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jeudi 19 mars 2020

250 salariés de General Electric font valoir leur droit de retrait à Belfort

La grogne monte dans l'industrie 

General Electric à Belfort a dû suspendre  la production jusqu'à nouvel ordre

Résultat de recherche d'images pour "general electric belfort france"250 salariés ont exercé leur droit de retrait mardi en raison de la pandémie de coronavirus, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

Dans un document interne envoyé aux salariés, la direction du géant américain explique avoir "temporairement stoppé l'ensemble des activités de production pour évaluer et préparer une reprise d'activité dès que possible dans les meilleures conditions sanitaires».

Selon la CGT, les salariés sont en danger s'ils poursuivent le travailnombre d'ouvriers travaillant dans des ateliers où la proximité est forte. 


"De nous dépend le bon fonctionnement de nombreuses centrales électriques dans le monde"

Celles-ci "sont clef pour maintenir l'activité d'industries vitales pour nos concitoyens", fait valoir la direction dans le document.
"On est des bêtes à produire que l'on n'est pas capable de protéger", tonne pourtant Cyril Caritey, délégué syndical CGT du site belfortain.

Le syndicat réclame des mesures de chômage partiel et menace d'aller devant les tribunaux si des cas de Covid-19 se déclaraient. 
Une procédure judiciaire pour danger grave et imminent a déjà été lancée mardi matin.

General Electric emploie 4.300 salariés sur l'ensemble du Territoire-de-Belfort.

Les salariés de Punch Powerglide, fabricants de boîtes de vitesse à Strasbourg, appelés à exercer leur droit de retrait par la CGT et la CFDT, ont obtenu la "mise en activité partielle (de l'entreprise) dès (mercredi) jusqu'au 15 avril", ont annoncé les deux organisations syndicales dans un communiqué.

"Il y a des cas (de coronavirus) avérés dans l'usine, avec un de nos collègues en réanimation", avance Christophe Schuhmacher, délégué syndical CGT, précisant que "500 personnes (travaillaient) dans les ateliers" en étant "très inquiets".

En Moselle, la fédération du PCF a appelé l'Etat à prendre «ses responsabilités (...) en imposant l'arrêt des activités non essentielles dans le département" pour "préserver les salariés et renforcer l'efficacité du confinement dans l'intérêt de tous".

Lors d'une réunion mardi, la CGT du site ArcelorMittal de Florange a pour sa part jugé "irresponsable" (...) "la décision de la direction de continuer à faire tourner les lignes de production".

mercredi 27 février 2019

Ford Blanquefort - le gouvernement compte les points : Le Maire n'a que des regrets et Griveaux, que des signes d'impuissance

Depuis la signature de convention par Michel Delpuech, la situation s'enlise dans l'agglomération bordelaise désertée par Juppé

Bruno Le Maire vit mal son impuissance

Image associée
Mars 2018 : Bruno Le Maire a reçu élus et délégués syndicaux,
dont le cégétiste Gilles Lambersand (t-shirt blanc), à Bercy
A la sortie d'une réunion à Bercy pour acter - avec les représentants syndicaux de Ford-Blanquefort et les élus locaux de Gironde - la fermeture désormais inéluctable de l'usine bordelaise, le ministre de l'Economie de Macron a dû se contenter de fustiger l'attitude "indigne" du constructeur américain.

Ford a en effet confirmé à ses salariés ne pas accepter la dernière proposition du repreneur potentiel, Punch Powerglide, entreprise franco-belge (Punch Metals International) établie à Strasbourg, spécialiste des boîtes de vitesses, une décision qui entraîne l’arrêt du site et condamne les 850 salariés. "Nous regrettons que cette offre n'ait pas été acceptée", a commenté le ministre de l'Economie et des Finances. "L'attitude qu'a eue Ford (...) est indigne d'un grand groupe industriel", a-t-il ajouté, visiblement humilié.
"Ils ont accepté des conditions de travail plus difficiles, avec des suppressions de RTT, des heures de travail plus longues, un niveau de rémunération gelé pour un certain nombre d'années", avait-il fait valoir. Le Maire avait même été insultant : "J'ai dit au président de Ford, il y a quelques jours, que j'aimerais que la direction de Ford soit à la hauteur de la dignité des salariés de l'usine de Blanquefort", , avant de clamer : "Nous pouvons sauver l'usine !"...
Le Maire n'excluait pas "une nationalisation temporaire"
Le ministre avait évoqué une autre option :  le  19 décembre 2018, Europe 1 titra "Ford Blanquefort : Bruno Le Maire n'écarte pas un rachat provisoire par l'État". "S'il faut, à un moment donné, que l'Etat fasse la jonction entre Ford et Punch, pour qu'il puisse y avoir une reprise effective et que le site reste ouvert, j'y suis prêt", avait-il assuré. "Ce qui compte, c'est que les salariés aient du boulot, que l'usine reste ouverte et que l'industrie française devienne conquérante. Parce que le jour où une usine ferme, en général elle ne rouvre pas et derrière c'est plus de souffrance et moins de prospérité pour les Français". Avant de conclure : "Je ne lâche rien"...

