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lundi 27 juin 2016

Brexit, référendum consultatif, pour voir ou pour rire?

Les 27 concèdent un premier délai au Brexit...

La procédure de sortie de l’UE du Royaume-Uni ne commencera pas lors du sommet de cette semaine

Le Royaume-Uni et Cameron 
sont à la rue
Excuse: la gravité de la crise politique que le référendum a déclenchée. Les dirigeants européens se rencontrent les 28 et 29 juin pour discuter des conséquences du vote pour un Brexit. Cependant, la crise déclenchée au Royaume-Uni par le résultat du référendum de jeudi dernier et par la démission promise du premier ministre, David Cameron, est telle que les dirigeants européens ont capitulé:  l’article 50, qui permet la sortie d’un État du bloc, ne soit pas activé tout de suite.

Calendrier de sortie 
Après l’annonce du référendum du 23 juin, Jean-Claude Juncker, Donald Tusk et Martin Schulz, les présidents de la Commission, du Conseil et du Parlement européens, avaient affirmé vouloir activer l’article 50 aussi tôt que possible afin de conclure les négociations du divorce rapidement. En dépit de l'hystérie de Hollande à vouloir évincer les Britanniques, l'Allemagne a obtenu des capitales européennes qu'elles considèrent le 28 juin est trop tôt. 
Lors de sa démission, David Cameron a assuré qu’il laissera son successeur commencer les discussions avec l’UE. Or, le premier ministre restera en poste jusqu’au mois d’octobre. Lors de leur rencontre des mardi 28 et mercredi 29 juin, les dirigeants européens se pencheront tout d’abord sur la question de la migration, avant le discours de David Cameron, qui aura lieu pendant le dîner. "La question du calendrier sera discutée lors du dîner", a expliqué une source au sein des institutions. "Il y a une crise politique grave au Royaume-Uni, et il est irréaliste d’attendre que le processus soit officiellement lancé mardi. Ce processus débutera le plus rapidement possible, c’est dans l’intérêt de Londres et de Bruxelles, mais il n’est pas possible de le lancer mardi." 

Marché unique
Les négociations des conditions de sortie exactes de la Grande-Bretagne, comme son accès au marché unique, un point clé, ne pourront commencer que lorsque l’article 50 du traité de Lisbonne aura été activé. "Tant qu’il n’y a pas eu de notification officielle, il n’y aura pas de négociations. Les 27 États membres sont très clairs là-dessus", indique le fonctionnaire européen encagoulé. "Nous définirons les termes du divorce et le cadre de la relation future une fois l’article 50 activé." 
Après le lancement officiel du processus, les 27 États membres rédigeront un projet de conclusions ébauchant les lignes directrices des négociations de sortie du pays. "L’UE contrôle la situation", assure le technocrate anonyme. "En ce qui concerne le cadre légal, il n’y a pas de vide juridique. Tant que le Royaume-Uni fait partie de l’UE, le pays est soumis aux lois européennes, avec les droits et obligations qui s’y rapportent." "Le processus est assez clair, l’article 50 est le seul moyen de quitter l’UE." 

Une officialisation rapide, sans se presser 
Le représentant européen explique que Donald Tusk a discuté avec tous les chefs d’État et de gouvernement européen avant le référendum. Le 29 juin, ceux-ci se retrouveront sans le Royaume-Uni pour discuter des mesures à prendre. "Les 27 États membres sont bien décidés à collaborer et à assurer la pérennité de l’UE et de leurs travaux dans le cadre de l’union", assure le fonctionnaire-sans-nom, qui ajoute que les entretiens entre le président du Conseil et les dirigeants ont permis à l’Europe de se préparer à une issue négative. "Les 27 sont prêts à commencer le processus rapidement et nous attendons une notification officielle le plus rapidement possible, mais tout le monde comprend que le référendum a entraîné une crise politique grave au Royaume-Uni."

