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vendredi 20 mars 2020

Pénurie de masques: où sont passés les stocks constitués par Xavier Bertrand?

Pourquoi la 5e puissance mondiale manque-t-elle de masques de protection respiratoire, s'interrogent les "sachants"  

Les hôpitaux sont sous tension et réclament le matériel nécessaire à la protection du personnel soignant.
 


"En même temps", Macron se veut rassurant, pour gagner du temps ! 
On manque de tout aussi de gel hydroalcoolique (on manque de la base, les ingrédients, alcool à 96° et glycérine). On manque également de tests de dépistage. On manque depuis longtemps de lits d'hôpitaux. On manque depuis peu de respirateurs dans les services de réanimation débordés. Les approvisionnements en masques sont rares et encadrés: réservés aux personnels soignants qui ne doivent devenir des vecteurs du virus Covid-19.t L'Etat a dû relancer à la hâte la fabrication de ces précieuses protections, puisque Martin Hirsch n'a pas tiré le signal d'alarme : est-il, ou non, directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et cela depuis sept ans (novembre 2013 ?

"Nous avons assez de masques aujourd'hui pour permettre aux soignants d'être armés face à la maladie et de soigner les malades, a pourtant assuré  Olivier Véran, le ministre de la Santé, mardi 17 mars sur France Inter. Le politicien assortit son assertion d'une nuance... "Mais, en fonction de la durée de l'épidémie, nous ne savons pas si nous en aurons suffisamment à terme."  
Face à la trop faible quantité de stocks disponibles pour combattre l'épidémie, l'inquiétude est "palpable" (comme dit la presse en télé-travail) dans les couloirs des hôpitaux
Arrivent les mauvaises excuses, comme si, aussi odieux que soient les faits, ils justifiaient la pénurie et les carences gouvernementales: des vols et des disparitions ont été enregistrés qui compliquent encore la donne (12.500 masques ont été subtilisés au CHU de Montpellier...).

"Je sais qu'il y a des problèmes de masques qui me remontent, et qui sont ubuesques", a notamment déclaré sur franceinfo Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Et de verser aussi sec dans le cours de première année d'école d'infirmières, puisque depuis quelques années, il est de bon ton de faire de la pédagogie théorique, comme avant on faisait de la prévention de salon"il faut distinguer les masques chirurgicaux, destinés aux malades pour protéger leur entourage, et les masques respiratoires dits "FFP2", qui protègent le porteur contre l'inhalation d'agents infectieux, notamment pas voie aérienne, via les postillons. 
Dans un courrier adressé à une élue, un médecin hospitalier de Grenoble (Isère) livre par exemple cet édifiant constat.
Les stocks sont très faibles. Aussi, en prévision, les équipes d'hygiène nous demandent de ne pas jeter les masques en fin de journée qui sont récupérés pour pouvoir être réutilisés après stérilisation, si la situation tourne à la catastrophe.un médecin de Grenoble à une élue. Comme Schiappa qui préconise d'utiliser le papier-toilette recto-verso?
Cette épidémie-là est certes inédite, mais vu le 'turnover" des professeurs en infectiologie et la noria de chefs de service spécialistes en épidémiologie qui tournent en boucle sur les plateaux de radio et de télévision pour nous apprendre à nous laver les mains ou à tousser dans le creux du bras qu'on va passer autour du cou de nos tout-petits, le terrain n'est pas vierge ou ce seraient des escrocs.  
Contaminé, le Dr Hamon se confie : "Après avoir été testé positif, on ne voit plus les choses sous le même angle". Pas comme sur le marché de Barbès (Paris 18e) ou sur le sable de l'île de Ré envahis de Parisiens venus se protéger du virus (et  le propager)...

Comment la France a-t-elle sombré dans cette situation de pénurie ? 

La question serait plutôt de savoir comment il est possible qu'autant de conseils, comités et autres observatoires "scientifiques" ont pu se laisser surprendre.  Combien de ces savants décorés d'un ruban ou d'un autre sont-ils, leur vie durant, des serviteurs obéissants et soumis aux pouvoirs politiques successifs, complaisants et irresponsables ? Sont-ils, chaque soir à 20h00, associés aux personnels médicaux exposés au virus et applaudis pour leur abnégation par la population reconnaissante ?

En mai 2009, Xavier Bertrand était ministre de la Santé lors de l'épidémie de grippe A (H1N1). Les stocks de masques FFP2 relevant du ministère de la Santé étaient évalués à 580 millions d'unités (dont 229 millions étaient périmés) : 
463 millions pour le stock stratégique et 117 millions pour le stock des établissements de santé. Le Sénat, il est vrai, alertait alors sur des "difficultés" dans le suivi du "stock national santé", éparpillé dans 72 sites en France. 
Au mois de juin de la même année, 400 millions de masques FFP2 supplémentaires avaient été commandés, précisait alors un rapport (document en pdf) du sénateur centriste Jean-Jacques Jégou. Ce matériel "coque" (ci-dessus) ou en "bec de canard" est utilisé par les professionnels de santé pour les protéger contre l’inhalation d’agents infectieux en suspension dans l'air. 

