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samedi 15 juin 2019

Discours de politique générale : les Français ne marchent pas...

L’exécutif peine à se rendre crédible

Les Français ne sont pas convaincus d'un possible changement de style et de méthode 

Résultat de recherche d'images pour "fusible Matignon"
Suite au discours de politique générale de Philippe devant l’Assemblée Nationale, le 12 juin, et aux récentes interventions de Macron, 80% estiment qu'ils ne sont pas capables d'un changement de style et de méthode pour l'Acte 2 du quinquennat en cours (+4 par rapport au 26 avril, au lendemain de l’intervention télévisée du président), selon l'enquête Elabe du 14 juin. A l’inverse, seuls 19% arrivent à croire en un changement du style et de la méthode. Par rapport au 14 janvier 2019, après l’annonce du "grand" débat national, ce taux est même inférieur de ...13 points.

D’un point de vue politique, ce changement de politique et de style annoncé par l’exécutif ne convainc qu’une minorité auprès de l’ensemble des électorats, y compris auprès des électeurs de Macron : seuls 41% croient en un changement de style.

La crédibilité des baisses d’impôts progresse, mais reste minoritaire

Alors que, mercredi dernier, le premier Ministre a annoncé sa volonté de baisser le taux d’imposition des deux premières tranches, 58% des Français jugent que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, 42% estiment qu’elle l'est.
A noter que la crédibilité d’une baisse d’impôt, bien que minoritaire dans l’opinion publique, serait en hausse progressive depuis plusieurs mois : 26% jugeaient crédible la baisse d’impôts de 6 milliards annoncée par Macron fin septembre 2018, 29% l’annonce par Edouard Philippe de baisse d’impôts à la restitution du grand débat national, et 37% lors de l’intervention d’Emmanuel Macron fin avril 2019.

A cette date, l’annonce de la baisse d’impôt sur le revenu apparaît crédible à 73% des électeurs LREM et 52% des LR. 
En revanche, 73% des électeurs de Marine Le Pen et 68% de ceux de Jean-Luc Mélenchon affirment ne pas y croire.

Le tournant écologique : les Français ne le jugent pas crédible.

Après que le premier Ministre a annoncé que "les douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique", 70% des Français estiment que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, seuls 29% estiment qu’elle l’est.

Cette annonce n’apparaît pas crédible auprès d’une majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (84%), de Marine Le Pen (84%) et de LR (61%). Si une majorité apparaît convaincue auprès des électeurs de Macron au 1er tour de l’élection présidentielle, ce taux n’est que de 58%.

Politique de l’exécutif : si près d’un Français sur deux estime que les promesses de campagne sont tenues, l’efficacité de la politique du gouvernement reste jugée très négativement

46% des Français estiment que la politique menée depuis le début du quinquennat est conforme aux engagements de campagne, un chiffre en nette hausse (+8) par rapport à début mai.

En revanche, elle est jugée inefficace pour réduire les inégalités entre territoires (79%), pour réduire le déficit public (78%), injuste (78%, +5) et inefficace pour améliorer le pouvoir d’achat (77%).

71% (stable) estiment également qu’elle ne permet pas d’améliorer la situation du pays et 66% (-1) qu’elle est inefficace pour relancer l’économie.
La hausse du jugement concernant les promesses de campagne est attribuée une progression de 19 points auprès des électeurs de LR, à 65%.

Si l’électorat macronien dresse un bilan plus positif, il reste néanmoins en majorité négatif sur les sujets essentiels
de justice fiscale (52% de 'non'), 
de réduction du déficit public (54% de 'non'), 
de réduction des inégalités entre territoires (60%) 
et est divisé sur l’amélioration du pouvoir d’achat (51% de 'non', 48% de 'oui').
Ne parlons donc pas de croissance...

PMA : une majorité de Français favorable à son élargissement aux femmes seules et aux couples de femmes

Suite à l’intervention de l’Edouard annonçant l’examen à l’Assemblée Nationale en septembre de l’élargissement de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, 53% des Français affirment y être favorables, dont 23% très favorable. A l’inverse, 30% y sont opposés, dont 15% très opposés. 17% déclarent y être ni favorable ni opposé.

