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mercredi 16 septembre 2015

Affaire Bygmalion: Bastien Millot à nouveau mis en examen


Le cofondateur de la société a-t-il des informations à balancer?

Acharnement judiciaire dans l'enquête sur un système présumé de fausses factures durant la campagne présidentielle de N. Sarkozy

Bastien Millot, convoqué par la police de B. Cazeneuve
Le juge espère-t-il que Bastien Millot -un proche d'Anne Hidalgo - ait des révélations à faire ? Tout porte à le penser puisque l'ancien patron et cofondateur de la société a de nouveau été mis en examen ce mardi et dans la même affaire. "Cette mise en examen n'est pas justifiée et ne correspond pas à la réalité historique des événements", a déclaré son avocate, Florence Rault.

Les juges d'instruction ont une nouvelle fois mis en examen Bastien Millot, longtemps proche de Jean-François Copé, mais pour complicité [présumée!] de financement illégal de campagne électorale et complicité d'escroquerie, alors qu'il a déjà été mis en examen en octobre 2014. 

L'homme est par ailleurs mis en examen dans une autre affaire concernant des soupçons de favoritisme sur des contrats payés par France Télévisions à Bygmalion.

Le patron de Bygmalion conteste avoir été au courant

Les enquêteurs agissent sur la base de soupçons portant sur un éventuel système de fausses factures mis en place entre une filiale de Bygmalion, Event and Cie, et l'UMP (devenu Les Républicains). Malgré un précédent échec, l'enquête tente d'établir une ventilation sur le budget du parti d'environ 18,5 millions d'euros de dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy, afin d'éviter qu'elles ne dépassent le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros et ne soient rejetées par le Conseil constitutionnel, ce qui avait néanmoins été le cas.

Treize personnes sont mises en examen. Parmi elles, outre Bastien Millot, trois anciens cadres de Bygmalion, Guy Alvès, Franck Attal et Sébastien Borivent. Ces derniers reconnaissent avoir eu connaissance de la fraude, ce que Bastien Millot a toujours contesté. Ses trois anciens associés le mettent pourtant en cause.

Accusé d'avoir donné son «feu vert» à l'opération
Franck Attal, patron d'Event and Cie, a expliqué aux juges que le directeur adjoint de la campagne, Jérôme Lavrilleux, l'avait sollicité fin mars-début avril 2012 pour lui annoncer qu'il fallait recourir à un système frauduleux de ventilation des dépenses de campagne sur l'UMP, ce que Jérôme Lavrilleux conteste, situant le recours à la fraude après la présidentielle. Selon une source proche du dossier, Franck Attal a assuré avoir alors prévenu Sébastien Borivent qui à son tour en aurait fait part aux deux patrons de Bygmalion, Bastien Millot et Guy Alvès. D'après cette source, Sébastien Borivent a affirmé aux magistrats que Bastien Millot, aujourd'hui avocat, avait donné son «feu vert» à l'opération.

Pour Florence Rault, «la seule chose qui rattache mon client à cette affaire, c'est qu'il était le président de Bygmalion, la maison mère». «Mais rien ne le rattache à la campagne et au travail d'Event and Cie durant cette campagne. Il n'a jamais dirigé Event et n'en a jamais été actionnaire», a ajouté l'avocate.

A qui profite cette nouvelle mise en examen ?

Au moment même où plusieurs de cadres de l'UMP étaient placés en garde à vue, l'ancien Premier ministre affirmait avoir déjà entendu parler de Bygmalion, avant la campagne de 2012. Un coup dans les genoux de Nicolas Sarkozy qui avait assuré sur France 2, le dimanche 21 septembre, "avoir appris le nom de Bygmalion longtemps après la campagne présidentielle".

Son ancien premier ministre était informé, mais il justifia son absence de réactivité. Je n'étais pas associé à l'organisation de la campagne de 2012, mais j'ai souvent entendu parler de Bygmalion (avant la campagne), et j'ai souvent vu que Bygmalion était une entreprise qui travaillait régulièrement avec l'UMP", avait insisté François Fillon sur BFMTV.

François Fillon affirme de surcroît ne pas s'être posé de question sur le coût des meetings du candidat Sarkozy: "Je n'ai jamais organisé de campagne présidentielle. Et puis, je pars du principe que je fais confiance au candidat et à ceux qui organisent la campagne", insinue-t-il. Le concurrent de Nicolas Sarkozy à la primaire pour la présidentielle 2017 ajouta néanmoins à propos de son ancien président: "Je n'ai pas raison de ne pas le croire"…


mercredi 18 juin 2014

Bygmalion a fait affaires avec France Télévisions

La régie pub de France Télévisions a signé plusieurs avec Bygmalion 

France Télévisions Publicité (FTP) a bien travaillé avec Bygmalion 


La régie publicitaire du groupe audiovisuel a déclaré mercredi avoir conclu plusieurs contrats avec la société de communication entre 2009 et 2012. Selon Le Canard enchaîné, le montant global de ces contrats totalise près d'un million d'euros. Le scandale des fausses factures présumées avec Bygmalion au moment de la campagne présidentielle 2012 éclabousse large.