Deux ans plus tard, en 2011, Xavier Bertrand était à nouveau ministre de la Santé. "Une grande concertation a été organisée" pour déterminer le matériel dont la France avait besoin en cas "de nouveaux épisodes viraux", expliquait Olivier Véran, le 3 mars dernier. Le ministre de la Santé affirmait que ces réflexions n'avaient alors pas débouché sur la mise en place d'une réserve de masques FFP2. En résumé, si le ministre explique qu'"il n'y a pas de stock d'Etat" pour les FFP2, la France dispose tout de même, début mars, d'une réserve de 145 millions de masques chirurgicaux (anti-projections) – le ministre n'évoque plus désormais que 100 millions d'unités

Mais "que sont devenues les commandes des masques FFP2 et chirurgicaux [passées en 2009] ?"
C'est l'interrogation du député LR du Loiret Jean-Pierre Door, un médecin cardiologue. 
"Ces dernières années, il n'y a pas eu d'épisodes nécessitant leur utilisation et j'aimerais donc savoir ce que sont devenus les achats." Nous avons transmis la question au directeur général de la Santé. Mardi, lors de son point de situation quotidien, Jérôme Salomon a affirmé qu'il existe des stocks stratégiques "de masques chirurgicaux", sans en livrer toutefois le nombre et sans  mentionner des réserves nationales de FFP2.

Beaucoup d'entreprises et d'institutions ont des masques de cette époque, qui sont parfois de type FFP2. Mais sont-ils restés performants ? Ces entreprises peuvent les mettre à disposition et certaines l'ont fait, explique Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, n°2 du ministère.
Contactée à ce sujet, Santé publique France tarde également à répondre aux questions sur les ressources disponibles en masques FFP2 et n'apporte pas plus d'explications que la direction générale de la Santé.

Où est passé le stock de masques FFP2 estimé à 600 millions  en 2011...
Le 1er juillet 2011, dans son avis sur la stratégie à adopter concernant les stocks de masques respiratoires, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) préconisait d'équiper en FFP2 les professionnels de santé tandis que les masques chirurgicaux étaient recommandés pour les professions de la vie générale (éboueurs, boulangers…).

Après les commandes post-grippe A (H1N1), les stocks étaient alors au plus haut et le ministre de la Santé de l'époque, Xavier Bertrand, n'a pas eu besoin de passer de nouvelles commandes. La France disposait en effet de 600 millions de masques FFP2, en phase avec "la valeur cible fixée", selon 'une note confidentielle de la direction générale de la santé datée du 27 juillet 2011.Extrait d\'une note confidentielle de la Direction générale de la santé du 27 juillet 2011.

Les réserves sont donc immenses mais,
problème, ces masques équipés d'une membrane filtrante et d'élastiques ont une durée de vie évaluée à quatre ou cinq ans. Un nouveau fonctionnement a donc été mis en place pour la suite : la question des stocks de masques est gérée chaque année par le ministre de la Santé (par Agnès Buzyn et son bras droit Jérôme Salomon, depuis trois ans) lors de l'examen du projet de loi santé. Il convient d'en assurer la continuité, pour éviter l'obsolescence du parc.

Le tournant a lieu en 2013,
sous la présidence de François Hollande et le ministère de la socialiste Marisol Touraine, avec la "nouvelle doctrine" du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), Claire Landais, depuis mars 2018. Son prédécesseur, Louis Gautier considère notamment que "le recours systématique aux masques de protection respiratoire de type FFP2 a montré ses limites en termes d'efficacité car la gêne voire la difficulté respiratoire liées à leur port, conduisent à un faible taux d'utilisation", peut-on lire dans ce document. Ce changement de modèle est évoqué deux ans plus tard dans un rapport sénatorial : "Le stock national géré par l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires [Eprus] concerne désormais uniquement les masques de protection chirurgicaux à l'attention des personnes malades et de leurs contacts." 
Ce stock est géré depuis 2016 par Santé publique France et correspond aux 100 millions d'unités récemment évoquées par Olivier Véran.

Produire et/ou acheter en urgence

Par ailleurs, "la constitution de stocks de masques de protection des personnels de santé [notamment FFP2] sont désormais à la charge des employeurs". La nouvelle doctrine suppose donc de ne pas "renouveler certains stocks arrivant à péremption", car la responsabilité est désormais transférée "vers d'autres acteurs", à savoir les établissements de santé et médico-sociaux pour leurs personnels. Dans une logique d'harmonisation, ceux-ci font toutefois des points réguliers avec la direction générale de la santé (DGS).

Cette mission relevant désormais des établissements, sur décision de Marisol Touraine, les réserves d'Etat en FFP2 ont donc fondu année après année. Mais au-delà des stocks, qui ont une durée de vie limitée, ce sont surtout les capacités de production qui priment, explique un connaisseur du dossier. La France a désormais besoin de 50 millions de masques chaque semaine, contre quatre à cinq en temps normal. Dans ce contexte, un stock de 600 millions de masques ne représente donc qu'une avance d'une dizaine de jours, cette période correspondant à la période de politique de "freinage" vantée par Macron. Mais a-t-elle été mise à profit pour produire ?. Le plus important est en effet d'être en mesure de produire ou d'acheter vite. Et beaucoup.

