Le futur de la France dans les boules de cristal des ministres, sous l'effet du rosé
Incités à partager leurs élucubrations estivales devant un petit rosé de Provence,
cinq ministres dont Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou encore Cécile Duflot, ont livré leur vision très idéalisée de ce que pourrait être "la France de 2025".
Le Point a mis en ligne cinq de ces synthèses, alors que le président de la "gauche sociale" prendra lundi le chemin du retour, de la Lanterne sur le domaine du Château de Versailles à l'Elysée:il est donc légitime que le peuple se demande pourquoi il a pris la Bastille.
La rentrée commence par un soi-disant "séminaire" à l'Élysée qui ne sera en vérité qu'un apéro de recadrage visant à redorer une cohésion ébranlée par la nouvelle querelle entre l'Intérieur et la Justice, mais un concours du meilleur bronzage, pour les autres. Certains ministres sont tellement allumés que leurs productions ne sont pas simplement très inventives, mais rien moins que des enfumages de première.
Sur le thème de l'innovation et des technologies nouvelles, l'objectif fixé par les conseillers en communication élyséens est clairement de "préparer la France dès aujourd'hui à relever les défis qui seront les siens dans dix ans, à travers un diagnostic mettant en exergue ses forces et ses faiblesses": ça se veut jeune et dynamique. Alors voyons ensemble jusqu'où peut aller l'intox, lorsqu'un pouvoir ne donne aucune limite au mépris de son auditoire.
Voici quelques traumatisés du soleil du sud
Pierre Moscovici, le ministre des Finances, commence très fort, jugeant "réaliste" un retour au plein emploi dans la France de 2025, qui devrait avoir "pleinement recouvré sa souveraineté budgétaire". Pourtant, la cinquième puissance économique mondiale n'occupera plus, selon lui, que "la huitième ou neuvième place". Le ministre met aussi en garde contre l'utopie du modèle industriel allemand, qui selon lui serait "sans doute idéal à court terme (...), mais ne correspondra plus à l'état de l'économie mondiale dans dix ans".
Très connecté, Manuel Valls promet des "forces de l'ordre 3.0 efficaces [allusion au Web 2.0], proches de la population et à la pointe des avancées technologiques". Sans en aviser Marylise Lebranchu, le ministre fait d'autres suggestions, comme la création de "maisons de l'État", qui devraient remplacer les sous-préfectures dans les zones dépeuplées. Valls entrevoit aussi "l'élection au suffrage universel" dans les principales intercommunalités.
En revanche, le ministre de l'Intérieur appréciera sans doute modérément l'obsession de sa collègue de la Justice.
Christiane Taubira continue de vouloir vider les prisons: pour lutter contre la surpopulation carcérale, elle ne démord toujours pas de la nécessité du "développement des peines alternatives à l'incarcération", malgré son absence de financement. Dans une note publiée par le Monde, qui a fait l'effet d'une bombe politique dans la torpeur du pont du 15 août, le chouchou du président s'était déjà vivement inquiété de son projet de réforme pénale, réclamant en catimini l'arbitrage de François Hollande.Pour 2025, Taubira espère des peines "qui ont du sens, réparatrices pour les victimes, sanctionnant à sa juste mesure l'auteur de l'infraction et permettant l'insertion ou la réinsertion de ce dernier".
Cécile Duflot a écrit le conte de Noël d'une France où l'accès au logement "pour chacun ne sera plus un facteur de stress ou d'incertitude, mais une étape plaisante de la vie". Et la ministre de se laisser aller à l'auto-congratulation : qui le ferait , sinon elle, les clandestins mal-logés venus d'Afrique sub-saharienne? "Dans le cadre des lois adoptées entre 2012 et 2014, les logements vacants seront devenus très rares" et "6 millions de logements auront été édifiés", élucubre-t-elle, sous l'effet d'un joint? La magicienne conclut par la promesse qui résume tout : "Chacun dispose d'un toit et d'un environnement de qualité". C'est comme si c'était fait !