Le nouveau patron de la Régie juge les contrats "sans intérêt"… 
Ils ont été passés par l'ex-patron de la régie, Philippe Santini, qui n'en aurait pas informé Rémy Pflimlin, devenu président du groupe audiovisuel en 2010, a assuré le groupe. Ce n'est qu'en août 2012, lorsque Rémy Pflimlin a remplacé Philippe Santini par Daniel Saada, un ancien de Publicis, que ces contrats ont été rompus, Daniel Saada les jugeant "sans intérêt pour le groupe", selon la même source. "En octobre 2012, quelques semaines après mon arrivée comme directeur général de France Télévisions Publicité, j'ai mis fin aux contrats de prestations avec Bygmalion", a précisé Daniel Saada. Il a expliqué avoir découvert que FTP avait signé plusieurs contrats depuis 2009 avec Bygmalion, la société de Bastien Millot. Or, ce dernier a été directeur délégué de la stratégie de France Télévisions de 2005 à 2008, sous la présidence de Patrick de Carolis.

L'ère Carolis en question (juillet 2005-août 2010)


Un premier contrat de 2009-2010 confiait à Bygmalion le soin d'accompagner l'ouverture du capital de FTP, envisagée à l'époque, puis, en janvier 2012, un deuxième contrat visait à gérer l'image de la régie. Daniel Saada précise y avoir mis fin en octobre 2012, avec une dernière facture payée en janvier 2013. "Remy Pflimlin n'est pas responsable de ces contrats, il n'était pas au courant", a garanti son collaborateur. 

Daniel Saada a cité trois autres contrats entre FTP et Bygmalion de 2009 à 2011: une convention de mécénat pour un musée au Canet, fief de la députée-maire Michèle Tabarot, proche de Jean-François Copé, pour 40.000 euros, et deux contrats en 2009-2010.

D'autres contrats à France télévisions. 
Le directeur général de FTP dispose du statut de mandataire social et peut passer des contrats sans en informer sa maison mère, a souligné l'actuel patron de la régie. La régie n'est pas non plus soumise aux obligations d'appels d'offres des groupes publics.

Sa maison mère, France Télévisions, avait aussi conclu à partir de 2008 des contrats avec Bygmalion pour des prestations variées, sous l'ex-PDG Patrick de Carolis. Ce dernier a été mis en examen pour favoritisme, ainsi que Bastien Millot, ci-dessus) un ancien étudiant de Jean-François Copé. 

Et d'Anne Hidalgo, maire socialiste actuelle de Paris.
La maire de Paris n'avait jamais fait mystère de son amitié avec le fondateur de Bygmalion, mais assurait n'avoir jamais eu de "relation contractuelle" avec ce dernier. 
Car depuis juin 2008, le juge Renaud Van Ruymbeke enquête sur les 22 millions d'euros dépensés sous l'ère Carolis en "conseils", dont 1,2 million pour Bygmalion entre novembre 2008 et septembre 2010.
Depuis qu'elle est maire de Paris (2014) et qu'a éclaté l'affaire Bygmalion (qui touche l'UMP), Anne Hidalgo assure n'avoir pas eu de nouvelles de son ami. Le 17 juin 2014, Hidalgo déclarait : "je n'ai plus aucun contact avec Bastien Millot et je ne cherche pas à en avoir."
Lors de la campagne à Paris, sa rivale UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, l'avait interpelée à RTL sur ses relations avec Bastien Millot : "Bastien Millot est le conseiller de madame Hidalgo, elle pourra certainement vous renseigner sur ses tarifs." 
Interrogée lors d'un déjeuner avec la presse, Anne Hidalgo assure qu'elle a rompu avec Bastien Millot, celui par qui le scandale arrive: "J'ai eu un texto de félicitations lors de ma victoire, plus rien depuis. Je suis un peu choquée par tout ce qui se dit. Si ce qui se dit est vrai, je serais particulièrement déçue."
Affaire à suivre.

mercredi 28 mai 2014

Un ministère de Hollande avait traité avec Bygmalion

Valérie Fourneyron avait renouvelé un contrat pour trois ans jusqu'en 2015 

Najat Vallaud-Belkacem accuse l'ex-ministre J.-F. Lamour d'avoir signé ce contrat


Les faits remontent à une dizaine d'années, sous la présidence de Jacques Chirac. Or, la société spécialisée dans l'événementiel, Event & Cie, qui est au coeur de l'affaire visant l'UMP n'appartenait pas encore à Bygmalion qui en a fait l'acquisition par la suite.

Le contrat portait sur l'organisation d'une manifestation annuelle, les Journées jobs d'été, pour 50.000 euros. L'édition 2014 a eu lieu en mars. 

Valérie Fourneyron, la ministre de la Jeunesse qui a précédé NVB l'avait renouvelé pour trois ans jusqu'en 2015, a-t-on encore précisé.