Il aurait fallu passer des commandes massives il y a plusieurs semaines, dès le début de l'épidémie. 
Autre problème non résolu par Agnès Buzyn et Macron... Depuis plusieurs années, la France s'en est remise aux capacités industrielles de la Chine, aux dépens de la production nationale. L'Asie, fort logiquement, n'a pas pu maintenir ses exportations dans une période de crise continentale, d'où la situation de pénurie actuelle. Olivier Véran a d'ailleurs observé que "les crises sanitaires peuvent parfois entraîner des crises industrielles", en référence aux fabricants chinois défaillants auprès desquels la France a délocalisé pour s'assurer un coût plus bas. Au risque d"aliénation de sa souveraineté nationale et de sa santé publique.

Cette aliénation française aurait donc plusieurs explications, résume Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). Ce dernier estime notamment que "les difficultés d'approvisionnement n'ont pas été suffisamment anticipées" et que "cette histoire de coronavirus va remettre en question certains aspects de la mondialisation" en ce qui concerne la capacité française à produire du matériel sanitaire en période de crise.
Quand vous avez des patients intubés, vous ne pouvez pas leur mettre un masque pendant les soins. Si les médecins ne peuvent s'en protéger avec des masques FFP2, c'est une catastrophe (Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF)
Face à ces difficultés, la France a finalement passé "les commandes publiques les plus massives qui soient" - formule aussi impressionnante et rassurante que floue, une fois de plus - auprès de "quatre grandes entreprises sur le territoire national" capables de confectionner les masques. Il leur a été demandé "de fonctionner jour et nuit, H-24 et sept jours sur sept", a expliqué le ministre de la Santé. 
Contacté, le groupe Kolmi-Hopen - qui n'est pas spécialement français, mais canadien (propriété du groupe Medicom !) - est littéralement débordé et n'a pas pu nous répondre. "Nous avons une demande pour 350 millions de masques de la part des distributeurs européens, expliquait déjà fin janvier son PDG, Gérald Heuliez, à Ouest-France. Inutile de vous dire qu'on ne peut pas la satisfaire."

L\'entreprise Kolmi-Hopen consacre désormais l\'intégralité de son activité à la production de masques.

Début mars, pour rattraper le retard à l'allumage de Macron-le-diseur, le premier ministre, Edouard Philippe, a également fait ce qui ne demande aucune compétence (juste de la réactivité): il a réquisitionné par décret "l'ensemble des stocks et productions de masques sur le territoire national". Cela concerne à la fois les fameux masques FFP2 (canadiens) et les masques anti-projections, détenus par les personnes privées, morales et par les "entreprises qui en assurent la fabrication ou la distribution". Au début du mois, deux opérations nationales de déstockage ont permis de fournir 25 millions de masques aux personnels de santé.

La plupart des grands CHU - uniquement dans les zones où l'épidémie est la plus intense - ont été livrés aujourd'hui [mardi]. Le reste se fera au plus tard [mercredi] matin, selon Jérôme Salomon, directeur général de la santé, mardi 17 mars, sachant que la promesse avait été déjà faite la semaine précédente.

Pour surmonter la pénurie, les pis-allers ont donc fleuri, comme narcisse macronien au printemps. 
En Nouvelle-Aquitaine, deux millions de masques périmés issus de stocks de "plusieurs administrations et collectivités" vont être distribués aux médecins libéraux et aux établissements de santé. "L'inquiétude des professionnels de santé est légitime", a reconnu Michel Laforcade, directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS). Si le délai de péremption est dépassé, ces masques présentent tout de même "les mêmes garanties" que les autres, a-t-il raconté. Dès lors pourquoi sont-ils "périmés"?...  Et de préciser : "la seule fragilité" pouvait se trouver au niveau des élastiques. Le ministère des Armées a également déstocké cette semaine cinq millions de masques chirurgicaux au bénéfice du ministère de la Santé. Juste retour des choses après l'envoi de 17 tonnes de matériels médicaux à la Chine, è la mi-février...

Au niveau local, certaines mairies fouillent également dans les armoires : la mairie de Montargis (Loiret), par exemple, va fournir 5 000 masques à l'hôpital local. 
Pour le gouvernement qui sait les trouver quand il en a besoin, Jérôme Salomon a également encouragé "les entreprises privées qui en ont encore à les offrir aux hôpitaux", pour aider "les professionnels de santé en première ligne". Il a ajouté que les masques sont des "denrées rares" et "un bien précieux". Une valeur refuge !

jeudi 6 décembre 2018

Plus de 3 Français sur 4 ne peuvent plus voir Macron et ses acolytes

76% des Français interrogés portent désormais un jugement "défavorable" sur le pouvoir

La cote de popularité d'Emmanuel Macron et celle d'Edouard Philippe chutent pour atteindre leur plus bas niveau

Image associée
"La Liberté guidant le peuple" d'Eugène Delacroix (1830)
Leur plus bas niveau depuis leur entrée en fonction, selon un sondage YouGov, diffusé ce jeudi.

