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samedi 25 juin 2016

Brexit: Hollande voulait le maintien de l'Angleterre; il veut maintenant s'en débarrasser au plus vite

Paris, fer de lance d'un divorce rapide après le Brexit; Berlin plus circonspect

Ayrault a plaidé samedi pour une ouverture rapide des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne

La porte, c'est par là...
Les Britanniques ont voté jeudi en faveur de la sortie de l'Union européenne, poussant le Premier ministre David Cameron à annoncer sa démission d'ici octobre et infligeant à la construction européenne le plus gros revers de son histoire.

Le chef de la diplomatie française a insisté sur la nécessité de "redonner du sens" à l'Europe sous peine de voir le populisme s'enraciner, avant une réunion des dirigeants allemand, français et italien lundi à Berlin et un conseil européen mardi et mercredi.
"Il faut dire aux Britanniques qu'on ne peut pas attendre. Il faut s'organiser dans l'intérêt commun", a dit Jean-Marc Ayrault dans l'avion qui le menait à Berlin pour une réunion des ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de la Communauté européenne - France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg.

Depuis le référendum de jeudi, son homologue allemand se montre plus prudent. Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères, a été moins expéditif sur les suites à donner à ce vote britannique, tout en insistant sur la nécessité de préserver le projet européen originel de "liberté et stabilité".
"Je crois qu'il est clair que nous sommes dans une situation qui ne permet ni l'hystérie, ni la paralysie", a-t-il déclaré, en appelant les dirigeants européens à s'attaquer aux défis de l'immigration, de la sécurité et du chômage.
"Nous ne devons pas agir de manière désordonnée et faire comme si les réponses étaient toutes prêtes. Mais après la décision des Britanniques, nous ne devons pas sombrer dans la dépression et l'inactivité", a-t-il insisté.
A Paris, François Hollande a de son côté insisté sur la nécessité d'adopter une position intransigeante, afin d'éviter que les Britanniques fassent traîner les négociations pour obtenir davantage de l'UE.

"Redonner du sens à l'Europe"

Après avoir multiplié les contacts avec ses partenaires européens depuis vendredi, le président français s'est entretenu samedi au téléphone avec le premier ministre grec, Alexis Tsipras. "L'un et l'autre sont convenus qu'il ne pouvait pas y avoir de période d'incertitude pour l'Europe, qu'il fallait qu'il puisse y avoir une totale clarté à la fois sur le calendrier et les procédures" de sortie du Royaume-Uni de l'UE, a fait savoir la présidence de la République.
"Nous devons en tirer toutes les conclusions et toutes les conséquences", avait auparavant déclaré François Hollande à l'Elysée. "Nous devons maintenant organiser cette séparation mais nous devons le faire en bon ordre et avec les règles qui sont celles prévues par les traités qui doivent être mises en oeuvre."

La réunion des ministres des Affaires étrangères à Berlin ne doit pas se focaliser sur le projet franco-allemand d'Union plus flexible 
"Il ne faut pas se fixer sur l'idée de flexibilité. Il existe déjà une Europe à deux vitesses", a rappelé Jean-Marc Ayrault. La France refuse ainsi de laisser une marge de manoeuvre plus grande aux pays qui ne sont pas prêts à une intégration plus forte.

Evoquant le Conseil européen qui s'ouvrira mardi à Bruxelles, le chef de la diplomatie française a estimé qu'il y aura  une "forte pression" sur David Cameron pour qu'il notifie au plus vite et officiellement à l'UE l'intention de son pays d'en sortir en invoquant l'article 50 du traité européen de Lisbonne.
"Il faut créer les conditions pour l'article 50. Il y a urgence", a martelé le bout-en train Jean-Marc Ayrault (ci-contre et en dessous) en soulignant que l'UE, qui a "respecté l'autonomie britannique et le référendum", ne peut pas patienter jusqu'à octobre "pour des raisons politiques internes", en l'occurrence la prochaine convention du parti conservateur britannique où le successeur de David Cameron devrait être choisi.
"Il faudra, à 27, se mettre d'accord et de dire qu'au-delà d'une certaine date, c'est fini", a poursuivi l'agaceur français (ci-dessus). "Il faut redonner du sens à l'Europe, sinon les populismes vont s'engouffrer dans la brèche."

Cameron et Johnson ne sont plus pressés

David Cameron a annoncé vendredi qu'il laissera le soin à son successeur d'invoquer l'article 50 qui déclenchera jusqu'à deux ans de négociations sur la sortie de son pays de l'UE.

Quant à son possible successeur, Boris Johnson, porte-parole du camp favorable à une sortie du Royaume-Uni de l'UE (le "Brexit") lors du référendum du 23 juin 2016, il a jugé qu'"il n'y actuellement nul besoin de se hâter (...). Il n'y a aucune raison de se précipiter à invoquer l'article 50".

Paris s'aligne sur les déclarations du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, vendredi.
"Cela n'a aucun sens d'attendre jusqu'au mois d'octobre pour tenter de négocier les conditions de ce départ", a-t-il dit dans un entretien à la chaîne allemande de télévision ARD.
"Ce n'est pas un divorce à l'amiable mais ce n'est pas non plus une affaire passionnelle", a-t-il ajouté.

