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samedi 3 mars 2018

Législatives en Italie: la part de proportionnelle annonce une coalition et de l'instabilité

Le populisme de gauche ne fait plus recette

Les Italiens renouvellent leur Parlement dimanche dans la crainte des effets de la proportionnelle et d'une période d'instabilité politique

L'Italie en phase de redressement économique vote dimanche à l'issue d'une campagne des législatives qui se tiennent à la suite de la dissolution du Parlement du 28 décembre 2017 et consécutive à l'adoption, par le Parlement en octobre 2017, d'une nouvelle loi électorale régissant les modalités propres aux élections générales rendue nécessaire après l'abrogation partielle de la loi Calderoli et la censure, par la Cour constitutionnelle, de la loi électorale votée par les parlementaires en 2015 et baptisée 'Italicum'.
Or, le mode d'élection des membres du Sénat de la République restait régi par la loi du 21 décembre 2005. Cependant, la loi avait été jugée en partie inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle en décembre 2013.
Une réforme électorale a donc été entreprise en 2017 pour unifier ces deux modes électoraux qui risquaient de rendre l'Italie ingouvernable du fait de leurs divergences. C'est ainsi que la loi Rosatellum bis a été promulguée le 3 novembre 2017 pour instaurer un système mixte pour les deux chambres du Parlement. Il s'agit donc de la loi applicable pour ce scrutin, régime électoral qui n'a pu être appliqué une seule fois.
Les élections se déroulent sur un seul tour de scrutin, le dimanche 4 mars, de 7 h à 23 h, et utilisent un système proportionnel mixte, avec 37 % de sièges attribués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et 63 % au scrutin proportionnel, dont 2 % réservés pour les Italiens résidant à l'étranger (vote par correspondance uniquement).
Le Sénat et la Chambre des députés utilisent tous deux la méthode de Hare pour l'attribution des sièges.
Le seuil est de 3 % pour avoir des élus à la proportionnelle (plus un seuil de 20 % sur une base régionale au Sénat). Ce seuil est porté à 10 % pour les coalitions. En dessous de 1 %, les voix obtenues par les partis en coalition ne comptent pas.

Les coalitions de plusieurs partis voient ainsi leurs candidats élus en commun par l'addition de l’ensemble de leurs voix au scrutin majoritaire dans chacune des circonscriptions, tandis que chacun des partis de la coalition se voient attribué des sièges à la proportionnelle selon ses voix propres, obtenus par vote direct ou fractionné.
La chambre des députés est élue sur un bulletin de vote unique. Le bulletin de vote comprend le candidat au scrutin uninominal de la circonscription et les partis et les listes qui le soutiennent, ce qui est utilisé pour déterminer l'
attribution proportionnelle des sièges au niveau régional, avec un seuil minimal de 3 %. Comme pour la chambre basse, le Sénat est élu sur un bulletin de vote unique.
Marqué par la perte d'influence de la gauche disqualifiée par son idéologie, ce scrutin met en oeuvre cette loi électorale voulue par la gauche démocrate et écologiste au pouvoir. 
Selon Marc Lazar, socio-politologue français et spécialiste des gauches et de la vie politique italienne, elle pourrait "avantager les partis du centre droit bien implantés dans le nord du pays et favoriser le Parti démocrate dans la partie centrale du pays, son grand bastion qui tend néanmoins à se lézarder. A priori, le nouveau mode de scrutin pénalise le Mouvement 5 étoiles, qui est fort, mais isolé. En cette veille du scrutin, il semble improbable qu’une majorité claire se dégage à la Chambre des députés et au Sénat, même si le centre droit semble porté par une dynamique électorale qui pourrait peut-être lui permettre de l'emporter". 
Pour Raffaele Landani, professeur de science politique à l'université de Bologne, "l'Italie demeure divisée en deux blocs, l’un de droite et l’autre de gauche, qui ne parviennent pas à avoir une majorité claire forte et stable. Le 4 mars, on risque de voir se répéter le scénario que nous avons connu ces vingt-cinq dernières années, marquées par une alternance entre gouvernements populistes et gouvernements techniques.". 
Selon la fondation Robert-Schuman, étant "davantage proportionnelle que majoritaire, [elle] ne garantit en rien la constitution d’une majorité post-électorale stable".