Des diplomates des 27 pays s’étaient réunis à Bruxelles juste après l’annonce des résultats 
Vendredi dernier, le représentant britannique n’avait pas été convié. "Si le Royaume-Uni est prêt à partir, les 27 doivent se préparer", souligne le fonctionnaire européen, masqué mais bavard. "Symboliquement parlant, c’était une rencontre très importante. Ils ont discuté des messages à envoyer, des messages de confiance dans notre capacité à rester ensemble au sein de l’union et à rendre l’union meilleure à 27." 

Pas de stratégie britannique 
Les États membres européens ont nommé des groupes de travail pour gérer le Brexit. Cette préparation contraste drastiquement avec l’attitude du gouvernement britannique, qui ne semble pas avoir de stratégie claire pour rebondir face à la victoire des eurosceptiques, à part de tout laisser au successeur de David Cameron. 
Dimanche soir, avant la réouverture des marchés, ni George Osborne, chancelier de l’Échiquier, ni Boris Johnson, figure de proue du camp 'Leave', n’avaient fait de déclaration officielle. 
"La méfiance dans l’UE ne se limite pas au Royaume-Uni et doit être prise très au sérieux", a par ailleurs souligné le responsable européen sorti de nulle part. " Quiconque assure savoir quel est le problème de l’UE et avoir une solution ne dit pas la vérité. Pour trouver comment aller de l’avant, il faut mettre en place un processus plus large et plus détaillé. Tout cela ne sera pas résolu mercredi." 

La question des traités bilatéraux, une discussion 'prématurée' 
La Pologne a déjà proposé de mettre en place un nouveau traité européen, qui permette des liens moins étroits entre les pays. "Je ne pense pas que cela doive être notre premier réflexe", estime le fonctionnaire européen à tout faire. "Cela pourrait être la conclusion de notre réflexion, mais commencer avec ça, c’est prématuré." 
Donald Tusk s’est déjà entretenu avec le premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel. Il rencontrera ensuite Angela Merkel et François Hollande le 28 juin. Avant l’ouverture du sommet, il discutera également avec les dirigeants néerlandais, italien et tchèque. La République tchèque est en ce moment à la présidence tournante du groupe de Visegrád. Le président du Conseil devrait encore rencontrer au moins deux représentants nationaux avant le début du sommet. 
Le gouvernement écossais n’a pour sa part pas contacté le Conseil, mais la Commission européenne.

samedi 25 juin 2016

Brexit: Hollande, intransigeant sur l'application des règles de sortie du Royaume Uni

Hollande, mou à l'intérieur, exigeant à l'extérieur 

François Hollande a insisté samedi sur la pleine application des règles de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne
après le vote du peuple britannique en faveur du Brexit.

Vendredi, le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé qu'il laissera le soin à son successeur de recourir à l'article 50 qui déclenchera jusqu'à deux ans de négociations sur la sortie de son pays de l'UE.

Son possible successeur, à désigner en octobre, pourrait être Boris Johnson, qui a fait campagne pour le Brexit. Or, celui-ci a jugé qu'"il n'y a actuellement nul besoin de se hâter (...). Il n'y a aucune raison de se précipiter à invoquer l'article 50".

Paris partage  la position de fermeté de  l'Allemagne vis-à-vis du Royaume-Uni, ainsi que d'autres pays Européens qui veulent éviter que les Britanniques fassent du chantage à l'article 50 en faisant traîner les négociations pour obtenir davantage de l'UE.
"Nous devons en tirer toutes les conclusions et toutes les conséquences", a déclaré samedi le président français, lors d'une déclaration au côté du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'Elysée. "Il y a pour la planète entière une interrogation : que va-t-il se passer ?", a-t-il ajouté.
"Nous devons maintenant organiser cette séparation mais nous devons le faire en bon ordre et avec les règles qui sont celles prévues par les traités qui doivent être mises en oeuvre."

Comme les autres, la France maintiendra ses accords bi-latéraux avec le Royaume-Uni, dans l'attente de la notification britannique de son retrait officiel, a confirmé François Hollande, notamment sur le plan économique, sur la question des migrants et des réfugiés et en matière de défense.

