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dimanche 23 décembre 2018

Macron tisse sa toile : les réseaux se forment et se multiplient

De grands entrepreneurs ont mis Macron en selle et des femmes sucent sa roue 

Ces femmes qui applaudissent les " gilets jaunes " et ...les gendarmes

Résultat de recherche d'images pour "macron et ses reseaux"C'est sur une célèbre chanson du crooner Julio Iglesias, " Vous les femmes ",  que se clôt la cérémonie annuelle des 'Femmes d'influence' (défense et promotion de l'entrepreneuriat au féminin). Bonne humeur et féminité assumée, la communicante Patricia Chapelotte, 56 ans, fondatrice de l'agence Albera Conseil (communication d'influence, relations avec les media, affaires publiques, communication digitale, communication de crise, communication sociale des entreprises, communication...), a organisé et mené à un train d'enfer le show sur la scène parisienne de l'auditorium du Palais Brongniart, la Bourse, après avoir été conseillère en communication de Jérôme Kerviel de 2008 à 2010. 
Résultat de recherche d'images pour "Kolinda Grabar-Kitarovic Macron"
Lucie Basch décroche le Prix économique " espoir ", tandis que la ministre qui imposa la Loi Travail à coups de 49.3, Muriel Pénicaud, est lauréate du Prix politique, ex-aequo avec la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic (photo ci-contre, avec Macron à la finale de la Coupe du monde de football 2018). 

Chargée de mettre en musique une loi " d'urgence sociale " en réaction au mouvement des " gilets jaunes "la ministre du Travail ne retient qu'une facette du prisme : chez ces derniers, beaucoup sont simplement " des femmes seules qui se battent pour leurs enfants ". Elle est fière que cette mission de panser les plaies de la société ait été confiée " à deux femmes du gouvernement ", puisqu'elle va s'atteler à cette tâche avec la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. 

Dans la foulée, le Coup de cœur du jury est remis à la colonelle Karine Lejeune, en uniforme, qui fait applaudir ses collègues gendarmes, dont 21.000 femmes, " qui en ont bien besoin en ce moment ", sous l'œil de son grand chef, le général Richard Lizurey. Le 29 juin 2018, elle a pris la succession du colonel Jean-Marc Michelet à la tête du groupement de 700 gendarmes de l'Essonne depuis 2015, après avoir participé à la mise en place dans l'Essonne des premiers référents sur les violences conjugales. Ce soir, la France ne paraît pas si divisée. Peut-être grâce à " vous les femmes, qui nous désarment, la la la… "

Retour à l’ambassade de France à Santiago, 45 ans après le putsch

A l'initiative de Margarita Gutiérrez, présidente de l'Association d'amitié franco-chilienne, et de l'ambassadeur Roland Dubertrand, on participe avec émotion en la résidence de ce dernier à l'inauguration d'une plaque commémorative en hommage à son lointain prédécesseur, Pierre de Menthon, son épouse Françoise, et l'ensemble de son équipe. De septembre 1973 à juillet 1974, ils ont accueilli 600 réfugiés politiques dans les locaux diplomatiques français à Santiago, avant de les exfiltrer en France.
On partage ses souvenirs d'enfance un peu particuliers, quarante-cinq ans après, avec quelques dizaines de ces " asilados " revenus au pays, dont l'un des gardes du corps du président Salvador Allende, ou son ministre Jacques Chonchol, qui orchestra la réforme agraire. Les discours rappellent que si l'ambassade de France, à la différence d'autres chancelleries européennes, a eu cette attitude lors du coup d'Etat d'Augusto Pinochet, c'est bien en raison des consignes dictées alors par l'Elysée et le président Georges Pompidou: " S'inspirer des circonstances et faire tout le possible sur un plan humanitaire. "

Jean-Claude Meyer lance "une nouvelle société de pensée"

Avec au menu des pâtes à l'encre de seiche, premier dîner, à la bibliothèque de l'Arsenal, à Paris, d'une " nouvelle société de pensée " fondée par des patrons de grandes entreprises, Jean-Paul Agon (L'Oréal), Jean-Claude Meyer (Rothschild & Co et administrateur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Christophe Ono-dit-Biot (Le Point, détenu par François-Henri Pinault, propriété de l'anciennement Pinault-Printemps-Redoute, PPR) et Carlo D'Asaro Biondo (Google Europe et ancien de Lagardère). 

