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mercredi 27 février 2019

Ford Blanquefort - le gouvernement compte les points : Le Maire n'a que des regrets et Griveaux, que des signes d'impuissance

Depuis la signature de convention par Michel Delpuech, la situation s'enlise dans l'agglomération bordelaise désertée par Juppé

Bruno Le Maire vit mal son impuissance

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Mars 2018 : Bruno Le Maire a reçu élus et délégués syndicaux,
dont le cégétiste Gilles Lambersand (t-shirt blanc), à Bercy
A la sortie d'une réunion à Bercy pour acter - avec les représentants syndicaux de Ford-Blanquefort et les élus locaux de Gironde - la fermeture désormais inéluctable de l'usine bordelaise, le ministre de l'Economie de Macron a dû se contenter de fustiger l'attitude "indigne" du constructeur américain.

Ford a en effet confirmé à ses salariés ne pas accepter la dernière proposition du repreneur potentiel, Punch Powerglide, entreprise franco-belge (Punch Metals International) établie à Strasbourg, spécialiste des boîtes de vitesses, une décision qui entraîne l’arrêt du site et condamne les 850 salariés. "Nous regrettons que cette offre n'ait pas été acceptée", a commenté le ministre de l'Economie et des Finances. "L'attitude qu'a eue Ford (...) est indigne d'un grand groupe industriel", a-t-il ajouté, visiblement humilié.
"Ils ont accepté des conditions de travail plus difficiles, avec des suppressions de RTT, des heures de travail plus longues, un niveau de rémunération gelé pour un certain nombre d'années", avait-il fait valoir. Le Maire avait même été insultant : "J'ai dit au président de Ford, il y a quelques jours, que j'aimerais que la direction de Ford soit à la hauteur de la dignité des salariés de l'usine de Blanquefort", , avant de clamer : "Nous pouvons sauver l'usine !"...
Le Maire n'excluait pas "une nationalisation temporaire"
Le ministre avait évoqué une autre option :  le  19 décembre 2018, Europe 1 titra "Ford Blanquefort : Bruno Le Maire n'écarte pas un rachat provisoire par l'État". "S'il faut, à un moment donné, que l'Etat fasse la jonction entre Ford et Punch, pour qu'il puisse y avoir une reprise effective et que le site reste ouvert, j'y suis prêt", avait-il assuré. "Ce qui compte, c'est que les salariés aient du boulot, que l'usine reste ouverte et que l'industrie française devienne conquérante. Parce que le jour où une usine ferme, en général elle ne rouvre pas et derrière c'est plus de souffrance et moins de prospérité pour les Français". Avant de conclure : "Je ne lâche rien"...

Ainsi les coups durs industriels s’enchaînent pour le gouvernement les salariés, après l’échec de la reprise d’Ascoval par Altifort, soulignant le rôle d'observateur du gouvernement et le désintérêt de Macron en campagne pré-électorale.

Le 6 janvier 2019, au micro du Grand Rendez-Vous Europe1/Cnews/Les Echos, le ministre de l'Economie et des Finances avait rappelé son attachement à ce que l'usine Ford de Blanquefort reste ouverte, quitte à ce que l'Etat "fasse la jonction entre Ford et Punch," avait encore promis Bruno Le Maire. "Que Ford veuille partir de France et d'Europe, c'est un fait acquis. Mais on ne part pas dans n'importe quelles conditions", avait clamé le ministre dans le climat tendu que connaissait déjà la France en pleine crise sociale incarnée par les Gilets jaunes en lutte.

Constat d’échec du gouvernement. 
Le ministre l’Economie s’était personnellement engagé depuis un an sur ce dossier social très sensible. Après un premier refus de Ford, la nouvelle offre de reprise de Punch, jamais détaillée, avait ainsi été annoncée triomphalement par Bercy le 18 février, et ce, malgré les mises en garde des syndicats sur sa solidité.

Les syndicats soulignent donc que le rejet par Ford de l’offre de Punch est un constat d’échec de la gestion du dossier par Bruno Le Maire. "On a du mal à comprendre qu'en face il y ait si peu de répondant", a dénoncé Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Blanquefort et candidat à l’élection présidentielle en 2012 et 2017. "Ce qui est triste, c'est ce constat qu'un Etat ne puisse pas contraindre une multinationale comme Ford", a-t-il lâché. Le Maire et l'exécutif ont donc perdu une bataille.