Brexit: Hollande voulait le maintien de l'Angleterre; il veut maintenant s'en débarrasser au plus vite

Paris, fer de lance d'un divorce rapide après le Brexit; Berlin plus circonspect

Ayrault a plaidé samedi pour une ouverture rapide des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne

La porte, c'est par là...
Les Britanniques ont voté jeudi en faveur de la sortie de l'Union européenne, poussant le Premier ministre David Cameron à annoncer sa démission d'ici octobre et infligeant à la construction européenne le plus gros revers de son histoire.

Le chef de la diplomatie française a insisté sur la nécessité de "redonner du sens" à l'Europe sous peine de voir le populisme s'enraciner, avant une réunion des dirigeants allemand, français et italien lundi à Berlin et un conseil européen mardi et mercredi.
"Il faut dire aux Britanniques qu'on ne peut pas attendre. Il faut s'organiser dans l'intérêt commun", a dit Jean-Marc Ayrault dans l'avion qui le menait à Berlin pour une réunion des ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de la Communauté européenne - France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg.

Depuis le référendum de jeudi, son homologue allemand se montre plus prudent. Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères, a été moins expéditif sur les suites à donner à ce vote britannique, tout en insistant sur la nécessité de préserver le projet européen originel de "liberté et stabilité".
"Je crois qu'il est clair que nous sommes dans une situation qui ne permet ni l'hystérie, ni la paralysie", a-t-il déclaré, en appelant les dirigeants européens à s'attaquer aux défis de l'immigration, de la sécurité et du chômage.
"Nous ne devons pas agir de manière désordonnée et faire comme si les réponses étaient toutes prêtes. Mais après la décision des Britanniques, nous ne devons pas sombrer dans la dépression et l'inactivité", a-t-il insisté.
A Paris, François Hollande a de son côté insisté sur la nécessité d'adopter une position intransigeante, afin d'éviter que les Britanniques fassent traîner les négociations pour obtenir davantage de l'UE.

"Redonner du sens à l'Europe"

Après avoir multiplié les contacts avec ses partenaires européens depuis vendredi, le président français s'est entretenu samedi au téléphone avec le premier ministre grec, Alexis Tsipras. "L'un et l'autre sont convenus qu'il ne pouvait pas y avoir de période d'incertitude pour l'Europe, qu'il fallait qu'il puisse y avoir une totale clarté à la fois sur le calendrier et les procédures" de sortie du Royaume-Uni de l'UE, a fait savoir la présidence de la République.
"Nous devons en tirer toutes les conclusions et toutes les conséquences", avait auparavant déclaré François Hollande à l'Elysée. "Nous devons maintenant organiser cette séparation mais nous devons le faire en bon ordre et avec les règles qui sont celles prévues par les traités qui doivent être mises en oeuvre."

La réunion des ministres des Affaires étrangères à Berlin ne doit pas se focaliser sur le projet franco-allemand d'Union plus flexible 
"Il ne faut pas se fixer sur l'idée de flexibilité. Il existe déjà une Europe à deux vitesses", a rappelé Jean-Marc Ayrault. La France refuse ainsi de laisser une marge de manoeuvre plus grande aux pays qui ne sont pas prêts à une intégration plus forte.

Evoquant le Conseil européen qui s'ouvrira mardi à Bruxelles, le chef de la diplomatie française a estimé qu'il y aura  une "forte pression" sur David Cameron pour qu'il notifie au plus vite et officiellement à l'UE l'intention de son pays d'en sortir en invoquant l'article 50 du traité européen de Lisbonne.
"Il faut créer les conditions pour l'article 50. Il y a urgence", a martelé le bout-en train Jean-Marc Ayrault (ci-contre et en dessous) en soulignant que l'UE, qui a "respecté l'autonomie britannique et le référendum", ne peut pas patienter jusqu'à octobre "pour des raisons politiques internes", en l'occurrence la prochaine convention du parti conservateur britannique où le successeur de David Cameron devrait être choisi.
"Il faudra, à 27, se mettre d'accord et de dire qu'au-delà d'une certaine date, c'est fini", a poursuivi l'agaceur français (ci-dessus). "Il faut redonner du sens à l'Europe, sinon les populismes vont s'engouffrer dans la brèche."