Pour la bonne bouche enfin, voici venir le ministre du Redressement productif,Arnaud Montebourg, de son pas chaloupé sur coussin d'air, saluant de la main comme la défunte reine-mère d'Angleterre. Il lui paraît naturel de réaliser ce qu'il a échoué à faire en quinze mois d'état de grâce passés à insulter ses interlocuteurs et menacer les entrepreneurs, dont le patron US des pneus Titan, Mittal ou la famille Peugeot.
Il augure donc allègrement le retour de son pays "dans le concert des grandes nations industrielles" avec une balance commerciale qui dégagera "un excédent positif structurel".
Fruit de la recherche ...Peugeot
Dans le genre politique-fiction, Montebourg annonce que des chercheurs et industriels français ont mis au point le "véhicule 2 litres/100 km", annoncé par Ayrault en 2012, l'un des "plus commercialisés en Europe à partir de 2017". Bien que le projet soit à l'état d'esquisse, le matamore évoque un programme "Usine du futur" qui, dit-il, aurait déjà "permis d'amener nos industries aux meilleurs standards et de définir un modèle français de production qui après Ford et Toyota fait figure de modèle mondial".
Enfin, grâce à "l'allégement du coût du travail, de nombreuses PME ont crû pour devenir des grands groupes".
La majorité présidentielle prend plus que jamais ses désirs pour des réalités
Il s'agit de dresser un rideau de fumée sur un certain nombre de dossiers chauds qui attendent le gouvernement avec, au sommet de la pile, la préparation du budget 2014 et la réforme des retraites, sujets explosifs.
Sur ce point, Jean-Marc Ayrault devrait dévoiler ses intentions fin août avant la présentation officielle d'un projet de loi début septembre.
A l'opposé des vendeurs de rêve, 70% des Français réclament des emplois. MaisSapin, le ministre du Travail, malgré sa face lunaire, a-t-il jamais fait rêver ?
On demande à voir sa copie !
Une journée de mobilisation syndicale est déjà prévue, le 10.
Après les affrontements Cahuzac-Filippetti et les accrochages Taubira-Valls, voilà maintenant que le couple Ayrault-Montebourg se tourne le dos.
L'exécutif s'est livré à une opération déminage début décembre devant les députés socialistes.
Après trois jours de guerre froide sur le dossier Mittal entre Jean-Marc Ayrault et Arnaud Montebourg, le chef du gouvernement et son ministre du Redressement productif sont allés s’expliquer devant le groupe PS à l’Assemblée, de préférence au Sénat qui recèle trop de rebelles. Les députés socialistes, convoqués à cette réunion avec les ministres Pierre Moscovici et Michel Sapin, se sont prêtés à la mise en scène: " Ils ont envie de s’expliquer, rapporte un député, et surtout d’afficher une solidarité gouvernementale sur Florange. "
Même musique du côté de l’Elysée.
" Tout le gouvernement est solidaire ", a ainsi assuré François Hollande en marge du sommet franco-italien à Lyon (Rhône). En excluant la nationalisation, même "transitoire" du site industriel, comme l'avait annoncée Montebourg à grand tapage, Ayrault a pourtant balayé la proposition de son ministre. Le bouffon avait même été désavoué par son "chef" hiérarchique qui avait jugé " pas crédible " la solution Montebourg. Les deux hommes, qui avaient déjà des rapports compliqués, sont depuis à couteaux tirés.
Arnaud Montebourg fait toujours sa mijaurée partout où il doit apparaître !
Hier, le Premier ministre et son ministre du Redressement industriel ont tenté un rapprochement en déjeunant en tête-à-tête à Matignon.
En déplacement au Maroc, cette semaine, où il a suivi Jean-Marc Ayrault, le ministre du Redressement productif s'est gardé de tout commentaire. Pas un mot sur sa prise de bec avec le Premier ministre à propos de Florange.
