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jeudi 19 mars 2020

250 salariés de General Electric font valoir leur droit de retrait à Belfort

La grogne monte dans l'industrie 

General Electric à Belfort a dû suspendre  la production jusqu'à nouvel ordre

Résultat de recherche d'images pour "general electric belfort france"250 salariés ont exercé leur droit de retrait mardi en raison de la pandémie de coronavirus, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

Dans un document interne envoyé aux salariés, la direction du géant américain explique avoir "temporairement stoppé l'ensemble des activités de production pour évaluer et préparer une reprise d'activité dès que possible dans les meilleures conditions sanitaires».

Selon la CGT, les salariés sont en danger s'ils poursuivent le travailnombre d'ouvriers travaillant dans des ateliers où la proximité est forte. 


"De nous dépend le bon fonctionnement de nombreuses centrales électriques dans le monde"

Celles-ci "sont clef pour maintenir l'activité d'industries vitales pour nos concitoyens", fait valoir la direction dans le document.
"On est des bêtes à produire que l'on n'est pas capable de protéger", tonne pourtant Cyril Caritey, délégué syndical CGT du site belfortain.

Le syndicat réclame des mesures de chômage partiel et menace d'aller devant les tribunaux si des cas de Covid-19 se déclaraient. 
Une procédure judiciaire pour danger grave et imminent a déjà été lancée mardi matin.

General Electric emploie 4.300 salariés sur l'ensemble du Territoire-de-Belfort.

Les salariés de Punch Powerglide, fabricants de boîtes de vitesse à Strasbourg, appelés à exercer leur droit de retrait par la CGT et la CFDT, ont obtenu la "mise en activité partielle (de l'entreprise) dès (mercredi) jusqu'au 15 avril", ont annoncé les deux organisations syndicales dans un communiqué.

"Il y a des cas (de coronavirus) avérés dans l'usine, avec un de nos collègues en réanimation", avance Christophe Schuhmacher, délégué syndical CGT, précisant que "500 personnes (travaillaient) dans les ateliers" en étant "très inquiets".

En Moselle, la fédération du PCF a appelé l'Etat à prendre «ses responsabilités (...) en imposant l'arrêt des activités non essentielles dans le département" pour "préserver les salariés et renforcer l'efficacité du confinement dans l'intérêt de tous".

Lors d'une réunion mardi, la CGT du site ArcelorMittal de Florange a pour sa part jugé "irresponsable" (...) "la décision de la direction de continuer à faire tourner les lignes de production".

jeudi 20 octobre 2016

Montebourg redresse Hollande sur ses confidences dans "Un président ne devrait pas dire ça"

"Peut-être ne devrait-il même pas le penser," estime son ancien ministre improductif

Même le dernier carré des fidèles de François Hollande n’a pas de mots assez durs
A défaut des hauts-fourneaux,
Montebourg allume Hollande
Après plus de quatre années, les plus complaisants craquent et réagissent vivement à la publication d’Un Président ne devrait pas dire ça... Les éléphants barrissent désormais haut et fort. Un "suicide politique", a notamment commenté Manu Valls, quand Kostas Cambadélis se disait "étonné et déboussolé" et que Cloclo Bartolone faisait part de sa "stupéfaction". Jean-Marc Ayrault a quant à lui estimé que le chef de l’État n’aurait pas dû parler des assassinats ciblés de djihadistes. 

Plus qu'une bronca, une condamnation sans appel.
Si le dernier cercle de François Hollande regrette surtout que ses confidences soient rendues publiques sans discernement ni épuration, Arnaud Montebourg a pris l'objet du délit sous un autre angle. L’ancien ministre du Redressement productif, invité mardi 18 octobre du "Grand Oral" des étudiants de Sciences Po, a critiqué les propos du Président et estimé :
"Peut-être ne devrait-il même pas le penser..."
Le repreneur du "made in France", le "produisons français" recyclé des communistes, s’est démarqué de son futur éventuel adversaire à la primaire de la Belle alliance populaire sur le terrain de l’"amour des Français", du même tonneau de Beaujolais nouveau que l' "identité heureuse" du maire de Bordeaux, soulignant une caractéristique de Hollande, président sans cœur incapable de rassembler les Français. Une occasion de se poser dans cette campagne comme le véritable homme de gauche, proche de la "gauche de la gauche". Car la presse engagée fait glisser le parti communiste (PCF) de l'extrême gauche à la "gauche radicale" à la "gauche de la gauche". Il ne resterait donc plus d'autres extrémistes que de droite...

Selon Arnaud Montebourg, le problème, "ce n'est pas tant" que le chef de l'Etat dise ce qu'il dit, mais plutôt d'imaginer qu'il ait "un certain nombre de pensées qui tranchent avec ce qu'on attend de l'homme qui rassemble les Français [ou supposé tel !], qui cherche à traiter et solutionner de graves problèmes [...] et aussi défendre l'intérêt supérieur du pays". 
Il a poursuivi, faisant sans doute allusion aux commentaires prêtés au président sur les footballeurs de l'Équipe de France mais plus sûrement aux plus défavorisés qu'il moque en les traitant de "sans dents" :
Je crois qu'il a des mots assez méprisants pour certaines catégories de la société. Je crois que le président de la République doit aimer les Français.
Ce qui contredit totalement ce que raconte le menteur placé à la tête du PS, Jean-Christophe Cambadélis qui, quelques jours avant la sortie du livre de confidences, lâchait une contre-vérité notoire : "François Hollande, dans ce quinquennat, je l’ai vu tomber amoureux de la France et des Français." L'individu aura tout dit et son contraire.