Le gouvernement entend bien tordre le bras du constructeur américain sur le plan social.
Après bientôt deux ans de pouvoir sans partage, des promesses et des mesures sans effets, et la veille des élections européennes, Macron espère continuer à faire illusion. Des sondages de commande ne donnent-ils pas en tête le parti qu'il promeut lors de ses séances de stand-up pré-électoral à tout propos.  Le Maire doit, à n'importe quel prix, faire en sorte que l’atterrissage soit le moins brutal possible pour les salariés. 
Bruno Le Maire a donc martelé lundi que Ford "doit payer" pour que le plan social soit "solide" et aussi pour "garantir la dépollution (du site), ainsi que payer le territoire en amenant les fonds nécessaires à la réindustrialisation du site".

Des déclarations gouvernementales censées mettre la pression sur Ford... 
"Conscient des conséquences" de sa décision sur "les salariés, leurs familles et pour la communauté locale", le constructeur assure avoir "présenté un plan social complet". Ford propose ainsi "des plans de reclassement et de cessation anticipée d'activité" et des "mesures destinées à aider les salariés à retrouver un emploi ou à poursuivre d'autres opportunités de carrière, qu'il s'agisse de créations d'entreprise ou de formations de reconversion". 
Il a en outre promis "un vaste plan de réindustrialisation destiné à réduire l'impact sur la collectivité locale" de cette fermeture.

Le plan social n'est pas encore validé.
La préfecture avait rejeté la première version déposée en janvier. Elle rendra son avis d’ici début mars. Un feu vert enclencherait la procédure de fermeture, plus d'un an après l'annonce par Ford début 2018 de son intention de se désengager de cette usine implantée en 1972 aux portes de la capitale girondine. Un mois après le rejet du premier PSE, le 13 janvier, Juppé, maire de Bordeaux, acceptait d'enfiler ses pantoufles au Conseil Constitutionnel, le 13 février, en triplant son salaire.

Bruno Le Maire a, quant à lui, fait part de sa volonté de rechercher des solutions pour garantir un avenir au site industriel de Ford à Blanquefort (Gironde) en annonçant la création d'un ...groupe de travail pour "mettre toute notre énergie pour imaginer l'avenir industriel du site". "A partir du moment où Ford a pris cette décision définitive, maintenant c'est l'avenir qu'il faut imaginer", a estimé Bruno Le Maire.


Ces "engagements ont été pris alors que nous n'étions pas au gouvernement"


Michel Delpuech, le préfet d'Aquitaine, et Dirk Heller, directeur chez Ford, cosignent la convention sur l'avenir de Blanquefort
Michel Delpuech, alors préfet d'Aquitaine, et Dirk Heller, directeur 
chez Ford, cosignent la convention sur l'avenir de Blanquefort

L'Etat ne peut pas réclamer à Ford les aides versées, affirme Griveaux

L'Etat ne peut pas, en droit, demander à Ford de lui rembourser les aides perçues au cours des dernières années, a avoué mardi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux,en réaction à la proposition de réclamer le remboursement de ces aides, émise par Philippe Poutou, délégué CGT de Ford Blanquefort et ancien candidat  trotskiste (Nouveau parti anticapitaliste) à la présidentielle. Sur franceinfo, Griveaux a précisé qu'"il y a eu 15 millions d'aides versées à Ford". Mais "on ne peut pas les demander car ces 15 millions d'aides étaient liés à des engagements sur l'emploi que Ford a tenus", a admis le petit coq à la crête pendante "Ils ont été pris depuis de nombreuses années (...)", déclare Griveaux ("il y a de nombreuses années", selon ceux qui parlent français)."Et ils ont été tenus," assure aujourd'hui le ministre de la propagande gouvernementale. 

Or, cette convention d'engagements réciproques date du 24 mai 2013.
Le comité de pilotage de Ford entérina alors l'accord pour le maintien des 1.000 emplois sur le site de Blanquefort, convention cosignée par l'Etat, les collectivités locales et Ford Europe.
"Je comprends la colère de M. Poutou (...), mais, quand on est dans un Etat de droit, on n'a pas le droit de demander ce remboursement d'aides", a ajouté Griveaux.