Lors de ce déplacement, les deux hommes ont en fait soigneusement gardé leurs distances.
Un refroidissement climatique persistant ? Point du tout, selon la porte-parole de Ayrault, Najat Vallaud-Belkacem, la Mlle Cunégonde du gouvernement. L'accord passé avec Mittal est suivi par " l'ensemble du gouvernement ", clame-t-elle. Preuve encore que tout va bien : le Premier ministre a reçu son ministre à déjeuner, hier, à Matignon.
Mais rien n'a filtré de ce tête-à-tête. " C'était très agréable. Nous avons mangé du poulet de Bresse ", a simplement ricané l'élu de la région, à défaut de pouvoir annoncer une de ces "avancées" que la binationale franco-marocaine tient toujours à disposition, parmi son stock d'éléments de langage. Ce déjeuner avait pourtant été préparé lors d'une réunion de travail avec leurs directeurs de cabinet respectifs, laquelle a donné lieu à un tour d'horizon des dossiers PSA, ArcelorMittal ou Alcatel.
Les insondables résultats des sondages
Explicable des seuls analystes de ces entreprises commerciales, IFOP et Paris-Match, Montebourg serait gratifié d'un gain de neuf points de popularité,notamment chez les ouvriers, pour qui il défendait une " nationalisation temporaire " de Florange, bien qu'il n'ait pas obtenu ce qu'il leur promettait.
Matignon continue à louvoyer en cherchant une issue
"Il ne faut pas exclure une intervention de l'État dans le capital des entreprises en cas de circonstances exceptionnelles. "
Il suffisait que l'Elysée commandât un sondage sur-mesures pour que l'agité du Redressement positif, bien qu'humilié, affiche son plus beau sourire, devant la presse.
Mittal retire le projet Ulcos de stockage de CO2, selon l'UE
Le groupe ArcelorMittal a retiré le projet Ulcos pour le captage et le stockage du CO2 à son site de Florange en Moselle, "à cause de difficultés techniques", a annoncé jeudi Isaac Valero, porte-parole de la Commissaire en charge du Climat Connie Hedegaard à la Commission européenne.
"La Commission a toujours été prête à considérer un cofinancement de ce projet dans le cadre du programme NER300", a-t-il ajouté.
"Ulcos pourrait concourir au prochain appel d'offres qui sera lancé l'an prochain", a-t-il encore précisé.
Qu'est-ce qu'Ulcos ?
C'est le nom du projet pilote de captage et de stockage du CO2 porté par un consortium de 48 entreprises de l'UE. Il devait être mis en oeuvre sur les hauts-fourneaux d'ArcelorMittal à Florange (nord-est de la France), actuellement à l'arrêt.
Ce projet constituait la clef de voûte de l'accord passé vendredi soir entre le gouvernement français de Jean-Marc Ayrault et Lakshmi Mittal, patron d?ArcelorMittal pour sauver le site de Florange.
Ulcos était en tête de liste des projets pouvant bénéficier de cofinancements du budget de l'Union européenne (UE) après le retrait des projets p-résentés par les Britanniques.
Le dossier devait être examiné le 13 décembre par les représentants des Etats membres au sein du comité "changement climatique" et la décision finale de la Commission européenne devait intervenir une semaine après, autour du 20 décembre.
Le principe du programme NER300 est de monétariser 300 millions de tonnes de quotas de CO2 prélevés sur une réserve destinée aux nouvelles entreprises dans le système d'échange de quotas instaurés par l'UE pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Le programme NER300 co-finance les projets pour 50% de leur coût, le reste étant assuré par les investisseurs privés ou les Etats.
Avec ce retrait du projet Ulcos, le leader syndical Edouard Martin (CFDT) a estimé que le "compromis" entre le gouvernement et le groupe industriel "a enfumé tout le monde".
Cette annonce de l'U.E. signe "l'arrêt de mort de la filière liquide"
Les hauts fourneaux lorrains en font partie, a ajouté E. Martin, à sa sortie de réunion avec le Premier ministre.