Interrogé également sur les propos du chef de l'Etat sur la justice, que Hollande qualifie d'"institution de lâcheté", Arnaud Montebourg, ancien avocat, a jugé qu'ils étaient "embarrassants pour celui qui est chargé de protéger l'institution judiciaire"

mardi 25 novembre 2014

A Florange, Hollande joue au chat et à la souris avec les syndicats

FO dénonce le manque de respect du président socialiste pour les travailleurs 
A Florange, des manifestants de la CGT attendaient François Hollande de pied ferme
Hollande inaugure à Uckange (Moselle)
un centre de recherche en métallurgie
devant la porte principale des grands bureaux d'ArcelorMittal à Florange. Mais le président socialiste les avait contournés bravement...
A quelques centaines de mètres, des agriculteurs ont aussi organisé un comité d'accueil en mettant le feu à des pneus et déversé du fumier. Mais si lors de la précédente visite du président à Florange en septembre 2013, le convoi présidentiel était entré sur le site par l'entrée principale, sous les huées de manifestants, la communication présidentielle n'a pas commis la même erreur. 

Cette fois François Hollande est entré par une porte dérobée. 
En tant qu'élu de la région, le vice-président du FN, Florian Philippot, était présent pour la visite du président de la République, et a même participé à un déjeuner en préfecture, à l'issue duquel il a fustigé François Hollande "revenu sur les lieux du crime", selon lui. "Il avait fait une promesse pendant la campagne en 2012 que les hauts fourneaux ne ferment pas (et) ils ont fermé".

Une fois à l'intérieur du siège local d'ArcelorMittal, le président de la République a rencontré la direction de l'entreprise mais la CGT et FO avaient décliné l'invitation. "Pour les gens d'Arcelor tout s'est bien passé, pas de problème, mais on a des collègues, des sous-traitants, une vallée...", a glissé l'un des représentants du personnel CFDT et CFE-CGC. A l'intérieur du site, ils étaient les seuls a pouvoir l'approcher: ils sont les seuls en effet à avoir paraphé l'accord entre l'Etat et ArcelorMittal. Mais pour parvenir jusqu'à cette table ronde, il fallait emprunter des chemins détournés et des ruses de Sioux. "C'est vrai que pour les sous-traitants, ça a été extrêmement difficile", a concédé le président, avant de commenter : "c'est la faiblesse du plan" de novembre 2012, "celle que je reconnais".

Quand Aurélie Filippetti croise le chef de l'Etat avant son discours, Hollande l'appelle par son prénom et lui impose un serrement de mains et la bise. Depuis son départ du gouvernement, l'ancienne ministre de la Culture adopte pourtant une posture très critique envers la politique du gouvernement, mais le président tente de sauver les apparences. 
Dans une tribune parue sur le site trotskiste Médiapart, la ministre de la Culture démissionnaire venait tout juste de faire de la bataille Florange le tombeau de la crédibilité de l'exécutif. "L'histoire de Florange est l'histoire de la crise de la parole politique. De la confiance en la parole politique", analysait la députée. Elle dessinait le refus de la nationalisation du site comme la matrice de la crise politique qui traverse, selon elle, le pays: "Tous les Français ont lu dans cette ville, dans ce combat, un chapitre politique et économique clef. Un peu de leur espoir s'est refroidi, glacé, pétrifié avec les hauts fourneaux". "C'était pour cela, pour la camionnette juchée au-dessus des regards brandis comme des étendards, que l'on y avait cru, à cette campagne", ajouta encore Filippetti, compagne de l'ex-ministre du Redressement productif (Industrie), Arnaud Montebourg.

Dans LCI Soir, Gérard Longuet (sénateur UMP de la Meuse) estime que Florange est "une forme d'escroquerie morale" de Hollande

FO dénonce un manque de respect du président 

En passant par une porte de derrière,
François Hollande a fui la petite centaine de travailleurs et de ses électeurs à la présidence, dont une trentaine de syndicalistes CGT, qui l'attendaient face à l'entrée principale des Grands Bureaux.
"Passer par la petite porte, c'est un manque de respect. Ne pas faire face à une centaine de salariés et une trentaine de syndicalistes, ça résume bien l'état d'esprit." (Lionel Burriello, de la CGT Florange).


Les manifestants brandissaient quelques drapeaux CGT, ainsi que des pancartes proclamant: "La décomposition des promesses du parti socialiste, c'est le terreau du FN" et "Sarkozy hier, Hollande aujourd'hui se prosternent devant les patrons".
Pour le délégué CGT, "ça fait 3 ans que ce dossier est uniquement géré sur le plan de la communication. Ils essaient de trouver à tout prix une porte de sortie: un centre de recherche, 30 CDI... Ce n'est plus seulement une trahison mais un manque de respect vis-à-vis du monde ouvrier, des salariés de Florange". Seule la CGT avait appelé à manifester contre la venue de F. Hollande. 