Vallaud-Belkacem a finalement décidé de dénoncer le contrat passé par  Fourneyron
En toute hâte, le ministère a rompu ce contrat avec la filiale de Bygmalion, a-t-on appris mercredi. Depuis mars, Event & Cie fait l'objet d'une enquête préliminaire du Parquet de Paris pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance

Un autre marché a été dénoncé par une commune du Val-de-Marne. 
Le maire de Saint-Maur-des-Fossés, successeur du centriste Henri Plagnol, a décidé de mettre fin au contrat liant la ville à une autre filiale du groupe Bygmalion, pour un marché de communication de la communeIdéepôle est soupçonné depuis un an de favoritisme et détournements de fonds publics.

Bygmalion est une agence de communication co-fondée par Bastien Millot qui est devenu avocat au barreau de Marseille en 2014 et a dû alors cesser ses activités de chroniqueur à Europe 1 et BFM TV et offrir ses services de conseil à la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo.


Un ministère de Hollande avait traité avec Bygmalion

Valérie Fourneyron avait renouvelé un contrat pour trois ans jusqu'en 2015 

Najat Vallaud-Belkacem accuse l'ex-ministre J.-F. Lamour d'avoir signé ce contrat
Les faits remontent à une dizaine d'années, sous la présidence de Jacques Chirac. Or, la société spécialisée dans l'événementiel, Event & Cie, qui est au coeur de l'affaire visant l'UMP n'appartenait pas encore à Bygmalion qui en a fait l'acquisition par la suite.

Le contrat portait sur l'organisation d'une manifestation annuelle, les Journées jobs d'été, pour 50.000 euros. L'édition 2014 a eu lieu en mars. 

Valérie Fourneyron, la ministre de la Jeunesse qui a précédé NVB l'avait renouvelé pour trois ans jusqu'en 2015, a-t-on encore précisé.

Vallaud-Belkacem a finalement décidé de dénoncer le contrat passé par  Fourneyron
En toute hâte, le ministère a rompu ce contrat avec la filiale de Bygmalion, a-t-on appris mercredi. Depuis mars, Event & Cie fait l'objet d'une enquête préliminaire du Parquet de Paris pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance

Un autre marché a été dénoncé par une commune du Val-de-Marne. 
Le maire de Saint-Maur-des-Fossés, successeur du centriste Henri Plagnol, a décidé de mettre fin au contrat liant la ville à une autre filiale du groupe Bygmalion, pour un marché de communication de la communeIdéepôle est soupçonné depuis un an de favoritisme et détournements de fonds publics.

Bygmalion est une agence de communication co-fondée par Bastien Millot qui est devenu avocat au barreau de Marseille en 2014 et a dû alors cesser ses activités de chroniqueur à Europe 1 et BFM TV et offrir ses services de conseil à la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo.

 

Dati torpille la troïka qui prend la direction de l’UMP

Des expériences historiques de troïka à faire peur 

Raffarin au Sénat, resteront Juppé et Fillon
Staline-Zinoviev -Kamenev
La troïka Staline-Zinoviev-Kamenev évoque en nous une "période sombre" de la dictature soviétique. Bureaucrate laborieux quand Hollande est un dilettante, et discret, alors que le Français est un blagueur lourd, Staline gravit silencieusement les échelons et devint, comme lui, secrétaire du parti, fonction stratégique mise à profit par Staline mais négligée par Hollande. Comme Staline planifia l'invasion de la Géorgie, Hollande tenta de se donner de l'importance au Mali, puis en République centrafricaine. Le socialiste français s'ingéra même dans les affaires de l'Ukraine avec la volonté de la détacher de la zone d'influence russe, soutenant -au nom de la démocratie, tant qu'à faire - des rebelles au pouvoir légitime de Kiev, provoquant la colère de Poutine qu'il va finalement recevoir à Paris...

Martine Aubry, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn étaient la troïka socialiste chargée d'apporter un fondement au projet socialiste de 2007 et
aucun de ses membres n'a réussi à se détacher et participer à la course pour
l'Elysée, puisque c'est un tocard qui les a coiffés sur la ligne. Manipulateur plus que brillant, comme Aubry, Staline était, comme Hollande, un personnage en apparence terne et peu porté aux discours théoriques mais, comme lui, il joua pendant des années au modéré et laissa aux diverses factions ou courants le soin de l'invective et du discrédit, tout en tissant sa toile. Aubry s'abandonna au complot et la violence, DSK au stupre.

Que peuvent espérer les Français de Juppé et Fillon?
Tandis que la montée du Front National et l' "azimutage" de Hollande inspirent à BHL un besoin d' "union nationale", l'UMP appelle à un renouvellement de son Bureau national. Raffarin ne devrait pas connaître le destin de Trotski puisqu'il ambitionne la présidence du Sénat, mais qui de Fillon ou Juppé sera le Staline de la troïka UMP ? Les Grandes Purges que Fillon met en œuvre conduiront-elles Juppé à la mort politique ou est-ce lui qui fera exécuter le premier?

