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jeudi 27 février 2020

Macron va défier le coronavirus à Naples

Ce sommet est prévu de longue date et il ne peut plus reculer

Le président hypocondriaque sera présent au 
sommet franco-italien de Naples, avec masques et lingettes



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Va-t-il se frotter à l'italien ?

Ce sommet franco-italien 
à Naples ce jeudi doit acter "la relance" des relations bilatérales
, fortement ébranlées ces deux dernières années à la suite du rejet français du vote populaire qui a envoyé à Rome un gouvernement qui ne sied pas à Macron. Il s'agit pour Paris comme pour Rome de "relancer une relation bilatérale approfondie et de confiance", explique la présidence française.


Il y a un an, les relations s'étaient tendues entre les deux capitales, engagées dans une guerre des mots qui avait dégénéré avec les déclarations d'hostilité de Macron aux électeurs italiens lors de la formation d'un gouvernement conduit parla Ligue du Nord (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème).

La crise avait culminé début 2019 quand le vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio, avait rencontré en France un militant des Gilets Jaunes. Peu avant, le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini avait appelé le président français à la démission.
Les deux vice-présidents du Conseil italien avaient critiqué la France de Macron, observant notamment que Paris "appauvrit" l’Afrique et de se sert du franc CFA pour poursuivre leur œuvre colonisatrice en Afrique.
"L’Italie mérite des gouvernants à la hauteur de son histoire", avait lancé Macron, visant les deux vice-présidents du Conseil italien, Matteo Salvini (LN) et Luigi Di Maio (M5S), dimanche 27 janvier 2019.
Devant la presse au Caire, à la condamnation, Macron avait ajouté le mépris: "Bon courage et bonne agitation, bonne route; moi je parle au président (du Conseil Giuseppe) Conte", bien qu'il soit proche du Mouvement 5 étoiles.
Pour protester, Jupiter avait rappelé temporairement son ambassadeur en Italie, la plus grave crise diplomatique transalpine depuis 1945.

Les relations se sont progressivement normalisées depuis le départ, à l'été 2019, de la Ligue de Matteo Salvini, un journaliste, et l'arrivée d'un nouveau gouvernement Conte de coalition entre les 5 étoiles et le Parti démocrate, de centre-gauche. L'Opinion (Bey Media Presse Internet, Agence de presse photographique, d'information détenue par la société BEY MEDIA - Bey comme Beytout -, présidée par Nicolas Beytout, ancien des Echos) souligne cependant qu'au regard des sondages, "l’immigration, le cheval de bataille de La Ligue, reste un problème important pour la population italienne" et que "la politique anti-immigration de Salvini était plébiscitée".

La rencontre a été maintenue par les autorités italiennes en dépit de l'épidémie de pneumonie virale dans la péninsule, le pays européen le plus touché, avec 12 décès et 400 cas recensés, selon le dernier bilan des autorités.

"Il est important d'être présent" aux côtés des Italiens "dans ce contexte difficile" d'épidémie, raconte l'Elysée, comme si Mani 1er pouvait guérir les écrouelles - fistules tuberculeuses - par imposition des mains.

Macron sera protégé par un cordon sanitaire de onze ministres - pas moins - pour ce 35e sommet franco-italien, qui se tiendra jeudi après-midi au Palais royal de Naples en présence du président du Conseil italien Giuseppe Conte et douze membres de son gouvernement, alors que, fin décembre 2019 et malgré les manifestations de la gauche, les sondages montrent  qu'il continue d'engranger des opinions favorables.
"Nous avons traversé une période de crise", mais elle n'a "pas laissé de stigmates" et "la coopération est aujourd'hui bonne", affirment aujourd'hui les piqueurs de crises de l'Elysée, qui souligne de surcroît que Paris et Rome sont désormais "alignés" sur de nombreux dossiers, notamment européens, dont celui des migrants, sur lequel s'étaient cristallisées les tensions. Reste à soigner l'Europe de la Santé...

Les deux capitales veulent relancer le Traité du Quirinal 

Sur le modèle du traité franco-allemand, ce traité annoncé en 2017 devrait donner "un cadre plus stable et ambitieux" à la coopération franco-italienne.