Logiquement, les femmes apparaissent nettement plus favorables que les hommes (58% pour les femmes contre 47% pour les hommes) à sa mise en place. D’un point de vue de l’âge, le taux d’approbation est relativement homogène, l’unique différence se situant dans une plus grande indifférence ou indécision chez les plus jeunes (environ 20%), alors que les plus âgés s’y opposent légèrement plus (environ 30%).

D’un point de vue politique, environ deux tiers des électeurs de gauche Jean-Luc Mélenchon (62%), de Benoît Hamon (73%) et d’Emmanuel Macron (63%) y sont favorables. En revanche, auprès des électeurs de LR, l’élargissement de la PMA à toutes les femmes recueille une opposition majoritaire (50%, contre 37% favorables).

Les électeurs de Marine le Pen sont plutôt favorables mais assez divisés : 45% y sont favorables, 32% opposés et 23% ni favorables, ni opposés.

Répartition des rôles au sein de l’exécutif

Un Français sur deux estiment que la répartition actuelle est bonne, mais seulement 32% (+10) souhaiteraient qu’Edouard Philippe ait un rôle plus important.

Invités à se prononcer sur la répartition des rôles entre l'Elysée et Matignon, une majorité relative (48%, -13 par rapport à janvier 2018) estime que la répartition actuelle des rôles est la bonne.

En revanche, 32% (+10) pensent que Philippe devrait avoir un rôle plus important, ce qui interroge sur la cohérence de cette opinion au regard de ce l'image qu'il donne de lui, ci-dessous, et que Macron devrait être plus en retrait, un niveau en nette hausse par rapport à janvier 2018. Enfin, seulement 18% (+3) jugent que Macron devrait avoir un rôle plus important.

Si 61% des électeurs de Macron au 1er tour jugent que la répartition actuelle est la bonne, ce taux est en baisse de 22 points, au détriment d’un souhait croissant que l’Edouard ait un rôle plus important (28%, +22).
Les autres principaux électorats sont plus nuancés, même si une majorité relative fait le constat d’une bonne répartition. Cependant, le souhait d’un rôle plus important de Matignon progresse auprès de tous les électorats.

Edouard Philippe : une image qui s’est durcie et dégradée en un an et demi

Par rapport à la mesure réalisée les 23 et 24 janvier 2018, l’image du Premier Ministre s’est nettement dégradée.
Alors que le dynamisme et la volonté de vraiment changer les choses étaient les qualificatifs les plus attribués il y a un an et demi, ils le sont aujourd’hui nettement moins : -13 points pour le dynamisme (46%) et -10 points pour la volonté de vraiment changer les choses (46%).

Edouard Philippe est aujourd’hui d’abord jugé autoritaire [borné?] par 56% des Français (+2) et inquiète un Français sur deux (50%, +4). 50% lui accordent un certain courage.

Il n’est jugé honnête et sympathique plus que par 42% (-12) et 39% (-13) des Français.

Sa capacité à réformer le pays est en nette baisse aux yeux des Français (-12) à 36%, alors que moins d’un tiers (31%) estiment qu’il obtient des résultats.

Enfin, seuls 26% lui attribuent une certaine proximité, en baisse de 9 points en un an et demi.

En comparaison avec Emmanuel Macron (mesure du 30 janvier 2019), Philippe possède quelque avantages comparatifs, notamment sur ses qualités humaines : il est jugé nettement moins autoritaire (56% contre 78%), plus honnête (42% contre 35%), sympathique (39% contre 35%) et proche (26% contre 19%).
En revanche, il est jugé nettement moins dynamique que le Président de la République (46% contre 70%) et légèrement moins en capacité de réformer le pays (36% contre 43%).