"Merci à Ayrault, c'est la signature de la trahison", a -t-il ajouté, mais .
"Ce n'est pas la fin du combat", a-t-il menacé
Il assure que le retrait du dossier sur Ulcos ne signifie pas l'abandon du projet par ArcelorMittall: le syndicaliste CFDT assure "sa volonté de poursuivre le projet de recherche".
De son côté, Ayrault clame qu'ArcelorMittal, s'était "engagé à poursuivre les travaux liés au projet Ulcos", "à la demande du gouvernement", et que l'accord passé avec Mittal vendredi sur Florange était "toujours valable".
"La première conception" du projet Ulcos "rencontre de réelles difficultés technologiques, mais nous avons obtenu d'ArcelorMittal qu'il ne soit pas abandonné", ont ajoutcertifié les services de Matignon.
Usine de fer blanc ArcellorMittal sur la circonscription de Ayrault
Le premier ministre n'aurait pas été totalement désintéressé dans sa gestion du dossier Florange" En toute discrétion, Jean-Marc Ayrault a négocié avec Mittal la garantie du maintien de l'activité d'un autre site du groupe [...] qui se trouve dans [s]a circonscription " affirme Hervé Gattegno, rédacteur en chef du Point, ce lundi 3 novembre, dans sa chronique diffusée sur RMC.Lien Le Point : " Ayrault-Mittal, l'accord secret "
Le journaliste n'a pas auto-censuré l'information
Qu'on le condamne ou l'en loue, Le Point révèle que le premier ministre a, selon lui, négocié un accord qui "n'a pas été rendu public", concernant "l'usine de Basse-Indre, tout près de Nantes, qui fabrique des emballages métalliques", "on se demande bien pourquoi..."
L'usine Arcelor Packaging International (44) est spécialisée dans la fabrication d'acier plat pour emballages alimentaires, activité aussi présente à Florange.
En négociant avec Mittal,Jean-Marc Ayrault a visiblement pensé davantage aux600 salariés de sa circonscription qu'à ceux de Moselle.Le député PS de la 10e circonscription, Michel Liebgott, soutient-il le gouvernement en connaissance de cause ? Et l'ex-députée, Aurélie Filippetti, va-t-elle conserver tout le respect que doit une ministre à son chef du gouvernement ?
Matignon a confirmé à 13 heures que "l’ensemble de ses centres industriels en France", et "notamment Dunkerque, Fos et Basse-Indre" ont bien bénéficié des engagements pris par le groupe ArcelorMittal.
Mais Ayrault assure "qu'aucun de ces sites n’a été privilégié par rapport à celui de Florange".
Interrogé par Ouest-France, le délégué syndical CGT du site de Basse-Indre, Frédéric Gautier, relativise maintenant les difficultés supposées du site, bien que l'usine Mittal y a connu une période de chômage partiel en 2011 à cause de la baisse des commandes. "Nous avons connu du chômage partiel en tout début d’année mais nous sommes maintenant revenus à un travail en quatre équipes, la charge normale du site." "Nos commandes sont garanties aussi pour 2013 à un niveau normal", ajoute .
La gauche régional sert les rangs autour du baron socialiste
Frédéric Gautier, délégué CGT de l'usine de Basse-Indre et représentant au CCE d'Arcelor-Mittal pour la zone Atlantique et Lorraine, multiplie les déclarations pour trouver étonnant que le Premier ministre ait voulu obtenir quelque garantie que ce soit. " Les gros contrats sont signés", a-t-il précisé.
Selon le délégué CGT, "Basse-Indre est l'entreprise dans le secteur du packaging qui a le meilleur coût ajouté en France".
Frédéric Gautier précise que la société emploie 546 personnes en CDI et 150 sous-traitants présents quasiment en permanence sur le site.