Seront évoqués les grands dossiers économiques bilatéraux: la coentreprise Naviris, créée par l'italien Fincantieri et le français Naval Group; la future alliance PSA-Fiat; la ligne ferroviaire Lyon-Turin, dont le chantier a débuté.

Les discussions porteront aussi sur la situation en Libye, un dossier où les divergences se sont apaisées, et au Sahel, la France espérant que l'Italie s'engage davantage dans la lutte contre les groupes islamistes en guerre.

Avant la tenue du sommet, Macron fera une escapade culturelle dans le centre historique de Naples, à 2h30 de Rome. 

"C'est une ville très particulière, qui m'est chère", n'avait-il pas hésité à déclarer,
comme une starlette de cinéma, dans un entretien accordé à la RAI Uno, en mars 2019.
Après avoir visité la chapelle Sansevero, il se rendra avec le maire Luigi de Magistris au théâtre San Ferdinando, associé à la mémoire du dramaturge socialiste Eduardo de Filippo, auteur de la pièce... "l'Art de la comédie", qui valut à son auteur d'être accusé d'outrage à l'Etat !
Dans un entretien accordé à Elle en 2017, Brigitte Macron avait raconté que c'est "en travaillant" sur cette pièce que s'était nouée la relation amoureuse entre la professeur et l'élève Macron.

Le sommet se terminera par un
dîner de gala offert par le président social-démocrate  Sergio Mattarella, qui pourrait effectuer une visite d'Etat en France d'ici la fin de l'année. 
Personne à risque en espace peuplé confiné, nul ne sait si l'épouse sexagénaire sera du voyage et du banquet. Eventuellement avec ses touffes d'extensions capillaires ramenées un peu plus sur le nez ?

 


samedi 6 avril 2019

Castaner soupçonne les ONG de complicité avec les passeurs

Macron et Castaner, sur la même ligne que Salvini

"Les ONG ont pu se faire complices des passeurs," estime Castaner 

59098525-2BAB-4D5E-9A40-DB2DC5161FD2Le ministre de l'Intérieur appelle les ONG chargées de secourir les migrants en Méditerranée à "avoir une attitude responsable", car elles "ont pu se faire complices" des passeurs
Lors de la conférence de presse finale du G7 des ministres de l'Intérieur qui s'est achevé vendredi 5 avril, le ministre a dénoncé "une réelle collusion" ayant pu se produire avec les passeurs dans certains cas, tout en assurant que "les ONG jouent un rôle essentiel pour apporter de l'aide aux migrants". Sur la terre ferme, à la frontière franco-italienne, le militant anarchiste Cédric Herrou est l'un de ces passeurs, protégés des socialistes.
"On a observé que certaines ONG étaient en contact téléphonique avec des passeurs", a-t-il notamment révélé, appelant dès lors les associations à avoir "une attitude responsable".

Les propos du ministre de l'Intérieur rejoignent ceux de son homologue Italien Matteo Salvini. 
La veille devant la presse, ce dirigeant de la Ligue du Nord, souverainiste, populiste et identitaire, avait dénoncé le rôle des ONG en Méditerranée et avait affirmé avoir reçu le soutien de ses collègues français, allemand et britannique et de l'ensemble du G7 sur sa position. "A ma grande satisfaction, je ne suis pas le seul à avoir des doutes sur les ONG en Méditerranée. Ce n'est pas une position léghiste [de son parti, La Ligue] ou souverainiste", avait-il souligné.

Christophe Castaner se défend de tout "soutien" à Matteo Salvini.
"Ne cherchez pas à interpréter le fait que je vous rappelle cela comme un soutien ou un lien particulier qui existe avec Matteo Salvini." Selon lui "ces faits remontent à 2017", et argue que c'est "la majorité précédente en Italie qui avait établi que dans certaines circonstances et dans certains cas, certains bateaux d'ONG avaient des liens particuliers avec des réseaux de passeurs". Une référence à l'affaire du navire "Juventa", appartenant à "Jugend Rettet", une authentique ONG allemande, dont un témoin présent à bord, policier sous couverture, avait relaté au "Corriere della Sera"son abordage par des canots pneumatiques transportant des migrants.

