter l’opinion publique sur les conflits oubliés (Libéria, Rwanda, Sri Lanka, Kurdistan, etc.).
    Bénédicte Pételle, suppléante d’Adrien Taquet, nommé au gouvernement le 25 janvier 2019
    Nathalie Sarles, une infirmière qui commença par enseigner l'anglais pendant dix-huit mois dans un collège du Burkina Faso
    Martine Wonner














L’amendement a toutefois été adopté. Les 'Marcheurs' détiennent encore la majorité absolue à l’Assemblée, avec 304 élus sur 577 députés.

Face aux frondeurs, la ministre de la Santé a défendu une lutte contre le "dévoiement" du système d’accès aux soins des étrangers

Elle a dénoncé les accusations de remise en cause "nos valeurs". "Arrêtons les fantasmes!", a exhorté Agnès Buzyn.
L’argumentaire n’a pas convaincu Jennifer de Temmerman. Opposante habituelle aux orientations de la majorité présidentielle, l’élue du Nord - où les corons sont des lieux à demande forte de soins médicaux - a annoncé jeudi se mettre "en retrait" de LREM, "pour (s)’accorder un temps de réflexion", explique à La Voix du Nord cette fonctionnaire de l'Education nationale, attachée d’administration. Elle promet de trancher la question de son appartenance au groupe d’ici "quelques semaines." Suspens !...

Depuis leur élection en juin 2017, huit parlementaires ont démissionné du groupe LREM et deux en ont été exclus



Ca ne s'est pas vu, ni su, mais Temmerman a finalement mis les voiles.

lundi 11 mars 2019

PMA : les lobbies féministes et LGBT veulent la tête d'une députée LREM

Legendre et Guérini, prêts à leur offrir sur un plateau

Une vingtaine de député(e)s LREM réclament l'exclusion d'Agnès Thill
Résultat de recherche d'images pour "tbible tete sur plateau"
Sa parole sur la procréation médicalement assistée (PMA) n'est pas libre dans le parti du président.
Plusieurs cadres du parti La République en marche, dont son patron
Stanislas Guerini et le chef de file des députés du groupe majoritaire Gilles Le Gendre, qui craignent que des électrices les abandonnent, avaient déjà pris leurs distances avec les propos de l'élue macronienne, dénonçant des opinions "contraires" aux engagements du mouvement.

"Si nous connaissons tous l'opposition d'Agnès Thill à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes, et nous respectons ses convictions, bien que nous ne les partagions pas, le débat politique ne doit en aucun cas être nourri d'insultes ni de théories complotistes". Telle est la teneur du courrier adressé au président de LREM et co-signé par une vingtaine de députés LREM, qui dénoncent la "sortie" de leur collègue Agnès Thill, à propos du rapport de la mission de l'Assemblée nationale sur la bioéthique.


Agnès Thill, députée La République en marche de l’Oise, en mai 2017.
Cette dernière avait publiquement affiché son opposition à l'extension de la PMA, jugeant que ce rapport a franchi une "ligne rouge" dans certaines de ses recommandations, et affirmant notamment que "l'absence de genre dans le mot parent favorise l'éclosion d'écoles coraniques".

Suite à cette observation, trente députés LRM – dont l'hystérique Aurélien Taché (Val-d’Oise)  le tristement célèbre pour ses multiples condamnations  de ses collègues, comme de l'exécutif, ou l’ex-ministre et ex-socialiste Stéphane Travert (Manche) – ont envoyé un courrier au patron du groupe macronien au Palais-Bourbon, Gilles Le Gendre pour lui demander une "réponse de fermeté " face à des propos ..."racistes".

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a condamné, mardi 22 janvier, les paroles "inacceptables et méprisantes" de l’élue. La veille, dans un entretien vidéo avec Oise Hebdo, la députée a comparé "la souffrance des femmes seules" qui souhaitent une PMA à celle des "drogués". "Ça suffit", a violemment réagi B. Griveaux, soulignant que "ces mots blessent des familles et viennent nourrir tous les préjugés ignobles". Interrogée par Le Monde, Agnès Thill ne se montre aucunement impressionnée par la condamnation du Robespierre du gouvernement. "Ce que j’ai fait est une métaphore. C’est courant. Tous ceux qui s’expriment ont eu des métaphores ou des propos maladroits, lui le premier", rétorque-t-elle, en s’étonnant de n’avoir eu "aucune réponse" à ses propos sur le fond. Avant d’affirmer : "Je défie quiconque de montrer que mes propos sont homophobes, islamophobes, xénophobes ou je ne sais quoi. Tout ce dont on m’accuse est faux."

"Délires [sic] islamophobes, homophobes et paranoïaques"

Rappelant à Gilles Legendre qu'Agnès Thill avait déjà fait l'objet d'un avertissement "l'automne dernier", les signataires de la lettre font pression sur leur chef de file en faveur d'une "réponse de fermeté" qui sera donnée à leur collègue.