FO avait appelé ses adhérents "à l'indifférence". Les autres syndicats d'ArcelorMittal n'avaient pas donné de consigne particulière. Pour beaucoup d’ouvriers d’ArcelorMittal cependant,  et pour Lionel Burriello, la fermeture des hauts-fourneaux "a entraîné un génocide social dans la vallée" de la Fensch. "Et au-delà de ça, de ces politiques dramatiques, la commune d’Hayange ou sont situés les hauts-fourneaux a viré Front national. En tant qu’enfants d’immigrés, c’est affligeant d’en arriver là".

E. Martin (CFDT) refuse le contact 
avec ses camarades sidérurgistes 
Or, l'ex-syndicaliste CFDT Edouard Martin (ci-contre) brillait courageusement par son absence. Le meneur en échec des luttes pour le maintien de l'activité des hauts-fourneaux de Florange avait préféré s'exprimer lundi matin dans les studios de France Bleu Lorraine Nord. Aujourd'hui recasé eurodéputé PS, il soutint qu' "il faut arrêter de faire la fine bouche"... "Même si la fermeture des hauts fourneaux reste une blessure et restera une blessure béante ici dans la vallée, la lutte des organisations syndicales a permis d'obtenir une somme plus conséquente" soutient aujourd'hui l'eurodéputé PS.

Le Parti communiste Français (PCF) a également estimé  que "l’inauguration d’un bâtiment ne peut faire office de politique industrielle. La sidérurgie a besoin d’une relance de la filière liquide [le pétrole liquide ?] qui est indispensable pour assurer l’avenir et d’une politique de recherche ambitieuse libérée des exigences à court terme du marché".
Selon le PCF, "la population n’oublie pas que François Hollande a renié sa parole de candidat, en participant à la fermeture du haut fourneau d’Hayange, se soumettant ainsi aux exigences de la multinationale Mittal". "Cette capitulation n’a fait que réduire la capacité productive du pays. Pourtant le besoin d’acier demeure une exigence moderne et à côté des outils existants, de nouveaux devraient permettre d’y faire face", est-il écrit.

L'UMP Nadine Morano, députée européenne et chef de file de l'opposition régionale ne marche pas dans les bobards de Hollande : "Il est venu promettre de l'argent public et d'amener de l'argent public. 
Il vient poser la première pierre d'une plateforme d'un centre de recherche public alors que nous avons à quelques km de là, la NASA de la recherche sur l'acier avec le centre d'Arcelor Mittal." 
Le nouveau maire UMP de Florange, Michel d'Esquerre, regrette que le président ne l'ait pas intégré dès le début au protocole de sa visite. Il y voit une entorse à la courtoisie républicaine. Et il n'y trouve pas son compte en terme d'emplois sauvés : "Le dossier prioritaire serait de nous réindustrialiser un peu plus pour compenser les pertes d'emplois que l'on a subis (2000 emplois environ)".

A quelque 500 mètres à vol d'oiseau des grands bureaux d'ArcelorMittal, des agriculteurs en colère ont répandu du fumier sur une dizaine de mètres sur une route, bloquée par une trentaine de CRS. Une épaisse fumée grise se dégageait d'un feu de pneus placé au milieu du fumier et se propageait dans le ciel de Florange.
"Nos fermes ne seront pas les hauts fourneaux de Moselle". François Hollande croit pouvoir refermer le dossier des hauts-fourneaux, mais les agriculteurs lorrains l'attendent avec un autre cahier de doléances. Ils ont répandu du fumier pour manifester leur colère et leur désarroi, à quelques centaines de mètres des grands bureaux du site d'ArcelorMittal, et dans le centre-ville de Metz, allumant aussi des feux de pneus et de paille qui ont fait planer une ambiance encore un peu plus lourde sur la visite présidentielle. Un cordon d'une trentaine de CRS coupant la route achevait le tableau.

Florange : les agriculteurs répandent du fumier pour interpeller François Hollande par leparisien
Mais le président était dans sa bulle et n'a rien vu, rien entendu, rien senti.

lundi 24 novembre 2014

La socialiste Filippetti attaque le pouvoir sur tous les fronts

L'ex-ministre est-elle la chose du marionnettiste Montebourg

Aurélie Filippetti érige Florange en symbole de "la crise de la parole politique"
Le manque de volontarisme du pouvoir sur le dossier de Florange a favorisé l'émergence du FN, estime la ministre démissionnaire, tout en accompagnant François Hollande en Lorraine ce lundi. Bien que le président l'ait conviée à l'accompagner pour sa troisième visite sur le site des hauts fourneaux, la députée de Moselle n'entend pas lui dérouler le tapis rouge.
"Ça a été le tournant, le quinquennat n'aurait pas eu le même visage s'il s'était battu jusqu'au bout", assène au président Aurélie Filippetti ce lundi matin, invitée de France Info, chaîne publique très marquée à gauche.  "Ce qui a fait défaut, c'est la volonté de soulever des montagnes. Il y avait les espoirs de tout le peuple de gauche à Florange", regrette amèrement  l'ex-députée pour avoir elle-même fustigé le quinquennat précédent et fait des promesses non tenues. La fermeture des hauts fourneaux est à mettre au nombre de ces échecs qui font plonger François Hollande dans les sondages, estime-t-elle aujourd'hui, toujours dans la facilité langagière. "A chaque Président son drame de l'acier. A chaque Président sa croix de Lorraine couchée sur le sol froid de la vallée des anges", écrit cette littéraire coupée de la réalité.

