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mardi 4 mars 2014

Affaire Bygmalion : Le Point s'en prend maintenant à son confrère Le Figaro

Le Point ne supporte pas que Le Figaro apporte son soutien à Jean-François Copé

Totalitarisme socialiste vs liberté de la presse
Le Point fait renaître La Pravda
L'affaire Bygmalion mettrait-elle à mal la solidarité corporatiste de la presse ? C'est ce que donne penser un article publié cet après-midi sur le site LePoint.fr. Intitulé "L'avocat de Buisson défend Copé dans 'Le Figaro' !", il critique directement un autre papier paru dans la matinée sur le site internet du "Figaro".

Le Point ne tolère pas la contestation
Le Point vise en fait une tribune de l'avocat Gilles-William Goldnadel publiée sur "FigaroVox", la plate-forme de débats lancée récemment par "Le Figaro.fr", et intitulée "Affaire Copé-Bygmalion : l'analyse du dossier"*. Dans son texte, cet avocat affirme notamment qu'il "n'a pas été convaincu" par le dossier de l'hebdomadaire du milliardaire Pinault paru jeudi dernier. Mais selon Le Point, la prise de position de Gilles-William Goldnadel dans cette affaire n'a rien d'innocente. Pas plus, sans doute, que le coup bas porté par Franz-Olivier Giesbert, avec la bénédiction du riche soutien assumé de Hollande.


Le Point voudrait imposer au Figaro les chroniqueurs à sa convenance
"Parmi les 56.000 avocats exerçant en France (dont 23.000 à Paris), Le Figaro s'est finalement résigné à demander les lumières de Gilles-William Goldnadel, conseil de Patrick Buisson...", lance ainsi l'hebdomadaire, non sans mépris. Et le journal détenu par François Pinault de railler : "Incroyable, mais vrai ! Un avocat qui, il y a trois semaines, avait annoncé haut et fort (...) que son client déposerait plainte contre Le Point à la suite de nos révélations sur ce conseiller de l'ombre de l'ex-président Sarkozy [Patrick Buisson], qui enregistrait les conversations sensibles qu'il a eues avec lui à l'Élysée. Un modèle d'analyse juridique, on s'en doute...".
Le Point s'est en revanche bien gardé de révéler les liens d'étroite amitié entretenue par Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de Paris, avec Bastien Millot, élu UMP et conseiller de Jean-François Copé, incriminé dans une supposée affaire avec la société Bygmalion dirigée par l'ami universel. Un modèle d'enquête journalistique, donc...

Le vertueux patron du Point s'était déjà autorisé quelques piques à ses confrères du Figaro 

Mussolinien
Réagissant un peu plus tôt dans l'après-midi à la conférence de presse de Jean-François Copé Etienne Gernelleinterrogé dans "La Nouvelle édition" sur les aides d'Etat que reçoit annuellement son journal,  avait ainsi lancé : "Il y a une aide à la poste de 4,6 millions d'euros. On est le journal qui en touche le moins. Le Figaro qui défend beaucoup Jean-François Copé touche le triple". L'Humanité est d'ailleurs celui qui en touche le plus. 
Raillé un peu plus tard pour les Unes régulières du Point sur les Francs-maçons, le nouveau directeur de la rédaction du Point avait de nouveau porté des coups: "Ça fait très très longtemps qu'on a pas fait ça dans Le Point, c'est le Figaro Magazine qui l'a fait la semaine dernière". Le Point réclame-t-il l'exclusivité des marronniers comme France 2 les retransmissions sportives ?

La presse de gauche craint l'ouverture publique de ses comptes
Mis à part ce petit conflit Le Point vs. Le Figaro", la volonté de Copé d'aligner la presse sur la transparence financière des partis politique n'a pas manqué de resserrer les rangs au sein de la presse française. Très attaqués ce matin par Jean-François Copé lors de sa conférence de presse, plusieurs journaux ont ainsi vivement réagi. 
"Jean-François Copé agite un leurre pour détourner l'attention de ses difficultés, en laissant entendre que les journalistes sont tous suspects, tous pourris" s'est ainsi emporté Renaud Dély, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, propriété de magnats de la presse. "C'est une dérive populiste que de jeter l'opprobre sur l'ensemble des partis et des médias", a-t-il ajouté.
"C'est une diversion scandaleuse (...) Il veut faire des journalistes des boucs émissaires" s'est pour sa part écrié le patron du site troskiste Mediapart, Edwy Plenel
"C'est un coup politique" a enfin expliqué Dominique Pradalié, secrétaire générale du très marxisant Syndicat national des journalistes (SNJ). "Les journalistes sont une cible qu'ils veut désigner au public, c'est ridicule", a-t-il estimé. 
Encore un, comme Gernelle, qui pourrait "mourir de rire" jaune.