Une soixantaine de convives, parmi lesquels Xavier Darcos, Yannick Bolloré, Arnaud de Puyfontaine ou Laurent Dassault, sont venus entendre l'universitaire Gilles Kepel, sur le thème de l'islam en France. Alors que Strasbourg pleure ses morts, l'intellectuel explique froidement que les djihadistes vont encore profiter du mouvement des " gilets jaunes " pour déstabiliser un peu plus la société française, qu'ils observent en permanence.
En juillet 2007, Agon assuma mener une politique d'embauche sur la consonance ethnique du prénom qu'il qualifie de "discrimination positive", indiquant : "lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d'origine étrangère, il a plus de chance d'être recruté que celui qui porte un prénom français de souche".
Quel est l'objectif de ce nouveau cercle très " France d'en haut " ? 
Jean-Claude Meyer affirme que le Club de l'Arsenal n'est pas un " énième think-tank " et veut être moins dans la réflexion que dans l'action et dans l'influence : " Fini le temps des rapports, place au lobbying des idées. "

La paire Jouyet-Macron

On doit à Jean-Pierre Jouyet l'entrée de Macron au gouvernement 
Le secrétaire général de l'Elysée n'a plus eu qu'à intimer l'ordre aux ministères d'adresser dorénavant les dossiers économiques à Macron dont il a été le chef à l'inspection des finances entre 2005 et 2007. C'est déjà lui qui avait suggéré son nom à Jacques Attali pour être rapporteur de sa commission sur la croissance. Et si Attali a fait les présentations avec François Hollande, c'est bien Jouyet qui a œuvré à leur rapprochement avant la primaire socialiste.Technos brillants, dotés d'un sens politique aigu, le "secgen" de l'Elysée et son poulain forment une redoutable machine d'influence, dont la ligne sociale-libérale est enfin assumée par l'exécutif. Arrivé à la tête de Bercy sans jamais avoir été élu, son profil de banquier lui vaut les quolibets d'une partie de la gauche, mais l'arriviste pourra compter sur son réseau, l'un des plus beaux de la République. "Emmanuel est un grand séducteur, confirme un proche. Il écoute beaucoup et vous donne toujours l'impression que vous êtes son meilleur ami, même si ce n'est pas le cas." Prendre le bras de son interlocuteur ou poser la main sur sa cuisse n'a aucun sens. 

Macron avait d'abord embobiné Manuel Valls, qui avait déjà proposé au président de le nommer au Budget lors du remaniement d'avril. Leurs lignes économiques sont proches et ils partageaient le même agacement pour Jean-Marc Ayrault. Macron s'entend alors aussi très bien avec Bernard Cazeneuve, passé du Budget à l'Intérieur, et avec Laurent Fabius, le patron du Quai d'Orsay, qu'il a connu en 2009 lors d'un voyage au Chili, au Forum du progressisme, pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès. En revanche, ses rapports avec le ministre des Finances Michel Sapin, autre fidèle de François Hollande, étaient hyper-tendues.

Mais c'est surtout dans les cabinets ministériels et de l'administration que le réseau Macron est le plus étendu et efficient. "Jeune inspecteur des finances, il multipliait déjà les petits déjeuners informels, nouait des contacts avec les cabinets de droite et les directeurs de Bercy", raconte un ex-collègue. A l'Inspection Générale des Finances (IGF°, il se lie d'amitié avec Pierre Heilbronn, un autre affidé de Jouyet, qui était directeur adjoint du cabinet de Michel Sapin aux Finances : le ver était dans la pomme. Plus récemment, durant la campagne de 2012, Macron s'est aussi rapproché de l'économiste de l'Insee Sandrine Duchêne, qui l'a ensuite suivi à l'Elysée avant de devenir directrice adjointe du Trésor.