En un an et demi, son image politique s'est dégradée très nettement auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen (15 à 20 points de moins selon les qualificatifs).
Auprès des électeurs de Les Républicains, l’image du locataire de Matignon est en baisse d’une dizaine de points mais reste assez positive (scores supérieurs à 50%), hormis sur sa proximité et sa capacité à obtenir des résultats.
Auprès des électeurs de Macron, son image reste bonne et est relativement stable, hormis une baisse d’une dizaine de points sur son dynamisme et sa capacité à réformer le pays. Il est également jugé légèrement moins proche et sympathique auprès de cet électorat.

vendredi 3 août 2018

L'affaire Benalla révèle les préférences politiques des sondeurs


Une entreprise de sondages engage sa fiabilité en contredisant des concurrentes

Deux sondages indiquent ce qu'ils voudraient que soit la popularité de Macron

Les sondeurs sont-ils fiables et leurs enquêtes, crédibles ?
Diffusées le même jour, jeudi, ces enquêtes réalisées dans le même temps, les 25 et 26 juillet, livrent les volontés des commanditaires d'opposition, le HuffPost et CNews, d'une part, et celles des macroniens, Les Echos et Radio Classique, d'autre part. 

Les premiers, propriété du groupe socialiste Le Monde (détenu à 85 % par les hommes d'affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse), d'un côté, et du groupe Canal+ (Vivendi de Vincent Bolloré), de l'autre, donnent la popularité d'Emmanuel Macron en forte baisse (- 5), tandis que les seconds, des entreprises de sondages choisies par la majorité présidentielle, le créditent d'une légère hausse (+ 2 points), en pleine affaire Benalla.


Pour YouGov, sa popularité chute de 5 points en un mois et Emmanuel Macron atteint son plus bas niveau dans ce baromètre depuis son entrée en fonction avec 27% seulement de jugements positifs.
Le chef de l'Etat perd notamment 18 points auprès des sympathisants des Républicains (LR) et 4 auprès de ceux du Parti socialiste et des écologistes, selon cette enquête réalisée les 25 et 26 juillet pour le HuffPost et CNews.

Pour Elabe, en revanche, la cote de confiance du chef de l'Etat progresse de deux points en un mois.
Selon cette autre entreprise commerciale, avec 36% des Français interrogés qui lui font confiance "pour affronter efficacement" les problèmes du pays, Emmanuel Macron ne semble pas pâtir de l'affaire de "barbouze" que lui vaut son amitié pour Benalla. Mieux, elle refait une partie du terrain perdu le mois précédent ! Si ce n'est pas du volontarisme... La proportion de ceux qui ne lui font "pas confiance" reste stable, de surcroît, à 60%.

Or, cette enquête paradoxalement positive est une commande du pôle média du groupe LVMH, dont l'actionnaire majoritaire est le groupe Arnault (via la holding Christian Dior), lequel est actuellement dirigé par l'homme d'affaires Bernard Arnault. Au second tour de l'élection présidentielle française de 2017, il fit connaître haut et fort son soutien à Emmanuel Macron, jugeant son programme "raisonnable et courageux". Par ailleurs, ses deux fils, Frédéric Arnault et Jean Arnault, connaissent bien Brigitte Macron puisqu'elle fut leur professeur de français. Cette commande a été réalisée quelques jours après la précédente, les 31 juillet et 1er août, alors que l'intérêt pour l'affaire était déjà très marqué. La déclaration de Macron au cénacle de ses partisans à la Maison de l'Amérique latine date du 25 juillet.


Selon Elabe, la condamnation de la proximité entre Macron-Benalla ne pèserait pas

Huit Français sur dix qui se disent choqués par les révélations sur les violences et privilèges du favori du président Macron, ne suffisent pasà entamer le militantisme des sondeurs : selon l'entreprise Elabe, la confiance dans le chef de l'Etat progresserait, notamment auprès des jeunes (+14 chez les 18/24 ans). L'effet Coupe du monde ?

Une contre-offensive pour plaire au prince.
Plusieurs enquêtes publiées depuis le début de l'affaire ont donné le chef de l'État à la baisse (YouGov, Ifop, Ipsos), Harris Interactive - une entreprise internationale d’études marketing - mise toujours sur Macron et le crédite en revanche d'une hausse de deux points. 

Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'IFOP - entreprise détenue à 75% par l'ex-patronne du MEDF, Laurence Parisot - , affirme que  si l'affaire Benalla "a eu un impact réel", "il n'y a pas de rupture d'opinion", les critiques majeures des Français portant dans les différentes enquêtes sur les questions économiques et sociales. Invraisemblable : si "les gens" ne ressentent pas la croissance en berne ou la balance commerciale en déséquilibre chronique, ils vivent la baisse de leur pouvoir d'achat et la hausse continue du chômage !  