*Pendant la rédaction de cet article, la tribune de Gilles William Goldnadel a été retitrée par "Le Figaro" : "Affaire Copé-Bygmalion : le plaidoyer de Goldnadel", au lieu de "Affaire Copé-Bygmalion : l'analyse du dossier".



Affaire Copé: Bygmalion, prestataire de services d'Anne Hidalgo qui ne dément pas une amitié

Pavé dans l'accusation du Point: le copéiste Bastien Millot est ami avec ...Anne Hidalgo (PS) 

Hidalgo a assumé cette amitié ce matin, devant J.-J. Bourdin
Au centre des accusations de l'hebdomadaire Le Point contre Copé (UMP), l'un des fondateurs de la société Bygmalion est un bon ami de la candidate PS.

Les amis d'Hidalgo sont-ils les amis de Copé? Ancien conseiller régional UMP de Picardie et homme de communication de 41 ans,  très proche de Jean-François Copé, Bastien Millot se dit l'ami de la candidate socialiste à la mairie de Paris Anne Hidalgo. Et réciproquement. Tous deux font mine de s'étonner de la révélation d'une tranversalité qui aurait échappé à de si bons journalistes du Point, Mélanie Delattre et Christophe Labbé. Une faute professionnelle !  Ou une rétention d'information de Franz-Olivier Giesbert qui les téléguide ?

Certains s'interrogent même sur le risque d'infiltration de l'UMP par le PS. La technique est en effet une spécialité socialiste pratiquée en son temps par le trotskiste lambertiste Lionel Jospin. C'est donc peu dire que cette relation d'un UMP avec Anne Hidalgo agace à droite où on soupçonne Millot de conseiller l'ennemi, et qu'elle gêne à gauche, lorsque cette fréquentation est connue.

B. Millot commence une carrière fulgurantedès sa sortie de Sciences Po, en 1995, lors de l'accession de J. Chirac à l'Elysée
Il suit son ancien maître de conférences, Jean-François Copé, dans toutes ses fonctions, de la mairie de Meaux à l'Assemblée en passant par trois ministères. Il habitera même son appartement privé, en 2005, tandis que le ministre du Budget en occupe un autre, loué par l'Etat, en pleine polémique sur l'"affaire Gaymard". Après cette décennie de collaboration étroite, Millot est propulsé à la direction de France Télévisions, auprès de Patrick de Carolis.

A l'automne 2008, il quitte le service public pour fonder sa société de communication, Bygmalion, qui bénéficiera de nombreux contrats avec l'audiovisuel public. Depuis juin, le juge Renaud Van Ruymbeke enquête sur les 22 millions d'euros dépensés  en "conseils" sous l'ère Carolis, dont 1,2 million pour Bygmalion entre novembre 2008 et septembre 2010.  Millot, devenu maître de conférences à Sciences Po, où il enseigne la communication politique depuis quatorze ans, continue à conseiller J.-F. Copé, au moment de la bataille des chefs qui l'a porté à la tête de l'UMP. "Mon boulot est à la lisière entre l'ami et le psy", a-t-il confié à M, le magazine du Monde du 5 octobre. Pour les politiques, assure cet expert du storytelling, "le spin-doctor devient un sparring-partner qui l'aide à déminer et à anticiper". Millot vient donc de faillir à sa mission.

Hidalgo noie le poisson

A. Hidalgo et B. Millot  habitent tous les deux le 15e arrondissement, ce qui suffirait à expliquer une belle amitié. L'expert des media, qui décrypte l'actualité sur Europe 1 et BFMTV, et la première adjointe de Bertrand Delanoë, passent leur temps à discuter, voilà tout. 
"Il n'intervient pas dans ma campagne, assure Hidalgo. Mais on parle beaucoup de la vie politique, et on se rejoint sur bien des points, même si sa formation est concurrente de la mienne." Elle était, dit-on un peu inspecteur du Travail... Le conseiller parle de son amie avec son coeur. "J'aime son authenticité, son franc-parler, son côté extrêmement chaleureux. C'est quelqu'un de bien, d'original et d'élégant."
Millot précise qu'il n'a aucun contrat avec elle. "En tant qu'ami, ajoute-t-il cependant, quand nous avons des conversations, nous parlons effectivement de la façon dont sa campagne se passe et je ne suis pas forcément de l'avis de ses conseillers.