Dans le camp des faibles, pour faire poids face à l'Allemagne sur la sortie du Royaume-Uni et les nouvelles propositions pour l'Europe, François Hollande s'alliera à Matteo Renzi en dînant avec le président du conseil italien, samedi à Paris, tout affaibli qu'il soit par deux défaites électorales, à Rome et Turin, avant que les trois dirigeants se retrouvent lundi à Berlin.

Le Conseil européen mardi et mercredi à Bruxelles sera la première étape,  selon lui, de la reconquête de la confiance des concitoyens dans l'Union, dont la France est un pays fondateur.
Au chapitre des initiatives qu'il faut prendre, l'agaceur français a énuméré vendredi les domaines suivants : sécurité, défense, protection des frontières, investissement pour la croissance et l'emploi, politiques industrielles, harmonisation fiscale et sociale, ainsi que renforcement de la zone euro et de sa gouvernance.
Le m'as-t- vu mènera par ailleurs samedi une série de consultations des partis politiques français et verra le président du Conseil européen, Donald Tusk, lundi matin à Paris.

mardi 28 juillet 2015

Les Grecs votent non à l'Europe, mais la Grèce reste dans la zone euro

La Grèce peut-elle se maintenir dans la zone euro ? 

Après la victoire du non au référendum, la logique veut que le pays quitte la zone euro. 
Mises au point de J-C Juncker, président de la Commission européenne, avec F. Hollande , en arrière-plan
et Alexis Tsipras, premier ministre grec, en premier plan

Or, rien n’a été anticipé
et les leaders européens ne semblent pas prêts à prendre cette responsabilité
.

Rappel des faits

Varoufakis, ministre voyou

Le "non" au référendum sur le plan d'aide proposé par les créanciers l'a emporté avec 61,31%,  face au "oui" crédité de 38,69%. Angela Merkel et François Hollande ont aussitôt annoncé une réunion à l'Elysée pour "évaluer les conséquences" du scrutin en Grèce, tandis que le Premier ministre, Alexis Tsipras, jugea  de son côté que ce référendum ne constituait plus "un mandat de rupture avec l'Europe, mais un mandat qui renforce notre position de négociation afin de chercher une solution viable".

Personne 
n'avait rien préparé pour un éventuel sauvetage de la Grèce en cas de "non". Au lendemain du référendum, le naufrage annoncé du pays est une affaire de quelques mois en 2015. La mission de sauvetage du pays paraît impossible aux créanciers  européens comparés à des terroristes par Yanis Varoufakis, le très mesuré ministre des Finances rejeté par l'ensemble des membres de l'eurogroupe.

Alors que les Grecs se rendaient aux urnes,
certains dirigeants européens affirmaient que les négociations reprendraient, que
 la réponse soit oui ou non. "Quel que soit le vote en Grèce, nous devons dès demain [lundi] reprendre des discussions politiques", avait ainsi interféré le ministre français Emmanuel Macron, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, poussant ainsi à un vote de rejet qui serait sans conséquences. "Si le non l'emporte, ce serait une erreur historique d'écraser le peuple grec", avait insisté l'ex-banquier et actuel ministre de l'Economie de Hollande, appelant à "ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro" car, on le sait, les références du jeune homme sont saisissantes, historiques, littéraires, à la différence des salariées "illettrées" des abattoirs Gad, empruntant aux slogans publicitaires. Le patron de Bercy a ainsi nivellé le débat par le bas : "Le message important était en effet de montrer la cohérence de l'action économique et de la politique économique de l'État et du gouvernement parce que ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur et on ne peut pas avoir deux politiques."

Cette formule, "ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur" n'est rien d'autre qu'est que le recyclage du célèbre slogan des yaourts Bio de Danone, ou Activia comme on les appelle aujourd'hui.
La dette publique et le chômage n'ont aucun effet sur le transit intestinal des enfants de la génération Hollande, aka Monsieur P'tite Blague, car son collègue du gouvernement, Matthias Fekl, nouveau secrétaire d'État au Commerce extérieur en remplacement du phobique administratif, Thomas Thévenoud, avait donné le ton sur le sujet au sémillant ministre de l'Economie. Après que le président de la commission des Affaires économiques François Brottes a annoncé que Matthias Fekl ne sera auditionné que jeudi 18 septembre, le secrétaire d'État a lancé : "Demain, j'enlève le bas," autre référence à une célèbre publicité des années... 80 pour l'afficheur 'Avenir'. Bref, pendant que les Français peinent à trouver un emploi et à joindre les deux bouts, la 'Croisière s'amuse' à la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale...