En un mois, la cote de popularité du président a baissé de 3 points, à 18%. Est-il d'ailleurs permis de penser que 3 points seulement, ce n'est pas cher payé et douteux ?...
Celle de son fusible, Edouard Philippe, chute de 6, à 21%, ce qui paraît être un calcul de sondeur pour épargner le locataire de l'Elysée et faire trinquer son collaborateur.

Plus Macron est impopulaire, moins sa cote de popularité baisse (quasiment) !...

Emmanuel Macron a ainsi cédé 7 points en deux mois

Les députés de la majorité présidentielle qui applaudissent debout le chef du gouvernement sont-ils encore représentatifs du peuple en colère ou illégitimes ?


"Une image dégradée avec l'aggravation de la crise" ? 
Cette formulation inverse les termes de causalité. Le rejet populaire de l'exécutif n'est pas la conséquence de la crise: c'est l'état macronien qui est à l'origine de la crise. Les groupes parlementaires LREM, MoDem et Agir sont désavoués par le peuple souverain.

Trois semaines après le début du mouvement des "gilets jaunes", il perd notamment 6 points auprès des sympathisants du centre et 5 chez ceux de la droite, selon cette enquête pour CNews et Le Huffpost. 
Le Premier ministre, qui avait évité jusque-là les chutes brutale, voit son image dégradée du fait de sa raideur. Edouard Philippe perd 14 points auprès des proches de la droite et 70% (+13) des personnes interrogées jugent négativement l'action du locataire de Matignon.

Ce n'est pas une coïncidence fortuite, mais un rapport de cause à effet.

Une gestion "injuste" du droit de l'Etat à lever l'impôt

"Le couple exécutif entraîne le gouvernement dans l'impopularité", selon l'AFP, qui oublie simplement que les membres du gouvernement sont nommés et donc soumis à l'exécutif, qu'ils le savent et sont logiquement, non pas victimes, mais solidaires. En adhérant à la politique impulsée par le président Macron, ils sont pareillement coupables. Ce gouvernement s'est déconsidéré au même rythme que le binôme Macron-Philippe. 
Il en va de même des député-e-s LREM qui ont été choisis par l'équipe de candidat Macron et élus sur son nom.

Seulement 17% (-3) des Français se reconnaissent encore dans ce gouvernement et 77% (+6) des sondés ont un avis défavorable sur son action. 
L'équipe gouvernementale perd notamment 11 points chez les sympathisants de droite et en gagne au contraire 3 auprès de ceux de gauche. Pour 73% (+5) des Français interrogés, l'exécutif a une "mauvaise" gestion de l'économie.
C'est en fait la fiscalité que les Gilets jaunes dénoncent au premier chef : l'entreprise de sondages YouGov posent-elle les bonnes questions ou est-elle coupée de la réalité ?

Réalisée avant le 1er décembre, les 28 et 29 novembre, auprès de 1.006 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, cette enquête -  qui date d'il y a huit jours - est présentée ce jeudi 6 décembre.

jeudi 17 décembre 2015

"Brexit": vers un compromis des Européens pour garder un marginal de l'U.E., le Royaume-Uni

Ami britannique, l'Union européenne, tu l'aimes ou tu la quittes 

Avec un pied dedans, le
 Royaume Uni met les deux dans le plat européen

Les Européens se sont dits prêts à un compromis pour garder le Royaume-Uni dans l'UE, lors d'un sommet jeudi à Bruxelles. C'est la première fois que les 28 chefs d'Etat et de gouvernement discutaient ensemble des réformes de l'UE demandées par Londres.

David Cameron, le Premier ministre britannique qui a promis un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'UE d'ici la fin 2017, a lui aussi fait état de "bons progrès" tout en reconnaissant que "ce sera difficile". "Les dirigeants ont exprimé leurs préoccupations mais aussi manifesté leur volonté de chercher un compromis", a souligné le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue d'un dîner de travail dédié à la question du "Brexit", la sortie éventuelle de Londres de l'UE, que tous ont dit vouloir éviter.

Sous pression des eurosceptiques, David Cameron a réclamé "une réponse effective" au problème de l'immigration "qui sape le soutien des Britanniques en faveur de l'Union européenne". Les membres de l'UE sont convenus d'accélérer leur réponse à la crise migratoire, autre défi qui menace l'unité de l'Europe avec David Cameron.

Hâtons-nous lentement, jusqu'en février

Dans leurs conclusions, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement "se sont accordés pour trouver des solutions" dans les quatre domaines dans lesquels David Cameron exige des réformes.
Il veut des changements des règles régissant la zone euro, dont son pays ne fait pas partie, ainsi que sur les questions de compétitivité et de souveraineté.
Mais, surtout, le Premier ministre conservateur demande des mesures pour "mieux maîtriser" l'immigration en provenance du reste de l'UE, en particulier d'Europe de l'Est, comme de pouvoir priver les citoyens européens de prestations sociales pendant leurs quatre premières années sur le sol britannique. Une revendication jugée discriminatoire notamment par la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. 