Ouest-France, "même si les salariés de Basse-Indre sont solidaires de leurs collègues de Florange, leur situation localement s’inscrit aux antipodes."
L'UMP Valérie Rosso-Debord a demandé des éclaircissements à Ayrault
Lundi, la déléguée générale adjointe de l'UMP écrit: "après le cafouillage de la non nationalisation de ce week-end, il se murmure qu'il y aurait eu avec Mittal un accord secret sur le dos des ouvriers mosellans". "Jean-Marc Ayrault aurait obtenu un investissement de 180 millions d'euros de Mittal et au passage, il a envoyé un camouflet à son ministre du Redressement productif, tout en négociant directement avec Mittal la garantie du maintien de l'activité d'un autre site du groupe: l'usine de Basse-Indre", ajoute l'ex-députée de Meurthe-et-Moselle.
"La question est posée: cette usine basée tout près de Nantes, dans la circonscription de Jean-Marc Ayrault, a-t-elle fait l'objet d'un marchandage au détriment du site de Florange ?", interroge-t-elle.
Le Premier ministre de Hollande dément farouchement
Jean-Marc Ayrault est actuellement affirmatif: "aucun des sites" d'ArcelorMittal"n'a été privilégié par rapport au site de Florange".
Mittal s'engage à investir 180 millions d'euros sur cinq ans dans son affaire, mais la menace plane toujours sur l'approvisionnement en gaz. "Si Mittal coupe les vannes de gaz, c'est mort. "
Ambiguïté du responsable CFDT d'ArcelorMittal à Florange
Ils étaient bons, les croissants du ministre, n'est-ce pas, Edouard Martin ?
Edouard Martin accuse ce samedi le gouvernement d'avoir "menti tout au long" des discussions sur l'avenir de Florange, mais garde sa confiance à Montebourg.
Au pouvoir, il reproche que "jusqu'à la dernière minute quasiment, on nous a fait croire que la nationalisation temporaire était acquise." Et d'accuser le Premier ministre: "On n'a pas compris du tout ce pataquès de dernière seconde où Jean-Marc Ayrault a annoncé une piste qui n'avait jamais été évoquée", a-t-il lancé sur RTL.
VOIR et ENTENDREun reportage de France Info qui rend encore Mittal responsable du compromis négocié par Ayrault et avalisé par Hollande:
Le syndicaliste désigne pourtant Ayrault, se demandant "si à un seul moment le Premier ministre a cru à l'hypothèse de la nationalisation"."On aurait aimé qu'on arrête de nous rouler dans la farine (...). J'ai l'impression qu'on nous a menti tout au long", a-t-il dit. Pour le responsable syndical, «si le patron n'était pas Mittal on aurait pu crier quasiment victoire» mais, a-t-il ajouté,
Le syndicat réformiste reproche au gouvernement d'avoir discuté avec Lakshmi Mittal: il "n'a jamais respecté les engagements qu'il a pris". E. Martin a exprimé la crainte que "pour le gouvernement le dossier soit bouclé et la page tournée, et que (les salariés de Florange) soient oubliés".
Dès samedi, Edouard Martin est passé aux menaces
Hollande fait déchanter les métallos
"Nous avons été le cauchemar de Sarkozy, on pourrait être celui de ce gouvernement (...) Les rénovations et les investissements, c'est maintenant que nous les voulons, pas dans cinq ans. Nous exigeons que les travaux de rénovation démarrent tout de suite". Le délégué syndical exige la tenue "d'une réunion tripartite gouvernement-syndicats-direction" au cours de laquelle il souhaite avoir des garanties quant à "l'échéancier sur l'investissement de 180 millions euros promis". La CFE-CGC (cadres) "dit banco ! " à la réunion tripartite promise à Florange avec Jean-Marc Ayrault.