"En revanche, on va les faire payer pour les salariés, pour la dépollution du site, et pour la réindustrialisation du bassin", a-t-il confirmé, n'hésitant pas à réitérer les termes de Le Maire pour condamner l'"attitude indigne" de Punch Powerglide

Interrogé de savoir si le gouvernement pourrait envisager une nationalisation du site, il a dit ne pas croire - à la différence de Le Maire -  "que la nationalisation soit la réponse à ce type de situation (...) Le meilleur service à rendre à ce site n'est pas forcément la nationalisation mais plutôt qu'on cherche à diversifier l'activité industrielle", a répété la 'Voix de son maître'.

Sur ce sujet d'une possible nationalisation, y compris temporaire, le vice-président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale, Bruno Questel, ex-radical de gauche et ex-socialiste (après avoir soutenu la candidature d'Arnaud Montebourg à la primaire du PS) et ancien maire de Bourgtheroulde-Infreville, choisie par hasard pour accueillire le premier Grand débat national de son Jupiter), a en revanche dit ne "pas y être opposé sur le principe". "En tant que membre de la majorité parlementaire je mettrai ce sujet sur la table dans la semaine", a-t-il affirmé sur BFMTV. La majorité présidentielle se fend...

Face au "droit de Ford de refuser toute offre de reprise alors que l'entreprise a bénéficié de millions d'euros de subventions", Griveaux a aussi plaidé pour "travailler sur une évolution de la loi avec une obligation de restitution de tout ou partie de l'argent ou d'investissements lourds dans la requalification du site ou l'accompagnement en requalification professionnelle des salariés concernés".

"Il faut trouver cette alchimie subtile entre l'initiative privée et un Etat stratège qui régule. Le gouvernement doit prendre toute ses responsabilités pour sauver ces emplois", a réclamé pour sa part Guillaume Peltier, le vice-président des Républicains, mardi sur France Inter.
"Je ne suis pas opposé par principe ni aux privations ni aux nationalisations, je veux l'équilibre entre le privé et le public", a-t-il souligné.

Or, la convention a été signé alors que Macron était secrétaire général adjoint du cabinet du président Hollande, chargé des affaires économiques

Nommé auprès du secrétaire général, Pierre-René Lemas, le 15 mai 2012,
Macron n'a pu être tenu à l'écart de la signature de la convention par Michel Delpuech, ci-dessus, qui est devenu préfet de police de Paris, le 19 avril 2017, par la volonté de ...Macron.

FRANCE-AUTOMOBILE-FORD-EMPLOYMENT : News Photo

A peine l'accord signé - et on note ci-dessus que le président socialiste de la Région, Alain Rousset, à gauche,  co-signataire de la Convention - participe à la mascarade? Gilles Lambersan délégué syndical CGT, a les larmes aux yeux, transporté par l'émotion.
Pour Véronique Ferreira, maire de Blanquefort et cosignatrice de l'accord, c'est un moment historique : "Ce n'est pas encore un aboutissement mais c'est une nouvelle étape." (Véronique Ferreira, maire de Blanquefort). Véronique Ferreira, maire de Blanquefort : "C'est un nouveau départ, quelque chose de souriant dans le contexte actuel."

Pendant près de deux ans, 30.000m² du site ont été entièrement réaménagés pour accueillir la nouvelle chaîne de production : pour Ford le maintien des 1.000 emplois sur le site passait par la fabrication d'une boite à six vitesses, la 6F35. Pour cela, Ford avait investi 90 millions d'euros et devait à nouveau investir 30 millions d'euros, avec l'aide de l'Etat et des collectivités locales.

Un immense gâchis orchestré de l'Elysée par Macron, conseiller du président.

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Ce beau jour de mai 2013, le préfet d'Aquitaine Michel Delpuech annonce le sauvetage du site de Blanquefort, à l'issue de cette réunion entre les représentants des salariés, les élus locaux et les directeurs de Ford. 

Les syndicats dénoncent pourtant un accord insuffisant : ils préviennent que la production de la boite à vitesse automatique 6F35 ne pourra pas suffire et que 200 salariés resteront sur le carreau.
Pourle préfet de la Gironde,  Michel Delpuech, "cet accord avec Ford, c'est un acte de foi. Gagnant gagnant"...

Nommé préfet d'Aquitaine le 26 juillet 2012 en Conseil des ministres présidé par Hollande qui en fera le préfet de la région Ile-de-France. Il ne le sera que deux mois puisque, sur proposition du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, intime de Macron, le nouveau président le fera préfet de police de Paris
Et sa biographie assure que "Delpuech s'est investi dans le maintien de l'activité de l'usine Ford de Blanquefort" (sic)...