La candidate socialiste vivait en secret cette relation qu'elle revendique maintenant sans restriction
"Heureusement que l'on n'est pas sectaires et que l'on peut se retrouver avec des gens avec lesquels on se sent en accord, avec qui on partage des valeurs." La différence réunit ceux qui s'aiment.
VOIR et ENTENDRE la candidate PS  à la mairie de Paris sur la transparence et ses liens étroits d'amitié mis en cause dans l'affaire supposée contre J.-F. Copé et portée par l'hebdomadaire Le Point  (extrait court):

Millot souhaite la réussite d'Hidalgo (PS) contre NKM (UMP)

Le coprésident de Bygmalion forme des voeux pour la réussite d'Hidalgo : "Je ne lui souhaite que des choses positives pour la suite et je souhaite qu'elle réussisse dans le défi qu'elle s'est lancé." La droite à la lutte pour l'alternance à Paris, appréciera sans doute et en particulier la candidate de l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, que Millot connaît bien : "C'est une candidate tout à fait sérieuse et ça pimente l'élection. Elle a une capacité à incarner un vrai match." Il n'est rien de plus précieux que l'amitié et le respect d'un communiquant.

Bygmalion est une passerelle fréquentée, voire une balance
Le temps de la campagne, Bertrand Lesain s'est mis en congé de Bygmalion pour se mettre au service de NKM, ou infiltrer son équipe, nul ne sait encore.

Millot assure aussi la communication du candidat de l'UDI, Christian Saint-Etienne. On se prend donc à douter que cet éclectisme soit compatible avec un cloisonnement hermétique et qu'autant de soudaines révélations calment les esprits.  

Et que pense le stigmatisé de tout cela ? 
"Rien", assure sereinement Millot. Le président de l'UMP est "à fond derrière NKM et c'est ça qui compte", assure son entourage. Il ne pense pas à mal et serait donc naïf, confiant et fidèle en amitiés.  A ses dépens. 
Tout le contraire du portrait brossé par la presse pourrie. "Chaque fois qu'on pourra l'aider, on sera disponible pour elle [NKM]", renchérit Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de J.-F. Copé. 

On peut croire sur parole la candidate socialiste à la mairie de Paris lorsqu'elle déclare qu'elle n'a pas de raisons de soupçonner l'intégrité de l'ami commun.
Celle-ci a refusé de remettre en question son honnêteté à l'antenne de BFMTV, ce matin.
Cette comédie politique est "à pleurer de rire", selon Étienne Gernelle, directeur de publication du Point qui n'envisage pas pleinement le vers de Beaumarchais  "Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer." (Le Barbier de Séville, inspiré de 'La précaution inutile') S'il y a une justice.


lundi 3 mars 2014

Contre-offensive de Copé contre les accusations du Point

Copé contre-attaque en exigeant la transparence des partis et des media

L'opacité ne doit plus être un privilège des accusateurs
Accusé par Le Point d'entretenir des relations d'argent avec le monde des affaires, le secrétaire général de l'UMP, mis personnellement sur la sellette à trois semaines des municipales, a fait face seul. Jean-François Copé a lancé lundi une contre-offensive en demandant "la transparence" financière des partis politiques mais aussi de la presse, sur le ton de la riposte déterminée.

L'hebdomadaire du milliardaire socialiste François Pinault a lancé contre Copé une accusation de favoritisme présumé envers une société de communication fondée par deux de ses proches, au détriment des finances de son parti.

Copé a dénoncé des "accusations mensongères".
S'adressant lundi à "(s)es chers compatriotes" lors d'une "déclaration solennelle" au siège de l'UMP à Paris, le présumé coupable a dénoncé sans langue de bois les "méthodes dignes de l'Inquisition" de "certains organes de presse" depuis des mois,en dépit de la déontologie de la profession , "le cirque médiatique" et son "lynchage public", après celui de Nicolas Sarkozy, depuis des années, comme l'ont constaté la France entière et l'étranger.