Les partenaires européens de D. Cameron jugent cette exigence "inacceptable".
"Ce qui me paraît le plus important, c'est qu'on ne devrait pas toucher au traité. Or, cette question touche au traité puisqu'elle met en cause la libre-circulation", a relevé le président français François Hollande, tout en ouvrant une porte à une modification des traités européens à long terme...
"Si nous avons besoin de modifications des traités, et je crois que cela pourrait être nécessaire, alors nous sommes tous d'accord sur le fait qu'elles n'ont pas à intervenir maintenant", mais qu'elles "peuvent avoir lieu" plus tard, a estimé la chancelière allemande, Angela Merkel.

En tout état de cause, la question du "Brexit" sera à nouveau abordée à un prochain sommet en février, date à laquelle le président du Conseil, Donald Tusk, mise sur un accord. Sur ce dossier, comme sur les autres points abordés (migrants, contre-terrorisme, marché intérieur, Union économique et bancaire), aucune décision de fond n'était attendue lors du sommet qui s'achève ce vendredi.

Création de garde-frontières 

Confrontés à une crise migratoire sans précédent depuis 1945, les 28 ont reconnu jeudi qu'il faut accélérer le mouvement pour concrétiser les décisions prises ces derniers mois sur la protection des frontières, la répartition des réfugiés ou la coopération avec la Turquie.

"Il faut protéger nos frontières extérieures", a plaidé le président de la Commission Jean-Claude Juncker, afin de sauver la libre-circulation au sein de l'espace Schengen, pilier de l'intégration européenne. J.-C. Juncker s'est félicité d'un "large accueil favorable" à sa proposition d'un corps européen de gardes-frontières. Un projet "audacieux", selon l'exécutif européen, qui prévoit même la possibilité d'intervenir dans un Etat récalcitrant au grand dam de ceux qui, comme la Grèce, craignent de céder leur souveraineté à des "technocrates".
Pourtant, les participants n'ont pas formellement donné leur accord jeudi à la proposition de la Commission. D'après les conclusions agréées jeudi soir, il reviendra au Conseil européen (qui représente les 28 Etats membres) d'adopter sa position sur les garde-frontières durant la prochaine présidence néerlandaise d'ici la fin juin 2016.

Vendredi, au coeur d'une Europe traumatisée par les attentats du 13 novembre à Paris, les 28 s'attacheront à encourager la mise en oeuvre de mesures déjà décidées pour intensifier la lutte contre le terrorisme et tarir son financement. Dans la foulée du sommet et tout en travaillant au rapprochement de la Russie des positions occidentales hostiles à Bachar el-Assad, mais favorables aux rebelles syriens, leurs ambassadeurs auprès de l'UE devraient prolonger de six mois les sanctions économiques contre la Russie décidées à la suite du conflit ukrainien.

A l'aube de 2016, ce sommet - le 13e de l'année ! - clôt une "annus horribilis" pour un Vieux continent ébranlé par des secousses majeures, de la crise grecque à l'Ukraine, en passant par la montée apparemment inexorable des populismes. Sans compter la crise économique internationale qui continue de frapper la France en épargnant l'Allemagne.

jeudi 1 octobre 2015

Ingérence européenne: Damas dénonce les frappes françaises en Syrie

La France et le Royaume-Uni interviennent en Syrie sans l'autorisation de Damas 

Les frappes françaises et britanniques sont une "agression contre la souveraineté" de la Syrie, dénonce Damas

"Les actions militaires conduites par le Royaume-Uni et la France sur le territoire syrien constituent "une flagrante violation du droit international et une agression contre la souveraineté syrienne," a déclaré  devant le Conseil de sécurité Walid Mouallem, le chef de la diplomatie syrienne, dans le texte de son intervention fourni par la mission syrienne à l'ONU, le mercredi 30 septembre.
"Ceux qui veulent vraiment combattre le terrorisme sur le territoire syrien doivent se coordonner et coopérer avec le gouvernement syrien, dont l'armée mène seule la bataille contre le terrorisme", a insisté M. Mouallem.

"Un des centres d'entraînement" de Daesh près de Deir ez-Zor a été "totalement détruit", a annoncé François Hollande. 

Le dimanche 27 septembre 2015, après trois semaines de vols de reconnaissance, Paris a mené des frappes aériennes contre ce camp de djihadistes de l'Etat islamique, où les troupes de Bachar el-Assad sont assiégées depuis un an: Hollande a-t-il ainsi voulu venir en aide à Bachar el-Assad,  "l'assassin de son peuple", aux dires de Claude Bartolone ? "Ces frappes sont bienvenues et nous saluons l'entrée en action de la France dans la lutte contre Daech", applaudit Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France. "Nous pensons qu'il faut soutenir toutes les forces qui se mobilisent contre Daech" au sein d'une nouvelle coalition. "L'armée régulière syrienne a toute légitimité, elle est chez elle, il faut la renforcer" et "la France est invitée dans cette coalition"... L'essentiel, résume l'ambassadeur, est que "si on continue les querelles autour du dirigeant du pays, on va perdre le pays"
Les spécialistes de l'État islamique rappellent que l'un de ces centres de formation avait été créé à Deir ez-Zor par un djihadiste français, Abou Omar, un ancien militaire. Une katiba - 'la Brigade des Français' - avait même été signalée en mars par un reportage de France 2 à Deir ez-Zor. Elle était composée d'au moins 40 ressortissants français habitant le quartier de Rouaich Saqar dans cette ville de 300.000 ...
Deir Ez-Zor en 2014, quand le camp bombardé par la France fut détruit...