Le triumvirat Juppé-Raffarin-Fillon est un comité auto proclamé 

L’ex-ministre UMP
Rachida Dati aurait préféré des personnalités " neutres" plutôt que des candidats potentiels à l'Elysée. Elle a donc désapprouvé mercredi sur RTL ce " comité auto désigné" Juppé-Raffarin-Fillon mis à la tête du parti de droite après la démission, la veille, de son président, suite à des soupçons de surfacturation de la campagne 2012 par Bygmalion 
une société pourtant sulfureuse, alors co-fondée et dirigée par Bastien Millot (ci-contre), un proche de l'UMP qui s'avère être un ami de l'actuelle maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

L'eurodéputée estime que Jean-François Copé a bien "pris la bonne décision" en démissionnant. Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012 l’UMP "n’était plus un parti, c’était des clans", faute de leader charismatique, avec "des fracturations à petit feu" a-t-elle déploré. Selon elle,"Bygmalion est l'apogée de l'apogée" des fractures qu'a connu l'UMP depuis la défaite de Nicolas Sarkozy. "Le combat Copé/Fillon a généré des haines, cite-t-elle en exemple. Ce n'est pas digne".

Cette situation aurait dû mener à la nomination de personnalités moins impliquées.
"C’est pour ça que le comité auto désigné hier, moi j’étais réticente". " J’aurais préféré avoir totalement des personnalités neutres et qui n’ont pas participé, été complices de ces haines fratricides qui ont abouti à ce qui s’est passé hier", a expliqué l’ex-Garde des Sceaux. En attendant un congrès à l’automne, trois anciens premiers ministres n'ont rien voulu lâcher :l’actuel favori des sondages, Alain Juppé, le sénateur Jean-Pierre Raffarin et François Fillon vont prendre les rènes du cheval fou UMP, à la mi juin.

VOIR et ENTENDRE Rachida Dati sur rtl-fr


Des sympathisants de l'UMP sollicités pour la collecte "sarkothon" se porteraient partie civile dans l’affaire Bygmalion 

Comme RTL lui demandait s’il fallait rembourser les militants qui ont versé 
11 millions d’euros au "sarkothon" l’été 2013, après l’annulation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, pour cause de dépassement du plafond de dépenses autorisé, celle qui fut sa garde des Sceaux a répondu : " pour une association ou un parti politique, s’il y a eu des détournements, c’est ce qu’on appelle un abus de confiance". " Si l’abus de confiance est avéré, il y aura des personnes condamnées et dans ces condamnations, il y aura des dommages et intérêts puisqu’il y aura un préjudice qui sera évalué", a poursuivi Mme Dati.

" Les militants pourraient se constituer partie civile s’il y avait ce type d’affaires", a ajouté la maire UMP du VIIème arrondissement. " Il faut que le détournement soit établi avant de procéder à un remboursement. Vous pouvez avoir des mythos, des gens qui en rajoutent, des gens qui veulent se défausser ou des gens qui sont responsables et qui n’ont encore rien dit ou n’ont pas été mis en cause", a-t-elle observé.
Selon l’ex-directeur-adjoint de cette campagne présidentielle Jérôme Lavrilleux, environ 11 millions d’euros de dépenses ont été "ventilés", c'est-à-dire redistribués ailleurs, plutôt que sur le compte du candidat, plafonné à 22,509 millions d’euros, mais réglés par l’UMP.

mardi 27 mai 2014

UMP: coup de force des fillonnistes

Comment Copé a été lynché par ses amis 

Le président de l'UMP a tout tenté pour conserver sa position
 
1er janvier 1998: "Je souhaite une très bonne année au plus brillant de sa génération." Jean-François Copé, enfant juif aux sangs mêlés, né d'une mère algérienne et d'un père roumain, rêve d'arriver à l'Élysée et croit en son destin présidentiel. Mais depuis deux ans, le député-maire de Meaux doit faire avec la haine de son rival, François Fillon, fils de notaire vendéen, et de ses amis. 

La descente aux enfers de Jean-François Copé s'amorce au soir du dimanche 18 novembre 2012. A 23 h 32, il  revendique sa victoire : "Les militants viennent de m'élire président de l'UMP, ce qu'au PS un Harlem Désir ne pouvait affirmer, puisque coopté. C'est pour moi une grande émotion et je leur suis reconnaissant." A quelques kilomètres de là, dans le 7e arrondissement de Paris, François Fillon reste pétrifié par la déclaration de son concurrent. Quelques minutes plus tard, le téléphone de l'ex-Premier ministre sonne : c'est Copé qui le presse de reconnaître sa victoire. 
Humilié par la défaite, Fillon conteste et s'emporte: "Je conteste ta victoire. Tu as été bien imprudent d'annoncer toi-même les résultats, d'autant plus que le scrutin est ultra-serré." La guerre des chefs est déclarée en direct.
"L'UMP est morte", jubilent socialistes et frontistes. Grâce à la médiation de Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne, un armistice est pourtant signé le 17 décembre 2012. Mais Fillon jure de reprendre l'avantage au premier remous, tandis que dans les rangs du parti, les hommes de Fillon Copé ne n'appellent plus Copé que "putschiste et tricheur en chef". Le député-maire de Troyes, François Baroin, refuse même de lui serrer la main quand ils se croisent. De plus en plus impatient, François Fillon a fini par boycotter les réunions présidées par Copé pour ne pas cautionner "un simulacre de gestion collective". 