Le secrétaire fédéral de FO Métaux est aussi dubitatif "Je suis satisfait qu'ArcelorMittal fasse fonctionner la totalité du site tout en faisant Ulcos mais j'aimerais connaître ce qu'il y a exactement dans l'accord. A priori la déclaration du Premier ministre nous convient, puisque on n'a pas de plan social, on va refaire fonctionner les hauts fourneaux avec Ulcos et ArcelorMittal va verser 180 millions d'euros, mais j'espère que ce n'est pas de la poudre aux yeux." "Or, 8 millions multipliés par 18 mois cela fait 164 millions", a indiqué Frédéric Souillot faisant remarquer qu'il ne restera pas grand chose de la somme promise par ArcelorMittal.
Lionel Burriello, représentant du collectif jeunes de la CGT à Florange "C'est une trahison,une incohérence totale par rapport aux déclarations de toute la semaine, c'est de l'enfumage.Rien que le mot accord avec ArcelorMittal ça me donne envie de pleurer, on a l'impression de vivre un Gandrange 2." Ou Vilvorde, pour les moins jeunes qui ont connu le gouvernement Jospin.
La CGT dénonce " un renoncement condamnable " du gouvernement
Le secrétaire général de la CGT affirme que le site de Florange n'est pas " sauvé ".VOIR et ENTENDREBernard Thibault doute fort de la reprise d'activité de la filière chaude et envisage la fermeture définitive de Florange:
L'affaire de Florange menace les syndicats d'éclatement
A la tête de la CFDT, on assure que l'accord entre le gouvernement et ArcelorMittal est "une victoire", aux dires de son secrétaire général, Laurent Berger, affirme que . C'est d'aileurs lui qui se plaît à affirmer calmement:" Les hauts-fourneaux du site sidérurgique ArcelorMittal de Florange ne seront pas coupés cette semaine." (sic)
A l'inverse, sur le terrain, le délégué du site crie à une "très haute trahison d'Etat".
Mittal paiera mais les incertitudes demeurent sur les haut-fourneaux
Le patron d'Arcelor a trouvé samedi un compromis avec le gouvernement
Legéantindien se dit satisfait, mais le gouvernement n'a pas dissipé le flou sur l'avenir des haut-fourneaux.
Arnaud Montebourg, qui s'est beaucoup impliqué dans ce dossier, confondant investissement et mise en scène, agression et négociation, a plaidé en vain pour une nationalisation temporaire du site mosellan.
Le président Hollande piégé par son ministre "C'est le président de la République qui décidera" ou non en faveur de la nationalisation, avait déclaré Arnaud Montebourg à la sortie d'un café du quartier où il avait pris le petit déjeuner avec une dizaine de métallos qui lui mettaient la pression en campant sous les fenêtres de son ministère. Mais " ce n'est pas un faux espoir, c'est une solution. C'est une solution qui est sérieuse, crédible, durable ", a insisté le ministre, qui avait été le premier à vouloir imposer la nationalisation. Pour lui, une telle option n'était pas de nature à effrayer les investisseurs étrangers: " Je crois que Barack Obama a nationalisé, les Allemands nationalisent, tous les pays nationalisent... Je ne vois pas où est le problème, " avait maintenu le ministre illuminé pour qui "c'est très moderne de nationaliser !..."
Pour le président du MoDem, François Bayrou, le projet de nationalisation "peut être envisagé (...), mais avant on est en droit de demander au gouvernement d'être un peu plus équilibré et d'agir un peu moins par foucades, par invectives".
Michel Delebarre, sénateur-maire PS de Dunkerque, où sont installés d'autres hauts-fourneaux d'ArcelorMittal, a regretté lundi soir des "déclarations à l'emporte-pièce" sur ce dossier, ciblant clairement Montebourg.
Hollande repasse le mistigri à Ayrault
Le président de la République devait être l'arbitre. "J'imagine bien que François Hollande, s'il demande à rencontrer Lakshmi Mittal, c'est pour essayer de remporter le dernier bras de fer (...) et le convaincre à travers un accord négocié de céder le site de Florange", a déclaré sur France Inter Edouard Martin, délégué CFDT du site.