L'Italie donnera son verdict malgré un système électoral mettant en péril l'avenir du pays 

La loi électorale impose d'obtenir une majorité absolue de 315 sièges de députés (40 % des suffrages) pour être en mesure de former un gouvernement. A deux jours du scrutin, seule la coalition de centre droit dirigée par Silvio Berlusconi paraissait en mesure d'y arriver. En l'absence de sondages interdits dans la dernière phase de la campagne, il fallait s'en tenir aux indiscrétions provenant des partis. Silvio Berlusconi qui n'est pas éligible affirme que sa coalition obtiendra la majorité absolue et qu'au sein de cette coalition Forza Italia, sa formation affiliée au Parti populaire européen (PPE), aurait une voix prépondérante. 
Seulement si ces deux conditions étaient remplies, il pourrait désigner celui qui serait appelé à devenir le futur président du Conseil. Berlusconi a déjà indiqué son choix: Antonio Tajani. Catholique modéré aux lettres de créance européennes impeccables, le président du Parlement européen (65 ans) a confirmé jeudi qu'il était prêt à quitter son fauteuil à Strasbourg. 

La gauche se délite.
Elle n'est pourtant pas convaincue d'une victoire aussi facile de la coalition de centre droit. En fait, il semble qu'elle dépende encore des résultats d'une trentaine de circonscriptions où la compétition est particulièrement tendue, dans les grandes villes et dans le Sud. Si la coalition de centre droit sortait victorieuse, mais que Forza Italia ne l'emportait pas, Matteo Salvini,  député européen depuis 2004 et secrétaire fédéral de la Ligue du Nord (LN), se proposerait pour aller au Palais Chigi. Un duel féroce l'oppose à Silvio Berlusconi, dont il est l'allié et néanmoins le rival. Son parti, la Ligue (ex-Ligue du Nord), est une formation nationaliste, eurosceptique et alliée à Marine Le Pen. Orateur rugueux de 45 ans, Salvini a eu recours dans cette campagne aux thèmes que la gauche qualifie de "sécuritaires et racistes" pour s'attirer un électorat déçu qui compte encore un grand nombre d'indécis à la veille du scrutin et que la gauche sortante n'a pas convaincu. 

Les autres formations sont au coude à coude. 
A commencer par le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème). 
Crédité de 28 % à 29 % des suffrages, il deviendra sans doute la première force politique du pays. Son leader, le jeune Luigi Di Maio (31 ans), est convaincu de pouvoir briguer la présidence du Conseil. Le M5S devra toutefois compenser son isolement sur la scène politique - il a refusé toute alliance électorale - en proposant à d'autres formations de voter son programme. Ce qui paraît assez aléatoire. Pour le moment, il a désigné jeudi dix-sept ministres d'un hypothétique "cabinet fantôme", comportant une majorité de professeurs d'université inconnus du grand public. Une procédure pour le moins inhabituelle qui lui vaut bien des sarcasmes. 

Quant au Parti démocrate, il apparaît comme un risque de retour au passé. 
Son secrétaire, Matteo Renzi, dramatise les enjeux avec véhémence. Vendredi encore, il diabolisait ses opposants, déclarant"craindre un pacte entre la Ligue et le M5S", une sorte de sainte alliance contre-nature, populiste et extrémiste, dont "l'Italie a tout à redouter".  
Les problèmes que la gauche n'a pas résolus pèsent sur ces législatives :