Maître Gilbert Collard (FN) moque le côté "comique" du raid des sept avions militaires français : "Le camp qu'on a bombardé était déserté", affirme l'avocat et député du Gard sur France 2.
La France renoue avec une histoire commune d'une trentaine d’années avec la Syrie, puisqu'à partir de 1918, notre pays a eu mandat au Levant pour protéger les minorités chrétiennes et créer le Liban et la Syrie. Ces deux États aux frontières artificielles ont vu le fragile équilibre politico-religieux entre les communautés se rompre et sont aujourd'hui menacés de disparition par les offensives de l’État islamique.

En 1915, Alep,
Deir ez-Zor, Raqqa, Ras-al-Aïn et Mossoul sont choisis par les autorités de l’Empire ottoman pour recevoir les déportés arméniens. Les femmes et les enfants entament des marches de la mort dans le désert sous la surveillance des militaires turcs de la 3e armée, de certaines tribus kurdes, d’émigrés du Caucase et de criminels libérés des prisons.
Les survivants sont détenus dans des camps. Si Ali Suat, lieutenant-gouverneur de Deir ez-Zor, obéit aux ordres d’exterminer les Arméniens, Celal Bey, le gouverneur d’Alep, refuse d’obéir aux ordres et est destitué.
De juillet à décembre 1916, Salih Zeki, nouveau préfet de Deir ez-Zor, est chargé d’exterminer les survivants. 2.000 orphelins sont emmenés dans cette ville avant d’être attachés deux par deux et jetés dans l’Euphrate. La ville de Deir ez-Zor est donc un lieu historique du génocide arménien.

Eglise des Saints-Martyrs de Deir ez-Zor
Après les accords franco-britanniques de Mark Sykes et Georges Picot en 1916,
la France envoie des troupes dont une Légion d’Orient composée d’Arméniens, occuper la Syrie et le Liban en novembre 1918 et libérer des camps des milliers d’Arméniens rescapés du génocide. En 1928, l’église des Saints-Martyrs de Deir ez-Zor est construite pour commémorer les marches de la mort. Elle sera détruite, en septembre 2014, par l’État islamique qui souhaite effacer toute trace religieuse non musulmane de son territoire.
En août 2014, les 70.000 membres de la tribu des Al Cheitaat s'étaient révoltés contre l'État islamique. Elle s'opposait à la prise de gisements de pétrole par les djihadistes en juillet. Les forces de l'EI réagirent brutalement et massacrent 700 Al Cheitaat en deux semaines, dont 100 combattants et 600 civils. 300 personnes notamment furent massacrées en un journée à Ghraneidj.
Londres avait effectué une opération en août dans la région de Raqqa (nord) pour éliminer un djihadiste britannique accusé de préparer des attentats en Europe.

La Russie se coordonne et coopère en revanche avec les autorités souveraines de Syrie
Damas se félicite donc du projet de résolution antiterroriste russe. 
M. Mouallem a approuvé l'initiative russe visant à la création d'une coalition régionale et internationale pour combattre le terrorisme

La Russie a effectivement présenté 
un projet de résolution antiterroriste
mercredi devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Le ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, a souligné qu'ivise à "coordonner toutes les forces qui font face à l'Etat islamique et aux autres structures terroristes". 
Moscou a mené mercredi ses premières frappes aériennes contre l'EI en Syrie.

Le front français anti-Assad bientôt minoritaire  
Parmi Les Républicains, Bruno Le Maire "regrette les atermoiements de la France et de l'Union européenne face à Bachar al-Assad."  Sur RMC et BFM TV, il affirme que "François Hollande ne fait pas de choix stratégique, il ne tranche pas plus en matière internationale qu'il ne le fait sur des questions nationales". Le député LR de l'Eure et candidat à la primaire à droite, même s'il refuse de l'officialiser, réaffirme la nécessité de s'appuyer sur "les troupes d'Assad" pour " éliminer Daech", "en finir avec la menace terroriste dont la France est la première victime". "Ça ne veut pas dire que j'aie la moindre amitié ou considération pour Bachar", nuance-t-il. Mais "je regrette que ce soit Vladimir Poutine qui ait fait cette proposition, qui se soit remis au centre du jeu. C'est la France qui devrait être face à Obama avec l'Union européenne derrière elle. Nous aurions pu peser politiquement si nous avions voulu. Ce qui a manqué, c'est la volonté".