En 2016, avec 
3 ans d'avance sur la nouvelle norme européenne d'émissions Euro6d, dont la mise en vigueur est pour le 1er septembre 2019, Peugeot (PSA) s'entendit avec Ford pour partager sa nouvelle génération de moteurs diesel avec Ford à partir de 2017, Pure Tech et BlueHDi.
Mais c'est encore une autre histoire...

mardi 20 décembre 2016

La "situation financière alarmante" laissée par Ségolène Royal en Poitou-Charente est... involontaire


C'est la faute à son incompétence, selon le rapport définitif sur la gestion de la région Royal


"
Que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir", va lui rappeler Bayrou... 

Des irrégularités financières, mais pas d'insincérité des comptes, décide le rapport officiel et définitif de la Chambre régionale des Comptes rendu public ce lundi 19 décembre sur la gestion des trois ex-régions socialistes, Limousin, Poitou-Charentes et Aquitaine, qui ont fusionné pour devenir la Nouvelle Aquitaine au 1er janvier 2016. 



La surprise est grande, car le bilan des comptes de la région Poitou-Charentes, dirigée de 2004 à 2014 par la socialiste Ségolène Royal, et actuelle ministre de Hollande, faisait état d’une "situation financière alarmante", après les informations révélées au printemps dernier. Le président d'alors, Franc-Gilbert Banquey, qui présidait cette CRC depuis 2010, a été promu cet été à la Cour des Comptes, où il est conseiller maître, magistrat de grade supérieur...

Conseiller maître à la Cour des comptes depuis 2012, l
e nouveau est diplômé en chinois de l'Institut national des langues et civilisations orientales.
A noter qu'il a assuré la fonction de secrétaire général du ministère de... l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer (de 2010 à 2012) actuellement occupé par... Ségolène Royal.


Les conclusions de l’institution régionale laissent un sentiment d'injustice

Le président Jean-François Monteils (à droite) 
au côté de Jean-Noël Gout, vice-président
La Chambre régionale des Comptes confirme des impayés [dettes ?] à hauteur de 111 millions d’euros, qui ont été épongés par la Nouvelle Aquitaine, et 172 millions d’euros d’emprunts dont 46 sont estimés toxiques. L’institution estime pourtant qu’il n’y a pas d’insincérité des comptes, malgré autant de négligences. "L’insincérité dans nos procédures, c’est la non-comptabilisation volontaire d’une dépense obligatoire et connue. Comme une dette exigible, par exemple", a précisé dans la Charente Libre, Jean-François Monteils, président de la Chambre régionale des comptes depuis le 11 septembre 2016. 

Le rapport précise aussi que la fusion arrive à point nommé pour le Poitou-Charentes
"En l’absence de fusion, l’état des finances de l’ancienne région Poitou-Charentes aurait nécessité, vraisemblablement dès 2016, des décisions importantes en matière de réduction des dépenses et/ou de modification de la politique suivie auparavant en matière de fiscalité".

Comment a réagi Ségolène Royal sur l’ensemble du rapport ?
Elle a estimé que le rapport mettait hors de cause sa gestion à la tête de la région. "Je suis très contente des résultats de ce rapport (…) qui clarifie les choses, démonte les accusations vraiment diffamatoires qui ont été faites pour détruire et pour abîmer", avait affirmé Ségolène Royal. "Je considère que Ségolène Royal n’a pas lu le rapport", a rétorqué Alain Rousset, président socialiste de la Nouvelle Aquitaine.

Et l’opposition régionale ?

Dans son intervention lors de la plénière du 19 décembre, Pierre Durand (Les Républicains) a estimé que l’ex-région Poitou-Charentes était une "maladie financièrement transmissible que l’on va devoir soigner impérativement". Il s’inquiète de l’impact sur les comptes de la grande région : "Il y a eu tromperie et cela va plomber toute la mandature, ne serait-ce que pour tenter de ramener la capacité d’endettement de la Nouvelle Aquitaine à 7 années à horizon 2022, où notre région va devoir ' faire face à un pic de remboursement de 34,9 millions d’euros' ".

Le porte-parole de la Nouvelle Aquitaine Florent Boudié, rappelait en mai 2016 que la situation de l’ex-Poitou-Charentes était "à mettre en perspective avec ce qu’est le budget de la région, soit 2,5 milliards d’euros", écartant l’idée que les comptes de la Nouvelle Aquitaine puissent être plombés.