Ainsi les coups durs industriels s’enchaînent pour le gouvernement les salariés, après l’échec de la reprise d’Ascoval par Altifort, soulignant le rôle d'observateur du gouvernement et le désintérêt de Macron en campagne pré-électorale.

Le 6 janvier 2019, au micro du Grand Rendez-Vous Europe1/Cnews/Les Echos, le ministre de l'Economie et des Finances avait rappelé son attachement à ce que l'usine Ford de Blanquefort reste ouverte, quitte à ce que l'Etat "fasse la jonction entre Ford et Punch," avait encore promis Bruno Le Maire. "Que Ford veuille partir de France et d'Europe, c'est un fait acquis. Mais on ne part pas dans n'importe quelles conditions", avait clamé le ministre dans le climat tendu que connaissait déjà la France en pleine crise sociale incarnée par les Gilets jaunes en lutte.

Constat d’échec du gouvernement. 
Le ministre l’Economie s’était personnellement engagé depuis un an sur ce dossier social très sensible. Après un premier refus de Ford, la nouvelle offre de reprise de Punch, jamais détaillée, avait ainsi été annoncée triomphalement par Bercy le 18 février, et ce, malgré les mises en garde des syndicats sur sa solidité.

Les syndicats soulignent donc que le rejet par Ford de l’offre de Punch est un constat d’échec de la gestion du dossier par Bruno Le Maire. "On a du mal à comprendre qu'en face il y ait si peu de répondant", a dénoncé Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Blanquefort et candidat à l’élection présidentielle en 2012 et 2017. "Ce qui est triste, c'est ce constat qu'un Etat ne puisse pas contraindre une multinationale comme Ford", a-t-il lâché. Le Maire et l'exécutif ont donc perdu une bataille.

Le gouvernement entend bien tordre le bras du constructeur américain sur le plan social.
Après bientôt deux ans de pouvoir sans partage, des promesses et des mesures sans effets, et la veille des élections européennes, Macron espère continuer à faire illusion. Des sondages de commande ne donnent-ils pas en tête le parti qu'il promeut lors de ses séances de stand-up pré-électoral à tout propos.  Le Maire doit, à n'importe quel prix, faire en sorte que l’atterrissage soit le moins brutal possible pour les salariés. 
Bruno Le Maire a donc martelé lundi que Ford "doit payer" pour que le plan social soit "solide" et aussi pour "garantir la dépollution (du site), ainsi que payer le territoire en amenant les fonds nécessaires à la réindustrialisation du site".

Des déclarations gouvernementales censées mettre la pression sur Ford... 
"Conscient des conséquences" de sa décision sur "les salariés, leurs familles et pour la communauté locale", le constructeur assure avoir "présenté un plan social complet". Ford propose ainsi "des plans de reclassement et de cessation anticipée d'activité" et des "mesures destinées à aider les salariés à retrouver un emploi ou à poursuivre d'autres opportunités de carrière, qu'il s'agisse de créations d'entreprise ou de formations de reconversion". 
Il a en outre promis "un vaste plan de réindustrialisation destiné à réduire l'impact sur la collectivité locale" de cette fermeture.

Le plan social n'est pas encore validé.
La préfecture avait rejeté la première version déposée en janvier. Elle rendra son avis d’ici début mars. Un feu vert enclencherait la procédure de fermeture, plus d'un an après l'annonce par Ford début 2018 de son intention de se désengager de cette usine implantée en 1972 aux portes de la capitale girondine. Un mois après le rejet du premier PSE, le 13 janvier, Juppé, maire de Bordeaux, acceptait d'enfiler ses pantoufles au Conseil Constitutionnel, le 13 février, en triplant son salaire.