En cas d'impasse politique lundi matin
Le président du Conseil, Paolo Gentiloni, issu d'une lignée aristocratique mais membre du Parti démocrate (PD), qui gouverne depuis décembre 2016, ferait figure de recours. Démocrate apprécié de la gauche et fort de l'appui de ses semblables européens (Angela Merkel, coalition de centre gauche, ou Emmanuel Macron, ex-socialiste collaborateur de François Hollande), il n'a pas démontré qu'il a la fermeté pour continuer à piloter l'Italie dans une phase troublée. Lui aussi se déclare "très inquiet" de l'affirmation du populisme qu'il incarne pourtant à gauche, visant aussi bien la coalition de Silvio Berlusconi que le Mouvement 5 étoiles. "Ils risquent de remettre en cause les fondements européens érigés en soixante ans d'histoire", raconte-t-il en appelant à "un vote utile contre le populisme sous peine de retourner au passé". 
Les trois derniers présidents du Conseil (Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni) sont  membres du PD, ont appartenu à l'actuelle législature et leur parti se trouve sur la défensive. Il veut espérer un sursaut lui permettant de former le premier groupe au Parlement. 

samedi 25 juin 2016

Brexit: Hollande voulait le maintien de l'Angleterre; il veut maintenant s'en débarrasser au plus vite

Paris, fer de lance d'un divorce rapide après le Brexit; Berlin plus circonspect

Ayrault a plaidé samedi pour une ouverture rapide des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne

La porte, c'est par là...
Les Britanniques ont voté jeudi en faveur de la sortie de l'Union européenne, poussant le Premier ministre David Cameron à annoncer sa démission d'ici octobre et infligeant à la construction européenne le plus gros revers de son histoire.

Le chef de la diplomatie française a insisté sur la nécessité de "redonner du sens" à l'Europe sous peine de voir le populisme s'enraciner, avant une réunion des dirigeants allemand, français et italien lundi à Berlin et un conseil européen mardi et mercredi.
"Il faut dire aux Britanniques qu'on ne peut pas attendre. Il faut s'organiser dans l'intérêt commun", a dit Jean-Marc Ayrault dans l'avion qui le menait à Berlin pour une réunion des ministres des Affaires étrangères des six pays fondateurs de la Communauté européenne - France, Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg.

Depuis le référendum de jeudi, son homologue allemand se montre plus prudent. Frank-Walter Steinmeier, le ministre allemand des Affaires étrangères, a été moins expéditif sur les suites à donner à ce vote britannique, tout en insistant sur la nécessité de préserver le projet européen originel de "liberté et stabilité".
"Je crois qu'il est clair que nous sommes dans une situation qui ne permet ni l'hystérie, ni la paralysie", a-t-il déclaré, en appelant les dirigeants européens à s'attaquer aux défis de l'immigration, de la sécurité et du chômage.
"Nous ne devons pas agir de manière désordonnée et faire comme si les réponses étaient toutes prêtes. Mais après la décision des Britanniques, nous ne devons pas sombrer dans la dépression et l'inactivité", a-t-il insisté.
A Paris, François Hollande a de son côté insisté sur la nécessité d'adopter une position intransigeante, afin d'éviter que les Britanniques fassent traîner les négociations pour obtenir davantage de l'UE.

"Redonner du sens à l'Europe"

Après avoir multiplié les contacts avec ses partenaires européens depuis vendredi, le président français s'est entretenu samedi au téléphone avec le premier ministre grec, Alexis Tsipras. "L'un et l'autre sont convenus qu'il ne pouvait pas y avoir de période d'incertitude pour l'Europe, qu'il fallait qu'il puisse y avoir une totale clarté à la fois sur le calendrier et les procédures" de sortie du Royaume-Uni de l'UE, a fait savoir la présidence de la République.
"Nous devons en tirer toutes les conclusions et toutes les conséquences", avait auparavant déclaré François Hollande à l'Elysée. "Nous devons maintenant organiser cette séparation mais nous devons le faire en bon ordre et avec les règles qui sont celles prévues par les traités qui doivent être mises en oeuvre."

La réunion des ministres des Affaires étrangères à Berlin ne doit pas se focaliser sur le projet franco-allemand d'Union plus flexible 
"Il ne faut pas se fixer sur l'idée de flexibilité. Il existe déjà une Europe à deux vitesses", a rappelé Jean-Marc Ayrault. La France refuse ainsi de laisser une marge de manoeuvre plus grande aux pays qui ne sont pas prêts à une intégration plus forte.