Au parti socialiste, Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, admet sur i-télé que "on a besoin de la Syrie pour éviter qu'un État effrayant prenne le pouvoir. Et de déplorer: "on n'a pas encore tiré les leçons de la faute qu'on a commise en détruisant le régime de Saddam Hussein et son armée, (…) on n'a pas non tiré les leçons en faisant tomber Kadhafi". Bref, résume Attali, pour qui la France et l'Europe ont eu "tort d'isoler la Russie", "la seule chose qu'on peut empêcher, est que surgissent des dictateurs ayant pour objectif la conquête du monde".

samedi 31 août 2013

Frappes sur la Syrie : Hollande en guerre contre l'opinion opposée à la guerre

Revue de presse: Hollande n'écoute pas le peuple de France 

Les récidives d'un autocrate

"La France ne se dérobera pas", mais la France, c'est lui seul 
Sans entendre les Français: 64% des Français sont contre une intervention française. Sans consulter le Parlement : "Parfois, il faut prendre des décisions impopulaires", a riposté hier François Hollande . Le président socialiste a pris des engagements auprès du président démocrate américain, lors d'une conversation téléphonique, à propos de la plus que possible attaque militaire contre la Syrie, rapporte Le Parisien. Le lâchage de Cameron, Premier ministre conservateur respectueux du peuple britannique et de son Parlement, n'a pas inspiré Hollande, malgré une coalition internationale qui s’effiloche, malgré une opinion publique résolument hostile. Le "capitaine de pédalo" est bien décidé à prendre du galon en engageant la France dans une opération militaire, mais sa promotion n'est plus garantie: Washington ne parle plus que d'une action militaire "limitée" et Hollande s'en trouve fort marri !

La com' élyséenne affiche néanmoins le président "en grande conversation téléphonique avec Obama", à ce qu'il paraît, dans son bureau de l'Elysée (ci-dessus), face à des conseillers, la mine grave. 
Bizarrement, la scène se passe hors la présence de ministres sur ce cliché, pas de Le Drian, le ministre de la Défense" Guerre,  ni de Fabius, pourtant omniprésent sur BFMTV, se rengorgeant toute la semaine

Un autre détail n'échappe pas, c'est l'amoncellement de dossiers sur le bureau du président. La presse y va de ses commentaires sous la dictée de l'AFP, en ligne directe avec Elysée: le chef d'Etat aurait potassé sa décision avant de la prendre. Mais, à la vérité, Hollande est tout simplement très désordonné, ce qui est de notoriété publique, sauf lorsqu'il s'agit de construire une légende de "chef de guerre".  

En tous les cas, sur le seul classeur placé en évidence l'intitulé, il est écrit " Cour des comptes". 
Intéressant, combien ça coûte ? Le déficit public est tel qu'il apparaît insensé d'ouvrir une nouvelle ligne de dépenses, ajoutée au recrutement de 10.000 soldats, mais la cohérence de Hollande est au-dessus des contingences matérielles. 

Hollande, comme Obama, n'a rien à faire de l'opinion, ni de tous les experts de la terre.
"Pour Paris, insiste Le Parisien, il s'agit de punir Bachar al-Assad après l'utilisation de gaz mortel contre la population civile le 21 août, dans la banlieue de Damas". La cause est entendue: le chef syrien est coupable, c'est décidé, sans qu'il soit besoin de connaître les conclusions du rapport des experts de l'ONU chargés de l'enquête de terrain. Il semble bien que ce rapport est écrit d'avance. 

En attendant le verdict des inspecteurs de l'ONU et en dépit du sondage BVA qui prévient 64 % des Français sont opposés à toute intervention, le président socialiste ne connaît plus
la présomption d'innocence: elle ne s'applique qu'aux délinquants anonymes de la diversité et à l'extrême gauche anarcho-révolutionnaire. "Un non franc et massif ", selon Le Parisien, n'est pas de nature à enrayer le char de l'Etat français ! Et dans le détail, 37 % des français redoutent que cette intervention fasse basculer la Syrie vers un régime islamiste et 35 % qu'elle embrase la région. 
Peccadilles ? S'il veut se grandir, que Hollande monte plutôt sur des talonnettes...

Un président "chef de guerre" 

Libération  titre en Une, France et Etats-Unis, "l'axe de guerre". 
Malgré la défection britannique,Paris et Washington sont décidés à frapper le régime syrien, y lit-on. Et Libé en profite donc pour trouver de possibles motivations justes chez un président d'opérette que le journal socialiste imagine dans "l’instant belliqueux" de celui qui "espère montrer que la France n’a rien perdu de sa souveraineté. Dans son analyse de la déprime hexagonale, il est convaincu que flotte le sentiment d’un pays en voie de déclassement, qui a perdu la maîtrise de son destin", commente le journaliste autrefois impertinent. 

Libération va-t-il pousser un "cocorico" guerrier? La "souveraineté" (française) serait pour lui, croit savoir Libération, le premier défi à relever d’ici dix ans. Souverainetés diplomatique, militaire, mais également économique", fin de citation. 
En tous les cas, sous cet éclairage de ce qui pourrait inciter le président François Hollande à agir, Grégoire Biseau, l'auteur, ose une réserve: sa décision est à la fois plus simple et beaucoup plus compliquée que celle qu’il avait prise pour le Mali. "A l’époque, la France était militairement seule, mais Hollande était soutenu par son opinion publique et conforté par un mandat de l’ONU... Avec la Syrie, c’est tout l’inverse... et les répercussions sur la région sont potentiellement explosives".

