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jeudi 19 mars 2020

250 salariés de General Electric font valoir leur droit de retrait à Belfort

La grogne monte dans l'industrie 

General Electric à Belfort a dû suspendre  la production jusqu'à nouvel ordre

Résultat de recherche d'images pour "general electric belfort france"250 salariés ont exercé leur droit de retrait mardi en raison de la pandémie de coronavirus, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

Dans un document interne envoyé aux salariés, la direction du géant américain explique avoir "temporairement stoppé l'ensemble des activités de production pour évaluer et préparer une reprise d'activité dès que possible dans les meilleures conditions sanitaires».

Selon la CGT, les salariés sont en danger s'ils poursuivent le travail, nombre d'ouvriers travaillant dans des ateliers où la proximité est forte. 


"De nous dépend le bon fonctionnement de nombreuses centrales électriques dans le monde"

Celles-ci "sont clef pour maintenir l'activité d'industries vitales pour nos concitoyens", fait valoir la direction dans le document.
"On est des bêtes à produire que l'on n'est pas capable de protéger", tonne pourtant Cyril Caritey, délégué syndical CGT du site belfortain.

Le syndicat réclame des mesures de chômage partiel et menace d'aller devant les tribunaux si des cas de Covid-19 se déclaraient. 
Une procédure judiciaire pour danger grave et imminent a déjà été lancée mardi matin.

General Electric emploie 4.300 salariés sur l'ensemble du Territoire-de-Belfort.

Les salariés de Punch Powerglide, fabricants de boîtes de vitesse à Strasbourg, appelés à exercer leur droit de retrait par la CGT et la CFDT, ont obtenu la "mise en activité partielle (de l'entreprise) dès (mercredi) jusqu'au 15 avril", ont annoncé les deux organisations syndicales dans un communiqué.

"Il y a des cas (de coronavirus) avérés dans l'usine, avec un de nos collègues en réanimation", avance Christophe Schuhmacher, délégué syndical CGT, précisant que "500 personnes (travaillaient) dans les ateliers" en étant "très inquiets".

En Moselle, la fédération du PCF a appelé l'Etat à prendre «ses responsabilités (...) en imposant l'arrêt des activités non essentielles dans le département" pour "préserver les salariés et renforcer l'efficacité du confinement dans l'intérêt de tous".

Lors d'une réunion mardi, la CGT du site ArcelorMittal de Florange a pour sa part jugé "irresponsable" (...) "la décision de la direction de continuer à faire tourner les lignes de production".

mardi 25 novembre 2014

A Florange, Hollande joue au chat et à la souris avec les syndicats

FO dénonce le manque de respect du président socialiste pour les travailleurs 
A Florange, des manifestants de la CGT attendaient François Hollande de pied ferme, 
Hollande inaugure à Uckange (Moselle)
un centre de recherche en métallurgie
devant la porte principale des grands bureaux d'ArcelorMittal à Florange. Mais le président socialiste les avait contournés bravement...
A quelques centaines de mètres, des agriculteurs ont aussi organisé un comité d'accueil en mettant le feu à des pneus et déversé du fumier. Mais si lors de la précédente visite du président à Florange en septembre 2013, le convoi présidentiel était entré sur le site par l'entrée principale, sous les huées de manifestants, la communication présidentielle n'a pas commis la même erreur. 

Cette fois François Hollande est entré par une porte dérobée. 
En tant qu'élu de la région, le vice-président du FN, Florian Philippot, était présent pour la visite du président de la République, et a même participé à un déjeuner en préfecture, à l'issue duquel il a fustigé François Hollande "revenu sur les lieux du crime", selon lui. "Il avait fait une promesse pendant la campagne en 2012 que les hauts fourneaux ne ferment pas (et) ils ont fermé".

Une fois à l'intérieur du siège local d'ArcelorMittal, le président de la République a rencontré la direction de l'entreprise mais la CGT et FO avaient décliné l'invitation. "Pour les gens d'Arcelor tout s'est bien passé, pas de problème, mais on a des collègues, des sous-traitants, une vallée...", a glissé l'un des représentants du personnel CFDT et CFE-CGC. A l'intérieur du site, ils étaient les seuls a pouvoir l'approcher: ils sont les seuls en effet à avoir paraphé l'accord entre l'Etat et ArcelorMittal. Mais pour parvenir jusqu'à cette table ronde, il fallait emprunter des chemins détournés et des ruses de Sioux. "C'est vrai que pour les sous-traitants, ça a été extrêmement difficile", a concédé le président, avant de commenter : "c'est la faiblesse du plan" de novembre 2012, "celle que je reconnais".