Cameron et Johnson ne sont plus pressés

David Cameron a annoncé vendredi qu'il laissera le soin à son successeur d'invoquer l'article 50 qui déclenchera jusqu'à deux ans de négociations sur la sortie de son pays de l'UE.

Quant à son possible successeur, Boris Johnson, porte-parole du camp favorable à une sortie du Royaume-Uni de l'UE (le "Brexit") lors du référendum du 23 juin 2016, il a jugé qu'"il n'y actuellement nul besoin de se hâter (...). Il n'y a aucune raison de se précipiter à invoquer l'article 50".

Paris s'aligne sur les déclarations du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, vendredi.
"Cela n'a aucun sens d'attendre jusqu'au mois d'octobre pour tenter de négocier les conditions de ce départ", a-t-il dit dans un entretien à la chaîne allemande de télévision ARD.
"Ce n'est pas un divorce à l'amiable mais ce n'est pas non plus une affaire passionnelle", a-t-il ajouté.

Dans le camp des faibles, pour faire poids face à l'Allemagne sur la sortie du Royaume-Uni et les nouvelles propositions pour l'Europe, François Hollande s'alliera à Matteo Renzi en dînant avec le président du conseil italien, samedi à Paris, tout affaibli qu'il soit par deux défaites électorales, à Rome et Turin, avant que les trois dirigeants se retrouvent lundi à Berlin.

Le Conseil européen mardi et mercredi à Bruxelles sera la première étape,  selon lui, de la reconquête de la confiance des concitoyens dans l'Union, dont la France est un pays fondateur.
Au chapitre des initiatives qu'il faut prendre, l'agaceur français a énuméré vendredi les domaines suivants : sécurité, défense, protection des frontières, investissement pour la croissance et l'emploi, politiques industrielles, harmonisation fiscale et sociale, ainsi que renforcement de la zone euro et de sa gouvernance.
Le m'as-t- vu mènera par ailleurs samedi une série de consultations des partis politiques français et verra le président du Conseil européen, Donald Tusk, lundi matin à Paris.

vendredi 19 février 2016

Brexit: accord entre l'UE et le Royaume Uni

Donald Tusk a annoncé un accord

Qui sont les perdants ?

Le premier ministre britannique a mené un indécent chantage sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, exigeant des réformes qui arrangent son pays. Savoir si les 28 dirigeants européens ont capitulé, vendredi 19 février au soir. 

Les négociations ont bénéficié d’un "soutien unanime", selon le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, sur le réseau social Twitter.

Les négociations ont repris lors d'un "brunch" vendredi. 
Le dîner, qui a réuni jeudi soir les 28 chefs d'Etat et de gouvernement autour de la question des migrants, s'est prolongé et l'idée de parvenir à un accord dans la matinée lors d'un "english breakfast" réunissant tous les dirigeants a été abandonnée au profit d'un "brunch", puis d'un dîner. 
"Je conclurai seulement un accord si nous obtenons ce dont la Grande-Bretagne a besoin", avait menacé David Cameron en arrivant. "Nous allons encore travailler et je fais tout ce que je peux", avait-il assuré.

D'
importants points d'achoppement.
Hollande souhaitait amender le projet d'accord pour garantir que Londres ne pourra pas bloquer des mesures concernant les pays de la zone euro.

Le président français a également martelé son refus de voir les institutions financières britanniques bénéficier d'un avantage compétitif grâce à une réglementation à part. 
La durée pendant laquelle les travailleurs européens étrangers seraient privés d'allocations sociales au Royaume-Uni continuait de faire débat, en particulier avec les pays de l'Est, dont les ressortissants sont les plus eurosceptiques.

David Cameron s’est félicité d’un accord qui donne selon lui un "statut spécial" au Royaume-Uni dans l’Union 

Il présentera le texte à son gouvernement samedi. Il a également annoncé la tenue d’une conférence de presse, lui-aussi sur son compte Twitter
"David Cameron s’est bien battu pour la Grande-Bretagne. Un bon accord pour le Royaume-Uni et l’UE. Félicitations !", a également commenté le premier ministre danois Rasmussen, sur Twitter.