La ministre de la culture démissionnaire fait de la bataille Florange le tombeau de la crédibilité de l'exécutif. Dans une tribune parue dimanche sur ...Médiapart, (offerte gratuitement dans son intégralité !), intitulée "Florange, l'adresse d'Aurélie Filippetti à François Hollande", modeste "J'accuse" de la prétentieuse, elle considère que "l'histoire de Florange est l'histoire de la crise de la parole politique. De la confiance en la parole politique", analyse la députée. Elle dessine le refus de la nationalisation du site [souhaitée par ...Montebourg] comme la matrice de la crise politique qui traverse, selon elle, le pays: "Tous les Français ont lu dans cette ville, dans ce combat, un chapitre politique et économique clef. Un peu de leur espoir s'est refroidi, glacé, pétrifié avec les hauts fourneaux". Formules ciselées sur le rythme ternaire enseigné dans les écoles de France. "C'était pour cela, pour la camionnette juchée au-dessus des regards brandis ["regards brandis"?] comme des étendards, que l'on y avait cru, à cette campagne", ajoute encore l'amère Filippetti, hyper-lyrique.

Filippetti réclame d' "indispensables" primaires à gauche

Elle accuse l'indécision du pouvoir d'avoir permis la percée de Marine Le Pen dans la région: "Depuis mars dernier, Hayange est passée aux mains du FN. On voit finalement les conséquences des non-décisions, de ce manque de volontarisme: nos électeurs ont basculé dans les extrêmes", regrette, désenchantée, celle qui fut porte-parole de François Hollande pendant la campagne de 2012.
Pour enfoncer le clou au micro de France Info, la députée s'appuie sur cette mise en scène d'Edouard Martin syndicaliste aussitôt reclassé député européen du PS. "Les Français avaient une image forte de lui (François Hollande) juché sur la camionnette devant les salariés. Il y avait des solutions, il y avait un repreneur (…) Des soutiens de l'UMP et du centre (…) Il fallait utiliser ce moment-là, ça aurait sans doute changé les sondages que l'on voit aujourd'hui" [lyrisme dans les chaussettes]. 

Une primaire pour "revivifier" les électeurs déçus
Les retrouvailles ne devraient donc pas être des plus chaleureuses entre Aurélie Filippetti et François Hollande. Les deux responsables politiques font ce lundi leur première sortie publique ensemble, depuis la démission fracassante de trois membres du gouvernement (Montebourg, Hamon et Filippetti, classés à l'aile gauche du PS) pour des désaccords politiques à la fin d'août dernier. 
Pour ne rien arranger, l'ancienne ministre lance dans les pattes avants du président l'idée de  l'organisation d'une primaire pour 2017, à laquelle François Hollande devrait se soumettre. Sur France Info, la députée de Moselle a en effet déploré que certains veuillent "fermer à l'avance tout débat sur l'organisation de primaires".
"Mais évidemment qu'il faut" ce débat, a ajouté l'ancienne ministre de la Culture. Avec le chef de l'Etat sortant? "Tous les candidats qui voudront se présenter pourront le faire et tous seront les bienvenus" s'ils remplissent les conditions, a-t-elle précisé. Y compris le président sortant.
Ces primaires lui semblent "indispensables". "On a besoin de revivifier nos militants et de redonner aux citoyens français la possibilité de participer à la définition de la prochaine campagne. C'est ce qui fait un peu défaut aujourd'hui, les gens se sentent exclus de ce qui se passe au sommet du pouvoir", juge Aurélie Filippetti, vacharde.

Sera-t-elle ce "malheur" que le syndicaliste CFDT, Edouard Martin, promettait à Hollande sur le site de Florange ?

dimanche 23 novembre 2014

François Hollande va chercher les coups, lundi à Florange

En mission reconquête, sans la CGT et FO qui boycotteront la visite

François Hollande repassera par la Lorraine 
lundi
Hollande devant les ouvriers d'ArcelorMittal 
escorté d'Edouard Martin (CFDT),
à Florange, le 26 septembre 2013
Il tentera de dépasser le drame économique et humain des hauts-fourneaux de Florange dont Montebourg n'a su empêcher la fermeture par ArcelorMittal. Hollande a choisi d'inaugurer deux sites d'avenir, une future plateforme publique de recherche et développement industriel et une nouvelle usine aéronautique.
Pour le chef de l'Etat, que 73% des sympathisants de gauche ne veulent pas voir se représenter en 2017, selon un récent sondage, il s'agit aussi de tenir une promesse de commémoration : celle faite l'an dernier à Florange d'y revenir "chaque année" sur ses pas durant son mandat "pour veiller aux engagements qui ont été pris".