Bruno Le Maire a, quant à lui, fait part de sa volonté de rechercher des solutions pour garantir un avenir au site industriel de Ford à Blanquefort (Gironde) en annonçant la création d'un ...groupe de travail pour "mettre toute notre énergie pour imaginer l'avenir industriel du site". "A partir du moment où Ford a pris cette décision définitive, maintenant c'est l'avenir qu'il faut imaginer", a estimé Bruno Le Maire.


Ces "engagements ont été pris alors que nous n'étions pas au gouvernement"


Michel Delpuech, le préfet d'Aquitaine, et Dirk Heller, directeur chez Ford, cosignent la convention sur l'avenir de Blanquefort
Michel Delpuech, alors préfet d'Aquitaine, et Dirk Heller, directeur 
chez Ford, cosignent la convention sur l'avenir de Blanquefort

L'Etat ne peut pas réclamer à Ford les aides versées, affirme Griveaux

L'Etat ne peut pas, en droit, demander à Ford de lui rembourser les aides perçues au cours des dernières années, a avoué mardi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux,en réaction à la proposition de réclamer le remboursement de ces aides, émise par Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Blanquefort et ancien candidat  trotskiste (Nouveau parti anticapitaliste) à la présidentielle. Sur franceinfo, Griveaux a précisé qu'"il y a eu 15 millions d'aides versées à Ford". Mais "on ne peut pas les demander car ces 15 millions d'aides étaient liés à des engagements sur l'emploi que Ford a tenus", a admis le petit coq à la crête pendante "Ils ont été pris depuis de nombreuses années (...)", déclare Griveaux ("il y a de nombreuses années", selon ceux qui parlent français)."Et ils ont été tenus," assure aujourd'hui le ministre de la propagande gouvernementale. 

Or, cette convention d'engagements réciproques date du 24 mai 2013.
Le comité de pilotage de Ford entérina alors l'accord pour le maintien des 1.000 emplois sur le site de Blanquefort, convention cosignée par l'Etat, les collectivités locales et Ford Europe.
"Je comprends la colère de M. Poutou (...), mais, quand on est dans un Etat de droit, on n'a pas le droit de demander ce remboursement d'aides", a ajouté Griveaux.

"En revanche, on va les faire payer pour les salariés, pour la dépollution du site, et pour la réindustrialisation du bassin", a-t-il confirmé, n'hésitant pas à réitérer les termes de Le Maire pour condamner l'"attitude indigne" de Punch Powerglide

Interrogé de savoir si le gouvernement pourrait envisager une nationalisation du site, il a dit ne pas croire - à la différence de Le Maire -  "que la nationalisation soit la réponse à ce type de situation (...) Le meilleur service à rendre à ce site n'est pas forcément la nationalisation mais plutôt qu'on cherche à diversifier l'activité industrielle", a répété la 'Voix de son maître'.

Sur ce sujet d'une possible nationalisation, y compris temporaire, le vice-président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, Bruno Questel, ex-radical de gauche et ex-socialiste (après avoir soutenu la candidature d'Arnaud Montebourg à la primaire du PS) et ancien maire de Bourgtheroulde-Infreville, choisie par hasard pour accueillire le premier Grand débat national de son Jupiter), a en revanche dit ne "pas y être opposé sur le principe". "En tant que membre de la majorité parlementaire je mettrai ce sujet sur la table dans la semaine", a-t-il affirmé sur BFMTV. La majorité présidentielle se fend...

Face au "droit de Ford de refuser toute offre de reprise alors que l'entreprise a bénéficié de millions d'euros de subventions", Griveaux a aussi plaidé pour "travailler sur une évolution de la loi avec une obligation de restitution de tout ou partie de l'argent ou d'investissements lourds dans la requalification du site ou l'accompagnement en requalification professionnelle des salariés concernés".

"Il faut trouver cette alchimie subtile entre l'initiative privée et un Etat stratège qui régule. Le gouvernement doit prendre toute ses responsabilités pour sauver ces emplois", a réclamé pour sa part Guillaume Peltier, le vice-président des Républicains, mardi sur France Inter.
"Je ne suis pas opposé par principe ni aux privations ni aux nationalisations, je veux l'équilibre entre le privé et le public", a-t-il souligné.