Son homologue tchèque, Bohuslav Sobotka, un opposant aux faveurs européennes au Royaume Uni, a quant à lui qualifié l’accord de "bon compromis, qui je l’espère permettra de maintenir la Grande-Bretagne dans l’UE". 
La République tchèque voit dans cet accord une porte ouverte à la négociation d'un "statut spécial" pour la Tchéquie. En avril 2013, selon un sondage réalisé par le Centre d'étude de l'opinion publique (CVVM), 75 % des sondés se prononcent contre l'adhésion à la zone euro (contre 23 % en 2001). Seulement 18 % expriment un avis favorable.


jeudi 17 décembre 2015

"Brexit": vers un compromis des Européens pour garder un marginal de l'U.E., le Royaume-Uni

Ami britannique, l'Union européenne, tu l'aimes ou tu la quittes 

Avec un pied dedans, le
 Royaume Uni met les deux dans le plat européen

Les Européens se sont dits prêts à un compromis pour garder le Royaume-Uni dans l'UE, lors d'un sommet jeudi à Bruxelles. C'est la première fois que les 28 chefs d'Etat et de gouvernement discutaient ensemble des réformes de l'UE demandées par Londres.

David Cameron, le Premier ministre britannique qui a promis un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'UE d'ici la fin 2017, a lui aussi fait état de "bons progrès" tout en reconnaissant que "ce sera difficile". "Les dirigeants ont exprimé leurs préoccupations mais aussi manifesté leur volonté de chercher un compromis", a souligné le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue d'un dîner de travail dédié à la question du "Brexit", la sortie éventuelle de Londres de l'UE, que tous ont dit vouloir éviter.

Sous pression des eurosceptiques, David Cameron a réclamé "une réponse effective" au problème de l'immigration "qui sape le soutien des Britanniques en faveur de l'Union européenne". Les membres de l'UE sont convenus d'accélérer leur réponse à la crise migratoire, autre défi qui menace l'unité de l'Europe avec David Cameron.

Hâtons-nous lentement, jusqu'en février

Dans leurs conclusions, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement "se sont accordés pour trouver des solutions" dans les quatre domaines dans lesquels David Cameron exige des réformes.
Il veut des changements des règles régissant la zone euro, dont son pays ne fait pas partie, ainsi que sur les questions de compétitivité et de souveraineté.
Mais, surtout, le Premier ministre conservateur demande des mesures pour "mieux maîtriser" l'immigration en provenance du reste de l'UE, en particulier d'Europe de l'Est, comme de pouvoir priver les citoyens européens de prestations sociales pendant leurs quatre premières années sur le sol britannique. Une revendication jugée discriminatoire notamment par la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. 

Les partenaires européens de D. Cameron jugent cette exigence "inacceptable".
"Ce qui me paraît le plus important, c'est qu'on ne devrait pas toucher au traité. Or, cette question touche au traité puisqu'elle met en cause la libre-circulation", a relevé le président français François Hollande, tout en ouvrant une porte à une modification des traités européens à long terme...
"Si nous avons besoin de modifications des traités, et je crois que cela pourrait être nécessaire, alors nous sommes tous d'accord sur le fait qu'elles n'ont pas à intervenir maintenant", mais qu'elles "peuvent avoir lieu" plus tard, a estimé la chancelière allemande, Angela Merkel.

En tout état de cause, la question du "Brexit" sera à nouveau abordée à un prochain sommet en février, date à laquelle le président du Conseil, Donald Tusk, mise sur un accord. Sur ce dossier, comme sur les autres points abordés (migrants, contre-terrorisme, marché intérieur, Union économique et bancaire), aucune décision de fond n'était attendue lors du sommet qui s'achève ce vendredi.

Création de garde-frontières 

Confrontés à une crise migratoire sans précédent depuis 1945, les 28 ont reconnu jeudi qu'il faut accélérer le mouvement pour concrétiser les décisions prises ces derniers mois sur la protection des frontières, la répartition des réfugiés ou la coopération avec la Turquie.