L'ONG SOS Méditerranée n'a pas tardé à réagir
Contactée par RTL, sa porte-parole, la journaliste Sophie Rahal, garantit que les associations ne contactent "jamais les passeurs". "Je l'interprète comme une nouvelle manière de décrédibiliser notre travail", déplore-t-elle.


En vue des élections européennes de 2019, Salvini cherche à nouer des alliances sur la question de l’immigration avec des dirigeants comme Viktor Orbán (premier ministre hongrois depuis trois mandats sur une ligne politique fondée sur l'illibéralisme, les racines chrétiennes de l’Europe et contre l'immigration) et le plus jeune chef de gouvernement du monde (32 ans) Sebastian Kurz (Parti populaire autrichien). En revanche, le français Macron a des pudeurs de gazelle.

Précisons que contrairement à ce qu'en disent Castaner, Sophie Rahal, RTL ou France Culture, SOS Méditerranée n'est pas une ONG, mais une association civile et européenne de recherche et sauvetage en haute mer.

dimanche 3 mars 2019

Assurance chômage: Martinez épingle le "populisme" de Macron

La CGT s'emploie-t-elle à resserrer les liens avec le M5S et la Ligue du Nord en Italie

Les critiques de Macron visant des partenaires sociaux ont braqué 
Philippe Martinez

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Le secrétaire général de la CGT, s'est insurgé dimanche contre les critiques présidentielles adressées aux syndicats après l'échec des négociations sur l'assurance chômage, le 20 février.
Macron n'a pas hésité à reprocher aux syndicats et au patronat de se défausser de leurs responsabilités sur l'Etat.
"C'est très populiste. C'est proprement scandaleux", s'est indigné le secrétaire général de la CGT lors de l'émission BFM Politique, qualifiant de "très populistes" les accusations de Macron.
"Chaque jour dans le pays, on dit "corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire". Et quand on donne la main, on dit "mon bon monsieur, c'est dur, reprenez-la" ", avait raconté Macron, dans le langage archaïque qui est le sien, faisant parler les uns et les autres, sans se mettre en cause.

"Qui est responsable de cette situation ? Lui", a répliqué Martinez, moustache ébouriffée, désignant le président irresponsable, observant que la négociation était "impossible" avec une lettre de cadrage du gouvernement qui imposait aux partenaires sociaux de trouver 4 milliards d'euros d'économies. C'est la technique habituelle du banquier : c'est au client de se tirer lui-même d'affaire avant de revenir. 

P. Martinez a également pointé Macron pour sa stratégie d'amalgame de tous les partenaires sociaux "dans le même sac"

La CGT dénonce le refus par le MEDEF du bonus-malus, promesse de campagne d'Emmanuel Macron pour réduire le recours aux contrats courts, .
"Pourquoi il ne dit pas publiquement 'le Medef ne veut pas de bonus-malus' ? Pourquoi il englobe ? A moins qu'il ne veuille pas se fâcher avec ses amis du Medef et préfère se fâcher avec tout le monde", a soupçonné Philippe Martinez.

Martinez a ainsi critiqué la décision du Président de défiscaliser les heures supplémentaires, pour répondre à la grogne des "gilets jaunes".
"Plus on avance dans le quinquennat de M. Macron et plus je me dis que c'est lui le 'vieux monde' ", a-t-il encore souligné.
"C'est une idée de Sarkozy. Alors, qui symbolise le vieux monde ?", a interrogé Martinez, s'amusant du fait qu'Emmanuel Macron aille "chercher les idées d'un président de la République d'il y a 10 ans", dans le contexte du début des années 2000.

samedi 3 mars 2018

Législatives en Italie: la part de proportionnelle annonce une coalition et de l'instabilité

Le populisme de gauche ne fait plus recette

Les Italiens renouvellent leur Parlement dimanche dans la crainte des effets de la proportionnelle et d'une période d'instabilité politique