Or, la convention a été signé alors que Macron était secrétaire général adjoint du cabinet du président Hollande, chargé des affaires économiques

Nommé auprès du secrétaire général, Pierre-René Lemas, le 15 mai 2012,
Macron n'a pu être tenu à l'écart de la signature de la convention par Michel Delpuech, ci-dessus, qui est devenu préfet de police de Paris, le 19 avril 2017, par la volonté de ...Macron.

FRANCE-AUTOMOBILE-FORD-EMPLOYMENT : News Photo

A peine l'accord signé - et on note ci-dessus que le président socialiste de la Région, Alain Rousset, à gauche,  co-signataire de la Convention - participe à la mascarade? Gilles Lambersan délégué syndical CGT, a les larmes aux yeux, transporté par l'émotion.
Pour Véronique Ferreira, maire de Blanquefort et cosignatrice de l'accord, c'est un moment historique : "Ce n'est pas encore un aboutissement mais c'est une nouvelle étape." (Véronique Ferreira, maire de Blanquefort). Véronique Ferreira, maire de Blanquefort : "C'est un nouveau départ, quelque chose de souriant dans le contexte actuel."

Pendant près de deux ans, 30.000m² du site ont été entièrement réaménagés pour accueillir la nouvelle chaîne de production : pour Ford le maintien des 1.000 emplois sur le site passait par la fabrication d'une boite à six vitesses, la 6F35. Pour cela, Ford avait investi 90 millions d'euros et devait à nouveau investir 30 millions d'euros, avec l'aide de l'Etat et des collectivités locales.

Un immense gâchis orchestré de l'Elysée par Macron, conseiller du président.

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Ce beau jour de mai 2013, le préfet d'Aquitaine Michel Delpuech annonce le sauvetage du site de Blanquefort, à l'issue de cette réunion entre les représentants des salariés, les élus locaux et les directeurs de Ford. 

Les syndicats dénoncent pourtant un accord insuffisant : ils préviennent que la production de la boite à vitesse automatique 6F35 ne pourra pas suffire et que 200 salariés resteront sur le carreau.
Pourle préfet de la Gironde,  Michel Delpuech, "cet accord avec Ford, c'est un acte de foi. Gagnant gagnant"...

Nommé préfet d'Aquitaine le 26 juillet 2012 en Conseil des ministres présidé par Hollande qui en fera le préfet de la région Ile-de-France. Il ne le sera que deux mois puisque, sur proposition du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, intime de Macron, le nouveau président le fera préfet de police de Paris
Et sa biographie assure que "Delpuech s'est investi dans le maintien de l'activité de l'usine Ford de Blanquefort" (sic)...

En 2016, avec 
3 ans d'avance sur la nouvelle norme européenne d'émissions Euro6d, dont la mise en vigueur est pour le 1er septembre 2019, Peugeot (PSA) s'entendit avec Ford pour partager sa nouvelle génération de moteurs diesel avec Ford à partir de 2017, Pure Tech et BlueHDi.
Mais c'est encore une autre histoire...

samedi 15 décembre 2018

Usine de Blanquefort : l’exécutif engage un bras de fer avec Ford

Dans l'"ancien monde", Montebourg n'avait pas fait autrement : avec quel résultat ?

Le constructeur américain Ford veut fermer son usine de Blanquefort après avoir perçu 20 millions d’euros d’aides publiques entre 2011 et 2014 

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"Trahison", "lâcheté", "écœurement", "consternation", "indignité"… La classe politique n'a pas de mot assez blessant pour qualifier l’attitude de Ford.
Entre le fermeture de son usine de Blanquefort et sa reprise par le groupe belge Punch, le groupe Ford privilégierait la première option, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. 847 emplois pourraient être perdus en cas de disparition du site. 
Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des finances, s'est senti humilié et a perdu ses nerfs devant l’attitude de Ford, qui a transmis sa décision par un simple communiqué de presse, et dont le PDG, Jim Hackett, n’a pas daigné prendre le ministre au téléphone. "Je suis révolté, je suis écœuré par cette décision qui ne se justifie que par la volonté de Ford de faire monter son cours de Bourse, a déclaré, jeudi, B. Le Maire, au Sénat, à l’occasion de la séance de questions au gouvernement. Je veux dénoncer le mensonge de Ford, qui dit que l’offre de reprise de Punch n’est pas crédible (…). Et je veux dénoncer la trahison de Ford vis-à-vis des salariés du site de Blanquefort."
"Je suis évidemment en désaccord avec ce choix et je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l'activité industrielle sur le site. Nous avons une option solide. Punch est un repreneur solide qui a une bonne réputation, qui a déjà apporté la preuve de sa capacité à reprendre une activité industrielle", a-t-il ajouté. Un porte-parole de Ford France a refusé, quant à lui, de commenter à chaud ces déclarations véhémentes.