"Il faut protéger nos frontières extérieures", a plaidé le président de la Commission Jean-Claude Juncker, afin de sauver la libre-circulation au sein de l'espace Schengen, pilier de l'intégration européenne. J.-C. Juncker s'est félicité d'un "large accueil favorable" à sa proposition d'un corps européen de gardes-frontières. Un projet "audacieux", selon l'exécutif européen, qui prévoit même la possibilité d'intervenir dans un Etat récalcitrant au grand dam de ceux qui, comme la Grèce, craignent de céder leur souveraineté à des "technocrates".
Pourtant, les participants n'ont pas formellement donné leur accord jeudi à la proposition de la Commission. D'après les conclusions agréées jeudi soir, il reviendra au Conseil européen (qui représente les 28 Etats membres) d'adopter sa position sur les garde-frontières durant la prochaine présidence néerlandaise d'ici la fin juin 2016.

Vendredi, au coeur d'une Europe traumatisée par les attentats du 13 novembre à Paris, les 28 s'attacheront à encourager la mise en oeuvre de mesures déjà décidées pour intensifier la lutte contre le terrorisme et tarir son financement. Dans la foulée du sommet et tout en travaillant au rapprochement de la Russie des positions occidentales hostiles à Bachar el-Assad, mais favorables aux rebelles syriens, leurs ambassadeurs auprès de l'UE devraient prolonger de six mois les sanctions économiques contre la Russie décidées à la suite du conflit ukrainien.

A l'aube de 2016, ce sommet - le 13e de l'année ! - clôt une "annus horribilis" pour un Vieux continent ébranlé par des secousses majeures, de la crise grecque à l'Ukraine, en passant par la montée apparemment inexorable des populismes. Sans compter la crise économique internationale qui continue de frapper la France en épargnant l'Allemagne.

dimanche 6 septembre 2015

Une majorité de Britanniques favorable à la sortie du Royaume-Uni de l'Europe

Pour la première fois, les Britanniques se prononceraient majoritairement pour une sortie de l'U-E.

Lors du référendum, 43% des personnes interrogées par l'institut Survation pourraient voter pour que la Grande-Bretagne quitter l'UE

Le drapeau de l'Union européenne va-t-il quitter le sol britannique?
17% sont encore indécis, selon un sondage de l'institut Survation, paru ce dimanche dans le Mail on Sunday

Promesse de campagne de David Cameron, le référendum aura lieu d'ici à la fin 2017, au plus tard. Il pourrait en effet avoir lieu dès l’année prochaine. Le Premier ministre dit qu’il est favorable à un maintien du Royaume-Uni dans l’UE, mais Cameron n’exclut 'rien' s’il n’obtient pas un certain nombre de concessions de ses partenaires européens au préalable. La nouvelle formulation leur soumettra le choix d’une phrase en guise de réponse: "Rester membre de l’Union européenne" ou "Quitter l’Union européenne".

Les députés doivent se pencher à nouveau sur le projet de loi sur le référendum lundi

40% préfèrent rester dans l'UE.  Un sondage qui marque une rupture avec les précédentes enquêtes d'opinion qui ont toujours conclu à un avantage du oui à l'Union européenne. En effet, le dernier sondage réalisé par l'institut Survation avait montré que 45% des personnes interrogées début juillet étaient en faveur d'un maintien dans l'UE. 37% étaient contre et 18% indécis. 

L'immigration, point de crispation
L'immigration pourrait bien peser dans la balance lors du référendum, comme aux Régionales françaises en décembre: le FN pourrait en effet être le grand gagnant, du fait de la médiatisation à outrance de la mort du petit Aylan. Les électeurs seront probablement tentés de réagir au viol des consciences par la presse.
   
Les acteurs politico-médiatiques exercent d'intolérables pressions sur l'opinion 
2% de ceux qui optent pour le statu quo disent qu'ils pourraient "changer d'avis" si l'actuelle crise des migrants s'aggravait. 
 
A ce sujet,  un Britannique sur trois (29%) estiment que leur pays ne devrait accueillir "aucun" réfugié, de loin la réponse la plus populaire, devant les 15% estimant qu'il faudrait en accueillir 10.000.