Le ministre du Redressement productif a d'ailleurs prétendu samedi soir ne pas se sentir désavoué par le jugement de Salomon du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.
"J'ai décidé de rester à mon poste de travail et de combat", a déclaré Montebourg sur TF1, réfutant toute idée de démission et confirmant ainsi que tout Premier ministre qu'il soit, Ayrault n'est pas le patron.
Le gouvernement recule sur la nationalisation
Le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, sur BFM TV et RMC, avait apporté son soutien à Montebourg, rappelant que le premier à avoir demandé la nationalisation "c'est Bernard Thibault", le secrétaire général de la CGT.
Les syndicats ont donc diversement apprécié l'arbitrage du président socialiste
Certes les 629 salariés menacés du site mosellan échappent transitoirement à un plan social, mais le compromis n'infléchit pas réellement la position d'ArcelorMittal, qui fait des concessions financières et non pas stratégiques.
En effet, toutes ces tractations n'ont pas fait varier d'un iota un des points essentiels de la stratégie de Lakshmi Mittal: les hauts-fourneaux de Florange ne devraient plus cracher de brames d'acier brut. La négociation a abouti à des investissements sur "l'aval", c'est-à-dire la transformation de l'acier en produits industriels élaborés et non sur "l'amont", la production d'acier proprement dite.
Ayrault avoue rester sur le qui-vive
Évoquant"des interrogations qui se sont exprimées du côté des salariés" après l'annonce du compromis passé entre le gouvernement et ArcelorMittal, il indique qu'il "veillera scrupuleusement à la réalisation effective des engagements pris".
Jean-Marc Ayrault rappelle que ces engagements portent sur l'absence de plan social, "des investissements d'au moins 180 millions d'euros sur le site de Florange et sur le projet Ulcos".
En attendant Ulcos ?
Le gouvernement s'abrite derrière le projet européen Ulcos
L'Union européenne n'a pourtant pas encore décidé de permettre -à terme- à un des haut-fourneaux de Florange de produire de l'acier en émettant beaucoup moins de CO2 pour faire meilleure figure, car il affirme qu'ArcelorMittal s'est engagé sur ce dossier.
Et c'est peut être dans ce flou que réside la supercherie
ArcelorMittal ne faisait samedi dans son communiqué aucun commentaire sur le projet Ulcos, contrairement au communiqué publié quelques minutes après par Jean-Marc Ayrault certifiant que "le projet Ulcos" - bien qu'il ne soit pas validé - est inscrit dans les engagements pris par le groupe.
Montebourg affiche une défiance tous azimuts
Interrogé,Montebourg admettait d'ailleurs que le projet n'était pas abouti,que Mittal s'est simplement "engagé à étudier le projet", et a appelé Jean-Marc Ayrault à plus de radicalité.
"Je crois que le Premier ministre peut faire preuve d'encore plus de fermeté pour obtenir davantage d'ArcelorMittal".
Le ministre a également affirmé que le président François Hollande lui a assuré que l'option d'une nationalisation de Florange reste sur la tablesi le groupe ne respectait pas ses engagements.
La CFDT a critiqué la "méthode" du ministre et du gouvernement, lui reprochant d'avoir "suscité énormément d'espoir, aujourd'hui déçu", mais tient l'arbitre élyséen en dehors de ses rancoeurs.
FO s'est déclaré "satisfait", mais redoute de la "poudre aux yeux".
"J’ai entièrement confiance en messieurs Hollande et Montebourg, avait pourtant cru pouvoir affirmer Walter Broccoli, délégué FO de Florange. J’ai entendu Arnaud Montebourg dire qu’il était prêt à aller jusqu’au bout, le président de la République aussi, on a vu les élus de droite, de gauche, nous soutenir jusqu’au bout,je vois mal aujourd’hui le gouvernement faire marche arrière. Pour nous, il n’y a aucun mystère : ou Mittal fait marche arrière, ou on nationalise ".