Mémoire de la visite de campagne présidentielle 2012

Sa première visite à Florange  en 2012 avait suscité beaucoup d'espoir parmi les ouvriers sidérurgistes. Un an plus tard, nombre d'entre eux  considèrent la fermeture des hauts-fourneaux comme une "trahison" du chef de l'Etat.
Lundi, François Hollande sera notamment escorté du local mosellan Jean-Marc Todeschini, promu secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants après la démission vendredi de Kader Arif, cité dans une enquête pour favoritisme.
Présenté comme l'homme fort du PS mosellan et proche du président, Jean-Marc Todeschini avait été un acteur clé du dossier Florange. On lui attribue le ralliement au PS du virulent meneur syndical local, Edouard Martin: un tour de force, sachant qu'il militait à la CFDT, proche du Parti socialiste qui n'a donc eu qu'à traverser le couloir...
VOIR et ENTENDRE le numéro de Martin, la voix tremblante et l'oeil humide, le 6 décembre 2012: 
 

L'euro-député Edouard Martin osera-t-il revenir en tournée sur le lieu de ses exploits ?
Depuis, François Hollande est retourné à Florange, le 26 septembre 2013. Avec l'annonce d'un plan d'investissement de 300 millions d'euros pour des projets lorrains innovants. Une annonce qui contenta alors Edouard Martin, lequel incarne cette réflexion cégétiste : "Si le Pouvoir rétablissait l’esclavage, la CFDT se précipiterait pour négocier le poids des chaînes."

On pouvait donc tout demander en effet à celui qui, en septembre 2012, promettait pourtant à François Hollande : "Nous serons votre malheur !" et qui se laissa convertir sur le chemin de Bruxelles. 

Pendant qu'elle y était, p
uisqu'il prend bien la lumière et crève l'écran
la nébuleuse socialiste l'a récupéré même comme acteur politique. Le PS instrumentalisa son narcissime et réussit à faire de cet acteur syndical un acteur politique. Projeté tête de liste aux élections européennes sur la liste socialiste du Grand Est, il fit donc son show politique et fut élu: une mutation qui n'avait rien d'un rôle de composition.
Lors de la promotion de son livre "Ne lâchons rien", publié en avril, Edouard Martin avait laissé entendre qu'il pourrait s'engager en politique, par exemple à l'occasion des européennes. Il était cependant courtisé par d'autres mouvements, comme Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Quand le Net commença à bruire de la nouvelle, cette pensée de Coluche prit tout son sens: "Un chômeur qui va voter, ça me fait penser à un crocodile qui entre dans une maroquinerie." En l'occurrence, le crocodile ouvre carrément une enseigne de maroquinerie franchisée !
Sans états d'âme, Edouard Martin sauta le pas pour le PS et la députée européenne socialiste Catherine Trautmann dû s'écarter, toute ancienne ministre de Jospin et dix ans maire de Strasbourg qu'elle ait pu être, et fut numéro deux sur la liste PS. 

Nadine Morano, qui devait conduire la liste UMP dans la région du Grand Est, avait dénoncé "une récompense" au meneur syndical, soulignant que le syndicaliste a soutenu François Hollande pendant la campagne présidentielle. 
"C'est la récompense d'un syndicaliste qui ne menait pas un combat pour les salariés de Florange, mais un combat personnel."
Le syndicaliste affronta également Florian Philippot, le numéro deux du Front national, et Nadine Morano, UMP, ancien ministre: les trois furent élus, mais Trautmann resta sur le carreau.

Ecomouv' et agriculteurs en trouble-fête

Le président a prévu de rencontrer en matinée d'anciens salariés des hauts-fourneaux reclassés, des représentants du personnel et la direction du site d'ArcelorMittal.
Certains ont cependant décliné l'invitation du chef de l'Etat: la CGT a appelé les salariés à manifester lundi matin à Florange, dénonçant "une campagne de communication politique", tandis que FO a préféré "appeler à l'indifférence".

Sur les 629 salariés des hauts-fourneaux, environ 320 ont retrouvé un poste en interne sur les autres installations d'ArcelorMittal à Florange, 40 sont partis travailler sur d'autres sites du groupe et les autres sont partis en préretraite. Avec indemnités.

Martin cite …Coluche : "Comme pour les Restos du Cœur, j’aspire à ce qu’on n’ait plus besoin de moi ; ça voudra dire qu’on a gagné."
Hollande est-il si mal qu'il appelle demain Edouard Martin à son aide ?

mercredi 14 mai 2014

Les aciéries Ascométal pourraient aller au Brésilien Gerdau

Après Renault au Brésilien Ghosn, Ascométal au brésilien Gerdau !

Hollande sommeille et Valls veille...
Arcelor à Florange et maintenant Ascométal
Une majorité de syndicats soutient le projet français Supplisson, mais l'administrateur judiciaire du groupe sidérurgique français Ascométal appuie  plutôt l'offre de reprise de l'industriel brésilien Gerdau, ont indiqué des sources syndicales masquées, peu avant l'audience du tribunal de commerce consacrée à l'examen des offres.

La lutte a été "acharnée" devant le Comité central d'entreprise (CCE) réuni mardi et mercredi, entre ces deux prétendants, à qui les syndicats ont demandé d'améliorer leurs offres de reprise d'Ascométal, selon Yann Amadoro (CGT).
Le groupe, qui emploie 1.900 personnes sur six sites industriels en France, est en état de faiblesse et suscite les convoitises. Au final, quatre offres d'envergure devaient être présentées à partir de 14h30 au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), ainsi que des offres partielles pour les centrales hydroélectriques de Savoie.