Aux contacts noués à Bercy, il faut ajouter les petits camarades de la fameuse promo Sédar Senghor de l'ENA, dans laquelle Macron n'était pas un élève lambda. Avant le remaniement, ils n'étaient pas moins de treize dans les cabinets ministériels, dont cinq directeurs de cabinet. 
Le patron de Bercy est surtout proche des "académiciens", ce petit groupe de potes qui avaient l'habitude de s'encanailler à L'Académie de la bière, un bar de Strasbourg. Gaspard Gantzer est le plus connu d'entre eux depuis qu'il est devenu le conseiller communication de Hollande à l'Elysée, avant de le trahir pour Macron. Trois autres travaillent auprès d'Anne Hidalgo, dont Mathias Vicherat, son directeur de cabinet. Une connexion précieuse, la mairie de Paris étant devenue le principal vivier de recrutement des cabinets socialistes. Il y a enfin Aymeric Ducrocq, en charge de l'industrie à l'Agence des participations de l'Etat (chargée d'incarner l'actionnaire des établissements publics ou des entreprises détenues par l'Etat), dont Macron a désormais la tutelle. Les deux amis ont notamment travaillé ensemble sur le dossier Alstom.

Les économistes qui le portent aux nues

Résultat de recherche d'images pour "Macron las Vegas Penicaud"
Pénicaud et Macron au salon de l'électronique, 
à Las Vegas, le 7 janvier 2016
A l'extérieur de l'Etat, c'est surtout grâce à la commission Attali qu'il a pu développer ses réseaux auprès des patrons et des économistes, comme Philippe Aghion, fervent défenseur d'une politique de l'offre. En 2012, il signa l'appel des économistes en soutien du candidat François Hollande. 
Très important : Macron n’a pas choisi La Rotonde par hasard… Révélations de choc
Ensemble, ils ont monté le groupe dit de "La Rotonde", ultra-libéral, chargé d'alimenter le programme de Hollande, rassemblant des technos et les économistes Elie Cohen, Gilbert Cette et Jean Pisani-Ferry. En janvier 2017, celui-ci donna sa démission de 'France Stratégie' pour rejoindre l'équipe de campagne de Macron et inspirer sa réforme du droit du travail, pour finalement prendre ses distances sur la politique migratoire du gouvernement. Déjà, ils prônaient un véritable choc de compétitivité. Mais, à l'époque, Michel Sapin n'a pas retenu l'idée. Prudent, Macron n'a pas forcé le mouvement
Après les élections, trois rencontres avec Hollande suivront. Macron s'en sert pour faire passer des messages. En août 2013, Macron mobilise ces économistes pour encourager le président à la surtaxation des entreprises françaises et à vanter les mérites de la fiscalité suédoise. Pisani-Ferry a d'ailleurs été nommé, avec son appui, commissaire général à la Stratégie et à la Prospective, rattaché à Matignon. Et, lorsqu'il quitte l'Elysée, c'est à Aghion que Macron demande de lui trouver un point de chute dans l'enseignement, à Harvard et à la London School of Economics.
Autre économiste qui compte, Marc Ferracci, un ami de Sciences-Po et l'un de ses deux témoins de mariage (avec l'homme d'affaires Henry Hermand) : le retour d'ascenseur l'a conduit au cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, comme conseiller spécial. Ce spécialiste du marché du travail a été convié à déjeuner à deux reprises à l'Elysée avec ses confrères Pierre Cahuc et Francis Kramarz, partisans d'une réforme drastique du paritarisme et des professions réglementées. Macron fréquente aussi régulièrement le père de Marc Ferracci, Pierre Ferracci, à la tête du groupe de conseil Alpha, très influent dans la sphère sociale, qui l'a mis en relation avec les principaux leaders syndicaux. Le père a construit en Corse sur un terrain non constructible, sans que la justice ne le tracasse outre mesure.
Les élus territoriaux n'intéressent pas Macron.