"Nous ne pouvons tolérer les délires islamophobes, homophobes et paranoïaques d'Agnès Thill", estiment-ils, réclamant l'exclusion de la députée de l'Oise. Cette dernière a répondu via Twitter, appelant à "débattre sur le fond" plutôt que "démolir sa collègue sur une phrase sans contexte".




Le parti du président se vide de son sang
Sachant que deux députés ont été invités à présenter leur démission (M'Jid El Guerrab, lien PaSiDupes, et Joachim Son-Forgetlien PaSiDupes) et que déjà une cinquantaine profiteront des municipales pour se sortir du guêpier de l'Assemblée nationale, une éventuelle exclusion d'un député En Marche confirmerait la tendance au mal-être et à la fuite
En décembre, le député Sébastien Nadot avait été le premier "marcheur" exclu du groupe LREM, pour avoir voté contre le budget 2019. Il avait été convoqué au préalable pour s'expliquer. Le groupe LREM compte actuellement 307 membres.

Le point de vue que LREM ne tolère pas dans ses rangs

Dans une lettre de neuf pages, Agnès Thill, députée LREM, détaille ses critiques envers le rapport de la mission bioéthique, dont elle est membre.  
Investie sur les questions de bioéthique, la députée Agnès Thill, 54 ans, catholique pratiquante, fait figure d’exception dans un groupe largement favorable à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules.

Mardi 15 janvier, cette femme de convictions a voté contre l’adoption du rapport final qui a tout de même été largement avalisé. Deux jours plus tard, l’élue a tenu à adresser à l’ensemble des députés une lettre de neuf pages pour justifier son vote. 

"L’absence de sens de genre dans le mot parent favorise l’éclosion d’écoles coraniques"
Parmi la quinzaine d’objections, l’une d’entre elles a particulièrement retenu l’attention des parlementaires et provoqué une réaction politiquement correcte à gauche. Marquant son opposition à l’acceptation du concept de "parent d’intention", la députée écrit : "Le parent d’intention permet la multiplication des parents; le mot parent n’a alors plus aucun sens. Il en découle politiquement que cette absence de sens de genre dans le mot parent favorise l’éclosion d’écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci." La mouvance islamique n'a pas eu à protester, les élus LREM l'ont fait à sa place...

Dans le paragraphe suivant, elle souligne que "nos amis musulmans" sont "opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme" et qu’ils "ne vont pas dans la rue ni dans les urnes pour exprimer leur conception. Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République".

Une conviction condamnée par des députés de la majorité.
Plusieurs députés LREM, notamment issus des rangs du PS, ont crié à l’homophobie et à l’islamophobie. "Marre qu’une députée LREM puisse prononcer des propos homophobes et islamophobes aussi librement [sic]… Le courrier, reçu par mes collègues et moi-même, est un tapis de prières sottises qui stigmatise inutilement deux minorités. En France, il n’y a pas de "parallèle" à la République ", s’est insurgée sur Twitter la députée de la majorité Laurence Vanceunebrock-Mialon, mère biologique d'une fille qu'elle a eue par procréation médicalement assistée en Belgique .
Son collègue Aurélien Taché est allé plus loin - évidemment -  en appelant à exclure "sans plus attendre" Agnès Thill du groupe.

La députée mise en croix réfute les accusations. 
Par école coranique, elle explique qu'elle fait référence aux "écoles hors contrat " d'obédience au Coran. "Ce n’est rien d’autre qu’un constat, à partir d’un exemple que j’ai eu au cours de ma carrière", justifie l’élue, ancienne directrice d’école, qui raconte avoir vu en 2014, en plein débat sur la théorie du genre, plusieurs familles d’origine musulmane retirer leurs enfants de son école.

"Je ne veux pas que mon nom soit associé à l’éviction des pères".
Agnès Thill déplore que son argumentaire de neuf pages soit réduit à cette polémique. "C’est le reste qui est le plus important : les femmes seules, le fait de donner la vie après la mort, le remboursement par la sécurité sociale qui serait possible…" La députée dénonce un rapport "orienté dans un seul sens" qui ne "reflète pas le contenu des auditions".

Certaines recommandations correspondent pour elle au "franchissement d’une ligne rouge".
L'élue précise partager "bon nombre de propositions" et, sensible à la question de la précarité affective et financière des familles monoparentales, la députée souligne un paradoxe : celui de reconnaître les difficultés des mères seules, tout en "acceptant qu’elles aient accès à la PMA".

La députée Thill mène un débat national...

Dans sa lettre, Agnès Thill fait le choix de poser des questions qui suscitent la réflexion 
"Sachant que nous manquons de gamètes, à qui donnerons-nous la priorité et comment ?"
"A propos du consentement, l’enfant est-il consentant pour ne pas avoir de père ?"
"Est-ce à la médecine de répondre à un désir sociétal ?"

Les signataires de la lettre demandant la tête de leur collègue se sont-ils identifiés auprès de leurs électeurs?