Quand Aurélie Filippetti croise le chef de l'Etat avant son discours, Hollande l'appelle par son prénom et lui impose un serrement de mains et la bise. Depuis son départ du gouvernement, l'ancienne ministre de la Culture adopte pourtant une posture très critique envers la politique du gouvernement, mais le président tente de sauver les apparences. 
Dans une tribune parue sur le site trotskiste Médiapart, la ministre de la Culture démissionnaire venait tout juste de faire de la bataille Florange le tombeau de la crédibilité de l'exécutif. "L'histoire de Florange est l'histoire de la crise de la parole politique. De la confiance en la parole politique", analysait la députée. Elle dessinait le refus de la nationalisation du site comme la matrice de la crise politique qui traverse, selon elle, le pays: "Tous les Français ont lu dans cette ville, dans ce combat, un chapitre politique et économique clef. Un peu de leur espoir s'est refroidi, glacé, pétrifié avec les hauts fourneaux". "C'était pour cela, pour la camionnette juchée au-dessus des regards brandis comme des étendards, que l'on y avait cru, à cette campagne", ajouta encore Filippetti, compagne de l'ex-ministre du Redressement productif (Industrie), Arnaud Montebourg.

Dans LCI Soir, Gérard Longuet (sénateur UMP de la Meuse) estime que Florange est "une forme d'escroquerie morale" de Hollande

FO dénonce un manque de respect du président 

En passant par une porte de derrière,
François Hollande a fui la petite centaine de travailleurs et de ses électeurs à la présidence, dont une trentaine de syndicalistes CGT, qui l'attendaient face à l'entrée principale des Grands Bureaux.
"Passer par la petite porte, c'est un manque de respect. Ne pas faire face à une centaine de salariés et une trentaine de syndicalistes, ça résume bien l'état d'esprit." (Lionel Burriello, de la CGT Florange).


Les manifestants brandissaient quelques drapeaux CGT, ainsi que des pancartes proclamant: "La décomposition des promesses du parti socialiste, c'est le terreau du FN" et "Sarkozy hier, Hollande aujourd'hui se prosternent devant les patrons".
Pour le délégué CGT, "ça fait 3 ans que ce dossier est uniquement géré sur le plan de la communication. Ils essaient de trouver à tout prix une porte de sortie: un centre de recherche, 30 CDI... Ce n'est plus seulement une trahison mais un manque de respect vis-à-vis du monde ouvrier, des salariés de Florange". Seule la CGT avait appelé à manifester contre la venue de F. Hollande. 

FO avait appelé ses adhérents "à l'indifférence". Les autres syndicats d'ArcelorMittal n'avaient pas donné de consigne particulière. Pour beaucoup d’ouvriers d’ArcelorMittal cependant,  et pour Lionel Burriello, la fermeture des hauts-fourneaux "a entraîné un génocide social dans la vallée" de la Fensch. "Et au-delà de ça, de ces politiques dramatiques, la commune d’Hayange ou sont situés les hauts-fourneaux a viré Front national. En tant qu’enfants d’immigrés, c’est affligeant d’en arriver là".

E. Martin (CFDT) refuse le contact 
avec ses camarades sidérurgistes 
Or, l'ex-syndicaliste CFDT Edouard Martin (ci-contre) brillait courageusement par son absence. Le meneur en échec des luttes pour le maintien de l'activité des hauts-fourneaux de Florange avait préféré s'exprimer lundi matin dans les studios de France Bleu Lorraine Nord. Aujourd'hui recasé eurodéputé PS, il soutint qu' "il faut arrêter de faire la fine bouche"... "Même si la fermeture des hauts fourneaux reste une blessure et restera une blessure béante ici dans la vallée, la lutte des organisations syndicales a permis d'obtenir une somme plus conséquente" soutient aujourd'hui l'eurodéputé PS.

Le Parti communiste Français (PCF) a également estimé  que "l’inauguration d’un bâtiment ne peut faire office de politique industrielle. La sidérurgie a besoin d’une relance de la filière liquide [le pétrole liquide ?] qui est indispensable pour assurer l’avenir et d’une politique de recherche ambitieuse libérée des exigences à court terme du marché".
Selon le PCF, "la population n’oublie pas que François Hollande a renié sa parole de candidat, en participant à la fermeture du haut fourneau d’Hayange, se soumettant ainsi aux exigences de la multinationale Mittal". "Cette capitulation n’a fait que réduire la capacité productive du pays. Pourtant le besoin d’acier demeure une exigence moderne et à côté des outils existants, de nouveaux devraient permettre d’y faire face", est-il écrit.