Après Usinor, c'est le tour d'Ascométal

Plombée par une dette de 360 millions d'euros, l'ancienne filiale d'Usinor spécialisée dans les aciers spéciaux pour l'automobile et le secteur pétrolier, avait été placée en redressement judiciaire le 7 mars, après l'échec de négociations entre son actionnaire, le fonds américain Apollo, et ses créanciers, les banques américaines Morgan Stanley et Bank of America. Ces deux banques soutiennent en effet l'offre du fonds Anchorage, tandis que l'actionnaire Apollo présente aussi un projet.

Selon Cyril Brand (CFDT), l'administrateur judiciaire a affiché au CCE son "soutien" à l'offre de Gerdau, qui promet d'investir 150 millions d'euros sur cinq ans et avance 230 millions d'euros de lignes de crédit. "Sa préférence penche vers Gerdau", confirme Y. Amodoro. Le Brésilien maintiendrait 1.586 emplois et embaucherait 166 personnes, mais il ne veut pas conserver les usines de Fos (Bouches-du-Rhône) et du Cheylas (Isère).

La CGT, syndicat majoritaire, et la CFDT ont quant elles décidé de soutenir le projet de Frank Supplisson. 
Pour la CGT, l'offre de Gerdau est "socialement inacceptable" et le projet de Supplisson, le "compromis le plus acceptable" en dépit de "points de vigilance" sur les questions de financement et de gouvernance.
Haut fonctionnaire ayant mobilisé un groupe d'industriels et d'investisseurs, F. Supplisson est le seul à proposer de reprendre l'ensemble des sites, et plus de 1.820 salariés. Il assure avoir levé 230 millions d'euros de financement, dont plus de 55 millions apportés par ses actionnaires.

Les syndicats attendent qu'il confirme devant le tribunal une série d'"engagements", comme celui de ne "pas fermer de site pendant sept ans" et de "ne procéder à aucun licenciement économique pendant 24 mois".

Arnaud Montebourg n'a pas été dévoilée sa préférence au CCE, mais elle pourrait être déterminante, puisque le ministère du Redressement productif peut accorder un prêt via le "fonds de résistance économique".
Le tribunal pourrait rendre sa décision le lundi 19 mai. 

mercredi 30 avril 2014

Dossier Alstom: Hollande tente de laisser Montebourg sur la touche

Coup d'éclat de Montebourg qui refuse les rôles d'appoint

Le président a décidé de prendre en main ce sujet sensible


Le bouffon
Parce que sensible, l'affaire de la vente d'Alstom est retirée à Montebourg. Elle est traitée depuis l'Elysée, bien que Hollande ne soit pas au fait de la question. Lundi, François Hollande devait pourtant recevoir à l’Elysée les patrons de General Electric et de Siemens, ainsi que l’actionnaire principal d’Alstom, Martin Bouygues.

Le ministre caractériel de l'Economie Arnaud Montebourg a annulé son rendez-vous prévu le 27 après-midi avec Jeff Immelt et lui a adressé une lettre. Dans cette missive, il regrette d'avoir été mis devant le fait accompli de la candidature au rachat et justifie ses humeurs en rappelant qu'Alstom a des actifs stratégiques dans le nucléaire. Une vraie mise en garde pour empêcher l'annonce d'une transaction le lendemain.

Arnaud Montebourg a dû céder sa place en première ligne sur ce dossier.
"C’est du niveau du chef de l’Etat", a-t-on expliqué au Château. Une petite phrase lâchée dans l’entourage du chef de l’Etat confirme la mise à l’écart du ministre de l’Economie : "vous savez, il ne faut pas sur-interpréter les propos d’Arnaud Montebourg" qui passe de plus en plus pour un agité. Quand ce dernier donne l’impression d’avoir fait le choix européen de l’Allemand Siemens, au détriment de GE, l’Elysée s’empresse de reprendre les discussions en main. "Le sujet est devenu très vite hautement symbolique, c’est du niveau du chef de l’Etat", décrypte un conseiller de Hollande. Il est trop risqué de laisser un sujet aussi sensible, qui concerne 18.000 emplois en France, entre les mains de l’imprévisible Arnaud Montebourg.

Le conseiller économique de François Hollande a dû recevoir le patron d’Alstom discrètement et en urgence 