Evoquant le Conseil européen qui s'ouvrira mardi à Bruxelles, le chef de la diplomatie française a estimé qu'il y aura  une "forte pression" sur David Cameron pour qu'il notifie au plus vite et officiellement à l'UE l'intention de son pays d'en sortir en invoquant l'article 50 du traité européen de Lisbonne.
"Il faut créer les conditions pour l'article 50. Il y a urgence", a martelé le bout-en train Jean-Marc Ayrault (ci-contre et en dessous) en soulignant que l'UE, qui a "respecté l'autonomie britannique et le référendum", ne peut pas patienter jusqu'à octobre "pour des raisons politiques internes", en l'occurrence la prochaine convention du parti conservateur britannique où le successeur de David Cameron devrait être choisi.
"Il faudra, à 27, se mettre d'accord et de dire qu'au-delà d'une certaine date, c'est fini", a poursuivi l'agaceur français (ci-dessus). "Il faut redonner du sens à l'Europe, sinon les populismes vont s'engouffrer dans la brèche."

Cameron et Johnson ne sont plus pressés

David Cameron a annoncé vendredi qu'il laissera le soin à son successeur d'invoquer l'article 50 qui déclenchera jusqu'à deux ans de négociations sur la sortie de son pays de l'UE.

Quant à son possible successeur, Boris Johnson, porte-parole du camp favorable à une sortie du Royaume-Uni de l'UE (le "Brexit") lors du référendum du 23 juin 2016, il a jugé qu'"il n'y actuellement nul besoin de se hâter (...). Il n'y a aucune raison de se précipiter à invoquer l'article 50".

Paris s'aligne sur les déclarations du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, vendredi.
"Cela n'a aucun sens d'attendre jusqu'au mois d'octobre pour tenter de négocier les conditions de ce départ", a-t-il dit dans un entretien à la chaîne allemande de télévision ARD.
"Ce n'est pas un divorce à l'amiable mais ce n'est pas non plus une affaire passionnelle", a-t-il ajouté.

Dans le camp des faibles, pour faire poids face à l'Allemagne sur la sortie du Royaume-Uni et les nouvelles propositions pour l'Europe, François Hollande s'alliera à Matteo Renzi en dînant avec le président du conseil italien, samedi à Paris, tout affaibli qu'il soit par deux défaites électorales, à Rome et Turin, avant que les trois dirigeants se retrouvent lundi à Berlin.

Le Conseil européen mardi et mercredi à Bruxelles sera la première étape,  selon lui, de la reconquête de la confiance des concitoyens dans l'Union, dont la France est un pays fondateur.
Au chapitre des initiatives qu'il faut prendre, l'agaceur français a énuméré vendredi les domaines suivants : sécurité, défense, protection des frontières, investissement pour la croissance et l'emploi, politiques industrielles, harmonisation fiscale et sociale, ainsi que renforcement de la zone euro et de sa gouvernance.
Le m'as-t- vu mènera par ailleurs samedi une série de consultations des partis politiques français et verra le président du Conseil européen, Donald Tusk, lundi matin à Paris.

lundi 20 avril 2015

Naufrage de clandestins: les soutiens au "printemps arabe" n'ont plus d'alibi

Coupables, les pays du monde qui ont fait sauter les pouvoirs forts du Proche-Orient 

Non, 
#JeNeSuisPasunSalaudEuropéen

L'auto-flagellation politiquement correcte des masos européens dépasse les bornes.
Pointée du doigt par les organisations vertueuses pour sa passivité, alors que les drames se succèdent en Méditerranée, l'Union européenne (UE)  est-elle plus responsable que les autres pays de la communauté internationale? 