Le Premier ministre est stable pour sa part dans l'enquête YouGov, avec 30% de jugements positifs. Comme on peut s'en douter, il gagne en revanche quatre points dans le sondage Elabe à 35%, mais, malgré cela, 54% (-3) des personnes interrogées ne lui font pas confiance à la tête du gouvernement.

Enquête YouGov réalisée en ligne du 25 au 26 juillet auprès de 1.017 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Sondage Elabe en ligne les 31 juillet et 1er août auprès de 1.007 personnes, selon la même méthode. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

dimanche 13 novembre 2016

L'élection de Trump n'arrange pas l'U.E. en crise de légitimité

L'élection de Trump tombe mal pour une UE minée par le rejet de la gauche 'politiquement correcte'

La gauche battue accuse ses vainqueurs de populisme. 
Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage ?

Le candidat républicain a fondé sa campagne sur
 la promesse de"rendre sa grandeur à l’Amérique":
 insupportable !
Confrontée à une montée de la contestation des peuples, l'Union européenne n'avait pas besoin de l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche pour perdre de sa crédibilité. 
Fragilisée par le séisme du Brexit et déstabilisée par des courants qui la remettent en cause, les ministres des Affaires étrangères de 28 pays membres de l'Union Européenne se sont interrogés sur les conséquences de cette victoire surprise et de son inadéquation avec les problèmes de l'heure, dimanche, lors d'un dîner à Bruxelles. Car après les formules diplomatiques et autres invitations officielles lancées mercredi dès l'annonce du résultat, des inquiétudes s'expriment désormais ouvertement chez nombre de dirigeants européens face à la nouvelle donne dans les relations avec un partenaire historique. 

Le président de la Commission européenne, 
J.-C. Juncker (d), et le président du Conseil, 
Donald Tusk, le 30 octobre 2016 à Bruxelles
"Il est vrai que l'élection de Donald Trump comporte le risque de voir les équilibres intercontinentaux être dérangés quant à leur fondement et quant à la structure", a craint vendredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors d'un débat à Luxembourg. Celui qui mercredi, conjointement avec le président du Conseil européen, Tusk, un autre Donald, avait convié le président élu des Etats-Unis à un sommet UE-USA en Europe dès que possible, s'est ensuite un peu lâché. 

Juncker lâche ses coups contre le président élu américain 

Evoquant les lacunes en géographie de Donald Trump  - qui en juin avait fait un lapsus qualifiant la Belgique de "ville magnifique" -, le chef de l'exécutif européen a lancé: "Il faudra que nous apprenions au président désigné ce en quoi consiste l'Europe. (...) Je crois que nous aurons deux années de temps perdu jusqu'à ce que M. Trump ait fait le tour du monde qu'il ne connaît pas". 

L'arrivée d'un président Hollande inexpérimenté n'avait pas suscité la même perplexité officielle
L'irruption d'un nouveau débutant en politique  étrangère comme partenaire de travail obligé sur des dossiers ultra sensibles tels le conflit syrien, l'Ukraine ou le changement climatique, survient alors que l'UE traverse la période la plus tourmentée de ses 60 ans d'histoire et ce n'est pas Ayrault qui pourra le guider dans ses premiers pas. Entre la crise migratoire aigüe, le terrorisme, l'endettement en zone euro, l'attitude jugée menaçante de la Russie à l'Est, puis le choc du Brexit en juin - sur fond de montée de rébellion des peuples souverains -, beaucoup prennent peur en pensant à de possibles répliques du "séisme" du Brexit.  Le terme est dû au journal Le Monde qui reproche aussi au tombeur d'Hillary Clinton, la candidate démocrate, d'avoir eu cinq enfants en trois mariages...

"La victoire de Trump est le signe que la démocratie libérale est en train de rapidement devenir un mouvement de résistance", s'est inquiété cette semaine le chef des libéraux au Parlement européen et ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, exhortant les Européens à "se réveiller" pour défendre leurs valeurs. 
Il faisait ainsi écho au pessimisme de Donald Tusk avant le référendum britannique du 23 juin, avertissant que le Brexit pourrait conduire à la "destruction non seulement de l'Union européenne, mais aussi de la civilisation politique occidentale". 