L'Italie en phase de redressement économique vote dimanche à l'issue d'une campagne des législatives qui se tiennent à la suite de la dissolution du Parlement du 28 décembre 2017 et consécutive à l'adoption, par le Parlement en octobre 2017, d'une nouvelle loi électorale régissant les modalités propres aux élections générales rendue nécessaire après l'abrogation partielle de la loi Calderoli et la censure, par la Cour constitutionnelle, de la loi électorale votée par les parlementaires en 2015 et baptisée 'Italicum'.
Or, le mode d'élection des membres du Sénat de la République restait régi par la loi du 21 décembre 2005. Cependant, la loi avait été jugée en partie inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle en décembre 2013.
Une réforme électorale a donc été entreprise en 2017 pour unifier ces deux modes électoraux qui risquaient de rendre l'Italie ingouvernable du fait de leurs divergences. C'est ainsi que la loi Rosatellum bis a été promulguée le 3 novembre 2017 pour instaurer un système mixte pour les deux chambres du Parlement. Il s'agit donc de la loi applicable pour ce scrutin, régime électoral qui n'a pu être appliqué une seule fois.
Les élections se déroulent sur un seul tour de scrutin, le dimanche 4 mars, de 7 h à 23 h, et utilisent un système proportionnel mixte, avec 37 % de sièges attribués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et 63 % au scrutin proportionnel, dont 2 % réservés pour les Italiens résidant à l'étranger (vote par correspondance uniquement).
Le Sénat et la Chambre des députés utilisent tous deux la méthode de Hare pour l'attribution des sièges.
Le seuil est de 3 % pour avoir des élus à la proportionnelle (plus un seuil de 20 % sur une base régionale au Sénat). Ce seuil est porté à 10 % pour les coalitions. En dessous de 1 %, les voix obtenues par les partis en coalition ne comptent pas.

Les coalitions de plusieurs partis voient ainsi leurs candidats élus en commun par l'addition de l’ensemble de leurs voix au scrutin majoritaire dans chacune des circonscriptions, tandis que chacun des partis de la coalition se voient attribué des sièges à la proportionnelle selon ses voix propres, obtenus par vote direct ou fractionné.
La chambre des députés est élue sur un bulletin de vote unique. Le bulletin de vote comprend le candidat au scrutin uninominal de la circonscription et les partis et les listes qui le soutiennent, ce qui est utilisé pour déterminer l'
attribution proportionnelle des sièges au niveau régional, avec un seuil minimal de 3 %. Comme pour la chambre basse, le Sénat est élu sur un bulletin de vote unique.
Marqué par la perte d'influence de la gauche disqualifiée par son idéologie, ce scrutin met en oeuvre cette loi électorale voulue par la gauche démocrate et écologiste au pouvoir. 
Selon Marc Lazar, socio-politologue français et spécialiste des gauches et de la vie politique italienne, elle pourrait "avantager les partis du centre droit bien implantés dans le nord du pays et favoriser le Parti démocrate dans la partie centrale du pays, son grand bastion qui tend néanmoins à se lézarder. A priori, le nouveau mode de scrutin pénalise le Mouvement 5 étoiles, qui est fort, mais isolé. En cette veille du scrutin, il semble improbable qu’une majorité claire se dégage à la Chambre des députés et au Sénat, même si le centre droit semble porté par une dynamique électorale qui pourrait peut-être lui permettre de l'emporter". 
Pour Raffaele Landani, professeur de science politique à l'université de Bologne, "l'Italie demeure divisée en deux blocs, l’un de droite et l’autre de gauche, qui ne parviennent pas à avoir une majorité claire forte et stable. Le 4 mars, on risque de voir se répéter le scénario que nous avons connu ces vingt-cinq dernières années, marquées par une alternance entre gouvernements populistes et gouvernements techniques.". 
Selon la fondation Robert-Schuman, étant "davantage proportionnelle que majoritaire, [elle] ne garantit en rien la constitution d’une majorité post-électorale stable".

L'Italie donnera son verdict malgré un système électoral mettant en péril l'avenir du pays 

La loi électorale impose d'obtenir une majorité absolue de 315 sièges de députés (40 % des suffrages) pour être en mesure de former un gouvernement. A deux jours du scrutin, seule la coalition de centre droit dirigée par Silvio Berlusconi paraissait en mesure d'y arriver. En l'absence de sondages interdits dans la dernière phase de la campagne, il fallait s'en tenir aux indiscrétions provenant des partis. Silvio Berlusconi qui n'est pas éligible affirme que sa coalition obtiendra la majorité absolue et qu'au sein de cette coalition Forza Italia, sa formation affiliée au Parti populaire européen (PPE), aurait une voix prépondérante. 
Seulement si ces deux conditions étaient remplies, il pourrait désigner celui qui serait appelé à devenir le futur président du Conseil. Berlusconi a déjà indiqué son choix: Antonio Tajani. Catholique modéré aux lettres de créance européennes impeccables, le président du Parlement européen (65 ans) a confirmé jeudi qu'il était prêt à quitter son fauteuil à Strasbourg. 