L'hebdomadaire Le Point servira à Fillon l'affaire Bygmalion sur un plateau
 
Le 27 février, l'hebdomadaire accuse la société Bygmalion d'avoir empoché huit millions d'euros pour avoir assuré la tenue des meetings de campagne de l'UMP et du même coup le président de l'UMP qui aurait facilité l'enrichissement de deux de ses proches avec l'argent de son parti. Bygmalion est une boîte de com' créée en 2008 par Bastien Millot et Guy Alves, tous deux alors très proches de Jean-François Copé. Mais les deux patrons sont aujourd'hui mis en examen pour "recel de favoritisme" pour des contrats passés entre la société et France Télé.

L'ancien patron de Bygmalion s'est aussi placé sous la protection de la nouvelle majorité présidentielle. Or, quand Le Point dresse un portrait de Maître Millot le 27 mai, il réussit le tour de force de taire le soutien qu'il apporta à la candidate Anne Hidalgo dans sa campagne contre la candidate UMP, Nathalie Kosciuko-Morizet.

Copé contre-attaque

Quand en février 2014, à la veille des municipales, Le Point dénonce des surfacturations par Bygmalion, la justice se saisit aussitôt de l'affaire en lançant une enquête préliminaire sur les comptes du parti. 
Le 15 mai, le quotidien socialiste Libération affirme que, sur les 20 millions d'euros déboursés par l'UMP à Bygmalion, 13 millions auraient été versés pour 55 conventions thématiques dont certaines n'auraient jamais eu lieu... C'est ce jour-là que le patron de l'UMP assure avoir mesuré la gravité des accusations visant à semer le chaos à l'UMP. Pour sauver son honneur, le député-maire de Meaux promet "un moment de vérité" une fois achevée la campagne des Européennes. Il demande à Éric Cesari, directeur général de l'UMP, de rédiger un rapport complet en vue du bureau politique prévu le mardi 27 mai. Il prend rendez-vous avec René Ricol le 21 mai pour lui demander de réaliser un audit des finances du parti. L'ex-pilier de l'UMP et actuel président du cabinet d'expertise et de conseil financier Ricol Lasteyrie refuse : "Non, je ne ferai pas d'audit financier: il fallait y penser avant que les policiers ne débarquent pour des perquisitions." Le 31 janvier 2011, René Ricol, un ex-collaborateur de Raymond Barre, avait été élevé au grade de grand chevalier de la Légion d’honneur par François Fillon. Puis cet ancien président de la Fédération internationale des experts-comptables accepte tout de même de donner ses conseils pour instaurer une "gouvernance exemplaire" à l'UMP. 
Copé compte ses fidèles au bureau politique. "Ces douze millions d'euros ont servi à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, qui a coûté extrêmement cher. Ils n'ont pas été reversés dans une caisse secrète qui pourrait me servir de trésor de guerre le moment venu : c'est honteux d'insinuer cela", explique-t-il à chacun. 

Fillon sort du bois

Le triomphe de Marine Le Pen aux élections européennes de dimanche sonne l'hallali. Lundi après-midi, Jérôme Lavrilleux, directeur-adjoint de campagne de Copé, reconnaît les larmes aux yeux ne pas avoir mis son président en garde contre des dépenses excessives, face à Ruth Elkrief en direct de BFM TV: "Il y a eu des factures présentées à l'UMP qui correspondaient à des dépenses faites pour la campagne de Nicolas Sarkozy. (...) Ni Nicolas Sarkozy ni Jean-François Copé n'ont été mis au courant des dérives des comptes de cette campagne." 
Un "moment de cinéma", selon un fillonniste qui promet qu'il ne suffira pas à sauver Copé. François Fillon a en effet décidé de porter le coup de grâce à celui qu'il accuse de lui avoir "volé" sa victoire à la présidence du parti. Lundi, l'ex-Premier ministre s'entretient avec François Baroin. "Je vais prendre des risques. Même si je suis minoritaire, je compte demander à Copé de se retirer. Je le fais en pensant à nos militants", lui assure-t-il. Dans la soirée, le député de Paris réunit une quinzaine de parlementaires dans son bureau de l'Assemblée nationale pour leur faire part de sa décision. 

Pendant ce temps, les sarkozystes s'accordent sur un mot d'ordre: "Préservons l'unité du parti avant tout. Ce n'est pas le moment de faire tomber Copé.
Mais l'intérêt de Fillon prévaut sur celui du parti. 
Se contentant tout d'abord d'appeler Copé à "une transparence totale", Bruno Le Maire, Xavier Bertrand et d'autres réclament eux aussi sa tête

Fillon organise le "tribunal" de l'UMP

Mardi matin, à 8 h 30, la salle des députés UMP à l'Assemblée nationale devient "tribunal". Ostensiblement, Jean-François Copé déplace une chaise et s'assoit seul face aux membres du bureau politique. L'air grave, il plaide sa cause face à Alain Juppé, François Fillon, François Baroin, Nathalie Kosciusko-Morizet. "Je ne te crois pas !" lâche cette dernière. "Tu ne peux pas rester, tu dois démissionner", assène Baroin. "Nous n'avons que quelques semaines pour sauver l'UMP du désastre", dramatise Fillon. Mais Copé tient bon. Finalement, c'est un bon ami avec qui il a marché sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle  qui le pousse aussi à la démission. Copé cède en entendant Jean-Pierre Raffarin. "Entre l'amitié et l'éthique, il faut choisir", se justifie l'ancien premier ministre

Les accusateurs prendront le relais
Il est décidé que toute la direction de l'UMP - dont son président - démissionnera le 15 juin. En attendant une nouvelle élection mi-octobre, une direction collégiale sera mise en place, incarnée par Juppé, Raffarin et ...Fillon. 