Les technocrates de Bruxelles auraient-ils senti le souffle du boulet ?

Le rôle des Etats-Unis comme leader mondial des démocraties libérales occidentales depuis 1945 "se heurtait déjà à des vents contraires", rappelle à Bruxelles Fabian Zuleeg, du think tank European Policy Centre (EPC) supposé travailler sur le bon fonctionnement du processus d’intégration communautaire. "Mais une administration Trump va renforcer les tendances isolationnistes aux Etats-Unis, anticipe cet 'expert', ce qui portera un coup supplémentaire à ce rôle de leader".
 
A l'approche de grands rendez-vous électoraux dans plusieurs Etats membres (Autriche début décembre, Pays-Bas, France, puis Allemagne en 2017), les craintes des dirigeants européens portent aussi sur l'effet stimulant du vote américain sur des électeurs éclairés par la multiplication d'exemples dérangeants pour les technocrates de Bruxelles. Le Britannique Nigel Farage, Marine Le Pen ou encore le Premier ministre hongrois Viktor Orban, mal considérés de Bruxelles pour leurs discours en faveur du contrôle de l'imiagration aux portes de l'Union européenne, ont été parmi les premiers à se féliciter de l'élection de Donald Trump. "Nous allons pouvoir revenir à la vraie démocratie, aux discussions honnêtes, loin des contraintes paralysantes du politiquement correct", a prédit Viktor Orban, saluant ce "grand moment" où "la civilisation occidentale a réussi à se libérer de l'emprise d'une idéologie". 

Pour certains experts en géopolitique, le tableau n'est toutefois pas complètement noir et l'arrivée d'un Trump décapant à la Maison Blanche devrait être l'occasion pour les Européens de revoir leurs certitudes et d'unir leurs forces, par exemple sur la sécurité et la défense. "C'est la première fois que les alliés européens de l'Otan font face à la dure réalité d'un engagement américain qui pourrait s'avérer plus faible sous Trump." Une crainte qui ne vaut plus quand un démocrate est au pouvoir, mais qui resurgit avec l'alternance...
Et Judy Dempsey, de l'institut Carnegie Europe, d'ajouter cette semaine : "Alors, on se demande ce qu'il faudrait de plus pour qu'ils se réveillent". La 'Fondation Carnegie pour la paix internationale' (institut Carnegie Europe) est une ONG (illégitime, puisque supranationale) comportant un cercle de réflexion et de lobbying (think tank), dédiée au développement de la coopération inter-étatique et à la promotion des intérêts des États-Unis sur la scène internationale. Elle est actuellement dirigée par James C. Gaither, un ancien directeur de la RAND Corporation, think tank basé en Californie et créé par l'US Air Force, c'est-à-dire le département de la Défense des États-Unis. Vous avez dit indépendante ?

samedi 2 janvier 2016

Les voeux pieux de Hollande signent son "entêtement" et son "absence de cap"

Sa crédibilité contestée à gauche comme à droite 

Le président de la République échoue à convaincre

Plus il se gonfle,
plus l'enflure le discrédite
François Hollande s'est avant tout posé en président protecteur face au terrorisme, mais a aussi promis d'agir contre "l'état d'urgence économique et social". A-t-il été plus convaincant sur l'urgence sociale, après bientôt quatre années, que sur l'urgence sécuritaire, après douze mois ? Sa parole est tellement dévaluée que le moins que l'on puisse dire, après sa série d'hésitations, de rebuffades du Conseil constitutionnel  comme du Conseil d'Etat, et de rétropédalages en reculades, c'est qu'il peine à se faire entendre.
Le président a néanmoins annoncé une formation pour "500.000" demandeurs d'emploi supplémentaires, "un programme de grands travaux" pour la "croissance verte" et de nouvelles aides à l'embauche dans les PME. 

Centrés sur la lutte contre le terrorisme et le chômage, ces voeux-là non plus n'apportent rien de neuf, dénonce l'opposition.
 
