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jeudi 10 juillet 2014

La troïka UMP aspire-t-elle à reconduire Hollande à l'Elysée ?

Valérie Debord : "Sarkozy va prendre le parti puis il les retournera tous"

La base veut le retour de Sarkozy et fait trembler le microcosme

 Fillon en sultan Murad IV qui fit exécuter ses frères Bajazet et Orcan, rivaux potentiels 

La gauche redoute tant ce scénario qu'elle cherche à l'abattre par la rumeur. Le PS ne brille déjà pas par l'élégance de ses méthodes, mais plus que jamais il est déterminé à prendre tous les moyens pour entraver une nouvelle campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Les socialistes sont d'ailleurs bien aidés par ses ennemis jurés et conjurés de l'intérieur. L'affaire Bygmalion embarrasse en effet certains élus UMP et notamment des parlementaires, même après les autres rumeurs orchestrées par Mediapart ou Le Monde, quand bien même une première a été sanctionnée d'un non-lieu. Les media continuent ainsi de peser sur les élus les plus fragiles comme sur les citoyens les moins informés de la dernière présidentielle. Deux retours de manivelles, municipale et européenne, n'ont pas suffi. 

Les uns ont des ambitions

Bruno le Maire et Hervé Mariton, candidats déclarés à la présidence du parti, même contre Nicolas Sarkozy, ne l’entendent pas de cette oreille alors que les bouches se décousent comme celle du député Jacques-Alain Bénisti qui assure que "Nicolas Sarkozy est malheureusement l’homme du passé"L'élu s'était fait repérer lors de la publication du rapport Bénisti sur la prévention de la délinquance (2004) par la commission prévention du groupe d'études parlementaire sur la sécurité intérieure qu'il présidait. Le milieu scientifique et éducatif avait cassé ce rapport, notamment parce qu'il mettait en cause le bilinguisme des enfants de migrants comme facteur de risque de délinquance.

A Libération, Bernard Debré ne dit pas autre chose. "Il veut se servir de l’UMP comme d’un bouclier", polémique-t-il, faisant l'aveu d'un combat à l'arme blanche, avant d’ajouter :
"On ne se laissera pas faire. 
Ça ne se passera pas aussi facilement."
Comment la troïka s'y prendra-t-elle pour museler la base démocratiquement ?

D'autres acteurs ont toutefois des convictions.
"Aucune importance", rétorque la sarkozyste Valérie Debord à Libération qui répand l'idée ce jeudi 10 juillet que la candidature de l'ancien président serait une chance contre un candidat de la gauche. La tactique du PS empalé sur la courbe dressée du chômage consiste à miser sur les adversaires de Sarkozy qui s'avèrent être ses meilleurs alliés. La stratégie de l’ancien président est de jouer la base de l’UMP contre son sommet tricéphale.

Nicolas Sarkozy se prépare à la reconquête de l’UMP

Comme en 2004
, quand il avait "les trois-quarts des députés contre lui", explique Valérie Debord. Pour cette responsable du pôle projet de l'UMP, il ne fait pas de doute que:

"Sarkozy va prendre le parti,

puis il les retournera tous."



Le PS en déconfiture réussira-t-il à tirer les marrons du feu?

mercredi 9 juillet 2014

UMP: coup de gueule de Dati contre les "boules puantes" et les "délateurs"

La troïka lave son linge sale en public

R. Dati dénonce les excès d'une sorte d'épuration 2014


Soupçonnée de factures réglées par l'UMP, l'eurodéputée riposte et exige un effort de transparence de la part du triumvirat, à commencer par François Fillon, dont elle dénonce les "méthodes de voyou".

Rachida Dati ne laisse pas passer la délation. Elle n'est pas du genre à se laisser maltraiter par les grands frères, ni à l'UMP, ni dehors et son statut d'ancienne garde des Sceaux la porte à faire respecter la fonction.  Elle dit haut et fort qu'elle ne laissera salir ni l'un, ni l'autre par l' association de son nom aux folles dépenses de l'UMP depuis les déclarations du Canard enchaîné, qui affirme ce mercredi que l'UMP lui aurait notamment remboursé des factures de téléphone à hauteur de 10.000 euros par mois  an.

Rachida Dati riposte sur le fond, dans un coup de fil à l'AFP et sur Twitter. 

"Les montants annoncés par la presse je les découvre et je les ignore"
, assure-elle, précisant que l'abonnement téléphonique dont elle dispose "intègre un abonnement au fil AFP (qui est un peu cher!) pour avoir les dépêches de presse"
Elle dément également avoir bénéficié d'un collaborateur payé par le parti.