Macron doit beaucoup à un think-tank proche du patronat

Résultat de recherche d'images pour "INSTITUT mONTAIGNE"L'adresse postale légale d'En marche correspond à celle d'un des dirigeants de l'Institut Montaigneun cercle de réflexion réputé proche des grands patrons français avec l'objectif de concilier les enjeux de compétitivité et de cohésion sociale.
En marche! est son bébé. "Ni de droite, ni de gauche", il n'est pourtant pas neutre et indépendant. En effet, comme l'a relevé Mediapart, des liens directs existent entre l'association du candidat-ministre de l'Economie et l'Institut Montaigne, groupe de pression.

Le site trotskiste souligne que, dans les mentions légales du site internet d'En marche, sous la mention "Directeur de publication", était inscrit Véronique Bolhuis. L'adresse postale, elle, est située dans une rue du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Or, Véronique Bolhuis est la compagne de Laurent Bigorgne, le directeur de l'Institut Montaigne. Et l'adresse correspond à celle de ce même dirigeant. 
Depuis juin 2018, Laurent Bigorgne est désormais membre du Comité action publique 2022, un groupe composé d'une trentaine de personnalités, chargé en octobre 2017 par le premier ministre Edouard Philippe de réfléchir à une réforme des missions de l'Etat.

L'Institut Montaigne est un club de réflexion créé en 2000 par l'homme d'affaires Claude Bébéar, président d'honneur d'Axa assurances. Ce think tank se définit comme "une plateforme de réflexion, de propositions et d’expérimentations consacrée aux politiques publiques en France". Il est surtout connu pour appuyer des positions proches de celles du MEDEF.
Rien d'étonnant donc, selon Mediapart, à ce que Pierre Gattaz, le président du Medef, ait jugé "rafraîchissante" la création d'En marche !, sur France Inter.

mardi 14 novembre 2017

La République en Marche se vide, faute de démocratie au parti du Président

Le goutte-à-goutte des départs d'adhérents et d'élus est amorcé

Une centaine de militants et d'élus LREM annonce son abandon en marche

Ils vont quitter le mouvement à la veille du congrès de Lyon, le candidat unique de l'Elysée est assuré d'être élu délégué général du parti majoritaire. Les futurs démissionnaires sont pour la plupart de simples adhérents, mais aussi des élus, des animateurs de comités locaux ou encore des référents issus de toute la France.

Ils se surnomment les "100 démocrates". 
Résultat de recherche d'images pour "emmanuel drouin segré"Ces marcheurs déçus publient une tribune ("La démocratie n’est pas En Marche!"), ce mardi 14 novembre. Ils dénoncent le manque de démocratie au sein de La République en marche, notamment pour choisir la nouvelle direction du parti. Parmi ces élus figurent la Finistérienne Tiphaine Beaulieu, présidente de la Confédération des Marcheurs de la République (ex-"Marcheurs en colère" qui, ces derniers mois, ont été "des lanceurs d'alerte"), et Emmanuel Drouin, ci-dessus, architecte et élu municipal de Segré (Maine-et-Loire). Lien

Extrait de la tribune des \"100 démocrates\" de LREM
En conséquence, ils annoncent leur départ du mouvement.


Les démissionnaires, par la voix de la militante Tiphaine Beaulieu, enseignante-formatrice en Travail social, ci-contre, estiment que "les nouveaux statuts" du parti, "avec une représentativité très affaiblie de la base militante, ne permettent ni la liberté d'opinion et d'expression, ni une critique interne du pouvoir contre ses propres abus".



Dès août 2017, En Marche! dénonça le "comportement pas constructif" d'une de ses adhérentes qui demandait déjà "de la transparence."  Devant la presse, Tiphaine Beaulieu avait en effet expliqué "ne pas comprendre pourquoi il y a cette opacité" au sein de la République en marche!. La direction répond à son adhérente, expliquant qu'elle "menace de contentieux sans que l'on sache ce qu'elle nous reproche".



A LREM, tous et toutes n'ont pas le droit de vote

L'élection arrangée, le samedi 18 novembre, du futur chef du parti est un scrutin réservé à 200 électeurs choisis parmi les 380.000 militants : l'immense majorité ne pourra pas voter, comme cela se fait dans les autres partis.

Seul un collège -d'élus, de cadres et 200 militants tirés au sort- est appelé à exprimer son choix ce samedi, avec un candidat unique, Christophe Castaner. 

Résultat de recherche d'images pour "Tiphaine Beaulieu LREM"
LREM "offense les principes fondamentaux de la démocratie avec un mode d'organisation digne de l'Ancien régime", dénoncent les démissionnaires. 
Lundi 13 novembre, la liste "En Marche Citoyens" a d'ailleurs demandé qu'un débat soit organisé "histoire que chacun puisse défendre ses arguments", rapporte RTL.


"Le parti est en état dépressif. Il est difficile d'être un parti de gouvernement, surtout quand vous n'avez qu'un an d'existence", oppose de son côté le député du Val-de-Marne Laurent Saint-Martin (think-tank de centre gauche 'En Temps Réel', présidé par Gilles de Margerie, "lieu de rencontre entre acteurs publics et privés soucieux de confronter leurs expériences et analyses des enjeux économiques de demain", avec Philippe Crouzier et Bernard Spitz), dans L'Opinion. Elu de 32 ans au poste de rapporteur général du budget, Laurent Saint-Martin s'était soumis à sa direction pour le céder à un PRG de 58 ans. 
Selon le quotidien, à peine 10% des militants seraient encore actifs.

Outre "une sorte de Politburo", les "100 démocrates" (seulement) déplorent aussi le culte de la personnalité autour d’Emmanuel Macron (et de Brigitte, son épouse : comme au temps des Ceausescu ?). Ils ont le sentiment que leur avis ne compte plus et ont décidé de quitter en bloc le mouvement.


Un huissier remettra les lettres de démission des "100 démocrates" au siège du parti, vendredi 17 novembre.

samedi 19 septembre 2015

Macron s'en prend aux fonctionnaires: Hollande s'affole...

Emmanuel Macron s'attaque au statut des fonctionnaires 

Le statut de la fonction publique n'est plus "adéquat"

S'attaquer au statut des fonctionnaires ?
Depuis juin 2013, le pouvoir socialiste n'en démord pas  
C'est l'avis du ministre nommé par Hollande, président socialiste. 
Vendredi, le ministre de l’Économie de Manuel Valls (PS) a estimé que le  statut des fonctionnaires n'est plus "adapté au monde" tel qu'il est. 
Après la remise en cause des 35 heures, le terroriste Emmanuel Macron a lâché une nouvelle bombe. Celle-ci devrait provoquer de vives réactions à gauche. Invité le matin du vendredi 18 septembre par le think tank "En temps réel", qui associe universitaires, représentants du monde de l'entreprise, élus et acteurs de la société civile et qui travaille notamment sur les nouvelles mutations de la société française, le ministre de l'Economie a estimé que le statut de la fonction publique n'est plus "adéquat" car, selon lui et ses maîtres à penser, il ne serait pas "adapté au monde" là où il s'oriente. 

La justification de disposer d'un emploi garanti à vie sera de plus en plus difficile à défendre sur un certain nombre de missions qui ne le justifient plus, selon le ministre

Réduire les dépenses publiques devrait passer par une redéfinition des missions de l’État

Macron tient les fonctionnaires à l'oeil
Le ministre a en effet réagi sur le sujet de la réforme de l'Etat. 

Selon Macron, il serait très difficile de réduire davantage les dépenses publiques sans s'interroger sur les missions de l'Etat français. 
Des propos qui alimentent le florilège de cet été. En août, lors de l'université d'été du MEDEF, Emmanuel Macron avait alors estimé que la France sera  capable de réduire sa dépense publique à 50% du produit intérieur brut (PIB) en 2022 contre 55,4% prévus pour cette année. La feuille de route de Macron est prête et elle n'est pas rédigée par la droite !...

L'onde de choc fait paniquer Hollande

Une opération en deux temps de l'Elysée
Macron n'a rien dit: on oublie ! La remise en cause du statut des fonctionnaires par Emmanuel Macron, c'est du passé. On dit désormais -comme à chaque fois- que l'attaque des fonctionnaires était censée rester 'off'..  

La question est toutefois posée de
savoir si le patron de Bercy parle à tort et à travers ou s'il a pris l'habitude de pratique à moindre frais des sondages auprès des lecteurs de la presse accréditée auprès de Bercy, au profit de... l'Elysée. La presse militante se substitue aux instituts de sondages: pas de financement, pas de dépense publique, pas d'affaire des sondages de l'Elysée...
François Hollande a donc rétropédalé sur les propos de son ministre, à l'occasion également programmée de la remise de décoration de chevalier de l'Ordre national du mérite, justement à un fonctionnaire,  Pierre Delmas, directeur départemental de la "cohésion sociale et de la protection des populations" en Corrèze...

Le président de la République s'est lancé dans une véritable ode à la fonction publique.

Voici son discours, semble-t-il adressé au récipiendaire, mais adressé à un Emmanuel Macron resté sur Paris :
"Vous êtes un fonctionnaire d’État, attaché à son département et, comme je le suis, attaché à son statut. Être fonctionnaire, servir l'intérêt général, avoir une mission de service public, s'engager par un acte volontaire, passer un concours, gravir des échelons, et être toujours capable d'évoluer, de servir les missions.

Car, être fonctionnaire, ce n'est pas être dans une position figée, ce n'est pas refuser la modernité. Être fonctionnaire, c'est au contraire être toujours capable d'anticiper, de prévoir et de servir.

C'est la raison pour laquelle le fonctionnaire a des droits, le statut, et des devoirs, et qu'il doit être capable en permanence de s'adapter et d'être au meilleur pour servir le public."
 
Les propos sont à nouveau ambigus et les fonctionnaires ont retenu qu'ils doivent se préparer à plus de mobilité, voire à une reconversion en cours de carrière.

Un participant du très loyal think-tank 'En temps réel' aurait donc fait fuiter les intentions du gouvernement confiée "en off" ? La règle de ces rencontres est pourtant de respecter la confidentialité des prises de parole. Les intérêts commerciaux de 'Challenges', puis de 'Les Echos' semblent encore avoir été servis par le "secret des sources". Mais, dans cette opération gouvernementale en collaboration avec la presse économique, c'est en fait surtout le pouvoir socialiste qui a bénéficié d'un sondage grandeur nature  avec ce ballon d'essai lancé entre amis. 

Le 18 septembre, en fin de journée, le ministre de l'Economie a contesté  l'usage fait  de "propos partiels"... 
"A aucun moment, je n’ai parlé d’une réforme du statut de la fonction publique que le gouvernement envisagerait (...). Les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée. Il ne peut y avoir aucune polémique à ce sujet."

On se souvient toutefois qu'alors en campagne pour la présidentielle de 2007, la candidate Ségolène Royal avait fustigé les professeurs à Angers et, en 2006, c'était déjà un 'off'...
VOIR et ENTENDRE la charge de Ségolène Royal contre les enseignants qui devraient, selon elle, passer 35 heures au collège :


L'actuelle ministre du gouvernement Valls avait alors demandé à ses auditeurs de ne pas crier l'information sur les toits. 
Elle se permettait aussi de discriminer entre l'ensemble de la profession et ceux qui trouvent le temps de donner des cours dans les entreprises privées de soutien scolaire. L'énarque socialiste ignorait superbement que les enseignants, des universitaires mal rémunérés, appartiennent aux classes moyennes et ont des enfants ou parents à charge, sans les privilèges fiscaux et avantages financiers (ex: emprunts bancaires à taux très réduits) des parlementaires ou des journalistes qui font des heures sup en sondages pour le gouvernement... En plus des avantages fiscaux spécifiques qui sont accordés aux porteurs de la carte de presse...

mercredi 9 juillet 2014

UMP: coup de gueule de Dati contre les "boules puantes" et les "délateurs"

La troïka lave son linge sale en public

R. Dati dénonce les excès d'une sorte d'épuration 2014


Soupçonnée de factures réglées par l'UMP, l'eurodéputée riposte et exige un effort de transparence de la part du triumvirat, à commencer par François Fillon, dont elle dénonce les "méthodes de voyou".