A droite, les critiques ont nécessairement fusé. 
Christian Estrosi: "Un président sans cap"  
"Si le premier devoir de François Hollande est de nous protéger, il est alors urgent d'agir", a taclé Christian Estrosi, président (Les Républicains) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. 
Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes (LR) voit, lui, "des voeux sans inspiration d'un président sans cap qui tente de se poser en père de la Nation". "François Hollande se refuse ainsi toujours à qualifier la menace et le terrorisme par le mot 'islamiste'. La réalité et la métaphore de l'état d'urgence ne font pas une politique efficace."
Guillaume Larrivé: "Promettre, promettre et toujours promettre." "La marque de François Hollande, c'est la propagande. Puisqu'il n'a que de mauvais résultats et aucun projet concret, il fait ce qu'il sait faire: promettre, promettre, promettre et toujours promettre", fustige le député de l'Yonne dans un communiqué.
Hervé Mariton, député LR de la Drôme a déploré le manque d'audace des annonces du chef de l'Etat : rien "hélas qui puisse nourrir l'espérance en économie. Rien qui réconforte dans une analyse défaillante des enjeux de sécurité", a-t-il déclaré. 
De son côté, Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, estime qu'avec François Hollande, le problème, "ce ne sont jamais les voeux, mais les actes qui ne suivent pas".  
Frédéric Lefebvre (LR), après avoir rappelé sur i-télé que "ce quinquennat", c'était "700.000 chômeurs de plus", a appelé gauche et droite à "s'additionner" pour "inventer de nouvelles choses" dans la lutte contre le chômage, au lieu de s'en "renvoyer la responsabilité". 
Marine Le Pen rappelle que "la situation économique de la France ne s'améliore pas. "Tant que des décisions courageuses concernant la liberté économique du pays n'auront pas été prises, et notamment l'affranchissement de tutelles européennes qui étouffent et ruinent la France, il sera impossible de redresser la courbe de l'emploi et celle du pouvoir d'achat," écrit-elle sur sa page Facebook. 


La gauche est encore plus incisive.
Impasse du Parti socialiste sur le social: les attentats islamistes seraient-ils un aubaine pour le parti présidentiel ? Par communiqué, le thuriféraire Pruneau Le Roux, président du groupe des godillots socialistes à l'Assemblée émet en effet des voeux quelque peu désespérés: "Je souhaite que l'appel du Président de la République à faire vivre l'unité nationale soit entendu de tous. Il est primordial, comme il l'a rappelé ce soir, de ne pas dilapider cette force qui nous a permis de faire face aux terribles épreuves de cette année 2015. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous proposons pour vaincre la menace terroriste est puisé dans nos valeurs républicaines et n'a qu'un but, sécuriser, rassembler et unir les Français."


Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) estime en revanche que
le président "continue ce qui ne marche pas." 

EELV: "Un mandat sans vision pour le pays."
Le porte-parole des écologistes radicaux d'Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, regrette "des voeux pour rien". "François Hollande nous a offert un nouveau discours du 31 sans annonce concrète si ce n'est l'entêtement sur la déchéance de nationalité. Des voeux qui signent un mandat déjà fini, un mandat sans vision pour le pays, un mandat pour rien", assure-t-il dans un communiqué. 

Sur le front syndical,
le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly estime que la formation de 500.000 chômeurs supplémentaires ne suffira pas face au "problème de la création d'emplois". "J'ai cru comprendre que l'Etat était prêt à enfin mettre un peu d'argent dans la formation des demandeurs d'emploi, ce qui est une nécessité", mais, a-t-il fait valoir, "ce n'est pas parce qu'on les forme qu'il y a du travail derrière".

Quant à la CGT, elle soulignait le 24 décembre que la montée du chômage et de l'austérité accroissent la précarité. 
Avec FO et Solidaires de la Fonction publique, elle a lancé un appel à la grève le 26 janvier "pour un service public de qualité et une nette augmentation du pouvoir d'achat".

Lors de ses voeux, son acolyte de Matignon n'était pas indispensable, mais on ne l'a plus vu, ni entendu depuis dix jours.
Il se dit ici et là qu'il soigne sa danse de Saint-Guy, une maladie nerveuse touchant les adultes, comme les enfants, et qui se manifeste par des mouvements désordonnés (de la main gauche, chez le Catalan) et de désordres incontrôlables de la face (son oeil droit se fige), comme des membres. Au Moyen-Âge, les malades étaient souvent considérés comme possédés par le démon et brûlés vifs.

dimanche 9 août 2015

Adieu Rebsamen: Hollande recherche volontaire pour ministère du Travail

Mission impossible: qui veut travailler sous Valls à retrouver la courbe de l'emploi ?