Les Américains ont parfaitement tiré parti du mode de fonctionnement français de subventions et de primes. Aujourd'hui, le gouvernement veut contraindre le constructeur américain à accepter l’offre de reprise, plutôt que de fermer son usine. 
"Hostile et inacceptable" : c’est en ces termes qu’en marge d’un sommet européen à Bruxelles, ce vendredi, Emmanuel Macron a jugé  la décision du groupe américain Ford de fermer une usine à Blanquefort, commune socialiste gérée par Vincent Feltesse (dont Hollande avait fait un conseiller à l'Elysée), dans l'aire urbaine de Bordeaux, Gironde, en refusant une offre de reprise.

A Bercy, son ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, ne décolère pas. 
Lors d’un entretien téléphonique, ce vendredi, en début d’après-midi avec le PDG de Ford Europe, Steven Armstrong, il aurait exhorté le constructeur américain à "revoir sa décision", assure la presse. Et ce, rapidement, selon son entourage. La vérité est que ce PDG ne répond plus à Le Maire au téléphone. 
Si aucun calendrier n’a été fixé, Bercy prétend pourtant mettre la pression sur Ford pour qu’il accepte l’offre de reprise du belge Punch Powerglide, plutôt que de fermer l’usine fin août, en laissant sur le carreau les 850 salariés.
"S'ils pensent qu'ils peuvent mettre la clef sous la porte sans que ni l'Etat ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire", a tonné le ministre, jugeant cette position "indéfendable".
Le Maire dit avoir téléphoné au Secrétaire au Trésor du président Trump, Steve Mnuchin et à son conseiller économique  pour "obtenir leur soutien" et qu'ils alertent "la direction de Ford sur ce qui se passe actuellement sur le site de Blanquefort", près de Bordeaux.
Comme Margaret Thatcher, Macron "wants his money back" 
En effet, le constructeur américain a  pris l'argent offert contre la paix sociale. Il a abondamment bénéficié des aides publiques ces dernières années, sans pour autant se sentir lié. Ford aurait ainsi perçu 20 millions d’euros d’aides publiques entre 2011 et 2014 sur la base d’un premier accord de reprise du site : 10 millions d’euros au titre de l’investissement et 10 autres millions pour financer la formation et le chômage partiel des salariés. 
Parallèlement, il a bénéficié du Crédit impôt compétitivité emploi (CICE). Et même en cas de fermeture, Ford pourra imputer du CICE sur les impôts qu’il doit à l’Etat français en 2019 (au titre de 2018).
1998: accord de coopération signé par Ford et PSA Peugeot Citroën.
1999 : en remportant (ô surprise !) un important contrat avec l'UGAP (la centrale d’achat des administrations et collectivités publiques), Ford devint fournisseur de l'administration française, sous Jospin.

A Paris,
Ford et PSA Peugeot-Citroën présentèrent le 1er moteur ...diesel issu de la coopération technique entre les deux groupes. En 10 ans, quatre familles de moteurs diesel seront ainsi développées en commun.
2002 : installation du Groupe Ford France dans de nouveaux locaux à Saint Germain en Laye.
2006 : Ford livre la première flotte de Focus Flexifuel, fonctionnant au super-éthanol E85, au conseil Général de la Marne.
De quoi faire hurler un peu plus Philippe Martinez. 
Le patron de la CGT a répliqué, jeudi, que Ford doit "rembourser l’argent public " versé à la satisfaction de Louis Viannet, et Martinez a demandé ni plus ni moins que la "réquisition" de l’entreprise ! Irréaliste, selon Bercy, car cela enverrait un très mauvais signal aux groupes étrangers qui voudraient s’implanter en France.