Même message de Matteo Renzi à la Grèce: "Le jour d'après, on devra se remettre à parler. La première à le savoir est précisément Angela Merkel", a déclaré au quotidien Il Messagero le chef du gouvernement italien, un publicitaire et membre du Parti démocrate (PD), comme certains en France sont "Les Républicains'. La chancelière allemande, elle, n'a fait aucun commentaire prématuré, préférant attendre le résultat du référendum. En revanche, le chef du gouvernement conservateur espagnol a quelque peu détoné dans ce concert socialiste de voix conciliantes, se démarquant de Podemos, mouvement d'extrême gauche arrivé à la tête de Madrid et Barcelone: "L’euro n’est pas et ne peut pas être un club à la carte; il y a des normes et des règles destinées à assurer sa survie", a affirmé Mariano Rajoy.


L'Europe cherche en Grèce un interlocuteur fiable

Reprendre les discussions? Mais avec qui ? 
Euclide Tsakalotos, successeur de Varoufakis 
depuis le 6 juillet 2015, derrière A. Tsipras

Pendant le scrutin, l'universitaire Kostas Vergopoulos évoqua une rumeur courant à Athènes, selon laquelle Alexis Tsipras appellerait à un gouvernement d'union nationale en cas de victoire du 'non'. Un changement incontournable aussi dans l'hypothèse du oui: Yanis Varoufakis avait menacé de démissionner si le oui l'emportait, mais au moment de se rendre aux urnes dans la précipitation aucun électeur ne connaissait les intentions d'Alexis Tsipras, qui avait déjà perdu toute crédibilité aux yeux de ses partenaires. Serait-il parti avec son ministre révolutionnaire, aurait-il convoquer des élections anticipées ou tenté de constituer un gouvernement de coalition avec la gauche modérée? Quel aurait été son mandat de négociation ? Le 'non' ne répond à aucune des questions posées, mais l'éjection de Varoufakis déverrouille la situation.
Ce mandat, le chef du premier gouvernement de gauche radicale au pouvoir le devra au soutien des deux grands partis qui ont gouverné alternativement le pays depuis 40 ans, la Nouvelle Démocratie (droite, comme qui dirait 'Les Républicains'...) et le Pasok (socialiste), auxquels s'ajoute celui de la formation de gauche modérée Potami et du parti de droite souverainiste ANEL, membre de la coalition gouvernementale: la quadrature du cercle ! Une humiliation pour Syriza et Mélenchon en France....


Dans la panade et pourtant sans égards, le Premier ministre grec a pris ses partenaires par surprise. 
Il a organisé un référendum sans prévenir ses alliés Renzi et Hollande, en appelant à voter non, en présentant aux électeurs un texte qui n’était pas clair, car ni finalisé ni consolidé, et en faisant l'impasse sur les autres volets de l’accord en discussion:  les électeurs étaient appelés à voter sans rien savoir d'une inflexion sur les réformes demandées, d'une ouverture sur la dette et les besoins de financement ou d'un plan de relance de 35 milliards d’euros prévoyant une activation des fonds structurels.

Tsipras comptait faire fi de l’aval de l’Eurogroupe le 27 juin, faisant entériner le paquet dans la foulée par les parlements nationaux concernés et permettant une prolongation du plan d’aide au-delà de la date butoir du 30 juin. Mais ce beau scénario s’est effondré avec l’annonce du référendum. "Il faudra revoir les conditionnalités à la lumière de la situation nouvelle créée par le référendum", expliqua une source européenne. Voeu pieux !

Un départ de Tsipras, suivant une victoire du oui, n’aurait pas rendu les choses beaucoup plus prévisibles : on serait alors entré dans un tunnel sans fond, car au mieux les Grecs auraient revoté pour des législatives, mais pas avant le 9 août. Or, l’échéancier des créanciers d’Athènes était figé. Comment pouvait-il en être autrement, sachant qu'Athènes doit 2 milliards d'euros de bons du Trésor, près de 500 millions au FMI et plus de 3 milliards à la BCE. Sachant aussi que les Grecs ont fait défaut (étaient insolvables) pour 1,7 milliards fin juin ! "Il est clair qu’il faudra un gouvernement stable et la pire des solutions serait une rapide démission du gouvernement grec", craignait un diplomate français, dans l'attente des résultats. Garder Tsipras, faute de mieux !

Sur quoi pouvaient porter les négociations en cas de reprise ?
Malgré l'optimisme béat affiché par Hollande devant les caméras, "c’est toujours entre adversaires qu’on fait la paix. Si les Français et les Allemands ont réussi à faire la Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1950, cinq ans après l’Armistice, on devrait bien arriver à faire signer à un accord entre les Grecs et l’Allemagne", estima Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors. Il y aura des marges pour un accord dont tous les éléments sont déjà sur la table. Il faudra juste bouger quelques curseurs. Même si, entre temps, le Grecs auront bien tiré sur la corde". Tout et son contraire...

La Commission devait tout d’abord envisager une  nouvelle demande d'aide par la Grèce. Elle devait surtout vérifier qu'elle réponde aux critères d’éligibilité prévus par le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES). Tout ce processus prend du temps, d'une part pour confirmer l’éligibilité et recevoir l’aval de certains parlements nationaux – dont le Bundestag allemand, ce qui sera fait pour éviter le pire –, et d'autre part pour négocier un protocole d’accord. Rien n'était alors fixé non plus sur le montant précis de prêts qu'il faudrait accorder à Athènes pour faire face à ses besoins.