La Chambre n'exerce aucune poursuites...

"C’est à la Chambre de saisir la cour de discipline budgétaire. 
Le président socialiste sortant en Aquitaine a été élu à la tête de la nouvelle grande région.Elle ne le fait pas, elle n’a pas tiré la conclusion que le budget était insincère, donc elle ne saisit pas", rappelle Alain Rousset, PS, estimant ainsi qu’il est temps de tourner la page sur cette affaire...

Dans son entretien à la Charente Libre, le président de la Chambre précise qu'il "n’a eu aucun document indiquant que ce directeur financier (Daniel Parizot, le dernier directeur financier du Poitou-Charentes) avait délégation pour signer ces prêts", relevant qu’il est du ressort des juridictions compétentes de décider ou non de poursuivre, sur ce volet.


Transparency International France va-t-elle s'emparer de la question ? 

L'ONGI entend en effet surveiller les représentants du peuple...
Avec une hausse des charges de 7 % et un recul des produits de 3,5 % entre 2011 et 2014, les villes de 2.500 à 10.000 habitants sont fragilisées. Et "177 collectivités sont inscrites au réseau d'alerte, sur les 12 départements [de la grande région], dont 159 communes", a observé notamment Jean-Noël Gout. De son côté, Jean-François Monteils a montré avec humour qu'il avait pris la mesure de l'enjeu. "Quand on se retrouve à la tête du plus vaste ressort de France, avec plus de 4.500 communes, 25 grandes aires urbaines, il est important ne pas céder à la mégalomanie," a-t-il ainsi relevé. Avant de raconter que les magistrats de cette juridiction financière devaient se réinventer, dans un contexte devenu particulièrement exigeant pour le financement des collectivités publiques. A quoi s'ajoutent de nouveaux sujets, comme le rapprochement des établissements du secteur hospitalier public et privé ou même la gestion du trait de cote du littoral, lourd de conséquences en terme d'urbanisation. 

Dans un souci de distraction de l'attention générale, Jean-François Monteils a fait dans son discours référence à Lao Tseu
 ... Benjamin Constant, rappelant que pour cet intellectuel contemporain de la Révolution française et apôtre de "la jouissance paisible de l'indépendance privée", la démocratie moderne [par opposition à celle de l'Antiquité] allait de pair avec un système de représentation, ce qui implique de "surveiller de façon active et constante les représentants [du peuple]", a souligné en conclusion le nouveau président de la CRCAPC. 
L'ONG Transparency trouvera matière à étude dans laquelle donner toute sa mesure. 

mercredi 2 novembre 2016

Vulgarité du porte-parole du gouvernement Valls en échec

La droite ferait mieux de "la fermer", lance Stéphane Le Foll

L'échec du quinquennat socialiste justifie-t-il la grossièreté sur le perron de l'Elysée ? 



Ministre de l'Agriculture le plus combattu depuis plusieurs générations d'agriculteursStéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement aux abois, ne supporte pas les critiques de l'opposition. Il n'assume pas les échecs de la gauche et a exprimé ses aigreurs mercredi, estimant qu'elles "n'honorent pas leurs auteurs".

Le ministre intermittent de l'Agriculture est passé à l'injure à temps plein

"Je trouve que, quelquefois, il y a un certain nombre de personnalités qui, pour reprendre la formule [du président PS de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset], devraient la fermer", 

a-t-il lancé lors de son point de presse hebdomadaire, à l'issue du Conseil des ministres. "Il y a des phrases qui sont dites, qui n'honorent pas leurs auteurs", a-t-il insisté, dans le style de son mentor: "Il y a... qui/que...". Pensait-il à la "honte" que Valls inspire à Hollande ?

Le porte-parole du gouvernement était interrogé notamment sur des déclarations du candidat à la primaire de la droite, Bruno Le Maire qui a été beaucoup sollicité par la presse toute cette semaine et qui a affirmé ne pas avoir "de respect pour François Hollande". Celui-ci venait en effet, de tenter de redresser son image en évoquant le président Mitterrand.