Une réunion conjointe des ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères a été convoquée en urgence lundi 20 avril à 15 heures à Luxembourg. Et l'ONU ? Réclamée par le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, l'organisation d'un sommet extraordinaire des dirigeants européens est également à l'étude.
Quarante-huit heures après le naufrage, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, s'est exclamée: "les tragédies de ces derniers jours, de ces derniers mois, de ces dernières années, c'en est trop !" après coup, comme les autres, à son arrivée à Luxembourg, sans se presser, lundi. "Nous n'avons plus d'alibi. L'Union européenne n'a plus d'alibi, les Etats membres n'ont plus d'alibi." Une nouvelle "stratégie" concernant l'immigration doit être présentée à la mi-mai par le commissaire européen chargé du dossier, Dimitris Avramopoulos.

"L'Union européenne n'a pas de compétence pour le secours en mer mais, malgré tout, elle contribue au secours en mer avec six navires", a toutefois fait valoir sur France Inter le patron de Frontex, l'agence européenne chargée de la surveillance des frontières de l'UE. Avec "Triton", cette agence a pris le relais de Mare nostrum, l'opération européenne de surveillance et d'aide aux migrants mise en oeuvre par l'Italie, au grand dam des organisations humanitaires et des associations, qui dénoncent la faiblesse de ses moyens. Ces conseilleurs -et dénonciateurs- ne sont pas les payeurs. Quand ils agissent, de qui tiennent-ils les fonds dont ils disposent ? Ont-ils pleinement rempli leur rôle en Afrique sub-saharienne ?

En quoi l'UE est-elle la cause des drames de l'immigration clandestine ? 

659e clandestin en combien de jours?
Qui peut citer un pays d'Europe qui a appelé des migrants à prendre ces risques mortels ? Dimanche, au petit matin, quand  le naufrage du chalutier au large de la Libye a réveillé les belles consciences assoupies malgré plusieurs catastrophes similaires, ils n'étaient pas attendus. La tragédie a soudainement remis la pression sur les professionnels de la politique européenne et, par conséquent, du compassionnel. Un premier témoignage de survivants, recueilli par le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) avance le chiffre invérifiable de 700 personnes à bord d'un bateau qui avait chaviré dans la nuit de samedi à dimanche à environ 70 milles (130 km) des côtes libyennes. Depuis l'hôpital de Catane, un autre survivant a ensuite rapporté aux enquêteurs sicilien, où il avait été transporté dimanche, que le chalutier transportait quelque 950 personnes, dont une cinquantaine d'enfants et 200 femmes.
L'inflation des chiffres au fil des heures suscite une certaine suspicion.
"Nous allons recouper les témoignages et tâcher de savoir exactement combien ils étaient à bord", a d'ailleurs tempéré Carlotta Sami, porte-parole du HCR en Italie. Aucune nouvelle victime n'avait été retrouvée lundi par les garde-côtes italiens, qui ont confirmé le bilan officiel de "24 morts et 28 survivants". Le chalutier de 20 mètres de long avait "la capacité de transporter plusieurs centaines de personnes", selon les autorités.

Aujourd'hui  la gauche accuse aussi la Libye
La Libye, bombe migratoire au sud de l’Europe
La gauche "responsable mais pas coupable" n'est jamais à court de cibles. Même sans Kadhafi, "plutôt mourir que retourner au pays," assure Mohammed Abdi. Le jeune Somalien a côtoyé la mort, alors il connaît a priori le poids des mots. Il se souvient de la peur qui l’a noué quand le Zodiac a commencé à dériver, moteur cassé, au large des côtes de la Libye. C’était dimanche 12 avril, mer sans nuées et la Sicile si proche, le rêve à prtée de main. Le frêle esquif était pourtant emporté par des courants incertains.