Quel sera le montant du 3e "don" européen à la Grèce 


Dans ses calculs établis courant mai, le FMI estimait que la Grèce aurait besoin de 50 milliards d'euros de plus entre octobre 2015 et fin 2018, ce qui impliquait au moins 36 milliards d'aide provenant de l'Europe. Une somme tenant compte de l'incapacité à atteindre les objectifs d'assainissement budgétaire depuis plusieurs mois (13 milliards) auxquels s'ajoutent 9 milliards dus au fait que les objectifs de privatisation non plus n'ont pas été tenus. Si on y ajoute l'aggravation de la récession, la remontée des taux d'intérêt ou encore les besoins de refinancement des banques, on atteint facilement 50 milliards.
Après une longue nuit de négociation début juillet, la zone euro accordera à la Grèce le bénéfice d’un troisième plan d’aide financier, dont les conditions de l’accord seront jugées dures, voire “humiliantes”, selon les observateurs qui ne sont pas les payeurs
. La chancelière allemande Angela Merkel estimait que l’accord serait d’une valeur de 86 milliards à 87 milliards d’euros sur trois ans. "De nombreux membres de Syriza, le [propre] parti de Tsipras, ont dénoncé [de l'intérieur] l’accord comme une capitulation humiliante imposée [à la Grèce], notamment par l’Allemagne", rapporte le site d’actualités européennes ment le type de conditions que le peuple grec vient de rejeter par référendum Politico.eu à Bruxelles.
L’un des points clés de l’accord est au final la création d’un fonds basé à Athènes (une concession européenne qui ne confirme pas la critique d'humiliation) regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d’euros pour garantir les privatisations exigées par l’Eurogroupe. Et, pour commencer, l’Union européenne accorde une aide d’urgence de 7 milliards d’euros à Athènes, en attendant le déblocage des fonds du plan de sauvetage. "Je suis heureux de vous annoncer que l'Union Européenne et l’ECOFIN ont trouvé un accord pour le financement à partir de maintenant jusqu'à mi-août", a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, le 16 juillet.

Le 3e plan d'aide sera de 83 millions d'euros, inférieur au montant envisagé par A. Merkel ! Trop généreuse, la chancelière allemande? 
Reste la question de l'échelonnement de la dette.


Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, assure à qui veut l'entendre que des calculs ont été établis avant le référendum 

Tsipras et Juncker

La note finale sera plus lourde, surtout qu'il faudra y rajouter les arriérés de paiement accumulés auprès du FMI et du FESF (Fonds européen de stabilité financière) qui n'ont pas été payés par Athènes. Autant dire qu'avant de se retrouver à la table des négociations, les dirigeants européens devront affiner leurs calculs…


D'autant que le FMI a lancé le 3 juillet un pavé dans la mare. Dans son rapport préliminaire, il estime que pour ramener la dette grecque sur une trajectoire plus soutenable, "de nouvelles concessions seront nécessaires". Le FMI envisageait un allègement de la dette de 30 % conjugué à un allongement de sa maturité de 20 ans, mais pas sûr que cela agrée l'Allemagne et les pays du nord. "C'est une femme intelligente, découvre un conseiller de... François Hollande. Elle prend les problèmes les uns après les autres." Mais rien n'ayant été préparé, il reste un paquet de problèmes à régler dans les quatre semaines à venir.

mercredi 15 juillet 2015

Le Maire règle leurs comptes à la Grèce et à Hollande

Hollande tire la couverture de l'Europe à lui et Tsipras lui tire ses euros

L'ancien ministre Bruno Le Maire votera pour le " fragile" accord Grèce-UE


Mercredi, à l'Assemblée, "je le voterai parce qu'il permet de maintenir la zone euro et je pense qu'une sortie de la Grèce de la zone euro présente des risques économiques et des risques politiques absolument considérables", a affirmé Bruno Le Maire sur RTL. Il explique qu'il ne veut pas "prendre le risque d'une instabilité politique en Europe." 

VOIR et ENTENDRE le député  Les Républicains, ex-UMP de l'Eure: 

Un accord "est nécessaire", mais "je ne trouve pas que ce soit un accord suffisamment précis sur certains points,
notamment certaines obligations vis-à-vis de la Grèce. Je pense qu'il reste fragile", a décrypté le député de l'Eure, possible candidat à la primaire de la droite et du centre en vue de 2017.

Pour l'ancien ministre de l'Agriculture de Nicolas Sarkozy, "ces discussions infinies", "depuis cinq ans", sur la Grèce "qui ne pèse que 2 % du PIB européen " prouvent qu'"on ne peut pas continuer comme cela". "Si nous ne sommes pas capables de passer rapidement à cette autre Europe qu'attendent les citoyens, qui répond aux aspirations des citoyens, nous serons à nouveau dans un risque d'instabilité permanente qui n'est pas satisfaisant", a-t-il développé.

Appropriation par Hollande du compromis de la zone euro avec la Grèce

Cette autre Europe ? "Une Europe qui retrouve de la puissance, qui soit capable de prendre des décisions, de protéger nos entreprises, nos emplois, nos frontières, contre la menace islamiste et la menace terroriste", a défini Bruno Le Maire.