"Rebs" renonce et rentre à Dijon !

Hollande encaisse mal ce nouveau coup dur venu de la Rue de la Grenelle et d'un familier. La succession de Frère Rebsamen est ouverte au gouvernement: il devrait redevenir maire de la ville, mais sa place à Bercy ne motive personne, pas même les inconscients les plus ambitieux.  
François Rebsamen devrait reprendre lundi son siège de maire de Dijon suite au décès, fin juillet, de son ancien adjoint qui lui avait succédé. Une décision annoncée trois jours après le décès à 63 ans d'Alain Millot, à qui il avait confié les rênes de la municipalité en avril 2014.
S'il est élu, il quittera avec une retraite de ministre le gouvernement Valls, où sa succession au poste très exposé de ministre du Travail reste pendante. Après seize mois au gouvernement, il a préféré prendre ses cliques et ses claques et revenir à la tête de la ville qu'il a déjà dirigée pendant treize ans.
 
Mieux vaut être le premier dans son village que le dernier des derniers dans Rome.
Lors de la réunion du conseil municipal, lundi à 14 heures, François Rebsamen, sera dans un premier temps candidat au mandat de maire. À 17 heures, il devrait ensuite retrouver également le siège de président du Grand Dijon, occupé lui aussi pendant seize mois par Alain Millot. Oppose frontalement à Hollande sur le non-cumul des mandats, Le ministre du Travail et de l'Emploi souhaitait cumuler les fonctions et rester au gouvernement. Mais il s'est fait sèchement recadrer par l'Élysée et Matignon qui lui ont rappelé la règle : "On ne pas être chef d'un exécutif et membre du gouvernement." Son remplacement devrait donc se faire rapidement. D'après une fuite de Matignon, le ministre serait remplacé après le conseil des ministres de rentrée, qui a lieu le 19 août.

A Dijon, l'annonce de son retour laisse perplexe. 
Anne Erschens, chef de file (LR) de l'opposition municipale, n'y voit ni "grande surprise", ni une réaction "anormale". S'il veut de nouveau se consacrer à Dijon, ça ne pourra "se faire qu'à plein temps", fait-elle toutefois valoir. Autre élu d'opposition, Emmanuel Bichot (LR) fustige en revanche un "retour piteux" du ministre, lui prédisant "le mandat de trop" à la mairie de Dijon. 
Outre François Rebsamen, aucun autre conseiller municipal n'a jusqu'à présent fait savoir qu'il sera candidat au poste de maire. Aux municipales de mars 2014, la liste conduite par François Rebsamen avait recueilli 52,84 % des voix dans une triangulaire qui l'opposait au sénateur LR de Côte-d'Or Alain Houpert (34,02 %) et au FN Édouard Cavin (13,13 %). La montée du FN avait clairement profité au socialiste.

VOIR et ENTENDRE le gestionnaire dilettante dont la rue de Grenelle ne sera pas mécontent de se débarrasser et que Dijon veut récupérer:

L'un des postes gouvernementaux les plus désespérants

Certes, à 64 ans comme Rebs, mieux vaut être à la tête du ministère du Chômage que demandeur à Pôle emploi. Et pourtant les candidats ne se pressent pas pour lui succéder dans ce gouvernement, impuissant à agir sur l'économie et le chômage de masse, retranché dans le sociétal et fanfaronnant sur le front de la com'.

Quelques hypothèses ont été avancées pour préserver les équilibres politiques
A l'approche des régionales et de l'ouverture officielle de la campagne présidentielle, la victime parfaite serait à la fois proche de François Hollande, membre de l'aile gauche du PS (pour rameuter l'électorat séduit par les extrêmes, y compris frontiste, et écologiste...

Mais dans le cercle de Hollande, seul... Alain Vidalies, l'actuel mais inexistant secrétaire d'État aux Transports (qualifié de fin connaisseur des dossiers sociaux, mais remplacé par Valls au premier coup de vent social), a  laissé filtrer que l'emploi ne l'a "jamais laissé insensible". Vidalies, c'est celui pour lequel Hollande cherche, en vain depuis trois ans, un poste qui lui corresponde de près ou de loin: il a été placé au secrétariat d'État aux Relations avec le Parlement, puis recasé aux Transports, à la Mer et à la Pêche, avec les mêmes résultats. Serait-il avisé de le déplacer contre les intérêts de la France et de le promouvoir ministre ?