Copé: "Mon intégrité est totale"

"J'ai découvert tout cela il y a une douzaine de jours", affirme Copé devant son tribunal. "Je suis très heureux que la justice soit intervenue", car "je souhaite que toute la transparence soit faite", déclare-t-il. "La vérité c'est que j'ai découvert tout ça il y a une douzaine de jours", "en lisant Libération" assure-t-il. "J'ai fait confiance à ceux dont c'était le métier", "je n'avais pas vocation à repasser derrière". "Rétrospectivement, je suis bouleversé de tout cela, de ces collaborateurs qui ont abusé de ma confiance, quel que soit le mobile." "Simplement je vous le dis, il n'y a pas eu de système d'alerte ce qui fait que j'ai su ça il y a douze jours", martèle-t-il, en vain.

"Je ne voulais pas voir revenir le spectre de la division", explique Copé pour justifier sa démission. Il demande aux militants "de ne pas douter de son intégrité". "Mon intégrité est totale".

L'a -t- on forcé à démissionner ? "Non", il l'a fait "de son propre chef". "Ce qui compte c'est le rassemblement", rappelle le président démissionnaire de l'UMP.

Las, Copé affiche un sourire serein. "J'ai démissionné pour préserver l'unité de ma famille politique. L'orage passera. Je ne renonce pas à la vie politique", confie-t-il après coup à Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob, Michèle Tabarot et Valérie Debord, venus le réconforter. 
Sa liberté de parole retrouvée, Copé ambitionne de redevenir le héraut de la "droite décomplexée" lors de la prochaine présidentielle.

lundi 24 mars 2014

Bygmalion: le communicant controversé Bastien Millot élu conseiller municipal dans l'Aisne

Prime aux affaires: les électeurs aiment le soufre

Mis en cause par Le Point sur des contrats passés par son entreprise 
avec l'UMP et le ministère de l'Éducation nationale

Bastien Millot a été élu, dimanche, conseiller municipal à Séry-les-Mézières (Aisne), petit village de 637 habitants situé sur les bords de la rivière Oise, à dix minutes de Saint-Quentin.
Le co-fondateur de Bygmalion  était candidat sur une liste unique... Bastien Millot est le deuxième colistier le plus mal élu de la liste, avec 223 voix.
Âgé de 41 ans, le communicant, qui souhaite désormais devenir avocat, a publié un billet sur son profil Facebook dans lequel il se dit, "très ému de la confiance des électeurs (...) qui ont élu l'ensemble de notre liste dès le 1er tour et m'ont accordé près de 80% des suffrages". La commune comptant moins d'un millier d'habitants, les électeurs pouvaient rayer ou ajouter des noms. Il y a récemment acquis le moulin de Sénercy, une résidence de caractère qu’il entend transformer dans quelques mois en gîte de luxe.

Bastien Millot  n'en est pas à un coup d'essai

En 2001, il avait été élu premier-adjoint de Beauvais (Oise, 54.000 habitants). Mais la maire UMP Caroline Cayeux avait mis fin à ses fonctions en 2004 après une condamnation pour détournement de fonds publics, complicité de faux et usage de faux.
C'est maintenant Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation nationale, qui confirme au Point.fr qu'une plainte a été déposée la semaine dernière pour récupérer un impayé. L'ardoise porte sur plus d'un million d'euros.

mardi 4 mars 2014

Affaire Bygmalion : Le Point s'en prend maintenant à son confrère Le Figaro

Le Point ne supporte pas que Le Figaro apporte son soutien à Jean-François Copé

Totalitarisme socialiste vs liberté de la presse
Le Point fait renaître La Pravda
L'affaire Bygmalion mettrait-elle à mal la solidarité corporatiste de la presse ? C'est ce que donne penser un article publié cet après-midi sur le site LePoint.fr. Intitulé "L'avocat de Buisson défend Copé dans 'Le Figaro' !", il critique directement un autre papier paru dans la matinée sur le site internet du "Figaro".

Le Point ne tolère pas la contestation
Le Point vise en fait une tribune de l'avocat Gilles-William Goldnadel publiée sur "FigaroVox", la plate-forme de débats lancée récemment par "Le Figaro.fr", et intitulée "Affaire Copé-Bygmalion : l'analyse du dossier"*. Dans son texte, cet avocat affirme notamment qu'il "n'a pas été convaincu" par le dossier de l'hebdomadaire du milliardaire Pinault paru jeudi dernier. Mais selon Le Point, la prise de position de Gilles-William Goldnadel dans cette affaire n'a rien d'innocente. Pas plus, sans doute, que le coup bas porté par Franz-Olivier Giesbert, avec la bénédiction du riche soutien assumé de Hollande.