La gauche se délite.
Elle n'est pourtant pas convaincue d'une victoire aussi facile de la coalition de centre droit. En fait, il semble qu'elle dépende encore des résultats d'une trentaine de circonscriptions où la compétition est particulièrement tendue, dans les grandes villes et dans le Sud. Si la coalition de centre droit sortait victorieuse, mais que Forza Italia ne l'emportait pas, Matteo Salvini,  député européen depuis 2004 et secrétaire fédéral de la Ligue du Nord (LN), se proposerait pour aller au Palais Chigi. Un duel féroce l'oppose à Silvio Berlusconi, dont il est l'allié et néanmoins le rival. Son parti, la Ligue (ex-Ligue du Nord), est une formation nationaliste, eurosceptique et alliée à Marine Le Pen. Orateur rugueux de 45 ans, Salvini a eu recours dans cette campagne aux thèmes que la gauche qualifie de "sécuritaires et racistes" pour s'attirer un électorat déçu qui compte encore un grand nombre d'indécis à la veille du scrutin et que la gauche sortante n'a pas convaincu. 

Les autres formations sont au coude à coude. 
A commencer par le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème). 
Crédité de 28 % à 29 % des suffrages, il deviendra sans doute la première force politique du pays. Son leader, le jeune Luigi Di Maio (31 ans), est convaincu de pouvoir briguer la présidence du Conseil. Le M5S devra toutefois compenser son isolement sur la scène politique - il a refusé toute alliance électorale - en proposant à d'autres formations de voter son programme. Ce qui paraît assez aléatoire. Pour le moment, il a désigné jeudi dix-sept ministres d'un hypothétique "cabinet fantôme", comportant une majorité de professeurs d'université inconnus du grand public. Une procédure pour le moins inhabituelle qui lui vaut bien des sarcasmes. 

Quant au Parti démocrate, il apparaît comme un risque de retour au passé. 
Son secrétaire, Matteo Renzi, dramatise les enjeux avec véhémence. Vendredi encore, il diabolisait ses opposants, déclarant"craindre un pacte entre la Ligue et le M5S", une sorte de sainte alliance contre-nature, populiste et extrémiste, dont "l'Italie a tout à redouter".  
Les problèmes que la gauche n'a pas résolus pèsent sur ces législatives :

En cas d'impasse politique lundi matin
Le président du Conseil, Paolo Gentiloni, issu d'une lignée aristocratique mais membre du Parti démocrate (PD), qui gouverne depuis décembre 2016, ferait figure de recours. Démocrate apprécié de la gauche et fort de l'appui de ses semblables européens (Angela Merkel, coalition de centre gauche, ou Emmanuel Macron, ex-socialiste collaborateur de François Hollande), il n'a pas démontré qu'il a la fermeté pour continuer à piloter l'Italie dans une phase troublée. Lui aussi se déclare "très inquiet" de l'affirmation du populisme qu'il incarne pourtant à gauche, visant aussi bien la coalition de Silvio Berlusconi que le Mouvement 5 étoiles. "Ils risquent de remettre en cause les fondements européens érigés en soixante ans d'histoire", raconte-t-il en appelant à "un vote utile contre le populisme sous peine de retourner au passé". 
Les trois derniers présidents du Conseil (Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni) sont  membres du PD, ont appartenu à l'actuelle législature et leur parti se trouve sur la défensive. Il veut espérer un sursaut lui permettant de former le premier groupe au Parlement. 

dimanche 23 août 2015

Les "printemps arabes" continuent de provoquer l'exode de masse de Lybiens et de Syriens