Cent dix migrants somaliens étaient entassés sur ce canot sans quille conçu pour en contenir à peine le quart pour un pris de passage de 600 dollars (556 euros). "Nous, les Somaliens, on préfère rester entre nous pour éviter les bagarres avec les migrants d’autres pays", lâche Mohammed Abdi, qui ne craint donc pas ce que les Blancs exemplaires désignent du terme de ghetto. Ce dimanche-là, il n’a pas fallu longtemps au clandestin Somalien pour comprendre qu’avec le moteur cassé, il avait été inconscient du  risque qui brisait son rêve de Norvège. Il a été bien soulagé quand la vedette des garde-côtes libyens a surgi. Mais s'il a la vie sauve, il est maintenant dans une école à la façade vert pomme aménagée en centre de détention pour migrants à la sortie Est de Misrata, au cœur de cette Libye déchiquetée où s’affrontent les milices.
"Pour moi, retourner en Somalie, avec son insécurité et sa pauvreté, n’est pas envisageable. Je réessaierai de partir en Europe. Plutôt mourir que de renoncer…"  Sur la seule journée du dimanche 12 avril, les garde-côtes de Misrata ont intercepté 250 candidats à l’émigration vers l’Europe, Africains subsahariens dans leur écrasante majorité. 

Avec le retour du printemps, les départs en mer se multiplient et le chaos règne le long de la côte de la Tripolitaine, Libye, où se concentre l’essentiel des départs depuis l’Afrique du Nord. L'Italie est impuissante face à cette marée humaine et au défi migratoire que pose désormais à l’Europe une Libye dont l’Etat se relève avec les plus grandes peines du "printemps arabe". Après des chiffres records en 2014 – autour de 170.000 arrivées en Italie, puis partout en Europe –, la courbe s’envole depuis le début de l’année. "Avec les beaux jours, on dénombre en ce moment entre 300 et 700 migrants qui quittent la Libye chaque jour", estime un officier de renseignement de la coalition de milices qui contrôle Misrata.

Sur les lieux de départ en Tripolitaine, Zouara, Sabratha, Zaouïa, Garabulli, Al-Khoms, Zliten -points d’arrivée des routes méridionales traversant le Sahara, l’administration fantôme d’une Libye en guerre n'oppose plus qu’une barrière virtuelle aux flux migratoires sub-sahariens. Le chef-adjoint des garde-côtes ne sait plus que faire. "Je n’ai aucun soutien du gouvernement, se lamente-t-il. Sans aide, je ne peux rien faire pour lutter contre l’émigration illégale." Il ne dispose que de deux vedettes – l’une à Misrata, l’autre à Al-Khoms – pour les 600 km de côtes qui relèvent de sa compétence territoriale. Et la maintenance des bâtiments est devenue, à l’en croire, un véritable cauchemar depuis l’éclatement de la guerre en 2014 et la division du pays en deux gouvernements rivaux, l’un basé à Tripoli, à l'Ouest, et l’autre à Bayda, à l'Est. Un contrat avait ainsi été signé avec l’Italie pour la réfection de quatre vedettes, mais Renzi ne fait pas de miracle et n’a toujours pas restitué les bâtiments en raison de la confusion politique ambiante.

Les riches pays du Golfe détournent le regard

Impuissant, le lieutenant-colonel Alskir admet que le chiffre de dix à quinze embarcations de migrants quittant la Tripolitaine par semaine n'est "pas impossible". Se dirigent-ils 

La Libye est devenue un nid de guêpe qui repoussent les pays-frères, fussent-ils des Etats producteurs de pétrole. A Tripoli, siège du gouvernement de l’Ouest libyen auquel est affilié Misrata, les officiels appellent l'Europe à l’aide. Pourquoi l'Europe ? Parce que, culpabilisée par l'internationale socialiste, elle est compatissante. "L’Europe doit prendre sa part du fardeau, la Libye ne peut pas en supporter le poids toute seule", a estimé Mohammed Abou Al-Khair, le ministre du Travail, lors d’une conférence de presse solennelle à Tripoli le 14 avril. Depuis que les ambassades ont quitté la capitale en 2014 pour se relocaliser en Tunisie voisine, en attendant que se règle la crise de légitimité entre les deux pouvoirs rivaux, toute la coopération internationale sur la question migratoire en Libye s’est grippée. Et le reste du monde observe, passif.

Et les USA du Kenyan Obama délèguent aux flagellants d'Europe ...