Le Point voudrait imposer au Figaro les chroniqueurs à sa convenance
"Parmi les 56.000 avocats exerçant en France (dont 23.000 à Paris), Le Figaro s'est finalement résigné à demander les lumières de Gilles-William Goldnadel, conseil de Patrick Buisson...", lance ainsi l'hebdomadaire, non sans mépris. Et le journal détenu par François Pinault de railler : "Incroyable, mais vrai ! Un avocat qui, il y a trois semaines, avait annoncé haut et fort (...) que son client déposerait plainte contre Le Point à la suite de nos révélations sur ce conseiller de l'ombre de l'ex-président Sarkozy [Patrick Buisson], qui enregistrait les conversations sensibles qu'il a eues avec lui à l'Élysée. Un modèle d'analyse juridique, on s'en doute...".
Le Point s'est en revanche bien gardé de révéler les liens d'étroite amitié entretenue par Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de Paris, avec Bastien Millot, élu UMP et conseiller de Jean-François Copé, incriminé dans une supposée affaire avec la société Bygmalion dirigée par l'ami universel. Un modèle d'enquête journalistique, donc...

Le vertueux patron du Point s'était déjà autorisé quelques piques à ses confrères du Figaro 

Mussolinien
Réagissant un peu plus tôt dans l'après-midi à la conférence de presse de Jean-François Copé Etienne Gernelleinterrogé dans "La Nouvelle édition" sur les aides d'Etat que reçoit annuellement son journal,  avait ainsi lancé : "Il y a une aide à la poste de 4,6 millions d'euros. On est le journal qui en touche le moins. Le Figaro qui défend beaucoup Jean-François Copé touche le triple". L'Humanité est d'ailleurs celui qui en touche le plus. 
Raillé un peu plus tard pour les Unes régulières du Point sur les Francs-maçons, le nouveau directeur de la rédaction du Point avait de nouveau porté des coups: "Ça fait très très longtemps qu'on a pas fait ça dans Le Point, c'est le Figaro Magazine qui l'a fait la semaine dernière". Le Point réclame-t-il l'exclusivité des marronniers comme France 2 les retransmissions sportives ?

La presse de gauche craint l'ouverture publique de ses comptes
Mis à part ce petit conflit Le Point vs. Le Figaro", la volonté de Copé d'aligner la presse sur la transparence financière des partis politique n'a pas manqué de resserrer les rangs au sein de la presse française. Très attaqués ce matin par Jean-François Copé lors de sa conférence de presse, plusieurs journaux ont ainsi vivement réagi. 
"Jean-François Copé agite un leurre pour détourner l'attention de ses difficultés, en laissant entendre que les journalistes sont tous suspects, tous pourris" s'est ainsi emporté Renaud Dély, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, propriété de magnats de la presse. "C'est une dérive populiste que de jeter l'opprobre sur l'ensemble des partis et des médias", a-t-il ajouté.
"C'est une diversion scandaleuse (...) Il veut faire des journalistes des boucs émissaires" s'est pour sa part écrié le patron du site troskiste Mediapart, Edwy Plenel
"C'est un coup politique" a enfin expliqué Dominique Pradalié, secrétaire générale du très marxisant Syndicat national des journalistes (SNJ). "Les journalistes sont une cible qu'ils veut désigner au public, c'est ridicule", a-t-il estimé. 
Encore un, comme Gernelle, qui pourrait "mourir de rire" jaune.

*Pendant la rédaction de cet article, la tribune de Gilles William Goldnadel a été retitrée par "Le Figaro" : "Affaire Copé-Bygmalion : le plaidoyer de Goldnadel", au lieu de "Affaire Copé-Bygmalion : l'analyse du dossier".



Affaire Copé: Bygmalion, prestataire de services d'Anne Hidalgo qui ne dément pas une amitié

Pavé dans l'accusation du Point: le copéiste Bastien Millot est ami avec ...Anne Hidalgo (PS) 

Hidalgo a assumé cette amitié ce matin, devant J.-J. Bourdin
Au centre des accusations de l'hebdomadaire Le Point contre Copé (UMP), l'un des fondateurs de la société Bygmalion est un bon ami de la candidate PS.

Les amis d'Hidalgo sont-ils les amis de Copé? Ancien conseiller régional UMP de Picardie et homme de communication de 41 ans,  très proche de Jean-François Copé, Bastien Millot se dit l'ami de la candidate socialiste à la mairie de Paris Anne Hidalgo. Et réciproquement. Tous deux font mine de s'étonner de la révélation d'une tranversalité qui aurait échappé à de si bons journalistes du Point, Mélanie Delattre et Christophe Labbé. Une faute professionnelle !  Ou une rétention d'information de Franz-Olivier Giesbert qui les téléguide ?

Certains s'interrogent même sur le risque d'infiltration de l'UMP par le PS. La technique est en effet une spécialité socialiste pratiquée en son temps par le trotskiste lambertiste Lionel Jospin. C'est donc peu dire que cette relation d'un UMP avec Anne Hidalgo agace à droite où on soupçonne Millot de conseiller l'ennemi, et qu'elle gêne à gauche, lorsque cette fréquentation est connue.