Montebourg se la joue à Florange
Montebourg a une propension au conflit avec les grands patrons
Le chef de l'Etat redoute qu'il maltraite le patron de GE, comme ce fut le cas à l'encontre de Lakshmi Mittal à Florange ou Philippe Varin dans l'affaire Peugeot. Pour empêcher Mittal de fermer des sites en Europe, Montebourg avait brandi la menace de droits de douanes sur les importations d'acier d'ArcelorMittal. "Tous les jours, cette entreprise privée cause du tort et du préjudice aux Etats et à leurs populations, utilise, quand elle sait le demander, l'argent public, et n'a aucune conscience de ses responsabilités", avait-il accusé en ténor de l'aile gauche du PS. Et de conclure: "Nous ne voulons plus de Mittal en France." 
Montebourg toise Ph. Varin
Il avait également taclé PSA sévèrement pour la gestion hasardeuse de son plan social, avant de faire son mea culpa. En juillet 2012, Montebourg a fait sortir la famille Peugeot de ses gonds, pour avoir comparé PSA à un "malade imaginaire", parle de "dissimulations", dit ne pas avoir une "confiance extraordinaire" en la direction du groupe...
Le 23 octobre 2012, le président de Mitsubishi France avait qualifié Arnaud Montebourg d'"abruti mental". Je ne comprends pas ce ministre qui ne connaît pas ses dossiers sur l’automobile qui représente 25% des revenus de la France et 10% de l’emploi dans notre pays, car il n’y a pas seulement les constructeurs mais aussi ceux qui travaillent par ou pour l’automobile directement ou indirectement." "Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologique, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales… Tous le subissent !" "Il est bête et ne comprend rien. Vous pouvez me citer sans vous inquiéter… Grâce à mes précédentes déclarations sur les chaines de télévision nationales, j’ai déjà un contrôle fiscal ! "

Alors que Titan, le fabricant américain de pneus, essaie de racheter l'usine Goodyear à Amiens, le PDG Maurice Taylor adresse à Arnaud Montebourg une lettre 
raillant les "soi-disant ouvriers" de l'usine d'Amiens-Nord. "Les ouvriers français sont beaucoup payés, mais ne travaillent que trois heures (...). J'ai fait part de cette remarque aux syndicats. Ils m'ont dit que ça marchait comme ça en France !", écrit Taylor. Et l'Américain ironise : "Qu'a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français." Le ministre du Redressement productif réplique aux propos de la missive et ne retient pas sa colère qualifiant les propos de "ridicules" et "désobligeants". "Vos propos, aussi extrémistes qu'insultants, témoignent d'une ignorance parfaite de ce qu'est notre pays, la France, de ses solides atouts, comme de son attractivité mondialement reconnue et de ses liens avec les Etats-Unis d'Amérique", assène-t-il.
Le PDG de Titan campe sur ses positions et riposte à Arnaud Montebourg : "L'extrémiste Monsieur le ministre, c'est votre gouvernement et son manque de connaissances sur la façon de bâtir une entreprise." Un peu plus tard, interrogé par Europe 1, Maurice Taylor s'en donne à cœur joie : "Mais pourquoi il m’embête avec ça, votre ministre ? Il est stupide ou quoi ? On parle de l’usine Goodyear et il s’adresse à moi. Vous devriez poser vos questions à cet imbécile !"

Montebourg pique maintenant une crise contre le président d'Alstom
"Depuis le mois de février, j’interroge Monsieur Patrick Kron, président de cette entreprise qui est notre fleuron national. Et Monsieur Patrick Kron, alors que je l’ai interrogé dûment, solennellement et sérieusement, m’a toujours dit qu’il n’avait aucun projet d’alliance", a lancé Arnaud Montebourg. "Est-ce que le ministre de l’Economie doit aller installer un détecteur de mensonges dans son bureau ? Pour les présidents du CAC 40 qui n’ont pas le civisme élémentaire d’avertir leur gouvernement ?" a-t-il ajouté.

L’affaire Alstom est menée par  Emmanuel Macron, à l’Elysée, même si, pour sauver les apparences, Arnaud Montebourg a assisté aux rendez vous avec les capitaines d’industrie qui se sont tenus au château. "François Hollande sait de toute façon que, politiquement, c’est lui qui sera jugé", assure l’entourage du président pour justifier son interventionnisme.

Hollande rêverait d'arriver à la cheville de Sarkozy. 
Le dossier est à la fois politique et européen. Berlin pousse pour arriver à une entente entre les européenne Alstom et Siemens. Et François Hollande ne peut pas donner le sentiment de laisser gagner l'américain GE sans tenter la solution européenne. Voilà aussi pourquoi il ne pouvait pas rester spectateur sur ce dossier. 
Une autre explication tient davantage au symbole : François Hollande sait qu’Alstom a été le succès de Nicolas Sarkozy qui, en 2004, sauva l'entrepris, et le socialiste fera tout pour que ce ne soit pas perçu comme son échec.

samedi 29 mars 2014

Municipales de l'alternance: après la vague rose, la vague bleue

Ne pas reculer devant un vote sanction, 
malgré les épouvantails de la gauche

La gauche prend tous les moyens pour se maintenir dans les villes dimanche
Le désaveu infligé à la majorité devrait tourner à l'avantage de l'opposition, en position de reconquête d'une grosse centaine de villes. Ce sera sans la neutralité de la presse présidentielle qui assimile l'UMP au FN brandit comme épouvantail. 

D'abord dans le déni, l'exécutif assure enfin avoir entendu "l'avertissement" des électeurs. Mais ses réseaux assurent que les 16 millions qui n'ont pas voté au premier tour appartiendraient à la majorité. Après avoir promis le changement en mai 2012, il promet à nouveau d'oeuvrer au redressement du pays: en 2014, il irait plus vite, plus fort, "avec plus de cohérence et de justice". Une terminologie vidée de son sens en 22 mois, mais qui inquiète néanmoins au regard de la détermination du gouvernement socialo-écolo, à peine arrivé au pouvoir, à frapper vite et fort les contribuables et les entreprises. 