Mais Stéphane Le Foll a encore réglé des comptes, évoquant également une "plaisanterie" du président par intérim du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez. La presse raconte que ce dernier aurait évoqué la responsabilité du président du Sénat, actuellement Gérard Larcher, LR, d'assumer la charge de président de la République "s'il arrive quelque chose à François Hollande". Laurent Wauquiez "a fait l'École normale (supérieure), me dit-on. J'ai l'impression que c'était plutôt l'école anormale ("Hé oh, Le Foll"), parce que ce type de phrase, de référence, ce manque de respect, participe aussi, et chacun doit en avoir conscience, de la fragilité et de la difficulté d'exercer le pouvoir", a déblatéré le porte-parole du gouvernement, titulaire d'un BTS. "Alors, ceux qui veulent l'exercer ensuite [en 2017] devraient y penser, c'est un petit message que je leur glisse (...), un peu de respect et de retenue, ça ne nuira à personne", a pontifié ce bac +2.

VOIR et ENTENDRE le ministre et porte-parole du gouvernement appeler l'opposition républicaine à "la fermer" [sic]:

Quant à la vulgarité de ses propos, "la fermer", il se défend en assurant qu'il s'agit d'une allusion à des déclarations du président PS de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset

Ce dernier avait estimé samedi que l'auteur "d'incantations sur le chômage dont la courbe se retourne ou la croissance qui revient, celui notamment qui s'exprime régulièrement là-dessus depuis cinq ans, devrait la fermer". Des propos indécents entre camarades et inacceptables s'appliquant au président de la République, sont intolérables à l'encontre d'adversaires.
Dans le lisier, Le Foll est dans son élément

"Il ne nous a pas aidés. Il a un boulot à faire, mais à un moment donné, les Français ressentent autre chose", avait-il poursuivi, sans préciser qui il visait. Alain Rousset s'est ensuite défendu d'avoir visé le chef de l'État, expliquant qu'il évoquait implicitement le ministre de l'Économie, Michel Sapin.
On retiendra que l'Etat-PS va à vau-l'eau et que ses acteurs perdent toute dignité dès que le pédalo prend l'eau.

vendredi 1 juillet 2016

Violence d'un garde du corps de Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement

Un déçu du PS violemment plaqué au sol devant Stéphane Le Foll à Bordeaux 

Le porte-parole du gouvernement et ses camarades socialistes ont été accueillis par  des sifflets et des huées
.

Des parlementaires socialistes girondins organisaient une réunion qui ne s'est pas déroulée comme prévu à Bordeaux. Des spectateurs se sont fait évacuer manu militari dans une ambiance très tendue.
"Nous avons voulu montrer que nous sommes réunis et mobilisés autour de l’action du Gouvernement et la nôtre au Parlement, affirme la député, avant le début de la réunion. On raconte que le parti est tout émietté et en difficulté. Pourtant la gauche est là. Nous sommes pour le dialogue et nous n’avons aucune crainte."
Or, la réunion "Pour la France, pour la Gauche" a vite viré à la bagarre. A son arrivée avec une demi-heure de retard à l'Athénée municipal, Stéphane Le Foll, le ministre intermittent de l'Agriculture a récolté une moisson de sifflets et de huées, comme le raconte le Rue89 local. "Cette société, on n'en veut pas. C'est vous les casseurs, c'est vous la racaille", a notamment scandé un petit comité d'accueil de dix personnes. En guise de dialogue, les forces de l'ordre ont chassé la vingtaine de militants du comité d’accueil et les chants se sont vite transformés en " allez les Bleus", quand les forces de l’ordre se sont lancées sur eux pour les éloigner de l’entrée.
Devant une salle à peine remplie qui patientait depuis plus d’une demi-heure, rapporte Rue89, le porte-parole du gouvernement en campagne répondait à l'appel de treize socialistes girondins, dont l'ex-ministre de Hollande et députée PS Michèle Delaunay qui salua l’invité, "porteur d’énergie positive et éternellement renouvelable". Stéphane Le Foll affirma en écho qu'il était venu "donner une impulsion à la gauche pour remonter le moral", alors qu’au fond et sur les côtés, ça toussait bruyamment avec des "hé bé !" et des "ha oui ?" accompagnés d’applaudissements ironiques pour ponctuer les évocations des valeurs de la gauche. 