L'UMP Nadine Morano, députée européenne et chef de file de l'opposition régionale ne marche pas dans les bobards de Hollande : "Il est venu promettre de l'argent public et d'amener de l'argent public. 
Il vient poser la première pierre d'une plateforme d'un centre de recherche public alors que nous avons à quelques km de là, la NASA de la recherche sur l'acier avec le centre d'Arcelor Mittal." 
Le nouveau maire UMP de Florange, Michel d'Esquerre, regrette que le président ne l'ait pas intégré dès le début au protocole de sa visite. Il y voit une entorse à la courtoisie républicaine. Et il n'y trouve pas son compte en terme d'emplois sauvés : "Le dossier prioritaire serait de nous réindustrialiser un peu plus pour compenser les pertes d'emplois que l'on a subis (2000 emplois environ)".

A quelque 500 mètres à vol d'oiseau des grands bureaux d'ArcelorMittal, des agriculteurs en colère ont répandu du fumier sur une dizaine de mètres sur une route, bloquée par une trentaine de CRS. Une épaisse fumée grise se dégageait d'un feu de pneus placé au milieu du fumier et se propageait dans le ciel de Florange.
"Nos fermes ne seront pas les hauts fourneaux de Moselle". François Hollande croit pouvoir refermer le dossier des hauts-fourneaux, mais les agriculteurs lorrains l'attendent avec un autre cahier de doléances. Ils ont répandu du fumier pour manifester leur colère et leur désarroi, à quelques centaines de mètres des grands bureaux du site d'ArcelorMittal, et dans le centre-ville de Metz, allumant aussi des feux de pneus et de paille qui ont fait planer une ambiance encore un peu plus lourde sur la visite présidentielle. Un cordon d'une trentaine de CRS coupant la route achevait le tableau.

Florange : les agriculteurs répandent du fumier pour interpeller François Hollande par leparisien
Mais le président était dans sa bulle et n'a rien vu, rien entendu, rien senti.

dimanche 23 novembre 2014

François Hollande va chercher les coups, lundi à Florange

En mission reconquête, sans la CGT et FO qui boycotteront la visite

François Hollande repassera par la Lorraine 
lundi
Hollande devant les ouvriers d'ArcelorMittal 
escorté d'Edouard Martin (CFDT),
à Florange, le 26 septembre 2013
Il tentera de dépasser le drame économique et humain des hauts-fourneaux de Florange dont Montebourg n'a su empêcher la fermeture par ArcelorMittal. Hollande a choisi d'inaugurer deux sites d'avenir, une future plateforme publique de recherche et développement industriel et une nouvelle usine aéronautique.
Pour le chef de l'Etat, que 73% des sympathisants de gauche ne veulent pas voir se représenter en 2017, selon un récent sondage, il s'agit aussi de tenir une promesse de commémoration : celle faite l'an dernier à Florange d'y revenir "chaque année" sur ses pas durant son mandat "pour veiller aux engagements qui ont été pris".

Mémoire de la visite de campagne présidentielle 2012

Sa première visite à Florange  en 2012 avait suscité beaucoup d'espoir parmi les ouvriers sidérurgistes. Un an plus tard, nombre d'entre eux  considèrent la fermeture des hauts-fourneaux comme une "trahison" du chef de l'Etat.
Lundi, François Hollande sera notamment escorté du local mosellan Jean-Marc Todeschini, promu secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants après la démission vendredi de Kader Arif, cité dans une enquête pour favoritisme.
Présenté comme l'homme fort du PS mosellan et proche du président, Jean-Marc Todeschini avait été un acteur clé du dossier Florange. On lui attribue le ralliement au PS du virulent meneur syndical local, Edouard Martin: un tour de force, sachant qu'il militait à la CFDT, proche du Parti socialiste qui n'a donc eu qu'à traverser le couloir...
VOIR et ENTENDRE le numéro de Martin, la voix tremblante et l'oeil humide, le 6 décembre 2012: 
 

L'euro-député Edouard Martin osera-t-il revenir en tournée sur le lieu de ses exploits ?
Depuis, François Hollande est retourné à Florange, le 26 septembre 2013. Avec l'annonce d'un plan d'investissement de 300 millions d'euros pour des projets lorrains innovants. Une annonce qui contenta alors Edouard Martin, lequel incarne cette réflexion cégétiste : "Si le Pouvoir rétablissait l’esclavage, la CFDT se précipiterait pour négocier le poids des chaînes."

On pouvait donc tout demander en effet à celui qui, en septembre 2012, promettait pourtant à François Hollande : "Nous serons votre malheur !" et qui se laissa convertir sur le chemin de Bruxelles. 