Dissuader Ford de fermer

"Si la volonté de Ford est de fermer l’usine et de quitter le pays le plus vite possible, il doit comprendre que la meilleure solution est d’accepter l’offre de reprise", insiste une source anonyme proche du dossier. Mais pour l’en convaincre, le gouvernement a peu de moyens de pression. Il pourrait, par exemple, placer des obstacles administratifs sur sa route en lançant une commission parlementaire ou freiner, voire retoquer, le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) que Ford souhaite engager. 
Le PSE est un dispositif légal visant à limiter les conséquences des licenciements collectifs. Mis en place en août 1989 par la loi 'Soisson', ce plan social a été renommé "plan de sauvegarde de l'emploi" par Martine Aubry dans loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002.
Bercy n’a pas non plus apprécié l'annonce par communiqué de la fermeture de l’usine à la fin août 2019, moins de vingt-quatre heures après avoir arraché un accord avec les syndicats et salariés du groupe. "Nous n’avons pas été prévenus de cette décision même si on sentait Ford devenir évasif dans les échanges", confirme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire.

Ford, prêt à se retirer dans les formes
Le constructeur américain trouve  des défenseurs parmi les experts du secteur automobile. "L’offre du belge Punch n’est pas robuste, détaille un fin connaisseur du dossier qui garde l'anonymat. Punch a fait la promesse de conserver un certain niveau production, mais rien ne prouve qu’ils seront en mesure de la tenir."
Punch Powerglide Strasbourg est un concepteur et fabricant mondial de boîtes de vitesse automatiques. Mais son site, qui a appartenu jusqu'en 2013 au groupe General Motors, a fait faillite deux années plus tôt et se trouve encore en profonde restructuration.
Ford fait aussi valoir que son intention est de bien faire les choses. Sur les 850 salariés que compte l’usine, la moyenne d’âge est de 51 ans. Dans le cadre d’un PSE, 150 d’entre eux pourraient être transférés à l’usine voisine, GFT (Getrag Ford Transmissions), qui fabrique elle aussi des boîtes de vitesses. Il resterait 700 salariés, dont la moitié partirait en pré-retraite, et l’autre moitié bénéficierait d’un accompagnement pour retrouver un emploi, lancer son entreprise, etc.

Le Maire mise sur une mobilisation nationale







Date butoir fin octobre
Lors de sa précédente visite dans l'usine il y a trois semaines, Bruno Le Maire avait affiché l'espoir de voir aboutir les négociations entre Ford qui entend se séparer de Blanquefort d'ici la fin de l'année 2019, et l'équipementier Punch, repreneur de l'usine de boîtes de vitesse que détenait General Motors à Strasbourg.

Le ministre avait fixé la fin du mois d'octobre comme date butoir pour trouver une solution. Les collectivités locales et l'Etat se sont engagés à investir 5 millions d'euros, dont trois millions d'euros pour des mesures de chômage technique qui seraient nécessaires et deux millions d'euros pour investir et moderniser le site, a précisé Bruno Le Maire.

Négociations sur un PSE
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a ajouté que Bordeaux Métropole et la Région Nouvelle-Aquitaine présidée par Alain Rousset (PS) sont prêts à apporter ensemble 12,5 millions d'euros pour "imposer" une reprise. "Ça veut dire mettre en cause le cas échéant la réputation de Ford sur le marché européen. Ça veut dire agir auprès des instances européennes qui peuvent peser sur la décision de Ford. Ça veut dire nous solidariser de toutes les actions que les organisations syndicales pourraient envisager", a-t-il dit.

Devant la représentation nationale, Le Maire a rendu un hommage appuyé à Philippe Poutou, ouvrier à Ford Blanquefort, syndicaliste CGT, ancien candidat du Nouveau Parti anticapitaliste à l’élection présidentielle de 2017, et qui a pesé pour que son syndicat accepte de rentrer dans les clous de l’offre de Punch.

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Ford, qui a pris la décision de ne plus investir dans cette usine ouverte en 1972, avait lancé fin juin un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en parallèle à la recherche d'un repreneur. Les négociations sont toujours en cours et les membres du Comité d'entreprise se battent toujours pour obtenir des améliorations importantes dans les mesures proposées en cas de fermeture. La dernière réunion serait fixée au 18 décembre.