"Tsipras a été obligé d'avaler une couleuvre dont il est entièrement responsable. Lorsque les extrêmes se retrouvent au pied du mur, ils reculent", a-t-il estimé.

Quant au coucou français de l'eurogroupe, "cette manière de tirer la couverture à soi, ce n'est pas très digne et pas très respectueux de ses partenaires européens", a souligné Bruno Le Maire.
"Oui, il faudrait de l'audace, mais j'ai tout vu hier, sauf un président de la République audacieux. J'ai vu un président content, satisfait de lui-même, heureux d'être là où il se trouve, mais incapable de prendre les décisions nécessaires pour le pays et, dans le fond, indifférent", a dit Bruno Le Maire de l'entretien du 14-Juillet du chef de l'État, depuis Ô surprise, l'Elysée...

Varoufakis révèle la soumission de Sapin à Merkel

Le soutien de la France à la Grèce n'était qu'hypocrisie

Varoufakis dénonce le double jeu des socialistes français

Les simagrées de Sapin
n'ont pas trompé Varoufakis
Dans le magazine britannique New Statesman, intello de gauche, le bouillant idéologue Yanis Varoufakis accuse le groupe des ministres des Finances de la zone euro de se laisser totalement dominer par l'Allemand Wolfgang Schäuble.
Lundi 13, l'ancien ministre des Finances grec avait reproché à Michel Sapin de toujours se ranger à l'avis de son homologue allemand au cours des négociations de l'Eurogroupe, des négociations que cet homme entier n'a pas cherché à mener à son terme, préférant démissionner au lendemain de la victoire du non au référendum.

Le double jeu des socialistes Français a irrité le motard grec 
Varoufakis stigmatise singulièrement Michel Sapin: bien qu'étant le seul à émettre "une tonalité différente de la ligne allemande", il finissait toujours par se ranger à l'avis de Berlin. 

Interrogé sur son ancien homologue, Michou-les-chaussettes-roses a ironisé

"Je redirai, comme M. Tsipras : il a de la gueule, mais il n'est pas forcément un fin politique, ce Yanis Varoufakis", a asséné
Michou, piqué au vif et agressif dans la riposte, sans répondre sur le fond.
Avant de faire sa méchante au micro de RMC en émettant un avis subjectif : "Et malheureusement, il est un peu responsable de là où s'est trouvée la Grèce dans les négociations." "Si les négociations s'étaient nouées de manière plus positive, plus confiante, dès le mois de mars ou dès le mois d'avril, je pense que ça n'aurait pas été aussi brutal pour la Grèce", a-t-il polémiqué avec des "si" et admettant que le compromis dont se flattent Hollande et Valls n'est rien d'autre qu'un plan drastique d'austérité.

Alexis Tsipras a toutes les qualités
A l'inverse, Sapin, l'ex-ministre du Travail qui  regardait monter la courbe du chômage en annonçant sa baisse imminente, a tressé des lauriers à Alexis Tsipras, "un bon politique au bon sens du terme : il recherche à un moment donné, quand la voie est extrêmement étroite et difficile, l'intérêt général de son peuple. Je crois qu'il l'a trouvé, en l'occurrence en signant cet accord extrêmement dur, extrêmement difficile, mais qui est l'accord qui lui permet de sauver la Grèce,"  a-t-il fantasmé. 
Rien ne prouve en l'état que -pour garder la Grèce dans l'euro, à n'importe quel prix- les Européens ont réussi lundi à trouver les moyens d'obtenir de la Grèce qu'après huit plans domestiques sans effets elle assume enfin ses erreurs passées, se renfloue, rembourse les deux précédentes aides internationales successives jusqu'ici versées en pure perte depuis 2010 et s'impose les sacrifices nécessaires.

Mardi soir, le Premier ministre grec, Tsipras, a reconnu qu'il a signé un texte auquel il ne croit pas forcément

Après un appel à voter non à son référendum surprise, le chef de gouvernement grec d'extrême gauche  a mis de l'eau dans son ouzo "pour éviter un désastre au pays".

L'ex-président de Syriza ne brandit plus la menace d'une sortie de l'euro. Désormais, il admet même que les conséquences seraient incalculables
Dans ce climat de désillusion, Sapin, Valls et Hollande ne cessent de se féliciter entre eux d'un compromis mortifère pour la Grèce et pesant pour les peuples de la zone euro.

lundi 13 juillet 2015

Quels engagements pour obtenir un troisième plan de sauvetage, la Grèce va-t-elle bafouer ?

Que valent les promesses d'un pouvoir grec qui, hier encore, inspirait la défiance ?

Un plan obligé de sortie de crise a été élaboré pour maintenir la Grèce au sein de l'union monétaire européenne


Euclide Tsakalotos, isolé au centre,
 successeur de Varoufakis aux  Finances, 
a fait se croiser les parallèles
Après un dépassement de limite et aau terme de deux jours de négociations, les dirigeants de la zone euro se sont résignés ce 13 juillet. Comment la Grèce pourrait-elle se livrer à de lourdes réformes, après y avoir échoué depuis 2010, malgré deux plans d'aide internationale et huit plans internes d'austérité, et s'être enlisée chaque année davantage ? 