Pendant qu'elle y était, p
uisqu'il prend bien la lumière et crève l'écran, 
la nébuleuse socialiste l'a récupéré même comme acteur politique. Le PS instrumentalisa son narcissime et réussit à faire de cet acteur syndical un acteur politique. Projeté tête de liste aux élections européennes sur la liste socialiste du Grand Est, il fit donc son show politique et fut élu: une mutation qui n'avait rien d'un rôle de composition.
Lors de la promotion de son livre "Ne lâchons rien", publié en avril, Edouard Martin avait laissé entendre qu'il pourrait s'engager en politique, par exemple à l'occasion des européennes. Il était cependant courtisé par d'autres mouvements, comme Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Quand le Net commença à bruire de la nouvelle, cette pensée de Coluche prit tout son sens: "Un chômeur qui va voter, ça me fait penser à un crocodile qui entre dans une maroquinerie." En l'occurrence, le crocodile ouvre carrément une enseigne de maroquinerie franchisée !
Sans états d'âme, Edouard Martin sauta le pas pour le PS et la députée européenne socialiste Catherine Trautmann dû s'écarter, toute ancienne ministre de Jospin et dix ans maire de Strasbourg qu'elle ait pu être, et fut numéro deux sur la liste PS. 

Nadine Morano, qui devait conduire la liste UMP dans la région du Grand Est, avait dénoncé "une récompense" au meneur syndical, soulignant que le syndicaliste a soutenu François Hollande pendant la campagne présidentielle. 
"C'est la récompense d'un syndicaliste qui ne menait pas un combat pour les salariés de Florange, mais un combat personnel."
Le syndicaliste affronta également Florian Philippot, le numéro deux du Front national, et Nadine Morano, UMP, ancien ministre: les trois furent élus, mais Trautmann resta sur le carreau.

Ecomouv' et agriculteurs en trouble-fête

Le président a prévu de rencontrer en matinée d'anciens salariés des hauts-fourneaux reclassés, des représentants du personnel et la direction du site d'ArcelorMittal.
Certains ont cependant décliné l'invitation du chef de l'Etat: la CGT a appelé les salariés à manifester lundi matin à Florange, dénonçant "une campagne de communication politique", tandis que FO a préféré "appeler à l'indifférence".

Sur les 629 salariés des hauts-fourneaux, environ 320 ont retrouvé un poste en interne sur les autres installations d'ArcelorMittal à Florange, 40 sont partis travailler sur d'autres sites du groupe et les autres sont partis en préretraite. Avec indemnités.

Martin cite …Coluche : "Comme pour les Restos du Cœur, j’aspire à ce qu’on n’ait plus besoin de moi ; ça voudra dire qu’on a gagné."
Hollande est-il si mal qu'il appelle demain Edouard Martin à son aide ?

mercredi 14 mai 2014

Les aciéries Ascométal pourraient aller au Brésilien Gerdau

Après Renault au Brésilien Ghosn, Ascométal au brésilien Gerdau !

Hollande sommeille et Valls veille...
Arcelor à Florange et maintenant Ascométal
Une majorité de syndicats soutient le projet français Supplisson, mais l'administrateur judiciaire du groupe sidérurgique français Ascométal appuie  plutôt l'offre de reprise de l'industriel brésilien Gerdau, ont indiqué des sources syndicales masquées, peu avant l'audience du tribunal de commerce consacrée à l'examen des offres.

La lutte a été "acharnée" devant le Comité central d'entreprise (CCE) réuni mardi et mercredi, entre ces deux prétendants, à qui les syndicats ont demandé d'améliorer leurs offres de reprise d'Ascométal, selon Yann Amadoro (CGT).
Le groupe, qui emploie 1.900 personnes sur six sites industriels en France, est en état de faiblesse et suscite les convoitises. Au final, quatre offres d'envergure devaient être présentées à partir de 14h30 au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), ainsi que des offres partielles pour les centrales hydroélectriques de Savoie.

Après Usinor, c'est le tour d'Ascométal

Plombée par une dette de 360 millions d'euros, l'ancienne filiale d'Usinor spécialisée dans les aciers spéciaux pour l'automobile et le secteur pétrolier, avait été placée en redressement judiciaire le 7 mars, après l'échec de négociations entre son actionnaire, le fonds américain Apollo, et ses créanciers, les banques américaines Morgan Stanley et Bank of America. Ces deux banques soutiennent en effet l'offre du fonds Anchorage, tandis que l'actionnaire Apollo présente aussi un projet.

Selon Cyril Brand (CFDT), l'administrateur judiciaire a affiché au CCE son "soutien" à l'offre de Gerdau, qui promet d'investir 150 millions d'euros sur cinq ans et avance 230 millions d'euros de lignes de crédit. "Sa préférence penche vers Gerdau", confirme Y. Amodoro. Le Brésilien maintiendrait 1.586 emplois et embaucherait 166 personnes, mais il ne veut pas conserver les usines de Fos (Bouches-du-Rhône) et du Cheylas (Isère).

La CGT, syndicat majoritaire, et la CFDT ont quant elles décidé de soutenir le projet de Frank Supplisson. 
Pour la CGT, l'offre de Gerdau est "socialement inacceptable" et le projet de Supplisson, le "compromis le plus acceptable" en dépit de "points de vigilance" sur les questions de financement et de gouvernance.
Haut fonctionnaire ayant mobilisé un groupe d'industriels et d'investisseurs, F. Supplisson est le seul à proposer de reprendre l'ensemble des sites, et plus de 1.820 salariés. Il assure avoir levé 230 millions d'euros de financement, dont plus de 55 millions apportés par ses actionnaires.

Les syndicats attendent qu'il confirme devant le tribunal une série d'"engagements", comme celui de ne "pas fermer de site pendant sept ans" et de "ne procéder à aucun licenciement économique pendant 24 mois".

Arnaud Montebourg n'a pas été dévoilée sa préférence au CCE, mais elle pourrait être déterminante, puisque le ministère du Redressement productif peut accorder un prêt via le "fonds de résistance économique".
Le tribunal pourrait rendre sa décision le lundi 19 mai. 

mercredi 30 avril 2014

Dossier Alstom: Hollande tente de laisser Montebourg sur la touche

Coup d'éclat de Montebourg qui refuse les rôles d'appoint

Le président a décidé de prendre en main ce sujet sensible


Le bouffon
Parce que sensible, l'affaire de la vente d'Alstom est retirée à Montebourg. Elle est traitée depuis l'Elysée, bien que Hollande ne soit pas au fait de la question. Lundi, François Hollande devait pourtant recevoir à l’Elysée les patrons de General Electric et de Siemens, ainsi que l’actionnaire principal d’Alstom, Martin Bouygues.

Le ministre caractériel de l'Economie Arnaud Montebourg a annulé son rendez-vous prévu le 27 après-midi avec Jeff Immelt et lui a adressé une lettre. Dans cette missive, il regrette d'avoir été mis devant le fait accompli de la candidature au rachat et justifie ses humeurs en rappelant qu'Alstom a des actifs stratégiques dans le nucléaire. Une vraie mise en garde pour empêcher l'annonce d'une transaction le lendemain.

Arnaud Montebourg a dû céder sa place en première ligne sur ce dossier.
"C’est du niveau du chef de l’Etat", a-t-on expliqué au Château. Une petite phrase lâchée dans l’entourage du chef de l’Etat confirme la mise à l’écart du ministre de l’Economie : "vous savez, il ne faut pas sur-interpréter les propos d’Arnaud Montebourg" qui passe de plus en plus pour un agité. Quand ce dernier donne l’impression d’avoir fait le choix européen de l’Allemand Siemens, au détriment de GE, l’Elysée s’empresse de reprendre les discussions en main. "Le sujet est devenu très vite hautement symbolique, c’est du niveau du chef de l’Etat", décrypte un conseiller de Hollande. Il est trop risqué de laisser un sujet aussi sensible, qui concerne 18.000 emplois en France, entre les mains de l’imprévisible Arnaud Montebourg.

Le conseiller économique de François Hollande a dû recevoir le patron d’Alstom discrètement et en urgence 

Montebourg se la joue à Florange
Montebourg a une propension au conflit avec les grands patrons
Le chef de l'Etat redoute qu'il maltraite le patron de GE, comme ce fut le cas à l'encontre de Lakshmi Mittal à Florange ou Philippe Varin dans l'affaire Peugeot. Pour empêcher Mittal de fermer des sites en Europe, Montebourg avait brandi la menace de droits de douanes sur les importations d'acier d'ArcelorMittal. "Tous les jours, cette entreprise privée cause du tort et du préjudice aux Etats et à leurs populations, utilise, quand elle sait le demander, l'argent public, et n'a aucune conscience de ses responsabilités", avait-il accusé en ténor de l'aile gauche du PS. Et de conclure: "Nous ne voulons plus de Mittal en France." 
Montebourg toise Ph. Varin
Il avait également taclé PSA sévèrement pour la gestion hasardeuse de son plan social, avant de faire son mea culpa. En juillet 2012, Montebourg a fait sortir la famille Peugeot de ses gonds, pour avoir comparé PSA à un "malade imaginaire", parle de "dissimulations", dit ne pas avoir une "confiance extraordinaire" en la direction du groupe...
Le 23 octobre 2012, le président de Mitsubishi France avait qualifié Arnaud Montebourg d'"abruti mental". Je ne comprends pas ce ministre qui ne connaît pas ses dossiers sur l’automobile qui représente 25% des revenus de la France et 10% de l’emploi dans notre pays, car il n’y a pas seulement les constructeurs mais aussi ceux qui travaillent par ou pour l’automobile directement ou indirectement." "Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologique, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales… Tous le subissent !" "Il est bête et ne comprend rien. Vous pouvez me citer sans vous inquiéter… Grâce à mes précédentes déclarations sur les chaines de télévision nationales, j’ai déjà un contrôle fiscal ! "

Alors que Titan, le fabricant américain de pneus, essaie de racheter l'usine Goodyear à Amiens, le PDG Maurice Taylor adresse à Arnaud Montebourg une lettre 
raillant les "soi-disant ouvriers" de l'usine d'Amiens-Nord. "Les ouvriers français sont beaucoup payés, mais ne travaillent que trois heures (...). J'ai fait part de cette remarque aux syndicats. Ils m'ont dit que ça marchait comme ça en France !", écrit Taylor. Et l'Américain ironise : "Qu'a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français." Le ministre du Redressement productif réplique aux propos de la missive et ne retient pas sa colère qualifiant les propos de "ridicules" et "désobligeants". "Vos propos, aussi extrémistes qu'insultants, témoignent d'une ignorance parfaite de ce qu'est notre pays, la France, de ses solides atouts, comme de son attractivité mondialement reconnue et de ses liens avec les Etats-Unis d'Amérique", assène-t-il.
Le PDG de Titan campe sur ses positions et riposte à Arnaud Montebourg : "L'extrémiste Monsieur le ministre, c'est votre gouvernement et son manque de connaissances sur la façon de bâtir une entreprise." Un peu plus tard, interrogé par Europe 1, Maurice Taylor s'en donne à cœur joie : "Mais pourquoi il m’embête avec ça, votre ministre ? Il est stupide ou quoi ? On parle de l’usine Goodyear et il s’adresse à moi. Vous devriez poser vos questions à cet imbécile !"

Montebourg pique maintenant une crise contre le président d'Alstom
"Depuis le mois de février, j’interroge Monsieur Patrick Kron, président de cette entreprise qui est notre fleuron national. Et Monsieur Patrick Kron, alors que je l’ai interrogé dûment, solennellement et sérieusement, m’a toujours dit qu’il n’avait aucun projet d’alliance", a lancé Arnaud Montebourg. "Est-ce que le ministre de l’Economie doit aller installer un détecteur de mensonges dans son bureau ? Pour les présidents du CAC 40 qui n’ont pas le civisme élémentaire d’avertir leur gouvernement ?" a-t-il ajouté.

L’affaire Alstom est menée par  Emmanuel Macron, à l’Elysée, même si, pour sauver les apparences, Arnaud Montebourg a assisté aux rendez vous avec les capitaines d’industrie qui se sont tenus au château. "François Hollande sait de toute façon que, politiquement, c’est lui qui sera jugé", assure l’entourage du président pour justifier son interventionnisme.

Hollande rêverait d'arriver à la cheville de Sarkozy. 
Le dossier est à la fois politique et européen. Berlin pousse pour arriver à une entente entre les européenne Alstom et Siemens. Et François Hollande ne peut pas donner le sentiment de laisser gagner l'américain GE sans tenter la solution européenne. Voilà aussi pourquoi il ne pouvait pas rester spectateur sur ce dossier. 
Une autre explication tient davantage au symbole : François Hollande sait qu’Alstom a été le succès de Nicolas Sarkozy qui, en 2004, sauva l'entrepris, et le socialiste fera tout pour que ce ne soit pas perçu comme son échec.

vendredi 28 mars 2014

Loi Florange ? Le Conseil constitutionnel censure la majorité présidentielle

Les "Sages" mettent le holà aux sanctions

Le Conseil constitutionnel a dit
halte aux "sanctions" de la loi qui obligeait les entreprises à rechercher un repreneur,
en cas de cession de site. 
Un coup dur de plus pour François Hollande, à trois jours des élections, mais un encouragement aux créateurs d'emplois.

Le gouvernement accumule les sanctions du Conseil constitutionnel … Jeudi, il a censuré l'essentiel de la loi "visant à reconquérir l'économie réelle", plus connue sous le vocable "PPL Florange", du nom du texte qui prétendait transposer la promesse présidentielle de François Hollande d'interdire les cessions de sites rentables. Un engagement pris après l'annonce de la fermeture des hauts fourneaux ArcelorMittal de Florange.
 
Cette décision soulage les entreprises, opposées de longue date au projet. 
Le MEDEF a d'ailleurs salué "une décision réaliste du Conseil constitutionnel". Mais elle déçoit l'aile gauche de la majorité. Édouard Martin, l'ancien meneur CFDT stérile de l'aciérie ArcelorMittal devenu tête de liste PS aux élections européennes dans la région Est, a ainsi éructé toute sa "colère".