Au moment où le chômage enregistre une nouvelle hausse en France, les mécontents répandent l'idée d'un remaniement gouvernemental pourrait redonner la confiance dans l'après-municipales, un scrutin qui a agrégé les déçus du "hollandisme".

L'UMP entend transformer le "carton jaune" du 1er tour en "carton rouge"

Les conditions sont réunies pour lancer "la reconquête" jusqu'à la présidentielle de 2017. Le  signent une victoire à même de .  selon son président Jean-François Copé, .

Un succès assurerait au premier parti d'opposition et à ses alliés centristes un nombre déterminant de grands électeurs aux sénatoriales de septembre, puisque 178 sièges sont à renouveler. La droite pourrait ainsi reprendre le pouvoir à la haute assemblée et  le socialiste Jean-Pierre Bel ne s'y trompe pas, puisqu'il a annoncé son retrait de la présidence du Sénat, avant la fin de son mandat.

L'alternance ne réjouit pas tout le monde
La droite s'est fixée pour objectif de renverser le rapport de forces dans les quelque 1.100 communes de plus de 9.000 habitants contrôlées jusqu'à présent à 54,5% par la gauche.

Elle devrait réussir son pari, voire le pulvériser. Elle a déjà pris 29 villes à la gauche, une cinquantaine lui suffirait pour compléter l'équation,  une centaine, selon les analyses, pourrait lui échoir au final, pour peu que les électeurs de droite se rendent en masse aux urnes. A Marseille, le sénateur-maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin est assuré, sauf coup de théâtre, d'un quatrième mandat après le revers de Patrick Mennucci, symbole de la débâcle socialiste, arrivé troisième derrière le candidat FN.
"Il ne faudra pas tirer d'un bon résultat la conclusion que les Français plébiscitent dès à présent le projet de l'UMP", tempère toutefois en garde  François Fillon dans Le Figaro.

A Paris, la probabilité de victoire de Nathalie Kosciusko-Morizet est encore incertaine, bien qu'elle ait devancé sa rivale socialiste Anne Hidalgo au premier tour, car la gauche reste majoritaire en voix et en mesure de conserver les arrondissements-clés. 

La gauche au pouvoir profitera-t-elle au FN ? 

L'issue du scrutin s'annonce très serrée dans plusieurs grandes villes tenues par la gauche
, comme à Strasbourg, Metz, Toulouse, Saint-Étienne, Reims, Caen ou encore Amiens.

Le PS n'est pas parvenue sans accrocs à rassembler entre les deux tours. Elle a multiplié  les appels au "ressaisissement" à l'adresse des communistes, des écologistes et même de ses troupesconsidérant qu'ils sont responsables de l'abstention massive au premier tour.

L'exemple de Florange démontre un rejet du PS au profit du FN
Ville symbole des luttes ouvrières menées par la CFDT, proche du PS, Florange a rejeté le candidat socialiste au profit de l'UMP, dès le premier tour.  
Les espoirs de conquête sont minces: Avignon, Bourges, Bayonne, notamment.

Au-delà de la mobilisation, la question du report des voix du Front national sera déterminante, d'autant que le "front républicain" est défendu sans succès par le PS et que la stratégie du "ni, ni" (ni Front national ni Front républicain) à l'UMP ne favorise pas les enfumeurs.
"Le FN est plus que jamais l'arbitre du second tour entre le PS et l'UMP", résume Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'IFOP.

Les conséquences de la proportionnelle 
Le scrutin de liste à deux tours avec représentation proportionnelle favorise une inflation de listes au second tour et des "fronts républicains" ne peuvent rien, après premier tour, à la poussée du FN: 986 triangulaires et 207 quadrangulaires, traditionnellement favorables à la gauche, et 16 pentagulaires auront lieu dans des communes de plus 1.000 habitants.
Dans les trois villes de France les plus peuplées, Paris, Lyon, Marseille, l'élection se fait par secteur électoral, en suivant les mêmes règles que pour les communes de plus de 1.000 habitants, où l'élection des conseillers municipaux se déroule au scrutin majoritaire plurinominal à deux tours, avec panachage.

Après avoir déjà fait élire 486 conseillers municipaux au premier tour, le FN, qui se maintient dans 329 villes, devrait atteindre aisément son objectif de dépasser les 1.000 élus.
Ses scores dans certaines villes "laissent potentiellement augurer des victoires" à Béziers, Saint-Gilles, Cogolin ou Fréjus par exemple, selon l'Ifop. Le FN caresse le même espoir à Brignoles, Forbach, Hayange, Villers-Cotterêts ou Beaucaire.
"Le FN-Rassemblement Bleu Marine est devenu une force de rassemblement de tous les Français", affirme Marine Le Pen, qui parle d'un "effet boule de neige" bouleversant la scène politique française.
Lien PaSiDupes: L’alliance DvD-FN qui vise à libérer Villeneuve-Saint-Georges : les grands moyens pour chasser l'extrême gauche

Les électeurs décideront qui -du FN ou du PCF- est le pire.