La contre-offensive de la maire du VIIe vise les "voyous et délateurs qui balancent des mensonges". 
Lesquels, soupçonne-t-elle, viennent de l'UMP. "Tout ce qui sort, qui est distillé minutieusement dans la presse, ça ne vient pas de la gauche", affirme-t-elle. 

Rachida Dati trouve en effet "curieux" que ces "boules puantes" "ne concernent qu'un seul camp", composé essentiellement de sarkozystes et de copéistes: "Hortefeux, Bertrand, Raffarin, Daubresse, Copé... Who's next?"

En revanche
, selon Europe 1 qui s'est procuré les factures, en 2006 et 2007, l'ancien Premier ministre s'est vu offrir par l'UMP des allers-retours en hélicoptère  privatif et en Falcon à plus de 14.000 euros pour l'un des quatre voyages et 6.500 euros pour les trois autres.
Les fuites proviennent à l'évidence de l'autre camp, celui des fillonistes et des juppéistes. 
Rachida Dati a des munitions et ne manque pas de réclamer des comptes aux deux anciens premiers ministres, membres du triumvirat qui dirige désormais le parti: "Par souci de transparence, je demande que les membres du triumvirat disent par qui ont été et sont payés leurs collaborateurs", exige-t-elle. "Je leur demande si leurs frais ont été pris ou sont pris en charge par l'UMP: leurs montants et leur nature."
Enfin, l'ancienne ministre réclame à Alain Juppé et François Fillon la «transparence» sur le financement de leur think-tank, club ou micro-parti - Force républicaine, par exemple pour François Fillon.

Et Mme Dati met en garde l'ancien premier ministre dans une nouvelle série de tweets 
"Si ces ragots et ces calomnies persistent, mon avocat entamera une procédure judiciaire", conclut Rachida Dati.

L'UMP en croisade contre les fuites

Mardi soir, à la sortie du bureau politique, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin se sont aussi exprimés en ce sens"Nous demandons que ces fuites, organisées par je-ne-sais-qui, s'arrêtent le plus vite possible", a lâché J.-P. Raffarin, qui s'interroge sur sa mission au sein du triumvirat, "tant la haine est immense dans ce parti»...

Ce mercredi matin, plusieurs responsables du parti se sont indignés de la méthodes employée des fuites qui se multiplient sur les finances de l'UMP en marge de la publication de l'audit sur les comptes du parti. 

À commencer par Jean-François Copé lui-même, qui a dénoncé sur Facebook "les règlements de comptes personnels" qui "rendent l'UMP inaudible". 

"Je mets en garde contre les comportements qui relèvent de la chasse aux sorcières", dénonce ce mercredi Luc Chatel dans une entretien au Figaro


mercredi 25 juin 2014

UMP: appel de quatre responsables contre "une droite centriste"

UMP : Dati, Guaino, Wauquiez et Peltier réagissent au centrisme de la troïka

Ces responsables de l'UMP dénoncent "la démission idéologique de l'UMP" 
Quatre personnalités de l'UMP refusent "une droite centriste" et  réclament "une droite qui assume son identité". Pour cela, ils lancent un appel pour "une révolution des valeurs", dans l'hebdomadaire Valeurs actuelles, ce jeudi 26 juin.

Rachida Dati, Laurent Wauquiez, deux anciens ministres, Henri Guaino, ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, et Guillaume Peltier, co-fondateur de la Droite forte, premier courant, sarkozyste, de l'UMP, estiment tous quatre qu
'il y a "urgence à sauver la droite".
  "Il y a urgence parce que tout s'effondre", affirme Henri Guaino. "La droite de demain, l'UMP de demain, cela doit être à la fois 'des racines et des ailes'. Des racines, avec la fierté de notre identité, de notre culture [...] et, en même temps, des ailes, parce qu'il n'est pas question d'être enfermés sur nous-mêmes", explique Guillaume Peltier.

"Une droite qui assume ses valeurs"

Laurent Wauquiez dénonce le "gloubi-boulga" dans lequel s'enfonce selon lui "toute une partie de la classe politique qui n'ose plus assumer et défendre ce que nous sommes".
Et le fondateur de la Droite sociale, deuxième courant du parti, d'affirmer : "Nous refusons la voie portée par certains d'une fusion avec le MoDem et l'UDI avant même d'avoir réfléchi à nos idées. C'est une fuite en avant vers une sorte de radical-socialisme où nous achèverions de nous renier."