L'Elysée fait aussi circuler le nom d'un factotum de Hollande, l'intermittent du gouvernement Stéphane Le Foll que l'on dit pourtant aussi malade que l'Agriculture qu'il a en charge, mais hautain par faiblesse, face à la détresse des éleveurs. 
L'exécutif est tellement à la ramasse qu'il cite encore un inconnu sans aucune expérience du monde du travail,  Jean-Marc Germain, une ombre grise des femmes: c'est en effet un proche de Martine Aubry et prince consort de la maire de Paris, sous la tutelle d'Anne Hidalgo. Du secteur économique, il ne connaît que les cabinets: celui de Martine Aubry au ministère de l’Emploi et de la Solidarité, puis à la communauté urbaine de Lille métropole, ainsi que celuis de Lionel Jospin à Matignon. A cinquante ans, l'essentiel de sa carrière se situe à Lille.

Le Cégétiste Henri Krasucki aurait pu faire l'affaire, mais il est hélas mort:
Et Thierry Lepaon ? Voilà un syndicaliste disponible et à la convenance des socialistes !

A l'évidence, François Rebsamen a tout aussi échoué 
au Travail que Michel Sapin. Son prédécesseur a passé seize mois à relever les frémissements de la courbe de l'emploi en promettant une volupté à venir, sans parvenir à l'explosion. Frère Rebsamen a préféré l'honnêteté, intellectuelle et politique, mais l'éthique personnelle ne supplée pas non plus à la compétence.
Passé derrière Sapin et deux années d'attentisme du ravi de Bercy, Rebs n'a connu que désillusions. Ce pensant plus compétent à l'Intérieur avec un DESS de sciences économiques, ce haut-fonctionnaire territorial a accepté le ministère du Travail par amitié pour les Ségollande en même temps que l'entrée de Ségolène Royal au gouvernement Valls 2. 
Or, sous sa direction, Pôle emploi a vu affluer plus de 200.000 chômeurs supplémentaires. Il a lui-même reconnu un temps un "échec" du gouvernement, avant de tabler sur une baisse effective du nombre de demandeurs d'emploi "à la fin de l'année" 2015. Il  a préféré ne pas attendre de faire le constat...
  
Le successeur de Rebs est donc condamné à obtenir des résultats

Les couacs et les divergences de François Rebsamen ont ajouté au ministère une image d'impuissance et d'abandon que les mensonges de Sapin, la bouche en coeur, avait déjà passablement dégradée.    
Pour patron, il faudrait un familier des dossiers, un technicien capable de maintenir des rapports cordiaux avec les partenaires sociaux, mais à poigne, lucide et sincère. Une perle rare dans le marigot des bras cassés socialistes.

Outre la tâche de redresser la courbe de l'emploi, le malheureux élu de l'exécutif aura pour mission de relancer Hollande. Qui saura servir les ambitions d'un Pépère qui, fin juillet, faisait toujours fi de son impopularité. En France, "même un président impopulaire peut agir avec une grande capacité, une grande liberté ( ...) c'est ça qui fait la différence entre nos institutions et celles de nos pays voisins", a fait valoir le chef de l'Etat devant l'Association de la presse présidentielle, une centaine de journalistes sous les lambris de la Maison des Polytechniciens, et s'est dit prêt à assumer le risque d'un échec, mais menace de se représenter. "C'est dans l'année 2016 que cette baisse crédible doit apparaître", a escompté le président. Il s'agit de "faire diminuer le chômage suffisamment longtemps pour que ce soit suffisamment crédible", a-t-il martelé. 

Question crédibilité, Hollande est-il fiable ?
"J'avais pris un engagement, cet engagement devra être tenu", a insisté le chef de l'Etat. "S'il n'y a pas de résultat, il ne peut pas y avoir de crédibilité sur une candidature". 
Une nouvelle modification des modes de calcul pourrait lui arranger le coup !