Athènes restera à la charge des peuples la zone euro.
Ce lundi matin, les dirigeants de la zone euro sont évidemment parvenus à un accord avec la Grèce pour négocier un troisième plan d'aide et ainsi éviter au pays une sortie de l'union monétaire. Et Hollande est soulagé que ce précédent puisse un jour s'appliquer à l'endettement de la France... De quoi encourager le couple Hollande-Valls à laisser filer les dépenses publiques. 

Les responsables de la zone euro ont-ils fixé des conditions suffisamment contraignantes ?

Ils leur faut notamment s'assurer qu'Athènes mène rapidement ses réformes. C'est pourquoi, le parlement grec n'a que deux jours pour faire adopter une série de réformes, notamment sur une unification de la TVA à 23%, y compris pour la restauration, ou le relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans dans sept ans, en... 2022. Le Parlement doit aussi approuver la garantie de l'indépendance de l'Elstat, l'organisme des statistiques, du type INSEE à la française, alors que, par ailleurs, la Grèce n'a toujours pas de cadastre qui permettrait de lutter contre la fraude fiscale et favoriser la collecte de l'impôt. 

Avant le 22 juillet, les Grecs devront aussi adopter un code de procédure civile destiné à accélérer le système de justice civile afin de réduire ses coûts.

Un troisième plan de sauvetage évalué à 80 milliards d'euros

Il est subordonné à ces conditions formelles préalables au déclenchement du processus formel. Les dirigeants européens semblent avoir pris les moyens pour qu'après l'obtention des fonds, le gouvernement grec ne puisse pas éviter la mise en œuvre des privatisations et des réformes promises à ses créanciers, comme celle des retraites ou de la fiscalité.

Ils ont également renforcé notablement le plan de réformes approuvé samedi par le parlement grec et qui reprenait déjà de nombreuses exigences des créanciers, demandes pourtant rejetées par les citoyens grecs, dimanche 5 juillet lors du simulacre d'appel au peuple par référendum, d'un coût inutile de 100 millions d'euros. Ces propositions étaient jugées insuffisantes par des pays comme l'Allemagne ou la Finlande, même si la France, ainsi que les experts des "institutions" (honnies par Syriza, le parti d'extrême gauche au pouvoir) - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international - leur ont donné un premier avis favorable, vendredi.

Comment Tsipras peut-il  se maintenir au pouvoir ?



Athènes devra aussi réformer son marché du travail, privatiser le réseau de transport électrique, et renforcer le secteur financier, autant d'engagements qui vont à l'encontre de la ligne voulue par la gauche "radicale" d'Alexis Tsipras qui avait fait de la lutte contre les politiques d'austérité son cheval de bataille devant les électeurs.

Un accord "difficile" et contradictoire des promesses de campagne de Syriza 
Le leader de la gauche anti-libérale grecque n'a pas été élu pour cette politique d'austérité. Il a cependant réussi à éviter lors des négociations qu'un fonds regroupant des actifs publics grecs destinés à être privatisés soit domicilié au Luxembourg: les services de contrôles seront domiciliés en Grèce. "L'accord est difficile, mais nous avons coupé court au mouvement de transfert d'actifs publics à l'étranger. Nous nous sommes épargnés un étranglement financier et un effondrement du système bancaire", a positivé Alexis Tsipras devant la presse.

La question du rééchelonnement d'une partie de la dette grecque, qui représente 175% de son Produit intérieur brut (PIB), a évidemment été actée par François Hollande: en 2015, la dette de la France devrait atteindre les 98% du PIB français. La France s'endette de 2.345 euros de plus chaque seconde. Chaque Français supporte une dette de 31.000 euros. La France est le 8ème pays le plus endetté de l'Union européenne, derrière l'Espagne et devant le Royaume-Uni. 

L'eurogroupe a aussi évoqué un allongement des maturités des prêts et des aménagements sur les intérêts.

L'aménagement de la dette grecque suscitait de fortes réticences dans certains pays, et pas seulement l'Allemagne, mais constitue le principal argument d'Alexis Tsipras pour faire passer les nouvelles mesures d'austérité auprès de ses compatriotes, bien qu'ils aient voté à 61%, comme des moutons, contre l'austérité, dix jours plus tôt .

Alors que les banques grecques sont fermées et complètement dépendantes des liquidités d'urgence accordées par la Banque centrale européenne, l'accord proposé à Alexis Tsipras est considéré comme sa dernière chance pour éviter l'effondrement financier et économique du pays.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent aussi se pencher dans quelques heures sur les moyens de financer un prêt relais pour faire la soudure entre les besoins financiers immédiats de la Grèce et l'obtention des fonds du Mécanisme européen de stabilité.
Ce qu'obtient la Grèce 

Les sacrifices faits par Athènes vont ouvrir la voie à un troisième plan d'aide qui devrait être financé via le MES (mécanisme européen de stabilité) et qui pourrait s'élever entre 82 et 86 milliards d'euros.