Pour l'ex-ministre de la Justice Rachida Dati, "le redressement passe aussi par la fierté de l'identité française. Dans ce désastre, la gauche a une vraie responsabilité, dans l'affaiblissement de notre identité et dans la montée des communautarismes". Elle veut "une droite qui assume ses valeurs, sans tabou".

Selon l'ex-plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, "c'est le culte de la modernité qui laisse la porte ouverte au communautarisme contre l'assimilation républicaine".

"La droite de demain, pour s'en sortir, devra incarner deux idées simples : le courage et le mérite", ajoute Guillaume Peltier.
Revenir sur Schengen 

Tous quatre réitèrent leurs critiques contre l'Europe actuelle

Pour Laurent Wauquiez, auteur d'un récent ouvrage intitulé "Europe : il faut tout changer", l'UE s'est "trop élargie". L'ancien ministre des Affaires européennes défend "le principe d'un protectionnisme européen" et se demande à nouveau s'il ne faut pas "revenir sur Schengen et sur la folie de l'Europe de l'immigration, qui est une passoire"?
Ne faut-il pas remettre en avant l'identité européenne et ses racines judéo-chrétiennes ?", interpelle-t-il.

Pour Rachida Dati, "la grande perdante des élections européennes, c'est la gauche au pouvoir. Il y a eu un mort, la gauche, et un blessé grave, l'UMP". "Tout le monde a échoué, sauf le Front national", ajoute Henri Guaino.

Juppé, Raffarin et Fillon "éloignés des militants"

La rencontre secrète Hollande-Fillon
est-elle imaginaire?
Les "quatre mousquetaires", comme les surnomme le magazine, décochent également leurs flèches contre l'UMP, engluée dans l'affaire Bygmalion"Je regrette que le triumvirat qui dirige aujourd'hui l'UMP [les anciens premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, François Fillon] soit trop éloigné des militants et des sympathisants", affirme Rachida Dati.

Pour Henri Guaino, "la situation que nous vivons à l'UMP ne doit pas être l'occasion d'une désastreuse séquence de règlements de comptes. Tous ceux qui voudraient en profiter pour se revancher, travailler à leur petite ambition personnelle ou vider leur rancœur et leur haine nous entraîneraient dans un gouffre".

"Nous sommes décidés à nous opposer à cela", ajoute-t-il, traduisant la pensée de ses collègues.

lundi 9 juin 2014

Présidence de l'UMP: le groupe Canal+ préfère Juppé

I-télé  et Le Parisien préfèrent Juppé à Sarkozy...

Le sondage commandé par la gauche ne veut que du bien à l'UMP !
Le président de l'UMP pourra-t-il
se porter candidat à la présidentielle?
Alors, F. Fillon ?
Les sympathisants du parti sont toutefois plus favorables à l'ancien président de la République, selon un sondage BVA pour i>télé-CQFD (groupe Canal +) et Le Parisien/Aujourd'hui en France, mais cette préférence-là ne fait pas le titre de l'AFP..

La gauche ne dissimule pas ses craintes d'un retour de Nicolas Sarkozy
et n'en finit pas de le contester, au nom de l'UMP, alors qu'il apparaît de plus en plus évident que l'ancien président de la République est déterminé à revenir sur le devant de la scène politique. Mais la presse hollandienne s'interroge sur le tempo et la méthode: faut-il qu'il revienne maintenant ou qu'il attende encore un an ? Faut-il le soumettre à une primaire et un détour par une élection à la présidence de l'UMP ? Autant de haies dressées sur la trajectoire de Nicolas Sarkozy visent à faire table rase de tout son parcours et à le pénaliser ? Et au vu des sondages, enquêtes et analyses commandées par la majorité, à l'astreindre à une course à handicaps.  

C'est mal connaître l'ancien président que de lui jeter des sondages dans les jambes