Trois mille migrants secourus au large des côtes libyennes

La marine et les garde-côtes italiens sont  venus en aide à quelque 3.000 clandestins
Ici, la Macédoine fait obstacle à l'entrée de clandestins syriens venus de Grèce

Ces illégaux étaient bloqués sur des embarcations au large des côtes libyennes,annoncé Matteo Renzi, samedi 22 août

La réception d’appels à l’aide de dix-huit bateaux avait déclenché cette vaste opération. Au moins sept bâtiments – six italiens et un norvégien – y ont participé. Selon des témoignages recueillis par la police, parmi ces 3.000 personnes, 432 personnes sauvées sur l’un des navires de fortune disent avoir dû verser 2.000 euros auprès de passeurs pour le trajet de l’Egypte à l’Italie. L’embarcation était dix fois plus chargée que sa capacité ne le permettait, de nombreux individus étant alors confinés dans la cale. Ceux-ci devaient payer davantage s’ils souhaitaient prendre l’air, affirment les migrants interrogés.

Les principaux naufrages de migrants depuis janvier 2015 (routes Afrique-Europe)
(D'après les données du collectif The Migrants Files).

Les populations locales s'opposent à leur débarquement


La mission de samedi a déclenché de virulentes critiques de la gestion de la crise migratoire par le premier ministre, M. Renzi. "C’est une blague. Nous utilisons nos propres forces pour effectuer le travail des passeurs et faire en sorte que nous soyons envahis", a déclaré Maurizio Gasparri, sénateur du parti de centre droit Forza Italia de Silvio Berlusconi. 
Lire aussi le décryptage : Peut-on aller détruire les embarcations des migrants comme le suggère Eric Ciotti ? 
Le patron de la Ligue du Nord, formation farouchement opposée à l’immigration, a appelé le gouvernement à rediriger les naufragés vers des plates-formes pétrolières italiennes inutilisées au large de la Libye : "Aidez-les, secourez-les et prenez soin d’eux : mais ne les laissez pas débarquer ici ", a ainsi écrit Matteo Salvini sur sa page Facebook.

Nombre de migrants morts ou disparus en mer Méditerranée (au 21 avril 2015)

2015
1,776
1,500
2011
500
2012
700
2013
3,500
2014
1,776
2015
 

Plus de 104.000 migrants d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie du Sud ont atteint les ports d’Italie méridionale depuis le début de cette année après avoir été secourus en Méditerranée. Quelque 135.000 autres sont arrivés en Grèce et plus de 2.300 sont morts en mer après avoir tenté de rallier l’Europe par l'entremise de passeurs.
Arrivées par nationalité sur les côtes d'Italie, de Malte et de Grèce 
entre janvier et avril 2015
SyrieErythréeSomalieAfghanistanNigeriaGambieSénégalMaliSoudanCôte d'IvoireAutres0200040006000800010000UNHCR
Autres
 arrivées: 10 848


La police de Palerme, en Sicile, a annoncé samedi avoir arrêté six Egyptiens
soupçonnés d’avoir été les passeurs
de personnes retrouvées à bord d’un bateau surchargé et à la dérive le 19 août. 

L’Europe se déchire sur le sort des migrants

La Commission européenne a fixé des "clés" pour la répartition forcée entre tous les Etats membres
de 40.000 demandeurs d’asile arrivés en Grèce et en Italie et 24.000 réfugiés des Nations-Unies. Le mécanisme, défini comme "d’urgence, provisoire et exceptionnel" a, dès le début, suscité des réticences. Aujourd’hui, on recense une douzaine de pays qui y sont catégoriquement hostiles et une douzaine d’autres – dont la France – qui critiquent le mode de calcul utilisé et/ou le caractère contraignant de la mesure.

La Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, qui forment le " Groupe de Visegrad" », ont jugé "inacceptable" l’idée de "quotas obligatoires". L’Espagne y est également opposée, les Etats baltes se disent totalement démunis pour l’accueil de Syriens ou d’Erythréens, la Grèce et l’Italie.

La Macédoine a déclaré l'état d'urgence et bloque l'entrée du pays aux Syriens.
VOIR et ENTENDRE ce reportage en anglais sur la frontière avec la Macédoine où se multiplient les incidents avec les réfugiés syriens en provenance de Grèce: