Les autres accusent Pujadas d'avoir piégé Taubira
Délit d'opinion: silence, les victimes !
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| Pujadas et Taubira, côte à côte |
Pas de compassion pour les victimes
Les premiers frémissements de la polémique sont nés dès jeudi soir, pendant la diffusion de "Des paroles et des actes", sur France 2. Les sectaires, à l'image de leur premier secrétaire désigné, se déchaînent.
David Pujadas est accusé d'avoir donné la parole à un témoin anonyme, au mauvais prétexte qu'elle apparaît en ombre chinoise pour ne pas s'exposer à des représailles. La mauvaise foi des détracteurs est flagrante, puisque son identité n'est pas dissimulée: c'est dit, elle est la mère de la victime du violeur récidiviste.
La maman de la victime -encore dans le coma- est également pointée du doigt pour avoir tenu un discours très critique envers la vedette de l'émission, Christiane Taubira, la ministre de la Justice.
Sur Twitter, des militants s'en prennent à la chaîne qui permet aux victimes de s'exprimer.
"Après l'ombre chinoise, le témoignage anonyme, mais c'est quoi ce service public pourri?", s'exclame un Bruno Mikalelian. "Christiane Taubira a droit au silence devant la souffrance de cette anonyme: populisme à la télé. Christiane, tu es géniale", commente pour sa part un certain Emile Michel. Il rend ainsi hommage à la position de facilité de la ministre, qui a déclaré à l'antenne que "face aux victimes, je fais silence. Je m'incline devant la souffrance de madame. Je m'incline, c'est tout".
Certains se font l'écho d'une chronique très sévère d'un valet du pouvoir
Vendredi matin, dans son article sur le site internet de l'hebdomadaire socialiste Le Nouvel Observateur, Bruno Roger-Petit attaque France 2. "Taubira piégée par un témoignage anonyme, l'indignité de Pujadas et France 2", titre le courtisan. Il raconte la honte qu'il a ressentie en visionnant la séquence. Il accuse la chaîne publique d'avoir fait d'un débat public un moment de "reality-show".
Mais le partisan ne fait-il pas honte à la profession en ne mettant pas ce témoignage légitime en perspective avec l'instrumentalisation, pour le coup, de la scène odieuse de compassion jouée au cours d'un débat participatif télévisé en février 2007 par la candidate Ségolène Royal qui se penche sur Bernard Bontron, un invalide de 60 ans en fauteuil roulant ? "D’abord,je voudrais saluer votre courage d’être là, merci monsieur de venir jusqu’ici témoigner et prendre la parole sur un problème extrêmement difficile et injuste," lança la comédienne mise en scène par Patrick Poivre d’Arvor.
"Quelle idée se font-ils de nous, les responsables de l'information de France 2, pour croire que nous ne sommes que des bêtes de télévision, ne réagissant que par stimuli émotionnels destinés à alimenter nos pires pulsions dès qu'il s'agit de Justice?", écrit le pompeux prétentieux du site internet.
Sa chronique déclenche alors les passions des anonymes de Twitter.
"France 2: le règne de l'émotion", écrit -Lp-. "De l'embarras d'être d'accord avec Roger-Petit... #Taubira et le piège de la tyrannie de l'émotion", déplore Joshua Adel. "Le témoignage anonyme de la mère d'une victime face à C. Taubira, ce n'est même pas de l'info spectacle, c'est du populisme", estime Sant69. Maxime [qui?] est encore plus "sévère", mais on peut dire insultant : "J'avais raté ça, Pujadas fait son entrée dans le palmarès des insectes répugnants".
D'autres internautes trouvent la séquence cohérente et d'actualité
La plupart d'entre eux attendaient de Christiane Taubira qu'elle fasse face à la réalité de la justice française. "Christiane Taubira qui ne sait pas quoi dire quand elle est confrontée à la réalité des victimes de son laxisme", déplore Stéphane J. "Je regarde #DPDA avec le témoignage anonyme, j'espère que ça fera réfléchir Taubira sur la bêtise de sa réforme", écrit pour sa part Denis.
Mais la ministre de la Justice n'a pas cessé de se dérober
Christiane Taubira est passée par tous les états. Grave et littéraire, la ministre croit pouvoir se dissimuler derrière les auteurs. Minaudant, elle s'est qualifiée d' "aimable", puis, théâtrale, s'est offert des accès d'indignation surjouée.
Elle s'est aussi prétendue respectueuse de son entourage, mais, désobligeante, présenta aussitôt des contre-exemples en prétendant ne pas comprendre les questions de ses interlocuteurs, le terne journaliste Dominique Verdeilhan et le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, quant à lui, très courtois et respectueux de la fonction, mais effaré par ce numéro d'esquives de l'histrion de la place Vendôme.
Au total, l'émission est apparue comme un nouveau gaspillage de la redevance audiovisuelle, alors que les finances du service public de télévision sont en piteux état, la faute, disent-ils, aux pertes publicitaires.