Troïka en quête de légitimité  
L'Elysée tente de tirer profit de l'affaire Bygmalion qu'il a lui-même sortie. Le dernier sondage tend justement à démontrer qu'un tocard pourrait lui être préféré. Au degré de désarroi dans lequel Hollande les plonge, peu importe aux media socialistes qu'en tout état de cause ceux qui placent Juppé en tête n'aient jamais rien à voir avec la désignation du prochain candidat UMP. En effet, selon une enquête BVA pour i>télé-CQFD et Le Parisien/Aujourd'hui en France près d'un quart des Français (23%) préfèreraient voir Alain Juppé prendre la tête de l'UMP, loin devant Nicolas Sarkozy, resté en retrait, à la différence de Juppé, membre de la troïka qui a pris le pouvoir avec Raffarin et Fillon et doit remplacer Jean-François Copé à la tête de l'UMP à compter du 15 juin.
Les commanditaires du sondages prévoient en fait d'ajouter la confusion au chaos. Les statuts de l'UMP prévoient en effet qu'en cas de vacance du poste de président le vice-président délégué qui occupe l'intérim, en l'occurence, l'ancien ministre Luc Chatel. Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon ont donc négligé les statuts et doivent réparer leur coup de force. Ils ont donc assuré qu'un vote formel validerait la direction collégiale avant le 15 juinOr, six militants demandent à Luc Chatel de confirmer qu'à partir du 15 juin les statuts de l'UMP seront rigoureusement appliqués et "qu'aucun triumvirat, quelle que soit sa composition, ni direction collégiale ne pourra se substituer au vice-président remplaçant le président démissionnaire". Sans quoi ils se réservent le droit de saisir le tribunal administratif. Lien Europe 1 consacré au référé-suspension d'une militante UMP auprès du tribunal administratif de Nice 
BVA, entreprise commerciale de sondages, mise donc sur un rebondissement qui invaliderait le chouchou actuel de ses 988 sondés "représentatifs" de la population en âge de voter, mais d'abord et avant tout de leur thèse.

Derrière l'ancien Premier ministre Juppé, arrive donc Nicolas Sarkozy avec 14%, bien qu'il se tienne hors de la mêlée UMP,  en recours, suivi de François Fillon (12%), acteur du coup de force, François Baroin (10%), Bruno Le Maire (8%), Nathalie Kosciusko-Morizet (7%), Laurent Wauquiez et Jean-Pierre Raffarin (5%), Xavier Bertrand (4%). Le président sortant démissionnaire Jean-François Copé serait, quant à lui, à 1% , ce qui apparaît davantage comme une caricature que comme une mise à mort. 11% des personnes interrogées sont sans opinion.

Les sympathisants de droite placent  Nicolas Sarkozy en tête 

Les sympathisants de droite, eux, ont voix au chapître. Avec 25%, l'ancien Chef de l'Etat laisse contre Alain Juppé loin derrière avec 17%  et deux fois moins à François Fillon (12%). 
Les seuls sympathisants UMP misent à 28% sur Nicolas Sarkozy contre 19% sur Alain Juppé et 13% sur François Fillon. 

Comme "meilleur candidat de l'UMP face à Marine Le Pen", la présidente du Front national, le schéma est le même selon les Français - de droite comme de ...gauche - qui voient plutôt Alain Juppé à 77% devant Nicolas Sarkozy à 65%, contre François Fillon à 74%. Et les sympathisants de droite préfèrent Nicolas Sarkozy à 73%, devant Juppé 70% et Fillon 66%. Les sympathisants de l'UMP choisissent Fillon en 3 (82%), Juppé en 2 (87%), et Nicolas  Sarkozy en 1, massivement (96%). 

Alors, qui fait le plus peur au PS ?
Ces derniers jours les fidèles lieutenants de Nicolas Sarkozy multiplient dans la presse les appels au retour. Cette enquête d'opinion est donc faite pour contrecarrer leur offensive pour un retour du tombeur de Ségolène Royal portée en 2007 à bouts de bras par cette même presse. 
En effet, selon Céline Bracq, directrice de BVA, ce sont les tenants d'une ligne plus molle qui ont les faveurs du sondage. Elle est explicite sur les intentions de BVA: "Quand on ajoute au total d'Alain Juppé ceux de Raffarin et de Fillon, le triumvirat que voudrait déboulonner Nicolas Sarkozy totalise 42 % des voix de l'UMP", lâche-t-elle. Et comme si ces propos ne suffisaient pas à discréditer ses clients, i-télé et Le Parisien, elle fait remarquer que "si on y ajoute les suffrages se portant sur NKM et Le Maire, eux-mêmes nettement plus centristes que l'ex-président, cela montre combien la position de ce dernier s'est fragilisée". 
Face au candidat PS de 2017, la gauche présidentielle continue de préférer du mou et du flou.