B. Millot commence une carrière fulgurantedès sa sortie de Sciences Po, en 1995, lors de l'accession de J. Chirac à l'Elysée
Il suit son ancien maître de conférences, Jean-François Copé, dans toutes ses fonctions, de la mairie de Meaux à l'Assemblée en passant par trois ministères. Il habitera même son appartement privé, en 2005, tandis que le ministre du Budget en occupe un autre, loué par l'Etat, en pleine polémique sur l'"affaire Gaymard". Après cette décennie de collaboration étroite, Millot est propulsé à la direction de France Télévisions, auprès de Patrick de Carolis.

A l'automne 2008, il quitte le service public pour fonder sa société de communication, Bygmalion, qui bénéficiera de nombreux contrats avec l'audiovisuel public. Depuis juin, le juge Renaud Van Ruymbeke enquête sur les 22 millions d'euros dépensés  en "conseils" sous l'ère Carolis, dont 1,2 million pour Bygmalion entre novembre 2008 et septembre 2010.  Millot, devenu maître de conférences à Sciences Po, où il enseigne la communication politique depuis quatorze ans, continue à conseiller J.-F. Copé, au moment de la bataille des chefs qui l'a porté à la tête de l'UMP. "Mon boulot est à la lisière entre l'ami et le psy", a-t-il confié à M, le magazine du Monde du 5 octobre. Pour les politiques, assure cet expert du storytelling, "le spin-doctor devient un sparring-partner qui l'aide à déminer et à anticiper". Millot vient donc de faillir à sa mission.

Hidalgo noie le poisson

A. Hidalgo et B. Millot  habitent tous les deux le 15e arrondissement, ce qui suffirait à expliquer une belle amitié. L'expert des media, qui décrypte l'actualité sur Europe 1 et BFMTV, et la première adjointe de Bertrand Delanoë, passent leur temps à discuter, voilà tout. 
"Il n'intervient pas dans ma campagne, assure Hidalgo. Mais on parle beaucoup de la vie politique, et on se rejoint sur bien des points, même si sa formation est concurrente de la mienne." Elle était, dit-on un peu inspecteur du Travail... Le conseiller parle de son amie avec son coeur. "J'aime son authenticité, son franc-parler, son côté extrêmement chaleureux. C'est quelqu'un de bien, d'original et d'élégant."
Millot précise qu'il n'a aucun contrat avec elle. "En tant qu'ami, ajoute-t-il cependant, quand nous avons des conversations, nous parlons effectivement de la façon dont sa campagne se passe et je ne suis pas forcément de l'avis de ses conseillers.

La candidate socialiste vivait en secret cette relation qu'elle revendique maintenant sans restriction
"Heureusement que l'on n'est pas sectaires et que l'on peut se retrouver avec des gens avec lesquels on se sent en accord, avec qui on partage des valeurs." La différence réunit ceux qui s'aiment.
VOIR et ENTENDRE la candidate PS  à la mairie de Paris sur la transparence et ses liens étroits d'amitié mis en cause dans l'affaire supposée contre J.-F. Copé et portée par l'hebdomadaire Le Point  (extrait court):

Millot souhaite la réussite d'Hidalgo (PS) contre NKM (UMP)

Le coprésident de Bygmalion forme des voeux pour la réussite d'Hidalgo : "Je ne lui souhaite que des choses positives pour la suite et je souhaite qu'elle réussisse dans le défi qu'elle s'est lancé." La droite à la lutte pour l'alternance à Paris, appréciera sans doute et en particulier la candidate de l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, que Millot connaît bien : "C'est une candidate tout à fait sérieuse et ça pimente l'élection. Elle a une capacité à incarner un vrai match." Il n'est rien de plus précieux que l'amitié et le respect d'un communiquant.

Bygmalion est une passerelle fréquentée, voire une balance
Le temps de la campagne, Bertrand Lesain s'est mis en congé de Bygmalion pour se mettre au service de NKM, ou infiltrer son équipe, nul ne sait encore.

Millot assure aussi la communication du candidat de l'UDI, Christian Saint-Etienne. On se prend donc à douter que cet éclectisme soit compatible avec un cloisonnement hermétique et qu'autant de soudaines révélations calment les esprits.  

Et que pense le stigmatisé de tout cela ? 
"Rien", assure sereinement Millot. Le président de l'UMP est "à fond derrière NKM et c'est ça qui compte", assure son entourage. Il ne pense pas à mal et serait donc naïf, confiant et fidèle en amitiés.  A ses dépens. 
Tout le contraire du portrait brossé par la presse pourrie. "Chaque fois qu'on pourra l'aider, on sera disponible pour elle [NKM]", renchérit Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de J.-F. Copé. 

On peut croire sur parole la candidate socialiste à la mairie de Paris lorsqu'elle déclare qu'elle n'a pas de raisons de soupçonner l'intégrité de l'ami commun.
Celle-ci a refusé de remettre en question son honnêteté à l'antenne de BFMTV, ce matin.
Cette comédie politique est "à pleurer de rire", selon Étienne Gernelle, directeur de publication du Point qui n'envisage pas pleinement le vers de Beaumarchais  "Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer." (Le Barbier de Séville, inspiré de 'La précaution inutile') S'il y a une justice.