"Copé seul contre les méchants", ironise Libération

J.-F. Copé est apparu "très tendu, la voix blanche", dixit l'ancien ministre UMP, Dominique Bussereau. "Jean-François a été blessé, heurté" et réagit comme "quelqu'un d'écorché", a commenté le sénateur Roger Karoutchi, qui se dit "sarkopéiste".

J.-F. Copé s'est dit victime d'une "véritable chasse à l'homme". "Depuis quelques jours, je fais l'objet d'une campagne de presse particulièrement agressive, je dirais même haineuse (...) L'UMP fait l'objet d'attaques incessantes qui ont quitté le champ de la politique pour se nourrir des armes des lâches, des armes que sont la rumeur, les insinuations et les manipulations", a-t-il lancé.

Le second parti d'opposition  

"Je veux dire aux Françaises et aux Français que j'ai toujours exercé mes fonctions avec droiture et honnêteté. Je ne suis dupe de rien, les Français non plus ne sont dupes de rien. Les ficelles sont tellement grosses, à quelques semaines de scrutins tellement importants pour notre pays", a-t-il ajouté, soulignant la manoeuvre politique à la veille des municipales de fin mars et européennes de fin mai.

Comme "on exige de l'UMP, et de l'UMP seule, de faire preuve d'une transparence qu'aucun autre acteur politique ne s'impose à lui-même", Copé a réclamé l'équité entre les partis et qu'à l'instar du sien, ils soient tous soumis aux mêmes exigences.

Il a annoncé deux propositions de lois
L'une établirait la transparence financière de tous les partis politiques depuis 2007, l'autre soumettant les media subventionnés par l'État "aux mêmes contrôles que ceux imposés aux parlementaires". La deuxième proposition de loi prévoit la mise en place d'une autorité indépendante chargée d'appliquer ces nouvelles règles.
Dans l'attente de l'improbable adoption de ces textes, la majorité est prévenue du sort qui l'attend lors de l'alternance. Les partis de gauche et les media qui ont cause commune font donc front pour railler la riposte de la victime.   
Copé a en effet immédiatement donné instruction à ses services "de bien vouloir mettre l'intégralité de la comptabilité de l'UMP, ainsi que les archives concernant les campagnes présidentielles de 2007 et 2012, dans une pièce qui sera scellée par un huissier" et "rouverte à l'adoption de ces deux lois".

Le Parti socialiste se révèle partie prenante au coup bas du Point

Le PS n'a eu de cesse de reprocher au président de l'UMP d'"esquiver"bien que, promis avant le weekend, le dépôt d'une plainte en diffamation  contre le journal soit annoncé pour mardi matin, selon son entourage. Le Parti socialiste se retrouve ainsi sur la même ligne que le FN, puisqu'un haut responsable fustige "une stratégie de diversion".

Les accusateurs associés voient dans la défense une "manoeuvre dilatoire à pleurer de rire"

Nouveau directeur de publication du Point, Étienne Gernelle a dénoncé une "manoeuvre dilatoire pour ne pas publier les comptes de l'UMP (...) à pleurer de rire", tandis qu'au PS, des responsables socialistes, raillent pareillement un "Copé délirant"...

Quant à 
l'homme de main de Hollande-la-reculade, coopté à la tête du PS, 
Harlem Désir a estimé que Copé a "esquivé" et d'autres socialistes ont pris le risque d'évoquer le scandale Cahuzac, rappelant qu'en septembre, Copé avait voté contre la législation sur la transparence de la vie publique élaborée dans l'urgence. Copé avaient d'ailleurs jugé cette loi mal ficelée, les dispositions prévues étant "inutiles et dangereuses".

Dans un communiqué, l'ancien rival de J.-F. Copé à la présidence de l'UMP en 2012, François Fillon a précisé que les propositions de la victime devront être discutées "après les municipales".

Pour sa part, François Bayrou prend les propositions avec sérieux et sérénité. Le président du MoDem, s'est dit "prêt à ouvrir la totalité de ses comptes".

Florian Philippot, vice-président du FN, est en revanche sur la même ligne que ses alliés objectifs du PS, dénonçant comme les socialistes "une stratégie de diversion".