Sondage réalisé les 5 et 6 juin auprès d'un échantillon de 988 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas).

samedi 31 mai 2014

Menace juridique sur la troïka de l'UMP

La légalité contestée du triumvirat formé par Juppé, Raffarin et Fillon à la tête de l'UMP  

La prise du pouvoir du triumvirat Fillon-Raffarin-Juppé à l'l'UMP, mardi 27 mai, n'a pas franchement respecté la "loi interne" du parti
Certains cadres de l'UMP s'apprêtent à appeler au respect des statuts du parti, votés il y a tout juste un an. Une explication de texte qui pourrait intervenir mardi 3 juin, lors du prochain bureau politique du parti.
Des membres du bureau politique pointent les irrégularités et les violations de ces règles. Et elles sont nombreuses :

> Le non-respect de l'ordre du jour : 
L'argument est simple: c'est un bilan des élections européennes qui figurait à l'ordre du jour de ce bureau politique du 27 mai dernier, ainsi qu'un rapport sur la "situation financière et comptable de l'UMP: diagnostic et propositions". Or, à l'évidence, il ne fût nullement question (ou si peu) des élections mardi. L'assemblée n'a discuté que de l'avenir de Jean-François Copé, aboutissant ainsi à sa démission.
Les rédacteurs de la note rappellent que, selon l'article 22-1 du règlement interieur, "l'ordre du jour de la réunion doit figurer dans la demande et ne peut être modifié."

> L'absence de vote :
La note se fonde sur l'article 23-4. Cet article dispose que "le Bureau Politique délibère à la majorité des suffrages exprimés". Or, il n'y eût pas de vote mardi dernier. La situation est donc, selon les rédacteurs de la note, illégale.

> Quid de Luc Chatel ?
Si l'on s'en tient au règlement intérieur, le successeur de Jean-François Copé ne pourrait être que Luc Chatel. Vice-président délégué du parti, c'est lui qui, "en cas d'empêchement du Président de l'Union", doit prendre le poste. L'article 24-5 des statuts précise "qu'il en est de même en cas de vacances de la présidence de l'Union jusqu'à l'élection d'un nouveau Président."
Autrement dit, si on respecte la loi interne à l'UMP, Luc Chatel doit prendre les rênes du parti, et ce jusqu'en octobre 2014, date du prochain congrès. Les membres du bureau politique s'étonnent d'ailleurs du silence de l'ancien ministre à l'issue de ce bureau politique.

> L'interdiction de modification des statuts
Tel ou tel journaliste s'était étonné du non-respect des règles internes. 
Alors que la décision d'installer un triumvirat Juppé/Fillon/Raffarin à la tête du parti a été prise lors du bureau politique, il est indiqué que les statuts de l'UMP ne peuvent être modifiés que dans certaines circonstances bien précisesL'article 56-1 assure d'ailleurs la chose suivante :
"Les présents statuts et la Charte des Valeurs de l’Union qui constitue le préambule des présents statuts ne peuvent être révisés que par le Congrès à la majorité absolue des suffrages exprimés…"
En clair, la modification des règles internes ne pourrait intervenir qu'en octobre prochain, date du congrès.

Ce non-respect des statuts peut théoriquement conduire n'importe qui à l'UMP (jusqu'au simple militant) à déposer un référé-suspension

Une démarche qui pourrait empêcher l'installation de la désormais fameuse troïka à la tête du parti, jusqu'à ce que un juge statue. 

Sur Twitter, Jean-Pierre Raffarin a réagi sur la menace juridique qui plane sur le triumvirat qu'il forme avec Alain Juppé et François Fillon :
Le prochain bureau politique décideraen liaison avec la haute autorité.
 

mercredi 28 mai 2014

Dati torpille la troïka qui prend la direction de l’UMP

Des expériences historiques de troïka à faire peur 

Raffarin au Sénat, resteront Juppé et Fillon
Staline-Zinoviev -Kamenev
La troïka Staline-Zinoviev-Kamenev évoque en nous une "période sombre" de la dictature soviétique. Bureaucrate laborieux quand Hollande est un dilettante, et discret, alors que le Français est un blagueur lourd, Staline gravit silencieusement les échelons et devint, comme lui, secrétaire du parti, fonction stratégique mise à profit par Staline mais négligée par Hollande. Comme Staline planifia l'invasion de la Géorgie, Hollande tenta de se donner de l'importance au Mali, puis en République centrafricaine. Le socialiste français s'ingéra même dans les affaires de l'Ukraine avec la volonté de la détacher de la zone d'influence russe, soutenant -au nom de la démocratie, tant qu'à faire - des rebelles au pouvoir légitime de Kiev, provoquant la colère de Poutine qu'il va finalement recevoir à Paris...