Dans ses pages encore,
la compassion de Libération se porte sur l’angoisse vécue par la population de Damas qui se prépare aux tirs occidentaux. Et apparemment, c’est dans les quartiers résidentiels, donc les plus riches, c’est à dire, ceux les plus proches des bâtiments militaires ou administratifs qu’on a le plus peur. Mais Hollande aime-t-il les riches ? 

La tête d'Assad
Dans sa rubrique Débats, Le Monde oppose plusieurs points de vue. 
D'abord, le journal socialiste, lui aussi, juge "convainquant" [sic: et ce journal est la crème de la presse hexagonale] celui d'un syrien, Sadik al-Azam, un professeur de philosophie invité à l'université d'Harvard, qui juge sans nuances que "le politique, confisqué par le régime alaouite, c'est-à-dire la famille al-Assad, doit retourner au peuple". Un régime de militaires impitoyables, soutenus par une petite secte minoritaireles allaouites [sic] donc [Le Monde y insiste, sans préciser allaouite = chiites, opposés aux sunnites = salafistes], qui selon lui, utilise les armes les plus modernes pour écraser la révolte de la majorité sunnite du pays, commente Le Monde, dans la foulée. Toujours pour ce dernier [revenons-y, sans s'y perdre], on doit aider à faire tomber le régime al-Assad, pour mettre fin à la persécution des sunnites, qui représente la majorité ethnique du pays et qui est selon lui massacrée par Damas, " même au risque de voir remplacer ce régime par des extrémistes religieux"...
Le Monde considère qu'il dit autre chose d'intéressant : il ne dit pas "objectif"!
"Un fragment de la gauche arabe et internationale... voit dans le conflit un complot ou une conspiration du camp occidental contre le seul régime arabe qui continue à se dresser contre Israël". 

Peut-on s'en étonner,
 Le Monde envisage toutefois le risque d'embrassement régional.
La fragilisation d'Israël, c'est,  dans Le Monde, ce que craint aussi, Chady Hage-Ali, qui s'oppose pour sa part à une attaque contre Damas. Ce chercheur en Relations internationales, qui pour le coup n'est pas syrien, estime que le Hezbollah, qui soutien le régime de Damas, pourrait être tenté de se venger contre l'état hébreu. "Il pourrait frapper Israël dans des proportions jamais atteintes, selon lui... Cette montée du terrorisme pourrait alors, faire basculer le Liban et l'Egypte dans le chaos qui suivraient le chemin de la Syrie ".

Un scénario du pire qui fait peur. Il faut selon ce chercheur  de l'université de Valenciennes, "relancer des négociations sérieuses et secrètes".

Israël : le retour de la psychose

En Israël, la population craint de manquer de masques à gaz, indique Le Figaro
. "Hier à Tel Aviv, un millier de personnes jouaient des coudes dans la plus extrême pagaille pour accéder au centre de distribution de masques à gaz ", rapporte le quotidien. Alors "face à cet accès de fièvre, le gouvernement tente de rassurer tout en s’appliquant à ne pas donner le sentiment de négliger la menace". Selon Le Figaro, une attaque d’envergure menaçant la survie même du régime de Damas pourrait déclencher une réaction suicidaire dirigée contre Israël. "Mais les forces armées israéliennes vantent régulièrement l’efficacité de leur défense antimissile - sans pour autant dissiper totalement les craintes du public", lit-on dans ce premier reportage de Cyrille Louis à Jerusalem, où il s'installe comme correspondant du Figaro.

La presse en profite pour vanter la souveraineté de la France

France : la fin de la diplomatie ?
Dans un billet de Michel Schifres, célèbre auteur-journaliste, ancien du Figaro, en une de l'édition d'aujourd'hui. "14 ambassades ou résidences françaises vont être fermées pour des raisons d'économie, 22 centres culturels vont suivre le même destin, sans compter les alliances françaises réduites à leur plus simples expression", déplore-t-il dans L'Opinion. "Des pays comme la Gambie, Sao Tome et la Sierra Leone nous verrons disparaître, nos intérêts n'y sont pas assez suffisants", lit-on. Pourvu que l'Afrique réussisse à prendre toute sa place dans l'Histoire, sans le soutien de Hollande-l'Africain. 
Alors, nostalgique, l'écrivain note qu'officiellement, on préfère parler plutôt "d'évolution du réseau diplomatique": sémantique, sémantique socialiste !  

La tête à l'envers
L'Equipe magazine conclue son feuilleton de l'été sur les grands pilotes de l’histoire, en nous parlant de "l'Acrobate". Demain, ça fera pile cent ans, le 1er septembre 1913, que le premier casse coup [sic] des airs, selon L'Equipe, Adolphe Pegoud, a réalisé un grand huit en altitude, c'était dans la périphérie de Paris.
Pas sûr, lui, qu'il voyait le drapeau français lorsqu'il atteignait difficilement la Grande Bretagne, la tête en bas, mais en tous les cas, il était invité partout dans le monde, en Russie même, pour faire ses cabrioles en l'air. Et bien, cet ancien apprenti boucher, devenu pilote de guerre, mourra, justement en 1915, abattu dans les airs par une balle ennemi, en héros mort pour la France, souveraine...