"Ta gueule"

La présence du ministre a provoqué la colère de quelques-uns
Après de nouvelles huées, le service d'ordre évacue trois personnes en cinq minutes. Les membres de la sécurité se sont vite retrouvés dépassés, notamment quand Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle Aquitaine, s'est présenté au pupitre comme celui qui a incarné "la dernière victoire du parti chez nous". "Ah ça oui, ça sera sans doute la dernière !", réplique une femme. "Ta gueule !," lui a répondu une autre en écho. "Ta gueule", lui oppose un spectateur, déclenchant une nouvelle évacuation musclée. "On ne compte plus les évacuations manu militari de la salle", écrit Rue89 Bordeaux.

Quand le ministre s'avance sur la tribune, les huées fusent, appelant au retrait de la Loi Travail. Parmi les expulsés, une dame venue réclamer la libération de Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais condamné en France à la réclusion à la perpétuité pour des actes terroristes.

"Ministre des pesticides" et "ministre de la souffrance"
Un photographe (Kami, ci-contre) situé sous l'estrade, s’agace et s’en prend à Rousset et Le Foll qu’il traite de "ministre des pesticides", comme Brigitte Bardot traite Le Foll de "ministre de la souffrance " (animale). Il se fait dégager  à l’extérieur où il est remis comme les autres, aux forces de l’ordre pour un contrôle d’identité.

Les propos de Le Foll sont alors parasités par un discours enregistré diffusé simultanément dans la salle venant des rangs du milieu. Le service d’ordre ne trouvera pas le perturbateur, mais l’effet est réussi: la diffusion détournera l’attention des auditeurs, alors que le ministre croyait de rallier l'assistance en rappelant l’héritage de Jean Jaurès, de Léon Blum et du Front populaire.

Quand Le Foll fait de la provocation, imperméable au climat survolté, en déclarant que
"il ne suffit pas de manifester, ni de passer des nuits à discuter, il faut de l’action !", les militants de Nuit Debout, se hérissent. L’un d’eux quitte la salle criant à la démagogie. "Nous avons des arguments quand les autres ont des slogans", rétorque le ministre. Avec un président à 12% de popularité, il fallait oser...
Dans la salle, certains sont debout et menacent de quitter la réunion en signe de contestation. Quand le service d’ordre s’apprête à les y aider, Alain Rousset intercède : "laissez, laissez, ça peut aller". Les pour et les contre dans le public en viennent aux insultes. " Tu vas pas me faire ta rebelle avec ta gueule de bourgeoise". "Chut ! Doucement" interviennent les membres de l’organisation, inquiets de l’image de la rencontre qui vire mal, très mal et donne le ton de la campagne à venir. 

En fin de conférence, alors qu'aux protestations se mêlent des applaudissements, un vieux militant PS s'est retrouvé violemment plaqué au sol par le service d'ordre.

A la fin du discours du ministre de la propagande gouvernementale, les uns tentent de couvrir la contestation des autres. Certains réclament le débat qui leur est refusé. Au pied de la scène, une dame accuse le gouvernement de ne pas écouter son peuple. Sous les projecteurs des caméras, Stéphane Le Foll la rassure autant qu’il peut, entouré de son équipe resserrée en garde prétorienne.Un homme s’approche brandissant une feuille sur laquelle il a inscrit à la hâte "Valls démission" et le service d’ordre croit bon de le jeter au sol.

VOIR et ENTENDRE
la scène de "dialogue" gouvernemental avec le peuple 
à Bordeaux :

L’homme aux cheveux blancs, sous le choc, peine à se relever. Il crie au scandale tandis que le ministre lui tourne le dos et décide de quitter la salle : " C’est ça la démocratie ? On n’a même pas le droit de poser des questions."

C'est comme les débats ("participatifs", selon Ségolène Royal) socialistes, depuis près de cinq ans.


vendredi 8 avril 2016

Faillite de Poitou-Charentes: Royal hurle au crime de lèse-majesté

Ministre de l'Ecologie, choquée par un rapport éreintant sa gestion de présidente de région Poitou-Charentes

Emprunts à haut risque, "retards
" de paiement: "phobie administrative"?  'Juste' ?

Le président de nouveau Conseil régional d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes a découvert le pot aux roses. Alain Rousset (PS) a commandé un audit qui a mis en lumière la situation "alarmante" de l'ex-région Poitou-Charentes, présidée pendant dix ans (entre 2004 et 2014) par Ségolène Royal. 
Si Alain Rousset souligne les ratios financiers "performants" de la nouvelle région ALPC, il met en lumière de fortes "hétérogénéités" entre les anciennes régions, en particulier une "forte dégradation" de la situation de Poitou-Charentes. 