Martine Aubry, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn étaient la troïka socialiste chargée d'apporter un fondement au projet socialiste de 2007 et
aucun de ses membres n'a réussi à se détacher et participer à la course pour
l'Elysée, puisque c'est un tocard qui les a coiffés sur la ligne. Manipulateur plus que brillant, comme Aubry, Staline était, comme Hollande, un personnage en apparence terne et peu porté aux discours théoriques mais, comme lui, il joua pendant des années au modéré et laissa aux diverses factions ou courants le soin de l'invective et du discrédit, tout en tissant sa toile. Aubry s'abandonna au complot et la violence, DSK au stupre.

Que peuvent espérer les Français de Juppé et Fillon?
Tandis que la montée du Front National et l' "azimutage" de Hollande inspirent à BHL un besoin d' "union nationale", l'UMP appelle à un renouvellement de son Bureau national. Raffarin ne devrait pas connaître le destin de Trotski puisqu'il ambitionne la présidence du Sénat, mais qui de Fillon ou Juppé sera le Staline de la troïka UMP ? Les Grandes Purges que Fillon met en œuvre conduiront-elles Juppé à la mort politique ou est-ce lui qui fera exécuter le premier?

Le triumvirat Juppé-Raffarin-Fillon est un comité auto proclamé 

L’ex-ministre UMP
Rachida Dati aurait préféré des personnalités " neutres" plutôt que des candidats potentiels à l'Elysée. Elle a donc désapprouvé mercredi sur RTL ce " comité auto désigné" Juppé-Raffarin-Fillon mis à la tête du parti de droite après la démission, la veille, de son président, suite à des soupçons de surfacturation de la campagne 2012 par Bygmalion 
une société pourtant sulfureuse, alors co-fondée et dirigée par Bastien Millot (ci-contre), un proche de l'UMP qui s'avère être un ami de l'actuelle maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

L'eurodéputée estime que Jean-François Copé a bien "pris la bonne décision" en démissionnant. Depuis la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012 l’UMP "n’était plus un parti, c’était des clans", faute de leader charismatique, avec "des fracturations à petit feu" a-t-elle déploré. Selon elle,"Bygmalion est l'apogée de l'apogée" des fractures qu'a connu l'UMP depuis la défaite de Nicolas Sarkozy. "Le combat Copé/Fillon a généré des haines, cite-t-elle en exemple. Ce n'est pas digne".

Cette situation aurait dû mener à la nomination de personnalités moins impliquées.
"C’est pour ça que le comité auto désigné hier, moi j’étais réticente". " J’aurais préféré avoir totalement des personnalités neutres et qui n’ont pas participé, été complices de ces haines fratricides qui ont abouti à ce qui s’est passé hier", a expliqué l’ex-Garde des Sceaux. En attendant un congrès à l’automne, trois anciens premiers ministres n'ont rien voulu lâcher :l’actuel favori des sondages, Alain Juppé, le sénateur Jean-Pierre Raffarin et François Fillon vont prendre les rènes du cheval fou UMP, à la mi juin.

VOIR et ENTENDRE Rachida Dati sur rtl-fr


Des sympathisants de l'UMP sollicités pour la collecte "sarkothon" se porteraient partie civile dans l’affaire Bygmalion 

Comme RTL lui demandait s’il fallait rembourser les militants qui ont versé 
11 millions d’euros au "sarkothon" l’été 2013, après l’annulation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, pour cause de dépassement du plafond de dépenses autorisé, celle qui fut sa garde des Sceaux a répondu : " pour une association ou un parti politique, s’il y a eu des détournements, c’est ce qu’on appelle un abus de confiance". " Si l’abus de confiance est avéré, il y aura des personnes condamnées et dans ces condamnations, il y aura des dommages et intérêts puisqu’il y aura un préjudice qui sera évalué", a poursuivi Mme Dati.

" Les militants pourraient se constituer partie civile s’il y avait ce type d’affaires", a ajouté la maire UMP du VIIème arrondissement. " Il faut que le détournement soit établi avant de procéder à un remboursement. Vous pouvez avoir des mythos, des gens qui en rajoutent, des gens qui veulent se défausser ou des gens qui sont responsables et qui n’ont encore rien dit ou n’ont pas été mis en cause", a-t-elle observé.
Selon l’ex-directeur-adjoint de cette campagne présidentielle Jérôme Lavrilleux, environ 11 millions d’euros de dépenses ont été "ventilés", c'est-à-dire redistribués ailleurs, plutôt que sur le compte du candidat, plafonné à 22,509 millions d’euros, mais réglés par l’UMP.