Rachida Dati ne laisse pas passer la délation. Elle n'est pas du genre à se laisser maltraiter par les grands frères, ni à l'UMP, ni dehors et son statut d'ancienne garde des Sceaux la porte à faire respecter la fonction.  Elle dit haut et fort qu'elle ne laissera salir ni l'un, ni l'autre par l' association de son nom aux folles dépenses de l'UMP depuis les déclarations du Canard enchaîné, qui affirme ce mercredi que l'UMP lui aurait notamment remboursé des factures de téléphone à hauteur de 10.000 euros par mois  an.

Rachida Dati riposte sur le fond, dans un coup de fil à l'AFP et sur Twitter. 

"Les montants annoncés par la presse je les découvre et je les ignore"
, assure-elle, précisant que l'abonnement téléphonique dont elle dispose "intègre un abonnement au fil AFP (qui est un peu cher!) pour avoir les dépêches de presse"
Elle dément également avoir bénéficié d'un collaborateur payé par le parti.

La contre-offensive de la maire du VIIe vise les "voyous et délateurs qui balancent des mensonges". 
Lesquels, soupçonne-t-elle, viennent de l'UMP. "Tout ce qui sort, qui est distillé minutieusement dans la presse, ça ne vient pas de la gauche", affirme-t-elle. 

Rachida Dati trouve en effet "curieux" que ces "boules puantes" "ne concernent qu'un seul camp", composé essentiellement de sarkozystes et de copéistes: "Hortefeux, Bertrand, Raffarin, Daubresse, Copé... Who's next?"

En revanche
, selon Europe 1 qui s'est procuré les factures, en 2006 et 2007, l'ancien Premier ministre s'est vu offrir par l'UMP des allers-retours en hélicoptère  privatif et en Falcon à plus de 14.000 euros pour l'un des quatre voyages et 6.500 euros pour les trois autres.
Les fuites proviennent à l'évidence de l'autre camp, celui des fillonistes et des juppéistes. 
Rachida Dati a des munitions et ne manque pas de réclamer des comptes aux deux anciens premiers ministres, membres du triumvirat qui dirige désormais le parti: "Par souci de transparence, je demande que les membres du triumvirat disent par qui ont été et sont payés leurs collaborateurs", exige-t-elle. "Je leur demande si leurs frais ont été pris ou sont pris en charge par l'UMP: leurs montants et leur nature."
Enfin, l'ancienne ministre réclame à Alain Juppé et François Fillon la «transparence» sur le financement de leur think-tank, club ou micro-parti - Force républicaine, par exemple pour François Fillon.

Et Mme Dati met en garde l'ancien premier ministre dans une nouvelle série de tweets 
"Si ces ragots et ces calomnies persistent, mon avocat entamera une procédure judiciaire", conclut Rachida Dati.

L'UMP en croisade contre les fuites

Mardi soir, à la sortie du bureau politique, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin se sont aussi exprimés en ce sens"Nous demandons que ces fuites, organisées par je-ne-sais-qui, s'arrêtent le plus vite possible", a lâché J.-P. Raffarin, qui s'interroge sur sa mission au sein du triumvirat, "tant la haine est immense dans ce parti»...

Ce mercredi matin, plusieurs responsables du parti se sont indignés de la méthodes employée des fuites qui se multiplient sur les finances de l'UMP en marge de la publication de l'audit sur les comptes du parti. 

À commencer par Jean-François Copé lui-même, qui a dénoncé sur Facebook "les règlements de comptes personnels" qui "rendent l'UMP inaudible". 

"Je mets en garde contre les comportements qui relèvent de la chasse aux sorcières", dénonce ce mercredi Luc Chatel dans une entretien au Figaro