Ce projet a eu, dès le départ, une connotation politique très forte. Elle trouve son inspiration dans la proposition numéro 35 du programme du candidat de la gauche, dans laquelle Hollande s'engageait à "dissuader les licenciements boursiers", vieille antienne de la gauche de la gauche, et surtout une réponse à la percée pendant la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Puis, lors d'une visite à Florange en février 2012, le futur président était revenu sur cette idée en promettant une loi qui obligerait une entreprise "ne voulant plus d'une unité de production et ne voulant pas non plus la céder" à la vendre.

Mais une fois la campagne bouclée, la nouvelle majorité s'est aperçue qu'une telle obligation serait censurée par le Conseil constitutionnel, pour atteinte au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre. Elle s'est alors résignée à ce que l'obligation de résultat devienne une obligation de moyens: la "PPL Florange" contraint donc les entreprises voulant céder un site à rechercher un repreneur, et non pas à un trouver un. 

Ce recul avait, à l'époque, suscité l'ire du Front de gauche et des communistes, qui y ont vu un recul et n'ont pas voté le texte, entraînant son rejet en février par le Sénat . Quelques jours plus tard les godillots de l'Assemblée, où le PS a la majorité le votait comme un seul homme. Finalement la "PPL Florange", même édulcorée, a été retoquée. Un fiasco présidentiel de plus.

Raisonnement implacable

"Nous avions consulté le Conseil d'État pour nous assurer que notre texte serait recevable en plafonnant la pénalité à 2%" du chiffre d'affaires, s'est hier après-midi défendu sur Twitter l'ex-rapporteur du texte, le député
PS Jean-Marc Germain. Mais de nombreux avocats avaient prévu la censure.
 
Le raisonnement du Conseil constitutionnel est incontournable. La "PPL Florange"prévoyait que les représentants du personnel puissent saisir le Tribunal de commerce, s'ils estimaient que l'entreprise n'avait pas respecté l'obligation de chercher un repreneur ou qu'elle avait refusé une offre sérieuse. En outre, l'employeur ne pouvait refuser d'emblée une offre que lorsqu'il y avait "mise en péril de la poursuite de l'ensemble de l'activité de l'entreprise". Mais les Sages de la rue Montpensier ont jugé cette disposition, "interdit l'anticipation des difficultés économiques par l'entreprise" et "permet au juge de substituer son appréciation à celle du chef d'entreprise".

Si le juge estime que l'entreprise a écarté une offre sérieuse, la loi lui donnait le droit de prononcer des sanctions très lourdes, pouvant aller jusqu'à 20 fois le Smic par emploi supprimé, dans la limite de 2% du chiffre d'affaires. Pour le Conseil constitutionnel, de telles sanctions sont une atteinte au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre. La raison? Les sanctions auraient contraint de facto des entreprises à céder leur site afin d'éviter une pénalité exorbitante. Les Sages ont donc censuré le dispositif d'offre sérieuse et de refus, ainsi que les mesures de sanction. "Ils ont ainsi vidé la PPL de sa substance car tout le dispositif reposait sur la peur des sanctions", enrage Déborah David, avocate associée chez Jeantet.

Attention toutefois aux effets collatéraux d'une telle décision. 
"L'obligation de rechercher un repreneur et d'informer les salariés demeurent, rappelle Malik Douaoui, avocat associé chez Taj. Les avocats des syndicats pourraient maintenant essayer d'obtenir des pénalités auprès des tribunaux de grande instance s'ils estiment que ce droit a été bafoué. 
Par ailleurs l'administration pourrait refuser de valider les plans sociaux qui leur seront présentés lors de la cession d'un site".

Municipales 2014: Florange élit l'UMP Michel Decker au premier tour , avec 57,63%

Florange bascule à droite pour la première fois depuis 1989. 

L'UMP l'emporte dès le premier tour
Face au maire sortant PS Philippe Tarillon, Michel Decker reçoit la mairie avec 57,63% des suffrages, dans la ville symbole de la désindustrialisation depuis la fermeture des Hauts Fourneaux d'ArcelorMittal.