Sur cette somme, 10 à 25 milliards d'euros devraient servir à recapitaliser les banques helléniques.

En outre, l'Eurogroupe s'est dit prêt à "évaluer" de nouvelles mesures pour tenter de rendre la dette grecque plus soutenable (allongement des délais de grâce et des maturités). 
Plus sûrement que l'action de Hollande, l'éviction de l'intransigeant doctrinaire antilibéral Y. Varoufakis a visiblement permis de débloquer la situation.
Le Parlement grec entérine les efforts des partenaires européens ou non.

dimanche 12 juillet 2015

Hollande isole la France en Europe au côté de la Grèce

L'optimisme idéologique de Hollande cache une communauté d'intérêts politiques avec la Grèce

Le PG demande à Hollande d'agir en faveur des propositions de la Grèce

Le gouvernement présente Hollande comme un "trait d'union": il va devoir le démontrer dans les faits ! Proche de Syriza, le Parti de Gauche (PG, allié au PCF) a demandé samedi à François Hollande "d'apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce", après la "surenchère" des partisans d'une sortie de la Grèce de la zone euro, selon Mélenchon, à la veille d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement. 


Le Premier ministre grec n'est pas en position de consentir des concessions, mais le PG considère néanmoins qu' "Alexis Tsipras a présenté un plan comportant des concessions en contrepartie d'un financement et d'une restructuration de la dette." Malgré deux plans d'aide européenne, l'extrême gauche française ne demande d'ailleurs aucune garantie à Tsipras.



"Malgré cette proposition, non contents du blocus financier qu'ils ont organisé, Berlin et ses affidés, dont le patron de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, abordent les réunions du week-end en faisant de la surenchère, continue le PG. Manifestement l'Allemagne ne veut pas d'un accord mais la capitulation totale de la Grèce même au prix d'un Grexit", dénonce le PG dans un communiqué signé de son coordinateur politique, Eric Coquerel.


"Maintenant ça suffit ! L'avenir de la Grèce et des autres peuples européens ne peut dépendre du bon vouloir des conservateurs allemands", accuse le PG, frontal. "Plus que jamais, nous affirmons notre solidarité avec la Grèce. Le plan du gouvernement Tsipras et la restructuration de la dette doivent être validés en l'état, maintient le PG.

"Beaucoup de choses vont dépendre de la France", prétend le porte-parole de Mélenchon, déterminé à mettre Hollande face à son impuissance. "Nous demandons à François Hollande de passer des paroles aux actes et d'apporter son plein soutien aux propositions de la Grèce", demande le parti de Jean-Luc Mélenchon.


François Hollande avait jugé les propositions d'Athènes "sérieuses" et "crédibles"

"Les Grecs viennent de montrer une détermination à vouloir rester dans la zone euro", a prétendu François Hollande ce vendredi, contre toute évidence, réagissant aux propositions d’Athènes remises jeudi soir à ses créanciers, tandis que Macron se déclarait "raisonnablement optimiste". 
"Le programme qu’ils présentent est sérieux et crédible", a estimé le président de la République. Mais il est quasiment seul de son avis...

Athènes venait de s'engager à reprendre la majeure partie des propositions des créanciers, comme la hausse de la TVA à 23%, la réforme des retraites ou encore la réduction des dépenses militaires, pour les convaincre de reprendre leur aide et éviter une sortie du pays de la zone euro.
François Hollande a jugé que 
ces propositions verbales montrent la détermination des Grecs à vouloir rester dans la zone euro, comme celle des gouvernements successifs de Hollande de redresser la courbe de l'emploi... "Ils vont (les) soumettre au Parlement, ce qui montrera de la force, de l'engagement et je le dis aussi, du courage," s'est félicité le président français, prévenant toutefois "que rien n'est encore fait', mais tout doit être fait" et que les "heures qui viennent seront importantes" en vue d'un accord. Parler pour ne rien dire !

En rupture avec la réalité, le socialiste continue de tenir un discours moralisateur: "les discussions doivent reprendre avec la volonté de conclure. Il faut tout faire pour un accord respectueux", a conclu le "trait d'union", selon les termes de Michel Sapin, l'ineffable thuriféraire de Hollande.

Vendredi, le président socialiste admettait toutefois que "rien n'est encore fait"...


La réunion des ministres des Finances de la zone euro se déroulait en fait dans
un climat de défiance vis-à-vis d'Athènes
samedi à Bruxelles, veille du sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement.


Selon une source européenne, la grande majorité des membres de la zone euro réclame de la fermeté à l'UE et des garanties à la Grèce de Tsipras. Avec Berlin, elle envisage une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, d'une durée de cinq ans, si le pays n'améliore pas ses propositions de réformes.

Seuls la France, l'Italie et Malte restent encore au côté de la Grèce.