En avril 2011, il y a quatre ans presque jour pour jour, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni avaient monté une coalition large -avec leurs alliés de l'OTAN et leurs partenaires de la coalition- pour répondre à la crise en Libye par l'élimination de Kadhafi, qui devait ramener la paix dans le cadre de l'ONU. Les démocrates occidentaux pensaient-ils servir les populations de Libye, comme de Tunisie et d'Egypte, en prenant fait et cause pour les rebelles du "printemps arabe" et en les livrant à l'incertitude de forces rivales, puis au chaos? 

Que sont devenus les grands démocrates occidentaux ?
Se sentent-ils concernés, voire responsables? Plutôt que d'avouer leurs erreurs pour ne plus les reproduire, ils se laissent aujourd'hui accabler par ceux-là mêmes qui les poussaient à soutenir les rebellions, au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et de la démocratie. Face aux islamistes qui tiraient déjà les ficelles, les nouveaux pouvoirs en place sont aujourd'hui dans l'incapacité de rétablir un pouvoir à la fois légitime et fort.    

Les démocrates apportent-ils les bonnes réponses aux problèmes du Proche-Orient ? Ou
les grands idéaux et les bons sentiments vont-ils encore ajouter du malheur au malheur ?

 

vendredi 19 septembre 2014

Renzi, le père de l’icône de la gauche européenne, suspecté de banqueroute frauduleuse

Le père du président du Conseil italien visé par une enquête
On choisit ses amis, pas ses parents...
Le choc est rude pour le populaire président du Conseil italien âgé de 39 ans, dont les débuts ont été très remarqués en Europe. Alors que Matteo Renzi peine à sortir son pays de la morosité, son père serait visé par une enquête pour banqueroute frauduleuse, à en croire jeudi Il Secolo XIX, le principal quotidien de la ville de Gênes.

Une affaire de vente d'entreprise. 

Le tribunal de Gênes suspecterait Tiziano Renzi d'avoir quitté le siège de sa société sans payer des arriérés de loyer pour les locaux de l'entreprise Chil Srl, implantée dans le domaine de la distribution de journaux et magazines. 
Le père de l'espoir de la social-démocratie européenne, poursuivi par le propriétaire des locaux, a entre-temps revendu la société à un entrepreneur génois, peu avant qu'elle ne soit déclarée en faillite en 2013. Un procédé qui a déclenché une procédure judiciaire pour banqueroute frauduleuse.

Il n'a pas encore été possible d'obtenir confirmation de l'affaire auprès du tribunal. Selon le quotidien génois, l'entreprise Chil avait été condamné en première instance à payer 11.000 euros de loyers et frais de justice. Bien avant les faits, de 1999 à 2003, Matteo Renzi et l'une de ses soeurs étaient les propriétaires officiels de la société, selon le journal.

Comme en France, l'Italie attend toujours le changement


Pour la troisième fois depuis 2007, en août 2014, l'Italie a replongé dans la récession. Son PIB a reculé de 0,2% au deuxième trimestre 2014, après une baisse de 0,1% au premier. Pour Matteo Renzi, dont les débuts ont été très remarqués en Europe, l'heure de vérité a sonné, alors qu'il est aux affaires depuis février dernier. Le gouvernement italien comprend au total 16 personnes dont la moitié sont des femmes est rajeuni, paritaire et resserré. Et ça change quoi ?

Un schéma italien à l'identique de la France de Hollande
Certes, les analystes ne s'attendaient pas à des miracles. Mais ces résultats plus mauvais que prévus compliquent l'équation de Matteo Renzi, qui espérait une sortie de crise afin de rétablir le plus rapidement possible la situation des finances publiques. La dette italienne culmine à plus de 2.000 milliards d'euros, dépassant 135% du PIB, et le déficit public menace de franchir le seuil fatidique des 3%. Confronté à un taux de chômage de 12,3%le plus jeune chef de gouvernement de l'Union européenne et ancien secrétaire général du Parti démocrate se retrouve au pied du mur, avec une popularité que Hollande lui envie.