Un ancien CGTiste passé au FN est en tête à Hayange, autre ville-martyre. 
À Hayange, on attendait le Front national : sans réelle surprise, le candidat frontiste, Fabien Engelmann, arrive en tête, avec 30,40% des voix. Avec un taux d'abstention de 50%, la surprise vient plutôt de la suite du peloton : Thierry Rohr (DvD) est le deuxième homme, avec 20,39% des voix. 
Edouard Martin (CFDT, à droite)
a trahi les sidérurgistes
En troisième place, le maire sortant, Philippe David, PS, proche de la CFDT, avec 19,20% des voix, suivi par Alain Leyder (Divers) 13,33%, qui se revendique représentant de la société civile, Isabelle Iorio (divers gauche) avec 13,28%, et par le Parti ouvrier indépendant (3,38%) des voix. 
Une situation qui ne surprend pas les habitants de ces communes.
"Quand un parti politique réussit à écœurer les gens, que font-ils ? Ils font ça par dégoût. Ils ne votent pas FN parce qu'ils sont racistes", analyse un riverain.

Hollande et Montebourg ont fait le lit du FN

A Florange, des syndicalistes de FO avec
la plaque denonçant la trahison de Hollande,
24 avril 2013
Les habitants de ces communes du nord-est évoquent un vote de "dégoût" et de "mécontentement"
 
"La ville s'est dégradée à vitesse grand V. En votant FN, les gens expriment leur mécontentement", estime un habitant de Hayange.

Malgré la promesse de François Hollande en campagne présidentielle, le site sidérurgique ArcelorMittal de la ville a fermé définitivement ses fourneaux en novembre 2012. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, considère Florange comme son "échec le plus cuisant".
Le président Hollande avait été accueilli par des sifflets lors de sa dernière visite en septembre 2013 dans cette commune lorraine de plus de 11.000 habitants. 

lundi 24 février 2014

Le parlement a adopté définitivement la proposition de loi "Florange"

La "loi Florange" n'empêchera pas la fermeture d'un site rentable

Un an après la "mise à mort" des hauts-fourneaux de Florange (Le Monde)

Fabriquée  à la demande de  FO d’ArcelorMittal, 
cette stèle évoque la "trahison" du président PS 
F. Hollande 
qui n’a pas su empêcher la 
fermeture 
des hauts fourneaux de Florange. 

La symbolique proposition de loi "Florange" a été adoptée définitivement lundi au Parlement
Alors que la mise à l'arrêt définitive des hauts fourneaux de Florange est intervenue le mercredi 24 avril 2013, l'Assemblée nationale a adopté en seconde lecture la proposition qui fait obligation aux entrepreneurs en cessation d'activité de trouver un repreneur.
Ce texte qui "décrète" la "reconquête de l'économie réelle" a obtenu de la majorité des députés "godillots" de la majorité présidentielle socialo-écolo le vote que le Sénat avait de nouveau refusé vendredi. Le Front de Gauche s'est ...abstenu à nouveau, mais l'UMP et l'UDI ont voté contre, jugeant que le texte s'expose à une censure du Conseil constitutionnel.

"Ce n'est pas une loi de contrôle tâtillon ou qui stresserait mais une loi de vertu", de "progrès économique et social", un texte "offensif et pragmatique", a affirmé le ministre Benoît Hamon, au nom du gouvernement, à défaut d'Arnaud Montebourg, dénonçant "jusqu'ici un grand silence des pouvoirs publics à l'égard de ces sites qui fermaient alors qu'il y avait possibilité de maintenir l'emploi", selon lui.

"Quand une grande firme ne veut plus d'une unité de production et ne veut pas non plus la céder", 
Les fausses promesses d'un fourbe
elle aura  l' "obligation" de trouver un repreneur, avait proclamé François Hollande.
 
Au bout du compte, la proposition de loi oblige simplement les entreprises de plus de 1.000 salariés à rechercher un repreneur pendant trois mois, sous peine de pénalités.

Au bout de trois mois, l'entrepreneur doit donner un rapport devant le comité d'entreprise. Ce rapport peut ensuite être contesté par les salariés devant le Tribunal de Commerce qui juge alors si cette obligation faite au chef d'entreprise a été respectée ou non. Si ce n’est pas le cas, le groupe pourra ainsi être condamné à payer jusqu’à 20 SMIC mensuels par emploi supprimé - dans la limite de 2% de son chiffre d'affaires -, voire à rembourser des aides publiques perçues lors des deux dernières années. 
Pour Clotilde Valter, député (PS) du Calvados, conseillère de Lionel Jospin aux affaires intérieures à Matignon et rapporteur de la proposition de loi, il s'agit clairement d'accroître la facture d'un plan social.

Toutefois, cette proposition de loi ne prévoit pas d’obligation de résultat: si aucun repreneur n’est trouvé au-delà des trois mois de recherche obligatoire, la fermeture ne sera pas interdite. Le p'tit Benoît y voit une avancée !...

Un second volet du texte entend favoriser l'actionnariat de long terme, via notamment un droit de vote double et un encadrement accru des offres publiques d'achat hostiles.