Varoufakis explique les raisons de la solidarité française


Hollande s'évertue à rassurer: "L'économie française n'a rien à craindre"

Mais le ministre grec des Finances démis de ses fonctions dit tout haut ce que la presse française aux ordres dissimule aux Français.
 La France est embarquée dans la même galère et se sent menacée du même sort
L'Allemagne veut un Grexit "pour susciter la peur chez les Français," analyse Varoufakis. Wolfgang Schäuble serait convaincu qu'une sortie de la Grèce de la zone euro lui permettrait d'y imposer son modèle économiqueestime l'ancien ministre doctrinaire de Syriza. Depuis lundi, il n'est plus le ministre des Finances de la Grèce, mais il reste le trublion de la Grèce et de la zone euro. 

Dans une tribune publiée par le journal britannique de centre gauche The Guardian vendredi 10 juilletYanis Varoufakis, encore une fois, propose une lecture antilibérale de la crise grecque. Selon lui, en effet, le refus opposé jusqu'à présent par les créanciers de la Grèce à toute demande de restructuration de la dette trouve surtout une explication politique.
"Ma conviction, fondée sur des mois de négociations, est que le ministre allemand des Finances veut que la Grèce soit évincée de la monnaie unique pour susciter la crainte chez les Français et leur faire accepter son modèle d'une zone euro disciplinaire", écrit l'ancien ministre.
Victimaire, Yanis Varoufakis charge Schäuble:
"Après la crise de 2008/2009 (qui en fait dure toujours), l'Europe ne savait pas comment réagir. Devait-elle préparer le terrain pour au moins une expulsion (le Grexit) afin de renforcer la discipline [de la zone euro]? Devait-elle évoluer vers une fédération?"
Si "pour l'instant elle n'a fait ni une chose ni l'autre", "soudainement, l'insoutenable dette publique grecque, sans laquelle le risque de Grexit se serait estompé, a acquis une nouvelle utilité pour Schäuble", raconte le machiavélique économiste. Evacuant la responsabilité des gouvernements grecs successifs qui ont pérénisé la non application du droit existant et repoussé les réformes qui auraient permis la collecte de l'impôt et réduit la fraude fiscale,  Varoufakis exonère le système grec de corruption et accuse "Schäuble est convaincu qu'en l'état actuel des choses, il lui faut un 'Grexit' pour faire de la clarté, d'une façon ou d'une autre".

C'est pourquoi, depuis que Syriza est arrivé au pouvoir, "une large majorité au sein de l'Eurogroupe - sous l'influence de Schäuble - a adopté le Grexit comme solution privilégiée ou comme arme de choix contre notre gouvernement", conclut Y. Varoufakis (ci-contre)  à l'heure où les membres de l'Eurogroupe cherchent des raisons de faire confiance à la volonté grecque de se réformer.

Plus d'un an pour créer une nouvelle monnaie
A ce raisonnement s'ajoutent néanmoins deux autres éléments, précise Yanis Varoufakis: d'une part, l'inertie institutionnelle; de l'autre, le pouvoir sur les débiteurs attribué aux créanciers par cette dette insoutenable.
"Le pouvoir, on le sait, corrompt même les meilleurs", lance cet idéologue.
Yanis Varoufakis dramatise une situation qu'il a contribué à empirer: si la Grèce finissait par quitter la zone euro, créer une nouvelle monnaie prendrait plus d'un an. Le scénario serait alors très inquiétant.
"Le Grexit serait l'équivalent de l'annonce d'une forte dévaluation plus de 18 mois à l'avance: une recette pour liquider tout le stock de capital grec et le transférer à l'étranger par tous les moyens possibles", écrit-il.
Le candidat Hollande a besoin du soutien de l'extrême gauche et s'aligne sur le FG

VOIR et ENTENDRE Hollande faire écho à Mélenchon en affirmant: "Il n'y a pas de Grexit provisoire", la Grèce reste dans la zone euro ou pas.


Pour des raisons domestiques, la presse française érige Hollande en "facilitateur"...
VOIR et ENTENDRE ce débat de France 24 entreParis Match (Bruno Jeudy) et Le Monde pour qui David Revault d'Allonnes développe les éléments de langage gouvernementaux (les caricatures binaires de l'Elysée entre les "rigoristes" et les autres ou Hollande "trait d'union", selon Michou Sapin, et "facilitateur"):

Varoufakis et Tsipras ont voulu un référendum qui aura inutilement creusé la dette grecque de 100 millions d'euros. Ils ont lancé un appel au "non" et l'ont obtenu, mais la Grèce n'avait d'autre alternative que de reprendre en pire le programme d'austérité qu'elle avait refusé un mois plus tôt.


Alain Juppé accepte de rendre sa liberté à la Grèce, "si elle le souhaite":

L'ancien Premier ministre Alain Juppé (Les Républicains) appelle l'Union européenne à
"organiser" la sortie de la Grèce de la zone euro "sans drame", au lendemain du rejet par référendum du plan des créanciers.


Juppé: «organiser» la sortie de la Grèce si «c... par 20Minutes

Les états membres de l'UE accepteront-ils d'accorder un 3e plan d'aide à l'extrême gauche grecque?
Au-delà de Wolfgang Schäuble, les peuples de la zone euro -singulièrement français- accepteront-ils de cracher au bassinet à fonds perdus ?