La ministre de l'Écologie n'a pas manqué de dénoncer des "attaques diffamatoires" de la droite. 
L'opposition évoque en effet une "faillite". Sans la fusion (des trois régions), "nous serions vraisemblablement en train de constater la faillite et la banqueroute de la région" Poitou-Charentes, a affirmé le président de la commission des Finances d'ALPC, Olivier Chartier (Les Républicains), en présentant à la presse les résultats de l'audit mené par Ernst & Young. 

Sur Twitter, le député des Eric Ciotti a ironisé sur le "laboratoire de la faillite budgétaire". 

Le Point a en revanche donné à Ségolène Royal l'occasion de dénoncer "de la basse vengeance", et épingle une "manoeuvre visant "à justifier un arrêt des politiques régionales et une hausse des impôts". 

"Une gestion absolument pas maîtrisée"

Le cabinet relève aussi, parmi les emprunts, "56 millions d'euros à très haut risque" qui nécessiteront un plan de désengagement, et 44 millions d'euros d'emprunts "à risque". Pèsent, enfin, deux crédits-bails pour le renouvellement de TER, obérant la capacité de désendettement. 

"C'est une gestion absolument pas maîtrisée, et qui connaît une accélération de sa dégradation très forte"
depuis 2013, a résumé Florent Boudié. 
Olivier Chartier a déploré un "volontarisme politique" en forme de "fuite en avant, un tas de sable de dépenses reportées à des années ultérieures pour éventuel financement". Il a émis "un sérieux doute sur la sincérité des comptes présentés à l'époque".

Un nouveau rapport à l'automne
La Chambre régionale des comptes, saisie, devrait rendre un rapport à l'automne. C'est au juge des comptes, qu'il reviendra d'apprécier "d'éventuelles responsabilités", et d'engager le cas échéant des procédures, ont indiqué les élus. 
D'ici là, Olivier Chartier a indiqué qu'un complément d'audit, plus poussé, sera engagé, et a estimé qu'il revient à la présidente de Poitou-Charentes de 2004 à 2014, et son successeur Jean-François Macaire "de s'expliquer, d'une façon ou d'une autre, sur la situation".

Colère injuste aussi de Ségolène Royal contre Alain Rousset


Ségolène Royal s'est montrée particulièrement violente suite à l'entretien d'Alain Rousset avec Sud-Ouest et de la Nouvelle République du Centre (ce dernier est dirigé par Olivier Saint-Cricq, 46 ans, successeur de son papa, Jacques Saint-Cricq, père également de Nathalie Saint-Cricq, responsable du service politique de France 2 et épouse de Patrice Duhamel). Le président de la nouvelle région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes y explique en effet ce matin que ses services ont relevé des dysfonctionnement importants dans le budget de l'ancienne région Poitou-Charentes.

L'ex-présidente de la région Poitou-Charentes et actuelle ministre de l'Ecologie s'est déchaînée contre Alain Rousset.
"C’est lamentable, c’est un règlement de compte… C’est porter atteinte à la réputation de Poitou- Charentes et de ses entreprises !" piaille l'amère Royal.
La ministre de l'Ecologie a riposté en attaquant aussi Jean-François Macaire, qui a assuré l'intérim de sa succession à la présidence du Conseil régional de Poitou-Charentes (avril 2014-décembre 2015), "qui s’est présenté contre Alain Rousset".
En janvier 2016, le socialiste Macaire devient troisième vice-président du conseil régional d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, chargé... des finances et du budget. Dès février de la même année,
l'intérimaire remet sa délégation au Président de région Alain Rousset, à la suite de la découverte d'un déficit de 132 millions d'euros dans les comptes de l'ancienne région Poitou-Charentes.

La gestionnaire défaillante élargit la querelle.

"Des procès d'intention sont faits, à l'initiative de nos adversaires politiques. En jouant contre nos intérêts communs [celle de la majorité politique de la nouvelle grande région ALPC], nos adversaires en profitent," assure l'amère Royal.

Elle n'exclut pas de porter plainte pour diffamation. Contre qui et quand ? Elle répondra sans doute à ces questions dans les jours qui viennent.

Ségolène Royal s'est imposée comme présidente de la Conférence de Paris de 2015 sur le climat (COP 21), une reconnaissance "juste" de ses compétences...