La CFE-CGC, elle est content qu'il n'y ait pas de nationalisation.
Comme Mélenchon, la CGT était en revanche plus soupçonneuse: " On a besoin de sérieux sur cette affaire. On va avoir aussi une visibilité sur ce qu’a annoncé à demi-mot Arnaud Montebourg à l’Assemblée nationale, le fait qu’il y aurait deux marques d’intérêt sur Florange. Nous, on veut savoir exactement ce que c’est, sur le fond."
Chez les politiques, Harlem Désir, premier secrétaire du PS, désigné par l'Elysée, a appelé tout le monde à se mobiliser "pour l'avenir de Florange", tandis que pour le député socialiste de Moselle, Michel Liebgott, l'accord "n'est pas la panacée mais il permet de préserver l'emploi".
La présidente du FN, Marine Le Pen, demande "un plan d'ensemble en faveur de la sidérurgie française".
Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, veut "un grand débat" sur la filière.
L'UMP dénonce unanimement le gouvernement.
Le secrétaire général sortant, Jean-François Copé, a critiqué vendredi "une forme d'improvisation au sommet de l'Etat", et l'ex-Premier ministre François Fillon a stigmatisé samedi "l'incohérence" et "l'irréalisme" de l'exécutif.
A Florange, les habitants ont accueilli ces annonces avec méfiance, en ce jour de la Saint-Eloi, patron des métallos.
"Lakshmi Mittal a roulé tout le monde dans la farine", peste Serge Gremese, ouvrier de 40 ans qui, d'avoir trop écouté Aurélie Filippetti et les visiteurs socialistes parisiens en campagne, ne réalise pas que la sidérurgie se porte mal partout en Europe et que Mittal reste le seul maître des forges.
Le ministre du Travail Michel Sapin a dit "comprendre les réactions de scepticisme des salariés", "compte tenu des antécédents" de L. Mittal, qui a souvent manqué à ses promesses en s'adaptant à la crise internationale.
Z-Ayrault-pointé a ajouté à la morosité en réaffirmant samedi la nécessité de "veiller scrupuleusement à la réalisation effective des engagements".
Pour conserver un minimum de crédit, le Premier ministre s'est cru obligé de saluer samedi le travail de Arnaud Montebourg qui,selon lui, "n'a pas ménagé sa peine pour "créer un rapport de forces favorable" et chercher toutes les solutions possibles". Sans les trouver. Montebourg a mené la représentation nationale en bateau pédalo Un repreneur de l'intégralité de Florange est prêt à investir "près de 400 millions d'euros" sur le site sidérurgique qu'ArcelorMittal souhaite en partie fermer, avait déclaré le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, devant les députés. "La décision est entre les mains de M. le président de la République et de M. le premier ministre, je ne doute pas qu'ils prendront les bonnes décisions après les réponses de Mittal", a-t-il conclu, avec le respect dû à Monsieur Mittal par un ministre à l'Assemblée. VOIR et ENTENDREle poker-menteur du ministre de Hollande le 28/11/2012 :
A noter que Michel Liebgott, député socialiste de Moselle, n'avait pas manqué d'abonder dans le sens de Montebourg, ajoutant sur BFM-TV qu'il s'agissait d'un "industriel crédible".
Politiquement, le dénouement devrait, à plus ou moins court terme, avoir des conséquences pour Montebourg, qui n'a pas su faire pencher en sa faveur l'arbitrage de Matignon et imposer la nationalisation promise de Florange. Le secrétaire général réformiste de la CFDT, proche du PS, François Chérèque, a estimé mercredi qu'Arnaud Montebourg a fait "un pas de trop" face à ArcelorMittal. "Quand on a 23.000 salariés (en cause) et qu'on n'a pas les moyens de reprendre toute la branche, c'est une erreur", a-t-il déclaré en marge d'une assemblée générale des cadres de la CFDT.